Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2013-11-03

Le Tibet ! Une destination qui fait rêver bien des alpinistes, symbole de pureté et de paix mais en réalité lieu de toutes les souffrances et espoirs d'un peuple. Il y a certes peu de chance qu’une énième pétition face plier la Chine et rende au peuple Tibétain sa liberté mais bon, il y a bien longtemps que les journaux Montagne et Outdoor ne prennent plus position en faveur d’un Tibet libre. 

Qui se souvient de l’ancienne campagne lancée dans la presse spécialisée alpinisme des années 80 et soutenue par de nombreux fabricants de matériel ? Qui a encore ce casque Grivel aux couleurs du Tibet ? Et en France, quand parle t’on réellement du problème tibétain ?
A la TL²B, Greg reste très sensible au sujet. Il suit les activités du groupe du Sénat et l’actualité des associations depuis plusieurs années. 



La communauté internationale reste prudente et discrète sur la question tibétaine, arguant qu'il s'agit d'une affaire de politique intérieure chinoise. Le long silence de la France sur la question tibétaine illustre son aspect sensible au plan diplomatique comme commercial. Depuis le passage chaotique de la flamme olympique à Paris et la rencontre du président Nicolas Sarkozy avec le Dalaï-Lama en 2008, la France s'est abstenue d'aborder la question tibétaine avec la Chine.


Les Français doivent-ils soutenir l'autonomie du Tibet ?
C'est peut être l'occasion... à moins que vous ne pensiez que le système défendu par la communauté soit trop archaïque et lui aussi, assimilable à une privation de liberté (voir les commentaires).

Avant de tenter de répondre à la question posée “Doit-on soutenir l’autonomie du Tibet ?”, il faut présenter les trois options défendues par différents groupes :
- Le premier constitué de Tibétains exilés, certainement d’un grand nombre de Tibétains en RPC et de la plupart des mouvements des droits de l’Homme et pro-Tibétains, réclame l’indépendance.
- Le second suit la ligne du Dalaï-Lama qui a renoncé en 1988 à l’indépendance au profit d’une réelle autonomie à l’intérieur de la RPC.
- Le 3e groupe représenté par le gouvernement chinois, la grande majorité des Chinois et quelques Occidentaux acquis à la Chine considère que le Tibet fait partie intégrante de la Chine depuis le 13e siècle, parfois le 7e et (déclaration de 2008) « depuis que l’activité humaine a commencé ». 



Sans reprendre l’histoire des relations sino-tibétaines, il faut savoir que le Tibet a été indépendant de facto de 1913 à 1950 quand l’armée chinoise a envahi le pays où population, langue et culture étaient jusque là parfaitement tibétains.
L’Accord en 17 points signé en 1951 entre les représentants du gouvernement tibétain et la Chine promettait une autonomie. Elle n’a nullement a été respectée. En effet, la région « autonome » du Tibet fondée en 1965 n’est autonome que de nom puisque toutes les décisions politiques sont prises par des Chinois à Pékin. Elle est en parallèle soumise à une sinisation démographique, économique et culturelle massive.
Le gouvernement chinois n’a aucune intention de mettre en œuvre l’autonomie déclarée qu’il apparente à une indépendance déguisée et poserait la question de leur politique d’assimilation envers les Ouïgours et les Mongols de Chine. 
Soutenir l’autonomie correspond à demander à la Chine de respecter sa propre constitution, mais on reste très loin de l’enjeu véritable qui est le droit à l’auto-détermination du peuple tibétain.

Plus de 120 Tibétains se sont immolés par le feu ces dernières années pour exprimer leur désespoir face à la répression chinoise au Tibet. À l'abri des regards, l'armée et la police sèment la terreur dans la population tibétaine qui manifeste pacifiquement pour le respect de ses droits.





Ces immolations de plus en plus nombreuses ont suscité l’intérêt des médias internationaux. Depuis quelques mois, les choses bougent sur la scène internationale. Ainsi,  la justice espagnole a accepté d'enquêter sur l'ancien président chinois Hu Jintao, dans le cadre d'une procédure instruite depuis 2006 pour "génocide, crimes contre l'humanité, torture et terrorisme contre le peuple tibétain" au Tibet dans les années 1980-1990, selon une décision rendue publique jeudi 10 octobre. En effet, la plus haute juridiction pénale du pays, chargée d'instruire les crimes de masse, a jugé recevable la demande du Comité de soutien au Tibet (CAT) d'étendre sa plainte à Hu Jintao, maintenantqu'il n'est plus couvert par son immunité présidentielle (article Le Monde). Cette plainte visedéjà sept autres anciens dirigeants chinois (article Le Monde), dont l'ancien président Jiang Zemin et l'ancien premier ministre Li Peng.

Elle a estimé que Hu Jintao "était compétent et avait l'autorité suffisante pour mener une série d'actions et de campagnes visant à harceler le peuple tibétain". Et ce parce qu'il "était secrétaire du Parti communiste chinois dans la région du Tibet, pendant les différentes campagnes de répression au Tibet menées dans les années 1988-1992". De plus, le tribunal rappelle aussi l'existence de résolutions de l'ONU reconnaissant que "les autorités chinoises ont décidé de mener une série d'actions visant à éliminer le particularisme et l'existence du pays tibétain en imposant la loi martiale, au moyen de déplacements forcés, de campagnes de stérilisation de masse, de tortures des dissidents".

Pour ce faire une idée de la situation des tibétains, nous vous invitons notamment à lire le long reportage du Monde : Voyage à travers le Tibet persécuté, sur la route des immolés de Brice Pedroletti. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'une bonne partie de la population chinoise est acquis à la cause de leur gouvernement. 

Parmi les nombreuses lois réprimant la population tibétaine en Chine, il y a celle qui les oblige a hisser le drapeau chinois sur leur maison et qui a provoqué ces derniers mois, un nouvel élan d’insurrection !
Les Tibétains qui refusent de hisser le drapeau chinois sur leurs maisons risquent simplement d’être torturés ou tués.   On est loin des revendications actuelles de nos bonnets rouges qui nous préoccupent tant aujourd’hui en France.



Si les dirigeants chinois ont lancé une campagne de grande envergure visant à dissimuler leurs violations aux droits de l’Homme et à convaincre les autres gouvernements de voter en faveur de la Chine pour son élection au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, ils leur faut l'obtention de 97 voix pour accéder au siège.

Si la Chine représente un potentiel commercial énorme pour nos économies malades, 13 pays viennent de l'interpeller sur ses violations des droits humains au Tibet. Ainsi, le Canada, la République tchèque, la France, l’Allemagne, l’Islande, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et la Suède  viennent de demander à la Chine de défendre la liberté de réunion, de religion et d’association au Tibet. Et ceci quelques jours seulement après l’enquête lancée par un tribunal espagnol sur des génocides orchestrés par l'ancien Premier ministre chinois !

Cette année est peut être celle qui verra naître le changement. C’est pourquoi, malgré le peu d’effet des pétitions précédentes, nous vous invitons à la TL²B à signer cette nouvelle version
https://secure.avaaz.org/fr/stand_with_tibet_loc/?bsuKUdb&v=30952


Puisque l'on y est et pour être le plus complet possible, il nous faut signaler quelques travaux anciens (2012) du Sénat sur le Tibet. 

Ainsi, le groupe d’information internationale sur le Tibet du Sénat a reçu le Dr Lobsang Sangay,  nouveau Chef du Gouvernement tibétain en exil le mercredi 17 avril 2013. Le Dr Lobsang Sangay porte le titre de Sikyong depuis que le Dalaï-Lama lui a dévolu, en novembre 2011, l’intégralité de ses pouvoirs politiques.
Le Sikyong s'est rendu à Paris pour donner, le jeudi 18 avril, une conférence publique à destination de la communauté tibétaine de France et, au-delà, de tous ceux qui s’intéressent à la difficile situation du Tibet depuis le printemps 2008, marquée par plus d’une centaine d’immolations en protestation contre la répression menée par les autorités chinoises.

Les sénateurs membres du groupe d’information internationale sur le Tibet soutiennent tous les efforts que pourra faire la France afin de contribuer au rétablissement d’un dialogue entre le Gouvernement tibétain en exil et le Gouvernement chinois, et à l’amélioration de la situation du peuple tibétain. Ils recommandent au Président de la République et au ministre des affaires étrangères de recevoir officiellement le Sikyong, ainsi que d’autres gouvernants de pays démocratiques l’ont déjà fait.
Une délégation du groupe d’information se rendra à Dharamsala, en Inde, du 7 au 12 mai 2013, pour y rencontrer des représentants du Parlement et du Gouvernement tibétains en exil. (Contact : M. Vincent Poux 01 42 34 25 68  / v.poux@senat.fr)
En 2012 

Le groupe d'information internationale sur le Tibet du Sénat a organisé au Palais du Luxembourg, le 3 mars 2012, une journée de conférences consacrée à l'histoire du Tibet.
Alors que la question du Tibet soulève une émotion croissante dans l'opinion publique française, ses données fondamentales demeurent encore largement méconnues et apparaissent souvent bien compliquées, voire controversées. Pourtant, il existe dans ce domaine des faits établis et des vérités historiques.
L'objet de cette journée de conférences était donc de faire connaître au grand public, dans une perspective scientifique et objective, les données de la recherche sur l'histoire politique du Tibet, sur une période allant du XVIIème siècle jusqu'aux événements les plus récents de ce début de XXIème siècle.
En raison du grand intérêt de l'ensemble formé par ces sept conférences, le groupe d'information internationale sur le Tibet a jugé utile d'en publier le compte rendu.


Extrait

Introduction

Pourquoi ai-je souhaité l’organisation au Sénat d’une journée de conférences sur l’histoire politique du Tibet ?
Les développements de la question tibétaine depuis le mois de mars 2008 en ont clarifié les données politiques immédiates : il est désormais évident que le peuple tibétain, dans sa grande majorité, conteste la tutelle que la Chine exerce sur le Tibet depuis 1949 et persiste à considérer le Dalaï-lama comme son leader légitime.
En tout état de cause, le gouvernement de Pékin ne peut plus avoir l’espoir d’être cru en prétendant que tout va bien au Tibet et que les Tibétains sont heureux d’être chinois.
Pourtant, la forte médiatisation du printemps 2008 n’est pas exclusive d’une profonde  méconnaissance des données historiques de la question tibétaine dans l’opinion publique occidentale en général, et française en particulier. Cela s’explique, d’abord, par le fait que le Tibet est un pays
lointain et à la population réduite – même s’il est grand comme cinq fois la France – et qu’il est demeuré fermé jusqu’au milieu du XXème siècle. Mais cette ignorance est due aussi, et surtout, à l’ « effet de brouillage » de la propagande chinoise.
En effet, du débat inégal opposant les autorités chinoises et les autorités tibétaines en exil, l’homme de la rue retient finalement l’idée que l’histoire du Tibet est bien compliquée et incertaine. Pourtant, tout n’est pas pure affaire d’opinion dans ce domaine, où existent aussi des faits établis et
des vérités historiques.
La propagande chinoise, sans négliger de proclamer l’appartenance de toute éternité du Tibet à la Chine, a par ailleurs pris comme autre angle d’attaque une dénonciation de ce qu’elle qualifie de « lourde théocratie féodale » dans le Tibet dit d’« ancien régime ». Elle célèbre la suppression du
servage et revendique un rôle de véritable défenseur de la culture tibétaine pour les autorités de Pékin.
Au final, cette propagande new look parvient à jeter le doute sur la légitimité des autorités tibétaines en exil, et gagne insidieusement les esprits en Occident.
Dans ce contexte, j’ai pensé que le Sénat s’honorerait de contribuer à éclairer les aspects politiques de la question tibétaine en organisant une journée visant à faire connaître au grand public les données de la recherche historique. Fondé sur une base scientifique, cette manifestation doit viser au maximum d’objectivité, et ne pas hésiter à évoquer franchement certains aspects négatifs de l’histoire du Tibet, sans tomber pour autant dans le dénigrement systématique et intéressé de la propagande chinoise.


A lire :
L’histoire complexe du Tibet au Sénat

L’histoire du Tibet du XVIIème au XXIème siècle
Compte rendu de la journée de conférences organisée au Sénat le 3 mars 2012

Extraits :
La commission s’est réunie le jeudi 25 octobre 2012 pour l’examen de la proposition n° 787 de M. Jean-François Humbert, relative à la nomination d’un représentant spécial de l’Union européenne pour le Tibet.

M. Simon Sutour, président :
Nous abordons la question délicate des droits de l’Homme au Tibet, c’est-à-dire dans une partie de la Chine. Le sujet est sensible : comme chaque fois que l’on aborde la situation dans une partie d’un pays, ainsi pour les Kurdes en Turquie, on suscite un réflexe national, voire nationaliste. Il faut faire preuve de doigté pour être utiles.
Nous sommes d’ordinaire saisis d’un texte européen et notre rapporteur prépare une proposition de résolution qui, si nous l’adoptons, est envoyée à la commission compétente au fond. Cette fois-ci, nous sommes saisis d’une proposition de résolution déjà rédigée par le président du groupe d’information sur le Tibet, Jean-François Humbert. Notre tâche consiste à faire un rapport sur cette proposition de résolution, à l’adopter ou la rejeter, ou
encore à la modifier. Nous sommes un peu dans le cas d’une commission permanente saisie d’une proposition de loi, tout en étant tenus de nous prononcer dans le délai d’un mois. Je remercie donc Bernard Piras de sa célérité. Ensuite, si nous adoptons le texte compte tenu des propositions faites par le rapporteur, la proposition de résolution ira à la commission des affaires étrangères, qui aura un mois pour se prononcer. Si, au contraire, nous la rejetons, elle sera également transmise à la commission des affaires étrangères,
mais elle ne sera alors tenue par aucun délai… Notre intérêt est d’adopter un texte.
Cosignée par 24 des 27 membres du groupe d’information sur le Tibet, représentant la quasi-totalité des groupes politiques du Sénat, cette proposition de résolution a un objet simple : rompre le silence assourdissant de la communauté internationale face à l’aggravation de la situation au Tibet.

Depuis l’annexion forcée du Tibet par la Chine en 1950 et après le départ du Dalaï-Lama pour Dharamsala en 1959, les Tibétains n’ont jamais accepté ce qu’ils ressentent au fond de leur coeur comme une domination étrangère. Après l’écrasement de la résistance armée tibétaine, les ravages de la révolution culturelle, après la répression du soulèvement à Lhassa en 1989, celui du printemps 2008 a été lourdement réprimé. Depuis, la loi martiale prive les Tibétains de leurs droits et libertés les plus élémentaires. Cette oppression continue les a plongés dans un désespoir si profond que certains d’entre eux en sont arrivés à cette forme radicale de protestation que constituent les immolations par le feu. Avant de revenir sur le terme, sachez qu’au 24 octobre, il y en avait eu 58.




Il suffirait d’un peu de bonne volonté de la part de la Chine pour que les Tibétains bénéficient de l’autonomie réelle à laquelle ils ont droit en vertu de la constitution de la République populaire de Chine – elle prévoit des régions autonomes, dont le Tibet. Notre proposition de résolution s’appuie sur la résolution relative aux droits de l’Homme au Tibet adoptée par le Parlement européen le 14 juin 2012, et dont le point 19 préconise la nomination d’un représentant spécial pour le Tibet.

Après les émeutes de 2008, avec la multiplication des immolations depuis 2010, la question tibétaine est au coeur de l’actualité. Face à la propagande chinoise qui ne désarme pas, à la colonisation qui s’amplifie et la répression de toute protestation, il est légitime d’attirer l’attention de la communauté internationale sur cette violation constante des droits de
l’Homme depuis 1951. L’affirmation de l’histoire officielle chinoise selon laquelle le Tibet appartient à la Chine en raison du lien personnel établi autrefois entre le Dalaï-Lama et l’Empereur, puis dénoncé au début du XXe siècle par le Dalaï-Lama, ne saurait justifier la politique menée par la Chine au Tibet depuis 1951. Il est également impossible d’accepter la banalisation de la question tibétaine comme le propose la Chine, quand elle prétend que l’affaire relève de ses affaires intérieures, au titre d’une politique générale des minorités ethniques. Loin de constituer une minorité noyée au sein des Hans majoritaires, les Tibétains sont les héritiers d’une civilisation millénaire à part entière, avec sa langue, sa culture, sa religion, et qui aspire à survivre. Que les Tibétains aient subi l’influence chinoise (moins encore que l’influence indienne) ne les prédispose pas à perdre leur autonomie. Les Japonais pourtant nourris de civilisation chinoise pendant plusieurs siècles ne sont pas pour autant des Chinois !

Le groupe d’information internationale sur le Tibet du Sénat se félicite de l’adoption d’une résolution relative à l’action européenne en faveur de la protection des droits des Tibétains
La proposition de résolution relative à l’action européenne en faveur de la protection des droits des Tibétains présentée le 28 septembre 2012 par vingt-quatre membres du groupe d’information internationale sur le Tibet du Sénat, présidé par M. Jean-François Humbert (UMP– Doubs), est devenue résolution du Sénat le 27 novembre 2012.
Cette résolution a été successivement adoptée à l’unanimité par la commission des affaires européennes, puis par une majorité de la commission des affaires étrangères.
Le texte propose de faire de la question tibétaine une priorité confiée au Représentant spécial de l'Union européenne pour les droits de l'Homme, nommé auprès du Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de Sécurité, avec pour mandat de :
– promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes visant à faire progresser les droits humains et les libertés des Tibétains, notamment leur droit à préserver leur identité propre, dans ses aspects religieux, culturels et linguistiques ;
– promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes soutenant le dialogue entre le Gouvernement de la République Populaire de Chine et les émissaires du Dalaï‑Lama, dans la perspective d'aboutir à une solution pacifique et mutuellement bénéfique de la question des droits des Tibétains ;
– promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes soutenant la communauté tibétaine en exil dans ses efforts, sous la direction de l'administration centrale tibétaine, en faveur du développement des services d'éducation et de santé, de la garantie de moyens d'existence durables à ses membres, ainsi qu'en faveur de la préservation de la culture tibétaine en exil, dans tous ses aspects.

 Le dossier législatif  est consultable sur le site internet du Sénat :
  Contact : M. Vincent Poux 01 42 34 25 68  / v.poux@senat.fr
Document "pastillé" au format PDF (102 Koctets)

Le 27 novembre 2012

N° 39
SÉNAT
                  
SESSION ORDINAIRE DE 2012-2013

RÉSOLUTION EUROPÉENNE
relative à l'action européenne en faveur de la protection des droits des Tibétains.
Est devenue résolution du Sénat, conformément à l'article 73 quinquies, alinéas 4 et 5, du Règlement du Sénat, la résolution adoptée par la commission des affaires étrangères dont la teneur suit :
Voir les numéros :
Sénat : 787 (2011-2012), 91 et 155 (2012-2013).
Le Sénat,
Vu l'article 88-4 de la Constitution,
Vu la résolution 2012/2685 du Parlement européen du 14 juin 2012 sur la situation des droits de l'Homme au Tibet,
Considérant que le respect des droits de l'Homme, ainsi que des libertés de religion et d'association, est l'un des principes fondateurs de l'Union européenne, que sa politique étrangère vise notamment à promouvoir ;
Considérant que le dialogue Union européenne-Chine sur les droits de l'Homme n'a débouché sur aucune amélioration sensible de la situation des droits fondamentaux des Tibétains ;
Considérant que les autorités de la République populaire de Chine (RPC) ont eu un recours disproportionné à la force face aux manifestations de 2008 au Tibet et que, depuis lors, elles imposent des mesures de sécurité contraignantes qui limitent les libertés d'expression, d'association et de religion des Tibétains ;
Considérant que les pourparlers entre les émissaires du Dalaï-Lama et le Gouvernement de la RPC visant à trouver une solution pacifique et mutuellement satisfaisante à la question des droits des Tibétains n'ont débouché sur aucun résultat concret et sont actuellement au point mort ;
Considérant que les principes fixés dans le Mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain, présenté par les émissaires du Dalaï-Lama à leurs interlocuteurs chinois au mois d'octobre 2008, sont à prendre en compte pour arriver à une solution politique réaliste et durable de la question tibétaine, tenant compte de la nécessité, pour la RPC, de préserver sa souveraineté et son intégrité territoriale et, pour les Tibétains, de jouir d'une réelle autonomie au sein de la RPC ;
Considérant que le processus de démocratisation des institutions tibétaines en exil a franchi récemment une étape décisive, avec le transfert des pouvoirs politiques du Dalaï-Lama au Premier ministre de l'administration centrale tibétaine en exil ;
Demande au Haut Représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, à défaut d'un représentant spécial pour le Tibet, de confier au Représentant spécial de l'Union européenne pour les droits de l'Homme la question tibétaine comme une priorité, avec pour mandat de :
- promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes visant à faire progresser les droits humains et les libertés des Tibétains, notamment leur droit à préserver leur identité propre, dans ses aspects religieux, culturels et linguistiques ;
- promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes soutenant le dialogue entre le Gouvernement de la RPC et les émissaires du Dalaï-Lama, dans la perspective d'aboutir à une solution pacifique et mutuellement bénéfique de la question des droits des Tibétains ;
- promouvoir la coordination politique au sein de l'Union européenne pour des actions cohérentes soutenant la communauté tibétaine en exil dans ses efforts, sous la direction de l'administration centrale tibétaine, en faveur du développement des services d'éducation et de santé, de la garantie de moyens d'existence durables à ses membres, ainsi qu'en faveur de la préservation de la culture tibétaine en exil, dans tous ses aspects.
Devenue résolution du Sénat le 27 novembre 2012.
Le Président,
Signé : Jean-Pierre BEL




POUR EN SAVOIR PLUS: 
S’informer sur le Tibet
Sites d’actualités
Pour être informé de l’actualité des Tibétains :
 www.tibet-info.net : en français, un des meilleurs sites, très riche, avec une mise à jour régulière des informations. Pour lire aussi les derniers documents, comme le "Mémorandum sur une autonomie réelle pour le Peuple tibétain" et sa "Note explicative", pour tout savoir sur la Constitution, la Démocratie tibétaines, l'appareil judiciaire, législatif ou exécutif de l'Administration Centrale Tibétaine en exil, le Plan de Paix en 5 points, etc. Un archivage précieux
 www.phayul.com : en anglais, le site des réfugiés tibétains, mise à jour quotidienne, très complet
 www.tchrd.org : en anglais, le site du Tibetan Centre for Human Rights and Democracy, basé à Dharamsala, mise à jour régulière (Inde)
 www.tibetan.fr : en français, tibétain et chinois, le site de la Communauté tibétaine de France et ses amis a fait peau neuve et s'avère aussi très dynamique
 Pour se rappeler le tremblement de terre de Jyekundo, le 14 avril 2010, dans le Kham (en chinois Jiegu, préfecture de Yushu, Qinghai), consulter Tibet-info et un site français qui propose des photos de Jyekundo avant le désastre, tibet-defacto.
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Tibet : tout un Portail Tibet sur Wikipedia, l'encyclopédie collective sur Internet
 http://tibetmap.com : toutes les cartes du Tibet, par l'Institut de Cartographie du Tibet

 Pour s'informer sur les immolations, ce geste ultime de désobéissance civile, quelques vidéos récentes publiées sur Youtube en anglais : The burning question :Why are the Tibetans burning to Self-immolation (Administration Centrale Tibétaine, 24 septembre 2012), What's China doing in Tibet (CTA, décembre 2012). Publié le 13 décembre 2012 sur le site du TCHRD (Tibetan Center for Human Rights and Democracy), un document très touchant de Katie Lin Beyond the numbers : a Perspective on Tibet Self-immolations. Un autre site propose un défilé qui serre le coeur de tous ces visages, plus d'une centaine maintenant... 


Enfin :
Aide à l'Enfance Tibétaine (AET)
4 Passage Lisa
75011 PARIS
Tel : 01-55-28-30-90
Courriel : aide-enfance-tibetaine@orange.fr


A la TL²B on se lasse un peu de toujours écrire les mêmes articles sur ces grimpeurs qui, pour leur petit confort perso et par pure égoïsme ne se soucient pas de l'avenir des sites qu'ils saccagent. Pour autant, on poursuit notre travail d'information en nous substituant "aux autorités" afin que ces actes soient connus de tous. Nous avons laissé passer un peu de temps mais nous trouvions important de signaler une nouvelle fois ces tristes histoires au cas où nos fidèles lecteurs seraient passés à côté...
Promis, ce n'est pas qu'un conflit de génération mais belle et bien une fracture entre deux types de pratiquants...




Commençons avec ce coup de gueule justifié et déjà ancien de l'ami Pierre Duret (CD FFME 84) et déjà signalé par notre partenaire Kairn.

Quelle ne fut pas sa surprise de constater que deux arbres avaient été abattus grossièrement dans le secteur Réserve à Venasque, sans aucun doute par des grimpeurs... 

Photo Pierre Duret
Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle que nous avons évoqué il y a quelques temps à propos du viaduc des Fauvettes. Que les falaisistes  se rassurent, il se passe la même chose à Bleau où des arbres sont abattus pour donner plus d'ampleur à certains passages, des blocs sont souvent décapés plus que de raison et où on n'hésite plus à creuser le sol et déplacer des blocs pour aménager une surface de réception confortable ou permettre un départ assis ! Mon pauvre Pierre, on parle encore en mal de Venasque (nous l'avions fait ici) sur la TL²B mais cette fois, on te soutien...

Extraits :


"Quelle ne fut pas ma SURPRISE quelques mètres plus loin, au pied des voies "Antigel" et "Close to paradise", d'y trouver deux chênes verts, de plus de 10 mètres de haut et au moins 25 cm de diamètre, au sol ! Coupés net à 20cm du sol !!??? L'horreur quoi !!!! Sincèrement je suis "sur le cul" ... Et rassurez vous je ne suis pas un Ayatollah des anti coupage d'arbres ... 
Il m'est arrivé d'en couper et des plus gros que cela ... Je n'en suis pas particulièrement fier mais c'était nécessaire car CONTRE la falaise ... 

... J'ose espérer que le proprio des terrains ne va pas nous faire une petite visite demain... La vache, les gars (ou les filles ???) vous avez un pois chiche dans le crâne sur ce coup là !!!!

Qu'un élagage un peu radical soit fait sous un gros dévers on peut comprendre avec les retours délicats, pendules et autres c'est d'ailleurs le cas sous le secteur cité précédemment, certains y ont même remonté un muret pour éviter le ravinement, merci et bravo à eux mais ces deux arbres ( les chênes vous savez à quelle vitesse ça pousse ??? ...) ne gênaient absolument pas notre activité verticale. Et même si parfois on doit faire attention dans certaines descentes de voies... Ca va quoi, faut pas déconner et se croire tout permis !"


Quant à Facebook, il nous permet parfois d'entrevoir quelques horreurs comme ces prises de Rioupéroux chauffées au chalumeau pour les sécher ! Parait quelles sont en granit donc pas fragiles !



Un acte que nous avons déjà sévèrement condamné à la TL²B dans le passé lorsque nous avions vu une soit disant vidéo humoristique où les grimpeurs chauffaient les prises d'un dévers remarquable de Franchard au camping-gaz !  



Il y a quelques jours (13/10/2013)  nos amis du JDD sans peur du ridicule, publiaient un article tout simplement intitulé "le loup aux portes de Paris" !  Si à la TL²Bleau nous ne sommes ni pro, ni anti loup, on est resté sans voix à la lecture de l'article...  

Où a t'il été vu pour qu'un journal sème la terreur chez les franciliens ? Faut-il avoir peur du retour du loup à Fontainebleau ? 

On ne pouvait résister à partager avec vous cette bonne nouvelle, le loup est de retour dans notre forêt...

Mise à jour dans cette article suite à la publication de celui ci
http://tl2bleau.blogspot.com/2013/11/promenons-nous-dans-les-bois-pendant.html


L'article du Journal du Dimanche 13 octobre ne manque pas de saveur. Et si cette pauvre bête, tant décriée à l'heure actuelle par certains éleveurs n’était pas une espèce menacée en France, nous pourrions rire de cette prose sans retenue.

Car la journaliste dont nous ne connaissons pas les compétences animalières  nous a quand même gratifié de quelques clichés alarmistes et complètement aberrants ! Exemple : "Le loup se rapproche. Comme il fait partie des espèces protégées, il ne se méfie plus de l’homme.(sic !) Il y a quelques années, on en entendait parler dans les Vosges. L’an dernier, il y a eu un cas en Haute-Marne. Mais si rien n’est fait, dans trois ans il sera dans la forêt de Fontainebleau.

Oui : vous avez bien lu, en 2016, il ne fera pas bon se promener en forêt à la recherche de cailloux éloignés... Remarquez, cela aura au moins le mérite de réguler la population de sangliers... 



Comment Marie Quenet "envoyée spéciale" du JDD peut-elle affirmer que le loup n'a plus peur de l'homme ? Comment peut-elle nous donner une date ? Que cherche-t-on avec de tels propos ? Le titre de l’article en dit d’ailleurs long : "Le loup aux portes de Paris". Lesquelles se situent donc à Bar-sur-Aube ! Vous savez où c'est Bar sur Aude amis bleausards ? C'est à l'Est de Troyes... Tremblez amis franciliens, la mal beste est de retour et va dévorer vos enfants !!!

Ne devrait-on pas écrire "Bonne nouvelle : après plus d’un siècle le loup est de retour dans le bassin Parisien..." ?

 En plus, on vous le dit, cela réglerai (peut être, car on n'est pas des spécialistes et on l'assume) quelques problèmes comme la surfréquentation de la forêt, et du coup, les déchets et l'érosion, la surpopulation de sangliers et, allons y carrément, la prostitution en bord de route et sur les parkings de la forêt ! 

Dans notre région où la chasse à courre a encore tout ses privilèges, nous sommes certains que cela fera des heureux !!!  

Plus sérieusement, le retour du loup en France est une réalité et il cause de vrais dégâts. Il est regrettable que les associations écologistes (pas toutes) ne reconnaissent pas davantage les souffrances des éleveurs qui voient leurs troupeaux égorgés. A vouloir mettre sous-cloche la nature, les écologistes ont tué l'écologie... Il devrait y avoir de la place pour tous, y compris pour le loup, non ?

Cela conduit à des fantasmes politiques alarmants (voir A cause de la fin du cumul des mandats, les loups vont rentrer dans Paris, selon Nicolas Dhuicq, député UMP de l’Aube) et en réaction, à des manifestations locales sans réel intérêt comme celle qui a eut lieu en septembre à Larchan à l'initiative de FERUS.






Voilà bien longtemps que nous n'avons pas fait le point sur les problèmes de stationnement à Bleau. L'occasion nous est donnée par plusieurs petits événements qui perturbent l'accès aux sites de grimpe dans l'indifférence la plus totale, les bleausards s'étant résignés, semble t'il, à ne pas manifester leur mécontentement et à faire comme si de rien n'était ! Manque de place, fermeture, interdictions, squattes... les occasion de mal se garer ne manquent pas. Grimpeurs et randonneurs sont parfois même poussé à la faute et se mettent en danger en stationnant de manière très anarchique en bord de route à grande vitesse. Bref, à Bleau, on n'a un beau discours sur l'accueil du publique mais pas les moyens...


Commençons notre petit tour par le parking d'Isatis-Cuisinière

Depuis la fermeture sans préavis du parking de Cuisinière en avril 2010, les associations (AAFF, Cosiroc, FFME...) se sont mobilisées sur ce dossier auquel nous avons consacré pas mal d'articles (vous les retrouverez dans cette rubrique). L'agrandissement et transformation du parking d'Isatis n'a finalement pas résolu les problèmes (manque de place, stationnement dangereux en bord de route...et insertion périlleuse !)

Mais, côté signalétique, les choses s'améliorent car le nouveau parking est maintenant correctement indiqué dans les deux sens sur la D409 ! Reste que le tourne à gauche pour ceux qui roulent en direction d'Arbonne est dangereux. Malgré plusieurs demandes associatives, la DDR ne semble pas prête à limiter la vitesse sur cette ligne droite (certainement pour ne pas avoir à le faire ailleurs) mais étudie quand même un balisage spécifique au sol (comme c'est le cas sur la Route Ronde aux passages piétons).

Exemple d'un changement de revêtement pour protéger en le signalant un passage piétons


Bien entendu, le parking est souvent squatté par les campeurs malgré l'interdiction matérialisée depuis cet été par un pauvre petit panneau hélas souvent caché par d'imposants véhicules dont ceux transportant les chevaux des chasses à courre ! D'ailleurs en matière de cohérence du panneautage, rappelons que la Route du Loup est interdite aux cavaliers et au 3t5...



Gorge aux chats

En 2011, nous écrivions ceci dans un article passé un peu inaperçu :

"Une source fédérale relayée par un ami, nous signale que le stationnement le long de la route communale (Route des grandes Vallées) à hauteur de la Gorge aux Chats (Trois Pignons) pourrait être interdit par Arrêté Municipal ! La même commune,Noisy-sur-Ecole, se bat aussi pour la fermeture de l'aire de stationnement de la Croix st Jérôme. Dans les deux cas, l'idée c'est le repos des riverains et contribuables qui est mis dans la balance versus les visiteurs de passage !
Dans le cas de la Gorges aux chats, on ne peut blâmer les riverains qui, depuis les années 80, subissent le stationnement de nombreux véhicules de manière très anarchique (même si beaucoup de grimpeurs faisaient des efforts).
Dans le passé, ce site avait fait l'objet d'une bonne bataille des grimpeurs avec les riverains (nombreux pneus crevés) puis avec l'ONF, le balisage y étant interdit ! Si certaines flèches vous semblent en relief, c'est bien par ce qu'un forestier de l'époque les a effacé au marteau et au burin !
Les mauvais comportements des grimpeurs et leur nombre sans cesse croissant ne peuvent que provoquer ce type de réactions (voir le cas Presles en Isère par exemple)."

Il y a maintenant plusieurs mois qu'un panneau matérialise cette interdiction de stationnement dans les 2 sens sur 200 m sans pour autant avoir été beaucoup respecté ces dernier temps ! (Nous n'avons pas vérifié la légitimité du panneau et si un Arrêté le justifiait) . 

Le panneau dans le sens Noisy vers Arbonne est placé une centaine de mètres avant l'entrée du chemin
vers la Gorge aux Chats... Photos : Olivier L.

Pas de panneau avant le stationnement le long des clôtures pour ceux qui arrivent d'Arbonne ou du rond point de Milly

Faut quand même dire qu'il est aberrant ce panneau car installé uniquement dans le sens Noisy vers Arbonne. Autrement dit, il n'est visible que pour ceux venant de la commune et du camping, les parisiens arrivant souvent dans l'autre sens ! En plus, il pousse à stationner en bord de route dans une zone étroite et dangereuse. En cas d'accident, faudra peut être songer à attaquer la Mairie pour mise en danger...

On pourrait stationner un peu plus loin sur la Plaine du pommier sauvage mais, primo c'est privé, secundo, très certainement bientôt interdit aussi ! Du coup, là encore, on peut poser la question : comment fait-on pour accueillir le public ? Faut dire qu'à Noisy, les visiteurs de Bleau, c'est pas eux qui font vivre la commune !

Coquibus

Nous vous avions parlé en 2011 également de la fermeture sans préavis du parking du Guichet ! Une sombre décision de l'ONF liée au non versement par le CG91 d'une subvention d'entretien et qui, là encore met en danger les usagers contraints de stationner aux bords d'une départementale très fréquentée. 

Si rien n'a changé, on en reparle car les grimpeurs et randonneurs qui avaient pris l'habitude de stationner plus loin au nord du massif, ont eut la désagréable surprise de se voir une nouvelle fois repoussé! Ainsi l'accès à la Roche qui Tourne par le chemin agricole n'est plus possible ! Une décision cette fois incontestable, car ce chemin relève du régime privé ! 




En effet, la plupart des parcelles de la plaine sont rattachées à la ferme de Chalmont et constituent un vieux domaine privé d'un des plus grands propriétaire de Courances ! Quand à la nouvelle clôture il semble qu'elle soit justifiée par l'exploitant agricole qui souhaite ainsi protéger ses champs de maïs des intrusions des sangliers! A moins qu'il ne s'agisse d'un moyen détourné de les pousser vers le bois  où se pratique la chasse, hum... Reste donc celui de la Gorge à Veron, seul vrai parking du coin...



Bref, l'accès aux différents sites du Coquibus devient de plus en plus complexe et justifie d'autant notre position sur la publication de topos sur ce massif ! 

Il serait bon également que nos amis de Bleau.info prennent enfin leurs responsabilités et:
- suppriment tous les topos du Coquibus en ligne,
- mettent à jour cartes et descriptions des accès aux secteurs. 



Enfin, qui arrivera à faire coïncider les intérêts privés des riverains avec ceux de l'accueil d'un public de plus en plus nombreux et qui représente en partie l'avenir économique de certaines zones ? 
On vous l'a annoncé cet été, deux topos pour vous guider dans la recherche des blocs de haut niveau à Bleau sont maintenant disponibles : le célèbre 7+8 de Bart et 7 à Plus, celui de Jean Jacques Naël et Sébastien Frigault. Nous vous avions promis leur test détaillé pour vous aider à choisir lors de votre achat. Rappelez-vous, dans cet article nous posions les bases de l'achat d'un topo d'escalade avant de passer en revue l'offrepassée et présente. Voici donc la suite logique où, pour une fois, l'avantage n'ira pas à la production française ! Nous ne sommes  visiblement pas les seuls à le penser même si bien peu auront le courage de leur dire. 



Donc nous voici dans le magasin S'cape de Fontainebleau pour étudier si oui ou non, nous allons acheter un de ces deux topos sur les blocs de haut niveau. Lequel choisir ? Pourquoi? Les deux topos sont au même prix (30 €,  Aïe !), couvrent la même démarche (les blocs à partir 7a à Bleau) mais l'un est en couleur et de format paysage, l'autre en noir et blanc au format portrait.

Commençons avec la réédition du 7+8

L'oeuvre a encore pris du poids ! 
La nouvelle édition fait en effet, 336 pages et propose plus de blocs et sites mais aussi plus de pages de présentation, cartes... Comme toujours avec Bart, le topo ne présente qu'une sélection des plus beaux passages de 7a et plus et avec les 2669 décrits y'a déjà de quoi faire ! Les plans et schémas sont clairs (parfois succincts). La couleur facilite beaucoup le repérage des voies par rapport à celles balisées des circuits. Le papier est épais et mate mais l'impression peu contrastée rend les photos un peu fades... 

Bart ne cesse d'améliorer ce topo conçu pour les forts grimpeurs en visite à Bleau (les autres devront acheter le premier tome de 5+6) ! Bienque rédigé en anglais, ce topo est, pour des français, un très bon ouvrage même si beaucoup de blocs sont déjà connus. À 30 € (prix totalement justifié pour un tel ouvrage en couleur) il reste quand même un peu cher pour être utilisé sur le terrain. En effet, un topo de ce type s'abîme  assez vite avec des manipulations incessantes sur le terrain. C'est donc plutôt  un livre à collectionner qui fera un beau cadeau de Noël pour faire rêver !  

Numéro de repérage dans la couleur du balisage, nom, cotation avec proposition de l'auteur 
entre parenthèses, style et brève description en anglais avec, merci Bart, le nom de l'ouvreur... 
Presque parfait, on vous dit !
Pour la note technique, nous mettons donc sans hésiter un 4/5 ! Il ne lui manque en fait que l'exhaustivité pour avoir un 5/5.

Mais que dire de notre note spéciale Green Climbing que nous attribuons aux produits que nous testons ? Nous lui attribuons trois étoiles sans hésiter non plus, (consignes + respect des sites interdits quoi qu'il y en ait encore un ou deux qui trainent) et une quatrième en option pour l'ouverture de quelques voies ! 
Et oui ! Bart, le bleausard hollandais, que nous avions critiqué pour sa participation à la dégradation de la forêt au travers de ses publications antérieures a entendu nos précédents commentaires. En effet, il a inséré des pages de recommandations très claires et évite d'attirer les foules dans les sites fragiles de Bleau comme le Coquibus ou les propriétés privées... Un bel effort ! bravo et merci pour la forêt et les prochaines générations de grimpeurs qui pourront continuer de profiter d'un espace d'aventure préservé ! Bref, c'est un ouvrage que nous recommandons !

7a Plus, le nouveau topo de Nael and Co 

Pepito et Sébastien Figault collaborent depuis de longues années pour topographier la forêt ! A leur actif, un premier essai dans ce type d'ouvrage avec Jardin public, et pour JJN, l'excellent topo des 3pis et le non moins bon Degré 6 mis à jour sur internet !  

7a Plus offre un format un peu plus grand (24 x 16 cm pour 344 pages) que ses prédécesseurs, toujours en orientation portrait mais en noir et blanc. Les auteurs ont apporté le plus grand soin  à la réalisation des plans et schémas s'assistant du gps. Le volume est imposant laissant entrevoir une longue liste de blocs qui ravira les chasseurs de croix. Effectivement, ce topo nous propose plus de 3500 voies réparties sur presque tous les sites de Bleau. De ce point de vue, il bat largement celui de Bart ! Bravo les bleausards. Pour ce qui est de la liste des sites on frise là encore l'exhaustivité.

Oui mais...

Il y a un truc qui nous chiffonne ! 
Il faut se rendre page 290 pour comprendre... 



Nous voilà donc avec des auteurs qui décrivent volontairement et intégralement des sites interdits par leurs propriétaires "que pour mémoire" et qui se déchargent ensuite de leurs responsabilités éventuelles en cas problèmes puisque "cela ne peut être pris pour un encouragement à enfreindre l'interdiction..." ! Cette liste de sites "interdits" est aussi incomplète et c'est forcément volontaire car les auteurs ne peuvent ignorer leur existance. Pourquoi les autres sites interdits n'ont pas le droit au même traitement ?

Pour assurer cette "mémoire", il aurait suffit d'indiquer l'existence des sites sans les décrire, (ce que faisait le Cosiroc dans le Guide des sites naturels d'escalade de France)  

Et pour "l'avenir" ?
 le site internet Topo-Bleau aurait été le support idéal aux mises à jour. C'est inexplicable de la part de Bleausards si investis tels que Pepito ou Sébastien dont l'éthique ne peut être remis en cause. L'idée était peut être de s'aligner sur d'autres sites et topos qui eux ne se privent pas de diffuser ce genre d'information (parfois fausse en plus). Dommage. 


Imprimé en noir et blanc à quelques 600 exemplaires, nous ne doutons pas que cet ouvrage très complet et correcte aux niveaux des informations va rapidement s'écouler...

Pour la note Green climbing  ce sera ***(*) (consignes 1 sur 2 + ouverture 1 + collectif 1) Comme nous ne cautionnons pas la démarche des auteurs à propos des sites "interdits" nous n'avons pas mis la note maximale y compris pour les consignes.

Pour la note technique, ce ne sera guère mieux : 3/5. À 30 € un topo en noir et blanc c'est déjà trop cher mais en plus le papier est trop fin (nous avons déchiré plusieurs pages en le manipullant..). Sur le terrain, heureusement, les informations techniques sont elles, excellentes.

Les topos de Bleau sont généralement disponibles au Vieux Campeur de Paris, dans les librairies de Barbizon et de Milly, à SportOutdoor, S'cape et Reelbooks à Fontainebleau, au camping de la Musardière, et au gîte TheHouse à Tousson.

NATURE