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vendredi 16 octobre 2020

[JURIDIQUE] L'avenir des sports et loisirs de nature s'éclaircie

Depuis quelques années, les parapluies administratifs s'ouvraient de toutes parts pour protéger les propriétaires et gestionnaires de sites naturels à la suite de divers procès dont celui qui avait conduit la Fédération Française de Montagne et d'Escalade (FFME) à se désengager massivement de sites naturels. Au-delà des polémiques qui ont accompagné le déconventionnement des falaises par la FFME notamment cet été,  le combat mené pour modifier la Loi semble porter ses fruits puisque les députés ont adopté dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique, un amendement (n° 1120) visant à insérer dans le code du sport un article exonérant partiellement les propriétaires et gestionnaires de leur responsabilité.

Une nouvelle fois, on va vous infliger une bonne dose de laïus juridique mais à l'heure où d'autres s'improvisent épidémiologistes du dimanche, autant vous exposer l'analyse d'un authentique professionnel spécialisé en droit du sport, l'avocat Franck Lagarde.

"La notion juridique d'acceptation des risques pourrait bien prochainement faire son retour dans le domaine des sports de nature. 

Les députés viennent d’adopter, dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique, un amendement (n° 1120) visant à insérer dans le code du sport un article L. 311-1-1 ainsi rédigé : 
« Le gardien de l’espace naturel dans lequel s’exerce un sport de nature n’est pas responsable des dommages causés à un pratiquant sur le fondement de l’article 1242 du code civil, lorsque ceux-ci résultent de la réalisation d’un risque normal et raisonnablement prévisible, inhérent à la pratique sportive considérée » (art. 37 ter du projet de loi). 

Pour rappel, l’article 1242 alinéa 1er du code civil (ancien art. 1384 al. 1er) énonce que l’on est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. La jurisprudence a toujours considéré, sur le fondement de ce texte, que pèse sur le gardien d’une chose (mobilière ou immobilière), c’est-à-dire sur la personne qui dispose de l’usage, de la direction et du contrôle de celle-ci, une responsabilité de plein droit (sans faute). 

Si, dans le sport, la théorie de l’acceptation des risques a pu atténuer par le passé la rigueur de ce régime de responsabilité civile extracontractuelle, telle n’est plus le cas aujourd’hui et ce depuis un arrêt de la Cour de cassation du 4 novembre 2010 qui a posé en principe que le gardien de la chose ne saurait, pour s’exonérer de sa responsabilité, opposer à la victime son acceptation des risques (Cass. 2e civ., 4 nov. 2010, n° 09-65.947). 

Le législateur est certes déjà intervenu pour tempérer cette jurisprudence, mais le texte adopté en 2012, et transposé à l’article L. 321-3-1 du code du sport, a une portée très limitée puisque l’exonération de responsabilité qu’il prévoit ne concerne que les dommages matériels causés par le pratiquant gardien de la chose à un autre pratiquant. 
Demeure donc entière la question de l’indemnisation des dommages corporels survenant notamment (mais pas seulement) à l’occasion de la pratique d’un sport de nature et trouvant leur origine dans le site de pratique lui-même (une chute de pierres par exemple). Or, il s’agit là d’une question importante puisqu’une application stricte du droit de la responsabilité civile, et en particulier du régime de la responsabilité du fait des choses, peut amener les propriétaires et gestionnaires d’espaces naturels à adopter un comportement protectionniste quant à l’ouverture de ces espaces au public, comportement susceptible par conséquent d’entraver le développement des sports de nature. 

La Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), en première ligne sur ce sujet depuis sa lourde condamnation dans l’affaire de l’accident de Vingrau, œuvre depuis plusieurs années en coulisses pour une évolution législative. Après plusieurs tentatives avortées, celle-ci est sur le point d’aboutir avec l’amendement voté par l’Assemblée nationale le 2 octobre 2020. 

Si ce texte vient à être définitivement adopté à l’issue du processus législatif, il permettra d’atténuer l’application du régime de la responsabilité civile du fait des choses. Les propriétaires et gestionnaires de sites naturels pourront en effet, en cas de contentieux, se soustraire à leur responsabilité de plein droit en opposant à la victime son acception des risques normaux et prévisibles inhérents à l’activité sportive en cause. Pour les auteurs de l’amendement, le dispositif vise ainsi « à responsabiliser les usagers qui auraient des pratiques dangereuses ou qui exerceraient leur sport dans des espaces naturels non aménagés, tout en conservant le droit des victimes à obtenir réparation dans certaines situations. Par ailleurs, l’appréciation de la normalité et de la prévisibilité du risque permettra de tenir compte du comportement du pratiquant mais également de l’aménagement ou non du site ou des installations et signalétiques mis en place ». 

Le projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique doit encore être débattu en commission mixte paritaire (le texte fait l’objet d’une procédure accélérée). Il n’est donc pas impossible, étant donné la composition de cette commission (7 sénateurs et 7 députés), que la rédaction du texte puisse encore évoluer. Il faut rappeler en effet qu’en première lecture devant le Sénat, les sénateurs avaient adopté un amendement (proposé par Michel Savin) qui prévoyait un régime d’exonération totale de la responsabilité civile sans faute des propriétaires et gestionnaires de sites naturels, sur le modèle du dispositif déjà applicable aux propriétaires riverains de cours d’eau privés (C. env., art. L. 214-12). Les membres de la commission mixte paritaire devront donc trouver un texte de compromis. 

Quoi qu’il en soit, même si le texte final se contente de réactiver la notion d’acceptation des risques comme cause exonératoire de responsabilité pour les propriétaires et gestionnaires d’espaces naturels dans lesquels s’exercent des sports de nature, son adoption n’en constituera pas moins une avancée notable. Il viendra utilement compléter le cadre législatif applicable aux sports de nature tel qu’il résulte des articles L. 311-1 et suivants du code du sport, lequel n’a guère évolué depuis la loi Buffet du 6 juillet 2000. 

Franck Lagarde, Avocat, membre du CDES"




Reste que si le texte est adopté tel que, les juges auront à se prononcer (et plusieurs affaires sont en attente de jugement) sur ce qui est un risque NORMAL et PREVISIBLE dans chaque sport de nature. 
Est-ce normal et prévisible de prendre une pierre sur la tête dans un secteur école d'une falaise lourdement aménagée pour la pratique de l'escalade ? 
Est-ce normal de prendre un arbre sur la tête sur le parking d'une forêt domaniale un jour où le vent est nul ?
Est-ce normal de tomber dans un trou au milieu d'un sentier balisé pour vététistes ou randonneurs ?

Bref, l'histoire n'est pas fini, et il y un risque, pour les grimpeurs, de voir la FFME recommander le classement en Terrains d'aventure non entretenus bon nombre de falaises, les risques normaux et prévisibles y étant plus nombreux comme c'est le cas en montagne où les chutes de pierres sont un risque "acceptable" et "objectif".

Mise à jour de la FSGT

Réaction de la Commission fédérale des activités de Montagne et d'Escalade (CFME) suite à l'adoption par l'assemblée national de l'amendement 1120 du projet de loi "Accélération et simplification de l'action publique" # 5 octobre 2020

Le vendredi 2 octobre 2020, l'assemblé nationale a adopté l'amendement 1120 lors de la discussion sur l'article 37 ter du projet de loi "Accélération et simplification de l'action publique" l'amendement 1120 suivant :

I. – Après l’article L. 311‑1 du code du sport, il est inséré un article L. 311‑1‑1 ainsi rédigé :  « Art. L. 311‑1‑1. – Le gardien de l’espace naturel dans lequel s’exerce un sport de nature n’est pas responsable des dommages causés à un pratiquant sur le fondement de l’article 1242 du code civil, lorsque ceux-ci résultent de la réalisation d’un risque normal et raisonnablement prévisible, inhérent à la pratique sportive considérée. » II. - Au début de l’article L. 365‑1 du code de l’environnement sont ajoutés les mots : « Sans préjudice de l’article L. 311‑1‑1 du code du sport, ». 

Acceptation d'un risque normal...

Si ce nouvel amendement apporte une avancée, l'acceptation d'un risque normal par le pratiquant dans le cadre d’un sport de nature, (car il n’y a pas que l’escalade qui soit concernée), elle laisse aux juges le soin d'apprécier ce qu'est un risque normal ou anormal. On peut facilement imaginer que la chute d'un caillou puisse être considérée comme risque normal (et l'effondrement de tout un pan de falaise risque anormal par exemple).

Cet amendement est une avancée notoire vers une sortie du contexte nouveau qui avait été créé par la décision de la FFME de déconventionner les falaises qu’elle conventionnait. Dans la mesure où le propriétaire d’un site naturel n’engage plus sa responsabilité sans faute du fait des choses qu’il a sous sa garde, pour un risque normal inhérent à la pratique, on peut penser qu’il ne s’opposera pas à l’accès à son terrain.

... ou anormal

Toutefois, tout n’est pas réglé et beaucoup va dépendre de la jurisprudence qui sera liée à la lecture de cet amendement par les juges en cas d’accident. C’est en effet le juge qui devra décider de ce qui est « normal » ou « anormal » dans le cadre de la pratique. Et cette qualification dépendra aussi du terrain où s’est produit l’accident. On peut penser que le terrain d’aventure (même si ce qualificatif n’a pas de définition clairement acceptée par tous) autorise un risque « normal » plus élevé qu’un site sportif. Et une interprétation stricte de ce qu’est un site sportif (pour lequel il existe des normes FFME qui se sont progressivement constituées de manière de plus en plus précises et contraignantes) pourrait considérer qu’une chute de pierre dans un tel site est « anormale ». Dans ce cas c’est la responsabilité de l’équipeur ou de l’association dont il est membre qui serait engagée.

Mais même avec une lecture la plus favorable possible de cet amendement, un accident poserait alors la question de ce que couvre l’assurance personnelle de la victime. Certaines conséquences pouvant être très coûteuses en frais médicaux, les assurances liées à une licence pourraient aussi devoir être réévaluées par les sociétés d’assurance. Quant aux grimpeurs qui sont hors clubs, ils auraient tout intérêt à vérifier le contenu de leurs polices. Il n’est pas malsain que ce nouveau contexte pose la question de la participation financière des grimpeurs à leur pratique. En France, cette activité s’est développée par un accès libre et gratuit aux sites naturels, grâce à l’activité des équipeurs et des associations qui les ont équipés, créant ainsi un véritable bien public dont la plupart des bénéficiaires ne contribuaient pas à son existence. Il serait dommage que la poursuite de l’escalade sur sites naturels profite surtout financièrement aux compagnies d’assurance via les assurances individuelles. Il serait au contraire de l’intérêt des grimpeurs d’adhérer à des associations qui souscriraient des assurances meilleures, (à la fois en coût et en couverture), en représentant la grande majorité des grimpeurs.

Les associations ont aussi une nouvelle responsabilité

Les associations ont aussi une nouvelle responsabilité, qu’elles soient composées de bénévoles ou de professionnels, c’est de contribuer à définir ce qui est « normal » ou « anormal » afin d’éclairer les juges sur la réalité de leurs pratiques. Le temps ou l’escalade était une activité quasi invisible socialement est définitivement clos. Elle s’est largement développée, en particulier dans le cadre scolaire, et si elle a de multiples formes, de la salle fermée au terrain d’aventure en passant par les blocs et les sites sportifs, (eux-mêmes pouvant être constitués de voies d’une longueur ou davantage), du loisir occasionnel à la compétition aux JO, elle est et sera de moins en moins assimilée par le public à l’alpinisme et à son image souvent dramatique pour le grand public. Ce faisant, les risques qui subsistent à sa pratique, qu’il ne peut être question de nier, doivent être objectivés pour permettre une juste appréciation de ce qui est normal ou pas quand on en fait. La jurisprudence qui se dégagera de l’application de cet amendement dépendra aussi de la capacité du milieu des grimpeurs, et en premier lieu des associations qui les fédèrent, d’en donner une perception la plus juste possible en direction des non pratiquants. Cela rendrait notamment souhaitable l’existence d’un organisme chargé de collecter et de traiter les statistiques concernant les accidents en escalade sous ses diverses formes.

Si la route s’est un peu éclaircie pour nous permettre de continuer à grimper, il reste encore du travail pour que le « normal » soit la règle et « l’anormal » l’exception.

Le 05 octobre 2020

# La Commission Fédérale des activités de Montagne et d'Escalade (CFME)

Contact : escalade@fsgt.org


lundi 28 septembre 2020

Ce week end c'est la 1ère édition du Festival des Forêts en Ile-de-France

Festival des Forêts en Ile de France 2020
Festival des Forêts en Ile de France 2020

Partenaire du Festival des forêts organisé par Fibois Ile de France (ex Francilbois, groupement interprofessionnel de la filière forêt-bois en Île-de-France), l’ONF vous donne rendez-vous le 2 & 3 octobre pour découvrir la diversité des forêts franciliennes et les différents rôles qu’elles jouent à travers diverses animations : visites et découvertes de l’écosystème forestier, présentation des savoir-faire et des métiers de la filière forêt-bois, animations culturelles et artistiques. A Fontainebleau, au Théâtre Municipal, c'est aussi la Troisième édition du Festival Photo-Bleau qui cette année a fait le plein de nouveautés avec une nocturne, un bar éphémère et des artistes qui mettent le Pays de Fontainebleau à l'honneur au travers de photographies mais aussi de peintures, de sculptures, de céramiques et de films !

En tout, plus d'une cinquantaine d’évènements vous attendent dans de nombreuses forêts franciliennes dont celles de Fontainebleau, Sénart, Villefermoy et Armainvilliers... pour le seul département de Seine-et-Marne.

Lancez-vous dans une chasse au trésor en famille, participez à des concerts acoustiques et immersifs dans un cadre naturel, testez la sylvothérapie ou encore mettez-vous dans la peau d'un forestier, voici quelques idées d’activités à faire. 

Retrouvez toutes les informations complètes sur les activités, les lieux et les horaires et inscrivez-vous sur le site : http://www.fibois-idf.fr/index.php/festival-des-forets-en-ile-de-france

Crise sanitaire oblige, il faut s’inscrire à l’avance pour recevoir toutes les modalités pratiques.


[COM ONF] Attention, la chasse a déjà repris en Forêt de Fontainebleau

Comme chaque année, nous publions la traditionnelle note de communication de l'Office National des Forêts à propos de la chasse en Forêt de Fontainebleau. Comme chaque année, nous déplorons que cette note ne prenne pas en compte la réalité du terrain. En effet, si à Fontainebleau, la chasse à tir ne se déroule  que les lundis, jeudis et quelques vendredis du 2 novembre 2020 au 27 février 2021, la chasse débute en réalité dès le 21 septembre, en plein brame du cerf ! Ainsi, depuis la semaine dernière, vous êtes déjà en danger si vous pratiquer une activité de loisir en forêt hors de la domaniale ! Nous vous déconseillons fortement de faire de la randonnée, du VTT ou de l'escalade dans les massifs gréseux d'Ile-de-France (notamment Essonne, Yveline...) et jamais sans un gilet fluo ! Actuellement, en forêt de Fontainebleau, seule la chasse à courre a repris. Nous vous invitons à rejoindre le collectif AVA Fontainebleau qui lutte contre cette barbarie qui met en péril notre population de cervidés comme nous l'expliquions dans cet article.

Rappelons ce que dit la communication officielle de l'ONF :

"Le massif forestier se répartit en 2 zones : 
• partie périphérique (environ 12 500 ha) : louée à des associations de chasseurs sélectionnées pour leur professionnalisme et leur sérieux ; 
• partie centrale (environ 9 500 ha) : plus fréquentée et particulièrement complexe (axes routiers, bords de ville, aires d’accueil importantes), l’ONF encadre et organise directement les actions de chasse. 

Aucune action n’a lieu les mardis, mercredis ainsi que les week-ends et pendant les vacances scolaires dans la zone ONF. 

Au sud du massif, la forêt de la Commanderie est chassée le samedi matin du 20 septembre 2020 au 27 février 2021. 

Pendant cette période, promeneurs, randonneurs, chasseurs, cavaliers et cyclistes partagent le même espace. L’ONF invite donc chacun à être attentif à la signalétique sur place. Toutes les mesures de précaution sont prises pour garantir la sécurité de tous en forêt. Il n’est toutefois pas recommandé de pénétrer dans les sous-bois, ni d’emprunter les allées des zones chassées. La forêt n’est jamais totalement parcourue par l’action de chasse, laissant la majorité des espaces disponibles où les activités de loisirs et de détente peuvent s’exercer. 

Consultez ici la lettre d'information de l'ONF relative à la chasse

Carte et calendrier des chasses à tir en domaniale de Fontainebleau et des Trois Pignons jusqu'en février 2021
Carte et calendrier des chasses à tir en domaniale de Fontainebleau
et des Trois Pignons jusqu'en février 2021

Carte et calendrier des chasses à tir en domaniale de la Commanderie jusqu'en février 2021
Carte et calendrier des chasses à tir en domaniale de la Commanderie jusqu'en février 2021

Relisez aussi nos commentaires de 2019 sur cette note annuelle !

mercredi 9 septembre 2020

ACTS Le nouveau collectif pour une pratique de la montagne plus écoresponsabl


C'était à la mi-août. Sur facebook, Arnaud Petit, un célèbre grimpeur des années 90, annonçait la création d'un nouveau collectif de montagnards et aventuriers engagés dans une démarche de réduction de leur emprunte carbone. "Face à la disparition des glaciers, à l'effondrement de la biodiversité, à la consommation frénétique et prédatrice des ressources qui conduisent le monde à son essoufflement, nous, professionnels et personnalités de la montagne, avons le devoir de nous engager de façon concrète pour préserver notre environnement." A la TL²B, nous avons toujours cru en la valeur de l'exemple et souligné la nécessité de l'engagement des personnalités les plus en vue pour faire bouger les choses aux côtés des grandes associations comme Mountain Wilderness (par exemple) engagées dans cette démarche depuis des décennies. C'est avec bonheur que nous relayons donc l'appel de ce nouveau collectif


Sur la TL²B, nous avons toujours soutenu les initiatives visant à une "grimpe" plus propre et à un meilleur respect de nos sites naturels. Nous avons initié ou participé à de nombreuses actions visant à réduire la présence de nos déchets, l'utilisation de la magnésie, ou lutter contre les conséquences d'une pratique sportive intensive sur les sites naturels comme l'érosion à Fontainebleau. Nous nous sommes aussi engagé dès 2012 à compenser carbone nos sites web par la plantation d'arbres. L’alpiniste Liv Sansov, elle aussi signataire du pacte de ce collectif ACTS, nous avait d'ailleurs soutenu aux débuts de la TL²B lors de nos campagnes de communication (voir news publiée dans la revue ESCAPE n°40). Il y a tout juste un an, nous avions communiquer à nouveau sur le pouvoir de nuisance de l'image avec un article (Do it for the Gram) sur l'impact des réseaux sociaux et notamment Instagram sur de très nombreux sites naturels livrés au tourisme de masse. 

En lançant  ACTS (action collective de transition pour nos sommets), Christophe Dumarest et Arnaud Petit ont pris l'engagement simple mais de taille : réduire leur empreinte carbone de 10 % chaque année. L'initiative a déjà réuni près de 40 personnalités du monde de la montagne, comme les grimpeurs Stéphanie Bodet, Tommy Caldwell, Liv Sansoz, le guide Mathéo Jacquemoud, le traileur Xavier Thévenard, le falaisiste français Seb Bouin ou encore l'incontournable Kilian Jornet.

Pour Arnaud aussi, l'engagement d'athlètes renommés est indispensable : « On a beau faire chacun notre action dans notre coin, pour que les choses avancent il faut avoir un impact sur la conscience des gens, et des jeunes à plus forte raison. »

Mais si les signataires prônent un engagement actif, ils ne veulent surtout pas se poser en donneur de leçon. Reconverti guide de montagne, Petit veut favoriser la proximité pour redécouvrir certains sites de France : « Je trouvais absurde de faire découvrir les grandes voies en Jordanie à des gens qui n'avaient jamais grimpé dans les Calanques », explique t-il. Une évidence. L'aventure commence à la porte de chez soi. Un engagement ambitieux et parfois difficile à réaliser quand on voit les kilomètres avalés par certains grimpeurs professionnels pour satisfaire leur  soif de cailloux.​

Face à l'urgence, soyons ambitieux !

"Nous devons nous inspirer d’initiatives ambitieuses comme celle de la "Résistance Climatique" dont les signataires font le choix de ne plus prendre l'avion et de ne pas dépasser les 2000 km par an en voiture. Si pour nombre d’entre nous, un tel engagement est difficile à tenir, nous pouvons tendre vers lui et fortifier notre volonté en nous inspirant des mouvements les plus radicaux. L’essentiel est de ne pas renoncer. En diminuant de 10% l’ensemble de nos impacts chaque année, nous ferons notre part en réduisant d’un tiers nos émissions globales après 4 ans."

Le collectif propose 10 engagements pour réduire son impact carbone. Il est bien sûr demandé un effort sur les transports, principale source d'émission de CO2 dans la pratique de l'escalade en milieu naturel. Les athlètes s'engagent à favoriser les aventures de proximité et à privilégier le vélo et les transports collectifs. Mais Arnaud et Christophe vont plus loin. Ils prônent une usure complète de leurs équipements avant de les remplacer et ils s'engagent à réduire leur consommation de viande et de produits animaliers.

[BLEAU] Un nouveau livre sur l'histoire Bleau signé par un grand photographe

Il y a quelques années, notre patron proposait aux éditions du Mont Blanc un manuscrit sur l'histoire de la Forêt de Fontainebleau et l'histoire de l'escalade. Finalement, seul la deuxième partie sera retenue par l'éditrice qui confiera la ré-écriture du projet à d'autres auteurs avec plus ou moins de bonheur. Déçu, Grégoire avait alors proposé à Catherine un livre photos des 100 blocs ayant marqué l'histoire de l'escalade à Bleau. C'est ce type ouvrage qui semble voir le jour chez ce même éditeur sous la plume du célèbre photographe bleausard Stephan Denys. Connaissant Stéphan, voici un livre qui va très certainement tenir la route et fera notre bonheur. Il sort en librairie aujourd'hui.

BLEAU BLOCS

100 blocs parmi les plus beaux de la forêt de Fontainebleau

Stéphan Denys n'est pas l’œil de Moscou mais porte un regard privilégié sur cette forêt de Fontainebleau. Photographe et grimpeur, ou grimpeur et photographe, rédacteur des chroniques de Bleau dans divers magazines, il a été le témoin privilégié depuis près de 40 ans des ouvertures de nouveaux blocs à travers les différents massifs de rochers.

"Ses photos couvrent diverses époques et sont accompagnées de textes nous éclairant sur le contexte et les particularités de chaque bloc. Il a pris le parti de présenter non pas les blocs les plus difficiles, mais les plus esthétiques ou remarquables dans une gamme de difficultés assez large", nous dit le communiqué de presse.

Ces 100 beaux blocs  sont répertoriés par secteurs: la forêt domaniale, les Trois Pignons, Larchant et Nemours, puis Buthiers et l’Essonne. À travers cette sélection l’auteur nous livre sa vision de l’activité et nous invite à mieux considérer les blocs sous tous leurs angles.  

Un ouvrage que l'on ne peut que conseiller à tous les grimpeurs, quel que soit leur niveau en escalade, avant même de l'avoir vu, tant le travail  photographique de Stéphan est de qualité.

Quelques pages sont à découvrir d'urgence sur le site des Editions du Mont Blanc : https://www.leseditionsdumontblanc.com/fr/accueil/112-bleau-blocs.html


vendredi 4 septembre 2020

[BLOC] La salle d'escalade Le Rempart a ouvert ses portes à Melun

Le Rempart La nouvelle salle d'escalade à Melun 77
Le Rempart La nouvelle salle d'escalade à Melun 77
Enfin ! C'est la nouvelle qu'attendaient bon nombre de grimpeurs du sud Seine et Marne : l'ouverture d'une nouvelle salle d'escalade de blocs à Melun. Reportée pour cause de crise sanitaire, la salle Le Rempart, du nom du plus célèbre secteur de la forêt de Fontainebleau a été inaugurée le week-end dernier avec la première étape du Rock Tour et un super concert des SPAMS, l'un de nos groupes rock locaux préférés. La salle fera portes ouvertes les 12 et 13 septembre prochains. 

Elle n'est même pas complètement terminée qu'elle est déjà qualifiée par les compétiteurs comme étant l'une des plus belles salles d'escalade qu'ils aient vu (et ils en voient beaucoup !) Une vraie performance qui plus est, car cette salle n'est pas ouverte par un consortium mais par 3 indépendants ! Et nos amis ont mis la barre très haut... 

Pour la partie escalade, le rempart c'est  :
1500 m2 d’escalade avec 30 profils pour environs 210 blocs répartis sur un fronton surplombant baptisé le Big 6 en référence au secteur du Big 5 du Cuvier (Big boss, Fourmis Rouges, Tristesse, Big golden et Atrésie), une zone enfant avec cabane et toboggan (le Bilboquet), une zone de pans inclinables (La forge 54 m²) et un rempart nord qui plaira aux grimpeurs "old school" avec dalles et murs.

La forge est un secteur ou les pans inclinables (au fond à gauche) devraient ravirent les plus exigeants !
La forge est un secteur ou les pans inclinables (au fond à gauche) devraient ravirent les plus exigeants !


A cela, Le Rempart ajoute un bar restaurant, une zone de musculation, des cours de Yoga...

Vous y trouverez 7 circuits de couleurs et de difficultés croissantes ( jaune, orange, bleu, violet, rouge, blanc et noir) à l'image du premier circuit d’escalade au monde qui fut tracé en forêt de Fontainebleau sur les rochers du Rempart du Cuvier Châtillon en 1947. 

Le rempart Nord et ses murs

vous fera bosser les "rétas"

Alice dans le Pays des merveilles

La salle est située dans le nord de Melun 37, 39 ROUTE DÉPARTEMENTALE 306 à VERT-SAINT-DENIS (77240) donc si en tapant Le Rempart dans votre GPS pour aller au Cuvier en Forêt de Fontainebleau et que vous atterrissez ici, c'est pas grave...


Attention, en semaine jusqu'au 15 OCTOBRE la salle n'ouvrira que de 16H à 23H.
Ensuite, ce sera de 11H / 23H

L'épreuve du Rock Tour de samedi dernier a donc vu défiler quelques un(e)s de nos meilleur(e)s grimpeu(r)ses dont Mika Mawem, le premier français qualifié pour les JO 2020 et vainqueur chez les hommes et Fanny Gibert, 5 fois championne de France (notamment) chez les filles. Chez les vétérans, la finale revient à Sylvain Taviaux, le patron d'une autre salle : Roc et Résine.
Podium vétérans
 
Podium femmes

Podium hommes


Après le sport, le réconfort... La soirée a donc débutée avec un énorme concert du groupe des SPAMS suivi d'un after electro puissant. Vous devriez bientôt retrouver les images de cet évènement sur le site de Greg Clouzeau (notre patron et photographe) qui est aussi un habitué des SPAMS dont il présente plus de 100 photographies ici et des compétitions du Rock Tour. Nous reviendrons tester la salle dès qu'elle sera totalement achevée.

mardi 1 septembre 2020

[COM ONF] 20 pages pour en savoir plus sur l'Agence ONF IDF Est

carte territoire ONF IDF
carte territoire ONF IDF
En Ile-de-France, les forêts publiques représentent 91 000 hectares, soit 8% de la surface régionale, faisant de l’Office National des Forêts le premier gestionnaire d’espaces naturels dans la région. Nous partageons avec grand plaisir ce fascicule de 20 pages édité par l'ONF IDF pour présenter son travail. Rien de bien nouveau certes, mais une synthèse toujours utile pour rappeler au travers d'exemple partagés ici même ces dernières années les missions de l'office et les actions mises en place.

"Au cœur d’un territoire densément urbanisé, les forêts offrent des paysages variés, aux patrimoines naturels et historiques remarquables. Chaque année plusieurs millions de Franciliens viennent s’y détendre, se balader ou pratiquer une activité. Dans ce vaste ensemble, ces massifs forestiers constituent des réservoirs de biodiversité de premier plan. Depuis toujours, ils font l’objet d’une sylviculture : coupes, travaux. A travers ces actions, les forestiers veillent à assurer leur renouvellement, tout en répondant à la demande sociétale en bois.

Gestionnaire de ce patrimoine naturel, l’ONF met en œuvre pour les forêts domaniales, quotidiennement, une gestion durable dans un souci permanent d’y permettre  l’exercice des différents usages : récréatifs, sportifs, naturalistes, sylvicoles, etc. Par son travail, le forestier participe activement aux grands enjeux du développement durable en conciliant l’efficacité économique, la performance environnementale et la responsabilité sociale.

Chiffres clés ONF IDF
Chiffres clés ONF IDF
Nous avons le plaisir de vous faire parvenir une publication relative à l’activité de l’agence Île-de-France Est de l’ONF. À travers celle-ci, nous souhaitons vous faire partager quelques réalisations marquantes, menées en 2019, par les forestiers dans les forêts de l’agence : Fontainebleau, Sénart, Notre-Dame, La Grange, Villefermoy, Armainvilliers…

Ce document reflète également la diversité des missions de l’ONF sur le territoire francilien, tout en témoignant de l’engagement quotidien des forestiers. Il est aussi l’occasion de remercier les partenaires de l’ONF qui rendent possibles plusieurs de ces actions.

Vous trouverez ci-joint la publication en PDF que vous pouvez relayer à votre guise. Consultez sa version numérique à ce lien : https://fr.calameo.com/read/0047749372e6236ab5550

jeudi 13 août 2020

[COM ONF] La parcelle forestière 619 est interdite d'accès pour être sécurisée

Parcelle 619 interdite après l'incendie du 7 août
Parcelle 619 interdite après l'incendie du 7 août
Suite à l'incendie du Vendredi 7 août dernier, qui a ravagé 5 hectares et une partie de la réserve biologique de la Touche aux Mulets et notamment la parcelle 619, longeant la route forestière Descamps, non loin du parking du Bois Rond, la zone a besoin d'être sécurisée. L'accès est donc interdit pendant les travaux et par la suite jusqu'à la reprise de la végétation.

Après la vive émotion suscitée par cet évènement, l’ONF demande au public de ne pas se rendre sur cette parcelle. Face aux risques de chutes de branches ou d’arbres fragilisés par le feu, il interdit l’accès à la parcelle jusqu’au 15 septembre.

Aujourd’hui, l’action immédiate consiste à sécuriser les lieux en priorité. Touchés par l’incendie, les arbres affaiblis, principalement résineux, vont dépérir rapidement. Même si, en apparence, ils tiennent toujours debout, leur avenir reste condamné. Le feu, ayant couvé plusieurs jours dans le sol, a détérioré le système racinaire. Calcinées, les racines n’assureront plus leur rôle vital : fixation des arbres dans le sol, transport de la sève… Face au danger avéré pour le public, une cinquantaine d’arbres seront coupés. A compter du 17 août 2020, les travaux de mise en sécurité débuteront le long des sentiers balisés jalonnant la parcelle incendiée. Faire en sorte que les usagers puissent circuler en toute sécurité est une priorité pour l’ONF, le secteur ne rouvrira qu’à l’issue des travaux.

Reprise de la végétation à la JA Martin dans l'année qui suivi l'incendie de 2014
Reprise de la végétation à la JA Martin dans l'année qui suivi l'incendie de 2014


La deuxième phase, au printemps 2021 visera à observer la reprise végétative. Cette lande présente un intérêt écologique et paysager important. Cet espace non boisé où s’y étend les bruyères et callunes cache une biodiversité singulière. Reconnus comme habitat d’intérêt européen par le réseau Natura 2000, il se compose principalement de végétation basse qui s’y installera naturellement.

Les forestiers s’assureront que cette dynamique soit engagée.

note de communication ONF aout 20
 
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