Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2013-11-10

Il n'y a pas qu'en France où les équipeurs et autres brosseurs de cailloux peuvent être violemment pris à partie pour leur éthique! Après Enzo Oddo et sa fugueverticale brésilienne qui aurait pu conduire à l’interdiction du site (sur kairn) pour ne pas avoir respecter la réglementation locale, c’est au tour de Joe Kinder, figure emblématique de l’escalade aux USA, de se prendre un volée de bois vert. L'affaire concerne l'abattage d'un arbre pour l’équipement d'une voie ce qui n'est pas sans rappeler quelques histoires bien de chez nous comme  le dernier coup de gueule de Pierre Duret (sur kairn), celui des amis du viaduc des fauvettes (LTL²B) sur un abre coupé égallement (Essonne) ou quelques polémiques bleausardes sur la coupe d’arbres, le décapage de certains rochers ou l’aménagement de certaines surfaces de réception ! 

A la TL²B, c’est le genre de chose qui nous font souvent réagir et pour lesquelles, Greg Clouzeau tient une tribune dans le magazine Grimper. Ces problématiques d’éthique et de sauvegarde de l’environnement finissent  bien souvent en affrontements sur les forums jusqu’à leur clôture par un modérateur effrayé par les propos des uns envers les autres ! Peut-on avoir une discussion sérieuse en la matière ? Peut-on espérer qu’un jour les grimpeurs réfléchissent un peu plus aux conséquences locales, nationales et internationales de leur pratique ? Peter Beal, un autre grand nom de l’escaladeaméricaine, s’est interrogé sur la question en tentant d’élever le débat à unehauteur plus philosophique.


Joe Kinder a donc coupé un arbre qui le gênait pour l’équipement de sa voie sur les rives du lac Tahoe. Une erreur qu’il reconnaît et qui lui a valu de très violentes critiques mais aussi quelques soutiens enflammés (sur son site en anglais). Parmi les arguments de ses défenseurs, on peut lire des choses du genre « après tout c’est pas si grave, ce n’est qu’un arbre » ou « on coupe bien des arbres pour les poutres de vos maisons, vos journaux, le PQ… »

On peut légitimement s’interroger  sur la valeur de nos performances sportives versus l’environnement dans lequel elles se pratiquent au sens large (nature, relations humaines…)
Comment nous traitons les personnes ou l'environnement le long du chemin qui mène au sommet ?
Qu’est-ce qui et le plus important : notre objectif et ses retombées ou le respect des hommes et de la planète ?

Dans notre quête du toujours plus haut, plus dur ou plus fort,  c'est quelque chose que beaucoup semble avoir oublié et qu’il est peut être bon de rappeler .

Il est inutile d’escalader quelque chose qui a été modifié pour correspondre à nos capacités. « En escalade , il y a toujours une alternative plus facile , par exemple en mettant en place une échelle, ou en faisant le tour par derrière (…), ou tout simplement mentir sur ce que vous avez fait. Pour grimper quelque chose honnêtement, par définition, il faut renoncer à ces alternatives plus faciles , plus faibles,  «moins bonnes» . Par conséquent, en escalade, il y aura toujours un choix éthique à faire. Et on ne peut l’éviter.

D’après Peter, l’approche philosophique de l'éthique repose sur l’analyse des conséquences possibles suivant deux axes : l’un humain répondant à la question comment cela rendra les gens plus heureux ou moins malheureux, et celle  fondée sur le devoir moral intrinsèque , est-ce que je fais la « bonne chose » indépendamment des conséquences avantageuses ou préjudiciables qui peuvent se produire pour moi ou pour les autres . Et Peter de nous rappeler  que les grimpeurs feraient bien de tenir compte de ces deux approches dans nos choix, de penser en termes de conséquences de nos actes, de voir s'il ya quelque chose d'intrinsèquement « bon » vers lequel nous devrions aller .

L’idée de Peter est que les querelles d’éthique dans notre milieu reposent sur un manque de compréhension de la philosophie même de notre sport. Parler éthique, c’est parler de morale, de principes tels que le bien et le mal.

Le bien et le mal sont des notions très relatives liées notamment à notre éducation et notre façon de penser. 

Dire qu’une action est objectivement « bonne » ou « mauvaise » est, dans ces conditions, très complexe. Ainsi, ce que nous considérons comme « bon » pour l’environnement repose  avant tout sur ce que nous ou la communauté  préfère. Le nucléaire est-il objectivement « moins bon » que le charbon ?

L’objectivisme de la situation, c’est-à-dire ce qui va rendre moralement « bien ou mal » notre action,  peut varier suivant certaines situations locales et donc, faire varier le bien-fondé de l’acte. Ainsi, par exemple, certains déontologues et philosophes affirmeront que le mensonge est « bon » dans certaines situations où objectivement il vise à améliorer la condition des autres. Ainsi, en escalade, en suivant ce principe, on peut certainement considérer qu’il est éthiquement raisonnable de couper un arbre, équiper à demeure une voie, etc dans certaines conditions acceptées par la communauté locale.

On est toujours  frappé par la violence de certains commentaires dont sont victimes les grimpeurs qui enfreignent telle ou telle règle de notre sport, à l’image de ce qu’a vécu Joe Kinder… Mais surtout, Peter nous fait remarquer que dans ce type de discussion, deux notions dominent sur le fond : le relativisme (notion selon laquelle il n'existe pas de norme absolue de ce qui est bon ou mauvais ) et l'utilitarisme (position qui défend que les actions qui se traduisent par un plus grand bonheur de l'homme sont plus éthiques que les autres ). 

Il est aussi frappé par le par le fait qu’une voie d’escalade, « construction abstraite de l'homme  qui a une utilité minime et une identité artificielle » , au mieux , devient quelque chose qui vaut la peine de sacrifier un être vivant pour son ouverture.
Est-il acceptable d' abattre un arbre pour pratiquer un loisir ?
La perte de cet arbre a-t-elle des conséquences à l’échelle locale, nationale ou internationale ?

Pour étayer son propos Peter nous rappelle que dans certaines régions arides des USA, couper un seul arbre a plus d’impact qu’en couper 100 ailleurs dans le pays. « Si nous regardons cela sous un autre point de vue, disons , celle de la vie humaine, serions-nous convaincus par l'affirmation que puisqu’il y a des milliards de personnes, un ou deux de moins n’ont aucune importance ? Nos préoccupations à propos de ces arbres abattus pour équiper une voie vont-elles nous faire renoncer à utiliser un topo imprimé sur du papier ou à vivre dans une maison en bois ?

Comme Peter, nous pensons qu'escalade et écologie doivent se rapprocher. Notre société en général et notre milieu en particulier doivent trouver les pistes permettant de concilier  nos désirs de conquête (assez bien exprimés dans le slogan d’une grande marque d’outdoor « Never Stop Exploring ») avec le respect des milieux naturels et leurs besoins pour survivre... 
« Notre jeu , tel que défini par Peter, repose sur ce choix éthique de ne pas suivre la voie la plus facile . Ce qui vaut pour notre sport doit être appliqué aux actions qui nous permettent de le pratiquer (nettoyage, bricolage du rocher, équipement… jusqu’à l’usage de la magnésie, des coinceurs, des pads et de la corde !) Notre slogan pourrait être " ne cessons pas de penser " que ce soit au sujet de l'éthique ou de nos impacts sur l' environnement.

" Tout être vivant est sacrée" est une position cohérente , quoique quasi impossible à vivre de façon réaliste.
" Je veux juste mon plaisir et le reste, je m’en… " est aussi une position cohérente , classée comme égoïste et amorale donc condamnée par une majorité.
"Certains êtres vivants sont plus sacrées que d'autres parce que, euh ... " est la position communément défendue dans les commentaires des forums et tombent irrémédiablement dans la subjectivité.

Alors oui, les grimpeurs violent systématiquement le principe d'altération du milieu, nous y compris. Mais finalement, si l'escalade choisit systématiquement  « le plus dur » notre pratique n’est peut-être vouée qu’à faire l’apologie de ceux qui font du psychobloc ou du 9b à vue et en solo et à châtier ceux qui, dans une pratique de loisir consumériste, utilisent des protections fixées à demeure dans le rocher, de la magnésie, des chaussons…

On peut certainement trouver un juste milieu qui permettent à notre sport d’exister et de se développer tout en réduisant ses impacts négatifs sur la nature et les populations locales.
Par exemple , les grimpeurs devraient toujours respecter les interdictions et se rappeler  qu’en y contrevenant la zone pourrait être fermée par les gestionnaires. Respecter les pratiques locales (non équipement, trad’, limitation du pof ou de la magnésie…) et écouter les locaux est forcément la clé de la réussite. L’escalade n’est pas une pratique aux régles universelles

Voilà, on peut rêver.

image : Joe Kinder/dpmclimbing.com

Notre portail d'information sur le Pays de Fontainebleau et l'Ile-de-France n'est ni réservé aux grimpeurs, ni un repère d'écologistes fanatiques... Nous souhaitons une meilleure préservation de la forêt et de l'environnement en général tout en garantissant son  libre accès. Il est des réglementations qui ont pour vocation de protéger des espaces naturels sensibles (notamment de la hache des bûcherons) mais qui ont pour conséquence de limiter nos pratiques (escalade, randonnées...) et qui parfois, portent même atteinte à notre patrimoine historique ! Ainsi, en est-il de la réglementation sur les Réserves Biologiques Intégrales qui y interdit toutes interventions humaines autres qu'à des fins scientifiques ou sécuritaires. En voici un exemple avec la Fontaine Sanguinède...



Les "anciens" et amis cartophiles (voir les articles de ce thème) connaissent bien cette fontaine créée de toute pièce par Denecourt (comme tant d'autres de la forêt) pour agrémenter ses sentiers bleus. Bon nombre de ces sentiers ne suivent plus aujourd'hui leur tracé historique notamment pour tenir compte des problèmes d'érosion (voir notre article à ce sujet). Les platières sont formées par des dalles de grès (voir notre article sur la géologie). Ces dalles sont imperméables et retiennent les eaux de pluie formant des nappes plus ou moins importantes (les mares) qui suintent à travers les fissures et alimentent les fontaines érigées par les Sylvains au XIXe.



La Fontaine Sanguinède a donc été construite par Denecourt en 1852, sur la crête de la Vallée de la Solle et gratifiée du nom d'un de ses souscripteurs d'après le Dictionnaire historique et artistique de la forêt de Fontainebleau de Félix Herbet paru en 1903 dans un journal local et que l'on peut consulter dans une version numérique grace au formidable travail de l'AAFF (avec ce lien) Pour être plus précis, elle se trouve parcelle 262 sur l'ex sentier n°4 dit de la Promenade à la Vallée de la Solle.

Ce sentier et ses variantes décrivaient une grande boucle qui, de la fontaine Sanguinède, traversait le sentier des Accords avant de redescendre sur le carrefour des Gorges de la Solle pour rejoindre la fontaine du Mont Chauvet par le sentier de la Solle. Elle parcourait ensuite les rochers et futaies remarquables par le Sentier des Artistes le long de la route tournante des Hauteurs de la Solle puis le long de la route de la Reine.

Deux petites boucles s’inscrivaient dans la première. Des raccourcis qui permettaient de gagner directement la fontaine Sanguinède à partir du carrefour des Gorges de la Solle par le sentier des Rapins ou de rejoindre le Sentier des Artistes non loin du Rocher des Deux Sœurs à partir du sentier de la Solle.

Aujourd’hui, depuis l’arrêté d’aménagement de la forêt du 11 janvier 1972, le Grand Mont Chauvet fait partie de la réserve biologique intégrale du Gros Fouteau qui est simplement frôlé par le sentier n°4 de la Roche Perceval au sentier des Accords. Conséquence : la nature reprend ses droits sur les  sentiers et les sites pittoresques qui jalonnaient ces itinéraires alors que certains d'entre eux (Fontaine du Mont Chauvet, Rochers des Deux Sœurs, Fontaine Sanguinède) comptaient parmi les plus fréquentés de notre forêt du fait de la présence de buvettes. 




Après la disparition des cabanes, un arbre poussa juste au dessus de la fontaine. Comme celle-ci est dans la RBI ( Réserve Biologique Intégrale ) on a laissé faire jusqu'à la mort du dit arbre celui-ci donnant du cachet à la ruine. C'était vrai jusqu'à ce qu'il soit coupé pour des raisons évidentes de sécurité, le sentier Bleu passant à son pied ...
Hélas, en RBI, la règle veut qu'un arbre coupé soit laissé sur place ! Outre le fait que dans notre cas, ce n'est  pas terrible pour le coup d'oeil ), l'éclaircie ainsi provoquée a favorisé la prolifération de ronces et broussailles en tout genre qui vont bientôt faire disparaître ce site ô combien emblématique de ce coin de Forêt. 

Alors oui, c'est une R.B.I et personne n'a le droit d'intervenir mais l'application parfois aveugle de la réglementation frise sans doute la stupidité. Une petite intervention pour entretenir ce patrimoine historique ne nuirait certainement pas à la finalité de la RBI. Pour cela, il faudrait encore que les travaux soient valider par la sacro-sainte Commission scientifique de suivi des réserves et là, croyez-nous, c'est pas gagné. 
En attendant, on en profite pour vous livrer ce petit conte trouvé sur la toile à propos de cette fontaine avant qu'elle n'ait totalement disparue avec la forêt...



I
l était une fois une pauvre famille qui avait trois enfants. Elle habitait au cœur de la forêt de Fontainebleau, sur les hauteurs de la Solle, au sud de la Mare aux Ligueurs, dans une toute petite maison. Les deux plus grands fils étaient bûcherons, mais le cadet était trop petit pour déjà travailler. Les enfants portaient leur pauvreté sur eux, toujours habillés de vieux vêtements troués, des lambeaux. 

Un jour, le plus petit des trois frères alla chercher de l’eau, comme d’habitude, à la fontaine voisine.
Là, il commença à peine à remplir son énorme seau qu’une fée apparut. La fée lui expliqua :
- “ Il faut que tes frères cessent de couper du bois par ici, c’est une catastrophe! Les sous-bois deviennent peu à peu des clairières; les animaux ne savent plus où se réfugier; le sol s’assèche...Non, ce n’est plus possible. Je te charge de les convaincre car tu es le plus naïf. Si tu réussis, je te donnerai un plein seau d’or. Si tu échoues, ma fontaine ne vous offrira plus que de pleins seaux de sang et vous devrez quitter l’endroit.
Attention, je ne veux pas voir tes frères, mais toi seulement.”

Impressionné par la fée, le jeune garçon rentra à toutes jambes chez lui, sans avoir pu prononcer un seul mot. Troublé, il tenta d’expliquer ce qui venait de se passer à sa famille. Mais il s’embrouilla, bégaya tant qu’on ne le crut pas.
Le lendemain, il dut retourner à la fontaine pour aller y puiser l’eau quotidienne. La fée apparut une nouvelle fois; elle semblait en colère après le cadet.

“- Fée, pardonne-moi, mais mes frères ne me croient pas! parvint à murmurer le garçon.
- Alors voilà pour calmer votre soif aujourd’hui", dit la fée en tendant un seau de sang.
Déçu, le cadet revint chez lui, bien décidé à convaincre ses frères. Il leur parla de nouveau, leur montra le seau de sang. Mais le plus âgé lui dit qu’il avait inventé toute cette histoire pour ne plus se charger de la corvée pénible de l’eau.
Il se passa la même chose encore le lendemain mais, comme les frères avaient soif, ils battirent leur cadet. 

“-Venez donc avec moi, ce dimanche, et vous verrez.”
Lorsqu’ils arrivèrent à la fontaine, la fée les attendait, assise sur une pierre. Elle s’adressa au cadet:
“- Alors, mon petit, as-tu pu convaincre tes frères aujourd’hui?
-Voyez vous-même, fée, ils ne me croient pas plus qu’hier ni qu’avant-hier. Ils sont là parce qu’ils doutent. Ils croient que je veux simplement me débarrasser de la corvée de l’eau! Ils ont décidé de me battre chaque fois que je rapporterai un seau de sang pour calmer leur soif ! C’est pour cela que j’ai décidé de te les amener, malgré ta recommandation. Ils ne croient que ce qu’ils voient, alors...
- Alors, interrompit la fée, alors voulez-vous que je vous transforme en pierres?
- Êtes-vous bien une fée, vraiment? demanda l’un des frères .
- Tu en doutes encore, dit-elle en brandissant ses mains .
- Nous vous croyons, nous vous croyons, ajouta l’autre frère. Il ne put quand même s’empêcher de demander:
- Mais pourquoi nous donnerez-vous un seau d’or ?
- Pour que vous laissiez la forêt tranquille.
- Mais, bûcheron est un métier honnête, c’est notre métier.
- Il y a désormais trop de bûcherons dans cette forêt. Elle disparaîtra bientôt. Il faut la protéger.
- On voudrait bien renoncer à notre métier pour un seau d’or mais...
- Mais, vous ne me croyez toujours pas. Alors, pour vous punir de votre méfiance, je donne le seau à votre plus jeune frère. Il est bon, lui, il a confiance et montre de la volonté.
Aussitôt, le seau s’emplit d’or. L’un des frères les plus âgés s’approcha.
- Recule, ordonna la fée. Seul, votre petit frère pourra le toucher. C’est lui qui se chargera de répartir équitablement la richesse de ce seau. Tant que vous serez méfiants, il sera chargé de vous remettre une pièce chaque mois. Faites-en bon usage! Mais, si jamais l’un de vous deux, ajouta-t-elle en désignant les grands frères, essaie de s’emparer du seau, il se retrouvera avec du sang...” 

A ces paroles, la fée disparut. Le cadet la remercia de tout son cœur, à voix basse.
“- Que dis-tu, toi? demanda l’un des grands.
- Je disais merci, merci à la fée d’aider de pauvres imbéciles comme nous. Vous feriez mieux d’en faire autant.”
Très vite, les frères changèrent de maison mais restèrent ensemble d’abord. Le bonheur rendit peu à peu les grands plus confiants. Ce qui les fit totalement changer, ce fut l’amour pour une belle. Ils se marièrent et partirent vivre chacun dans sa propre maison, sans avoir peur de manquer de quoi que ce soit, car ils faisaient confiance à leur cadet. 

Depuis ce temps, la fontaine s’appelle la Fontaine Sanguinède. C’est grâce à la fée de cette fontaine que la forêt a survécu. Elle y fit un marché avec beaucoup d’autres bûcherons. Certains, devinrent les pierres qui entourent, aujourd’hui encore, la fontaine ! 
Si vous êtes allé au pic de Bure, cous connaissez certainement la station Saint-Étienne-en-Dévoluy ? A quelques mètres du téléski dit de "la fille", se trouvait une des cavités majeures pour la spéléologie dans les Hautes-Alpes. Oui mais un trou au beau milieu des pistes de ski, ça fait désordre... Du coup, il semble que la station ait pris toutes les mesures nécessaires pour que vous ne passiez pas au travers... un peu d'explosif est le trou est  bouché. 
Les spéléos, Quels spéléos ? Et bien ils sont en colère les spéléologues ! Alors qu’ils étaient partis pour enlever les cordes de progressions laissées à l’intérieur de la cavité ils ont trouvé une piste de ski prête à être engazonnée à la place de l'entrée ! 

Alexandre Chaput, président du comité départemental de spéléologie des Hautes-Alpes, à raconté au Dauphiné : « Nous sommes depuis quatre ans en exploration dans ce chourum. Celui-ci fut découvert par nos ancêtres spéléologues en 1947. L’hiver approchant, nous voulions récupérer l’équipement de progression dans cette cavité ainsi que le matériel de prospection laissé par nos soins, il y a quelque temps ».
Son collègue Michel Ricou-Charles, conseiller technique en secours spéléologique et expert en milieu souterrain, renchérit : « C’est une cavité majeure du Dévoluy. Elle renfermait des espèces animales protégées : la chauve-souris par exemple - sa présence est extrêmement rare à cette altitude - ou encore des insectes cavernicoles. »
[...] « Il faut être inconscient pour gérer la nature de cette sorte, de surcroît pour des professionnels de la montagne. C’est une attaque d’un écosystème inédit par rapport au milieu naturel dans les Hautes-Alpes. Savent-ils seulement ce qu’est l’agenda 21 et plus particulièrement le chapitre 13 qui traite de gestion des écosystèmes fragiles et le chapitre 15 de la préservation de la diversité biologique ? J’en doute ! Il y a une vingtaine d’années, nous avions dénoncé sur cette même station une pollution de cavité, dans le même secteur, à la suite d’un versement d’hydrocarbures. L’histoire se répète-t-elle sous une autre manière ? »
Ecoeurés, nous vous laissons lire la réponse de la station dans l'article du Dauphiné...
On l'avoue, le geocaching, on n'y connaissait encore rien il y a quelques mois ! Une de nos fidèles lectrices s'est donc proposée pour la rédaction de l'article sur cette nouvelle activité "outdoor" en pleine essor et qui compte une formidable communauté sur la toile ! 
Si vos enfants rechignent à se promener en forêt ou que vous avez envie de nouveautés lors de vos balades, voici une activité qui ravira toute la famille... et qui sera sans aucun doute, l'occasion de découvrir quelques merveilles de Bleau mais aussi d'ailleurs. En effet, si les occasions de s'enrichir financièrement avec ce loisir sont rares, elles ne manquent pas pour ce qui est de profiter des paysages,  et de découvrir le patrimoine historique ou culturel d'un lieu et ce, presque partout dans le monde. La seule difficulté finalement, sera l'apprentissage des finesses du GPS ! 
On en profite juste pour rappeler que si cette activité permet de découvrir des lieux secrets et plutôt préservés, il est de bon ton de ne laisser aucune trace de son passage ! Donc, pas de déchets, tags, feux de camps et un respect total des trésors historiques, floristiques ou faunistiques s'impose... Merci d'avance.

Article de notre écorrespondant : Lebouillou


Mais qu'est ce que le géocaching ?


Selon Wikipedia : Le géocaching(ou geocaching) est un loisir qui consiste à utiliser la technique du géopositionnement par satellite (GPS) pour rechercher ou dissimuler un contenant (appelé «cache» ou «géocache») dans divers endroits à travers le monde. Une géocache typique est constituée d’un petit contenant étanche et résistant comprenant un registre des visites et un ou plusieurs «trésors», généralement des bibelots sans valeur. Plus de deux millions de géocaches sont répertoriées dans 222 pays sur les différents sites web communautaires dédiés à ce loisir (voir bas d'article).

Le but pour les « Placeurs » est de faire découvrir des espaces aux « Trouveurs » ayant un intérêt naturel ou culturel : la cathédrale de Reims, le col du Lautaret ou le plateau de Ganagobie dans la Vallée de la Durance, par exemple.Certaines restent bien difficiles à trouver et peuvent rester cachées de longue années ! Ainsi, la première géocache placée non loin de Paris en 2001 n’a été découverte qu’en février 2010. 
Si ça c'est pas une cachette difficile à trouver !
Les GPS sont aujourd'hui monnaie courante dans nos voitures et ne sont plus réservés à une élite aventurière. Mieux, un bon smartphone fait aujourd'hui office de GPS et on trouve des applications (gratuites ou payantes) pour nos téléphones permettant de jouer partout dans le monde... 

Avant de partir chasser le «trésor caché», vous aurez donc besoin d'avoir :
–                    un smartphone suffisamment chargé avec une bonne couverture (et un abonnement téléphonique valide...)
–                    une application de Geocaching (il y en a des gratuites et des payantes)
–                    activé votre GPS sur le smartphone...
–          le matériel de randonnée habituel (eau, nourriture, vêtement de pluie, chaussures imperméables et adaptées, trouve de secours, frontale...
–                   un carnet, un crayon, et un petit objet à offrir aux suivants...


Exemple concret :


Géocaching autour de la Mare aux Evées avec application gratuite d'Androïd












Photo n° 1 : vue au 40 millièmes des caches situées autour de la Mare aux Evées





Photos n° 2 : en cliquant  sur le logo   vous accédez aux informations relatives à la cache (remarque : il est utile de vérifier ces informations car certaines caches peuvent être très difficiles à trouver voire ne plus exister)




Photo n°3 : partons à la cache située Route de Dammarie





Photo n° 4 : arrivée à la cache  (ancien puits de pétrole)





Photo n° 5 : boite localisée (dans le sac plastique)





Photos n°6  et n°7 : note sur le carnet de la date de la trouvaille








Photo n° 7 : mise dans la boite d'un objet «perso» et prise d'un objet déjà déposé
 (objet qui atterrira certainement dans une prochaine cache)




Point d’attention : bien fermer la boite et la remettre dans son emballage plastique pour protéger son contenu de l’humidité.

Voilà, ce fut une belle balade de 2h autour de la mare aux Evées et un trésor trouvé en s'amusant en famille !

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Vous pouvez aussi faire des courses en individuel ou par groupe (version «course d'orientation») et vous avez aussi la possibilité de créer vous-même de nouvelles caches (matériel précis à prévoir – voir explications sur les sites dédiés)

Pour plus de renseignements :

voici des exemples de sites dédiés aux Geocaching :
                    le site officiel : http://www.geocaching.com/ (en anglais)
                    Site français Géo-map
                    http://www.geocacheurs.fr/
                    http://france-geocaching.fr/
les blogs et les sites de géocaching
Autres sites et forum de géocaching


La semaine dernière, nous publions un article sur le soit disant retour programmé du loup en forêt de Fontainebleau pour 2016 sur un ton un peu moqueur. Pour autant, la terreur ancestrale qu'il inspire nous semble totalement justifiée au regard des nombreux témoignages de ses forfaits passés même s'il furent parfois très exagérés. Il y a peu de chance que la situation du loup en France redevienne celle qu'elle fut dans le passé mais, à des fins historiques et culturels, il nous a semblé utile de publier ici un complément à l'article à charge de la Beste ! Ce n'est pas pour rien qu'à Bleau vous pouvez emprunter la Route du Loup, vous promener dans la Gorge aux loups...


Il est clair que le loup inspire, non sans raison, une peur viscérale à l'homme. Il faut dire que si ce canidé n'est pas très inquiétant pris en solitaire (finalement ce n'est qu'un gros chien qui ne mange guère plus qu'un berger allemand), il devient un  redoutable prédateur en lorsqu'il évolue en meute, y compris pour l'homme dans certaines conditions. Pour nous en prémunir, l'homme inventa des pièges et armes de toutes sortes et sa tête fut mise à prix.

Au IXe siècle, les loups régnaient en maître sur les forêts et les campagnes. Il semble qu'en France, des hordes de loups suivaient les Uns d'Attila, probablement attirées par les cadavres qu'ils laissèrent derrière eux jusqu'à Orléans. En 1234, on sait que le tueur d'un loup touchait une prime de 5 sous parisis, elle valait 20 sols en 1436. Cette prime a perduré de longs siècles et fluctuait suivant la terreur inspirée par le monstre. En 1795 elle était de 200 francs. Après des années de chasses intensives, cette prime était tombée à 40 francs puis 12 en 1873. 


Dans les rues de Paris, en 1423, on tuait l'hiver trois à quatre loups par nuit ! En 1427, entre la Porte st Antoine et Montmartre, quatorze personnes furent tuées par des loups. En 1505, la bête dévora un enfant place de Grève... 

Nos rois créèrent une fonction de louvetier que François Ier développa largement à Fontainebleau. Des ordonnances prises au XVIe siècle imposèrent la participation d'un homme de chaque famille à des battues trois puis quatre fois par an et des taxes pour couvrir les frais de ces chasses étaient imposées à toutes les paroisses. Tout cet appareil juridique et administratif montre bien l'importance attachée à cette époque à la destruction des loups.

Ils étaient en effet très nombreux à l'époque et pendant les premières années du règne de Louis XIII il y eut, en Gâtinais, plus de 300 personnes victimes des loups. A la fin du siècle, en 1679, les registres de la paroisse de Bois le Roi font état de plusieurs bûcherons dévorés par les loups. Un siècle plus tard, pendant la période révolutionnaire, on vit des loups venir déterrer les cadavres dans le cimetière de Fontainebleau. Des mesures drastiques s'imposèrent et la loi du 1° mai 1795 fixa la prime à payer par tête : 100 francs pour un louveteau, 200 pour un loup, 250 pour une louve et 300 si elle était pleine. Deux ans plus tard la mesure ayant sans doute été efficace le primes étaient ramenées à 20, 30, 40 et 50 francs.


Vers 1650 le Grand dauphin fils de Louis XIV attaque un vieux loup en forêt de Fontainebleau. Au bout de quatre jours le loup fut pris par l'équipage non loin de Rennes. Un siècle plus tôt, en 1548 un gentilhomme condamné à mort gagne sa grâce et son portrait dans la salle de bal du château pour avoir affronté et tué en combat singulier une louve gigantesque qui désolait les environs de Fontainebleau.

Les habitués de la forêt de Fontainebleau connaissent certainement l'histoire des croix élevées aux carrefours et qui servaient de lieu de rendez-vous des chasseurs. La Croix de St Hérem fut baptisée du nom du gouverneur du château de Fontainebleau et surtout Grand Louvetier : Gaspard de Montmorin Saint-Hérem. Il est célèbre pour avoir abattu la plus féroce et monstrueuse louve du Gâtinais plus d'un siècle avant la bête du Gévaudan. L'histoire en fut très certainement romancée au point de devenir une sorte de mythe. Toutefois on en trouve les traces en étudiant la gazette rimée adressée à la duchesse de Nemours par Loret le 9 octobre 1655.

"D'un certain diantre d'animal,

Qui alentour fait bien du mal,

Car, pour manger enfant ou femme,

Par une gourmandise infâme,

De telle viande, dit-on,

Il est étrangement glouton.

On l'appelle la Male Beste

Que l'on craint comme tempeste

Tant il est âpre et carnassier.

Aucuns disent : C'est un sorcier...



... Une horrible louve

D'aspect rude, ardent et hideux

Et grande au moins comme deux.

De la chasse toute les pompes,

L'aboi des chiens, le son des trompes,

Les échos répondant aux cors

Qui faisaient de charmants accords,

Célèbrèrent la victoire,

Et puis chacun s'en alla boire,

Car, pour dire la vérité,

Ils l'avaient bien mérité."


En 1692, l'intendant de l'Orléanais comptabilise plus de 150 attaques d'hommes par des loups et une longue traque fut menée par l'équipage royale pour retrouver les loups coupables de la centaine d'attaques en 1712 autours d'Orléans. En 1854, au cours d'une battue en forêt de Fontainebleau, on tuait encore cinq loups. 

L'organisation de la louveterie, disparue avec la monarchie, fut recréée par Napoléon I° et le nombre de loups diminua considérablement dès le début du XIX° siècle. En 1818 on ne donnait plus que 12 francs pour un loup et 18 pour une louve pleine. Cependant jusqu'au milieu du siècle il ne se passait d'hiver sans que plusieurs de ces animaux ne fussent tués dans notre forêt. A la fin du règne de Napoléon III, en 1870, on pouvait considérer comme clos le chapitre de la destruction des loups à grande échelle en forêt de Fontainebleau.
En 1803, plus de 180 loups furent abattus en Seine et Marne. Un an plus tard, et le témoignage nous vient d'Alexis Durand, un loup et une louve furent poursuivit dans Fontainebleau avant de trouver refuge dans les égouts de la place Ferrare où ils furent tués. La même année, en novembre, les loups mutilèrent le cadavre d'un homme récemment enterré. 


La grotte des Crottes au fer
Photo Thierry Gueguen


Il y a dans les bois de la commanderie à Larchant au lieu-dit "Les Crottes au Fer" un abri orné avec une gravure narrative du XIX° siècle relatant le passage d'un loup.
LE 17 FEVRIER 1843 A PASE UN LOUP ICI EUSEBE BERNARD
Faut il prendre cette inscription historique au sens propre ou figuré ?



Photo Thierry Gueguen


Dans l'Almanach de Seine et Marne de 1867, on peut lire que le 18 mai 1866 un loup poursuivant une chienne est entré dans la salle de bal du village d'Aubigny au nord de Melun. La bête n'en réchappera pas. 

Lors du très dur hiver de 1886, les loups divaguaient dans les rues de Ferrière n'hésitant pas à s'attaquer aux portes des boucheries. Le 6 septembre 1888 on tua à Ferrière une louve d'une quarantaine de kilos. En 1896, des loups pénétrèrent dans l'abattoir de la Métairie des Champs, non loin de Préfontaine, pour s'emparer très silencieusement de morceaux de viande de 10 à 15 kg non sans avoir tué un des chiens de garde. 

Enfin, en 1910, 68 loups étaient abattus en France dont 5 dans l'Yonne et en mai 1916, à Château-Thierry, on captura une belle louve et sa portée de cinq louveteaux ! On
abattit en 1918 encore 88 animaux dans tout l'hexagone.

Bref, le loup est et reste un animal dangereux (notamment hors de nos frontières où il est très présent) et les éleveurs ne le savent que trop bien ! Depuis sa disparition de nos forêt, il n'y a plus de grand prédateur et la régulation des populations de sangliers par les chasseurs reste très en deçà de ce quelle devrait être. Son retour est donc le signe d'un meilleure équilibre de la nature. Pour autant, et sans réclamer son éradication, il faut donner les moyens aux éleveur d'effaroucher la bête et de se défendre. A trop vouloir protéger le loup, on risque, comme souvent, d'arriver au résultat inverse...
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Et la Rep 77 s'y met aussi !

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