Les Titres

jeudi 27 janvier 2011

Projet de Parc National en Forêt de Fontainebleau, une promesse électoraliste !

Depuis le début de la semaine, de nombreux médias relayent le communiqué de presse fait par le Maire de Fontainebleau et le Président de l'UICN. Le rapport qui sera rendu aujourd'hui à Madame la Ministre, malgré ses 200 pages, est une vaste coquille vide ! Une promesse électoraliste basée sur des conditionnels, des suppositions et de petits mensonges par omission...
Comment peut - on réclamer la création d'un Parc National à Fontainebleau tout en  reconnaissant que l'outil n'est pas adapté et qu'il est à inventer ?!
Comment peut - on attendre une sauvegarde efficace de l'environnement sur la simple supposition qu'une fois accordé, le label PN entraînera un changement de comportements chez des visiteurs occasionnels ?!
Comment peut - on prétendre qu'un Parc National changera quelque chose alors que son financement n'est pas assuré, que des dérogations sont déjà attendues pour permettre l'intense circulation routière et l'expansion économique d'une ville de 40 000 habitants ?
Rassurez-vous, l'opposition existe. Hier, le collectif "Des racines et des hommes" lancé par le député Jean Lassalle se réunissait à l'Assemblée Nationale pour la contre attaque sur les différents projets de PN.



Un Parc National à Fontainebleau c'est  :

-  un projet qui ne garanti  pas la préservation du Pays de Fontainebleau  dans son ensemble (périmètre volontairement limité par M. Valletoux aux réserves biologiques actuelles pour le "coeur" et à la domaniale de Fontainebleau) tout en accroissant d'avantage la pression touristique sur les milieux fragiles situés en dehors de la forêt domaniale.
- un outil qui confie aux élus locaux à la place des experts scientifiques les décisions sur les espaces déjà protégés par des réglementations européennes et internationales (Natura 2000, Réserves MAB...)
- la quasi certitude selon le rapport du CREDOC établi à demande de la Fédération des Parcs Nationaux, d'une forte inflation de l'immobilier local et d'une profonde modification du tissu socio-économique local, (les plus pauvres et les agriculteurs en seront les premières victimes)
- la promesse intenable faite par certains élus de toucher d'importantes subventions nécessaires au fonctionnement du parc et aux travaux routiers alors même qu'Euro Parc nous dit qu'elles sont en forte réduction (-20 à -50% selon les pays).
- de nouvelles injustices, interdictions et contraintes (y compris financières) pour les usagers et riverains (moins d'espaces libres d'accès, moins de pratiques sportives autorisées, maintien de la chasse à courre et exploitation forestière...)
- la promesse d'un commerce juteux pour ceux qui pourront négocier le droit d'exploiter le label PN (qui est une marque commerciale déposée à l'INPI),
- et une atteinte à l'image des plus vieux parcs nationaux français que la Loi protégeait jusque là des spéculations immobilières (accès privatisés et payants aux sites de loisirs, constructions d'infrastructures d'hébergement...)

La création d'un Parc National à Fontainebleau au sens de la Loi de 2006 n'est donc "ni utile, ni souhaitable, ni faisable".

Juridiquement rien ne s'y oppose. Restreindre la zone centrale à un petit ensemble de réserves biologiques sans continuité c'est "faisable" mais sans intérêt car cela n'apporte aucune protection supplémentaire. A l'inverse, étendre ces zones, comme ce fut essayer à Franchard en 2001, c'est priver les usagers d'encore un peu plus d'espace (un quart à un tiers de la surface) tout en sachant que les réserves biologiques intégrales appauvrissent la biodiversité par colonisation des espèces les plus fortes.

Ce n'est pas "souhaitable" car, pour arriver à faire un parc digne de ce label, soit il faudra faire de gros compromis au détriment d'une réelle protection de l'environnement, soit il faudra faire d'énormes travaux (notamment pour réduire ou détourner le trafic routier) qui, outre les perturbations qu'ils entraîneront, ne manqueront pas de reporter le problème ailleurs. Ailleurs, c'est soit vers le nord est de Melun et Fontainebleau, soit en Essonne, à l'ouest et au sud du massif dans des zones, elles aussi, de grand intérêt.

Toutefois, nous sommes bien d'accord, il faut faire quelque chose. Nul besoin d'inventer un énième statut pour cela ! Commençons par donner au gestionnaire de la forêt les moyens d'accomplir sa mission d'accueil du public dans un forêt récréative. Plus de moyens, c'est plus de crédits en sortant d'une logique de rentabilité et d'exploitation sylvicole. Plus de moyens, c'est plus d'hommes et de femmes sur le terrain pour faire appliquer les réglementations existantes. Plus de moyens, c'est aussi soutenir les associations locales qui depuis plus d'un siècle luttent bénévolement pour la sauvegarde des sites et de leur patrimoine,  luttent contre l'érosion et la pollution. Enfin, plus de moyens, c'est promouvoir Bleau, sa réserve MAB et organiser l'accueil des visiteurs, leur séjour, leur hébergement... Tout en dynamisant le tissu économique local. Bref, il y a des choses à faire, sans aller chercher très loin et attendre 2020 !


Le Communiqué AFP dans la presse :

Forêt de Fontainebleau: "inventer le Parc national des années 2020"(AFP) – Le 26/01/2011

PARIS — Le projet de Parc National de la Forêt de Fontainebleau doit préfigurer un nouveau type de parc qui permette de respecter autant la nature que ses quelque 17 millions de visiteurs par an, selon le président du comité de pilotage François Letourneux.

L'idée de la relance du projet était "d'inventer le parc national des années 2020", selon M. Letourneux, président du Comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le rapport du comité de pilotage, composé d'élus locaux, scientifiques et usagers, devait être remis jeudi par le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Si certains s'inquiètent de la gestion d'un accroissement du flux touristique avec la création d'un Parc national, le rapport note que "ce label d'excellence pourrait susciter chez les visiteurs des comportements plus respectueux" et de citer, entre autres, les rochers et les sentiers trop utilisés, car très appréciés des grimpeurs et des randonneurs, qui s'effritent."Résoudre l'équation entre une fréquentation en hausse constante de la forêt et la préservation de la qualité de la nature ne peut être faite avec les outils d'aujourd'hui", a souligné M. Valletoux.Ce massif forestier de plaine de plus de 28.000 hectares est à 80% sur la commune de Fontainebleau et quelque 40.000 personnes y vivent en permanence. Il abrite une diversité biologique remarquable et est notamment traversé par une autoroute. L'Office national des Forêts (ONF) en assure la gestion et l'explotation sylvicole.

L'ONF a bien instauré des "réserves dites intégrales", des zones inaccessibles par exemple aux chasseurs, "mais pas aux meutes de chiens suivant le cerf lors des chasses à courre", a rappelé M. Letourneux.

La prochaine étape sera la création, par l'Etat, d'un Groupement d'intérêt public (GIP), ce qui serait un signe encourageant, selon M. Letourneux car "le gouvernement crée généralement un GIP là où il veut un Parc National".
Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.






Le projet du parc national de Fontainebleau entre les mains de NKM
Extraits à lire ci-dessous ou en suivant le lien pour l'intégralité
http://www.environnement-magazine.fr/presse/environnement/actualites/2133/nature/le-projet-du-parc-national-a-fontainebleau-entre-les-mains-de-nkm

Le rêve du maire de Fontainebleau de créer un parc national sur la forêt va-t-il enfin devenir réalité ? Le comité de pilotage qui planche depuis un an sur la faisabilité du projet remettra son rapport jeudi 27 à la ministre chargée de l'écologie, Nathalie Kosciusko- Morizet.

(...) « Depuis 2002, l'UICN défend la création de nouveaux parcs nationaux en France. Le Grenelle avait arbitré en faveur d'un nouveau parc en forêt de plaine et exclu Fontainebleau à cause notamment du rapport Dorst. Ors, cette forêt même très anthropisée reste l'une des plus belles forêts de plaine d'Europe et son classement permettrait d'adopter une vision moderne de la nature, en interaction constante avec l'homme ».

(...) En 1999, le rapport Dorst se prononce défavorablement sur le sujet en invoquant (...), la présence sur le massif de nombreuses coupures écologiques (autoroute, nationales) et la concentration d'activités humaines (plus de 15 millions de visiteurs/an). Depuis, la législation a évolué- la loi de 2006 sur les parcs nationaux donne plus de poids à la gouvernance locale- et les sensibilités ont évolué. « Le label serait aujourd'hui valorisant pour les élus locaux, juge Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau, mais il permettrait surtout de parer aux difficultés futures auxquelles sera exposée la forêt devant la hausse de visiteurs. La gouvernance actuelle du massif empile les statuts de protection ; le parc national serait un gage de cohérence pour assurer sa préservation à terme ».

L'argumentaire des « pro » sera-t-il appuyé par l'état via la création d'un groupement d'intérêt public qui poursuivrait l'exploration de la démarche jusqu'à la possible élaboration d'un décret ? A voir. La création d'un parc national à Fontainebleau ne pourrait être envisagée sans déroger à certaines règles en vigueur sur les 9 parcs existants. Quid de cette distorsion? Et la question des financements qui viendrait en supplément du projet du futur parc national de forêt de plaine retenu entre Bourgogne et Champagne n'a même pas été abordée. « Fontainebleau, ce n'est pas la Vanoise ; on n'est pas dans l'urgence, précise François Letourneux. L'idée, c'est d'avoir le soutien de l'état pour lancer la démarche et créer un nouveau parc à l'horizon 2020. Ce serait vraiment un projet de protection innovant en phase avec les évolutions de la société ».

Pour en savoir plus :

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Lien vers le projet sur le site de la ville

Article du journal Le Parisien


Avec 15 à 20 millions de visites par an, la forêt de Fontainebleau, si proche de Paris, peut-elle obtenir le statut de parc national ? C’est le souhait de Frédéric Valletoux, maire UMP de la cité impériale. Il remet demain un rapport en ce sens à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie et du Développement durable.
SUR LE MÊME SUJET (ancien)
« On s’est inspiré du Grenelle de l’environnement et notre comité de pilotage comptait quatre collèges avec des élus, des associations d’usagers, des environnementalistes et des acteurs économiques. »
Le projet ne date pas d’hier. Dès sa création, en 1948 à Fontainebleau, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a souhaité que la forêt de Fontainebleau soit classée en parc national. Mais rien. En 1999, le rapport Dorst s’est prononcé contre, en raison de l’opposition des élus locaux, mais aussi à cause du réseau routier (l’autoroute A 6, la N 7…) et d’une forte concentration d’activités humaines sur le massif.

Un projet inquiétant pour les associations d’usagersPourquoi relancer le débat ? « La loi de 2006 sur les parcs nationaux introduit une notion plus ouverte. Avant, on mettait les territoires sous cloche. Maintenant, l’homme n’est plus un intrus, mais un élément de l’environnement, explique Frédéric Valletoux. En outre, un parc clarifierait la gouvernance du massif, actuellement suivi par un empilement de dix-sept mesures et statuts différents ! Les élus auraient une responsabilité. » Enfin, selon lui, « il faut se projeter dans l’avenir. Comment concilier une fréquentation toujours croissante du massif avec la fragilité de cet espace ? Il s’agit de la première forêt européenne en termes de qualité de biodiversité. L’idée du parc, c’est un meilleur accueil et plus de pédagogie pour le public ».
Du côté des représentants d’usagers, vététistes, chasseurs, cavaliers, etc., le projet inquiète. C’est le cas de l’Association des amis de la forêt de Fontainebleau. Son avis est partagé par le Cosiroc, fédération nationale d’associations de grimpeurs qui représente 80000 passionnés. Même point de vue au Coderando, qui regroupe 75 associations de randonneurs seine-et-marnais.
Frédéric Valletoux se veut lucide. « Dans le comité de pilotage, orchestré par François Letourneux, président de l’UICN, on est arrivé à un point de consensus : la poursuite du débat au sein d’un groupement d’intérêt public (GIP). On doit trouver un point d’équilibre entre la préservation du site et l’accès aux usagers. J’espère que l’Etat dira son intention de rentrer dans ce débat et de participer au GIP ! »
Le Parisien

CONTRE

« Un projet inutile et inadapté »

DENIS BAUCHARD président de l’Association des amis de la forêt de Fontainebleau

S.B. | 26/01/2011, 07:00 | Mise à jour : 05:22
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«La création de ce parc est d’abord inutile : il existe déjà le statut de forêt de protection qui interdit d’élargir les routes ou de construire dans le périmètre, etc. Le massif est aussi classé...

« Empêcher l’utilisation industrielle du massif »

OLIVIER TOURNAFOND président du comité de pilotage Natura 2000

S.B. | 26/01/2011, 07:00 | Mise à jour : 05:21
.
« Nous sommes favorables au parc national pour des raisons de mise en valeur et de préservation du massif. Beaucoup de choses existent pour protéger la forêt. Elles empêchent l’abattage et le...

Les parcs nationaux de Fontainebleau et de Calanques sont en bonne voie


Nature / Ecologie  |  28 Janvier 2011  |  Actu-Environnement.com (extrait)
Le comité de pilotage qui planche depuis un an sur la faisabilité du projet du parc national sur le massif forestier de Fontainebleau, a remis son rapport jeudi 27 janvier à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

La ministre s'est réjouie hier de la "volonté des élus locaux d'approfondir la réflexion" sur un nouveau statut pour la Forêt de Fontainebleau. Elle s'est dite favorable à la constitution d'un groupement d'intérêt public (GIP) d'études qui aura pour objectif de poursuivre l'étude du projet. ''La question des continuités écologiques, des traversées routières, et la question de la gouvernance du massif, qui cumule aujourd'hui plus de quinze statuts juridiques différents, devront ainsi être traitées prioritairement'', a précisé Frédéric Valletoux, Maire de Fontainebleau et conseiller régional d'Ile-de-France, qui a remis le rapport.

De son côté, le ministère de l'Ecologie a également précisé que le GIP devra se pencher sur le statut final de la structure de gouvernance (parc national, grand site de France, patrimoine mondial de l'Unesco,…). Les élus devront en outre traiter de la fréquentation et la régulation du massif , ou encore de la chasse et de l'exploitation forestière.

La prochaine étape pour M. Valletoux sera de ''solliciter la participation de la Région et du Département, aux côtés des élus locaux et des services déconcentrés de l'Etat, au GIP d'études qui pourrait être crée courant 2011'', avec comme objectif de créer un nouveau parc à l'horizon 2020.

Bientôt un parc national des Calanques
Près plus de deux ans de débats, le parc national des calanques devrait quant à lui voir le jour fin 2011, selon l'AFP. Le parc, qui concerne cinq communes dont celles de Marseille, Cassis et la Ciotat, s'étend sur 11.200 hectares sur terre et 48.000 en mer. C'est le 11 février que l'assemblée générale du GIP devra trancher. "Nous nous acheminons vers des points de convergence" de nature à finaliser la charte du parc, a indiqué le député (UMP) Guy Teissier.
Mais avant, 200 acteurs locaux seront concertés et une enquête publique sera lancée. La délimitation de zones marines protégées doit être encore réglée. Alors que l' Etat veut des réserves correspondant à 10% de la surface en coeur de parc, les pêcheurs professionnels y sont contre.
Rachida Boughriet

vendredi 21 janvier 2011

Mercredi, le PN des Pyrénées a terminé son projet de charte

Le Parc National des Pyrénées est en train de réviser sa charte pour se mettre en conformité avec la Loi de 2006. Une démarche qui nous conduit jusqu'en 2013 probablement !

Pour en savoir plus lisez l'article de mon ami Louis Dollo.

Vous pouvez aussi y télécharger le projet de charte (pdf 1,2 Mo).
http://www.tarbes-infos.com/spip.php?article4327

mercredi 19 janvier 2011

Chasse et Parc national version 2006

Dans un article du Journal de la Haute Marne qui s'intéresse à la création du Parc National "Entre Champagne et Bourgogne", celui que l'Etat a choisi à la place de Fontainebleau en 2009, le débat sur la place de la chasse fait rage. Deux arguments plaident en faveur des opposants au PN à Bleau : la chasse y sera autorisée (y compris la chasse à courre) et le problème de la circulation des 4X4 ne semblent pas pris en compte par nos "amis" chasseurs !Administrateur à la société de vénerie mais également à l’association nationale des chasseurs de grand gibier, Guy Bonnet est invité jeudi à Arc-en-Barrois par l’association départementale des chasseurs de grand gibier à venir parler chasse et parc national. Un sujet qui fait débat actuellement dans le monde cynégétique.

Le Journal de la Haute-Marne : Faut-il avoir des craintes pour la pratique de la chasse lorsque le parc national Entre Champagne et Bourgogne sera opérationnel ?

Guy Bonnet :
Au sens d’une suppression de la chasse, nous n’avons pas de crainte à avoir. D’une part parce que la notion de parc national a totalement évolué depuis la loi de 2006. D’autre part, parce que ce parc n’est pas dans les mêmes conditions qu’un parc national de montagne où le milieu suffit pratiquement à réguler les populations. On ne peut pas parler de chasse loisir dans ce type de parc mais de chasse administrative de régulation ou sanitaire. Le seul parc où l’on pratique la chasse loisir est celui des Cévennes. Lors de la création de ce parc, les Cévenols ont fait clairement entendre que la chasse était un élément important dans l’économie. Et s’il n’y avait plus de chasse, il n’y aurait pas de parc. La chasse a donc été acceptée dans des conditions tout à fait intéressantes et intelligentes qui ont donné des résultats excellents. Qu’il y ait une réglementation particulière pour la chasse dans un parc national me semble évident.

JHM : La chasse à courre pratiquée dans le Châtillonnais semble montrée du doigt notamment à cause des véhicules tout-terrain qui suivent cette chasse. Doit-elle changer ses pratiques?

G.B. : C’est tout l’intérêt de mettre en place une chasse exemplaire qui pourrait servir de modèle ailleurs avec des suivis scientifiques sans pour autant supprimer l’aspect chasse-passion-loisir. Il faut arriver à mettre en place une chasse socialement légitime et en finir avec les bêtises comme la surpopulation, les problèmes de dégât sans cesse invoqués. Il y aura place pour un laboratoire qui pourra s’avérer extrêmement intéressant.

JHM : Mais dans le cas spécifique de la vénerie, ne faut-il pas revoir avant tout l’accompagnement qui gravite autour de la pratique même de cette chasse?

G.B. : Oui, ça c’est sûr. Mais je pense qu’il est souhaitable que la vénerie demeure. C’est aussi l’occasion de montrer que c’est une chasse patrimoniale respectable. Mais le problème également pour la chasse à courre est la réserve intégrale et ses 3 000 hectares d’un seul tenant. Théoriquement, il sera difficile de pénétrer dans une réserve comme celle-ci avec 40 chiens car cela va vite devenir impraticable. Je connais quelques réserves biologiques intégrales comme à Fontainebleau et on n’y entre pas.

Jhm
http://www.jhm.fr/CONFERENCE,40815

Effacage de circuits par les motards !


De passage sur le site des Cent Marches de La Padôle (Essonne) mi-janvier, Pascal Etienne a eu la désagréable surprise de voir les signes des quatre circuits bombés en noir sur tous les blocs du plateau.

C’est probablement le fait de trialistes cherchant à reconquérir leur terrain de jeu, comme le montrent les nombreuses traces sur les rochers. Les circuits devraient être repeints rapidement par le club FSGT de Sainte Geneviève des Bois, mais si les motards s’entêtent, à ce jeu nous serons vite perdants puisque plusieurs heures de travail sur deux couches peuvent être anéanties en dix minutes de bombage...
Pascal met donc en ligne sur le site du COSIROC dans l’article sur La Padôle le topo des quatre circuits pour en augmenter la fréquentation. Lien ci dessous.
Merci Pascal pour l'info et la photo.

lundi 10 janvier 2011

Les forêts apportent un bien être qui a une valeur économique définie !

Si la nature a un prix, cette affirmation a pris un sens nouveau pour nos dirigeants.
De nombreux articles et thèses tentent d’estimer le coût qu'entraîne la destruction de la nature.

Le but : prouver qu'on a davantage intérêt à préserver nos écosystèmes à long terme plutôt que de privilégier des profits à court terme. Ils prennent l'exemple de ce que rapporte une forêt sur un hectare. Cela peut sembler bizarre, mais ainsi, en estimant la valeur économique d'une forêt, le citoyen comprend tout ce qu'il a à perdre de façon concrète.
Par exemple, l'exploitation intensive du bois dans la forêt amazonienne rapporte de l'argent mais les catastrophes écologiques qui risquent de s'ensuivre auront un coût infiniment plus  important. Les catastrophes naturelles coûtent plus chères au final que les mesures de préservation anticipatrices mises en place pour les empêcher.

D’après les experts, le stockage et la fixation du CO2 est ce qui rapporte le plus : 529 € à l'hectare. La promenade est estimée à 200 €, car le bien-être humain a une valeur économique élevée !


de Sylvie Daoudal-Science et Avenir

Oui, votre promenade en Forêt de Fontainebleau, votre séance d’escalade hebdomadaire… ont une valeur économique ajoutée en plus des dépenses de transport, nourritures et équipement que vous faites pour les accomplir ! car le bien être que vous procurent ces sorties c’est autant que vous ne dépenserez pas dans les anti dépresseurs !

La forêt de Fontainebleau, reçoit au moins 15 millions de visites par an.  Si on se sert de la logique économique de nos experts, le calcul est rapide : 1 ha de forêt rapportant à l’année 969 euros, la forêt de Fontainebleau rapporterait 25 000 x 969 € = 24 225 000 d’euros par an. A cela vous ajouterez, les dépenses réelles de transport, hébergement, nourriture, équipement… et la somme devient colossale.

Bref, voilà donc l’économie au service de l’écologie et un super argument de poids !
Super…
Non car c’était sans compter sur la perversité de nos dirigeants (à l’échelle de la planète) qui s’échange les droits à polluer. « Elle vaut combien ta forêt ? Moi j’émets tant de tonnes de CO², si je te l’achète cela compense… » .

L’ONF, pour ne parler que de la forêt de Fontainebleau est coincé par les demandes et exigences de son ministère de tutelle. Pour remplir sa mission d’accueil du publique, peu ou pas de moyens. Pour assurer un rôle de protection de l’environnement, peu ou pas de moyens. Et pourtant quelques 10 000 employés gèrent 10 des 15 millions d'héctares des forêts française (28 % de notre pays, dont 6 millions d'ha de chênes) alors que les propriétaires privés possèdent 70 % de la surface forestière de notre pays (18% pour les collectivités territoriales, 12% pour l'Etat)...

Pour rentabiliser les coupes de bois, là encore, peu de moyens avec une sous-traitance dont ont a vu les effets dévastateurs au Rocher Fourceau ! 



Début mai 2011, la Commission européenne a approuvé une nouvelle stratégie pour la biodiversité. Elle prévoit notamment de reconstruire 15 % au moins des écosystèmes endommagés à travers le développement des trames vertes, de faire contribuer les agriculteurs et les pêcheurs par une gestion durable de leurs activités et de lutter contre les espèces invasives ! 


40% des zones Natura 2000 sont situés en forêt

Ok mais avec quels moyens ?

Nous ne voulons pas d'une mise sous cloche de la nature.

La stratégie européenne n’est pas seulement fondée sur un intérêt environnemental. « La protection de la diversité des espèces et des habitats permet de préserver la beauté de la nature, mais pas uniquement pour la beauté du geste, mais parce que c'est rationnel d'un point de vue économique. Il vaut mieux payer en ce sens que d'essayer de réparer les dégâts », a affirmé Janez Potocnik, commissaire chargé de l’environnement.

Selon l
'étude TEEB (« L'économie des écosystèmes et la biodiversité »), la disparition annuelle des services rendus par les écosystèmes s’élèverait à environ 50 milliards d’euros. Elle montre que le potentiel commercial mondial des investissements dans le domaine de la biodiversité pourrait atteindre 2 000 à 6 000 milliards de dollars d'ici à 2050.
En clair : comment faire rentrer de l’argent dans les caisses de nos Etats en se donnant bonne conscience. On comprend mieux l’insistance des gouvernement à mettre en place le réseau Natura 2000, d’augmenter le nombre de Parcs Nationaux terrestres et marins, de privatiser l'ONF ou dé rendre aux communes la gestion de leur espaces boisés…
Le document en anglais de la Commission

A lire aussi outre les documents déjà présent sur mon site : - une approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes, un PDF de 400 pages…:
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_18_Biodiversite_web.pdf

La question est donc, pour rester dans la logique économique, combien seriez-vous prêts à donner pour préserver un coin de nature privilégié comme Fontainebleau ? Il suffit de penser à la valeur inestimable de l'investissement des bénévoles pour comprendre que finalement les usagers se montrent plus généreux que nos gestionnaires.

Sans toutes les actions de sauvegarde menées par les associations, les randonneurs, les grimpeurs, les naturalistes… notre forêt étoufferait sous le Phytolaque, ou les déchets…. Sans les 250 bénévoles qui transportèrent des tonnes de pavés dans les pentes du 95,2, combien de journée « bien être » à 200 € auraient été perdues !


Nous le constatons, il y a de plus en plus d'initiatives chez les usagers pour à la fois préserver leur terrains de jeux et limiter les interdictions abusives d'un état liberticide poussé par les lobbies écologistes.
Le problème est mondial comme on l’a déjà vu sur le blog avec les initiatives des grimpeurs américains ou brésiliens (pour ne citer que celles là).

Nos amis grimpeurs anglais ont un équivalent au Cosiroc français, le BMC (British mountainering Council). Ils luttent eux aussi pour garder un accès libre à leurs forêt devant le projet de privatisation (attention, je vous rappelle que nous avons le même en France) ou devant l’extension des parcs nationaux.
En effet, neuf organisations représentant un large éventail de pratiquants d'activités de pleine nature se sont réunis le 10 mai dernier pour exprimer leurs préoccupations quant au maintien d'un accès public aux forêts du royaume.

En effet, outre manche, on réfléchit aussi à une privatisation des forêts (tout comme en France, voir notre article). Des experts indépendants étudient les attentes des usagers suite à la question posée par David Rutley député (conservateur , Macclesfield) à la Chambre des communes le 17 Février 2011 et l’énorme tollé que cela a généré.

Comme le Secrétaire d'Etat a précisé à la Chambre des communes lors de l'annonce de la création du groupe d'experts indépendant à la Chambre des communes le 17 Février 2011 :
«Il est important que le Groupe spécial se penche sur toutes les formes d'accès, y compris l'accès pour les marcheurs, coureurs et cyclistes», et «Nous voulons élargir l'accès à nos forêts et les terres boisées, car il est dans l'intérêt de tous que nous le fassions."

Les organisations qui composent l'Access User Group représentent plus de 8 millions de personnes qui utilisent régulièrement ces forêts tout en s’investissant dans leur sauvegarde.
On compte donc parmi elles les cavaliers, les grimpeurs (BMC) ou les promeneurs de chiens… Certains ont déjà des accès très restreints comme les cavaliers.

La forêt publique outre manche ne représente que 18% des forêts de l'Angleterre mais 44% des forêts accessibles. Transférer au secteur privé la gestion de forêts qui accueillent plus de 40 millions de visites par an ne garanti plus l’accès libre et gratuit à une population qui en a besoin…Lien vers les nouvelles sur la BBC en ligne
Plus d'infos (en anglais)

Projet d’extension du Parc National du Peak District
Ayant entrepris une première consultation en 2009/2010, sur l’extension des Parcs Nationaux de Lake District et de Yorkshire Dales, Natural England a examiné toutes les réponses et fait un certain nombre de changements. Le gouvernement vient de transmettre le projet d'extension pour consultation publique. La consultation se déroulera jusqu'au 1er Juillet 2011 et le BMC sera présent à la prochaine réunion (8 Juin) pour discuter de ces propositions. Il ya aussi, comme en France dans le cadre des Enquêtes Publiques, un certain nombre de réunions et permanences dans les zones concernées où vous pouvez parler à un agent de Natural England, afficher des documents et des cartes…For more information please visit the
Natural England websitePlus d'infos (en anglais)

Pour conclure, ne laissons pas les Etats nous retirer le droit à un accès libre et gratuit aux forêts. Faisons en sorte qu’il se donne les moyens de sauvegarder sans interdire et mettre sous cloche une nature dont nous prouvons quotidiennement aux travers de nos actions bénévoles que nous en sommes les meilleurs gardiens. Poursuivons nos efforts dans l’éduction des visiteurs et usagers afin qu’ils respectent d’avantage nos derniers espaces non urbanisés.Plus d'infos (en anglais)

vendredi 7 janvier 2011

2011 Année de la Forêt, ca commence mal !

Le SNUPFEN, syndicat forestier a lancé une pétition  sur son site :
http://www.snupfen1.org/article413.html

Pétition pour la défense de la forêt :

lundi 11 octobre 2010 par JD Webmestre

« Quelle forêt pour nos enfants ? »

La gestion durable des forêts françaises est attaquée sur tous les fronts. Depuis le Grenelle de l’Environnement, le slogan « produire plus tout en préservant mieux » est devenu le fil conducteur de la politique forestière, sauf que le « préserver mieux » ne semble être qu’un alibi. Dans les faits, c’est une approche extrêmement productiviste de la gestion forestière qui est affichée au plus haut sommet de l’Etat, le Président de la république l’a encore exprimé dans son discours d’Urmatt le 19 mai 2009.
Pourtant, la nécessité de protéger et garantir la pérennité de nos forêts n’est plus à démontrer.
Nous demandons :
  • un financement pérenne de la gestion forestière prenant en compte les multiples fonctions assurées par la forêt pour la santé et le bien être des populations .
  • une gestion forestière assise sur la polyvalence des forestiers, gage de l’équilibre entre les différentes fonctions de la forêt : économiques, écologiques et sociales (dont le soutien aux entreprises de proximité).
  • les moyens, notamment humains, afin d’assurer une gestion forestière de qualité basée sur une connaissance accrue des milieux naturels et une proximité avec les habitants.
  • l’organisation d’un débat citoyen sur l’avenir de la forêt.
Extrait du texte
"(...)
Nous, forestiers, constatons que la pression économique sur la forêt s’accentue et crée un déséquilibre dans la gestion forestière. Dans ce contexte c’est au détriment des fonctions sociales et environnementales que la fonction de production se développe.
En imposant aux territoires de mobiliser leurs bois, le projet de loi n'a retenu que le « produire plus de bois » !
Pour François Lefèvre, responsable forêt de FNE : « L’Etat pousse à récolter du bois dans les espaces les moins accessibles, donc les plus préservés, sans se soucier des enjeux de biodiversité. Cela mérite un carton rouge, voire écarlate au moment même où l’on célèbre l’année d’une biodiversité dont le déclin se poursuit ! »
Communiqué de presse de France Nature Environnement du 12/01/2010
« On ne cesse de se plaindre de ne pas avoir de ressources en matière première, on en a une sous nos yeux et on la sous exploite. » N. Sarkozy, Président de la république, Urmatt (Bas-Rhin) – Mardi 19 mai 2009
« Le bois ça doit tomber comme des boulons » P.O. Drège, (ex) directeur général de l’ONF, séminaire des cadres Poitiers-23 et 24juin 2008

Nous estimons aujourd’hui la forêt publique Française réellement en danger.
A force de réduire depuis 30 ans le service public forestier, l’heure de vérité est arrivée. Notre société se doit maintenant de répondre à la question suivante :
Quelle Forêt pour nos enfants ?
Signez la pétition "

jeudi 6 janvier 2011

Arrêté du 31 décembre 2011 relatif aux travaux dans les coeurs de parcs nationaux

6 janvier 2012
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 117
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Décrets, arrêtés, circulaires
TEXTES GÉNÉRAUX
MINISTÈRE DE L’ÉCOLOGIE, DU DÉVELOPPEMENT DURABLE,
DES TRANSPORTS ET DU LOGEMENT
Arrêté du 31 décembre 2011
relatif aux travaux dans les coeurs de parcs nationaux
NOR :
DEVL1133466A
Par arrêté de la ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement en date du
31 décembre 2011, les formulaires mentionnés aux articles R. 331-6 et R. 331-19 du code de l’environnement
sont fixés comme suit :
1
de l’article R. 331-19 du code de l’environnement est établie conformément au formulaire homologué sous le
numéro CERFA 14576.
La notice est homologuée sous le numéro CERFA 51588.
Les formulaires et la notice sont téléchargeables aux adresses suivantes :
Formulaire :
https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_14576.do ;
Notice :
https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/getNotice.do?cerfaNotice=51588&cerfaFormulaire=14576.
2
dans un coeur de parc national prévue au 2
conformément au formulaire homologué sous le numéro CERFA 14577.
La notice est homologuée sous le numéro CERFA 51589.
Les formulaires et la notice sont téléchargeables aux adresses suivantes :
Formulaire :
https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_14577.do ;
Notice :
https://www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/getNotice.do?cerfaNotice=51589&cerfaFormulaire=14577.
3
dans un coeur de parc national en instance de classement prévue à l’article R. 331-6 du code de
l’environnement est établie conformément au formulaire et à la notice mentionnés au 2
o A compter du 1er janvier 2012, la demande de travaux dans un coeur de parc national prévue au 1o du IVo A compter du 1er janvier 2012, l’appréciation des conséquences de travaux pour les demandes de travauxo du IV de l’article R. 331-19 du code de l’environnement est établieo A compter du 1er juin 2012, l’appréciation des conséquences de travaux pour les demandes de travauxo.

mercredi 5 janvier 2011

2011 Année de la Forêt vue par Liliane Pays, présidente de Natureparif

L’Année internationale de la biodiversité s'est achevée, laissant place à l’Année internationale de la Forêt. La nouvelle présidente, Liliane Pays, de l'agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, Natureparif, a expliqué les prochains défis de l’Agence à la journaliste de DéveloppementDurable.com

Natureparif, c'est quoi ça ?
Les Franciliens connaissent Airparif et Bruitparif. Ils ont maintenant Natureparif, la grande agence pour la nature et la biodiversité installée depuis le 30 juin 2008 rue de Grenelle dans le 7è arrondissement. Elle accompagne les élus en informant les franciliens des lieux remarquables de la région et de leur état de santé. Ceux qui n'habitent pas la Région Ile-de-France qui sert d'écrin au Pays de Fontainebleau ne voient souvent de notre région que l'image négative véhiculée par les médias, complétant une vision amalgamée d'une région fortement urbanisée à l'image de Paris et sa proche banlieu.
Vu de loin, on peine à croire que ce territoire  compte quatre des Parcs Naturels Régionaux Français et près d'une quarantaine de réserves naturelles. Leur surface couvre même 14% de l'Ile-de-France ! Plus surprennant, les espaces naturels (y compris agricoles) occupent près de 80 % des terres franciliennes, les 12 millions de franciliens s'étant entassés dans les 20 % restant ! Les forêts, elles, couvrent près du quart de ces espaces naturelles.  Mais l'urbanisation se poursuit et de 1982 à 1999 ces terres vièrges de toute construction ont reculées de 1 700 ha par an en moyenne ! Conséquence directe, la biodiversité de notre paradis est mise à mal et reste assez méconnue en dehors de Fontainebleau où elle est étudiée de longue date. On a recencé 228 espèces d'oiseaux sur les 375 observables en France. On estime à 18 000 le nombre d'espèces d'insectes, à soixante celles des mammifères, à dix-sept le nombre de reptiles, 12 d'amphibiens... Natureparif et son réseau suit la disparition de certaines espèces et va tenter de réduire leur nombre. Ainsi, peut être verra t'on revenir le saumon en Seine, les loutres dans la Bièvre ou le faucon pèlerin dans Paris. En favorisant la création de passages pour la faune reliant les anciennes grandes forêts aujourd'hui coupées par les routes, les populations devraient trouver de meilleures conditions pour leur reproduction dans les zones où elles sont en sous effectif. A l'inverse, de tels passages pourraient avoir de graves conséquences sur des populations aujourd'hui menacées comme notre brave écureuil roux chassé de la forêt de Sénart par son cousin gris. En plus, le tamia, d'origine coréenne, transporte avec lui un grand nombre de parasites telque la tique. Certains individus peuvent paraît - il en porter jusqu'à 500 ! En Seine et Marne, les autorités, devant le nombre croissant de cas de maladie de Lyme, ont mis en place un important dispositif de veille sanitaire.


L'interview :

"DeveloppementDurable.com : Vous êtes à la tête de Natureparif depuis le 9 décembre. Dans quel état d’esprit avez-vous conclu l’Année internationale de la biodiversité ?
Liliane Pays : J’ai eu l’occasion de constater, quand je suis rentrée en fonction, que cette Année avait été très importante. Le terme « biodiversité » a eu une plus forte résonnance, le grand public a pu s’en imprégner davantage et a pris conscience, par la même occasion, de la nécessité de la préserver.
Certes, cette biodiversité s’érode, et ce constat est effrayant mais nous devons rester confiants et positifs. Je crois beaucoup au potentiel des agences comme la nôtre pour accompagner les associations, les entreprises et les collectivités locales à mieux la protéger. Nous avons collecté toutes les connaissances existantes, maintenant, reste à les mettre en réseau et à identifier les priorités.


dd.com : Pour 2011, quelles sont les priorités ?


L. P. : Je m’inscris pleinement dans la continuité de l’important travail de mes prédécesseurs. Mes priorités, dorénavant, sont d’accentuer la sensibilisation et l’éducation. Pour que la population soit partie prenante, il est impératif que la cause soit bien plus connue… et reconnue.


dd.com : Vous dirigez également une école maternelle à Fontainebleau. Vous souhaitez donc accorder une importance particulière à l’éducation des jeunes sachant qu’on ne protège que ce que l’on connait ?

L. P. :
Tout à fait ! J’ai en charge, quotidiennement, des enfants de 5 ans. C’est dès leur plus jeune âge, lorsqu’ils sont curieux et réceptifs, qu’il faut les sensibiliser. Malheureusement, je m’aperçois, lors des sorties que nous effectuons en forêt de Fontainebleau, qu’ils ne connaissent la forêt que d’un point de vue intellectuel, mais pas sensoriel. Je suis surprise par leurs réticences à s’approprier les lieux, à toucher les écorces, à toucher les sols. Il leur arrive même d’avoir certains réflexes de recul, par rapport à certains insectes qu’ils ne connaissent pas. Nous devons vraiment dépasser ces appréhensions mais nous ne pourrons le faire que si nous travaillons sur le long terme. Les activités que nous proposons à l’école sont souvent beaucoup trop ponctuelles.



Ainsi, l’Agence des Espaces verts, dont je suis vice-présidente, a mis en place un dispositif remarquable : les diplômes forestiers juniors. C’est exemplaire dans le sens où ce programme dure cinq ans. Ces enfants-là, demain, ne seront plus des adultes ignorants de la biodiversité, ils auront, au contraire, envie de la protéger et de la respecter.


dd.com : Vous êtes donc également vice-présidente de l’Agence régionale des espaces verts. Quelles sont ses attributions ?

L. P. :
L’AEV, c’est l’agence en charge de la préservation du milieu par le biais d’acquisitions de foncier. Je souhaite renforcer encore la collaboration entre Natureparif et l’AEV pour faire en sorte que leur savoir-faire et leurs programmes exemplaires puissent servir à d’autres acteurs.



J’ai conscience, depuis que je suis conseillère régionale (EE-LV), que subsistent trop de cloisonnements. Prenez par exemple le Motif (Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France) : pourquoi ne pas travailler ensemble à l’édition d’un livre sur les mots de la biodiversité expliqués par les enfants ? Ce sont des chantiers que j’ai envie de lancer, avec la jeune et dynamique équipe de Natureparif.


dd.com : 2011 a été déclarée Année internationale de la Forêt. Comment Natureparif va-t-elle agir cette année pour préserver les forêts franciliennes ?

L. P. :
Je dois vous avouer que ces Années dédiées me laissent toujours assez dubitative. Certes, elles ont le mérite de faire parler, de sensibiliser mais ensuite, une fois que l’année en question se termine, j’ai toujours peur que toutes les avancées concédées retombent dans l’oubli. Que 2011 soit l’Année internationale de la Forêt représente une excellente transition. A Natureparif, nous avons d’ores et déjà planifié un colloque intitulé « Comment concilier les différents usages de la forêt ? ». Le terme « concilier » est extrêmement important, certes il induit la notion de concurrence mais il est aussi un facteur d’apaisement.



Concernant la forêt, et notamment celle de Fontainebleau, que je connais particulièrement bien, le projet d’en faire un Parc national m’a un peu inquiété à l’origine. Elle est déjà très protégée, très réglementée et je craignais que les Franciliens ne s’y sentent plus chez eux. Pour m’y rendre très souvent, j’ai conscience qu’elle représente leur jardin, leur lieu privilégié d’évasion. C’est donc la raison pour laquelle il sera capital de mieux les éduquer et les sensibiliser à la préserver. On voit malheureusement dans les spots d’escalades que l’importante fréquentation endommage les sites.

(Note de greg des blocs: Je pense que les dégradations ne se limitent pas aux sites d'escalade mais à l'ensemble des sites rocheux et surtout, elles ne sont pas directement liées à notre pratique pour la majeure partie)


dd.com : Comment expliquez-vous le fait que l’Ile-de-France accueille de 7 à 33 % d’espèces de moins que les départements limitrophes ?

L. P. 
: L’urbanisation et la pression anthropique sont bien plus fortes qu’ailleurs. Nous craignons, et les indicateurs le montrent, que cet environnement moins accueillant pour la biodiversité ne le devienne aussi pour l’homme. Nous avons d’ailleurs très peur du « printemps silencieux ». Toutefois, loin de nous l’idée de plonger dans le catastrophisme, je suis une femme confiante, je ne pratique pas l’écologie punitive. C’est en tissant des liens avec tous les acteurs du territoire que nous pourrons agir. D’autant que les spécialistes parlent, dans la nature, d’un phénomène de résilience, rien n’est irréversible. Je m’en aperçois personnellement en Seine-et-Marne. Dans le Parc naturel régional du Gâtinais nous avons vu revenir certaines espèces du bocage, grâce au travail mené avec les agriculteurs et à la restauration des milieux.



Les pesticides sont aussi un gros problème. Avec l’extension des surfaces agricoles, les zones humides ont disparu, et de nombreux micro-organismes vivants aussi. Nous travaillons aussi, en collaboration avec les Chambres d’agriculture, à l’évolution des mentalités des agriculteurs. Pour en avoir rencontré quelques-uns, je peux vous assurer qu’ils commencent à prendre conscience des dangers des pesticides. Je suis une femme de terrain, c’est avec le partage d’expériences que nous pourrons avancer.



dd.com : Vous êtes également conseillère régionale pour Europe Ecologie-Les Verts. Quelle est votre vision idéale de la région, en termes de biodiversité et d’environnement ?

L. P. :
Les clés, pour moi, sont l’éducation, le dialogue, l’interaction. Les gens commencent à prendre conscience que la biodiversité n’est pas une simple composante de l’environnement mais qu’elle a un véritable impact sur leur vie personnelle. Des sommets tels que Nagoya participent aussi à cette prise de conscience, cette communication. Tout comme la mise en place, avec le soutien de la Région, de parcs naturels régionaux, pour protéger des espaces moins emblématiques que la forêt de Fontainebleau par exemple. Les médias ont également un rôle prépondérant à jouer : il doit y avoir une meilleure visibilité des métiers qui touchent à la terre, à la nature, dans les médias. Je peux vous dire que j’ai été stupéfaite de voir, en me rendant dans un lycée agricole, que certaines formations ne trouvent pas de candidats. La clé viendra de l’éducation, à tous les niveaux."
Propos recueillis par Albane Wurtz

lundi 3 janvier 2011

Petites infos

La nouvelle salle d'escalade de la Base de loisirs de Buthier ouvre ses portes. C'est l'une des plus grande de France avec un mur de 25 m de haut et plus de 900 m² de blocs (sans compter le spot historique tout proche). L'augmentation de la capacité d'hébergement est au programme... Par contre, le dynamisme voulu par la base a parfois fait perdre le sens de la réalité à leurs dirigeants. Voici  la photo d'une des passerelles d'accès pour handicapé (en fait c'est à la limite du parcours aventure !!!) qui en plus de défigurer le site, s'adosse à quelques blocs remarquables. Scandaleux...

Pour se remettre d'une bonne séance, une bonne petite bière s'impose. L'auberge de la DJ devrait rouvrir ses portes le 03 février après plusieurs mois de travaux !
Bonne grimpe
Merci à toutes et tous pour votre soutien. Vivement les bonnes conditions météo pour que l'on puisse reprendre une activité normale !
Merci à JPR pour la photo...
 
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