#RESPECT

#RESPECT
La forêt n'est pas une poubelle ! Nettoyons !

IMPORTANT

Com ONF

ESCALADE

Sur le chemin

janvier 2019

Depuis mars 2018, la situation des oiseaux en France est enfin considérée comme préoccupante. Pour cause, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont publié, mardi 20 mars, les résultats des deux grands réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique » ! « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. » Parmi les très nombreuses espèces menacées figure l'Alouette Lulu dont il ne subsiste qu'une quarantaine de couples en IDF dont la moitié en forêt de Fontainebleau. Paradoxe écologique, pour assurer leur conservation, l'ONF se doit de réaliser des travaux de maintient des milieux ouverts en coupant des arbres et a choisi le Réserve biologique de Champ-Minette pour le faire.
Situés sur les parcelles 129, 130 et 131, ils s’étendent sur 30 hectares. Objectif : assurer la conservation d'une espèce d'oiseau en déclin en Île-de-France, l'Alouette Lulu. L'opération repose sur les orientations du plan de gestion de la réserve conformément aux objectifs du site Natura 2000.

  • L’Alouette lulu : un oiseau en déclin en Ile-de-France
L’Ile-de-France compte une quarantaine de couples d’Alouettes Lulu. Sur le massif de Fontainebleau, les observations ornithologiques indiquent une diminution de leurs effectifs depuis les recensements faits en 2000. A l’époque, les suivis révélaient la présence d’une trentaine de couples, contre 16 à 21 couples en 2014. En même temps, les observateurs constatent une réduction des sites où l’espèce se cantonne. La fermeture progressive des milieux ouverts l’explique en grande partie.
Ce constat est d’autant plus dommageable car la population bellifontaine représente aujourd’hui la moitié de l’effectif régional. 
Conserver leurs habitats devient nécessaire afin que l’espèce se maintienne durablement dans la région. Au regard de ces enjeux, l’ONF déploie un plan d’actions qui s’appuie sur 4 volets :  

  • restauration et maintien des milieux ouverts en forêt (landes, pelouses) 
  • amélioration des connaissances par une étude bibliographique 
  • inventaire et suivi de l’espèce 
  • information et sensibilisation du public.
Le coût du projet qui s’élève à 150 000 euros, échelonnés sur 2 ans, fait l’objet d’un mécénat de la Société Générale.


  • Première phase automne 2018 : travaux d’entretien réserve biologique de Champ-minette
Les travaux dans la réserve biologique de Champ Minette (pelouse sèche de 17 ha) sont effectués en automne-hiver, en dehors des périodes sensibles de reproduction pour la faune. Les équipes de l’ONF s’affairent à broyer les prunelliers, débroussailler puis couper les jeunes pins. Une précaution particulière est portée sur l’enlèvement des résidus issus du broyage. 

Toutes ces opérations consistent à ralentir le reboisement du site dans le but de faciliter le retour à la bruyère, plante caractéristique des pelouses. Des bouquets d’arbustes et îlots de végétation sont également conservés  sur place assurant une mosaïque de milieux. 


Durant l’été 2019, le pâturage sur la zone contribuera à son entretien.  



Les pelouses sèches abritent une faune et une flore rare et singulière. Leur végétation basse offre gite et couvert à de nombreuses espèces. Bien que reconnus comme habitat d’intérêt européen, ces paysages non boisés se raréfient, notamment en Île-de-France. Sans intervention, la végétation s’y développe, laisse place à un fourré (prunelliers, aubépines…), puis les pins s’installent refermant peu à peu le paysage. Pour la biodiversité, cette dynamique naturelle n’est pas sans conséquence. Certains oiseaux protégés, comme l’Alouette Lulu, inféodés à ce milieu se trouvent menacés.    
Depuis quelques années, l'ONF poursuit l'acquisition de parcelles privées pour augmenter la surface de la domaniale de la Commanderie rattachée à la forêt de Fontainebleau. Célèbre pour les massifs rocheux de la Dame Jouane et de l'Eléphant, le site fera 2500 ha en 2019. Mais cette acquisition augmente aussi la taille des lisières bordants les routes qui doivent être entretenues par l'ONF. C'est le cas de la route communale n°9 entre Larchant et Villiers-sous-Grez fermée pour un bon mois depuis le 15 janvier 2019, le temps que l’ONF enlève les arbres dangereux qui bordent les 3.7 km...
Sur cet axe, plusieurs arbres cassés s’enchevêtrent les uns aux autres tandis que d’autres portent des signes de dépérissement inquiétants : branches sèches,écorces décollées... S’ajoutent à cela, ceux en déséquilibre qui penchent au-dessus de la chaussée menaçant de tomber à tout moment.
Ce mauvais état sanitaire s’explique par l’absence d’entretien depuis plusieurs années de certaines parcelles acquises récemment par l’Etat. Les risques de chutes d’arbres ou de branches engendrés par cette situation conduisent l’ONF à sécuriser rapidement l’itinéraire. Faire en sorte que les automobilistes puissent circuler sereinement est une priorité.
  • Modifications temporaires des conditions de circulation
L’intervention occasionnera la fermeture temporaire de la route dans les deux sens de circulation pendant toute la durée du chantier : du 15 janvier au 15 février 2019 (inclus).
  • Nature des travaux
Pour veiller à la qualité de ces coupes de sécurisation, celles-ci seront directement encadrées par l’ONF. Le bucheronnage mécanisé s’effectuera au moyen d’une pelle équipée d’une cisaille à l’intérieur des parcelles. Une fois coupés, les bois seront valorisés comme source d’énergie ou transformés en matériau de construction.
Les travaux prendront en compte les obligations réglementaires comme environnementales parmi lesquelles la protection des sols et le respect de la période reproductive des batraciens à proximité de la réserve naturelle régionale du Marais de Larchant.
Une fois l’opération terminée, le paysage s’en trouvera modifié : recul de la lisière, mise en lumière de la route, disparition de la forme voutée et ombragée au-dessus de la route. L’ONF s’attachera à suivre l’évolution naturelle de cette lisière tout en maintenant un entretien régulier.

Comme l’ont indiqué nos amis des magazines Grimper et Fanatic Climbing, Charles Albert, le très célèbre bleausard qui grimpe pieds nus a proposé cet automne le premier bloc en 9A à Bleau (et le deuxième au monde) ! A peine ouvert, la voie fait déjà polémique. Si Grimper a publié une news pour préciser ce qu’il faut penser de cette voie, à la TL²B, on s’étonne surtout que la polémique ne soit pas revenue sur la nature même du rocher. 
En effet, No Kpote only (nom de la voie inspiré du tag sur le caillou) est situé sur le gros dévers de la Roche à Claude au Rocher Brûlé qui avait fait l’objet de vifs débats en 2015, les ouvreurs ayant été accusés d’avoir détruit l’abri de carrier  pour pouvoir grimper. Par ailleurs, diverses recherches dont celles Stephan Denys n’ont pu prouver les accusations portées envers les grimpeurs. Le doute subsistant, il donc la présomption d’innocence qui s’applique. Le milieu bleausard s’était ensuite lancé dans une campagne de communication en faveur du respect des sites et du patrimoine historique de notre forêt avec le lancement d'un Manifeste puis d'un site internet. Le secteur de la Roche à Claude est resté bien peu fréquenté par les grimpeurs mais a fait l'objet de divers tags et certaines  prises ont été abîmées au marteau en avril 2017

Comme toujours en escalade, l'annonce d'un nouveau cap s'accompagne d'interminables discussion sur la difficulté et la nature de la voie. On peut déjà lire notamment sur le site 8a.nu, que la ligne de No Kpote Only  est une combinaison illogique et artificielle dans le seul but d’augmenter la difficulté du bloc. Une polémique qui nous en rappelle d'autre sur le bloc de Boissy aux Cailles par exemple et l'existence des voies de type link pour ne citer que celui-là. On vous laisse le soin de découvrir l'argumentaire contraire de Grimper . Dans le numéro Grimper 194 actuellement disponible figure également une interview du principal intéressé.  

De notre côté, à la TL2B nous saluons la remarquable performance de Charles mais aurions préféré que la polémique se porte plutôt sur la dégradation du site (quel qu'en soit les auteurs), de Bleau en général et de son patrimoine historique en particulier... Gageons que nous aurons très certainement l'occasion d'y revenir dans le cadre des discussions encours sur la pérennité de la liberté de grimper en forêt... 

Charles dans No Kpote Only (9A) Photo Grimper / Lucien Martinez




En novembre dernier, le COPIL de la forêt d'exception faisait son bilan et lançait sa communication autour de 7 projets emblématiques pour l'avenir de la forêt de Fontainebleau et l'accueil du publique. En effet, depuis quelques mois, on peut régulièrement lire dans la presse locale des informations distillées au compte-gouttes sur les gros projets voulus par la Mairie et l'ONF notamment en vue de soutenir la candidature de ce site au classement au patrimoine mondial par l'UNESCO. Ce fut le cas sur le projet de Brigade verte Certains d'entre eux font déjà l'objet de polémiques locales. Petit point rapide sur le sujet pour commencer l'année 2019...

Depuis 2009, nous avons évoqué avec passion notre point de vue sur les changements de gouvernance du pilotage de l'avenir de la forêt de Fontainebleau. En effet, suite aux nombreuses polémiques qui avaient accompagné les différentes tentatives de faire classer le domaine en Parc National, le Préfet avait constitué un premier COPIL très ouvert et où siégeait la majorité des associations d'usagers et naturalistes de la forêt.  La nouvelle composition du COPIL avait exclu de très nombreux représentants d'associations à commencer par les grimpeurs . Depuis cette date, la Mairie de Fontainebleau et l'ONF travaillent de concert sur de nombreux projets visant à améliorer l'accueil et la sécurité en forêt tout en renforçant la protection de l'environnement tant dans ce Comité que dans celui de Natura 2000 (voir notamment cet article de 2014).

Donc pour l'avenir, le COPIL Forêt d'exception mise sur :
- l'ouverture d'une maison des bénévoles
- une ouverture des anciens pylônes de guet aux naturalistes et leur équipement avec des webcam
- la mise ne place de food-trucks sur les parking
- un parc à crefs
- la création d'une brigade verte de bénévoles
- la couverture téléphonique de 100% de la forêt
- la matérialisation des entrées en forêt

Si certaines de ces  idées on de quoi séduire le grand public sur le papier, bon nombre d'entre elles suscitent déjà des grincements de dents. Des food-trucks sur certains parking ? Autant vous dire que cela fait déjà grogner les bénévoles ramasseurs de déchets  et quelques restaurateurs... On passe sur la couverture en 3G et la polémique sur la nécessité de préserver des zones blanches pour ne pas griller la cervelle de la faune ainsi que sur la création d'une brigade verte de bénévoles à même de surveiller et renseigner les usagers de la forêt (voir lien plus haut) pour nous attarder sur la création de la Maison des bénévoles.

Un vrai lieu pour accueillir les touristes selon le souhait de l’ONF. Les associations y trouveraient refuge et auraient ainsi un lieu dédié. Bon quand on sait qu'un essai similaire à la Faisanderie n’a pas fonctionné, (soit disant trop excentré mais pour qui ? les touristes ou les bénévoles ?) on se demande bien où il va atterrir ?  Dans la grande salle de l'ermitage ou l'une de ces maisons récupérées par l'ONF notamment dans les Trois Pignons ? Parce que l’idée de l’ancienne piscine de la forêt, située juste au-dessus de la gare de Fontainebleau à l’abandon depuis des années, nous semble très hautement improbable vu le budget nécessaire à sa réhabilitation !

Quant au parc pour voir des cerfs, on en comprend bien l'utilité vu la difficulté que rencontrent les plus grands photographes naturalistes locaux à suivre quelques bêtes. Si les visiteurs sont souvent déçus de ne pas voir d’animaux sauvages lors de leur visite en forêt de Fontainebleau, c'est sans doute lié à leurs comportements (proximité des parking, cris...). Selon nous "l’idée de proposer un lieu où l’on peut en voir en nombre raisonnable" c'est surtout un bon moyen pour l'ONF de faire de l'argent ! Il n'y a qu'à voir ce qui se pratique dans les grandes forêts domaniales environnantes notamment au moment du brame. Mais bon...pourquoi pas !

En revanche, la matérialisation des entrées de la forêt avec un mobilier spécifique permettrait peut être de faire prendre conscience aux visiteurs qu’ils entrent ou traversent un « lieu exceptionnel à préserver »...Enfin...on espère.

Sinon, on en profite pour vous livrer les chiffres du bilan du COPIL Forêt exception











Voir aussi dans la PR :



77

91

78

NATURE

MATOS