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C'est quoi le Parkour et a t'il une place en pleine nature ?

Mis en ligne par TL De Bleau on mardi 23 février 2016 | 11:41:00

Pierre Alain, années 30, Fontainebleau
Si on vous dit "parkour", vous vous dites peut-être que l'orthographe a beaucoup évolué depuis votre dernier passage sur les bancs de l'école, et sans doute, qu'est-ce que cela vient faire sur un site consacré aux loisirs et sites naturels ! 

On vous répondra alors que le Parkour est une discipline sportive née, malgré tout, dans les sites naturels. Voici donc quelques informations sur cette pratique, sa place en forêt de Fontainebleau et autres jardins et son développement à venir qui n'est pas sans rappeler celui de l'escalade.



C'est quoi le Parkour ?


Si le parkour n'est pas à proprement parler, un loisir de pleine nature, il y trouve sa place assez facilement. En effet, si la discipline qui se cache sous cette dénomination est bel et bien urbaine, elle est, par sa définition, l'une des plus vieilles et naturelles au monde dans sa finalité :  "se déplacer efficacement grâce à ses seules capacités motrices, dans différents types d'environnements" ! Les concepts du franchissement d’obstacles et du déplacement efficace existent depuis toujours. C'est même une loi quasi animale dans la lutte pour la survie.

Le parkour est donc un enchaînement de sauts, escalades, rétablissements, re-sauts, courses, permettant de franchir des obstacles en s'aidant de leurs lignes de faiblesses et en passant par la quadrupédie. Bref, c'est un peu comme enchaîner en courant certains vieux circuits d'escalade de Fontainebleau où les sauts permettaient de passer d'un bloc à l'autre ! Le parkour (qui s'écrit PK en abrégé) et son pratiquant,  "le traceur", ont donné naissance à une autre discipline, le “Freerunning ou Art du déplacement (ADD)” qui se focalise d'avantage sur l'esthétique des mouvements.

Pierre Alain, années 30, Saut de la Brioche, Fontainebleau
Pierre Alain, années 30,
Saut de la Brioche, Bas Cuvier Fontainebleau
Au cinéma, dans les films de capes et d'épées, l'enchaînement de cascades qui permet au héros d'affronter des hordes d'assaillant est une forme de parkour. Douglas Fairbank l'utilise par exemple dès 1920 dans son film Le Signe de Zorro. Si on parle d'escalade, rappelons que dans les années 30, il n'était pas rare de voir les alpinistes parisiens s'entraîner à des sauts entre deux blocs de Fontainebleau. Parmi les plus célèbres citons celui qu'effectuait Pierre Alain depuis le sommet du bloc de la Brioche (noir du Bas Cuvier) vers la dalle qui lui fait face ou celui de Robert Paragot qui se terminait par l'escalade de la Stalingrad. Deux sauts d'exception qui, aujourd'hui, ne sont que rarement essayés ! 

D'ailleurs, les alpinistes pratiquent les sauts depuis très longtemps que ce soit pour franchir une crevasse, une rimaye, ou passer d'une tour à une autre. À ce petit jeu, il faut rendre hommage aux grimpeurs de l'Allemagne de l'est qui n'hésitaient pas à se lancer dans d'immenses sauts entre les tours de grès de l'Elbe (voir aussi ici). De véritables écureuils volants dont certains n'ont pas survécu. Dans les années 80, plusieurs grimpeurs se lancent dans ce qui va devenir la danse-escalade. Sur des morceaux des blues brothers, on verra Patrick Berhaut et Robert Cortijo réaliser de superbes enchaînements de jetés, sauts, escalades, pirouettes, cacahuètes...


Une nouvelle discipline sportive ?



On connaît en France le parkour depuis la médiatisation des Yamakasi. Donc, si l'on en croit les différentes publications sur le sujet, le parkour est né en France, sous l'impulsion de quelques précurseurs dont David Belle. A la fin des années 80 et au début des années 90, un groupe d’adolescents commence à s’entraîner autour d’Evry et de Lisses (91). Leur entraînement est axé autour de jeux d’agilité et de force, de défis autour du mouvement pour devenir plus fort physiquement et mentalement. Au fil des années les jeux deviennent sérieux et un groupe émerge, composé des plus acharnés. Ils sont 9 et prennent le nom de Yamakasi en 1997 : David Belle, Sébastien Foucan, Châu Belle Dinh, Williams Belle, Yann Hnautra, Guylain N’Guba Boyeke, Malik Diouf, Charles Perrière, Laurent Piemontesi. En 1998, David Belle et Sébastien Foucan se séparent des Yamakasi. David Belle fonde un groupe appelé « Les Traceurs ». Les sept autres membres fondateurs popularisent le parkour en France en 2001 grâce au film Yamakasi. Enfin, le dernier cofondateur, Sébastien Foucan, quitte la Relève et participe en 2003 au documentaire de la BBC, Jump London, qui fait découvrir la discipline au monde anglo-saxon.


Petit avertissement pour les lecteurs tentés par l'expérience !


Donc, soulignons dès maintenant que les sauts et à fortiori le Parkour sont des disciplines dangereuses ! Elles nécessitent un véritable entraînement physique autant que psychologique. Si les bleausards ont peu à peu lâché la discipline et adoptés les crashpads c'est bien parce que leurs dos n'en pouvait plus. Ceci étant dit, les bloqueurs reviennent à ces jeux dans les salles d'escalade où les gros tapis permettent toutes les folies : run and jump, jetés, courses sur volumes...

Avec son institutionnalisation, la pratique du PK a gagné les gymnases. En général le matériel de gymnastique est détourné pour créer des obstacles et proposer un environnement en mousse moins dangereux. De même, des parkourparks sont sortis de terre qui regroupent de nombreux obstacles en un même lieu.

En tous cas, les sauts et chutes à répétition sollicitent terriblement les disques vertébraux dont l'érosion sera source de vives douleurs après quelques années, voir d'ernie et d'hospitalisation.

Cet avertissement donné, revenons au parkour, ses valeurs et sa définition.

Le parkour a toute sa place à Bleau


Bleau étant situé à quelques kilomètres de la capitale et certains sites, à quelques minutes des villes comme Evry et Corbeille, c'est assez naturellement que les traceurs ont débarqué en forêt. Ici, pas de murets en béton ou de gouttières et autres poteaux métalliques mais des milliers de blocs de tous profils et de toutes hauteurs et des arbres qui permettent de très longs enchaînements. On trouve donc logiquement sur la toile de nombreuses vidéos tournées en forêt. Certaines sont une suite de mono-sauts, la base de l'entraînement au parkour, d'autres de véritables enchaînements.


En terme de cohabitation avec les autres usagers de la forêt, cela devrait bien se passer. D'abord, les valeurs sont plutôt les mêmes, ensuite, le parkour ne nécessite pas d'aménagement spécifique et ne cause pas plus d'érosion que l'escalade ou la randonnée.

Les Grands Aveaux (Essonne) ne sont qu'à quelques minutes de voiture du berceau du Parkour
Les Grands Aveaux (Essonne) ne sont qu'à quelques minutes de voiture du berceau du Parkour

Quel avenir pour la discipline ?


Le parkour est-il un loisir ou un sport ? Indéniablement, il nécessite une condition physique qui font de lui un sport. En revanche, un sport et sa fédération ne sont reconnus que s'ils organisent des compétitions (à l'exception de la randonnée à ses débuts) .

En France la pratique institutionnelle s’organise principalement autour d’associations sportives à but non lucratif. Une partie de ces associations font partie intégrante de la fédération de parkour (FPK). Créée en décembre 2011, la fédération a remplacé le collectif associatif PKIA (2009), élargissant au passage ses missions. La fédération vise à rassembler la communauté du parkour et du freerun français et à soutenir les associations et les traceurs indépendants.

La fédération mets en place des formations pour s'assurer que la discipline et ses valeurs restent transmises par des personnes compétentes . Ces valeurs, partagées par une majorité de traceurs à travers le monde, sont résumées dans la charte (consultable ici).
Comptant près d'un millier de pratiquants sur les quelques milliers français, répartis dans quelques 21 associations, elle est régulièrement sollicitée pour divers partenariats, et organise chaque année, un week-end de rencontre, d'échange et de partage entre traceurs français et étrangers.

En 2015, plusieurs évènements ont agité le petit monde du Parkour devant la volonté de certains d'organiser une compétition. Nous sommes là face à l'évolution d'une jeune activité qui n'est pas sans rappeler les débuts houleux des compétitions d'escalade en France et dont 2015 aura été le trentième anniversaire. Nous reviendrons dans les semaines qui viennent sur ce sujet avec l'intervention que quelques personnalités remarquables dont celle d'Antoine Le Ménestrel qui a bien connu l'époque où l'escalade devenait un sport de compétition.
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