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ESCALADE

Sur le chemin

2017

Le conflit qui oppose certains équipeurs et auteurs de topoguides d'escalade avec Camp to Camp suscite de nombreuses réactions. Après celle de Bruno Fara, voici celle de David Atchison-Jones, l'anglais auteur et éditeur de 24 topos dans la langue de Shakespeare dont plusieurs sur nos falaises et blocs. David est sans doute l'anglais plus détesté par les équipeurs français mais aussi le plus populaire chez les grimpeurs vu le succès des ouvrages de la Maison Jingo Wobbly. Nous l'avons croisé à plusieurs reprises à Fontainebleau où il séjourne longuement pour préparer ses ouvrages. Avant de vous livrer sa position, discutable d'ailleurs, on doit préciser que David ne fait pas de la recopie  en restant chez lui mais se déplace sur chaque falaise, essaye un maximum de voies, réalise lui même les schémas et photographies descriptives. Par ailleurs, en Bourgogne, son topoguide régional a longtemps été le seul disponible et le plus à jour. On peut aussi affirmer qu'il est en contact avec beaucoup d'équipeurs français et qu'il respecte (le plus souvent) leurs consignes quant au secret sur certains secteurs ou voies.

Dans le courrier qu'il nous a adressé, il défend sa vision de la relation entre topo et financement de l'équipement. Nous ne sommes pas d'accord avec lui sur de nombreux points mais sa position très tranchée et un peu provocatrice (après tout, il reste anglais !) est sans aucun doute une des plus importantes du milieu. Si elle n'est pas directement en lien avec la polémique  qui nous occupait jusque-là, nos échanges avec certains administrateurs de CtC vont aussi dans ce sens d'une réflexion et enquête sur les chiffres rééls de vente de topo et financement d'équipement. En attendant, ils se bornent à leur communiqué du 12/12.
Nous ne souhaitons pas commenter la position de David car forcément, il est trop facile de trouver des contre exemples et le sujet est bien trop complexe. Mais nous invitons les auteurs et équipeurs à communiquer sur leurs chiffres de vente et leurs investissements, en toute transparence, sans tabou d'argent. 

Son argumentation se fait en 4 points que l'on va résumer rapidement pour les non anglophones.
Primo : le topo papier n'a pas d'avenir et ceux qui les publient ne cherchent pas à gagner de l'argent !
Secundo : les équipeurs sont souvent de mauvais auteurs et plus il y a de choix dans les topos vendus, plus les grimpeurs ont de chance de trouver le topo qui correspond à leur pratique.
Tertio : la majorité des grimpeurs (scolaires inclus) évolue dans des niveaux inférieurs au 6b alors que la majorité des voies sont ouvertes dans des niveaux supérieurs à cette cotation. Le financement de l'équipement  par le topo n'est donc pas justifié !
Enfin, quatro : la contribution devrait être proportionnelle au niveau et pourrait être prélevée in situ.
Merci David... Nous sommes certains qu'avec ça tu vas relancer le débat et te faire plein de nouveaux amis français !

GUIDEBOOKS AND FINANCES: 
I am David Atchison-Jones and have written 24 climbing books over a 34 year period, and most of these books have been climbing guidebooks. I know the world of climbing publishing inside out. Below, I believe are the 4 interesting most interesting points when anyone mentions guidebooks and route equipping.

1). NO PROFITS : Approximately 80% of work involved in any climbing book is voluntary, so any idea that there is any profit to be made from climbing books is complete rubbish, and this is exactly why there are no commercial publishers in climbing books. With the evolution of the internet, the publication of climbing books is very likely to dissappear in the future – especially with websites needing traffic to therefore extract money from advertisers. So my first point is that climbing books have never funded anything – and never will. Money is raised by the sale of books for sure, but this must go into costs; paper manufacturers, graphic designers, computers, software developers, printers, book shops, sales staff, warehouses, shippers, banks, Amazon, etc etc. You cannot pay for anything out of "no profit."

2). FREE PRESS : My professional job was in photo journalism, so I also know the full meaning of a free press. Newspapers are written by journalists and thank goodness - not the politicians. I have been paid to report from war zones, none of the money you buy a paper for goes to support the wars and attrocities it reports. You would not want to read a restaurant review written by the chef in the kitchen would you? They are not going to criticise their own cooking. So when it comes to all climbing books, surely it is far better that they should be written by "somebody not involved with the equipping of routes," Let’s face it, drawing a few lines on paper to make a topo is hardly rocket science anyway. Everyone can have a go and let the public decide what they want to buy. In bleau there are 10 guidebooks – great, what a fantastic choice.

3). MORE YOU CLIMB – MORE YOU CONTRIBUTE : Equipping routes of course involves finance and responsiblilty. In just about all instances where school children climb on local cliffs, these routes will be equipped professionally and paid for by local government or other state funding – parents don’t like their kids being killed by poor equipment. The majority of routes grade 4a-6a+ will come into this category. This will therefore represent about 10% of the routes in an area. I estimate that 90% of climber’s, climb in the 4-6a+ grade. Therefore doing the maths, 90% of the routes will only be of interest to 10% of climbers. Also your typical 8a, will have 14 bolts, to only 7 on a grade 5 – we all know that. Additionally, climbers who climb 7a will climb 5 times in 2 weeks doing 10 up and downs (50), and 5a climbers generally only go once and do 5 climbs (5). So when you work it all out, SO,,,,50%, of 10%, and then 10%. = 0.0005%. a tiny contribution for any 5a climber – if any at all - since their routes have already been paid for. My point is that if you want climbers to contribute to the equipment on routes, then the high grade climbers need to contribute 99% of the finance. Any concept of linking this to a single guidebook sale is therefore unfair and ridiculous.

4). PAY AS YOU CLIMB : The smart way to collect any money for route equipping, would simply for the equippers to visit a cliff on a busy afternoon or evening, and collect money from those climbers actually using the equipment on the cliff – nobody could complain at that. If you climb grade 5, that’s 50 cents, and if you climb 7a that’s 100 euros (expensive day out eh!)

There are lots of complications of course, within all of these 4 major topics, and I am certainly not trying to provide instant answers, simply to outline the major issues. Times are changing, with so many people learning to climb indoors, and then expect the same level of equipping outdoors. If money in any way is sought for the equipping of routes on cliffs, then it needs to be directly sought from those climbers actually climbing the "actual routes," and should go directly into the type of routes that they are climbing.
 
Nous venons de recevoir une nouvelle note de communication des service de l'ONF77 nous informant de gros travaux forestiers dans les chaos rocheux des Etroitures et du Long Rocher à la sortie de Bourron-Marlotte. Un chantier qui va débuter le 08 janvier 2018 et durer 2 mois. Objectif : retirer de nombreux pins des paysages chaotiques où ils étaient encore peu nombreux au XIXe. Au passage, l'ONF va s'essayer à la technique du débardage aérien par câble, technique généralement en usage en montagne. Pour ce faire, le parking de la Plaine verte sera fermé durant toute la durée des travaux. Notez que les arbres à conservés sont balisés en beige comme indiqué dans cet article.
Depuis 2015, l'ONF à changé de politique en sylviculture et exploite d'avantage les pins tout en valorisant les paysages d'autrefois. Ce fut le cas au Rocher Canon, au Rocher Fourceau (suite à l'incendie) et bien entendu à la sortie de Barbizon sur la butte aux peintres et Apremont Dames, chantier qualifié de massacre par certains et dont les stigmates sont encore bien visibles.  Gageons que l'ONF aura tiré les enseignements des chantiers précédents en organisant la remise en état du site après la coupe. Amis grimpeurs, les blocs sécheront sans doute un peu plus vite au Restant du Long Rocher...



A compter du 8 janvier 2018, l’Office national des forêts enlèvera des pins sur les chaos rocheux des Etroitures et du Long Rocher. Ces derniers se situent au sud du massif de Fontainebleau, à proximité de la commune de Bourron-Marlotte (vers le parking de la Paine-Verte).

Autrefois maintenus ouverts par le pâturage, les incendies et l’extraction du grès, ces chaos se referment sous l’effet des pins, faisant disparaître les landes dans lesquelles certaines espèces s’y reproduisent. Durant 2 mois, ce chantier visera à remettre en lumière ces paysages intéressants pour leur biodiversité, qui inspiraient jadis les artistes du XIXesiècle. Dans les zones abritant une biodiversité de mousses sensibles à la lumière, les arbres ne seront pas enlevés.

En dehors des chaos rocheux, l’ONF pratique des éclaircies régulières. Toutefois, ces opérations sont plus difficiles à réaliser, notamment l’évacuation des bois, sur ces zones présentant un enrochement important. Pour ce faire, l’ONF fait appel au débardage par câble, technique employée généralement en montagne. Les bois exploités serviront à fabriquer des palettes, panneaux de particules et charpentes. Ceux de moins bonne qualité seront utilisés comme source d’énergie et alimenteront les chaufferies bois régionales.

Prévus dans le plan de gestion de la forêt de Fontainebleau, ces travaux ont fait l’objet de tournées préparatoires sur le terrain avec des paysagistes, naturalistes, archéologues et acteurs locaux.




Les phénomènes d'érosion naturelle et anthropique sont sans aucun doute ceux qui sont le plus susceptibles de modifier durablement notre pratique des sports et loisirs de nature en forêt de Fontainebleau. Si dans certains sites, l'érosion, parfois alarmante, a entraîné la mise en place d'une surveillance particulière, de mesures de sécurisation préventives, voir de chantiers de restauration, le glissement spontané d'un bloc ou l’effondrement d'un surplomb reste rarissime. C'est pourtant ce qui vient de se produire dans un secteur de la domaniale, à quelques centaines de mètres du parking. Il y a quelques jours, plus cent de tonnes de rocher surplombant se sont effondrés sans crier gare ! Heureusement, il n'y avait personne dessous (enfin pour ce qu'on en sait) ! L'occasion de vous rappeler que le risque zéro n'existe pas et que même dans les secteurs fréquentés, balisés et prétendument sécurisés, mieux vaut faire attention à ce qui pourrait se passer, notamment avec le grès mouillé. Car si le grès est parfois très dur en surface, ce n'est que du sable plus ou moins bien aggloméré...

Décembre 2017, en forêt de Fontainebleau, un auvent d'une ancienne carrière de grès s'est effondré !

L’effondrement de cet énorme auvent en bordure de platière et dans une zone exploitée autrefois en carrière ce qui a certainement fragilisé l'ensemble nous rappelle qu'à Bleau, parfois les blocs bougent ou cassent ! Un phénomène certes très rare mais qui s'est déjà produit à plusieurs reprises notamment aux Grands Avaux (Essonne) probablement en 1972 à côté de l’ancien circuit safran et par deux fois au 95,2 (Trois Pignons) dans les années 70, heureusement sans autres conséquences que la perte de l'arrivée du circuit rouge (Saut de la mort) et l'ex n° 2 du circuit rouge au 91,1 où l'on peut encore admirer la racine qui a fait le travail avec l'écaille couchée à son pied.  En revanche, en octobre 1966, au dessus du célèbre rocher de la Caroline (Groupe rocheux de la Dame Jouanne, à Larchant), un très gros morceau du banc de grès (La tranche de gruyère pour les anciens) s'est effondré sur les trois jeunes qui bivouaquaient à son pied : les deux frères Paillard et leur ami Muller...


Pour bien appréhender le sujet, revenons un peu sur la géologie du site.


Le surplomb de Rascar Capac a cédé en deux coups de masse
à la DJ suite à sa signalisation par les équipes Cosiroc/ONF

Lors de la formation du relief des pays bellifontain, biterrois et hurepien, l'érosion a joué un rôle majeur dans la formation des chaos rocheux. Sans elle, point de pignons, monts et autres gorges. En effet, la plupart des blocs que nous grimpons proviennent d'une rupture de la table de grès sommitale. Ainsi, sans l'érosion, Bleau ne serait qu'une immense et aride platière. Les fissures sont des conduits préférentiels pour l'eau mais aussi pour les racines qui en grossissant font éclater la roche comme les vieux coins de bois que les carriers faisaient gonfler en les arrosant. C'est d'ailleurs l'une des explications plausibles de ce dernier effondrement.



Si à l'échelle humaine, on peut avoir l'impression que ces paysages chaotiques n'évoluent plus, à l'échelle géologique, c'est loin d'être le cas. Car les facteurs qui les ont engendrés continuent leur inexorable travail de sape. Un phénomène simple et naturel donc, mais que l'homme contribue à accélérer, souvent dans des proportions déraisonnables. Et on s'en doute, plusieurs millions de visites annuelles cela fait des dégâts sur les sentiers sans parler des multiples tractions des crashpadeurs invétérés sur des écailles surplombantes. 

En effet, dans les pentes sableuses, le simple fait de marcher pousse et entraîne du sable vers le bas, sable qui va manquer par la suite à l'assise des blocs environnants. Ce phénomène est donc à l'origine des glissements de blocs et déracinements d'arbres et il y a fort à parier que l'effondrement spectaculaire de ce début décembre soit lié aux trombes d'eau tombées ces derniers jours. 


Sans pour autant basculer dans la psychose, comme en février 2002 où le Préfet avait voulu interdire l'ensemble du site de la Dame Jouanne, il est certains que les aménagements de lutte contre l'érosion mis en oeuvre par et avec le gestionnaire (ONF) vont se faire de plus en plus nombreux dans les années à venir pour peu qu'il trouve les moyens humains et financiers de les réaliser. Une évolution inévitable devant l'accroissement de la fréquentation tant à cause des impacts  de celle-ci sur les sols que de la volonté de l'ONF de vouloir sécuriser le massif pour se prémunir d'éventuelles poursuites.

Mais attention. Qui dit aménagement de lutte contre l'érosion, ne dit pas pour autant sécurisation complète et totale du secteur ! Une clôture ne protège pas d'un effondrement... comme ici à la DJ où la chute de l'écaille dans la Dalle de feu était prévue par Daniel Obert, l'expert géologue qui avait inspecté la zone. Rappelons aussi qu'après un éboulement, la zone reste souvent instable pendant des mois, voir des années. C'est le cas des surplombs et autres auvents feuilletés comme le Toit du Calvaire où le Cosiroc avait piloté le retrait préventif d'une partie du toit de plus de 16 tonnes



Dans un site classé comme Fontainebleau, souhaitons tout de même qu'ils ne deviennent pas trop lourds et s'intègrent parfaitement dans l'environnement local pour éviter l'artificialisation des paysages. En effet, si elle est nécessaire, la multiplication des clôtures de ganivelle (type aménagement autour du Saint Roch du Calvaire) n'est pas souhaitable, tant pour nous que pour la faune. Bref, c'est utile parfois mais à ne pas pérenniser !

Amis grimpeurs, prudence donc, notamment après la pluie où le grès humide reste très fragile

En attendant, le secteur fera certainement l'objet d'une sécurisation rapide et d'un suivi particulier. Nous ne vous donnons pas sa localisation afin d'éviter la visite des curieux sur cette zone particulièrement dangereuse. Comme aux Drus, la zone mettra certainement plusieurs années à se stabiliser et plusieurs blocs de 500 kg à plusieurs tonnes sur la gauche du site n'ont sans doute pas terminé leur course !

Non content d'avoir torpillé la politique de son pays en matière d'écologie, le président Américain a annoncé la réduction de 85% du "monument national" Américain Bears Ears et de Grand Staircase-Escalante en Utah. Ce faisant, il s'est mis a dos une bonne partie de la communauté des fans d'outdoor et de grandes marques comme Patagonia ! Pour bien comprendre la portée d'une telle décision, il faut savoir qu'aux USA, outre les parc nationaux, il existe des zones naturelles ultra-protégées mais qui n'ont pas le même statut qu'un PN. En effet, un président américain peut déclarer une zone « Monument national » sans l’accord du congrès contrairement aux parcs nationaux. Du coup, l'inverse est aussi possible et un président américain peut donc abroger ou modifier ces déclarations. C'est ce que vient de faire Donald Trump !


Les Bears Ears (littéralement "oreilles d’ours") sont deux collines arrondies du comté de San Juan, dans l'Utah,. Elles sont considérées comme sacrées par les tribus nord-amérindiennes locales. En décembre 2016, le président Barack Obama proclamait le monument national des Bears Ears,. Cette zone très sauvage couvre 770 000 hectares et réunit sous un même statut : Cedar Mesa, Indian Creek, le canyon blanc, les montagnes Abajo, Comb Ridge, la vallée des Dieux notamment dans un soucis d'homogénéité des réglementations fédérales. Une protection qui n'aura durée qu'une toute petite année puisque Donald Trump vient de réduire de 85% la zone couverte.

Suite à cette décision qui a suscité de très nombreuse réactions, les plus forts grimpeurs des Etats Unis se mobilisent et crient leur colère. Il faut dire que la zone pourrait être exploitée pour les gaz et pétrole de schiste. Dans leur combat, il ont le soutient de diverses associations et entreprises dont la firme Patagonia, très engagée pour la protection de ces espaces depuis 2015 comme l'avait souligné Kairn.
Et les américains ont cette capacité de réaction rapide et puissante. Ainsi, Patagonia a dors et déjà lancé une action en justice :

« WE’VE FOUGHT TO PROTECT THESE PLACES SINCE WE WERE FOUNDED AND NOW WE’LL CONTINUE THAT FIGHT IN THE COURTS. » —ROSE MARCARIO, PRESIDENT AND CEO, @PATAGONIA

Par ailleurs, un collectif a lancé un Kickstarter pour financer un « centre d’éducation » qui permettrait de sensibiliser les visiteurs à la sauvegarde du site.


Bien entendu, l'Access Fund, cette magnifique ONG de grimpeurs américains s'est elle aussi lancée dans la bataille...

Nous avons reçu, vous l'imaginez bien, pas mal de réaction à notre article (plus de 3500 vues en 48 h) sur le conflit qui oppose Camp to Camp et un très grand nombre d'équipeurs de falaise et montagne. Si la situation semble figé, il nous est apparu opportun, au vu de certains commentaires postés sur notre site de diffuser un autre texte signé par Bruno Fara.
Bruno, c'est un équipeur de longue date ! Né en 1950 et arrivé à la montagne au début des années 1970, ne connaissant rien à l'escalade, il tente naïvement sa chance à Bleau, armé du classique Glace Neige et Roc de Rebuffat, d'un marteau, d'étriers et de quelques pitons .... chaussé de "super guide". "Et hop le bout de 20m de corde statique dérobé durant le service militaire noué à la taille, le marteau à la main, j'ai entrepris de gravir un impressionnant caillou surplombant... Les insultes et les quolibets des bleausards, vite alertés par le bruit du marteau, furent une douche froide à mon enthousiasme. Ma profonde aversion pour le bloc doit dater de cette époque !" Mais qu'à cela ne tienne, Bruno devient membre du G.H.M en 1979, fait un court passage au C.A.F de Lyon puis fonde son propre club F.F.M.E (HOT-ROC). Après avoir contribué au développement de plusieurs falaises majeures de France, il profite de sa retraite pour équiper à l'étranger et notamment à Kalymnos. Personnage clivant, Bruno n'a pas sa langue dans sa poche et certaines de ses prises de positions tranchées ne lui ont pas fait que des amis ! Gageons qu'avec celle-ci, il ne va en gagner que du côté des équipeurs...

Mais avant son courrier, juste un petit mot à propos du dessin d'ouverture. Il est signé Pierre Rouzo, grimpeur, ouvreur et dessinateur de talent, trop tôt disparu. Il avait illustré les topos de Claret, du Tarn, de la Jonte...) et signé de très nombreux croquis dans le célèbre cahier de Claret, falaise où régnaient en maîtres absolus Lulu et Hugues. Rouzou c'était lui aussi un personnage haut en couleur et fort en gueule ! Un mec que l’on pouvait difficilement oublier quand qu’on l’avait rencontré ne serait-ce qu'une seule fois. La griffe Rouzo en dessin, c’est quelque chose qu’on n’oublie pas non plus ! Un style inimitable et percutant... que l'on vous invite à découvrir avec ces historiettes publiées dans Grimper et du coup, avant de lire le courrier de Bruno, vous pouvez crier comme Pierre : "Mort aux cons ! " parce que parfois, ça soulage !

Lu cette déclaration sur le site C2C récemment :

"C2C restera fidèle à ses statuts qui définissent sa mission et ses principes éthiques, et ne souhaite ainsi pas s’opposer à la diffusion d’informations, sauf dans des cas ponctuels et limités dans le temps (chantier en cours, régularisation d’autorisations,…). Au contraire, C2C encoura
ge la communauté à continuer à partager des informations exhaustives et de qualité, et à s’impliquer dans la gestion de ces sites d’escalade. C2C n’a jamais changé de projet,"C'est clair ... leur volonté de rester psychorigides est ferme ...

Camp to camp association, c’est quoi ? 

C2C est une petite association guère plus importante en nombre d’adhérents que Hot Roc mais dont le but est la gestion d’une gigantesque base de donnée destinée à mettre la main sur toutes les pratiques outdoor ! 
Association gérée par une poignée d’individus qui décident pour le reste du monde et veulent imposer leur vision … ils sont très clairs sur leurs desseins ! 
Mais C2C au-delà des quelques ayatollahs qui ne veulent faire aucune concession, c’est aussi des milliers de consultations par jours … pour des jeux assez benêts (genre la jeu du sommet), du matrimonial (avec des annonces … pâquerette cherche son lys martagon), une annexe du bon coin pour revendre du matos .. et aussi parfois des question assez infantiles (récemment un grimpeur qui se disait dans le 8 … demandait où grimper à Noël dans le sud … comme si les grimpeurs dans ce niveau avaient besoin de ce genre de conseil … et pourtant les habituels bisounours oui oui du site ont répondu !)
Donc difficile de définir le profil … il y a un clivage entre les staliniens qui le dirigent et les utilisateurs qui font du clic (valorisant donc la bête)

La vision de camp to camp c’est quoi ?

Au début l’intention était louable … le partage convivial entre membre d’une collectivité d’intérêts, pour avoir des informations diverses concernant les pratiques ! 
En résumé, le grand partage collaboratif à la wiki prônés par les geeks ! 
C’est devenu le jouet d’un tout petit groupe d’informaticiens et autres ingénieurs de la silicone cuvette, qui conçoivent le site comme un doudou post enfance d’adolescents attardés … certains cadres menacent de cloner le doudou si on y touche en modifiant l’esprit qu’ils veulent imposer … c’est dire leur état mental ! 

Le Conflit ?

Mi 2017, sous l’impulsion de l’Escalade Club de l’Isère (ECI) un nombre importants de grimpeurs a signé une pétition baptisée l’appel des ouvreurs, qui demandait à C2C de cesser une forme de divulgation des données propres aux sites d’escalade. 
Il ne demandent pas la fin de C2C, car tout n’est pas à jeter dans C2C … avoir des infos sur l’état du pitonnage de telle voie, ou un débat sur la cotation de tel passage est assez utile (dans le style de Promo Grimpe … qui remplit d’ailleurs très bien cet office). 

Pourquoi C2C contre le reste du monde ?

Parce que la pétition
regroupe à quelques exceptions tous les équipeurs de l’hexagone (et même des Suisses), qu’elle est soutenue par tous les comités de la ligue AURA FFME (tous les départements de la région Auvergne Rhône Alpes), qu’elle est soutenue et relayée par les médias de la montagne (Grimper, Tribune de Bleau, Fanatic climbing , Kaïrn entre autres) … Le nier, comme continuent de le faire, les dirigeants de C2C en clamant que ce mouvement est le fait d’une minorité d’excités, c’est tout simplement un déni de réalité … voire de la malhonnêteté intellectuelle !

Que demande l’appel des ouvreurs ?


Juste que C2C cesse de publier des topos exhaustifs de falaises et de sites écoles, avec tracés et voies numérotés à l’identique des topos papiers existants … avec en plus quelques point annexes, comme de mentionner le nom des équipeurs par exemple!

Les accusations contre C2C sont claires, il s’agit pour l’appel des ouvreurs, d’un piratage par recopiage des infos des topos existants … certes en modifiant la forme, pour ne pas relever du plagiat !


Quand on regarde les entrées faites à la chaine sur certains sites écoles grenoblois (par un pseudo bien connu du microcosme) … Il est évident que la personne qui mettait en ligne les voies du petit désert avait le topo sur les genoux !
Comment croire qu'un même contributeur puisse réaliser un croquis exhaustif (et assez parfait) des 300 itinéraires de la falaise de Presles (qu'il n'a pour la plupart pas grimpés) sans utiliser les publications des auteurs de topo ! Vouloir faire croire à la génération spontanée de la connaissance ... c'est juste de l'enfumage!
Certes ce n’est pas du plagiat … plaider sur cette accusation est perdu d’avance selon moi ! D’ailleurs rien que d’écrire ce mot (plagiat) sur le forum de l’association C2C, immédiatement vous êtes menacé de poursuite pour diffamation … tout comme vous êtes bannis du forum si vous critiquez avec trop de virulence la politique de C2C …
Que ce soit très clair c’est un forum de louanges … pas de débats … un peu en mode Pyongyang dans la gestion de la modération ! Modération faite par des personnes qui sont justement celles qui impulsent la politique C2C critiquée par beaucoup !

NON ce n’est pas du plagiat … mais du recopiage d’infos qui furent compilées par des auteurs de topos, et c’est là le gros reproche fait à C2C …

A quoi bon acheter un topo si en téléchargeant ou imprimant une fiche C2C on a la même chose gratis ?

C2C refuse d’admettre que les topos servent très souvent aux équipeurs pour poursuivre leur travail, pour entretenir l’existant dans le cadre d’un club etc … Certes il y a des déviances mercantiles (les topos anglais) et C2C argumente sur ce point pour justifier qu’il ne cèdera rien … mais en général les bénéfices des topos n’enrichissent que les falaises !
La menace est selon beaucoup réelle … Les grimpeurs étant ce qu’ils sont … même avec 2000 à 3000€ de fringues et matos technique sur eux, ils avaient déjà tendance à photocopier le topo du copain pour économiser 20€ … nul doute que c’est une aubaine pour certains !
Le conflit entre les actifs qui s’investissent et les rats des falaises n’est pas nouveau (voir Claret et la campagne NO PHOTOCOP) ! Mais devant l’ampleur de la base de donnée de C2C … il parait aberrant de refuser d’admettre comme le fait C2C que leur politique est nuisible à l’activité !
La politique C2C n’est pas juridiquement condamnable … moralement par contre ça l’est pour bon nombres de signataires de l’appel des ouvreurs !

Chacun est libre de son choix éthique … de nombreuses personnes croisées et contactées refusent déjà de publier des infos sur le site ! Ils avouent eux même une baisse des connexions …

Personne ne désire la fin de C2C … mais beaucoup ne reviendront que si l’équipe actuellement aux commandes, des extrémistes nuisibles à l’intérêt même de C2C, est mise de côté !

Le Président de Hot Roc,
Bruno FARA

Dans bon nombre de falaises, dans les années 80 à 90, on fustigeait déjà les grimpeurs un peu trop radins pour investir dans l'achat du topo et qui se pointaient au pied des voies avec une copie. Ce photocopillage est toujours d'actualité comme nous le soulignons déjà dans cet article de 2013.
Avec Internet, n'importe qui peut pondre un guide d'escalade, en toute liberté et sans engagement souvent en ne faisant que copier les existants (erreurs comprises) et en changeant juste le packaging suivant ses aptitudes artistiques, informatiques...  

Sur notre page facebook, au mois d'octobre nous avions relayé le coup de gueule de certains auteurs - équipeurs soutenus par la FFME qui, cette fois, s'attaquait aux topos gratuits et exhaustifs des mis en ligne par l'association Camp to Camp (CtC). Depuis, le conflit qui oppose l'association et les ouvreurs a fait couler beaucoup d'encre et malgré l'intervention de la FFME comme médiateur, au vu du dernier communiqué de CtC, il y a peu de chance d'arriver à un bon compromis ! A la TL²B, on critique souvent  la qualité des topoguides mais on n'en publie quasiment jamais pour ne pas concurrencer ceux qui en font le commerce. Pour nous,  avant d'acheter un topo (traditionnel papier ou en téléchargement), il est essentiel de se poser la question : les bénéfices sont ils utilisés pour l'entretien ou la création de sites d'escalade ou est-ce un pur produit commercial ?

Mise à jour du 18/12/2017, la suite ici par Bruno Fara
Nous avions relayé l’appel des ouvreurs de l’ECI 38, qui marquait une nouvelle rupture entre les professionnels et les adeptes d'un « esprit communautaire » qui remonte à plusieurs années. 

« Nous demandons à C2C de renoncer à ces topos exhaustifs, couennes ou grandes voies, car cela met gravement en danger la pérennité de nos terrains de jeu, en étant clairement concurrentiel avec les topos papiers ou numériques qui servent directement à l’équipement et à la maintenance. »

Le 26 octobre 2017, sur le forum de Camp to Camp, on pouvait lire une longue réponse commençant ainsi :


"Récemment l’Escalade Club Isère (ECI) et la Ligue Auvergne Rhône-Alpes (LAURA) de la Fédération Française de Montagne et Escalade (FFME) se sont adressés à Camptocamp-Association (Camptocamp) dans une lettre ouverte. Cette lettre ouverte exprime quatre exigences qui prennent la forme d’un ultimatum avec deux menaces à l’encontre de Camptocamp qui seront exécutées si Camptocamp ne se plie pas à leurs exigences.
Les quatre demandes visent à empêcher l’échange d’informations entre pratiquants sur Camptocamp:
  • Les trois premières exigences concernent la reconnaissance des ouvreurs de voies d’escalade et la publicité des topo-guides papier d’escalade, souvent édités par les ouvreurs. ECI et LAURA souhaiteraient que tout document d’escalade ne comportant pas ces informations soit interdit de publication sur le site camptocamp.org (sauf autorisation de l’équipeur/ouvreur avec aval du fournisseur du matériel).
  • La quatrième exigence, plus générique, demande l’interdiction de toute description exhaustive de sites d’escalade sur camptocamp.org, sans pour autant préciser la signification du terme « exhaustif », la liste par cotation ou alphabétique semble être autorisée.
Le Conseil d’Administration, qui représente Camptocamp-Association, ne s’est pas encore exprimé publiquement à ce sujet jusqu’à présent et souhaite préciser sa position par ce communiqué."

Puis de conclure

"Camptocamp ne comprend pas le refus de l’ECI et de LAURA de discuter de toute solution complémentaire pour le financement de l’équipement, y compris celles favorisant la visibilité et la vente de topos papiers, proposées par Camptocamp qui met au service des ouvreurs son audience et ses compétences techniques, sans demander aucune contrepartie en échange.
Camptocamp déplore que l’adhésion de plusieurs signataires à l’Appel aux Ouvreurs a été obtenue à partir de la distorsion de la réalité et sans avoir eu accès à une autre version des faits. L’objectif de cette communication officielle est de la donner. 
Camptocamp, dans la continuité de sa position d’écoute et dialogue, se tient prêt à continuer la réflexion et à mettre en oeuvre des solutions à ces problèmes comme cela a été fait jusqu’à présent. Le financement de la pérennité des supports de l’activité apparaissant primordial, Camptocamp s’engagera à tenter diverses pistes évoquées."

A la suite de cette polémique,  Manu Ibarra publiait aussi un communiqué indiquant : "AU VUE DE L’ATTITUDE DU SITE CAMP TO CAMP, J’AI DÉCIDER DE NE PLUS DIFFUSER DE TOPO DE MES OUVERTURES. VOUS ÊTES DONC PRIER DE ME CONTACTER DIRECTEMENT POUR QUE JE VOUS DONNE ( SOUS CERTAINES CONDITIONS) MES TOPOS. DÉSOLÉ LES AMIS !. En effet, sur son site web professionnel, il partageait volontiers de nombreuses informations...y compris des topos de grandes voies ou de cascades de glace !


De son côté, la Fédération Française de Montagne et Escalade (FFME) a initié une médiation entre le « Collectif des ouvreurs » et l'association Camptocamp, et a organisé une réunion avec toutes les parties prenantes le 18 novembre dernier à Grenoble. Dans son communiqué, la FFME affirme :

"Au cours de cette réunion, il est apparu que les participants partageaient les mêmes préoccupations sur le développement de l’escalade en falaise et en montagne, l’équipement et le rééquipement des sites, la diffusion des informations relatives à cette pratique et l’équilibre économique global. (...)

"Des divergences d’appréciation et de vision persistent mais il a été décidé de poursuivre les échanges sur la base des pistes évoquées pour aboutir à des avancées concrètes."

En conclusion, Camptocamp défend l’essence contributive de son site internet et la FFME reste vigilante sur les réponses qui seront apportées aux préoccupations des ouvreurs.


Ce communiqué plat et laconique de la fédé  n'est visiblement pas le reflet de la réalité. En tous cas, aucun compromis n'a été acté si l'on en croit la réponse de CtC en date du 12/12/2017. On peut en effet y lire :

"Lors de cette réunion, en réponse aux interrogations de l’appel des ouvreurs, C2C a présenté la façon dont il avait déjà intégré certaines demandes. Ainsi, pour les points 1 et 2 de l’appel, à propos de la reconnaissance des ouvreurs et de la bibliographie :
  1. Pour le champ historique (champ spécifique présent sur C2C depuis 2007, les informations historiques étant auparavant consignées dans le champ « Description »), deux opérations “bibliothon” spécifiques ont été animées. Au 17 novembre 2017, sur l'ensemble des grandes voies escalade décrites en langue française (8057 voies), 76,1% ont au moins une info quant à l’historique. Ce taux monte à 90% en moyenne sur le Dauphiné : https://forum.camptocamp.org/t/le-bibliothon-historique-et-bibliographie-dans-le-topoguide/163195/69 . Par ailleurs, le champ historique a été remonté en tête de document, avant la description.
  2. Pour le champ bibliographique, un ouvrage papier référencé dans la base de données (entre 1300 et 1500 ouvrages référencés sur C2C, principalement des topo-guides) est généralement associé, ou des renvois vers des sites internet tiers (souvent ceux des ouvreurs). Les documents topoguide papiers présents sur C2C peuvent être renseignés par les auteurs et éditeurs des ouvrages, leur permettant ainsi de se servir de la plateforme C2C comme d’un média de promotion supplémentaire.
Ces éléments n’ont pas convaincu l’ECI.
C2C a par la suite présenté des pistes de réflexions sur lesquelles l’association travaille pour aller plus loin sur ces points, ainsi que sur les questions du financement, de la maintenance et de la pérennisation de sites naturels d’escalade, et de sensibilisation de la communauté grimpante sur ces questions.
Une liste de 20 pistes à étudier et à approfondir, relevée par la FFME Nationale, est en cours de discussion au sein de l’association (certains de ces points sont déjà intégrés ou le seront prochainement).
En conclusion de la réunion il a été judicieusement proposé à l’initiative de la Ligue AURA de la FFME de rédiger un communiqué commun, auquel C2C a agréé. 20 jours plus tard, cela semble malheureusement impossible de s’entendre ne serait-ce que pour rédiger 10 lignes.
Le compte-rendu de cette réunion rédigé par l’ECI dans le même temps et diffusé publiquement¹ nous a par contre semblé partisan, mensonger et diffamatoire, ce qui nous interroge sur la réelle volonté du collectif d’avancer.
Notre sentiment est ainsi que cet appel est un agrégat de revendications disparates et de vieilles rancœurs, au delà des deux premiers points de l’appel que nous partageons. Beaucoup d’arguments avancés par les signataires de l’appel ne nous semblent pas fondés.
  • Où est la démonstration que la vente des topos papier baisse ? Nous n’avons pas cette vision selon nos sources…
  • Quelle est la position de l’appel des ouvreurs par rapport à la transition vers le numérique observée depuis plusieurs années ? Celle-ci nous semble inéluctable, que ce soit avec ou sans C2C. Les outils de partage collaboratif et gratuit sur internet (y compris C2C) existent maintenant depuis près de 20 ans !
  • Quelle est la part du financement issues des revenus des topos papiers pour le développement et de la maintenance des SNE ? Comment cela se passe t’il dans d’autres pays ?
Cette question du financement des SNE et de l’implication des bénévoles, cruciale dans les années à venir dans le cadre français, mérite selon nous un débat plus sérieux, sur des bases solides et partagées.
C2C restera fidèle à ses statuts qui définissent sa mission et ses principes éthiques, et ne souhaite ainsi pas s’opposer à la diffusion d’informations, sauf dans des cas ponctuels et limités dans le temps (chantier en cours, régularisation d’autorisations,…). Au contraire, C2C encourage la communauté à continuer à partager des informations exhaustives et de qualité, et à s’impliquer dans la gestion de ces sites d’escalade. C2C n’a jamais changé de projet, depuis les premières versions du site en 1997 puis la création de l’association, il y a 12 ans.
C2C, en acteur responsable du monde de la montagne et de l’escalade, travaille à la définition et à la mise en place de solutions pour répondre aux légitimes questions de sensibilisation des grimpeurs et de financement de l’activité.
Ces réflexions et ces partenariats restent bien entendu ouverts aux acteurs de bonne volonté.

Bref... On n'a pas fini d'en parler ! D'un côté on a des équipeurs, souvent bénévoles ou peu rémunérés qui œuvrent pour la collectivité et se remboursent sur la vente des topo-guides (papiers ou en téléchargement payant), de l'autres, un esprit associatif et collaboratif. Si les adhérents de CtC peuvent plaider leur bonne foi, c'est un peu plus difficile pour les dirigeant de la structure... En attendant, il faut effectivement réfléchir à l'avenir de notre terrain de jeu en étudiant ce que font les autres pays... Va t-on nous aussi aller vers la privatisation des falaises et des accès payants ?
Il y a bien longtemps que nous n'avons pas parlé ici de la grande maison ONF et de la crise qu'elle traverse ! En fait, la dernière fois, c'était en septembre 2016 pour le second mandat de Monsieur Calluet au Conseil d'Administration. En 2015, nous évoquions pour la énième fois la profonde crise humaine et organisationnelle traversée par l'administration forestière dans l'article "Petite forêts domaniales à vendre" et celui-ci consacré à son plan d'objectifs dont le nouveau avait été adopté en mars 2016 pour la période 2016-2020. Aux difficultés financières et sociales préoccupantes, que nous avions rapportés dans cet article et mais surtout celui-ci daté de 2011) s’était ajouté  6 mois d’absence de gouvernance. On pensait que les choses allaient un peu mieux depuis. Eh bien NON ! Du coup, les organisations syndicales appellent tous les personnels à manifester à Paris, du Ministère de l’agriculture au Ministère de la transition écologique le 14 décembre 2017. Représentant 90% des personnels de droit public de l’ONF, les organisations syndicales CGT Forêt, EFA CGC, Génération Forêts UNSA, SNTF FO, SNUPFEN Solidaires, devant les difficultés de dialogue et la dégradation du service public forestier ont déjà démissionné de l’ensemble des instances de l’établissement en septembre dernier.

La Direction Générale de l'ONF prend en effet des orientations très inquiétantes  d'après Frédéric Bedel du Snupfen : 
- muselage de l'expression et mise en examen de responsables syndicaux
- mépris des règlements malgré les rappels à l'ordre des ministères de tutelle
- privatisation accélérée pour complaire à la filière industrielle
- abandon de la multifonctionnalité et des prévisions des plans de gestion censés assurer l'exploitation soutenable des bois !!
- abandon du martelage des coupes à court terme !!!

Au delà de la défense des personnels de l'ONF, il est aussi question de la défense des forêts publiques dans leur ensemble. Déficitaire, l'ONF est engagé depuis plusieurs années dans d'importantes réformes visant à augmenter sa rentabilité. Des réformes en cours qui passe par une industrialisation forestière accélérée. Cela signifie par exemple : "le remplacement de "feuillus improductifs" par des résineux, dynamisation de la sylviculture, utilisation de "semence forestière améliorée", développement de la biomasse (du bois du Jura est déjà parti alimenter Gardanne et récemment du bois de Seine Nord et parti alimenter une usine danoise) d'après Thomas ABEL forestier, membre du SNUPFEN et Coordinateur SOS forêt Franche-Comté.

A Fontainebleau, l’enrésinement cède parfois la place aux futaies industrialisées de manche à balais 


Une politique qui passe aussi par une déréglementation quand il est possible de faire de l'argent sur la forêt. C'est ce qu'a rapporté Alain Guédé, début novembre 2017 dans les colonnes du Canard Enchaîné avec cet article très inquiétant pour les forêts de Protection abritant certaines ressources dans leur sous-sol ! Heureusement, à Bleau, on nous a promis que les coupes rases, c'est du passé !

"Stéphane Le Foll avait donné le premier coup de hache quand il était ministre de l’Agriculture de Hollande. Emmanuel Macron, lui, prend la tronçonneuse pour tailler dans le statut des « forêts de protection ». Etabli en 1922, ce texte vise à sauvegarder la faune et la flore d’espaces boisés fragiles : aujourd’hui, ces derniers sont menacés par l’avancée des villes et des prédateurs comme les centres commerciaux et les usines. Les plus grands massifs protégés se situent d’ailleurs en Ile-de-France. Concrètement, il est rigoureusement interdit de porter, si peu que ce soit, atteinte à ces écosystèmes. 
Mais voilà, quelques semaines avant la présidentielle, Le Foll avait concocté un projet de décret censé vider ce statut de son contenu (« Le Canard », 22/2), vite bloqué par les associations écolos. Vendredi 24 novembre, un groupe de travail était donc convoqué par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, pour examiner une nouvelle mouture du projet de son prédécesseur. 
Celle-ci offre sur un plateau deux cadeaux aux lobbys : les forêts de protection pourront voir tomber leurs arbres si on y découvre des gisements de gypse ou des traces archéologiques. Les carrières de gypse (ou « plâtrières ») dévastent le paysage. Côté archéologie, tout chantier de fouilles commence par un abattage des arbres suivi de l’arrivée des pelleteuses. « Après leur passage, il ne reste plus qu’à déclasser le terrain ravagé pour le rendre constructible« , râle un défenseur des biches et des oiseaux.
Concession aux écolos : les anciennes forêts de protection, comme celle de Fontainebleau demeurent toujours « sous protection« . Mais malheur à celles dont le classement est récent, tel le bois de Montmorency. Sous cette ravissante forêt se cache une immense carrière souterraine de 30 km2. Il suffira de faire la jonction entre les bulldozers du sous-sol et ceux de la surface. 
Au-delà de ces deux cas (gypse et fouilles), le gouvernement vient, pour la première fois de 1922, d’utiliser l’arme absolue : le déclassement pur et simple d’une parcelle de forêt de protection. Ainsi, en se passant de l’avis du ministre d’Etat Nicolas Hulot, Stéphane Travert à ouvert aux pelleteuses pas moins de 32 ha de la forêt de Saverne, en Alsace, pour faciliter l’agrandissement d’une usine de fabrication de matériels agricoles.
Bienvenue aux défonceurs de la nature…"
Une histoire qui n'est pas sans nous rappeler le cas de la promenade de Gratuel au nord de la Seine et Marne dont nous parlions ici en 2013.

Même sans avoir reçu la note de communication de l'ONF, il ne nous a pas échappé la nouvelle condamnation d'un particulier pour dépôt sauvage en forêt de Fontainbleau. Condamné à verser  868 euros à l'ONF (Office National des Forêts) assorti de 4 mois de suspension de permis, celui ci c'était fait prendre en août 2016 après avoir déchargé plus d'une tonne de gravats.

L'Office national des forêts a bien entendu salué cette sanction prononcée le 7 novembre 2017 par le tribunal de Fontainebleau.

La somme versée correspond aux frais liés au ramassage puis au traitement des déchets. Pris en flagrant délit par un agent de l'ONF, l'homme s'était rendu dans le massif, à proximité de la commune de Fontainebleau, pour y décharger 1.5 tonne de gravats. Mal lui en a pris !

Faut-il rappeler que depuis 3 ans, l'ONF a renforcé sa surveillance en mettant en place des dispositifs photographiques de piégeage qui permettent d'identifier plus facilement les pollueurs ?

Dans les forêts domaniales de Seine-et-Marne, 30 procès-verbaux ont été établis ces derniers 18 mois par les agents de l'ONF. 

Bien peu finalement au regard des nombreux dépôts sauvages qui continuent de se multiplier notamment depuis le changement de politique d'accueil dans les déchetteries que nous avons évoqué à plusieurs reprises sur ce site.

Après des mois de polémiques et une interruption du ramassage par l'Onf pour protester contre la baisse de ses moyens, l'heure est désormais au dialogue au sein de la Communauté d'agglomération du Pays de Fontainebleau.

Un dialogue qui pourrait hélas vite tourner à l'affrontement politique. La dernière réunion prévue a du être repoussé pour des raisons qui semblent effectivement plus tenir de ce thème que d'une volonté d'aller vite. Ainsi l'assemblée qui doit se tenir mi-décembre sera sans doute l'occasion d'entendre la voix de quelques élus locaux et régionaux qui ont a cœur de peser sur les décisions de ce groupe de travail, notamment sur le volet du financement.

D'ailleurs, vous avez pu voir sur notre page Facebook une vidéo rappelant les enjeux sur le sujet.

Dans le cadre du groupe de travail « Forêt propre », initié et porté par le Pays de Fontainebleau, la communauté d'agglomération vient d'acquérir, avec l'aide de la Région Ile-de-France, un nouveau véhicule destiné au ramassage des déchets sauvages en bordure de forêt. 
Le Président du Pays de Fontainebleau, Pascal Gouhoury et la Vice-Présidente en charge de l'environnement et du développement durable, Marie-Charlotte Nouhaud, ont réceptionné le véhicule cla semaine dernière à Cély.
Il sera prochainement mis à disposition de toutes les communes du Pays de Fontainebleau et il s'inscrit dans le cadre de la lutte contre le dépôt des déchets en forêt de Fontainebleau, qui ne cessent d'augmenter depuis quelques années.

Cela fait maintenant quelques mois que les gérants des salles d'escalade franciliennes Block Out (BO) ont imposé aux grimpeurs l'utilisation exclusive de la magnésie liquide, et, bien que l'air y soit nettement plus respirable qu'avant, sur les réseaux sociaux ça grogne...et plutôt fort, même ! Et pourquoi donc ? Est-ce parce que les grimpeurs aiment trop snifer leur poudre blanche fournie gratuitement ou est-ce parce que l'escalade est devenue plus difficile dans ces salles  ? Et si c'est le cas,  pourquoi ? Y aurait-il  un problème avec la magnésie liquide ? Petit retour sur cette polémique, notre santé et les magnésies liquides...

C'est sans doute à BO3 (Lisses) que la colère est la plus forte. Il faut dire que dans le sud francilien, l'offre en salle de blocs est plutôt réduite alors que la demande est très forte. La grogne est donc à la hauteur de la déception et ces quelques gouttes de magnésie liquide ont juste fait déborder la coupe... 
Après la suppression du shop pour l'agrandissement du restaurant et l'augmentation de l'abonnement vous ouvrant les portes de salles où bien peu mettront les pieds, ce nouveau changement est, pour beaucoup, celui de trop. Pourquoi ? 

Primo, parce que dans les niveaux les plus ''faciles'' et donc fréquentés, en quelques jours seulement, les prises deviennent ultra glissantes, recouvertes d'une solide couche polie de magnésie, sueur et autres microbes. À qui la faute ?
D'abord aux grimpeurs eux-mêmes qui mettraient beaucoup trop de liquide et n'auraient pas compris qu'il faut attendre un séchage complet de la magnésie liquide avant de toucher les prises. Ensuite, et c'est le nouveau discours du personnel, au choix de la magnésie liquide de la marque Béal dont un flacon a pourtant été gracieusement offert à tous les abonnés(sur une courte période). Nous voici donc peut-être à l'aube de l'interdiction dans les salles BO de la marque la plus commercialisée.

Explications : La magnésie liquide au départ c'est simplement de la magnésie en poudre diluée dans plus ou moins d'alcool pour que ça sèche vite. Ensuite, certaines marques ajoutent du parfum, un épaississant et parfois de la résine pour que ca colle un peu plus. En gros c'est assez facile à fabriquer et c'est vendu très cher. Du coup, vous ajouterez  maintenant environ dix euros par mois au coût de votre abonnement mensuel à B0...

magnésie liquide après séchage
La magnésie liquide Béal contient de la résine dont nous sommes de fervents défenseurs lorsqu'elle est enfermée dans le pof bleausard. Mais, force est de constater que sur les prises artificielles, elle provoque un encrassement plus rapide et surtout plus résistant que la magnésie en poudre ! Du coup, on a vu à BO des encadrants brosser les prises des voies oranges ou bleues avec des brosses métalliques pour tenter de leur rendre un peu d'adhérence !!!
Elle est tellement résistante cette magnésie liquide Béal qu'en fin de séance, il faut plusieurs lavages à l'eau et au savon pour en faire disparaître toutes traces sur les mains qui restent souvent très sèches et collantes. Ceci dit, nous ne sommes pas tous égaux face à la transpiration et certains seront donc moins gênés...

Nous avons donc testé d'autres marques dont la Myléore, la Snap et la Simond qui semblent encraser beaucoup moins les prises mais tiennent aussi moins longtemps sur les mains. Petites astuces au passage. Avec la magnésie Béal, lavez vous rapidement les mains à l'eau en cours de séance. Après séchage, elles sont bien collantes et prêtes pour un ultime run dans le projet du jour. Avec les autres crèmes, frottez vous énergiquement les mains une fois le mélange séché pour retirer l'excédent.

Résidus de magnésie liquide marque Béal après deux lavages à l'eau et savon.

Extrait newsletter Block Out
En attendant, les prises sont effectivement beaucoup moins adhérentes dans les salles BO. Les patrons ont beau nous annoncer par newsletter que la rotation des ouvertures se fera toutes les trois semaines, l'achat de nouvelles prises ou l'arrivée de nouveaux ouvreurs, actuellement, dans les salles Block Out, il est de plus en plus difficile de prendre du plaisir en grimpant dans les niveaux intermédiaires... 
Pire, c'est même parfois dangereux vue la mauvaise habitude qu'ont pris certains ouvreurs de placer des plats fuyants en sortie de voies et des volumes proéminents dans le bas ! Si en plus, trois ou quatre des blocs de la salle ne sont consacrés qu'aux voies sur volumes, run and jump et autres jeux de cirques au détriment des voies de niveaux intermédiaires alors que des dizaines de gosses courent partout sur les tapis pour cause d'anniversaire, vous comprendrez la colère de certains habitués de BO. Car pour nous, le fond du problème est là : des ouvertures et  des prises incompatibles avec l'usage exclusif de la magnésie liquide dans une salle sur-fréquentée.

Petite série de ce que vous pouvez trouver à BO3 mi-novembre ! Des prises polies et usées jusqu'à la corde ou encrassées en quelques semaines




Interdire la magnésie en poudre c'est quand même bon pour notre santé !


En effet, l'idée est très intéressante. Elle est même en avance sur la future réglementation des espaces clos recevant du public ! 

Celles et ceux qui fréquentent les salles d'escalade les week-end pluvieux savent qu'en rentrant la douche s'impose tout autant que le lavage intégral des vêtements. Mais surtout, vous passez certainement des heures à vous moucher... En effet, dans les grandes salles sur-fréquentées, les nuages de magnésie se forment assez rapidement et, d'après certaines estimations, cela pourrait être très nuisible pour la santé. 

Voilà déjà quelques années que la question a été effleurée sans pour autant générer une vaste et véritable étude scientifique. Par ailleurs, toutes les salles d'escalade ayant essayé de faire de même dans le passé ont rapidement abandonné l'idée d'imposer la magnésie liquide. Cette question des impacts de la magnésie sur la santé a été abordée dans divers  articles et notamment dans  la revue Les Alpes, du Club Alpin Suisse, en 2008. C'est cet article qui a été pris comme référence par de nombreux sites d'information (dont le nôtre). Pour cause, c'est le seul disponible en français...

Son auteur, Christoph Meier, n'y va pas par 4 chemins. Il fait carrément le parallèle avec les risques liés aux particules fines. 
Les particules fines ? Mais si, vous savez ces poussières parfois très toxiques qui lorsqu'elles polluent notre atmosphère, notamment parisienne, engendre la mise en œuvre de plusieurs mesures obligatoires comme la réduction de la vitesse sur les routes ou la circulation alternées ou celle des voitures pastillées...assortie de la gratuité des transports en commun, etc.


BO3 une salle d'escalade sur-fréquentée y compris par les enfants...On est parfois limite côté sécurité.


Dans l'article, on peut lire : "Les grimpeurs en salle respirent un air aussi vicié par les particules fines que les ouvriers des secteurs industriels touchés par ce fléau" conclusion d'une étude effectuée par l'Université technique allemande de Darmstadt. Sans remettre en cause ces conclusions, soulignons que cette seule étude (publiée en allemand) n' a pas peut-être pas toute la rigueur scientifique nécessaire à l'interdiction de la magnésie en poudre dans les salles de sport.

Rassurez-vous, les particules fines de magnésie semblent néanmoins beaucoup moins toxiques que celles que vous respirez quotidiennement sur les routes et dans les transports. D'ailleurs, pour ces produits dits "inertes", les seuils d'alerte et de tolérance sont beaucoup, beaucoup, beaucoup plus élevés. Ainsi, dans les industries concernées, le maximum de concentration a été fixé à 10 000 μg/m3 pour les PM10* et à 3000 μg/m3 pour pour les PM2,5*. Le travailleur est-il moins protégé ? Sans aucun doute ! En tout cas, tout est mis en œuvre pour que cette concentration soit la plus basse possible...et les recommandations aux entreprises vont bien dans ce sens. Nous vous invitons à lire en fin de cet article un complément d'information sur ces valeurs.

Mais du coup, Block out a t-il péché par excès de zèle en interdisant la magnésie en poudre comme principe de précaution ? Pas totalement car la concentration de magnésie atteint parfois 4 800 μg/m3 selon certaines mesures de l'article précité soit un taux à la limite du seuil admis de 5000 μg/m3 dans le monde professionnel (voir fin d'article).

Notez que ces mesures extrêmes réalisées dans certains coins de quelques salles ne sont heureusement pas constantes. On a tous pu constater les nuages de magnésie qui se sont créés autour des bacs de poudre, là où les grimpeurs tapent ou souffle dans leurs mains, lors du brossage des prises et en cas de chute sur certains tapis. Mais il ne faut pas oublier que les grimpeurs gesticulants et haletants dans l'effort sont donc plus exposés à une absorption accrue de particules fines...

Business is business...


N'y a t-il pas d'autres solutions que l'interdiction de la poudre ? 
Si. Et super simples en plus... Il suffit de travailler sur l'aération !

Des mesures effectuées dans une salle à Hanau en Allemagne lors de cette même étude ont prouvé l'efficacité d'une telle action. L'ouverture d'une seule porte a diminué de moitié en quelques minutes la concentration de PM10*. En outre il existe des solutions qui limitent la dissémination de la magnésie telles que des bacs à faible ouverture et l'utilisation de magnésie en boules.

Pour bien faire donc, les gérants de BO auraient tout aussi bien pu isoler correctement les salles de restaurant lors des travaux. Chacun y aurait trouvé son compte car si la fine couche de magnésie présente sur les tables et chaises en fin de séance n'était pas très agréable, le bruit des grimpeurs et ouvreurs pendant le repas ne l'est pas plus. Et du côté des grimpeurs ascétiques assurant gratuitement le repas-spectacle aux convives, ils auraient probablement aimé grimper sans les très tentantes mais aussi gênantes odeurs de cuisine. Mais de tels travaux ont un coût, certainement élevé, avec un retour sur investissement plus faible qu'une interdiction pure et simple !

C'est donc sur le prétexte de santé publique, tant pour leurs employés que pour nous grimpeurs, que les salles BO ont décidé de justifier leur décision. Mouais...

Dans ce cas, chers gérants, merci de rappeler à vos employés et prestataires que pour nettoyer les prises avec de l'acide, le port de combinaison, gants, lunettes, masque est obligatoire ! Nous avons malheureusement, et à plusieurs reprises, constaté des manquements graves dans le port des EPI. Et puis d'ailleurs c'est pas très écologique de déverser tout ça dans les égouts.


Par ailleurs, quitte à nous protéger, il serait bon de revoir les consignes données aux ouvreurs pour éviter les chutes dangereuses du haut des blocs ou sur des volumes proéminents. Cela devient même urgent dans la situation actuelle...

Bref, les salles Block Out ne sont plus tout à fait des salles d'escalade mais bien des restaurants dans lesquels on peut grimper. 
Avec d'après nos renseignements, environs 60% du chiffre d'affaires réalisés en restauration à BO3 par exemple (domaine où la marge est plutôt forte) les abonnés, même à 45 euros par mois, ne pèsent pas bien lourds dans la décision... Et puis c'est certain qu'en vendant la magnésie liquide plutôt que de mettre à disposition des bacs de poudre, les grimpeurs réguliers vont enfin devenir des clients plus rentables.

BO a donc naturellement vite fait ses comptes privilégiant ses meilleurs clients et en limitant les investissements. Business is business...
Ceci dit, les grimpeurs sont aussi des consommateurs, notamment le soir.
Notre petit groupe, en signe de protestation, a décidé de ne plus manger et boire à BO après nos séances qui du coup sont déjà de plus en plus rares.





(*)  A PROPOS DES MESURES DES PARTICULES FINES

Les chercheurs allemands ont mesuré et analysé l'air dans neuf sites en s'intéressant aux particules appelées P10, c'est à dire  d'un diamètre inférieur à 10 micromètres. À ce niveau là,  les particules  commencent à pénétrer profondément  dans les voies respiratoires, voire dans les alvéoles pulmonaires. Et leurs résultats sont plutôt alarmants. En effet, le taux moyen de PM10 est de 3500 à 4200 microgrammes par mètre cube (micro g/m3) dans les salles de bloc avec de fortes variations.

Comme les particules pénètrent d'autant plus profondément dans les organes respiratoires qu'elles sont petites, les chercheurs ont également déterminé la quantité de celles dont le diamètre ne dépasse pas 2,5 micromètres (PM2,5). Ce taux peut atteindre 500 micro g/m3.

Que signifient ces résultats ?

Si l'on prend comme référence les seuils de déclenchement fixés pour les alertes aux particules fines alors oui, ces concentrations sont extrêmement élevées. En effet, la moyenne journalière admise est de 50 µg/m3 et ce seuil ne doit pas être dépassé plus de 35 jours en moyenne par an (40 µg/m3 en moyenne annuelle). Pour les PM2,5, il n'y a pas de réglementation. L'Union européenne a fixé son objectif de qualité à 20 μg/m3 en moyenne sur l'année. Le Grenelle de l'environnement souhaitait arriver à 15 μg/m3. L'Organisation Mondiale de la Santé recommande, elle, une valeur de 10 μg/m3. 

Du coup si vous allez plus d'une fois par semaine dans une salle d'escalade ou que vous y travaillez, mieux vaut effectivement s'interroger... 

Songez qu'à Pékin la concentration en particules fines est en moyenne de 90 μg/m3 et qu'elle dépasse très régulièrement les 900 ! D'après L'OMS en 2000 plus de 345 000 décès étaient liés à ses particules dont 42 000 en France ! En 2014, la pollution de l'air a causé le décès prématuré (avant 65 ans) de 487 600 au sein de l'Union européenne (UE). Tel est le bilan macabre du rapport 2017 sur la qualité de l'air, publié mercredi 11 octobre 2017 par l'Agence européenne de l'environnement (AEE). 

Suite à ces études, les Etablissements Recevant du Public (ERP – écoles, crèches, centres de loisirs, complexes sportifs, centres aquatiques …) commencent à faire l'objet de réglementations, avec comme première cible les écoles et crèches. Les décrets 2015-1926 du 30 décembre 2015 et 2015-1000 du 17 août 2015, portant sur des exigences en matière de qualité de l'air intérieur, établissent des valeurs guides et imposent la mise en œuvre d'une démarche de prise en compte de la qualité de l'air intérieur dans certains ERP. Pour les complexes sportifs type piscine la date est au 1er janvier 2023.


Une étude conduite par le Dr Rob Beelen (université d'Utrecht, aux Pays-Bas), publiée le 9 décembre 2013 dans la revue médicale The Lancet, a conclu qu'une exposition prolongée aux particules fines a un effet néfaste sur la santé, même lorsque les concentrations restent dans la norme de l'Union européenne. Selon ces travaux, chaque hausse de 5 μg/m3 de la concentration en PM2,5 sur l'année augmente le risque de mourir d'une cause naturelle de 7 %.

Mais surtout, ce que mettent en évidence toutes les études, c'est que notre santé est menacée dans les milieux clos et mal ventilés.

Et quid des travailleurs ?

Les valeurs limites d'exposition professionnelle valent pour toute forme de poussières (marbre, farine…) mais les effets particuliers de certaines d'entre elles justifient l'existence des valeurs limites inférieures (bois, amiante, silice…) comme le rappelle l'article R. 4222-10 du Code du travail. Ces valeurs limites d'exposition professionnelle sont fixées pour une concentration moyenne sur une période de 8 heures de 10 g/m3 d'air pour les PM10 et 5 g/m3 [soit 5 000 μg/m3] d'air pour les PM2.5. Or, en raison d'une règle d'exception, inscrite dans le code du travail, les salariés ne peuvent pas faire valoir leur droit de retrait : «Dans les locaux à pollution spécifique, les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l'atmosphère inhalée par un travailleur, évaluées sur une période de huit heures, ne doivent pas dépasser respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d'air», précise le texte. Un seuil 100 fois supérieur au maximum d'exposition aux particules PM10 fixé pour la population générale (50 µg/m3) par le code de l'environnement !

Voilà qui justifie totalement la colère des salariés de la RATP et de la SNCF en Ile de France

Le taux de particules fines est en effet jusqu'à dix fois supérieur dans les tunnels des transports en commun d’Île-de-France qu'à l'air libre. C'est ce qu'a pointé le Monde, dans une enquête intitulée «Pollution : l'air irrespirable des travailleurs du métro». Premiers concernés, les 26 000 salariés franciliens de la RATP et de la SNCF.
Le 4 juillet 2017, un pic à 438 microgrammes (µg) de particules fines par mètre cube d'air a été relevé entre 19 heures et 20 heures, selon les données du réseau Squales de la RATP. Or, à l'extérieur, au même moment, la pollution n'atteignait que 27 µg/m3 de particules dites PM10, selon Airparif. Soit 16 fois moins.

Une situation qui, lorsque des travaux sont effectués la nuit, peut engendrer des valeurs nettement supérieures. Ainsi la concentrations de PM10 a dépassé les 1 000 µg/m3 le 31 mai 2017 entre 2 heures et 3 heures à la station Châtelet, et le 26 juin 2017 entre 3 heures et 4 heures à Auber expliquait Fabian Tolosini, membre de  la Fédération des transports (FGTE-CFDT), dans les colonnes du Parisien.

Donc, si l'on en croit ces valeurs, la concentration en PM10 dans les salles d'escalade allemandes, à certaines heures et dans certains coins serait 3 à 4 fois supérieure à celle relevée durant des travaux dans les couloirs des métros et RER parisien... Y'a de quoi s'inquiéter !

Renseignez vous sur 


https://www.airparif.asso.fr/

Précisions :
Après plus de 10 000 lectures en quelques jours, de très nombreux messages, commentaires, etc. une soixantaine de partages sur facebook ou autres sites, nous avons quelques précisions à apporter :

- toutes les salles BO ne sont pas encore passées à la magnésie liquide.
- d'autres enseignes commencent à le faire (Strasbourg)
- tous les ouvreurs ne font pas mal leur travail. Ils font avec les moyens du bord, les prises à disposition et les délais impartis. On nous promet de nouvelles amélioration tant pour eux que pour nous.

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