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ESCALADE

Sur le chemin

novembre 2017

Cela fait maintenant quelques mois que les gérants des salles d'escalade franciliennes Block Out (BO) ont imposé aux grimpeurs l'utilisation exclusive de la magnésie liquide, et, bien que l'air y soit nettement plus respirable qu'avant, sur les réseaux sociaux ça grogne...et plutôt fort, même ! Et pourquoi donc ? Est-ce parce que les grimpeurs aiment trop snifer leur poudre blanche fournie gratuitement ou est-ce parce que l'escalade est devenue plus difficile dans ces salles  ? Et si c'est le cas,  pourquoi ? Y aurait-il  un problème avec la magnésie liquide ? Petit retour sur cette polémique, notre santé et les magnésies liquides...

C'est sans doute à BO3 (Lisses) que la colère est la plus forte. Il faut dire que dans le sud francilien, l'offre en salle de blocs est plutôt réduite alors que la demande est très forte. La grogne est donc à la hauteur de la déception et ces quelques gouttes de magnésie liquide ont juste fait déborder la coupe... 
Après la suppression du shop pour l'agrandissement du restaurant et l'augmentation de l'abonnement vous ouvrant les portes de salles où bien peu mettront les pieds, ce nouveau changement est, pour beaucoup, celui de trop. Pourquoi ? 

Primo, parce que dans les niveaux les plus ''faciles'' et donc fréquentés, en quelques jours seulement, les prises deviennent ultra glissantes, recouvertes d'une solide couche polie de magnésie, sueur et autres microbes. À qui la faute ?
D'abord aux grimpeurs eux-mêmes qui mettraient beaucoup trop de liquide et n'auraient pas compris qu'il faut attendre un séchage complet de la magnésie liquide avant de toucher les prises. Ensuite, et c'est le nouveau discours du personnel, au choix de la magnésie liquide de la marque Béal dont un flacon a pourtant été gracieusement offert à tous les abonnés(sur une courte période). Nous voici donc peut-être à l'aube de l'interdiction dans les salles BO de la marque la plus commercialisée.

Explications : La magnésie liquide au départ c'est simplement de la magnésie en poudre diluée dans plus ou moins d'alcool pour que ça sèche vite. Ensuite, certaines marques ajoutent du parfum, un épaississant et parfois de la résine pour que ca colle un peu plus. En gros c'est assez facile à fabriquer et c'est vendu très cher. Du coup, vous ajouterez  maintenant environ dix euros par mois au coût de votre abonnement mensuel à B0...

magnésie liquide après séchage
La magnésie liquide Béal contient de la résine dont nous sommes de fervents défenseurs lorsqu'elle est enfermée dans le pof bleausard. Mais, force est de constater que sur les prises artificielles, elle provoque un encrassement plus rapide et surtout plus résistant que la magnésie en poudre ! Du coup, on a vu à BO des encadrants brosser les prises des voies oranges ou bleues avec des brosses métalliques pour tenter de leur rendre un peu d'adhérence !!!
Elle est tellement résistante cette magnésie liquide Béal qu'en fin de séance, il faut plusieurs lavages à l'eau et au savon pour en faire disparaître toutes traces sur les mains qui restent souvent très sèches et collantes. Ceci dit, nous ne sommes pas tous égaux face à la transpiration et certains seront donc moins gênés...

Nous avons donc testé d'autres marques dont la Myléore, la Snap et la Simond qui semblent encraser beaucoup moins les prises mais tiennent aussi moins longtemps sur les mains. Petites astuces au passage. Avec la magnésie Béal, lavez vous rapidement les mains à l'eau en cours de séance. Après séchage, elles sont bien collantes et prêtes pour un ultime run dans le projet du jour. Avec les autres crèmes, frottez vous énergiquement les mains une fois le mélange séché pour retirer l'excédent.

Résidus de magnésie liquide marque Béal après deux lavages à l'eau et savon.

Extrait newsletter Block Out
En attendant, les prises sont effectivement beaucoup moins adhérentes dans les salles BO. Les patrons ont beau nous annoncer par newsletter que la rotation des ouvertures se fera toutes les trois semaines, l'achat de nouvelles prises ou l'arrivée de nouveaux ouvreurs, actuellement, dans les salles Block Out, il est de plus en plus difficile de prendre du plaisir en grimpant dans les niveaux intermédiaires... 
Pire, c'est même parfois dangereux vue la mauvaise habitude qu'ont pris certains ouvreurs de placer des plats fuyants en sortie de voies et des volumes proéminents dans le bas ! Si en plus, trois ou quatre des blocs de la salle ne sont consacrés qu'aux voies sur volumes, run and jump et autres jeux de cirques au détriment des voies de niveaux intermédiaires alors que des dizaines de gosses courent partout sur les tapis pour cause d'anniversaire, vous comprendrez la colère de certains habitués de BO. Car pour nous, le fond du problème est là : des ouvertures et  des prises incompatibles avec l'usage exclusif de la magnésie liquide dans une salle sur-fréquentée.

Petite série de ce que vous pouvez trouver à BO3 mi-novembre ! Des prises polies et usées jusqu'à la corde ou encrassées en quelques semaines




Interdire la magnésie en poudre c'est quand même bon pour notre santé !


En effet, l'idée est très intéressante. Elle est même en avance sur la future réglementation des espaces clos recevant du public ! 

Celles et ceux qui fréquentent les salles d'escalade les week-end pluvieux savent qu'en rentrant la douche s'impose tout autant que le lavage intégral des vêtements. Mais surtout, vous passez certainement des heures à vous moucher... En effet, dans les grandes salles sur-fréquentées, les nuages de magnésie se forment assez rapidement et, d'après certaines estimations, cela pourrait être très nuisible pour la santé. 

Voilà déjà quelques années que la question a été effleurée sans pour autant générer une vaste et véritable étude scientifique. Par ailleurs, toutes les salles d'escalade ayant essayé de faire de même dans le passé ont rapidement abandonné l'idée d'imposer la magnésie liquide. Cette question des impacts de la magnésie sur la santé a été abordée dans divers  articles et notamment dans  la revue Les Alpes, du Club Alpin Suisse, en 2008. C'est cet article qui a été pris comme référence par de nombreux sites d'information (dont le nôtre). Pour cause, c'est le seul disponible en français...

Son auteur, Christoph Meier, n'y va pas par 4 chemins. Il fait carrément le parallèle avec les risques liés aux particules fines. 
Les particules fines ? Mais si, vous savez ces poussières parfois très toxiques qui lorsqu'elles polluent notre atmosphère, notamment parisienne, engendre la mise en œuvre de plusieurs mesures obligatoires comme la réduction de la vitesse sur les routes ou la circulation alternées ou celle des voitures pastillées...assortie de la gratuité des transports en commun, etc.


BO3 une salle d'escalade sur-fréquentée y compris par les enfants...On est parfois limite côté sécurité.


Dans l'article, on peut lire : "Les grimpeurs en salle respirent un air aussi vicié par les particules fines que les ouvriers des secteurs industriels touchés par ce fléau" conclusion d'une étude effectuée par l'Université technique allemande de Darmstadt. Sans remettre en cause ces conclusions, soulignons que cette seule étude (publiée en allemand) n' a pas peut-être pas toute la rigueur scientifique nécessaire à l'interdiction de la magnésie en poudre dans les salles de sport.

Rassurez-vous, les particules fines de magnésie semblent néanmoins beaucoup moins toxiques que celles que vous respirez quotidiennement sur les routes et dans les transports. D'ailleurs, pour ces produits dits "inertes", les seuils d'alerte et de tolérance sont beaucoup, beaucoup, beaucoup plus élevés. Ainsi, dans les industries concernées, le maximum de concentration a été fixé à 10 000 μg/m3 pour les PM10* et à 3000 μg/m3 pour pour les PM2,5*. Le travailleur est-il moins protégé ? Sans aucun doute ! En tout cas, tout est mis en œuvre pour que cette concentration soit la plus basse possible...et les recommandations aux entreprises vont bien dans ce sens. Nous vous invitons à lire en fin de cet article un complément d'information sur ces valeurs.

Mais du coup, Block out a t-il péché par excès de zèle en interdisant la magnésie en poudre comme principe de précaution ? Pas totalement car la concentration de magnésie atteint parfois 4 800 μg/m3 selon certaines mesures de l'article précité soit un taux à la limite du seuil admis de 5000 μg/m3 dans le monde professionnel (voir fin d'article).

Notez que ces mesures extrêmes réalisées dans certains coins de quelques salles ne sont heureusement pas constantes. On a tous pu constater les nuages de magnésie qui se sont créés autour des bacs de poudre, là où les grimpeurs tapent ou souffle dans leurs mains, lors du brossage des prises et en cas de chute sur certains tapis. Mais il ne faut pas oublier que les grimpeurs gesticulants et haletants dans l'effort sont donc plus exposés à une absorption accrue de particules fines...

Business is business...


N'y a t-il pas d'autres solutions que l'interdiction de la poudre ? 
Si. Et super simples en plus... Il suffit de travailler sur l'aération !

Des mesures effectuées dans une salle à Hanau en Allemagne lors de cette même étude ont prouvé l'efficacité d'une telle action. L'ouverture d'une seule porte a diminué de moitié en quelques minutes la concentration de PM10*. En outre il existe des solutions qui limitent la dissémination de la magnésie telles que des bacs à faible ouverture et l'utilisation de magnésie en boules.

Pour bien faire donc, les gérants de BO auraient tout aussi bien pu isoler correctement les salles de restaurant lors des travaux. Chacun y aurait trouvé son compte car si la fine couche de magnésie présente sur les tables et chaises en fin de séance n'était pas très agréable, le bruit des grimpeurs et ouvreurs pendant le repas ne l'est pas plus. Et du côté des grimpeurs ascétiques assurant gratuitement le repas-spectacle aux convives, ils auraient probablement aimé grimper sans les très tentantes mais aussi gênantes odeurs de cuisine. Mais de tels travaux ont un coût, certainement élevé, avec un retour sur investissement plus faible qu'une interdiction pure et simple !

C'est donc sur le prétexte de santé publique, tant pour leurs employés que pour nous grimpeurs, que les salles BO ont décidé de justifier leur décision. Mouais...

Dans ce cas, chers gérants, merci de rappeler à vos employés et prestataires que pour nettoyer les prises avec de l'acide, le port de combinaison, gants, lunettes, masque est obligatoire ! Nous avons malheureusement, et à plusieurs reprises, constaté des manquements graves dans le port des EPI. Et puis d'ailleurs c'est pas très écologique de déverser tout ça dans les égouts.


Par ailleurs, quitte à nous protéger, il serait bon de revoir les consignes données aux ouvreurs pour éviter les chutes dangereuses du haut des blocs ou sur des volumes proéminents. Cela devient même urgent dans la situation actuelle...

Bref, les salles Block Out ne sont plus tout à fait des salles d'escalade mais bien des restaurants dans lesquels on peut grimper. 
Avec d'après nos renseignements, environs 60% du chiffre d'affaires réalisés en restauration à BO3 par exemple (domaine où la marge est plutôt forte) les abonnés, même à 45 euros par mois, ne pèsent pas bien lourds dans la décision... Et puis c'est certain qu'en vendant la magnésie liquide plutôt que de mettre à disposition des bacs de poudre, les grimpeurs réguliers vont enfin devenir des clients plus rentables.

BO a donc naturellement vite fait ses comptes privilégiant ses meilleurs clients et en limitant les investissements. Business is business...
Ceci dit, les grimpeurs sont aussi des consommateurs, notamment le soir.
Notre petit groupe, en signe de protestation, a décidé de ne plus manger et boire à BO après nos séances qui du coup sont déjà de plus en plus rares.





(*)  A PROPOS DES MESURES DES PARTICULES FINES

Les chercheurs allemands ont mesuré et analysé l'air dans neuf sites en s'intéressant aux particules appelées P10, c'est à dire  d'un diamètre inférieur à 10 micromètres. À ce niveau là,  les particules  commencent à pénétrer profondément  dans les voies respiratoires, voire dans les alvéoles pulmonaires. Et leurs résultats sont plutôt alarmants. En effet, le taux moyen de PM10 est de 3500 à 4200 microgrammes par mètre cube (micro g/m3) dans les salles de bloc avec de fortes variations.

Comme les particules pénètrent d'autant plus profondément dans les organes respiratoires qu'elles sont petites, les chercheurs ont également déterminé la quantité de celles dont le diamètre ne dépasse pas 2,5 micromètres (PM2,5). Ce taux peut atteindre 500 micro g/m3.

Que signifient ces résultats ?

Si l'on prend comme référence les seuils de déclenchement fixés pour les alertes aux particules fines alors oui, ces concentrations sont extrêmement élevées. En effet, la moyenne journalière admise est de 50 µg/m3 et ce seuil ne doit pas être dépassé plus de 35 jours en moyenne par an (40 µg/m3 en moyenne annuelle). Pour les PM2,5, il n'y a pas de réglementation. L'Union européenne a fixé son objectif de qualité à 20 μg/m3 en moyenne sur l'année. Le Grenelle de l'environnement souhaitait arriver à 15 μg/m3. L'Organisation Mondiale de la Santé recommande, elle, une valeur de 10 μg/m3. 

Du coup si vous allez plus d'une fois par semaine dans une salle d'escalade ou que vous y travaillez, mieux vaut effectivement s'interroger... 

Songez qu'à Pékin la concentration en particules fines est en moyenne de 90 μg/m3 et qu'elle dépasse très régulièrement les 900 ! D'après L'OMS en 2000 plus de 345 000 décès étaient liés à ses particules dont 42 000 en France ! En 2014, la pollution de l'air a causé le décès prématuré (avant 65 ans) de 487 600 au sein de l'Union européenne (UE). Tel est le bilan macabre du rapport 2017 sur la qualité de l'air, publié mercredi 11 octobre 2017 par l'Agence européenne de l'environnement (AEE). 

Suite à ces études, les Etablissements Recevant du Public (ERP – écoles, crèches, centres de loisirs, complexes sportifs, centres aquatiques …) commencent à faire l'objet de réglementations, avec comme première cible les écoles et crèches. Les décrets 2015-1926 du 30 décembre 2015 et 2015-1000 du 17 août 2015, portant sur des exigences en matière de qualité de l'air intérieur, établissent des valeurs guides et imposent la mise en œuvre d'une démarche de prise en compte de la qualité de l'air intérieur dans certains ERP. Pour les complexes sportifs type piscine la date est au 1er janvier 2023.


Une étude conduite par le Dr Rob Beelen (université d'Utrecht, aux Pays-Bas), publiée le 9 décembre 2013 dans la revue médicale The Lancet, a conclu qu'une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste sur la santé, même lorsque les concentrations restent dans la norme de l'Union européenne. Selon ces travaux, chaque hausse de 5 μg/m3 de la concentration en PM2,5 sur l'année augmente le risque de mourir d'une cause naturelle de 7 %.

Mais surtout, ce que mettent en évidence toutes les études, c'est que notre santé est menacée dans les milieux clos et mal ventilés.

Et quid des travailleurs ?

Les valeurs limites d'exposition professionnelle valent pour toute forme de poussières (marbre, farine…) mais les effets particuliers de certaines d'entre elles justifient l'existence des valeurs limites inférieures (bois, amiante, silice…) comme le rappelle l'article R. 4222-10 du Code du travail. Ces valeurs limites d'exposition professionnelle sont fixées pour une concentration moyenne sur une période de 8 heures de 10 g/m3 d'air pour les PM10 et 5 g/m3 [soit 5 000 μg/m3] d'air pour les PM2.5. Or, en raison d'une règle d'exception, inscrite dans le code du travail, les salariés ne peuvent pas faire valoir leur droit de retrait : «Dans les locaux à pollution spécifique, les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l'atmosphère inhalée par un travailleur, évaluées sur une période de huit heures, ne doivent pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d'air», précise le texte. Un seuil 100 fois supérieur au maximum d'exposition aux particules PM10 fixé pour la population générale (50 µg/m3) par le code de l'environnement !

Voilà qui justifie totalement la colère des salariés de la RATP et de la SNCF en Ile de France

Le taux de particules fines est en effet jusqu'à dix fois supérieur dans les tunnels des transports en commun d’Île-de-France qu'à l'air libre. C'est ce qu'a pointé le Monde, dans une enquête intitulée «Pollution : l'air irrespirable des travailleurs du métro». Premiers concernés, les 26 000 salariés franciliens de la RATP et de la SNCF.
Le 4 juillet 2017, un pic à 438 microgrammes (µg) de particules fines par mètre cube d'air a été relevé entre 19 heures et 20 heures, selon les données du réseau Squales de la RATP. Or, à l'extérieur, au même moment, la pollution n'atteignait que 27 µg/m3 de particules dites PM10, selon Airparif. Soit 16 fois moins.

Une situation qui, lorsque des travaux sont effectués la nuit, peut engendrer des valeurs nettement supérieures. Ainsi la concentrations de PM10 a dépassé les 1 000 µg/m3 le 31 mai 2017 entre 2 heures et 3 heures à la station Châtelet, et le 26 juin 2017 entre 3 heures et 4 heures à Auber expliquait Fabian Tolosini, membre de  la Fédération des transports (FGTE-CFDT), dans les colonnes du Parisien.

Donc, si l'on en croit ces valeurs, la concentration en PM10 dans les salles d'escalade allemandes, à certaines heures et dans certains coins serait 3 à 4 fois supérieure à celle relevée durant des travaux dans les couloirs des métros et RER parisien... Y'a de quoi s'inquiéter !

Renseignez vous sur 


https://www.airparif.asso.fr/

Précisions :
Après plus de 10 000 lectures en quelques jours, de très nombreux messages, commentaires, etc. une soixantaine de partages sur facebook ou autres sites, nous avons quelques précisions à apporter :

- toutes les salles BO ne sont pas encore passées à la magnésie liquide.
- d'autres enseignes commencent à le faire (Strasbourg)
- tous les ouvreurs ne font pas mal leur travail. Ils font avec les moyens du bord, les prises à disposition et les délais impartis. On nous promet de nouvelles amélioration tant pour eux que pour nous.

Gaëtane Hay et Hélène Maggiori à Fontainebleau
Vendredi dernier, nous étions invités par la Mairie de Fontainebleau et l'ONF (Office National des Forêts) à la présentation du livre: Fontainebleau cent ans d'escalade. L'occasion également pour la plus populaire et célèbre de nos alpinistes, par ailleurs directrice des éditions du Mont Blanc, Catherine Destivelle, d'être officiellement nommée marraine du dossier de candidature de notre forêt au patrimoine mondial de L'UNESCO. 


Bon, autant vous le dire tout de suite, l'intronisation a rapidement perdu de son côté solennel car ni le Maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, ni Pierre-Edoudard Guillain, directeur de l'agence territoriale Île de France Est de l'ONF, n'avaient pu se libérer. C'est donc l'adjointe à la culture et aux relations internationales, Hélène Maggiori, qui a fait le traditionnel discours d'accueil suivi, de Gaëtane Hay, responsable du service accueil et biodiversité de l'ONF.


Une belle assemblée composée de bleausards et représentants
officiels locaux mais tous passionnés par cette forêt
Madame Hay a d'abord évoqué devant une assemblée de connaisseurs  les enjeux de la politique d'accueil du gestionnaire de notre célèbre massif forestier évoquant les 12 millions de visites annuelles, l'aménagement des parkings, l'entretien des sentiers, etc. A cette occasion, nous n'avons pas pu nous empêcher de relever dans son discours que si la mission de l'ONF est "d'assurer la cohabitation entre les randonneurs, promeneurs, grimpeurs, cyclistes, cavaliers et ouvriers forestiers avec la faune et la flore protégée", la cohabitation avec les chasseurs était passée sous silence. Soulignons que dans ce grand salon d'honneur de la Mairie, les panneaux de bois sculptés sont là pour nous rappeler que la chasse à courre est ici plus qu'une tradition. C'est, comme le rappelait également Madame Maggiori, le mythe fondateur de la ville de Fontainebleau et dans son prolongement la forêt éponyme.



L'ONF nous a ensuite rappelé que l'escalade contribue à de nombreux impacts sur le milieu allant de l'érosion avec ces grimpeurs qui traînent leur crash pad sur le sol, aux dérangements de la faune (notamment l'engoulevent d'Europe, roi du camouflage et de la discrétion), en passant par la destruction de mousses protégées. Et c'est vrai ! Nous l'aurions vivement soutenue si Madame Hay avait même ajouté: les perturbations sonores (cris, musique...), la pollution visuelle engendrée par l'usage massif de magnésie ou les autres dérangements de la faune sauvage par ces grimpeurs nocturnes de plus en plus nombreux.



Au lieu de cela, c'est en soulignant l'absence d'association représentative des grimpeurs que Madame Hay a semblé vouloir justifier le besoin pour l'ONF de nommer une  ambassadrice telle que Catherine Destivelle. Que voilà une mission difficile! Un nouveau challenge pour Catherine qui va devoir porter la charte des bonnes pratiques dans notre communauté et y mettre un peu d'ordre. 


Euh...Comment?!...Là encore, on ne peut s'empêcher de relever un autre oubli de taille. Et le COSIROC? Ce dernier œuvre pourtant aux côtés de l'ONF avec de nombreuses associations (FSGT, FFME, FFCAM...)* depuis 1962 comme vous pourrez d'ailleurs le lire dans le livre.
C'est pourtant bien lui qui coordonne le balisage et l'entretien des circuits depuis quelques décennies en répondant à vos exigences. C'est lui, encore, qui par son opération du 25 mars 1995 est à l'initiative de la fondation de la Commission Erosion. Mais pas d'inquiétude, cette association aura aussi grand plaisir à accueillir cette grande dame de l'alpinisme français. 

Franck Scherrer, Catherine Destivelle et Gilles Modica à la Mairie de Fontainebleau
Franck Scherrer, Catherine Destivelle et Gilles Modica
à la Mairie de Fontainebleau
Bref, chère Catherine, désormais te voilà porte-parole des bleausards et nous te souhaitons bon courage pour cette périlleuse conduite de la plus importante cordée de grimpeurs et grimpeuses de la planète sur une voie dont le topo annonce de nombreux périls. 


Heureusement, après les discours, venait le temps de la présentation du livre sous forme d'une conférence successivement animée par Gilles Modica pour la partie historique (comprenez jusqu'aux années 1980) puis notre ami Franck Scherrer qui avait la périlleuse tâche de remplacer le second auteur, Jacky Godoffe, parti en Chine avec l'équipe de France de bloc. 

Après une brève conclusion de Catherine, il était grand temps de passer à la séance de dédicaces et au traditionnel "vache péage à boire" de notre communauté, même si celui-ci était bien plus sage et fade que ceux des générations qui nous ont précédées sur les blocs. Gageons que l'ambiance étaient plus festive le lendemain à Barbizon où quelques 300 bleausardes et bleausards étaient conviés pour une deuxième soirée. 
Pour la critique du livre...va falloir attendre un peu que l'on digère... les 300 pages et 600 illustrations.

* FSGT: Fédération Sportive et Gymnique du Travail
  FFME: Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade
  FFCAM: Fédération Française des Clubs Alpins et Montagne

Catherine Destivelle et Gilles Modica signent Fontainebleau, 1 siècle d'escalade à la Mairie de Fontainebleau
Catherine Destivelle et Gilles Modica signent Fontainebleau, Cent ans d'escalade
à la Mairie de Fontainebleau

C'est avec plaisir que nous avons vu les extraits du troisième volet des vidéos de Neil Hart consacré aux meilleurs grimpeurs et performances réalisés à FontaineBleau.

Au programme de ce 42 minutes des grimpeurs d'exception étrangers comme Jimmy Webb, David Mason mais aussi Philippe Ribiere, Charles Albert ou le retour de Marc Le Ménestrel.

Un film bien entendu payant (8 livres)
À découvrir sur www.neilhart.info

Bon, cela va encore faire râler celles et ceux qui pensent que Neil s'assure ici une promotion touristique à bon compte et sur le dos de la Forêt de Fontainebleau sans participer à sa sauvegarde...
Il y avait bien longtemps que l’on n’avait pas signalé de travaux de lutte contre l’érosion conduit par l’ONF en forêt de Fontainebleau ou des Trois Pignons. Sans doute est-ce parce que les budgets consacrés à cette partie des travaux d’accueil du public ont fondu comme neige au soleil car les bénévole qui participent activement à la Commission érosion comme sur le terrain ne manquent pas d’idées et de chantiers. Il faut dire qu’avec un ou deux millions de visiteurs annuels marchant dans le sable, l’érosion de ce massif n’est pas prêt de s’arrêter.

« Nous sommes principalement sur des sols faits de sable. Or, le sable descend. Notre objectif est de permettre à tout le monde de profiter des lieux sans les fermer, même s’ils sont mis en danger par trop de passages. » rappelait Yann Nadal, chef de projet de l’accueil du public, à l’Office national des forêts à nos confrères du Parisien cette semaine. Pour cause, ces jours-ci, les équipes de l’ONF interviennent sur plusieurs chantiers dont celui du site d’escalade 91.1 et le long du sentier bleu numéro 8.

Pour bloquer le phénomène d’érosion anthropique, (enfin « essayer » de le stopper), plusieurs ouvriers spécialisés ont, durant trois semaines, fabriqué des contremarches en robinier, qu’ils ont pavé de grès, expliquait Philippe Garro, le conducteur des travaux. Un travail qui s’intègre parfaitement dans le site et qui n’est pas sans rappeler les ouvrages construits en 1995, non loin de là, par plus d’une centaine de bénévoles dirigés par le Cosiroc. « Les marches stoppent le sable lorsqu’il pleut et le sol se stabilise. » Nous précisons volontiers que cela fonctionne uniquement si les visiteurs empruntent ensuite ses marches au lieu de circuler à côté en créant de nouvelles sentes.
« Les randonneurs, les gardes forestiers et les membres d’associations nous remontent les points sensibles et après visites, nous nous réunissons pour déterminer les chantiers de l’année prochaine », rappelait Yann Nadal mais faute de moyens, un choix drastique est effectué pour déterminer les zones d’interventions 


Cette année, l’ONF, avec l’appui de la région Ile-de-France et le conseil départemental, a effectué 15 000 euros de travaux. Est-ce pour cela que l’ONF n’a pas relancé le Cosiroc sur une opération au 95.2 initialement annoncée ?
En attendant, voici la note officielle de l’ONF à ce sujet.

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