Les Titres

vendredi 21 novembre 2003

interdiction infondée du site de Gourdon par AM du 30/08/2002

Depuis plusieurs années, et malgré la modification en 2000 du Code Pénal (article 121-3) dans le sens de la présomption d'innocence, beaucoup de maires, d'administrations (notamment l'ONF) et de préfets pensent se prémunir contre des accusations de blessures ou homicides par imprudence en prenant des arrêtés d'interdiction sur des sites présumés « à risques ».

En réalité, quand on regarde le Code général des collectivités territoriales (édition Dalloz, 1999) on voit que ce qui est reproché aux maires (en général aux autorités de police) en matière de sécurité n'est pas de n'avoir pas interdit mais de n'avoir pas informé du danger.

D'autres interdictions (par des maires et les Préfets) prennent prétexte de la défense de la nature pour interdire l'escalade, pour finalement masquer la peur de l'accident.
Ces affaires qui relèvent du Droit et, à défaut de solution amiable, font l'objet de recours aux tribunaux administratifs, que la FFME réalisent en commun avec la FCAF (même avocat). Chaque recours coûte environ 3000 euros et le délais d'intervention pour la contestation est très court !

Même en matière de sport de nature nous retrouvons la fameuse notion de principe de précaution pour justifier certaines interdictions soient disant liés à la protection de l'environnement.

Ce principe est pourtant défini de manière prudente et assez restrictive dans l'article L110-1 du Code de l'Environnement :
[...] le principe de précaution, selon lequel l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable.

Nous regrettons aussi certaines imprécisions plus ou moins volontaires de défenseurs de l'environnement pour arriver à leurs fins, l'interdiction d'une pratique et notamment, lorsque l'on évoque l'avifaune la confusion entre la distance d'exclusion (importante pour rapaces d'une même espèce, concurrence alimentaire entre couples de faucons pèlerins) avec la distance de dérangement par les randonneurs ou escaladeurs, nettement plus faible en général.

L'affaire des Gorges du Loup (06) où la protection d'intérêts privés...


Un arrêté municipal du 30 août 2002 interdisait l'escalade dans tout la « réserve de chasse » de la commune de Gourdon (05). Contrairement au site de Rougon les falaises de Gourdon sont des sites sportifs très fréquentés et équipés « moderne » . Le prétexte de l'AM repose sur le classement Natura 2000 du site : « que l'ensemble formé par les différents lieux précités, classés parmi les sites inscrits [à l'inventaire des sites], constitue un patrimoine remarquable qui abrite des espèces végétales et animales sensibles dont la préservation relève de l'intérêt général, notamment inclus dans les propositions de sites d'intérêt communautaire de Natura 2000. »

La formule est dithyrambique, mais les arguments bien vides. Il n'y avait aucune précision sur les espèces concernées, la réglementation Natura 2000 spécifiait aussi que les activités antérieures au classement seraient maintenues comme la chasse...

En fait, il semble (selon les informations venues du CD FFME 06) que le Maire ait pris cet arrêté suite à la plainte d'un propriétaire dont la propriété est traversée par les grimpeurs allant au site de La Réserve, dont l'accès est mal codifié dans le topo.
Des négociations ont permis d'éviter un recours. D'ailleurs, en matière de sauvegarde de l'environnement ce n'est pas aux maires d'agirent mais aux préfets !

vendredi 1 août 2003

Erosion à la DJ, l'interdiction totale évitée de justesse

Les événements
Le 28 février 2002, nous apprenions que le préfet de Seine-et-Marne devait annoncer la mise en défens (clôture et interdiction) de tout le site de la Dame Jouanne. À cette occasion le Cosiroc exprima fermement l'opinion des Bleausards (grimpeurs, randonneurs, contemplatifs, etc.).
Les protestations ont eu de l'effet puisqu'on s'est limité à clore symboliquement une dizaine de zones réellement dangereuses (zones reconnues par le COSIROC), d'aménager un cheminement stable pour les visiteurs touristiques et d'adapter le stationnement afin de dissuader la circulation en des lieux dangereux.

Précisons d'ailleurs qu'une telle solution est conforme à l'esprit de la loi (Code général de collectivités territoriales) qui demande, dans la cadre de la « police de la sécurité » et de sa jurisprudence, d'informer le public des dangers non visibles et de n'interdire qu'en cas de danger pour autrui.
On voit nettement la zone d'où proviennent les blocs au sol. Leur chute a été provoqué mais cela n'a pris que dix minutes à deux et des barres à mine !!!

Il y un an et demi la mise en défens de l'ensemble du site de la Dame Jouanne, qui avait été envisagée par diverses administrations pour des raisons de sécurité, avait fait la quasi unanimité contre elle, la plupart des usagers du sites la trouvant très exagérée.
Le mouvement de protestation qui a suivi, avec le COSIROC comme chef de file, a aboutit à la seule mise en défens de 12 petits secteurs qui ont été matérialisés sur le terrain par des clôtures « symboliques » et quelques panneaux informatifs.
C'est dans celui de la Dalle de feu que s'est récemment produit la rupture naturelle de la partie basse de la dalle, prouvant ainsi que la définition du périmètre interdit reposait sur une analyse sérieuse du risque local.
Peut être cela fera-t'il réfléchir ceux qui s'obstinent à détruire les divers panonceaux informatifs mis en place le long des zones identifiées comme à risque immédiat, même si ce dernier n'est pas forcément évident (zone sur le plateau au dessus de la Dame Jouanne par exemple).



Répétons que ces panonceaux ne sont pas destinés aux Connaisseurs du coin (avec un grand C et plein d'années de pratique gréseuse) mais au visiteur ordinaire et ses enfants, complètement ignorants de la fragilité du grès et des phénomènes érosifs du coin.
Soleg, Cosiroc

dimanche 22 juin 2003

C'est quoi cette Croix de Lorraine dans les Trois Pignons ?

Cette impostante croix qui se dresse sur l’étroite platière rocheuse qui surplombe la Vallée Close est un mommument érigé en hommage aux résistants de la Seconde Guerre Mondiale qui opéraient dans le secteur.

Il se présente sous la forme d’une pyramide tronquée en pavés de grès surmontée d’une Croix de Lorraine. Elle sur-élève ce pignon de 10 m 30 dont 3,30 m pour la seule croix  et l'alourdi de 110 tonnes ! Contrairement à ce que l'on entend, ce pignon s'appelle pignon de la "Roche au four".

On y accède aujourd'hui en suivant le sentier rouge dit des "25 bosses" (voir dans nos liens randonnée) dans l'attente d'un autre cheminement....




Ce lieu n'a pas été choisi au hasard ! Il s'agit du site où a fonctionné, pendant l’occupation allemande, un projecteur de liaison avec les avions venus d’Outre-Manche, porteurs d’armes et de munitions largués par parachutes dans la Vallée de la Mée. Il rappelle donc les sacrifices du réseau « Publican » créé en 1942. En effet, une plaque posée à sa base commémore les noms des 5 morts et des 18 déportés de cette organisation clandestine. Son inauguration officielle eut lieu le 22 Juin 1946 en présence du Général REVERS et du Maréchal SALISBURY.


Le réseau Ernest Publican fut crée à la fin 1942 par Maurice Braun (alias Ernest, alias Marcel Barde ou encore Letellier), commandant de réserve et chef de mission des FFC (forces Françaises Combattantes) et par le capitaine Marcel Fox, ancien officier de l’armée britannique en 1939-1940 et officier du SOE (Special Operations Executive).

Ce réseau se rattache au vaste réseau de renseignements du colonel Buckmaster (SOE). L’organisation clandestine, implantée en différents points de la région parisienne (nord de la Seine-et-Marne – secteur de Meaux et dans l’Oise secteur de Brégy et de Versigny) a pour mission le sabotage de lignes de chemin de fer, de gares de triage, d’usines mécaniques et aéronautiques.


Le sentier rouge (très érodé) permet d'acceder
au site du monument
Maurice Braun et Marcel Fox ont préparé minutieusement un parachutage d’armes et de munitions en forêt de Fontainebleau. Pour ce faire, ils recrutent localement une équipe de réception et de sécurité : Emile Bouchut, forestier qui connaît donc bien le terrain et les sentiers de la forêt. Il sera accompagné dans son travail par Benjamin Destré, garde-chasse du Bois-Rond, également habitué de la forêt. Ces deux hommes aidés du jeune Lucien Saroul (18 ans) et du maçon Raphaël Bourdin délimitent le secteur géographique du parachutage : ce sera  « la Vallée Close », clairière sablonneuse du sud du « massif des Trois Pignons » entre Arbonne-la-Forêt et Noisy-sur-Ecole. A ce noyau dur d’agents, vient s’en greffer d’autres : ainsi, le capitaine Eugène Defontaine, industriel, qui propose d’utiliser une grotte (« la grotte de Rochebelle ») située dans sa propriété pour entreposer les armes parachutées. On compte aussi dans les rangs du groupe Publican de Noisy, Charles Bourgelat, Eugène Thailler, ancien combattant de 14-18, Antoine et Lucie Stimac. Pour signaler la zone de largage, il faut un balisage aérien. Parmi les divers escarpements rocheux qui entourent la clairière, le pignon de la Roche au four est le plus escarpé, et difficile d’accès, promesse que les Allemands ne parviendront pas à trouver le site.


Le parachutage de la Vallée Close dans la nuit du 21-22 juin 1943 :
C'est le message diffisué sur les ondes de Radio Londres : « C’est en Touraine qu’on parle le meilleur français » qui annonçe le parachutage, aux résistants. . Dans la nuit de pleine lune du 21 au 22 juillet 1943, 10 containers sont parachutés au lieu dit « La Vallée close ». C'est Marcel Fox et Maurice Braun qui assurent le guidage des avions en maniant des signaux lumineux en haut du piton rocheux. Les containers largués contiennent des mitraillettes Sten de 9mm, des pistolets, des grenades incendiaires, des mines antichars, des provisions de chargeurs, des pains de plastic, des détonateurs, des tubes et boîtes d’abrasif pour le sabotage des essieux et des wagons de train. Parachutage et réception sont réussis. En deux voyages, le charretier auguste Van Den Kinderen transporte toute la cargaison jusqu’à la grotte de Rochebelle, devenue aujourd’hui la « grotte du parachutiste ». Armes et munitions stockées dans la grotte sont ventilées vers Arbonne-la-Forêt, Château-Landon, Brie-Comte-Robert et Paris.

Une seconde opération est prévue pour une prochaine lunaison, avec pour message : « Paulette sois bien sage, ton papa pense bien à toi ». Mais cette nuit-là, plusieurs faits empêchent le parachutage : un bombardement allié dans la région de Melun, l’édification récente par les Allemands d’une tour de guet non loin du site et un avion de chasse rodant dans la région. Par prudence, l’équipe se sépare tout de même mais le parachutage avorte.

Maurice Braun et Marcel Fox, responsables d’Ernest Publican, continueront leurs activités de parachutages dans l’Oise. Au cours de l’été 1943, le réseau Publican est démantelé par la Gestapo. Maurice Braun est arrêté à Paris et interné près de 12 mois à la prison de Fresnes. Le 15 août 1944, il fait partie du dernier convoi de déportés partant pour Buchenwald. Il en revient miraculeusement en 1945. Marcel Fox, arrêté lui aussi, est déporté au camp de Flossembourg, où il est pendu à la veille de la délivrance par les troupes américaines.

Nous reviendrons dans d'autres articles sur ces épisodes de la résistance à Bleau.


La Grotte du Parachutiste est aujourd'hui en Forêt domaniale des Trois Pignons (PF n°116, orientée Est). On y accède à partir de la route des Grandes Vallées, Suivre le chemin de la plaine du pommier sauvage sur 200 m puis à droite (dir. sud) un sentier jusqu'au replat. La grotte est sur la droite à une centaine de mètres. La plaque commémorative en bronze fut enlevée par la Mairie de Noisy-sur-Ecole il y a quelques années et a été remplacée par une réplique en résine, ceci pour la préserver d'un éventuel vol.

C'est cette grotte que les allemands recherchaient en 44 lorsqu'ils incendièrent la forêt. En effet, suite à la dénonciation du réseau Publican, et ne trouvant pas la cache d'armes dans les environs de la Croix Saint Gérôme, ils larguèrent des bombes incendiaires le 26 juillet qui bruleront plus de 1 100 ha (1/3 des Trois Pignons). Protégée par des coupes feu, les armes furent disponible pour les FFI à la libération de Paris.


Vue depuis le sommet



Sur le sentier rouge des 25 bosses, après cette descente, il va falloir remonter pour atteindre la Croix



Carte postale E Rameau :
On voit nettement le cheminement emprunté pour la cronstruction du monument
Peut être sera t'il réabilité un jour.
Notez aussi le changement du paysage dans le secteur ( à comparer ci dessous)


Vue en avril 2013

 
Copyright © 2014 Tribune Libre de Bleau et Cie | Blogger Template Distributed By ZMTemplate | Designed By OddThemes