Les Titres

mardi 28 juin 2011

[MATOS] Fiche pratique 2 : Comment utiliser un pof à Bleau ?



Fiche pratique sur l’utilisation du Pof, etc.

Niveau : facile à technique

Temps : quelques minutes


Par Greg Clouzeau


La dernière fois nous avons vu comment fabriquer le POF en tant qu'objet. A peine publié, je recevais les premiers conseils ou reproches sur l’utilisation de ce dernier et du produit qu’il contient.

Donc, première précision, le Pof ne fait pas l’unanimité tant à Bleau qu’à l’étranger... Mon tort ? L’avoir opposé à la sacro sainte poudre blanche consommée avec une certaine addiction par de nombreux grimpeurs. 

Je le redis, les deux produits n’ont pas la même fonction, et il est évident que si tout le monde utilisait la colophane avec autant d’ardeur que la magnésie, les dégradations qu’elle pourrait causer à nos rochers serait probablement très importantes.

Mais je persiste dans la comparaison car je reste persuadé (jusqu’à ce que l’on me prouve le contraire autrement par que des affirmations gratuites) que le pof, bien utilisé, signifie :

- Une pollution visuelle très nettement inférieure à la magnésie,

- Un encrassement des prises très réduit par rapport à la magnésie,

- Une biodégradation plus complète et plus rapide que la magnésie.


La colophane et son "emballage" sont apparus dans les années 1930 sur nos cailloux. Jusqu’au début des années 90, elle a régné en maître. Songez que la magnésie n’est apparue à Bleau que vers 1978 et qu’en trente ans, les blocs sont devenus tout blancs et non à pois !

Son "abandon" est probablement du à deux phénomènes : la disparition de la culture bleausarde avec les générations de grimpeurs formées en salle d’escalade mais, surtout, la généralisation des crash-pads qui a conduit, à tort, bon nombre de grimpeurs à abandonner le paillasson puis le pof.

Certains m’ont parlé de prises « vitrifiées » par le pof. Je les cherche encore ; elles devaient être cachées sous une épaisse couche de magnésie !

Pour qu’il y ait vitrification, il faudrait que la colophane redevienne quasi liquide soit une température de 70°C minimum. Bon, ok, je joue un peu sur les mots car il existe bien des "ronds" jaunes sur certaines prises de pied qui prennent peu la pluie (voir par exemple la photo de Composition des forces). Il s'est donc bien formé ici une pellicule de résine imperméable, difficile à retirer. Mais, elles ne gênent pas l'escalade de la voie et sont beaucoup moins voyantes que les plaques blanches laissées par la magnésie (même après brossages et lessivages).

prise de mains sur le rouge du 91.1 exposée à la pluie
et la magnésie

Ceci-dit, sur certaines places des Trois Pignons où le soleil peut cogner très fort, pourquoi pas ? J’ai trouvé sans mal des prises très patinées mais bon, c’est souvent dans des voies deux fois plus vieilles que moi ou sur dans des sites si fréquentés que le moindre jeu se patine en quelques années. 


En plus, dire si c’est la colophane qui a poli la prise ou l’action de la semelle ou, beaucoup plus vraisemblablement les grains de sable situés sous cette dernière, c’est difficile. Mais bon, la colophane, dans de bonnes conditions adhère au rocher ce qui nous permet d’y grimper. Par contre, la résistance mécanique de cette adhérence est assez faible du coup, c’est soit zippette (surcharge par rapport à la résistance mécanique), soit nettoyage de la prise en partant. Vous me direz, les grimpeurs ne nettoient déjà pas la magnésie alors le pof… Quant à la magnésie, en soit elle n’est pas plus agressive mais présente l’inconvénient majeure d’absorber toute l’eau qu’elle trouve (sueur, humidité, pluie.) Cela change sa structure chimique pour former un ciment qui avec le temps fait corps avec la prise ! A ce stade, il ne reste plus qu’un mélange à base d’acide chlorhydrique pour la retirer…

Pieds patinés dans l’Abattoir au Cuvier. Beaucoup de gomme mais aussi un rond peut être du à l'utilisation du POF. 


Bon, du coup, je l’utilise comment ce P… de Pof ?
Le Pof a diverses fonctions. Dans une première action, il permet au grimpeur de préparer le bloc et la voie, en suite, il servira à la préparation du grimpeur et de son matériel, enfin, bien entendu, comme je lis aussi les chroniques de Rascal sur Zebloc, il servira a essuyer les traces de notre passage !

Préparation du bloc et de la voie :

La boule dans la main, la queue du pof (assez longue avec celui que je vous ai fait faire) devient un excellent plumeau. Mais comme vous n’êtes pas des femmelettes, allez-y de bon cœur, de droite et gauche avec de bonnes grosses claquasses ! Ce faisant vous retirez l’excès de magnésie laissé par votre prédécesseur, la poussière, le sable et au printemps, cette ignoble couche de pollen qui transforme certains blocs en véritable patinoire… insistez sur ce qui vous emble être vos futures prises de mains et de pieds. Certains (moi le premier) n’hésitent pas grimper au sommet du bloc par la descente afin de nettoyer les rondeurs de sortie… Jusque là, vous n’avez fait que du bien et avez augmenté vos chances de réussite du fait d’un bloc propre.


Maintenant, en retournant l’engin, vous allez taper la boule sur les prises dont vous pressentez qu’il faut en augmenter l’adhérence… C’est le cas principalement des prises de pieds et des plats. Vous entendez ? « Pof », « Pof »… c’est fait ! Inutile de taper dix fois comme un sourd. Là, vous retournez à nouveau l’engin pour, avec le chiffon, refaire l’étape 1 ce qui permet de retirer l’excès de colophane (retournez voir la première fiche notamment le paragraphe concernant la trame du tissue).

Attention, comme me l’a fait remarquer Franlou, mon Pof est asymétrique, donc, quand on veut pofer une prise très en hauteur en le prenant par la queue, faites attention car l’engin peut aisément se transformer en une puissante massue. Idem, si négligemment, une fois les plats de sortie pofés, vous le laissez choir vers le départ sans d’autre forme d’avertissement. C’est votre pareur qui risque de ne pas être heureux !
En cinq minutes, la voie est prête… Pas vous, donc passez à l’étape 2, tout aussi facile.

Préparation du matos et du grimpeur :

Première opération, comme vous êtes un de ces grimpeurs modernes qui n’enchaîne pas les circuits sans mettre un pied au sol mais plutôt en papillonnant autour de votre camp de base, vous êtes très certainement équipé d’un crash pad ! Il faut le placer idéalement… Là encore, il y a débat ! Il relève plus de l’éthique mais la chose à quand même son importance dans notre cas.

Je ne jugerai pas ici le fait que vous avez décidé de faire du Pad-start (en fait, faut le dire, ce n’est pas bien mais certains me répondront que cela compense à peine l’érosion du sol au pied de la voie…). Ce qui m’intéresse c’est uniquement le fait que votre base départ reste propre pour éviter le polissage prématuré des prises !

Avant les années 90, la question ne se posait pas ; des pads, on n’en avait pas ! On démarrait depuis un paillasson en poils de coco à fond imperméable (idéale pour certains sites essonniens où le sol est plutôt terreux gras). Bon, ok, certains mettaient le pof dessus pour gagner quelques centimètres (j’ai même vu de très, très gros pofs à cette époque) mais là encore, ce n’est qu’une question d’éthique.

Donc une fois le pad posé à une vingtaine de centimètre en retrait de la base du bloc, reste à le nettoyer comme à l’étape un avec de violents coups de chiffon. Vous disposez ensuite d’une base de départ débarrassée des grains de sables.
J’utilise toujours mon paillasson mais, dans le cas où vous avez décidez que l’éthique ce n’était pas votre truc, s’il vous plait, faite au moins cette étape. Pourquoi ? Bien parce qu’elle vous permettra, combinée avec la suivante, d’avoir des chaussons propres ce qui, primo, diminue le risque de glissades provoquées par les grains de sable, secundo, évitera une usure prématuré du rocher par le frottement des dits grains de sable !
Regardez la photo. Avec une telle quantité de sable sur le pad, il n’y avait rien d’étonnant à ce que ce grimpeur zippe de nombreuse fois dans le départ de ce bleu d’Isatis !


Le pad est propre, à vous maintenant.

Avant de monter sur votre pad, faite le Flaman rose ! Sur un pied, l’autre jambe fléchie derrière vous, utilisez le chiffon du pof pour essuyer consciencieusement la semelle. Posez le pied propres sur le pad et refaite l’opération avec le deuxième pied. Super. Avant de taper votre essai, essuyez la suer de vos mains avec le chiffon. Vous pouvez aussi malaxer la boule. En fin de journée, si vous n’utilisez que le pof, celles-ci ne sont pas blanches mais noires et collantes ! Adhérence garantie.

Pour les plus flémards, l’opération peut se faire assis sur le pad… La variante historique de cette préparation consistait, une fois le coup de chiffon effectué, à se cracher dans la paume des mains puis à frotter avec les semelles. Cela retire très efficacement la poussière accumulée. Lorsque la semelle est propre, on poursuivait le mouvement pour chauffer la gomme qui devient alors plus tendre et collante. Lorsque la semelle couine, c’est qu’elle est prête pour une adhérence maximale. Bon faut dire, outre l’aspect peu ragoutant de cette pratique, les gommes modernes sont bien plus adhérentes qu’autrefois et les grimpeurs pratiques de moins en moins les adhérences ! Autre avantage de ce nettoyage, il aide à la concentration !


Enfin, dernière étape, nettoyage.Vous avez terminé, vous allez libérer la voie pour les grimpeurs suivants. Super… Là, il y a encore deux petites choses à faire. Elles sont obligatoires, quelque soit le produit utilisé. Primo, un bon coup de brosse (celle avec des poils de sanglier) sur les prises c’est le strict minimum pour retirer toutes les traces de son passage (revoir l’article de Rascal). Secundo, un bon coup de chiffon, y compris sur les premières prises pieds, c’est le top. En faite, c’est comme en sortant des toilettes, faut tirer la chasse ! C’est d’autant plus important et nécessaire que si vous êtes des milliers à utiliser ce super instrument qu’est le pof après la lecture de cette fiche, on va me reprocher chaque rond autour des prises !

Donc, comme les autres substances, celle-ci s’utilise avec modération.

Pour finir, pliez votre pad (éventuellement avec le matos dedans) puis soulevez le jusqu’au bloc suivant ; en le tirant au sol vous aggravez considérablement l’érosion du sol !

Bonne grimpe et n'hésitez pas à demander des conseils aux anciens...

lundi 27 juin 2011

Les Belges, ils (ne ) déconnent (pas). Ouf !

Bonjour,

Plusieurs amis grimpeurs en colères m'ont  signalé un lien vers le blog d’un célèbre grimpeur étranger le 27 juin, on pouvait lire et voir le récit d’un petit WE entre copains. Photos, vidéos...
Après examen de la photo, impossible de dire où c’était fait le bivouac mais bon, vu le tas de bois, le feu de la St Jean devait être sympa.

Contacté via Facebook, Ivan, nous a assuré de son profond respect pour notre forêt. Je le crois bien volontier. Un deuxième message nous a aussi donné la localisation du feu : le camping de Moret-sur-Loing. OUF, on respire !

Toutefois, je m'étonne que dans le contexte de sécheresse actuel, et malgré l'arrêté préfectoral, il y ait encore des campings pour autoriser un feu de bivouac "ouvert", c'est à dire directement sur le sol !

Certes, la place à l'air propre et correctement débrousaillée mais le risque est quand même important, notamment en cas de vent, de voir des escarbilles enflammer la forêt.

En tout cas, merci les Belges pour ces précisions. On a eut peur !
Vous êtes les bienvenue.


 
Le feu et la cigarette à Bleau,
c’est STRICTEMENT INTERDIT.




Tripreport Fontainebleau 25/26-06-2011
The heat is on.
Saterday,
start of the vacation, but there is almost no traffic on the road, so in 3u30min we (Nico and i) are at the parkinglot of Cassepot. There are 24 Belgian cars parked, it's the weekend of Bleau Roots, an inatiative from climbinghall Bleau to give their members an organized weekend in Fontainebleau, probably lots of work, but also lots of fun.
(…)

After the pasta we hook up with the guys (and girls) at the camping, some good conversations, some good company and some (good) drinking, it makes me realize that there is a life besides climbing. The story about the little bleu guys and porn will last a long time.

http://crashpaddummies.blogspot.com/2011/06/tripreport-fontainebleau-2526-06-2011.html

Le patrimoine de la forêt de Fontainebleau disparaît dans l'immobilisme général

Bonjour,

Voici une photo des gravures rupestres de l'auvent des Potets prise ce 23 juin. La destruction par le feu, se poursuit dans l’indifférence générale !

Face est auvent 23 juin 2011
Photo : Soleg
Le même au mois de Mars 2011
Pour comparaison !

Ce remarquable témoignage de la fréquentation Préhistorique de notre forêt avait déjà été mis a mal par de nombreux feux de bivouac ces dernières années et en mars 2011, j’avais publié un article sur ce blog donnant quelques pistes simples et peu coûteuses comme la pose immédiate d’un panneau explicatif et d’une grille à l’entrée de l’auvent. L’opération est facile à réaliser, (y'a plus de 16 m d'épaisseur de sable en dessous donc aucun problème pour enfoncer une grille sur un mètre ou deux).

Présentée à l'ONF comme une action permettant d’amorcer la réflexion sur la préservation du patrimoine, je pense que ça passerait sans problème. Evitons juste de leur suggérer une action du type des palissades de chantier construites au 95,2, à la J.A.Martin ou au 91.1 , outre l’artificialisation outrancière du site, les planches constitueraient un excellent carburant pour la prochaine soirée sous l’auvent !



Très franchement, ça fait mal au cœur qu'il n'y ait rien eu de réalisé, même de façon provisoire, pour ne serait-ce qu'essayer de sauver ce qu'il reste de ces gravures, malgré les appels aux secours, y compris du côté associatif. Je sais que l'on se trouve dans une zone hyper-protégée, hyper-réglementée où il faut maintenant faire des tonnes de paperasse avant toute action mais il y a des fois où il faut un peu violenter les administrations  pour des urgences et ça s'en est une ! A voir le tas de nouvelles cendres au pied des gravures on comprend vite que la seule solution est d’interdire l’entrée de l’auvent.

Les feux (et même maintenant les cigarettes) ainsi que les outils d’allumage sont pourtant bel et bien interdits par notre Préfet ! Mais rien n’est fait pour surveiller ce joyaux français. D’ailleurs, on se demande bien avec quels moyens cela serait fait ! L’ONF n’est pas un organisme de protection et de sauvegarde de l’environnement. Son ministère de tutelle, encore plus en cette période de restriction budgétaire, veut de la rentabilité !

Tout le monde s’en fou, cette forêt peut être détruite dans la quasi indifférence générale des pouvoirs publiques, il n’y aura que les usagers et les naturalistes pour s’en émouvoir. Le patrimoine historique disparaît… D'ailleurs, c'est un peu comme l'histoire actuelle des plaques en bronze qui commencent à s'évaporer dans tout le massif (réchauffement climatique ?). Là aussi, la solution a été donnée par Oleg et Thierry lors d’un Conseil d’Administration de la vénérable AAFF : moulage en silicone pour pouvoir les reproduire à l’infinie et remplacement immédiat par des plaques en résine. Oui, mais qui va faire, avec quel budget ? Les associations ? Le Conseil Général ? L’ONF ? Que voulez vous qu’il fasse avec les trois francs six sous de budget dont il dispose ?! Pas grand-chose ou des trucs peu efficaces mais très voyant car l’image, c’est important.

Il  soutien son label « forêt de patrimoine » à grand renfort de charte des bonnes pratiques signées avec les associations locales d’usagers et distribue des plaquettes de communication à ceux qui veulent bien les prendre… Sinon, il dépense aussi des sous dans une tentative désespérée et inutile de sauvetage du Bilboquet, carte de visite de la Forêt des Trois Pignons…

Ah,  j’oubliais, il coupe du bois, beaucoup de bois. Ben oui, comme me l’a expliqué son représentant au Comité de pilotage Natura 2000, à propos des coupes rases, l’ONF fait des coupes curatives du fait de la sécheresse ! A propos des grandes futaies coupées ces derniers temps, je cite « nous sommes passés d’une mortalité choisie, à une mortalité subit ». En gros, ces coupes que je dénonçais (comme tant d’autres usagers) dans un article il y a encore quelques semaines, étaient nécessaires car ces arbres commençaient à dépérir. De l’euthanasie sylvicole !

A ce rythme, le patrimoine historique, floristique, faunistique aura bientôt totalement disparu de la forêt de Fontainebleau. Tant mieux, l’Etat et son ministère de l’Agriculture pourront en faire une vaste forêt de production plutôt que de récréation.

C'est désespérant d'immobilisme !!! Et si les plus concernés ne se remuent pas...


Premier bilan d’une action coûteuse à l’inefficacité programmée : la stabilisation du Bilboquet !

L’ami Oleg s’est rendu sur place bravant la chaleur et les touristes sur cette plage sans eau pour prendre les mesures. Voici son constat.

         "3 mois après, déjà un petit bilan de l'intervention stabilisation du bloc et réalisation d'un tumulus de sable.

         L'essentiel : la fissure au pied du bloc n'a pas évoluée. A l'erreur de mesure près elle aurait même rapetissée de 1 mm (1/200; c'est déjà ça!). Peut être l'effet du bloc de blocage enterré assez profondément au contact et du coté où le Bilboquet affiche un penchant prononcé. Une bonne nouvelle; par contre la suite.....
        
Le tumulus sableux
         Un tas de sable de très grande surface avait été réalisé le 25 mars autour du pied du bloc pour :
- dissimuler les quelques blocs mis en place pour essayer de stabiliser le sable au piétinement du secteur,
- essayer de rattraper (un peu) le niveau "originel" (1970) de la plage autour du bloc tout en dissimulant les blocs précédents.
         Tout ceci sans changer l'aspect des lieux .
         Vous me direz, si le bloc tombe il risque d'être sérieusement chamboulé l'aspect en question! C'est pas bête mais ça serait naturel (écolo et durable) et je pense que ça en arrangerait certains (pas de nom!).

Photo Oleg, Les enfants, les cailloux et le reste de tumulus
La toise fait 90 cm
         Donc épaisseur de sable déposé le 25 mars 2011 au pied du bloc : 40 cm environ.
         Constatation du 22 juin soit 3 mois après : épaisseur restante : 25 cm environ
Soit une érosion de 15 cm en 3 mois !
Exercice simple : dans combien de temps tout le sable sera t'il reparti ailleurs ?

         Le Cosiroc avait émis de gros doutes sur cette opération dont les modalités avait été définies par l’ONF malgré le partage d’expérience. En effet, les expérimentations et constatations pratiques faites par le  COSIROC en d'autres lieux (JA Martin par exemple) et d’autres temps ont, une nouvelle fois, été confortées ! La conclusion était évidente et connue d’avance : rapporter du sable sans faire un barrage étanche (pour le sable) ne sert pas a grand chose , à part aérer les grains concernés et ils nous en sont reconnaissants; la preuve : ils brillent plus qu'avant !

         Enfin la voie est maintenant bien définie mais il faut un peu de concertation avant d'activer les grandes manœuvres de terrain.
         Je commence l'entraînement demain.

         Soleg"


Photo Oleg 22 juin 2011
Le Bilboquet ou la carte de visite des Trois Pignons


vendredi 24 juin 2011

Les villes grignotent campagnes et forêts, notre horizon, c’est du béton !

En juin 2010, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement a lancé un projet de modernisation du droit de l’urbanisme. Baptisé « vers un urbanisme de projet » le texte s’est révélé au fil des réunions comme une réforme permetant d’accélérer la mise en œuvre des chantiers de l’urbanisme sans limiter l’étalement urbain et l’artificialisation des milieux naturels, agricoles et forestiers. Un constat qu’on dénoncé les associations telles que la FNE, la Ligue Roc ou la LPO qui regrettent au passage, le non respect «de la convention internationale d’Aarhus sur la participation du public n’est pas respectée tant pour l’examen de la refonte du code de l’urbanisme que pour son contenu ».
En fait, ce texte ne respecte pas les engagements du Grenelle de l’environnement et n’intègre pas les objectifs de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité. « Alors que la réforme entend réduire les contentieux en matière d’urbanisme, elle diminue les obligations de concertation avec les habitants, au lieu de travailler à son amélioration qui pourrait seule permettre de limiter les recours. Par ailleurs, les nombreuses propositions des associations permettant de mieux intégrer l’environnement, objectif premier de la loi Grenelle 2, dans les projets d’urbanisme, n’ont pas été prises en compte. »Le projet, doit permettre de libérer la création de logements mais risque fort d’accélérer l’urbanisation de nos campagnes et forêts... Ainsi, le projet de texte allège les procédures d’évolution des PLU autorisant un grignotage urbain allant jusqu'à 5% des zones agricoles ou naturelles (zone A et N).

Par ailleurs, le dispositif, sur son volet fiscal, permettrait de mobiliser les terrains constructibles non bâtis dont une bonne part se situe en périphérie des villes, précisément là où progresse quotidiennement cette urbanisation de nos campagnes et forêts !

Les associations précitées ont donc demandé par courrier  l’arbitrage de la Ministre en charge de l’écologie.
Noisy - sur - Ecole à la conquête de la Forêt des 3 Pignons
Bon nombre de ces Piscines et maisons n'existait pas il y a dix ans !

mercredi 22 juin 2011

J'ai fait un rêve... des grimpeurs respectueux et unis !

Mes amis des sites web telque Kairn, Escalademag, Grimpisme, Zebloc, (pour ne citer que ceux-là) ect. relayent quasi quotidiennement les limitations ou interdictions d’accès aux falaises et autres sites d’escalade à travers le monde.

 
Vous le savez peut être, je milite depuis 1995 au sein du COSIROC (Comité de défense des sites et rochers d’escalade), sorte de fédération d’associations créée en 1962, contre une mise sous cloche de la nature et contre les interdictions abusives. Il est clair que depuis une vingtaine d’années, les choses se sont accélérées et que ces interdictions, de plus en plus nombreuses, sont aussi, de plus en plus justifiées par les autorités ou propriétaires, par des problèmes de non respect et de comportements de la part des grimpeurs et autres usagers des sites. Force est de constater que bien souvent, ils n’ont pas tort !

Les raisons de ces interdits sont multiples et plus ou moins justifiées. Je les classe en trois catégories :
-      Les interdictions ou limitations préventives liées à la sauvegarde de l’environnement.Elles sont souvent dues à la présence d’une faune et d’une flore remarquable qui justifie des mesures de protection plus ou moins justifiées du biotope mais souvent concerté et limité dans le temps et l’espace. A moins de les attaquer devant les tribunaux, ce qui suppose d’en avoir connaissance (délais très court), le plus souvent sur la forme plus que sur le fond, le mieux à faire est de les respecter et petit à petit de renouer le dialogue (par exemple en intégrant les comités locaux de pilotage Natura 2000) pour négocier une « réouverture »)

-     Les interdictions ou limitations préventives liées à la sécurité des biens et des personnes.  Lorsqu’elles sont justifiées et précises comme c’est le cas de la falaise du Cimaï actuellement, il est nécessaire et impératif de les respecter. Lorsqu’elles sont non fondées ou évasives, le mieux est sans doute de tenter très vite la conciliation et, en cas d’échec, d’attaquer l’arrêté municipal ou préfectoral au tribunal administratif. Cela demande du temps et des moyens…


  -     Enfin, troisième catégorie, les interdictions ou limitations « punitives », liées d’abord à un problème de comportements du propriétaire ou des usagers...
A l'origine des conflits sur l'usage d’une falaise, d’une zone de blocs ou d’un canyon, on trouve un scénario classique : des sportifs investissant un lieu, souvent sans aucun renseignement sur le ou les propriétaires, qui se mettent à décaper les blocs, purger la falaise…, avant d’y attirer une myriade de pratiquants. En outre, pour accéder à ce site, il faut souvent improviser un stationnement, traverser une ou plusieurs propriétés privées, etc.

Conséquences : des propriétaires mécontents qui saisissent parfois l’autorité publique pour faire valoir leurs droits, des associations locales de chasseurs, pêcheurs ou de naturalistes qui protestent contre le saccage du site, des agriculteurs en colères par ce que des grimpeurs piétinent leurs champs, ne ferment pas les barrières, stationnent dans les chemins d’accès nécessaires à leur travail quotidien… et le clash survient plus ou moins vite, plus ou moins violemment suivant la résistance des uns et des autres et leur capacité respective à nouer un dialogue. Si ce dialogue avait existé au départ, peut être que… mais ce n’est même pas certain car, « l’étranger », celui que l’on ne connaît pas, fait peur… ! Parfois c’est juste la peur d’être tenu responsable en cas d’accident. D’ailleurs, cette mécanique fonctionne avec tous les loisirs de pleine nature mais aussi avec les oppositions aux industriels quand ils envahissent une campagne avec un projet incertain (le pire étant le Gaz de schiste actuellement) ou l’arrivée dans une petite commune un groupe d’étrangers. Je ne juge pas, c’est un constat.

Il y a quelques jours, on apprenait le « sabotage des premiers points d’ancrage sur un petit secteur de Mont Dauphin. Plusieurs échanges sur les forums confirment qu’il s’agit là d’une méchante application d’un arrêté municipal. Voici une réaction éclairée qui illustre bien le problème français actuel que l’on peut lire sur le site Grimpissime :
« Il s’agit en effet de l’application d’un arrêté municipal d’interdiction d’escalade sur un petit secteur de MontDauph. Une municipalité (de crétins?) qui ceci dit au passage, continue de développer l’escalade sur son territoire. Si le travail a été bâclé, il appartient au maitre d’œuvre de se retourner contre le prestataire.
Pour ce qui est de la gestion des problèmes liés aux sites d’escalade et à l’escalade en général, l’ensemble des clubs et les équipeurs qui le souhaitent sont bien sur invités chaque année à en débattre lors de l’AG du CD.
Mais las, on ne voit jamais personne, plus facile de bavasser sur le net (esprit grimpe) que de monter des dossiers et tenir des discutions constructives; donc bougez vous , les places sont libres et ouvertes à candidatures.
Dom Latorres »

Dans certains secteurs, les défricheurs les plus actifs sont issus des Clubs Alpins, dans d’autres, des clubs FFME, enfin parfois et notamment à Fontainebleau ou en Normandie, c’est à la FSGT que l’on doit les actions d’équipement, entretiens, concertations… Bref, il n’y a pas de structure nationale unique et efficace pour coordonner le travail de passionnés locaux, parfois un peu aveuglés par leur amour pour tel ou tel spot. En bloc, l’équipement étant des plus faciles et peu couteux, les choses sont bien pires car une poignée de grimpeurs peut en quelques semaines transformer complètement un petit coin bucolique à souhait en alpinodrome ! Des fois ca passe, des fois ca casse. Un bon exemple de gestion des ouvertures serait peut être celui d'Annot où des négociations entre les grimpeurs locaux et les nombreux propriétaires ont abouti à une autorisation sur bon nombre de parcelles le long de la piste du Fugeret.

Le premier travail donc est d’informer et de sensibiliser l’ensemble des pratiquants aux conduites à tenir dans les sites d’escalade (idem dans les autres sports de pleine nature). Le Web nous y aide beaucoup mais cela semble bien insuffisant. En effet, malgré les nombreuses chartes adoptées par nos clubs ou fédérations pourtant très largement diffusées, tant en France qu’à l’étranger, les interdictions n’ont pas cessées pour autant. On constate, mais ce n’est pas nouveau, le criant manque de dialogue à l'origine des conflits,  le manque de respect des autres et de leur bien. C’est dommage car reconstruire un dialogue lorsque le conflit est déjà bien lancé » est souvent mission impossible et nécessite beaucoup de temps et d’énergie...

En France, le Cosiroc a longtemps été l’arbitre de ces conflits, (la FFME n’est apparue qu’au milieu des années 80) mais la disparition tragique de Daniel Taupin en 2003, véritable cheville ouvrière de ce Comité combiné à la crise du bénévolat associatif, ont conduit cette association à se recentrer sur l’île de France. Du coup, lorsque toutes les solutions locales, régionales ont échoué dans le dialogue, et lorsque les grimpeurs se tournent vers le Cosiroc, il est souvent trop tard. La fermeture de la Capelle en est un exemple parmi tant d’autres. D'autres initiatives ont vu le jour comme le Climbing-attitude.org, lancé par les établissement Béal mais doté de trop peu de moyens pour être efficace.


De toutes manières, le Cosiroc n’a plus les moyens humains d’assurer cette mission. La « guéguerre » de pouvoir que se livre la FFCAM et la FFME depuis de longues années n’a pas arrangé les choses. Pire, dans certains coins la FFME fait tout pour écarter les grimpeurs issus d’autres formations  qui souhaiterait se faire entendre auprès des autorités. Pour couronner le tout, les subventions versées au compte-gouttes sont de plus en plus faibles et ne permettent pas de rémunérer à des postes fixes quelques permanents. A titre de comparaison, allez voir le site du CODEVER. Sa section des Bouches du Rhône a adressé le document suivant à l’ensemble des Maires. Un super travail de lobbying dont les grimpeurs français ne sont capables (le Cosiroc adressait une lettre 2 fois par an à tous les élus français). C’est pourquoi, ils ne sont plus pris au sérieux.


Je rêve parfois d’un système calqué sur le modèle américain de l'Access Fund. Il s’agit d’une association nationale, créée en 1989 et qui revendique 1.6 millions (!) de grimpeurs et alpinistes. Le but était de soulever et gérer des fonds afin de préserver l'accès des spots de grimpe en les achetant. En effet, aux Etats-Unis, de nombreux sites sont sur des terrains privés et industriels. Cette association travaille aussi à la réouverture de sites fermés, à la prévention des interdictions, à la réduction de l'impact environnemental des grimpeurs, et, bien entendu à l'information…
Le site d'HP40 par exemple, a fait l'objet en 2002 de négociations entre la SCC (Southeastern Climbers Coalition), l'Access Fund et les propriétaires des terrains afin d'assurer sa pérennité. La falaise de Jamestown (Alabama) qui était fermée depuis 1993 suite à conflit entre grimpeurs et propriétaire a été rouverte en 2005 après négociations avec le propriétaire et le rachat de plus d'un hectare de terrain par les grimpeurs ! Les fonds provenaient de l'Access Fund, de donateurs (du simple grimpeur au sponsor) et du bénéfice retiré de l'organisation de rassemblements…  

Le cas des sites de blocs fait l’objet d’un projet spécifique. Le Bouder Project , fut lancé par l'Access Fund, en 2006. Là encore préservation, information et lutte contre les fermetures sont au programme !


Que faut-il apprendre des actions de l'access fund ?

Que le mieux pour éviter les fermetures reste le dialogue avec les propriétaires et un comportement respectueux ; cela passe par l’éducation et des moyens important de lobbying et de communication tant à destination des usagers que des propriétaires et autorités. L'Access Fund est une association nationale qui fédère des actions locales à l’image de ce qu’était le Cosiroc autrefois mais avec des budgets plus conséquents, issu de dons, de cotisations individuelles et collectives ainsi que du sponsoring. Ce n’est pas le cas aujourd’hui donc si les grimpeurs veulent encore profiter pour longtemps des sites qu'ils aiment, il leur faut changer d’image... Cela passe par un respect des sites, un respect des règles et des autres usagers, plus de discrétion, une participation à l’économie locale… Le top serait de ne plus être perçu comme des envahisseurs mais comme des invités ou des clients. Cela se fait petit à petit mais ce n’est pas gagné.

Enfin, il faut s'unir et se donner les moyens comme l'a fait le CODEVER, l'association des pratiquants de motos, 4X4.... Cela signifie que les grandes fédérations du monde vertical doivent arrêter de se tirer dans le dos et qu’elles s’assoient  autour d’une table d’une structure commune. Le Cosiroc a longtemps joué ce rôle et bénéficie d’une assez bonne image en France et à l’étranger mais il manque de moyens, nécessite la réforme de statuts vieillissants et peu adapté. Enfin, la FFME qui l’a quitté ne souhaitant pas, je cite, « déléguer son pouvoir », doit accepter qu’elle n’est pas la seule fédération sportive des sports de montagne…
Bref, grimpeurs, l’union fait la force !

mardi 21 juin 2011

Gaz de schiste, on en remet une couche... circulez y'a rien à voir !

Les citoyens sont une nouvelle fois trompés par l'Etat de droit !

par Brigitte Grivet (extrait)

Tout avait bien démarré : des textes clairs et franchement opposés à l'exploration et l'exploitation de gaz et huiles de schistes avaient été déposés par le PS, l'UMP et même Borloo...

Puis le Gouvernement a décidé d'un vote dans l'urgence ... et les premières propositions de lois ont été remaniées pour n'en faire qu'une !

Les députés (donc l’Assemblée Nationale) ont voté une première loi tout fait insatisfaisante puisqu’elle laisse la porte ouverte aux travaux de recherche « d’hydrocarbures de roche-mère » par fracturation hydraulique.

Les sénateurs ont voté le 9 juin 2011 une autre loi qui également interdit l’exploration et l’exploitation« d’hydrocarbures liquides ou gazeux » par forages suivis de la fracturation de la roche,
sauf dans le cas de projets scientifiques à fins d’expérimentation et d’évaluation de cette technique.Article 1er bis (nouveau)

Il est créé une commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux.

(...)

Une Commission Mixte Parlementaire a été réunie pour faire la synthèse des textes des 2 Assemblées afin d'adopter une loi commune. En voici le texte :
Extrait Gasland

 
 



TEXTE ÉLABORÉ PAR

LA COMMISSION MIXTE PARITAIRE

Voir les numéros :

Assemblée nationale : Première lecture : 3301,3392 et T.A. 658.

Sénat : Première lecture : 377, 417, 510, 556, 557, et T.A 140 (2010-2011).

Commission mixte paritaire : 640 (2010-2011)
PROPOSITION DE LOI VISANT À INTERDIRE L'EXPLORATION ET L'EXPLOITATION DES MINES D'HYDROCARBURES LIQUIDES OU GAZEUX PAR FRACTURATION HYDRAULIQUE ET À ABROGER LES PERMIS EXCLUSIFS DE RECHERCHES COMPORTANT DES PROJETS AYANT RECOURS À CETTE TECHNIQUE

TEXTE ELABORE PAR LA COMMISSION MIXTE PARITAIRE

Article 1er

(Texte de la commission mixte paritaire)

En application de la Charte de l'environnement de 2004 et du principe d'action préventive et de correction prévu à l'article L. 110-1 du code de l'environnement, l'exploration et l'exploitation des mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche sont interdites sur le territoire national.

Article 1erbis

(Texte de la commission mixte paritaire)

Il est créé une commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux.

Elle a notamment pour objet d'évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives.

Elle émet un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations, réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, prévues par l'article 4.

Cette commission réunit un député et un sénateur, désignés par les présidents de leurs assemblées respectives, des représentants de l'État, des collectivités territoriales, des associations, des salariés et des employeurs des entreprises concernées. Sa composition, ses missions et ses modalités de fonctionnement sont précisées par décret en Conseil d'État.

..................................................................................................................

Article 4

(Texte de la commission mixte paritaire)

Le Gouvernement remet annuellement un rapport au Parlement sur l'évolution des techniques d'exploration et d'exploitation et la connaissance du sous-sol français, européen et international en matière d'hydrocarbures liquides ou gazeux, sur les conditions de mise en œuvre d'expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, sur les travaux de la commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation créée par l'article 1er bis, sur la conformité du cadre législatif et réglementaire à la Charte de l'environnement de 2004 dans le domaine minier et sur les adaptations législatives ou réglementaires envisagées au regard des éléments communiqués dans ce rapport.
Une énorme déception citoyenne !!!
Le texte définitif sera donc très probablement voté par la majorité présidentielle, sans aucune attention portée aux amendements qui avaient été déposés en leur temps par des députés ou sénateurs de divers bords, après que les premiers projets de lois, catégoriquement opposés à la recherche et l’exploitation de gaz et huile de schiste, aient été amendés dans l’optique de ne faire plus qu’un projet de loi commun à la gauche et à la droite.

En effet, le sujet « Gaz de schiste » transcendait au départ le clivage « gauche-droite » et nous avons cru un moment, en citoyens naïfs et légalistes, qu’une belle unanimité allait se manifester dans les deux assemblées et que le sujet serait enterré de belle et définitive façon.

Les lobbies industriels se sont manifestés dans l’intervalle. Les entreprises auront donc gain de cause, au mépris des intérêts collectifs.

Brigitte Grivet
 
Mise à jour du 23 juin :
Suite à la réunion du Comité de pilotage de Natura 2000 de Fontainebleau, je peux vous dire que trois demandes de permis ont été déposées en novembre 2010. La DREAL nous dit qu'il y a pour le moment un moratoire mais a refusé de nous en dire plus sur l'état d'avancement des dossiers.

Heureusement, nos amis de FNE77 ont pu se procurer les cartes :
Retrouvez sur ces cartes votre ville ou votre village et sa situation en ce qui concerne les exploitations pétrolières :

· Les concessions pétrolières pour plusieurs dizaines d'années (en rouge),
· Les permis de recherche attribués (première attribution pour 5 ans en orange, premier ou 2ème renouvellement en vert),
· Les demandes de permis de recherche en gris
Vous allez le constater : la quasi totalité de notre département est concernée !!

Fontainebleau sud ouest. Futur Parc National Pétrolier ?
Sources : FNE77


 

Carte des permis miniers Nord-Ouest Seine-et-Marne

Carte des permis miniers Sud-Est Seine-et-Marne

Carte des permis miniers Sud-Ouest Seine-et-Marne

Pour plus d'informations et explications en direct, vous pouvez appeler au 01 64 71 03 78 la permanence FNE.

Vous pouvez aussi obtenir des informations précises sur la localisation des puits de pétrole, leur profondeur, savoir s'ils sont ou non toujours en activité, la société pétrolière concernée, en tapant sous internet explorer (car ça ne marche pas avec Mozilla) sur votre moteur de recherche : "les données pétrolières et gazières du sous-sol français"

Voir les cartes 77 des permis accordés et des demandes:

Carte des permis miniers Nord-Est Seine-et-Marne






lundi 20 juin 2011

Halte au pillage du patrimoine bleausard !


photo de courtoisie : la scène de crime
 Bonjour,

il est des nouvelles qui montrent bien à quel point notre forêt et son patrimoine est laissé à l'abandon !

Il y a quelques temps, l'ami Jean Poule Debleau, sur son excellent blog, rapportait le vol de la plaque commémorative qui se trouvait sur le "cairn" de la croix de Franchard.

Hier, nous avons appris la disparition d'une deuxième plaque ! A moins qu'il ne s'agisse d'un collectionneur, les recherches s'orientent vers les mêmes personnes qui vollent les câbles éléctriques...



Il s'agit de la plaque Edmond Doigneau (1825 - 1891) qui se trouvait sur un bloc des bois de Nemours. Doigneau est un archéologue qui découvrit plusieurs sites du Paléolithique supérieur. Enterré à Nemours, sa pierre tombale était un polissoir à l'histoire surprenante.


La tombe d'origine


Voici son histoire, racontée dans le n°6 (1991) du Bulletin de Souppes:
Voici ce qu'a écrit Michel Ballot parlant des polissoirs de Souppes/Cocluchon et plus précisemment à propos du n°9.
"...Peut-être le premier polissoir portable. Dans son livre "Nemours" E. Doigneau l'appelle la onzième roche, alors qu'il l'appelle n°9 sur son plan de 1883. Il l'a fait transporter à Nemours dans son jardin parcqu'il ne connaissait pas alors l'existences des autres (polissoirs). [poids environ 1,8t !!!! ]

Voici donc notre polissoir qui se trouvait au pied même du Cocluchon pour un premier séjour à Nemours. Edmond Doigneau, décidemment passionné pour les polissoirs et je le comprends, souhaite quelques années avant sa mort se faire enterrer avec un polissoir comme pierre tombale. Pourqui pas ? Mais notre polissoir du Cocluchon n'a pas la forme requise pour un tel but, alors il l'échange avec celui que possède un autre érudit de Nemours et dont de très belles collections sont aujourd'hui au musée de la Préhistoire: Jules Poullain. Il echange le polissoir du Cocluchon contre celui de Rumont qui lui , à la forme requise, le retaille un peu et il devient pierre tombale.
Edmond Edmée Doigneau né le 23 septembre 1825 décède le 4 mai 1891. Il est enterré au cimetière de Nemours sous le polissoir de Rumont jusqu'en 1912.

En 1912, le polissoir est offert à la ville de Nemours par Ernest et Edouard Doigneau. L'épouse de Doigneau, Onézime Gillet décède de 16 décembre 1912, je pense que c'est au moment où elle a été placée à côté de son mari que la donation s'est faite. Le polissoir de Rumont est resté sur le perron du chateau de Nemours jusqu'en 1978 date à laquelle il a été déposé au musée d'Ile de France....


La tombe au Musée


Je m'associe à la demande de Thierry Szubert pour l'enlèvement des plaques présentant un risque de disparition lié à leur technique de fixation. Ce patrimoine fout le camp dans l'indifférence des responsables de l'intégrité du patrimoine de la Forêt notamment l'ONF... Devons-nous attendre d'autres disparitions pour réagir auprès de l'ONF ? Il suffirait de les remplacer par une copie en résine après enlèvement !Merci Thierry pour ces informations.
Bien tristetement !
 
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