Les Titres

mercredi 1 juillet 2020

[BLEAU] Une pétition pour demander l'arrêt de la chasse aux cervidés en forêt de Fontainebleau

Photo Yannick Dagneau
En février dernier, nous vous avions appelé à participer au débat publique sur l'allongement de la période de chasse en France. En cause, les dégâts occasionnés aux cultures et aux forêts selon les rapport de l'ONF et du Ministère de l'agriculture. Si nous ne nions pas la forte augmentation de la population de sangliers sur le territoire français, nous nous inquiétons depuis plusieurs années de la très forte régression des effectifs de cerfs en forêt de Fontainebleau. Un collectif citoyen de naturalistes et photographe a lancé en février dernier, une consultation indépendante de nos amis photographes naturalistes sur leurs observations. En effet, qui mieux que ceux-qui suivent au quotidien la grande faune sauvage, pourrait nous renseigner sur l'état de la population de cervidés à Fontainebleau ? Leur constat est sans appel ! Les cerfs de Bleau vont bientôt disparaître à nouveau. Une pétition a donc été lancée pour réclamer au Préfet de Seine et Marne une baisse d'au moins 70% des prélèvements.

Dans notre article de février 2020 à propos du débat publique, nous avions rapporté ce propos de Renaud Klein de l'ONCFS (l’Office national de la chasse et de la faune sauvage). "Quant au sanglier, il ne causait pas de problèmes en petite densité, mais sa population a été multipliée par six en trente ans". L’évolution du tableau de chasse national des principales espèces concernées de 1976 à 2016 traduit selon l'ONF l’augmentation exponentielle de ces populations. Nous pensons que cela peut tout aussi bien être le reflet d'une sur-chasse !

Toujours en février, nous rapportions que "Tous les ans, la gestion liée à la surabondance des grands animaux en forêt coûte environ 15 millions d’euros supplémentaires à l’ONF, principalement en coûts de plantations pour combler les vides et en opérations de protection des semis et des jeunes plants. Les principaux dégâts forestiers causés par le grand gibier sont l’affouillement par les sangliers (retournement du sol), l’abroutissement (consommation des bourgeons et jeunes pousses) par les cerfs et chevreuils et l’écorçage des troncs par frottis des bois ou par consommation d'écorce (quand il y a sureffectif et peu de nourriture). L’équilibre sylvo-cynégétique est un impératif confié à l’ONF par la loi au terme de l’article L.121-1 du code forestier, "l’Etat veille (…) à la régénération des peuplements forestiers dans des conditions satisfaisantes d’équilibre sylvo-cynégétique" et de l’article L.425-4 du code de l’environnement.

Cerf à Fontainebleau
Photo : Yannick Dagneau
En 2015 déjà, deux photographes animaliers avait adressé au préfet de Seine et Marne un courrier relatif à la disparition des cervidés en forêt de Fontainebleau. (Courrier disponible sur le site de notre ami Yannick Dagneau : http://www.yannickdagneau.com/vers-une-foret-sans-cerfs/)
Ils y dénonçaient la diminution inquiétante des cervidés soumis à une trop forte pression cynégétique depuis quelques années, et proposaient une aide active afin de mettre en œuvre des mesures de protection par rapport à la circulation routière, sujet très souvent évoqué par les préfets pour justifier l’importance des plans de chasse. Le préfet de l’époque, M Jean-Luc Marx, n’avait pas accordé la moindre attention à ce cri d’alarme et à ces propositions. 

Cinq ans après, le problème est évidemment encore plus prégnant.

Si vous êtes un habitué des forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons depuis plus de 20 ans, vous avez du remarquer comme nous le nombre de parcelles grillagées par l'ONF pour protéger les jeunes plants de chênes. Nous pensons que ces entraves à la libre circulations des cervidés ont considérablement réduits la surface dont ils disposaient pour se nourrir en accroissant la pression sur des zones où ils ne trouvent pas assez de nourriture (ce qui les conduits inévitablement vers les champs limitrophes). A notre avis, la population de cervidés est si basse qu'elle ne menace en rien la régénération des peuplements forestiers et ce d'autant plus que le nombre de parcelles grillagées s'est considérablement accru ces 20 dernières années. Il est de plus en plus difficile de voir des cerfs en forêt. Mais pour confirmer cette affirmation, plusieurs grands connaisseurs de notre forêt, parmi lesquels  se trouvent des randonneurs et des photographes animaliers et naturalistes, ont participé à une enquête indépendante pour faire un état des lieux de la faune sauvage de la forêt de Fontainebleau. Le constat obtenu est alarmant !

Ce constat est détaillé dans une pétition qui sera adressée au Préfet de Seine et Marne et à la Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire pour réclamer une baisse d'au moins 70% des quotas de chasse des cervidés ce qui est un minimum si l'on veut pouvoir encore voir des cerfs en forêt de Fontainebleau ! 

Pour la plupart des naturalistes interrogés, diminution du nombre de cervidés est constante  depuis le début des années 2000 et la situation s'est considérablement aggravée depuis 2010 avec une accélération ces 5-6 dernières années. En 2011 et 2012 nous avions déjà relayé la demande des photographes animaliers de l'arrêt de la chasse d'été (en plein brame donc) pour ces mêmes raisons (en plus du danger qu'elle constitue). Il y avait en effet plus d'animaux dans les années 90. Il était commun d'observer une douzaine de cerfs bramant sur une place et des hardes de 15 biches. Une densité qui n'existe plus désormais à Fontainebleau !

Quelques cerfs Fontainebleau Gâtinais
un titre prémonitoire...
La déliquescence du brame en termes d’intensité en est la preuve. Le brame permet en effet de mesurer la vivacité de la population de grands cervidés. Mais, il devient vraiment très difficile de l’entendre. Seul subsiste le brame de nuit, la période est de plus en plus courte et il y a chaque année de moins en moins d’animaux entendus, et même parfois aucun bruit en pleine période. Pour exemple, en 2019, seuls 2 à 3 cerfs ont été entendus et identifiés par ces photographes naturalistes. Les majestueux cerfs de la forêt sont de moins en mois nombreux et les photographes qui les suivent depuis des années sont certainement la source d'information la plus fiable sur le sujet. On vous invite à relire le livre de notre ami Frédérique Reyberolle dont nous parlions dans cet article

Bref, les observations de cerfs deviennent tellement rares que la pérennité de la population nous semble remise en cause. Sans mesure pour enrayer cette diminution et au rythme des « prélèvements » actuels, la population sera quasiment inexistante d’ici 5 ans. Précisons que cela s’est déjà produit par 2 fois sur le massif de Fontainebleau et que des réintroductions ont dû être réalisées pour garantir aux veneurs quelques trophées. Un comble, non !? Cette forêt est décidément une forêt d'exception quelque soit le sens que l'on donne à ce mot.

De son côté, la Préfecture, semble se baser sur les comptages en voiture et de nuit organisés avec le concours de l'ONF pour établir le plan de chasse. Une méthode que nous n'avons jamais trouvé très fiable...

Malgré la faible densité de la population de cervidés observée en 2018, le plan de chasse 2019/2020, établi en Préfecture pour le massif de Fontainebleau, prévoyait encore le "prélèvement" de 6 chevreuils, 118 cervidés et un objectif de 300 sangliers. Au final, 5 chevreuils, 103 cervidés, 304 sangliers ont été tués sur le massif (9 500 ha) toutes chasses confondues, sauf la chasse à courre. (Voir ce lien : https://www.chassepassion.net/chasse-a-la-journee2/foret-domaniale-de-fontainebleau-onf/

Rappelons, pour bien préciser les choses, que la forêt se divisent en 2 zones de chasse ; une partie centrale de la domaniale  (env. 9400 ha) sur laquelle la chasse est gérée par l’ONF et une partie périphérique (env. 12500 ha) où la chasse est gérée par des associations de chasse.
Sur la partie centrale de 9400 ha se déroulent des chasses à tir de l’ONF (en battues et poussées silencieuses vers les miradors) les lundis, jeudis, vendredis (Le plan de chasse à tir ONF 2020-2021 - prévoit 24 battues aux cervidés et sangliers pour la prochaine saison). A cela, s'ajoutent les chasses à courre ont lieu avec le rallye Tempête les mardis, mercredis et samedis toute la journée et le rallye de Fontainebleau les mardis et samedis, le tout pendant 5 à 6 mois chaque année. Et souvent, des dérogations sont données au printemps et en été pour certaines espèces (blaireaux, renards, chevreuils…)

A cela s’ajoute les prélèvements organisés par les sociétés de chasse des environs et les chiffres de la chasse à courre, les accidents et le braconnage ! Ce sont donc plus probablement 200 à 220 cervidés (cerfs, biches, faons, chevreuils, chevrettes et leurs petits) qui ont été tués la saison de chasse dernière sur le massif de Fontainebleau et ses lots proches.

Le plan de chasse (à tir) 2020/2021 prévoit encore d’abattre 12 chevreuils, 114 cervidés et 270 sangliers sur la partie centrale de la forêt seulement.

A ce rythme, l’éradication définitive des animaux sur notre massif et ses environs est devenue imminente ! Mais, peut-être est-ce le but recherché ? En tout cas, c’est ce que nous sommes en droit de penser ! Le futur parc animalier de Fontainebleau aura donc un bel avenir puisque ce sera le seul endroit où les touriste pourront voir les cerfs.

Pour signer et partager la pétition, voici le lien à suivre http://chng.it/hZZvfqTJZg
C'est urgent !

lundi 29 juin 2020

[COM ONF] Les demandes d'autorisation de manifestation de groupe se font maintenant sur le net

Chaque année, le massif forestier de Fontainebleau accueille plusieurs manifestations sportives plus ou moins importantes pour les équestres, pédestres, cyclistes, etc. Les manifestations sont possibles en forêt mais sont soumises, rappelons le, à autorisation , notamment dans le cadre des sites classés Natura 2000 comme nous l'évoquions avec  l'ONF qui diffusait une note sur le sujet en Mars 2015. Souhaitant simplifier les procédures administratives, un site internet dédié aux demandes d’autorisation a été développé. Dorénavant, les organisateurs qui souhaitent réaliser un évènement dans les forêts de Fontainebleau, des Trois-Pignons et de la Commanderie rempliront toutes les formalités réglementaires directement depuis le site : www.gestiondesautorisationsenforet.com


Dans les forêts domaniales appartenant à l’État (domaine privé de l’État ouvert au public), il convient aux organisateurs de demander une autorisation auprès de l’ONF qui en assure la gestion. Au-delà des pratiques sportives individuelles, familiales ou en petit groupe, tous les événements collectifs (sportif, culturel, tournages de films) doivent être autorisés par l’ONF.
  
Retrouvez toutes les informations pratiques en pièce jointe ou sur : https://www.onf.fr/+/755::les-demandes-dautorisation-evoluent-et-deviennent-plus-simples-avec-internet.html



mercredi 3 juin 2020

[COM ONF] L'imagerie thermique en renfort pour lutter contre les premiers incendies

Un feu de camp peu vite mal tourner.
Un feu de camp peu vite mal tourner.
Photos ONF
A peine l’arrêté préfectoral (n°2020/DDT/SEPR/95) pris, les premiers feux se sont déclarés. Après un petit feu à Villiers sous Grez, c'est dans la forêt domaniale des Trois-Pignons, qu'un gros feu s’est déclaré mardi 2 juin en fin d’après-midi dans la parcelle 9 du Coquibus. Rapidement maîtrisé par les 35 pompiers du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du département, il a détruit 1 ha de végétation malgré  l'assistance d'un drone et d'imagerie thermique. C'est deux incendies sont liés à l'inconscience des visiteurs venus faire des feux de camp pour accompagner leur soirée. Et vu l'image, "inconscients" c'est faible !!!


Ce dispositif, renseigné au plus près du terrain par les agents de l’ONF, a permis de circonscrire l’avancée des flammes dans cette zone très fréquentée par le public. 

Sur place, une surveillance par drone a été déployée par l’ONF. Elle se poursuivra ces prochains jours afin de détecter les éventuelles reprises du feu. 
Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus
Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus

Sur le massif de Fontainebleau, les feux couvant dans le sol sableux, peuvent subsister plusieurs jours avant de se réanimer sous l’effet du vent. Équipé d’une caméra thermique, le drone de l’ONF les localise plus rapidement, guide les secours en intervention et détecte les points chauds, souvent invisibles à l’œil nu. En appuyant les pompiers au sol, il constitue un véritable outil d’aide à la décision dans la prévention et la prise en charge des incendies en forêt de Fontainebleau. 

L’ONF rappelle qu’avec les températures élevées et qu’en l’absence de pluie, le risque de départ de feu est important. L’ONF demande aux promeneurs à redoubler de prudence durant leurs sorties en forêt.

Feu du 02/06/2020 dans le Coquibus
Imagerie thermique en renfort des équipes

mardi 2 juin 2020

[BLEAU] Interdiction préfectorale annuelle de fumer ou utiliser du feu en forêt de Fontainebleau

Il ne vous aura pas échappé que ce Printemps fût l'un des plus chaud et sec depuis les années 1980 ! En effet, avec 1.7°C de plus que la moyenne et -40 % de précipitation, le risque d'incendie en forêt de Fontainebleau est de plus en plus élevé. Conséquence, à la demande de l'ONF, le Préfet de Seine et Marne a pris le traditionnel arrêté interdisant de fumer ou d'apporter toute source de feu en forêt de Fontainebleau, Trois Pignons et Commanderie jusqu'au 31 octobre 2020. Soyez extrêmement vigilants et n'hésitez pas à téléphoner au 18 (ou 112) pour déclencher les secours. Nous invitons les bleausards à faire respecter cette interdiction notamment auprès des campeurs. 

Note de communication de l'ONF
La note de Communication de l'ONF


Arrêté Préfectoral 2020/DDT/SEPR/95
Arrêté Préfectoral 2020/DDT/SEPR/95
Arrêté Préfectoral 2020/DDT/SEPR/95
Arrêté Préfectoral 2020/DDT/SEPR/95




jeudi 28 mai 2020

Les circuits d'escalade de Mondeville, la Padôle et Gorges du Houx ont fait peau neuve

Pour les bleausards qui cherchent des circuits loin des hordes de visiteurs franciliens qui viennent en forêt depuis le 11 mai, ils peuvent compter sur le travail de la poignée de bénévoles qui a restauré différents secteurs peu fréquentés de Bleau. A découvrir au plus vite en respectant les stationnements notamment dans les forêts privées de l'Essonne ou sur le site internet TopoBleau qui est de retour lui-aussi.

Balisage vieillissant circuit escalade Essonne
Les circuits d'escalade de la forêt de Fontainebleau sont entretenus que par des bénévoles ! Photo Greg Clouzeau 
En Essonne, c'est le cas à  Mondeville dans le secteur classique du Rempart (A ne pas confondre avec celui de La Roche aux Dames, interdit par les propriétaires et situé 1 km plus loin). Là ce sont 4 circuits qui ont été refaits entièrement avec pas mal de nouveautés et de gros travaux de nettoyage en plus de la peinture. Il y a même quelques petites fresques pour illustrer certaines voies comme en falaises ! Le circuit Jaune  nouveau fait 41 passages, le circuit orange, 40 voies et les bleu  et rouge inchangés respectivement 42 et 32 voies. Bon, attention, ces circuits ne s'adressent pas aux débutants. Ils sont un peu hauts et parfois exposés...

Sexy les nouveaux circuits de Mondeville ?
Sexy les nouveaux circuits de Mondeville ?

A quelques kilomètres de là, à La Padole, c'est un autre grand chantier de réhabilitation qui est encours et vu le nombre de voitures sur place le week-end dernier, ça avance bien ! Là encore, il y a un énorme travail de dégagement des accès aux rochers et des rochers eux-mêmes. On trouve à la manœuvre Antoine Guyonneau, Philippe Leduby, et Jean-Jacques Naels.

En forêt domaniale de Fontainebleau, le circuit jaune des Gorge du Houx a été entièrement revu et complété d’un circuit orange que nous vous conseillons de découvrir en même temps grâce aux travaux d' Hervé Béranger et Jean Cabane. D'autres circuits sont encours de balisage ou en projet y compris dans les niveaux les plus faciles.

Toutes les fiches topographiques des circuits sont disponibles sur le site de Jean Jacque Naels : Topobleau, qui s'est doublé d'un petit frère PassionBleau

Sur ce dernier, Pépito indique parmi ses nombreux projets celui de revoir (outre les système de cotations) le circuit orange de Franchard Isatis.












[BLEAU] Encore des fermetures de routes ce week-end.

Saturation du stationnement en forêt de fontainebleauDepuis le début du déconfinement et l'ouverture des forêts domaniales au public le 11 mai dernier, les week-end à rallonge sont synonymes de bouchons et difficultés de stationnement dans toute la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons. De mémoire de bleausards, même pendant les plus grosses périodes de Pâques, on n'avait jamais vu autant de voiture garées le long des routes. Une situation qui, passé la surprise des premiers jours, a obligé les forces de l'ordre (police et gendarmerie) à sévir. Ce weekend ne sera pas différent et l'ONF qui s'inquiète de l'accroissement du risque d'incendie complétera le dispositif de fermeture des routes.


En effet, plus de 500 PV ont été dressés depuis le 11 mai pour des infractions au stationnement et certaines routes ont du être fermées à la circulation notamment aux abords de Barbizon et du Vaudoué. Ce week-end étant lui aussi pourvu d'un jour supplémentaire, l'ONF complète le dispositif en fermant à la circulation automobile la route de la Gorge aux Nefliers et le parking d'Apremont. Cette route constitue en effet l'accès principal pour les secours sur le secteur d'Apremont. Les conditions actuelles liées au stationnement dangereux, se reportant de chaque côté de la chaussée lorsque le parking est saturé, ne permettent pas aux pompiers d'intervenir sereinement, ni de faire évacuer la zone rapidement en cas d'incendie. Avec les conditions météorologiques prévues ces prochains jours, le risque de feu augmente sensiblement sur le massif de Fontainebleau. Pour la sécurité de tous, il convient de les fermer temporairement. Le site reste ouvert au public mais l'accès ne pourra pas se faire avec un véhicule motorisé.

Plus que jamais, nous demandons aux bleausards de faire respecter les interdictions de stationner devant les barrières (entre autres incivilités). Pour celles et ceux qui le peuvent, nous les invitons à fréquenter la forêt avant 11h00 et après 17h00 ainsi que les sites moins connus de l'Essonne.


samedi 9 mai 2020

Recommandations pour la pratique du bloc à Bleau à partir du 11 mai


Nous avons relayé dès hier le communiqué de presse de l'onf et les documents l'accompagnant sur la réouverture des forêts franciliennes dont celle de FontaineBleau et des Trois pignons ainsi que les recommandations de la ffme sur l'escalade (pdf) en bloc. Le mieux serait sans doute d'attendre encore un peu mais nous sommes tous très impatients. Contacté à plusieurs reprises aujourd'hui par les médias sur ce sujet et notamment l'application des gestes barrières en escalade en site naturel, nous vous proposons quelques recommandations supplémentaires qui nous semblent être de bon sens pour éviter que notre pratique de l'escalade à Bleau n’active un énième nouveau cluster. Libre à vous de les suivre mais à défaut de consignes claires, on  vous propose celles-ci et vous pouvez toujours les compléter en nous adressant un commentaire. Bonne reprise à tous !

A la Roche aux Sabots dans les Trois Pignons, il est parfois impossible de s'isoler.
Et encore, c'était une journée calme ! (Photo Greg Clouzeau)


On a reçu quelques propositions pleines d'humour comme celle de la désinfection de tous les bivouacs de Bleau (merci Oleg) ou d'autres, pas si bêtes, sur le sens de parcours des 25 bosses dans le sens des aiguilles d'une montre avec un départ obligatoire à partir de la roche aux sabots échelonné tous les dix mètres. Mais ce matin, lors d'une discussion avec l'Office de Tourisme de Fontainebleau, on nous a demandé notre avis, sérieux, sur l'escalade à Bleau et les gestes barrières. Il est clair que les grimpeurs, papillonnant de bloc en bloc par petit groupe, on de quoi faire peur. Voici donc quelques une de nos réflexion sur le sujet pour une pratique raisonnable et raisonnée en période de pandémie !


Quand aller en forêt ?


La météo n’est pas très favorable lundi mais les choses peuvent évoluer. Nous vous recommandons d’éviter les foules du week-end et de privilégier la semaine. C’est sans doute plus facile à écrire qu’a faire mais vu que les grimpeurs franciliens sont privés de salles de sport, il y a fort à parier qu.ils seront nombreux à venir en forêt ou, pour les cordistes, à se rendre au viaduc des fauvettes.

A défaut d’une application permettant de savoir qui va où et quand, il faudra sans doute faire des séances courtes (max 3 heures nous paraît bien) en évitant les heures de pointe (inconnues mais disons 11 h à 18 h).

Notez que la faune vient de goûter à 3 mois de grand calme. Merci de respecter leur habitat encore plus que d’habitude notamment en cette période des naissances. Soyez discrets, ne hurlez pas, ne diffusez pas de musique, et tenez vos chiens en laisse (c'est d’ailleurs une obligation à cette période de l’année jusqu'au 30 juin.) Bref, respectez la nature et suivez les recommandations de l'ONF (relire l'article d'avril 2019)

Où ?


Évidemment, mieux vaudrait éviter les secteurs les plus fréquentés ! Mais là encore pas d'applications internet fiables. Le bon sens vous fera éviter les sites les plus connus comme le Cuvier, Franchard, Apremont ou les classiques des Trois pignons. La première difficulté étant, lorsque l’on sort des sentiers battus, de trouver des secteurs suffisamment grands pour éviter les autres grimpeurs et pourvus d’un équipement de qualité (balisage de circuit entretenu, blocs nettoyés...) Nous avions publié dans cet article la cartographie établie par l'ONF et le Cosiroc sur les secteurs d'escalade balisés. Un petit tour sur le site du Cosiroc vous aidera certainement à trouver l’inspiration parmi les 79 circuits des Trois Pignons et 81 de la domaniale notamment. La deuxième difficulté consiste à éviter les sites trop éloignés des parkings et où l’escalade pourrait être plus dangereuse qu’ailleurs (blocs hauts, lichéneux... ou difficiles d’accès pour les secours par exemple)

A ce petit jeu, chacun sa recette mais certains sites situés dans les forêts privés de l’Essonne qui constituaient une alternative intéressante à la domaniale nous semblent à exclure de fait. Un peu trop dangereux... On l’avoue le choix du massif pour notre première sortie est cornélien !

http://www.cosiroc.fr/index.php/bleau


Seul ou en groupe ?


Seul, Bleau c'est génial mais pas très sécuritaire, donc peut-être à éviter en ce moment. Ce serait bête de mobiliser une importante équipe de secours pour votre recherche en cas d'accident, ils ont mieux à faire.

L'escalade à Bleau est certes une pratique individualiste mais souvent pratiquée entre copains. Nous recommandons, en cette période particulière, de ne la pratiquer qu’en petit groupe (moins de 10 mais plutôt à 4 ou 5 maximum) et si possible entre personnes ayant été confinées ensemble (famille, collocation...). Dans ce cas, le partage des équipements (crashpads, brosses, tapis, prof...) ne posera pas de problème et l’utilisation d’une voiture pour tous le groupe prend aussi tout son sens et évitera l'engorgement des parking.


Sport, santé et sécurité


« Le sport c’est la santé » Oui, sauf en cas d’accident ou de blessure et encore plus aujourd’hui où il vaut mieux éviter les hôpitaux. Il convient donc de reprendre notre loisir favori avec modération. Modération dans la durée des séances, modération dans la difficulté, modération dans l’engagement physique. Nous recommandons la pratique sur les circuits balisés d’un niveau plus modeste qu’avant le confinement et sur des blocs pas trop hauts avec des surfaces de réception plates et dégagées. L’utilisation du crashpad est conseillée ainsi que celle d’un pareur confirmé.

Si la Ffme a recommandé le lavage des mains entre deux blocs au savon biodégradable, nous vous recommandons plutôt l’utilisation du gel hydroalcoolique et de la magnésie liquide. Tout les équipements devraient être individuels. Flacon de magnésie mais aussi pof, tapis, perche, bross, topo, pad, et bien entendu gourde d’eau etc.

Pour le bien être de tous, nous préconisons de suivre la numérotation des circuits. Vous commencez par le numéro 1 quand celui-ci est libre et ainsi de suite. Si deux numéros sont espacés de moins de 2 mètres, il faut attendre que le bloc soit totalement libéré avant de poursuivre. Si chaque grimpeur se passe les mains au gel avant de toucher les prises cela devrait limiter les risques. Bref, avec un peu de bon sens et de civisme, on doit pouvoir partager l’espace sans trop de problème.

Et le masque... pas agréable certes mais pas inutile donc à porter si la distanciation n.est pas possible.

Enfin, bien évidemment, en cas de symptômes (fièvre...) on ne va pas en forêt et on ne fait pas de sport !

Pour la randonnée ou le trail, on recommande de conserver ses distances (au moins 5 à 10 m) et de tourner tous dans le sens des aiguilles d.une montre pour éviter les croisements et autres face à face. Merci de ne pas cracher en courant !

Voilà pour les grandes lignes. N'hésitez à commenter pour nous signaler d’autres bonnes pratiques.

vendredi 8 mai 2020

Petite critique de Bleau, 120 ans d'escalade Par Oleg Sokolsky

En janvier dernier, nous avions annoncé (ici) la sortie d'un nouvel historique sur l'escalade à Bleau signé JJ Naël. Ce livre au tirage confidentiel n'en n'a pas moins fait l'objet de critiques appuyées à hauteur des propos de l'auteur qui virent parfois aux vifs reproches contre la politique de la FSGT notamment. La TL²B y est aussi cité à diverses reprises mais nous avons préféré ne pas réagir à ces morceaux choisis et vidés de leur sens car utilisés hors de leur contexte. Si vous avez pu lire ici et là sur les blogs les réactions de certains bleausards mis en cause, nous publions ici à sa demande, celles très pointues d'Oleg Sokolsky, membre du Cosiroc, ami le la forêt et chroniqueur émérite du Club Alpin Ile de France. Des observations d'un bleausard passionné et passionnant adressées à un autre bleausard passionné mais visiblement plus ennuyeux...


Je débute par un petit message personnel : « Pépito, je ne peux pas cacher que j’ai eu du mal à arriver au bout de ton bouquin et je regrette de devoir le présenter de la manière qui suit. Que veux-tu, je tiens vraiment à essayer de rester crédible (hum ?).

« Bleau 120 ans d’escalade » (proposition de sous-titre plus descriptif qu’ »une Histoire singulière: » : « Mémoires et réflexions intimes d’un bleausard » ; merci Isa)

J’avais rapidement lu le préambule d’où ma remarque précédente « sauf allergie notable et invalidante » qui montrait un début d’inquiétude. Dans cette lecture TGV de 5 petites pages, j’avais sauté la note 2, page 13, dans laquelle l’auteur évoque « une sorte de labyrinthe qui est construit à chaque pas » (NdO : pas ou page ?)

Je confirme après avoir lu le reste qui, de plus, est vraiment touffu avec ses divers sujets et objectifs très (em)mêlés alors que sa lecture est hachée -menue- par les nombreuses notes de bas de page (environ 300, soit 35 pages de texte). Dur, dur !.

Je m’avoue incapable d’en extraire quelque chose de clair. 

Bleau y est bien entendu fortement évoqué, avec quand même un grand plus pour l’histoire (extraits de textes « historiques » que les nouveaux bleausards ne connaissent peut-être pas), les circuits - surtout les faciles et les jaunes-, les bénévoles, les professionnels ( réflexions intéressantes au sujet d’une possible professionnalisation de l’entretien des circuits. -NdO : à l’unité peut être, mais pour l’ensemble … rêvons), mais aussi l’escalade, les falaises, l’alpinisme, l’ONF, etc., et surtout ce qui ressort du bouquin : les relations (à la Gainsbourg - je t’aime , moi non plus) et problèmes de l’auteur avec son ex-fédération : la FSGT.

Pour ces derniers Gilles Rotillon, grimpeur connu et cadre fédéral depuis nettement avant les débuts de l’auteur à Bleau, a rédigé une longue réponse intéressante et assez percutante qui me permet d’éviter de me prononcer sur un sujet que je ne connais pas. Consulter le site de l’ASL (grimpeasl91).



Certains points (parmi beaucoup d’autres) m’ont quand même quelque peu choqué :

- Après avoir proclamé qu’il avait coupé ses liaisons avec le Cosiroc, entre autres, l’annonce comme des certitudes des résultats de « négociations » qui n’étaient même pas terminées lors de l’impression de l’ouvrage. Sans évoquer des contacts « virtuels » mais présentés comme décisionnels avec l’ONF.

- Le nombre de petites erreurs relativement bénignes (exemple surprenant: Jacques Meynieu, dit Charly est significatif). Elles auraient été évitées s’il y avait eu quelques relecteurs bleausards compétents (y’en a t’il eu ?).

- Un reproche : ne pas avoir regroupé la bibliographie (titre, auteur, origine, année) dans quelques pages affectées. Sans oublier des citations venues de nulle part !!!.

Les longues notes de bas de page, qui en occupent parfois les 2/3, auraient mérité le même traitement (cf. texte de Rotillon).

- Et pourquoi citer l’UCPA et oublier son ancêtre l’UNCM qui a permis, à un coût vraiment raisonnable, à beaucoup d’être encadrés lors de leurs premières approches de la montagne avant de voler (heu non; grimper !) de leur propres ailes ?



Quelques réponses persos (signées Oleg, pas Furax) :

- Le rose du Diplo (p 178) : pourquoi tronquer la citation ? Et, vu la manière dont il a été réalisé, il était quand même assez dégueu comme peinture et comme enchaînement, n’est’il pas?

- Au sujet du jaune du pignon Poteau et de son « raccourcissement » (p 293). Erreur : ce n’est pas « mon » circuit ; l’auteur est Jacques Superbie qui, à partir d’une toute petite ébauche (signée A. B. de Milly), à conçu le très long jaune initial. En accord avec lui, j’ai réalisé assez rapidement quelques modifications. Puis beaucoup plus tard, j’ai éliminé la section jamais parcourue dont les passages commençaient à se botaniser sévère. J’ai aussi remodelé le reste tout en incluant certains ex-passages jaunes (intéressants selon moi …et quelques amis) dans l’orange actuel (comme à Corne-Biche). Moyennant un peu d’attention, une scie et un sécateur bien affutés l’ancien circuit est encore grimpable.

Le Bleu de Chamarande : auteur Michel Dufranc. (l’ex blanc/jaune peut être aussi ? Malheureusement désormais personne ne peut plus le lui demander).

- p 70, note 1 : Mont Blanc visible de la Tour Eiffel. Pourquoi avoir ressorti une khonnerie pareille sans vérifier ( Pythagore, géométrie et une calculette, suffisent pour confirmer l’impossibilité de la chose) ? Le Morvan enneigé, pourquoi pas ?



Pour conclure « Bleau 120 ans d’escalade » un ouvrage de poids (555 grammes) et de 334 pages (soit, en moyenne car mal répartis, environ 3 pages et 5 grammes par an) mais « labyrinthique » et parfois vraiment énervant par ses nombreux sous-entendus (exp : p 155, le militantisme mondain : qui vises-tu ? Ça risque de choquer les « mondains » qui réalisent le boulot).



Restons Bleau ; libération grimpeuse prochaine du confinement : grimper librement, en libre, dans un espace libéré ; vive la Liberté !, Proposition : grâce à Hervé et Jean deux nouveaux circuits remplacent le jaune « Bontemps » des Gorges du Houx. Au moins du positif pour plus tard, qui met à mal la note 1 (p 234) du livre évoqué plus haut.





PS méa culpa : avoir oublié de signaler que "la Montagne" et surtout les "Paris-Chamonix" -via les chroniques de votre serviteur- étaient très souvent cités.

Quel bémol! ; on vieillit.

Réouverture des forêts domaniale d'Ile-de France

C'est, vous l'imaginez bien, avec un immense plaisir que nous avons reçu hier le Communiqué de Presse de l'ONF évoquant la réouverture de nos forêts dont celles de Fontainebleau et des Trois Pignons d'ont nous sommes privés depuis la mi-mars. Nous publions l'intégralité de celui-ci qui rappelle quelques règles de bon sens. La forêt et notamment la faune a bénéficié de plusieurs semaines de calme qui lui ont été sans doute très bénéfique. Sachons apprécier ce retour à la nature en respectant d'avantage les règles de bonnes conduites dans un site naturel (pas de bruit, pas de trace, pas de feu) notamment dans cette période qui suit les naissances ! 

Faites preuve de bon sens. Évitez les sites populaires généralement sur-fréquentés mais n'allez pas non plus dans les secteurs interdits (Réserves biologiques) au prétexte de vous isoler. Enfin, soyez prudents ! Nul doute que de nombreux grimpeurs d'Ile-de-France actuellement privés de salle vont découvrir Bleau. Nous les invitons à commencer sur les circuits balisés les plus faciles (jaune, orange, bleu,...) avec des crashpads et des pareurs... Si la FFME a publié des recommandations aux grimpeurs (pdf) dont certaines prêtent à rire (lavage des mains au savon entre deux blocs) ou à grogner (magnésie), elle rappelle avec bon sens que l'utilisation du matériel doit être individuel (gourde, brosses...).

Donc pour celles et ceux qui n'iront pas travailler Lundi, on vous souhaite un bon moment en forêt.

Dans son plan de déconfinement, le gouvernement a confirmé que les forêts publiques - domaniales, régionales, départementales et communales - rouvrent lundi 11 mai (la région Île-de-France compte  217 forêts publiques).

Privé de ces espaces depuis 8 semaines, le public s’impatiente. Chacun a hâte d’y retourner pour se promener, pratiquer une activité sportive (cavaliers, coureurs, cyclistes, grimpeurs…), se détendre et flâner.

Ces plaisirs simples à apprécier seul, en famille ou entre amis (10 personnes maximun) redeviendront à nouveau possibles, en prenant garde à la faune, en conservant les gestes barrières et en respectant certaines précautions. Une bonne nouvelle qui s’accompagne de quelques mesures de précautions à connaître car la lutte contre la propagation du Covid-19 continue.

Durant la période – inédite – de confinement, le public peu nombreux dans les forêts a fait preuve d’un véritable civisme. Nous pouvons tous nous en féliciter.

Les vastes espaces naturels, les nombreux kilomètres de sentiers, de chemins et les grandes aires d’accueil offrent les conditions nécessaires au respect des mesures de distanciation physique, préconisées par les autorités de santé publique.

Je vous prie de trouver ci-joint la communication de l’Office national des forêts et vous invite à la relayer. 

Restant à votre disposition pour toutes information complémentaires.

Bien cordialement,

Guillaume LARRIERE
Service communication ONF
Responsable communication Agence Île-de-France Est 




mardi 3 mars 2020

Clean Up Days les 6, 7 et 8 mars pour nettoyer la terre

Le week-end du 7 et 8 mars 2020 sera dédié au Nettoyage de la planète dans le cadre des Défis pour la Terre. L'occasion Fontainebleau de mobiliser encore d'avantage les acteurs associatifs, scolaires mais aussi institutionnels engagés dans la charte « Propreté en forêt et lisière » autour de la deuxième opération ForêtBelle !

La force étant dans l’action collective, nous vous invitons à vous renseigner sur les actions conduite autour de chez-vous et en dehors de Pays de Fontainebleau notamment en consultant la carte mise en ligne sur le site.

https://defipourlenvironnement.org/carte/

https://defipourlenvironnement.org/carte/




mercredi 26 février 2020

[DEBAT] Augmenter la période de chasse peut-elle sauver les forêts ?

C'est un message essentiel des forestiers lors de ce salon de l'agriculture 2020 : en l’absence de grands prédateurs, la chasse est indispensable à l’équilibre et à la bonne santé des écosystèmes forestiers selon l'ONF. Un allié de poids alors que la consultation publique sur la loi chasse va se terminer dans quelques jours. En effet, après avoir récemment étendu la période de chasse au sanglier du dernier jour de février jusqu’au 31 mars, l’État s’apprête maintenant à simplifier par décret la possibilité de commencer à chasser à partir du 1er juin, au lieu du 15 août aujourd'hui. Si nous reconnaissons bien volontiers une sur-abondance de sangliers à Fontainebleau comme dans bon nombre de régions, nous sommes beaucoup plus circonspects sur les population s de cerfs et chevreuil. Sans remettre en cause l'importance d'une nécessaire régulation, nous vous invitons à vous opposer au projet de décret d'ici le 03 mars prochain ! nous pensons d'ailleurs, qu'il existe de nombreuses autres solutions pour traiter le problème.

Une fois encore, c'est très discrètement que l'Etat veut apporter de nouvelles concessions aux chasseurs. Chasser le sanglier ou le chevreuil à partir du 1er juin est déjà possible. C'est ce que l'on appelle la chasse d'été. A Fontainebleau, il y a quelques années, en plein brame, des amis photographes naturalistes avaient failli l'apprendre de manière tragique ! Mais cette chasse estivale est strictement encadrée et nécessite l’obtention d’une autorisation individuelle préfectorale de chasse anticipée. Ce garde-fou indispensable à la sécurité des promeneurs devrait disparaître avec un nouveau décret. Ce projet de décret est ouvert à la consultation publique sur le site du Ministère de la Transition Écologique et Solidaire jusqu’au 3 mars 2020. La LPO et de nombreuses associations invitent tous les citoyens à y déposer un commentaire pour dire non à "la suppression de l’autorisation individuelle de chasse anticipée pour le sanglier et le chevreuil". A noter que ce décret aborde plusieurs sujets et contient d'autres mesures, dont certaines peuvent être considérées comme positives. 

Pourquoi une tel mesure ? On ne peut pas nier que les sangliers sont de plus en plus nombreux. Faute de prédateurs, ils causent de sérieux dégâts aux cultures et aux forêts. A Fontainebleau, il n'est pas rares de voir d'importantes zones profondément labourées par le groin des cochons. Présents en trop grand nombre, les ongulés (cerfs, biches...) consomment aussi une quantité importante de glands et faines mais aussi de jeunes arbres ce qui peut compromettre le renouvellement des peuplements forestiers.

Les sangliers se balade même en ville à Fontainebleau ! Et ce d'autant plus que certains prennent plaisir à les nourrir !
Les sangliers se balade même en ville à Fontainebleau ! Et ce d'autant plus que certains prennent plaisir à les nourrir !


Comme l’indique son intitulé, l’objectif de ce texte de loi est « la maîtrise des populations de grand gibier et de leurs dégâts. » Mais si les préjudices subis par les agriculteurs sont bien réelles, les chasseurs en sont très certainement à l’origine ! D'ici à dire qu'ils veulent le beurre et l'argent... Nourrissage, préservation des laies reproductrices, lâcher d’individus élevés en captivité, importation des pays de l’Est, chasse en enclos mal clôturés, hybridation avec le cochon, tout a été fait au cours des cinquante dernières années pour favoriser la prolifération de l’espèce en France. Il est donc légitime que ce soient les fédérations de chasse qui d'indemnisent les  agriculteurs pour les dégâts causés soit environs 30 millions d’euros par an. 

Pour autant, la solution n’est certainement pas de démarrer la période de chasse pendant l’été. Outre le fait que cela engendrera de sérieuses perturbation pour l’ensemble des espèces animales souvent en pleine période de reproduction ou de naissance, cette mesure met en danger des millions de français à une période de l'année où se pratiquent massivement les sports et loisirs de pleine nature ! Déjà, dix personnes sont mortes cette saison à cause des chasseurs contre 7 la saison précédente. Et c'est sans compter les accidents non mortels ou impliquant des animaux. 

Nous pensons donc qu'avant de penser à étendre la période de chasse, il serait bon de durcir la réglementation sur les chasses privées et autres élevages et notamment interdiction totale de l’agrainage, de l'élevage ou importation de sangliers dans un but cynégétique, sanctionner les propriétaires d'enclos de chasse non hermétiques



Du côté des forêts, d'après les chiffres avancés par l'ONF, plus d'un tiers des forêts domaniales sont en situation de déséquilibre forêt-gibier, à cause d'une surpopulation d'ongulés. "Cette surabondance nuit à l'équilibre des forêts. La chasse est nécessaire", a expliqué Dominique, technicien forestier territorial à l'Office national des forêts dans les Vosges, aux visiteurs sur le salon. "Il ne servira à rien de renouveler les peuplements et de planter sans maîtriser les grands ongulés, qui se nourrissent massivement des jeunes pousses", a aussi rappelé Patrick Falcone, adjoint au directeur général de l'ONF, sur le stand du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation lors du SIA2020. 

En effet, selon le bilan patrimonial réalisé en 2015 par l’ONF, plus d’1/3 des surfaces des forêts domaniales, appartenant à l’Etat, sont en situation de déséquilibre forêt-gibier à cause d’une surpopulation d’ongulés (cerfs, chevreuils, sangliers).  "En 2019, la situation ne s’est pas améliorée, même si elle varie selon les territoires", explique Renaud Klein, expert national pêche et équilibre forêt-gibier à l’Office national des forêts (ONF). Les régions Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté demeurent très concernées, mais le grand gibier n’épargne pas les forêts d’Auvergne, de Lozère, du Limousin, du sud-Ouest et bien d’autres encore, comme le montre cette carte. 

La présence du gibier en France a fortement changé. Le cerf occupe désormais plus de 49% des surfaces boisées contre 25% en 1985, selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). "Quant au sanglier, il ne causait pas de problèmes en petite densité, mais sa population a été multipliée par six en trente ans", complète Renaud Klein. L’évolution du tableau de chasse national des principales espèces concernées de 1976 à 2016 traduit selon l'ONF l’augmentation exponentielle de ces populations. Nous pensons que cela peut aussi être le reflet d'une sur-chasse !

En effet, si nous sommes bien d'accord sur le constat en ce qui concerne les sangliers. En revanche, pour les cervidés, en Forêt de Fontainebleau, la surpopulation indiquée pour justifier les chasse n'est pas l'avis des photographes naturalistes qui chaque année suivent les hardes de cerfs au brame comme nous l'avons déjà écrit. Avec les associations de lutte contre la chasse à courre (AVA Fontainebleau et CAV) nous avons lancé auprès de ces photographe une consultation indépendante sur leurs observations. N'hésitez pas à nous contacter si vous souhaiter y répondre.

Écorçage d'un pin, Chanfroy, Trois Pis
Écorçage d'un pin, Chanfroy, Trois Pis
Tous les ans, la gestion liée à la surabondance des grands animaux en forêt coûte environ 15 millions d’euros supplémentaires à l’ONF, principalement en coûts de plantations pour combler les vides et en opérations de protection des semis et des jeunes plants. Les principaux dégâts forestiers causés par le grand gibier sont l’affouillement par les sangliers (retournement du sol), l’abroutissement (consommation des bourgeons et jeunes pousses) par les cerfs et chevreuils et l’écorçage des troncs par frottis des bois ou par consommation d'écorce (quand il y a sureffectif et peu de nourriture). L’équilibre sylvo-cynégétique est un impératif confié à l’ONF par la loi au terme de l’article L.121-1 du code forestier, "l’Etat veille (…) à la régénération des peuplements forestiers dans des conditions satisfaisantes d’équilibre sylvo-cynégétique" et de l’article L.425-4 du code de l’environnement.

Pour faire face, l'ONF dispose de nombreux moyens. L’Office national des forêts, qui loue aux chasseurs près de 3.300 baux de chasse, a renforcé en 2016, les objectifs à atteindre en matière d’équilibre forêt-gibier. Tous les trois ans, l’ONF évalue désormais ces résultats et attribue en fonction un bonus (remise sur le loyer…), un malus (pénalité financière…) ou des sanctions plus graves (résiliation du contrat de location…). Il met aussi en place des enclos/exclos pour suivre l’impact du grand gibier sur les régénérations. Il s’agit d’exclure les ongulés d’une zone donnée, et de comparer, au cours du temps, l’état du milieu sans ongulés (l’enclos) à celui du milieu environnant où circulent librement la faune sauvage (l’exclos). Ces trois dernières années, les équipes de l’agence ONF de Sarrebourg ont planté, pour faire face au changement climatique, près de 100 hectares de chênes qu’il a fallu entièrement grillager, sous peine de tout perdre. Entre Alsace et Lorraine, l’agence de Sarrebourg gère près de 50.000 hectares de forêts domaniales. "60% sont touchées par le déséquilibre forêt-gibier", estime Jonathan Fischbach, responsable chasse et pêche sur ce territoire. A Fontainebleau, les zones grillagées ne cessent de se multiplier depuis 30 ans. L'arrêt des coupes rases de régénération devrait enfin mettre un frein à la prolifération de ces clôtures... Enfin, c'est notre souhait le plus cher !

Photo Communication ONF


jeudi 6 février 2020

[BLEAU] La nouvelle Commission Escalade Bellifontaine est lancée depuis le 05 février 2020

Hier, se tenait la première réunion de la « nouvelle » Commission Escalade Bellifontaine (CEB) co-présidée par l’ONF et le COSIROC suite à la signature de la Convention dont nous avons déjà largement parlé. Nous écrivons « nouvelle » car cette commission est en fait une renaissance après plus de 3 longues années de vacances. L’occasion pour l’Office National des Forêt de présenter le périmètre couvert par cette convention et les enjeux liés au développement de la pratique de l’escalade en forêt devant la trentaine de représentants des associations (AFF, CAF, Cosiroc, FFCAM, FSGT, GUMS, Respect Bleau…), Office de tourisme de Fontainebleau, représentants du sport et de l’enseignement et, bien entendu, grimpeurs – ouvreurs indépendants. Premier doute levé, le périmètre de la convention et de la CEB se limite à la gestion des sites autorisés au balisage des circuits d’escalade en forêt domaniale de Fontainebleau (inclus Trois Pignons, Commanderie, Nemours). Les autres sites franciliens seront traités directement par la Commission des circuits du Cosiroc.

La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard
La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard
Photo : François Lesin


L’ONF nous a rappelé qu’il doit faire face, en tant que gestionnaire, au formidable développement des pratiques sportives « outdoor » qui conduisent à une très forte fréquentation des forêts périurbaines par un public pas toujours au fait des risques et usages en milieu naturel. Si les forêts domaniales sont ouvertes au public, elles le sont sous conditions et le niveau d’exigence du gestionnaire est d’autant plus important que la domaniale de Fontainebleau fait l’objet de très nombreuses mesures de protection. L’ONF Fontainebleau a donc mis en place des conventions avec les usagers à commencer par les randonneurs, les vététistes et les grimpeurs et souhaite poursuivre la réflexion avec les cavaliers. De son côté, le Cosiroc a rappelé l’exceptionnelle autogestion du parc de circuits d’escalade par les bénévoles depuis les années 70 et notamment les travaux entrepris pourla diminution de la taille du balisage, son harmonisation et sa qualité qui ont donné naissance à la publication d’un livret de recommandations régulièrement mis à jour depuis les années 80.

Le rôle de la Commission Escalade bellifontaine est de coordonner les travaux de balisage et d’entretien des circuits dans les zones d’escalade équipées et validées par le gestionnaire avec 3 objectifs prioritaires pour l’ONF : assurer un équipement de qualité, éviter les conflits d’usages et répondre aux exigences de protection de l’environnement et du patrimoine. En effet, pour l’ONF, il est impératif que les infrastructures proposées dans les sites accueillant du public répondent à des exigences de qualité et de sécurité, l’accueil des touristes étant un fort enjeux économique sur le territoire. Il est donc important de veiller à ce que l’équipement des sites ne se fassent pas à l’exclusion d’autres usagers ou entraînent des conflits entre usagers. Enfin, outre les Réserves Biologiques Intégrales, le massif forestier est un territoire où les enjeux environnementaux (protection faune, flore mais aussi érosion, déchets...) et patrimoniaux (gravures rupestres, abris de carriers…) sont très importants notamment du fait des directives européennes du réseau Natura 2000, de son classement en forêt de protection mais aussi en vue de son futur classement UNESCO. 

L’escalade étant un sport en fort développement et où de nombreux pratiquants ne sont pas fédérés, la CEB aura aussi pour mission de participer à l’éducation ces individuels aux bonnes pratiques (relire notre article sur "faire ses premiers pas de grimpeur à Bleau"). Pour ce faire, le Cosiroc et l’ONF ont élaboré une cartographie détaillée des surfaces de l’ensemble secteurs où le balisage est autorisé et où les pratiquants sont incités à venir. La réunion s’est poursuivit sous forme de questions-réponses autour du fonctionnement de la CEB, les critères de validation et acceptation des autorisations de balisage, les moyens techniques (prise en charge des frais par le Cosiroc, nature des produits décapants et peintures autorisés, durabilité des balisages), le nombre de circuits et secteurs, la coordination des travaux, la gestion des ouvertures individuels non balisées…

La première réunion de la Commission Escalade de Bleau se tenait mercredi soir à l'Ermitage de Franchard sous la présidence conjointe de l'ONF et du Cosiroc. Photo Greg Clouzeau
Le Cosiroc a déjà mis en place sur son site internet un certain nombre de pages sur le sujet (bonnes pratiques, mémento des recommandations de balisage) et vous pourrez y enregistrer vos demandes d’autorisation d’entretien de balisage, modifications de circuits ou si le besoin s’en fait sentir, ouverture de nouveau secteur étant entendu que si l’ONF n’est pas fermé sur le sujet, il attend des grimpeurs et du Cosiroc une gestion « raisonnable » du développement des circuits. Le balisage en forêt est une activité réglementée et soumise à l’autorisation de l’ONF. La plateforme du Cosiroc aura pour but de coordonner les travaux d’entretien et d’ informer les techniciens forestiers de chaque secteur tout en protégeant les baliseurs des éventuels tracas administratifs.

Retrouvez les zones autorisées avec le Communiqué officiel de l'ONF sur la Convention dans cet article.

 
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