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mercredi 3 juin 2020

[COM ONF] L'imagerie thermique en renfort pour lutter contre les premiers incendies

A peine l’arrêté préfectoral (n°2020/DDT/SEPR/95) pris, les premiers feux se sont déclarés. Après un petit feu à Villiers sous Grez, c'est dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, qu'un gros feu s’est déclaré mardi 2 juin en fin d’après-midi dans la parcelle 9 du Coquibus. Rapidement maîtrisé par les 35 pompiers du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du département, il a détruit 1 ha de végétation malgré  l'assistance d'un drone et d'imagerie thermique.

Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus
Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus

Ce dispositif, renseigné au plus près du terrain par les agents de l’ONF, a permis de circonscrire l’avancée des flammes dans cette zone très fréquentée par le public. 

Sur place, une surveillance par drone a été déployée par l’ONF. Elle se poursuivra ces prochains jours afin de détecter les éventuelles reprises du feu. 

Sur le massif de Fontainebleau, les feux couvant dans le sol sableux, peuvent subsister plusieurs jours avant de se réanimer sous l’effet du vent. Équipé d’une caméra thermique, le drone de l’ONF les localise plus rapidement, guide les secours en intervention et détecte les points chauds, souvent invisibles à l’œil nu. En appuyant les pompiers au sol, il constitue un véritable outil d’aide à la décision dans la prévention et la prise en charge des incendies en forêt de Fontainebleau. 

L’ONF rappelle qu’avec les températures élevées et qu’en l’absence de pluie, le risque de départ de feu est important. L’ONF demande aux promeneurs à redoubler de prudence durant leurs sorties en forêt.

Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus
Imagerie thermique en renfort des équipes

mardi 2 juin 2020

[BLEAU] Interdiction préfectorale annuelle de fumer ou utiliser du feu en forêt de Fontainebleau

Il ne vous aura pas échappé que ce Printemps fût l'un des plus chaud et sec depuis les années 1980 ! En effet, avec 1.7°C de plus que la moyenne et -40 % de précipitation, le risque d'incendie en forêt de Fontainebleau est de plus en plus élevé. Conséquence, à la demande de l'ONF, le Préfet de Seine et Marne a pris le traditionnel arrêté interdisant de fumer ou d'apporter toute source de feu en forêt de Fontainebleau, Trois Pignons et Commanderie jusqu'au 31 octobre 2020. Soyez extrêmement vigilants et n'hésitez pas à téléphoner au 18 (ou 112) pour déclencher les secours. Nous invitons les bleausards à faire respecter cette interdiction notamment auprès des campeurs. 

La note de Communication de l'ONF


jeudi 28 mai 2020

Les circuits d'escalade de Mondeville, la Padôle et Gorges du Houx ont fait peau neuve

Pour les bleausards qui cherchent des circuits loin des hordes de visiteurs franciliens qui viennent en forêt depuis le 11 mai, ils peuvent compter sur le travail de la poignée de bénévoles qui a restauré différents secteurs peu fréquentés de Bleau. A découvrir au plus vite en respectant les stationnements notamment dans les forêts privées de l'Essonne ou sur le site internet TopoBleau qui est de retour lui-aussi.

Balisage vieillissant circuit escalade Essonne
Les circuits d'escalade de la forêt de Fontainebleau sont entretenus que par des bénévoles ! Photo Greg Clouzeau 
En Essonne, c'est le cas à  Mondeville dans le secteur classique du Rempart (A ne pas confondre avec celui de La Roche aux Dames, interdit par les propriétaires et situé 1 km plus loin). Là ce sont 4 circuits qui ont été refaits entièrement avec pas mal de nouveautés et de gros travaux de nettoyage en plus de la peinture. Il y a même quelques petites fresques pour illustrer certaines voies comme en falaises ! Le circuit Jaune  nouveau fait 41 passages, le circuit orange, 40 voies et les bleu  et rouge inchangés respectivement 42 et 32 voies. Bon, attention, ces circuits ne s'adressent pas aux débutants. Ils sont un peu hauts et parfois exposés...

Sexy les nouveaux circuits de Mondeville ?
Sexy les nouveaux circuits de Mondeville ?

A quelques kilomètres de là, à La Padole, c'est un autre grand chantier de réhabilitation qui est encours et vu le nombre de voitures sur place le week-end dernier, ça avance bien ! Là encore, il y a un énorme travail de dégagement des accès aux rochers et des rochers eux-mêmes. On trouve à la manœuvre Antoine Guyonneau, Philippe Leduby, et Jean-Jacques Naels.

En forêt domaniale de Fontainebleau, le circuit jaune des Gorge du Houx a été entièrement revu et complété d’un circuit orange que nous vous conseillons de découvrir en même temps grâce aux travaux d' Hervé Béranger et Jean Cabane. D'autres circuits sont encours de balisage ou en projet y compris dans les niveaux les plus faciles.

Toutes les fiches topographiques des circuits sont disponibles sur le site de Jean Jacque Naels : Topobleau, qui s'est doublé d'un petit frère PassionBleau

Sur ce dernier, Pépito indique parmi ses nombreux projets celui de revoir (outre les système de cotations) le circuit orange de Franchard Isatis.












[BLEAU] Encore des fermetures de routes ce week-end.

Saturation du stationnement en forêt de fontainebleauDepuis le début du déconfinement et l'ouverture des forêts domaniales au public le 11 mai dernier, les week-end à rallonge sont synonymes de bouchons et difficultés de stationnement dans toute la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons. De mémoire de bleausards, même pendant les plus grosses périodes de Pâques, on n'avait jamais vu autant de voiture garées le long des routes. Une situation qui, passé la surprise des premiers jours, a obligé les forces de l'ordre (police et gendarmerie) à sévir. Ce weekend ne sera pas différent et l'ONF qui s'inquiète de l'accroissement du risque d'incendie complétera le dispositif de fermeture des routes.


En effet, plus de 500 PV ont été dressés depuis le 11 mai pour des infractions au stationnement et certaines routes ont du être fermées à la circulation notamment aux abords de Barbizon et du Vaudoué. Ce week-end étant lui aussi pourvu d'un jour supplémentaire, l'ONF complète le dispositif en fermant à la circulation automobile la route de la Gorge aux Nefliers et le parking d'Apremont. Cette route constitue en effet l'accès principal pour les secours sur le secteur d'Apremont. Les conditions actuelles liées au stationnement dangereux, se reportant de chaque côté de la chaussée lorsque le parking est saturé, ne permettent pas aux pompiers d'intervenir sereinement, ni de faire évacuer la zone rapidement en cas d'incendie. Avec les conditions météorologiques prévues ces prochains jours, le risque de feu augmente sensiblement sur le massif de Fontainebleau. Pour la sécurité de tous, il convient de les fermer temporairement. Le site reste ouvert au public mais l'accès ne pourra pas se faire avec un véhicule motorisé.

Plus que jamais, nous demandons aux bleausards de faire respecter les interdictions de stationner devant les barrières (entre autres incivilités). Pour celles et ceux qui le peuvent, nous les invitons à fréquenter la forêt avant 11h00 et après 17h00 ainsi que les sites moins connus de l'Essonne.


samedi 9 mai 2020

Recommandations pour la pratique du bloc à Bleau à partir du 11 mai


Nous avons relayé dès hier le communiqué de presse de l'onf et les documents l'accompagnant sur la réouverture des forêts franciliennes dont celle de FontaineBleau et des Trois pignons ainsi que les recommandations de la ffme sur l'escalade (pdf) en bloc. Le mieux serait sans doute d'attendre encore un peu mais nous sommes tous très impatients. Contacté à plusieurs reprises aujourd'hui par les médias sur ce sujet et notamment l'application des gestes barrières en escalade en site naturel, nous vous proposons quelques recommandations supplémentaires qui nous semblent être de bon sens pour éviter que notre pratique de l'escalade à Bleau n’active un énième nouveau cluster. Libre à vous de les suivre mais à défaut de consignes claires, on  vous propose celles-ci et vous pouvez toujours les compléter en nous adressant un commentaire. Bonne reprise à tous !

A la Roche aux Sabots dans les Trois Pignons, il est parfois impossible de s'isoler.
Et encore, c'était une journée calme ! (Photo Greg Clouzeau)


On a reçu quelques propositions pleines d'humour comme celle de la désinfection de tous les bivouacs de Bleau (merci Oleg) ou d'autres, pas si bêtes, sur le sens de parcours des 25 bosses dans le sens des aiguilles d'une montre avec un départ obligatoire à partir de la roche aux sabots échelonné tous les dix mètres. Mais ce matin, lors d'une discussion avec l'Office de Tourisme de Fontainebleau, on nous a demandé notre avis, sérieux, sur l'escalade à Bleau et les gestes barrières. Il est clair que les grimpeurs, papillonnant de bloc en bloc par petit groupe, on de quoi faire peur. Voici donc quelques une de nos réflexion sur le sujet pour une pratique raisonnable et raisonnée en période de pandémie !


Quand aller en forêt ?


La météo n’est pas très favorable lundi mais les choses peuvent évoluer. Nous vous recommandons d’éviter les foules du week-end et de privilégier la semaine. C’est sans doute plus facile à écrire qu’a faire mais vu que les grimpeurs franciliens sont privés de salles de sport, il y a fort à parier qu.ils seront nombreux à venir en forêt ou, pour les cordistes, à se rendre au viaduc des fauvettes.

A défaut d’une application permettant de savoir qui va où et quand, il faudra sans doute faire des séances courtes (max 3 heures nous paraît bien) en évitant les heures de pointe (inconnues mais disons 11 h à 18 h).

Notez que la faune vient de goûter à 3 mois de grand calme. Merci de respecter leur habitat encore plus que d’habitude notamment en cette période des naissances. Soyez discrets, ne hurlez pas, ne diffusez pas de musique, et tenez vos chiens en laisse (c'est d’ailleurs une obligation à cette période de l’année jusqu'au 30 juin.) Bref, respectez la nature et suivez les recommandations de l'ONF (relire l'article d'avril 2019)

Où ?


Évidemment, mieux vaudrait éviter les secteurs les plus fréquentés ! Mais là encore pas d'applications internet fiables. Le bon sens vous fera éviter les sites les plus connus comme le Cuvier, Franchard, Apremont ou les classiques des Trois pignons. La première difficulté étant, lorsque l’on sort des sentiers battus, de trouver des secteurs suffisamment grands pour éviter les autres grimpeurs et pourvus d’un équipement de qualité (balisage de circuit entretenu, blocs nettoyés...) Nous avions publié dans cet article la cartographie établie par l'ONF et le Cosiroc sur les secteurs d'escalade balisés. Un petit tour sur le site du Cosiroc vous aidera certainement à trouver l’inspiration parmi les 79 circuits des Trois Pignons et 81 de la domaniale notamment. La deuxième difficulté consiste à éviter les sites trop éloignés des parkings et où l’escalade pourrait être plus dangereuse qu’ailleurs (blocs hauts, lichéneux... ou difficiles d’accès pour les secours par exemple)

A ce petit jeu, chacun sa recette mais certains sites situés dans les forêts privés de l’Essonne qui constituaient une alternative intéressante à la domaniale nous semblent à exclure de fait. Un peu trop dangereux... On l’avoue le choix du massif pour notre première sortie est cornélien !

http://www.cosiroc.fr/index.php/bleau


Seul ou en groupe ?


Seul, Bleau c'est génial mais pas très sécuritaire, donc peut-être à éviter en ce moment. Ce serait bête de mobiliser une importante équipe de secours pour votre recherche en cas d'accident, ils ont mieux à faire.

L'escalade à Bleau est certes une pratique individualiste mais souvent pratiquée entre copains. Nous recommandons, en cette période particulière, de ne la pratiquer qu’en petit groupe (moins de 10 mais plutôt à 4 ou 5 maximum) et si possible entre personnes ayant été confinées ensemble (famille, collocation...). Dans ce cas, le partage des équipements (crashpads, brosses, tapis, prof...) ne posera pas de problème et l’utilisation d’une voiture pour tous le groupe prend aussi tout son sens et évitera l'engorgement des parking.


Sport, santé et sécurité


« Le sport c’est la santé » Oui, sauf en cas d’accident ou de blessure et encore plus aujourd’hui où il vaut mieux éviter les hôpitaux. Il convient donc de reprendre notre loisir favori avec modération. Modération dans la durée des séances, modération dans la difficulté, modération dans l’engagement physique. Nous recommandons la pratique sur les circuits balisés d’un niveau plus modeste qu’avant le confinement et sur des blocs pas trop hauts avec des surfaces de réception plates et dégagées. L’utilisation du crashpad est conseillée ainsi que celle d’un pareur confirmé.

Si la Ffme a recommandé le lavage des mains entre deux blocs au savon biodégradable, nous vous recommandons plutôt l’utilisation du gel hydroalcoolique et de la magnésie liquide. Tout les équipements devraient être individuels. Flacon de magnésie mais aussi pof, tapis, perche, bross, topo, pad, et bien entendu gourde d’eau etc.

Pour le bien être de tous, nous préconisons de suivre la numérotation des circuits. Vous commencez par le numéro 1 quand celui-ci est libre et ainsi de suite. Si deux numéros sont espacés de moins de 2 mètres, il faut attendre que le bloc soit totalement libéré avant de poursuivre. Si chaque grimpeur se passe les mains au gel avant de toucher les prises cela devrait limiter les risques. Bref, avec un peu de bon sens et de civisme, on doit pouvoir partager l’espace sans trop de problème.

Et le masque... pas agréable certes mais pas inutile donc à porter si la distanciation n.est pas possible.

Enfin, bien évidemment, en cas de symptômes (fièvre...) on ne va pas en forêt et on ne fait pas de sport !

Pour la randonnée ou le trail, on recommande de conserver ses distances (au moins 5 à 10 m) et de tourner tous dans le sens des aiguilles d.une montre pour éviter les croisements et autres face à face. Merci de ne pas cracher en courant !

Voilà pour les grandes lignes. N'hésitez à commenter pour nous signaler d’autres bonnes pratiques.

vendredi 8 mai 2020

Petite critique de Bleau, 120 ans d'escalade Par Oleg Sokolsky

En janvier dernier, nous avions annoncé (ici) la sortie d'un nouvel historique sur l'escalade à Bleau signé JJ Naël. Ce livre au tirage confidentiel n'en n'a pas moins fait l'objet de critiques appuyées à hauteur des propos de l'auteur qui virent parfois aux vifs reproches contre la politique de la FSGT notamment. La TL²B y est aussi cité à diverses reprises mais nous avons préféré ne pas réagir à ces morceaux choisis et vidés de leur sens car utilisés hors de leur contexte. Si vous avez pu lire ici et là sur les blogs les réactions de certains bleausards mis en cause, nous publions ici à sa demande, celles très pointues d'Oleg Sokolsky, membre du Cosiroc, ami le la forêt et chroniqueur émérite du Club Alpin Ile de France. Des observations d'un bleausard passionné et passionnant adressées à un autre bleausard passionné mais visiblement plus ennuyeux...


Je débute par un petit message personnel : « Pépito, je ne peux pas cacher que j’ai eu du mal à arriver au bout de ton bouquin et je regrette de devoir le présenter de la manière qui suit. Que veux-tu, je tiens vraiment à essayer de rester crédible (hum ?).

« Bleau 120 ans d’escalade » (proposition de sous-titre plus descriptif qu’ »une Histoire singulière: » : « Mémoires et réflexions intimes d’un bleausard » ; merci Isa)

J’avais rapidement lu le préambule d’où ma remarque précédente « sauf allergie notable et invalidante » qui montrait un début d’inquiétude. Dans cette lecture TGV de 5 petites pages, j’avais sauté la note 2, page 13, dans laquelle l’auteur évoque « une sorte de labyrinthe qui est construit à chaque pas » (NdO : pas ou page ?)

Je confirme après avoir lu le reste qui, de plus, est vraiment touffu avec ses divers sujets et objectifs très (em)mêlés alors que sa lecture est hachée -menue- par les nombreuses notes de bas de page (environ 300, soit 35 pages de texte). Dur, dur !.

Je m’avoue incapable d’en extraire quelque chose de clair. 

Bleau y est bien entendu fortement évoqué, avec quand même un grand plus pour l’histoire (extraits de textes « historiques » que les nouveaux bleausards ne connaissent peut-être pas), les circuits - surtout les faciles et les jaunes-, les bénévoles, les professionnels ( réflexions intéressantes au sujet d’une possible professionnalisation de l’entretien des circuits. -NdO : à l’unité peut être, mais pour l’ensemble … rêvons), mais aussi l’escalade, les falaises, l’alpinisme, l’ONF, etc., et surtout ce qui ressort du bouquin : les relations (à la Gainsbourg - je t’aime , moi non plus) et problèmes de l’auteur avec son ex-fédération : la FSGT.

Pour ces derniers Gilles Rotillon, grimpeur connu et cadre fédéral depuis nettement avant les débuts de l’auteur à Bleau, a rédigé une longue réponse intéressante et assez percutante qui me permet d’éviter de me prononcer sur un sujet que je ne connais pas. Consulter le site de l’ASL (grimpeasl91).



Certains points (parmi beaucoup d’autres) m’ont quand même quelque peu choqué :

- Après avoir proclamé qu’il avait coupé ses liaisons avec le Cosiroc, entre autres, l’annonce comme des certitudes des résultats de « négociations » qui n’étaient même pas terminées lors de l’impression de l’ouvrage. Sans évoquer des contacts « virtuels » mais présentés comme décisionnels avec l’ONF.

- Le nombre de petites erreurs relativement bénignes (exemple surprenant: Jacques Meynieu, dit Charly est significatif). Elles auraient été évitées s’il y avait eu quelques relecteurs bleausards compétents (y’en a t’il eu ?).

- Un reproche : ne pas avoir regroupé la bibliographie (titre, auteur, origine, année) dans quelques pages affectées. Sans oublier des citations venues de nulle part !!!.

Les longues notes de bas de page, qui en occupent parfois les 2/3, auraient mérité le même traitement (cf. texte de Rotillon).

- Et pourquoi citer l’UCPA et oublier son ancêtre l’UNCM qui a permis, à un coût vraiment raisonnable, à beaucoup d’être encadrés lors de leurs premières approches de la montagne avant de voler (heu non; grimper !) de leur propres ailes ?



Quelques réponses persos (signées Oleg, pas Furax) :

- Le rose du Diplo (p 178) : pourquoi tronquer la citation ? Et, vu la manière dont il a été réalisé, il était quand même assez dégueu comme peinture et comme enchaînement, n’est’il pas?

- Au sujet du jaune du pignon Poteau et de son « raccourcissement » (p 293). Erreur : ce n’est pas « mon » circuit ; l’auteur est Jacques Superbie qui, à partir d’une toute petite ébauche (signée A. B. de Milly), à conçu le très long jaune initial. En accord avec lui, j’ai réalisé assez rapidement quelques modifications. Puis beaucoup plus tard, j’ai éliminé la section jamais parcourue dont les passages commençaient à se botaniser sévère. J’ai aussi remodelé le reste tout en incluant certains ex-passages jaunes (intéressants selon moi …et quelques amis) dans l’orange actuel (comme à Corne-Biche). Moyennant un peu d’attention, une scie et un sécateur bien affutés l’ancien circuit est encore grimpable.

Le Bleu de Chamarande : auteur Michel Dufranc. (l’ex blanc/jaune peut être aussi ? Malheureusement désormais personne ne peut plus le lui demander).

- p 70, note 1 : Mont Blanc visible de la Tour Eiffel. Pourquoi avoir ressorti une khonnerie pareille sans vérifier ( Pythagore, géométrie et une calculette, suffisent pour confirmer l’impossibilité de la chose) ? Le Morvan enneigé, pourquoi pas ?



Pour conclure « Bleau 120 ans d’escalade » un ouvrage de poids (555 grammes) et de 334 pages (soit, en moyenne car mal répartis, environ 3 pages et 5 grammes par an) mais « labyrinthique » et parfois vraiment énervant par ses nombreux sous-entendus (exp : p 155, le militantisme mondain : qui vises-tu ? Ça risque de choquer les « mondains » qui réalisent le boulot).



Restons Bleau ; libération grimpeuse prochaine du confinement : grimper librement, en libre, dans un espace libéré ; vive la Liberté !, Proposition : grâce à Hervé et Jean deux nouveaux circuits remplacent le jaune « Bontemps » des Gorges du Houx. Au moins du positif pour plus tard, qui met à mal la note 1 (p 234) du livre évoqué plus haut.





PS méa culpa : avoir oublié de signaler que "la Montagne" et surtout les "Paris-Chamonix" -via les chroniques de votre serviteur- étaient très souvent cités.

Quel bémol! ; on vieillit.

Réouverture des forêts domaniale d'Ile-de France

C'est, vous l'imaginez bien, avec un immense plaisir que nous avons reçu hier le Communiqué de Presse de l'ONF évoquant la réouverture de nos forêts dont celles de Fontainebleau et des Trois Pignons d'ont nous sommes privés depuis la mi-mars. Nous publions l'intégralité de celui-ci qui rappelle quelques règles de bon sens. La forêt et notamment la faune a bénéficié de plusieurs semaines de calme qui lui ont été sans doute très bénéfique. Sachons apprécier ce retour à la nature en respectant d'avantage les règles de bonnes conduites dans un site naturel (pas de bruit, pas de trace, pas de feu) notamment dans cette période qui suit les naissances ! 

Faites preuve de bon sens. Évitez les sites populaires généralement sur-fréquentés mais n'allez pas non plus dans les secteurs interdits (Réserves biologiques) au prétexte de vous isoler. Enfin, soyez prudents ! Nul doute que de nombreux grimpeurs d'Ile-de-France actuellement privés de salle vont découvrir Bleau. Nous les invitons à commencer sur les circuits balisés les plus faciles (jaune, orange, bleu,...) avec des crashpads et des pareurs... Si la FFME a publié des recommandations aux grimpeurs (pdf) dont certaines prêtent à rire (lavage des mains au savon entre deux blocs) ou à grogner (magnésie), elle rappelle avec bon sens que l'utilisation du matériel doit être individuel (gourde, brosses...).

Donc pour celles et ceux qui n'iront pas travailler Lundi, on vous souhaite un bon moment en forêt.

Dans son plan de déconfinement, le gouvernement a confirmé que les forêts publiques - domaniales, régionales, départementales et communales - rouvrent lundi 11 mai (la région Île-de-France compte  217 forêts publiques).

Privé de ces espaces depuis 8 semaines, le public s’impatiente. Chacun a hâte d’y retourner pour se promener, pratiquer une activité sportive (cavaliers, coureurs, cyclistes, grimpeurs…), se détendre et flâner.

Ces plaisirs simples à apprécier seul, en famille ou entre amis (10 personnes maximun) redeviendront à nouveau possibles, en prenant garde à la faune, en conservant les gestes barrières et en respectant certaines précautions. Une bonne nouvelle qui s’accompagne de quelques mesures de précautions à connaître car la lutte contre la propagation du Covid-19 continue.

Durant la période – inédite – de confinement, le public peu nombreux dans les forêts a fait preuve d’un véritable civisme. Nous pouvons tous nous en féliciter.

Les vastes espaces naturels, les nombreux kilomètres de sentiers, de chemins et les grandes aires d’accueil offrent les conditions nécessaires au respect des mesures de distanciation physique, préconisées par les autorités de santé publique.

Je vous prie de trouver ci-joint la communication de l’Office national des forêts et vous invite à la relayer. 

Restant à votre disposition pour toutes information complémentaires.

Bien cordialement,

Guillaume LARRIERE
Service communication ONF
Responsable communication Agence Île-de-France Est 




mardi 3 mars 2020

Clean Up Days les 6, 7 et 8 mars pour nettoyer la terre

Le week-end du 7 et 8 mars 2020 sera dédié au Nettoyage de la planète dans le cadre des Défis pour la Terre. L'occasion Fontainebleau de mobiliser encore d'avantage les acteurs associatifs, scolaires mais aussi institutionnels engagés dans la charte « Propreté en forêt et lisière » autour de la deuxième opération ForêtBelle !

La force étant dans l’action collective, nous vous invitons à vous renseigner sur les actions conduite autour de chez-vous et en dehors de Pays de Fontainebleau notamment en consultant la carte mise en ligne sur le site.

https://defipourlenvironnement.org/carte/

https://defipourlenvironnement.org/carte/




mercredi 26 février 2020

[DEBAT] Augmenter la période de chasse peut-elle sauver les forêts ?

C'est un message essentiel des forestiers lors de ce salon de l'agriculture 2020 : en l’absence de grands prédateurs, la chasse est indispensable à l’équilibre et à la bonne santé des écosystèmes forestiers selon l'ONF. Un allié de poids alors que la consultation publique sur la loi chasse va se terminer dans quelques jours. En effet, après avoir récemment étendu la période de chasse au sanglier du dernier jour de février jusqu’au 31 mars, l’État s’apprête maintenant à simplifier par décret la possibilité de commencer à chasser à partir du 1er juin, au lieu du 15 août aujourd'hui. Si nous reconnaissons bien volontiers une sur-abondance de sangliers à Fontainebleau comme dans bon nombre de régions, nous sommes beaucoup plus circonspects sur les population s de cerfs et chevreuil. Sans remettre en cause l'importance d'une nécessaire régulation, nous vous invitons à vous opposer au projet de décret d'ici le 03 mars prochain ! nous pensons d'ailleurs, qu'il existe de nombreuses autres solutions pour traiter le problème.

Une fois encore, c'est très discrètement que l'Etat veut apporter de nouvelles concessions aux chasseurs. Chasser le sanglier ou le chevreuil à partir du 1er juin est déjà possible. C'est ce que l'on appelle la chasse d'été. A Fontainebleau, il y a quelques années, en plein brame, des amis photographes naturalistes avaient failli l'apprendre de manière tragique ! Mais cette chasse estivale est strictement encadrée et nécessite l’obtention d’une autorisation individuelle préfectorale de chasse anticipée. Ce garde-fou indispensable à la sécurité des promeneurs devrait disparaître avec un nouveau décret. Ce projet de décret est ouvert à la consultation publique sur le site du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire jusqu’au 3 mars 2020. La LPO et de nombreuses associations invitent tous les citoyens à y déposer un commentaire pour dire non à "la suppression de l’autorisation individuelle de chasse anticipée pour le sanglier et le chevreuil". A noter que ce décret aborde plusieurs sujets et contient d'autres mesures, dont certaines peuvent être considérées comme positives. 

Pourquoi une tel mesure ? On ne peut pas nier que les sangliers sont de plus en plus nombreux. Faute de prédateurs, ils causent de sérieux dégâts aux cultures et aux forêts. A Fontainebleau, il n'est pas rares de voir d'importantes zones profondément labourées par le groin des cochons. Présents en trop grand nombre, les ongulés (cerfs, biches...) consomment aussi une quantité importante de glands et faines mais aussi de jeunes arbres ce qui peut compromettre le renouvellement des peuplements forestiers.

Les sangliers se balade même en ville à Fontainebleau ! Et ce d'autant plus que certains prennent plaisir à les nourrir !
Les sangliers se balade même en ville à Fontainebleau ! Et ce d'autant plus que certains prennent plaisir à les nourrir !


Comme l’indique son intitulé, l’objectif de ce texte de loi est « la maîtrise des populations de grand gibier et de leurs dégâts. » Mais si les préjudices subis par les agriculteurs sont bien réelles, les chasseurs en sont très certainement à l’origine ! D'ici à dire qu'ils veulent le beurre et l'argent... Nourrissage, préservation des laies reproductrices, lâcher d’individus élevés en captivité, importation des pays de l’Est, chasse en enclos mal clôturés, hybridation avec le cochon, tout a été fait au cours des cinquante dernières années pour favoriser la prolifération de l’espèce en France. Il est donc légitime que ce soient les fédérations de chasse qui d'indemnisent les  agriculteurs pour les dégâts causés soit environs 30 millions d’euros par an. 

Pour autant, la solution n’est certainement pas de démarrer la période de chasse pendant l’été. Outre le fait que cela engendrera de sérieuses perturbation pour l’ensemble des espèces animales souvent en pleine période de reproduction ou de naissance, cette mesure met en danger des millions de français à une période de l'année où se pratiquent massivement les sports et loisirs de pleine nature ! Déjà, dix personnes sont mortes cette saison à cause des chasseurs contre 7 la saison précédente. Et c'est sans compter les accidents non mortels ou impliquant des animaux. 

Nous pensons donc qu'avant de penser à étendre la période de chasse, il serait bon de durcir la réglementation sur les chasses privées et autres élevages et notamment interdiction totale de l’agrainage, de l'élevage ou importation de sangliers dans un but cynégétique, sanctionner les propriétaires d'enclos de chasse non hermétiques



Du côté des forêts, d'après les chiffres avancés par l'ONF, plus d'un tiers des forêts domaniales sont en situation de déséquilibre forêt-gibier, à cause d'une surpopulation d'ongulés. "Cette surabondance nuit à l'équilibre des forêts. La chasse est nécessaire", a expliqué Dominique, technicien forestier territorial à l'Office national des forêts dans les Vosges, aux visiteurs sur le salon. "Il ne servira à rien de renouveler les peuplements et de planter sans maîtriser les grands ongulés, qui se nourrissent massivement des jeunes pousses", a aussi rappelé Patrick Falcone, adjoint au directeur général de l'ONF, sur le stand du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation lors du SIA2020. 

En effet, selon le bilan patrimonial réalisé en 2015 par l’ONF, plus d’1/3 des surfaces des forêts domaniales, appartenant à l’Etat, sont en situation de déséquilibre forêt-gibier à cause d’une surpopulation d’ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers).  "En 2019, la situation ne s’est pas améliorée, même si elle varie selon les territoires", explique Renaud Klein, expert national pêche et équilibre forêt-gibier à l’Office national des forêts (ONF). Les régions Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté demeurent très concernées, mais le grand gibier n’épargne pas les forêts d’Auvergne, de Lozère, du Limousin, du sud-Ouest et bien d’autres encore, comme le montre cette carte. 

La présence du gibier en France a fortement changé. Le cerf occupe désormais plus de 49% des surfaces boisées contre 25% en 1985, selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). "Quant au sanglier, il ne causait pas de problèmes en petite densité, mais sa population a été multipliée par six en trente ans", complète Renaud Klein. L’évolution du tableau de chasse national des principales espèces concernées de 1976 à 2016 traduit selon l'ONF l’augmentation exponentielle de ces populations. Nous pensons que cela peut aussi être le reflet d'une sur-chasse !

En effet, si nous sommes bien d'accord sur le constat en ce qui concerne les sangliers. En revanche, pour les cervidés, en Forêt de Fontainebleau, la surpopulation indiquée pour justifier les chasse n'est pas l'avis des photographes naturalistes qui chaque année suivent les hardes de cerfs au brame comme nous l'avons déjà écrit. Avec les associations de lutte contre la chasse à courre (AVA Fontainebleau et CAV) nous avons lancé auprès de ces photographe une consultation indépendante sur leurs observations. N'hésitez pas à nous contacter si vous souhaiter y répondre.

Écorçage d'un pin, Chanfroy, Trois Pis
Écorçage d'un pin, Chanfroy, Trois Pis
Tous les ans, la gestion liée à la surabondance des grands animaux en forêt coûte environ 15 millions d’euros supplémentaires à l’ONF, principalement en coûts de plantations pour combler les vides et en opérations de protection des semis et des jeunes plants. Les principaux dégâts forestiers causés par le grand gibier sont l’affouillement par les sangliers (retournement du sol), l’abroutissement (consommation des bourgeons et jeunes pousses) par les cerfs et chevreuils et l’écorçage des troncs par frottis des bois ou par consommation d'écorce (quand il y a sureffectif et peu de nourriture). L’équilibre sylvo-cynégétique est un impératif confié à l’ONF par la loi au terme de l’article L.121-1 du code forestier, "l’Etat veille (…) à la régénération des peuplements forestiers dans des conditions satisfaisantes d’équilibre sylvo-cynégétique" et de l’article L.425-4 du code de l’environnement.

Pour faire face, l'ONF dispose de nombreux moyens. L’Office national des forêts, qui loue aux chasseurs près de 3.300 baux de chasse, a renforcé en 2016, les objectifs à atteindre en matière d’équilibre forêt-gibier. Tous les trois ans, l’ONF évalue désormais ces résultats et attribue en fonction un bonus (remise sur le loyer…), un malus (pénalité financière…) ou des sanctions plus graves (résiliation du contrat de location…). Il met aussi en place des enclos/exclos pour suivre l’impact du grand gibier sur les régénérations. Il s’agit d’exclure les ongulés d’une zone donnée, et de comparer, au cours du temps, l’état du milieu sans ongulés (l’enclos) à celui du milieu environnant où circulent librement la faune sauvage (l’exclos). Ces trois dernières années, les équipes de l’agence ONF de Sarrebourg ont planté, pour faire face au changement climatique, près de 100 hectares de chênes qu’il a fallu entièrement grillager, sous peine de tout perdre. Entre Alsace et Lorraine, l’agence de Sarrebourg gère près de 50.000 hectares de forêts domaniales. "60% sont touchées par le déséquilibre forêt-gibier", estime Jonathan Fischbach, responsable chasse et pêche sur ce territoire. A Fontainebleau, les zones grillagées ne cessent de se multiplier depuis 30 ans. L'arrêt des coupes rases de régénération devrait enfin mettre un frein à la prolifération de ces clôtures... Enfin, c'est notre souhait le plus cher !

Photo Communication ONF


jeudi 6 février 2020

[BLEAU] La nouvelle Commission Escalade Bellifontaine est lancée depuis le 05 février 2020

Hier, se tenait la première réunion de la « nouvelle » Commission Escalade Bellifontaine (CEB) co-présidée par l’ONF et le COSIROC suite à la signature de la Convention dont nous avons déjà largement parlé. Nous écrivons « nouvelle » car cette commission est en fait une renaissance après plus de 3 longues années de vacances. L’occasion pour l’Office National des Forêt de présenter le périmètre couvert par cette convention et les enjeux liés au développement de la pratique de l’escalade en forêt devant la trentaine de représentants des associations (AFF, CAF, Cosiroc, FFCAM, FSGT, GUMS, Respect Bleau…), Office de tourisme de Fontainebleau, représentants du sport et de l’enseignement et, bien entendu, grimpeurs – ouvreurs indépendants. Premier doute levé, le périmètre de la convention et de la CEB se limite à la gestion des sites autorisés au balisage des circuits d’escalade en forêt domaniale de Fontainebleau (inclus Trois Pignons, Commanderie, Nemours). Les autres sites franciliens seront traités directement par la Commission des circuits du Cosiroc.

La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard
La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard
Photo : François Lesin


L’ONF nous a rappelé qu’il doit faire face, en tant que gestionnaire, au formidable développement des pratiques sportives « outdoor » qui conduisent à une très forte fréquentation des forêts périurbaines par un public pas toujours au fait des risques et usages en milieu naturel. Si les forêts domaniales sont ouvertes au public, elles le sont sous conditions et le niveau d’exigence du gestionnaire est d’autant plus important que la domaniale de Fontainebleau fait l’objet de très nombreuses mesures de protection. L’ONF Fontainebleau a donc mis en place des conventions avec les usagers à commencer par les randonneurs, les vététistes et les grimpeurs et souhaite poursuivre la réflexion avec les cavaliers. De son côté, le Cosiroc a rappelé l’exceptionnelle autogestion du parc de circuits d’escalade par les bénévoles depuis les années 70 et notamment les travaux entrepris pourla diminution de la taille du balisage, son harmonisation et sa qualité qui ont donné naissance à la publication d’un livret de recommandations régulièrement mis à jour depuis les années 80.

Le rôle de la Commission Escalade bellifontaine est de coordonner les travaux de balisage et d’entretien des circuits dans les zones d’escalade équipées et validées par le gestionnaire avec 3 objectifs prioritaires pour l’ONF : assurer un équipement de qualité, éviter les conflits d’usages et répondre aux exigences de protection de l’environnement et du patrimoine. En effet, pour l’ONF, il est impératif que les infrastructures proposées dans les sites accueillant du public répondent à des exigences de qualité et de sécurité, l’accueil des touristes étant un fort enjeux économique sur le territoire. Il est donc important de veiller à ce que l’équipement des sites ne se fassent pas à l’exclusion d’autres usagers ou entraînent des conflits entre usagers. Enfin, outre les Réserves Biologiques Intégrales, le massif forestier est un territoire où les enjeux environnementaux (protection faune, flore mais aussi érosion, déchets...) et patrimoniaux (gravures rupestres, abris de carriers…) sont très importants notamment du fait des directives européennes du réseau Natura 2000, de son classement en forêt de protection mais aussi en vue de son futur classement UNESCO. 

L’escalade étant un sport en fort développement et où de nombreux pratiquants ne sont pas fédérés, la CEB aura aussi pour mission de participer à l’éducation ces individuels aux bonnes pratiques (relire notre article sur "faire ses premiers pas de grimpeur à Bleau"). Pour ce faire, le Cosiroc et l’ONF ont élaboré une cartographie détaillée des surfaces de l’ensemble secteurs où le balisage est autorisé et où les pratiquants sont incités à venir. La réunion s’est poursuivit sous forme de questions-réponses autour du fonctionnement de la CEB, les critères de validation et acceptation des autorisations de balisage, les moyens techniques (prise en charge des frais par le Cosiroc, nature des produits décapants et peintures autorisés, durabilité des balisages), le nombre de circuits et secteurs, la coordination des travaux, la gestion des ouvertures individuels non balisées…

La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard sous la présidence conjointe de l'ONF et du Cosiroc. Photo Greg Clouzeau
Le Cosiroc a déjà mis en place sur son site internet un certain nombre de pages sur le sujet (bonnes pratiques, mémento des recommandations de balisage) et vous pourrez y enregistrer vos demandes d’autorisation d’entretien de balisage, modifications de circuits ou si le besoin s’en fait sentir, ouverture de nouveau secteur étant entendu que si l’ONF n’est pas fermé sur le sujet, il attend des grimpeurs et du Cosiroc une gestion « raisonnable » du développement des circuits. Le balisage en forêt est une activité réglementée et soumise à l’autorisation de l’ONF. La plateforme du Cosiroc aura pour but de coordonner les travaux d’entretien et d’ informer les techniciens forestiers de chaque secteur tout en protégeant les baliseurs des éventuels tracas administratifs.

Retrouvez les zones autorisées avec le Communiqué officiel de l'ONF sur la Convention dans cet article.

vendredi 24 janvier 2020

[COM ONF] L’ONF procède à l'enlèvement des pins morts à cause de la sécheresse de 2019

Les pins morts de la Forêt de Fontainebleau en juillet 2019
Les sécheresses estivales de 2018 et 2019 ont durement touché les pins dans certaines zones du massif de Fontainebleau. Affaiblis par les températures élevées puis le manque d’eau, ces pins ont séché sur place et sont morts. En septembre dernier, pour caractériser l’ampleur du phénomène, l’ONF a lancé une prospection généralisée sur l’ensemble du massif de Fontainebleau. Différentes observations y ont été déployées par les forestiers : un survol en drone a permis de caractériser précisément les secteurs touchés, puis un examen visuel au sol est venu confirmer la mortalité des résineux (rougissement des aiguilles, trous de perforation sur l’écorce, chute brutale des aiguilles, décollement de l’écorce) et leur dangerosité. Au total, cette crise sanitaire touche une surface d’environ 40 hectares de peuplements de pins, parmi les 22 000 hectares du massif forestier.

La prise en compte de ces deux inventaires permet aujourd’hui de prioriser les interventions. Les risques sanitaires (propagation des insectes ravageurs à d’autres résineux) mais aussi sécuritaires (chutes d’arbres et de de branches) obligent l’ONF à intervenir rapidement en enlevant mécaniquement les pins les plus impactés, prioritairement sur les sites recevant du public : secteurs de Franchard Isatis, du centre pédagogique forestier à Fontainebleau et de l’hippodrome de la Solle. Les travaux débuteront à la fin du mois de janvier.

Selon leurs potentialités naturelles, ces zones pourront faire l’objet d’une recolonisation naturelle par le pin sylvestre. Ces phénomènes susceptibles de se répéter appellent aussi les forestiers à innover, à diversifier les essences, à accompagner la nature pour avoir des massifs plus résilients. A l’échelle nationale, l’ONF et l’INRA mènent actuellement des réflexions sur l’adaptation des essences d’arbres de la forêt au changement climatique.

mardi 14 janvier 2020

[BLEAU] A paraître, L'histoire de l'escalade à Bleau par Jean Jacques Naël

Si on vous dit Jean-Jacques Naels ou Pépito, vous nous répondrez très certainement Ah oui, celui qui balise les circuits d'escalade de la forêt de Fontainebleau depuis plus de 40 ans ! Voilà près de 50 ans que JJN fréquente les rochers de Fontainebleau et autres hauts lieux de l’escalade. Un demi siècle durant lequel il a été témoin et acteur de l’évolution de l’escalade à Bleau. Et le voilà auteur historien de ce qu'il qualifie la "vraie histoire de Bleau, celle qu’aucun ouvrage sur Bleau n’a encore rapportée". Sa Bleaugraphie, "contient [plus] le récit sensible d’une longue itinérance pastorale, culturelle, passionnelle et sportive en pays de Bleau qu’un véritable ouvrage historique sur l’escalade à Bleau, mais un peu tout de même, car il semble impossible de traiter de l’action des ouvreurs-équipeurs, de témoigner de son histoire sans considérer les spécificités économique, culturelles et sociologiques de notre sport à chaque époque, comme on ne peut pas parler de l’histoire de l’escalade à Bleau sans l’associer à l’histoire générale de l’escalade en France..."

Dans son billet de présentation à l'association d'escalade ASL91 Pépito nous explique que "c’est pour tenter de sauver un peu de « savoir » sur le Bleau des grimpeurs « sans histoire », un savoir lié au temps passé qu’on ne retrouvera jamais qu’avec des mots à présent, à condition de prendre le temps de l’écrire. C’est ce que j’ai fait, d’autant plus humblement que je n’avais ni prouesse, ni exploit à rapporter qui auraient marqué son époque." 

On n'en sait pas beaucoup plus pour le moment si ce n'est que l'ouvrage devrait être disponible prochainement au prix de 19 €.

Si vous voulez en savoir plus, contactez Pépito : bleaupassion@gmail.com ou via son site TopoBleau (dont la nouvelle version laisse entrevoir ce que pourrait contenir l'ouvrage...)

Première et 4e de couverture de Bleau, 120 ans d'escalade... Illustration de la première de couverture : Dessin de Noél Rotillon (1984).
Première et 4e de couverture de Bleau, 120 ans d'escalade...
Illustration de la première de couverture : Dessin de Noél Rotillon (1984).

[BLEAU] Constitution d'un Collectif des Trois Pignons.


Malgré une invitation tardive, plus de 150 personnes étaient présentes le dimanche 12 janvier 2020 au soir dans une salle un peu petite répondant ainsi à l’appel de l’Avenir du Vaudoué pour la constitution d’un Collectif des Trois Pignons. On pouvait noter la présence du maire du Vaudoué, accompagné de deux des adjoints et d'un adjoint et deux conseillers municipaux de Milly-la-Forêt. En période électorale, c'était le moins qu'ils puissent faire, non ? Dans l'assistance, on a remarqué aussi la présence de nombreux amis, riverains, randonneurs, coureurs et grimpeurs dont Christophe Laumône et Catherine Miquel, tous très attachés à cette forêt des Trois Pignons. 

Photo : Manuel DOS REIS pour l'Avenir du Vaudoué


Après un exposé par le président de l’Avenir du Vaudoué des raisons qui ont conduit à la mobilisation contre le  projet de l’ONF en Forêt des Trois Pignons, suivi d’interventions du public, il a été procédé à la constitution du Collectif des Trois Pignons avec pour objet :
“Le collectif des Trois Pignons a pour objet la préservation de l’environnement de la Forêt des Trois Pignons, de sa beauté, de ses paysages et de leur singularité. Le collectif s’efforcera de réunir toutes les réflexions, qu'elles émanent d’institutions, d’associations ou d’individus, pour contribuer au  devenir du massif des Trois Pignons, à la façon de l'entretenir de manière durable et raisonnée, et trouver les moyens nécessaires à la préservation de ce patrimoine commun d’intérêt global.”
Un noyau de trente personnes désirant s’investir fortement dans le collectif s’est dégagé et la candidature de Jacques Laskar comme coordinateur du Collectif des Trois Pignons  a été approuvée à l’unanimité des présents.

Nous leur souhaitons bon courage car la marge de manœuvre pour négocier à l'ONF est très limité, le Plan d'Aménagement étant déjà approuvé et ne pouvant être facilement révisé. En effet, rappelons que si les Trois Pignons sont ouverts au public, ils sont rattachés au domaine privé de l'Etat et placés sous gestion de l'Office National des Forêt (voir notre précédent article sur l'histoire des Trois Pignons).

Pour contacter le Collectif des Trois Pignons : contact@c3pi.fr

lundi 6 janvier 2020

[BLEAU] Forte mobilisation contre le chantier de coupe dans les Trois Pignons. Mais est-ce la solution ?

Le XXIe siècle a ceci de formidable qu'il permet de mobiliser rapidement des milliers de personnes autour d'une cause environnementale. Il suffit pour cela d'appeler, à grand renfort de vocabulaire catastrophique contre une supposée atteinte à l'environnement. C'est ce qui vient de se passer une nouvelle fois dans les Trois Pignons où le chantier de coupe annoncé en novembre est suspendu depuis ce matin avant même d'avoir débuté ! "une nouvelle fois" car ce type de polémiques est récurent à Bleau ! A la Tribune Libre de Bleau, pour une fois, on était plutôt favorable aux forestiers. Retour sur les événements de ces derniers jours...et sur cent ans d'histoire des Trois Pignons et leurs conséquences sur la forêt.

Donc, fin novembre, nous apprenons qu'une grande coupe doit avoir lieu dans les Trois Pignons par le Collectif Avenir du Vaudoué. Dans notre article nous tentons d'expliquer pourquoi cette coupe ne nous parait pas inutile et tentons d'en savoir plus auprès de l'ONF. Rapidement, l'ONF nous répond et nous indique préparer une communication du le sujet que nous avons relayé entièrement dans cet articleL'onf se veut rassurant et organise plusieurs réunions pour tenter de désamorcer le conflit avec les riverains. Le collectif n'en démord pas. Cette coupe sera un "massacre" ! Les Trois Pignons seraient même carrément "en danger" de "déforestation" comme le laisse entendre la communication autour de la pétition lancé par le collectif ! On parle de ces 120 hectares comme si on allait les raser (ce qui est loin d'être le cas). On souhaite en faire un "sanctuaire"... En quelques jours, plus de 7 000 personnes signent cette pétition souvent sans même savoir de quoi on parle. Bienvenue dans un monde où c'est le patient qui dicte au médecin son diagnostic inspiré par sa lecture du web. 

Ensuite, on fait appel à des personnalités pour lancer le débat dans le journal Libération. En résulte le texte reproduit ci-après. Il est très beau. Mais est-il en phase avec la réalité des choses. Ce n'est pas parce que l'on est écrivain, astronome ou cinéaste que l'on s'y connaît en forêt et sylviculture. Ces 120 ha des Trois Pignons ne représentent même pas 4% de la surface de ce secteur du massif forestier. Et si on les rapportent à l'ensembles des domaniales de Fontainebleau, Trois Pignons et Commanderie... Alors faut-il se mobiliser pour sauver ces quelques arbres ? Et de quels arbres parle-t-on ? Les Trois Pignons c'est une forêt plutôt jeune où très peu d'arbres dépassent les cent ans. Et pour cause, elle est couverte majoritairement de pins et bouleaux auxquels, quand le sols le permet, se mêlent des châtaigniers et des chênes rabougries. Et il y a plusieurs raisons à cela, à commencer par l'histoire récente de cette forêt.

"Il faut sauver la forêt des Trois Pignons


Un collectif citoyen, soutenu entre autres par l'écrivain Jean-Christophe Rufin et le cinéaste Lucas Belvaux, se mobilise contre cette opération de déforestation près de Fontainebleau, et interpelle le nouveau directeur-général de l'Office national des forêts.

   Ce 6 janvier, vous prendrez officiellement la direction de l’Office national des forêts. Au même moment, commencera un chantier de coupe de 120 hectares dans la forêt des Trois Pignons.
Connaissez-vous cette forêt extraordinaire ?
En réalité, peu importe. Ce qui importe c’est que chaque année des millions de personnes viennent se promener, grimper, jouer dans le sable avec leur bébé, faire du cheval, se reposer, trouver du calme, du bonheur gratuit à moins de cent kilomètres de Paris.
Ce qui importe, c’est que cette forêt est d’une beauté inouïe, parsemée de rochers, de chaos envahis de mousses et de lichen, traversée de vallées couvertes de bruyère. C’est ici que des dizaines d’enfants des écoles de la banlieue sud viennent découvrir que la vie n’est pas que béton, immeubles, voitures, bitumes, bruits et fureur.
Ce qui importe, c’est qu’on y vient de toute l’Europe pour escalader ses rochers, faisant de cette forêt une vitrine de la France.
Les Trois Pignons est un morceau de poésie pure, l’endroit ou l’imaginaire devient réalité.

Cet endroit, Monsieur le directeur-général, devrait être un sanctuaire dédié à la beauté du monde. Et cela devrait faire consensus d’autant plus facilement que sa rentabilité économique est quasi nulle.

Car ici, le sol est pauvre. Ce qui pousse est chétif, tordu, bancal. C’est justement ce qui fait sa beauté. Rien n’est droit, rien n’est plat. Les sentiers s’enroulent autour des blocs comme s’ils hésitaient sur la direction à prendre et chacun des virages révèle un nouveau rocher, une nouvelle grotte, une marre.
Si quelques arbres ont réussi malgré tout à devenir «remarquables» les couper n’en serait que plus grave.
Car ces arbres, tous, seront vendus à un prix qui couvrira à peine le prix de leur abattage. Huit euros le stère, nous dit-on.
Si on peut aisément chiffrer combien ce chantier pourrait rapporter, on peut aussi facilement évaluer la perte en regard. Elle est immense.
La valeur de cette forêt n’est pas financière, elle est poétique. Elle est sociale.

Les 3 000 signataires de la pétition mise en ligne il y a quelques jours en témoignent dans les récits qu’ils font de l’histoire qu’ils partagent avec cette forêt, certains depuis des dizaines d’années.
Pourtant, le 6 janvier, jour de votre entrée en fonction, cet endroit enchanté va devenir une «usine à bois».
Des saignées de plusieurs mètres de large seront ouvertes tous les 24 mètres pour ouvrir le passage à des engins toujours plus lourds et encombrants. Dans ces cheminements, rectilignes, plus aucun arbre ne subsistera. Des zones «mises à blanc» qui représenteront plus de 16 % de la surface totale. Plus d’arbres. De bruyère. De champignons. Plus de mousses. Plus de lichen. Dans ce véritable quadrillage, ne resteront que des ornières dans le sable, un sol tassé et des restes de branches coupées.
A ces surfaces sur lesquelles il ne restera rien, il faut rajouter les 20 à 30 % d’arbres abattus dans les parcelles.

Une année comme celle-ci où vos services ont compté entre 100 et 200 hectares d’arbres morts pour cause de sécheresse, est-il indispensable d’en rajouter ?

Comme vous le disiez lors de votre récente audition au Sénat, une nouvelle ambition pour la forêt est possible. Vous disiez aussi avoir cru comprendre que les intentions du gouvernement et du chef de l’Etat étaient de formuler, dans les mois qui viennent, une ambition pour les forêts françaises, une ambition qui ne pouvait se construire que sur les attentes des citoyens.

Dans quelques mois, il sera trop tard pour la forêt des Trois Pignons.
Monsieur le directeur-général, sous quels auspices déciderez-vous d’ouvrir votre mandat ?

Il est encore temps d’empêcher cette catastrophe. De faire de cette forêt exceptionnelle un laboratoire de ce que pourrait être la forêt de demain et des rapports plus harmonieux entre les usagers de la forêt et ceux qui la travaillent.
Soyez celui qui prend le temps de s’arrêter et qui regarde avant d’agir.
Ils sont si rares les endroits où la beauté s’incarne et vit.
Ne laissez pas disparaître celui-ci. La perte serait irrémédiable."

Jean-Christophe Rufin Ecrivain , Lucas Belvaux Cinéaste , Jacques Laskar astronome, directeur de recherche au CNRS, membre de l’Académie des Sciences


Voilà donc un texte qui s'inscrit bien dans la tradition des polémiques sur la gestion de la forêt domaniale de Fontainebleau et de son appendice, celle des Trois Pignons. Un texte qui en rappelle beaucoup d'autres écrits lorsque les associations locales s'opposèrent avec moins de succès à la création de l'A6, puis à la soit-disant privatisation des 3 Pis ou plus récemment, entre 1993 et 2009, lorsque les éco-guerriers tentaient d'obtenir un classement en Parc National pour cette forêt !


La semaine dernière, lors de la première réunion avec l'ONF, plus de 140 personnes étaient présentes. Trois représentants de l'ONF, dont Pierre-Edouard Guillain, le directeur de l'agence de Fontainebleau en charge de la Forêt des Trois Pignons, avaient fait le déplacement mais aussi, Michel Tanant, directeur de publication de la CGT Forêt et secrétaire du collectif SOS Forêt Ile-de-France. Les débats ont été vifs, parfois houleux, mais toujours intéressants. Les représentants de l'ONF ont pu évaluer l'unanimité de la désapprobation du chantier actuel, et le regret du manque de communication qui a pu avoir lieu avec les communes riveraines.  Après près de 3 heures de débat, P.-E. Guillain a  reconnu qu'il était décisionnaire sur ce chantier, et qu'il avait la possibilité de l’arrêter. Il  a laissé entendre que si les municipalités du Vaudoué et de Noisy-sur-Ecole en faisait la demande explicite, en s'engageant à la concertation sur l'exploitation  de la forêt, avec les autres partenaires alors il pourrait arrêter  le chantier. La lettre de la Mairie du Vaudoué, et celle de l'Avenir du Vaudoué  ont été envoyées le samedi 4 janvier au matin. Les Noiséens (Noisy-sur-Ecole) présents à la réunion de vendredi se sont organisés pour rédiger un texte à soumettre au maire pour qu'il envoie lui aussi une lettre à l'ONF. Dimanche, plus de 110 personnes se sont rassembler à Noisy pour faire un point sur les actions en cours, et une distribution de tract sur le parking, avant de parcourir une partie des parcelles visées pour faire un inventaire documenté. Pour certains, c'était la première fois qu'ils découvraient l'ampleur de ce chantier absurde. 
Source photographique : Avenir du Vaudoué


Ce matin, le Collectif nous annonçait que PE Guillain avait suspendu le chantier et que les bénévoles qui s'étaient mobilisés dès 8 heures sur le site pouvaient rentrer chez eux sans crainte...

Source photographique : Avenir du Vaudoué


Que faut-il penser de ce nouvel épisode pour la Sauvegarde des Trois Pignons ?


A la TL2B, une fois n'est pas coutume, on va se faire l'avocat du diable et apporter notre soutien à l'ONF et aux bûcherons ! Quitte à prendre une volée de bois vert de la part de nos lecteurs... Retarder une nouvelle fois ces coupes, c'est reculer pour mieux sauter !

En effet, rappelons que cette forêt n'a rien de naturelle. Il y a 100 ans, les deux-tiers des 3 Pis n'étaient que des déserts couverts de bouleaux et pins épars et landes et de chaos rocheux couverts de callune. Dans certains secteurs, la mousse tapissait le sol sous le couvert de ces quelques arbres. Les cartes postales de l'époque en témoignent. Vous montiez sur un des pignons et vous aviez une vue imprenable sur les sables et les chaos rocheux ! Rien à voir avec le tapis vert d’aujourd’hui provoqué par un enrésinement massif de notre forêt qu'il était de bon ton de critiquer dès 1830 et jusqu'en 1990 ! Rappelons aussi que les 2/3 des Trois Pignons, à la sortie de la seconde guerre mondiale, il y a 75 ans avaient entièrement brûlés. Entièrement rasés ! Et ceux d'entre nous qui venaient grimper ici dans les années 60-70 peuvent vous dire combien les rochers séchaient  vite parce qu'il n'y avait pas un arbre ! Les temps changent et on s’habitue à la nouvelle physionomie des paysages. Ici et là, l'ONF est intervenu pour dégager quelques points de vue que la végétation avait gâché... Mais depuis quelques années, il est de bon ton de s'opposer à toutes les coupes demandées par l'Office.  

Grands Sablons ou Bois Rond ? En tous cas, difficile de voir ce type de paysage aujourd'hui en dehors de la zone
incendiée il y a quelques années au Rocher Cailleau / JA Martin par exemple


Comment en est-on arrivé là ?


Entre 1952 et 1956, de nombreux groupes ont tenté de s'opposer au projet d'autoroute en proposant un tracé qui évitait les Trois Pignons pour traverser l'immense plateau de la Beauce. Sans succès, hélas. Les Trois Pis sont alors un ensemble de propriétés privées que se partagent quelques 2 000 personnes. Cette nouvelle proximité de l'autoroute augmente considérablement la valeur immobilière des terrains et attise bien des convoitises. Commence alors le mitage progressif des lisières de la forêt notamment autour de Noisy-sur-Ecole et du Vaudoué ! Plusieurs associations se réunissent pour créer, en 1962, un Comité de liaison (le Cosiroc) ; il était alors indispensable de rassembler toutes les énergies afin d'aboutir à la reconnaissance d'utilité publique de ce domaine exceptionnel où, à côté d'activités militaires et scientifiques, une intense activité de loisir sportif s'était développée. 

Dans son guide, dès 1935, Loiseau nous apprend quel devait être l'avenir des Trois Pignons : un champs de manœuvres ! " A la libération, les américains transformèrent le massif en parc à munition et matériel, installant des écoles de tirs à Franchard et ailleurs, funestes obligations de la guerre ! Mais le coup le plus dur porté à l'idée même de la constitution d'un Parc National le fut par l'Etat. L'armée française exigeait la cession d'un terrain de 160 ha dépendant de la Forêt de Fontainebleau au sud d'Avon et de part et d'autre de la Route de Moret et appartenant en grande partie à la série artistique. A cette exigence, le Ministère de la Guerre, ajoutait la transformation des presque 4 000 ha des Trois Pignons en champ de manœuvres ! L'idée était d'y installer l'Ecole toutes armes de St Cyr. L'Armée possédait déjà l'ancienne propriété Vollard."

En effet, en 1952, les 747 ha de la propriété Vollard sont achetés par l’Etat qui y créé le terrain militaire du Bois Rond ! Une convention est tout de même signée avec l’Administration des Eaux et Forêts pour ouvrir le domaine au public les jours où il n’y a pas de manœuvres… Une situation totalement intolérable pour les usagers et riverains au premier desquels se trouvent randonneurs et grimpeurs.

Peu après la construction du monument... un paysage impossible à photographier aujourd'hui


A grand renfort de pétitions, signées par près de 500 000 personnes, l'Etat renonce à faire des Trois Pignons, un vaste terrain militaire pour les Saint-Cyriens mais le conservera pour y faire de nombreuses manœuvres. Quelques années plus tard, l’Etat s’empare du Coquibus mais cette fois, c'est bien pour sa préservation. En juillet 1964, Paul Delouvrier constitue un groupe de travail sur les Espaces Verts et les Sites Touristiques qui sera présidé par Henri de Ségogne et qui comptera parmi ses membres un autre alpiniste célèbre : Lucien Devies. Ils proposent l’acquisition par l’Etat de la totalité du massif des Trois Pignons. Une mesure également inscrite dans le plan d'aménagement du district de Paris qui prévoit de rendre à l'ONF la gestion des Trois Pignons, terrains militaires inclus.

Pour exproprier les 2 000 propriétaires des Trois Pis, l'Etat doit recourir à une enquête d'utilité publique qui est lancée durant l’année 1966. Elle va bien entendu engendrer de très nombreux débats… La commission d’enquête rendra son rapport le 12 février 1966 assorti de plusieurs recommandations dont la plus importante est la suivante : « la commission croit devoir recommander instamment l’éviction des militaires le plus rapidement possible. » Suivant l’avis du rapport, le Ministre de l’Agriculture, Edgar Faure signe la DUP le 22 septembre 1967 pour permettre l’acquisition de 2 400 ha dans les cinq ans qui suivent. Les oppositions sont nombreuses, notamment chez les propriétaires (un vieux réflexe français) et, en mars 1968, Minute publie un brulôt sous le titre « Trois Pignons et 1 500 pigeons » qualifiant l'opération de préalable à la création d’un vaste « Luna Park » !

Au fil de l'eau, les plus grandes propriétés privées sont acquises par l'Etat mais il reste l'épineux problème des terrains militaires dont celui du Bois Rond qui ne peut être totalement ouvert au public contrairement à ce que prévoit la Déclaration d'Utilité Publique (DUP). Le Ministère de l'Agriculture tente de trouver un terrain à échanger et dévoile en 1972 une possibilité à Nanteau ce qui ne manque pas de provoquer dans ce tranquille coin de Seine-et-Marne une nouvelle levée de boucliers...

Pendant ce temps, deux gros propriétaires, messieurs Michelin et Veyret, ont posé une requête d'annulation de la DUP pour "excès de pouvoir". En 1969, le tribunal la déclare irrecevable mais Monsieur Michelin, loin de se décourager, porte l'affaire devant le Conseil d'Etat qui se prononce le 6 juillet 1973. La conclusion de la Haute Assemblée est la suivante : "...considérant que, tant en raison de son importance que de sa place dans le massif des Trois Pignons, l'exclusion du Domaine du Bois Rond de l'ensemble des terrains destinés à être ouverts au public ôte à l'opération son caractère d'utilité publique (...) annule l'Arrêté du Ministre de l'Agriculture du 22 septembre 1967 déclarant d'utilité publique l'acquisition par l'Etat du Massif des Trois Pignons".

Les bouleaux, espèce pionnière, grignotent petit à petit la pelouse protégée de Chanfroy
Nous voilà donc revenu à la case départ sauf que 1 310 ha ont déjà été acquis, disséminés au travers du site. Les acquisitions ne peuvent plus se poursuivre qu'à l'amiable sans aucune garantie d'aboutir. Le ton monte entre le Ministère de l'Agriculture alors tenu par Jacques Chirac et celui des Armées de Robert Galley, propriétaire du terrain militaire. Monsieur Chirac écrit à son collègue : (...) " Je suis amené à vous demander de bien vouloir consigner un nouvel arrêté déclarant d'utilité publique l'acquisition par l'Etat du Massif des Trois Pignons (...) et de retenir favorablement le principe de changement d'affectation du Domaine du Bois Rond". Cette affaire d'Etat nécessitera un arbitrage du Premier Ministre qui fait signer au deux protagonistes le nouvel arrêté le 10 mai 1974, préalable à la reprise des achats. Les propriétaires cèdent progressivement mais en 1979, les deux ministères n'ont toujours pas réussi à trouver une solution d'échange de terrains. L'arrêté est donc reconduit jusqu'en 1984. En 1979, un protocole est quand même signé entre les militaires et les forestiers qui prévoie des restrictions aux manœuvres des premiers "ne faisant appel ni à des engins chenillés, ni à des tirs de munitions réelles"... Enfin ! De plus, "l'espace en question sera ouvert au public et l'entrée sera gratuite..." Le terrain sera tout de même fermé une vingtaine de jours par an. Cette même année, l'une des dernières grandes propriétés, celle des Cordier (140 ha) est acquise. 

Au fil des ans, notamment sous la pression des AFF et du COSIROC, l'ONF obtiendra d'avantage de restrictions d'usages des terrains militaires sur son domaine. Les champs de tirs seront fermés et les terrains des Trois Pignons verront leur surface se réduire progressivement. On trouve toujours de nombreux déchets militaires (balles à blancs, grenades à plâtre, boîtes de ration...) ainsi que des trous de combats dans les pentes du 95,2 ou aux abords de la Canche aux Merciers mais, pour l'essentiel, le massif est désormais préservé. D'autant plus que dès 1979, les allées forestières sont fermées à la circulation automobile.

Pendant toutes ces années, il n'y eut que très peu de coupes dans les Trois Pignons. Progressivement, suite à la fermeture des routes forestières à la circulation automobile, la nature a pensé ses plaies. D'abord timidement en couvrant les sables de plantes colonisatrices comme la callune et le bouleau, puis massivement avec les pins. En moins de 50 ans, les 2/3 des déserts ont été recouverts. 

Sans intervention de l'ONF sur les platières du Larris qui Parle, de la Touche aux Mulets ou du Coquibus, il n'y aurait plus ici que des pinèdes... Petit à petit, la mer de sable du Cul de chien rétrécit encerclée de bouleaux et de pins. Idem pour la cuvette de la Vallée Close ou la réserve biologique de Chanfroy et la Plaine des Fusillés. Bref, à trop vouloir empêcher les forestiers de faire leur travail qui s'inscrit sur des générations pour préserver le confort de son petit paysage, la forêt recouvre les paysages rocheux des Trois Pignons. C'est peut être une bonne chose que cette évolution presque naturelle mais en est-on certain ? Des dizaines d'espèces végétales et animales ont déjà disparus de ce secteur. C'est le cas de celles qui ont besoin de milieux ouverts et sableux.  Citons l'emblématique Engoulevent d'Europe, les pouillots, les bouvreuils, la mésange boréale, l'alouette Lulu mais aussi la bostryche lunaire, la spiranthe d'automne, de nombreuses orchidées, la sabline à grandes fleures, des dizaines de papillons, criquets...

Les rares anémones pulsatilles sont encore visibles dans certains secteurs des Trois Pignons
Mais pour combien d'années encore ?


A la TL²B on s'est d'abord étonné des réactions presque épidermiques à l'annonce de ce chantier qui pourtant n'est pas très différent de celui conduit à quelques centaines de mètres de là en février 2018 et dont, aujourd'hui, il ne reste plus beaucoup de traces y compris dans les mémoires et notre appréciation du paysage. En dehors de quelques ornières et tas de branches, rien ne choque quand on visite les parcelles de la Roche aux Sabots, du parking de Noisy de la Roche aux Oiseaux et du Mont Pivot... Sans doute est-ce un problème de communication de la part de l'ONF ou les conséquences des coupes rases conduites dans la domaniale pour dégager les chaos rocheux. et puis, il y a les municipales... Bon en attendant la suite, on espère que certains reviendront à la raison pour éviter une mise sous cloche de cet espace de loisirs car vraiment, on ne souhaite pas que cette forêt deviennent un sanctuaire. Un sanctuaire, en forêt, c'est une Réserve Biologique et dans bien des cas cela se traduit par une exclusion des activités sportives. Fini le trail des 25 bosses. Terminé l'escalade au cœur des chaos rocheux... Il n'y a qu'à faire un toujours sur la Plaine de Chanfroy et de regarder l'espace des mares coincé par le grillage pour voir les bouleaux envahir ce qui était autrefois un des espaces les plus riches des Trois Pignons en terme de biodiversité...

Heureusement, nos amis de l'Avenir du Vaudoué nous écrivent pour nous rappeler qu'ils ne sont pas opposés à cette coupe mais aux méthodes employées pour les réaliser et notamment le maillage de débardage tous les 24 mètres... C'est certain, on peut sans aucun doute élargir à 50 m et plus...
2018, A quelques mètres du parking de Noisy sur Ecole...

Ces ornières de 2018 ont presque disparu... Roche aux Oiseaux
 
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