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Promenons nous dans les bois, pendant que loup n'y est pas...

Mis en ligne par TL De Bleau on lundi 11 novembre 2013 | 07:00:00

La semaine dernière, nous publions un article sur le soit disant retour programmé du loup en forêt de Fontainebleau pour 2016 sur un ton un peu moqueur. Pour autant, la terreur ancestrale qu'il inspire nous semble totalement justifiée au regard des nombreux témoignages de ses forfaits passés même s'il furent parfois très exagérés. Il y a peu de chance que la situation du loup en France redevienne celle qu'elle fut dans le passé mais, à des fins historiques et culturels, il nous a semblé utile de publier ici un complément à l'article à charge de la Beste ! Ce n'est pas pour rien qu'à Bleau vous pouvez emprunter la Route du Loup, vous promener dans la Gorge aux loups...


Il est clair que le loup inspire, non sans raison, une peur viscérale à l'homme. Il faut dire que si ce canidé n'est pas très inquiétant pris en solitaire (finalement ce n'est qu'un gros chien qui ne mange guère plus qu'un berger allemand), il devient un  redoutable prédateur en lorsqu'il évolue en meute, y compris pour l'homme dans certaines conditions. Pour nous en prémunir, l'homme inventa des pièges et armes de toutes sortes et sa tête fut mise à prix.

Au IXe siècle, les loups régnaient en maître sur les forêts et les campagnes. Il semble qu'en France, des hordes de loups suivaient les Uns d'Attila, probablement attirées par les cadavres qu'ils laissèrent derrière eux jusqu'à Orléans. En 1234, on sait que le tueur d'un loup touchait une prime de 5 sous parisis, elle valait 20 sols en 1436. Cette prime a perduré de longs siècles et fluctuait suivant la terreur inspirée par le monstre. En 1795 elle était de 200 francs. Après des années de chasses intensives, cette prime était tombée à 40 francs puis 12 en 1873. 


Dans les rues de Paris, en 1423, on tuait l'hiver trois à quatre loups par nuit ! En 1427, entre la Porte st Antoine et Montmartre, quatorze personnes furent tuées par des loups. En 1505, la bête dévora un enfant place de Grève... 

Nos rois créèrent une fonction de louvetier que François Ier développa largement à Fontainebleau. Des ordonnances prises au XVIe siècle imposèrent la participation d'un homme de chaque famille à des battues trois puis quatre fois par an et des taxes pour couvrir les frais de ces chasses étaient imposées à toutes les paroisses. Tout cet appareil juridique et administratif montre bien l'importance attachée à cette époque à la destruction des loups.

Ils étaient en effet très nombreux à l'époque et pendant les premières années du règne de Louis XIII il y eut, en Gâtinais, plus de 300 personnes victimes des loups. A la fin du siècle, en 1679, les registres de la paroisse de Bois le Roi font état de plusieurs bûcherons dévorés par les loups. Un siècle plus tard, pendant la période révolutionnaire, on vit des loups venir déterrer les cadavres dans le cimetière de Fontainebleau. Des mesures drastiques s'imposèrent et la loi du 1° mai 1795 fixa la prime à payer par tête : 100 francs pour un louveteau, 200 pour un loup, 250 pour une louve et 300 si elle était pleine. Deux ans plus tard la mesure ayant sans doute été efficace le primes étaient ramenées à 20, 30, 40 et 50 francs.


Vers 1650 le Grand dauphin fils de Louis XIV attaque un vieux loup en forêt de Fontainebleau. Au bout de quatre jours le loup fut pris par l'équipage non loin de Rennes. Un siècle plus tôt, en 1548 un gentilhomme condamné à mort gagne sa grâce et son portrait dans la salle de bal du château pour avoir affronté et tué en combat singulier une louve gigantesque qui désolait les environs de Fontainebleau.

Les habitués de la forêt de Fontainebleau connaissent certainement l'histoire des croix élevées aux carrefours et qui servaient de lieu de rendez-vous des chasseurs. La Croix de St Hérem fut baptisée du nom du gouverneur du château de Fontainebleau et surtout Grand Louvetier : Gaspard de Montmorin Saint-Hérem. Il est célèbre pour avoir abattu la plus féroce et monstrueuse louve du Gâtinais plus d'un siècle avant la bête du Gévaudan. L'histoire en fut très certainement romancée au point de devenir une sorte de mythe. Toutefois on en trouve les traces en étudiant la gazette rimée adressée à la duchesse de Nemours par Loret le 9 octobre 1655.

"D'un certain diantre d'animal,

Qui alentour fait bien du mal,

Car, pour manger enfant ou femme,

Par une gourmandise infâme,

De telle viande, dit-on,

Il est étrangement glouton.

On l'appelle la Male Beste

Que l'on craint comme tempeste

Tant il est âpre et carnassier.

Aucuns disent : C'est un sorcier...



... Une horrible louve

D'aspect rude, ardent et hideux

Et grande au moins comme deux.

De la chasse toute les pompes,

L'aboi des chiens, le son des trompes,

Les échos répondant aux cors

Qui faisaient de charmants accords,

Célèbrèrent la victoire,

Et puis chacun s'en alla boire,

Car, pour dire la vérité,

Ils l'avaient bien mérité."


En 1692, l'intendant de l'Orléanais comptabilise plus de 150 attaques d'hommes par des loups et une longue traque fut menée par l'équipage royale pour retrouver les loups coupables de la centaine d'attaques en 1712 autours d'Orléans. En 1854, au cours d'une battue en forêt de Fontainebleau, on tuait encore cinq loups. 

L'organisation de la louveterie, disparue avec la monarchie, fut recréée par Napoléon I° et le nombre de loups diminua considérablement dès le début du XIX° siècle. En 1818 on ne donnait plus que 12 francs pour un loup et 18 pour une louve pleine. Cependant jusqu'au milieu du siècle il ne se passait d'hiver sans que plusieurs de ces animaux ne fussent tués dans notre forêt. A la fin du règne de Napoléon III, en 1870, on pouvait considérer comme clos le chapitre de la destruction des loups à grande échelle en forêt de Fontainebleau.
En 1803, plus de 180 loups furent abattus en Seine et Marne. Un an plus tard, et le témoignage nous vient d'Alexis Durand, un loup et une louve furent poursuivit dans Fontainebleau avant de trouver refuge dans les égouts de la place Ferrare où ils furent tués. La même année, en novembre, les loups mutilèrent le cadavre d'un homme récemment enterré. 


La grotte des Crottes au fer
Photo Thierry Gueguen


Il y a dans les bois de la commanderie à Larchant au lieu-dit "Les Crottes au Fer" un abri orné avec une gravure narrative du XIX° siècle relatant le passage d'un loup.
LE 17 FEVRIER 1843 A PASE UN LOUP ICI EUSEBE BERNARD
Faut il prendre cette inscription historique au sens propre ou figuré ?



Photo Thierry Gueguen


Dans l'Almanach de Seine et Marne de 1867, on peut lire que le 18 mai 1866 un loup poursuivant une chienne est entré dans la salle de bal du village d'Aubigny au nord de Melun. La bête n'en réchappera pas. 

Lors du très dur hiver de 1886, les loups divaguaient dans les rues de Ferrière n'hésitant pas à s'attaquer aux portes des boucheries. Le 6 septembre 1888 on tua à Ferrière une louve d'une quarantaine de kilos. En 1896, des loups pénétrèrent dans l'abattoir de la Métairie des Champs, non loin de Préfontaine, pour s'emparer très silencieusement de morceaux de viande de 10 à 15 kg non sans avoir tué un des chiens de garde. 

Enfin, en 1910, 68 loups étaient abattus en France dont 5 dans l'Yonne et en mai 1916, à Château-Thierry, on captura une belle louve et sa portée de cinq louveteaux ! On
abattit en 1918 encore 88 animaux dans tout l'hexagone.

Bref, le loup est et reste un animal dangereux (notamment hors de nos frontières où il est très présent) et les éleveurs ne le savent que trop bien ! Depuis sa disparition de nos forêt, il n'y a plus de grand prédateur et la régulation des populations de sangliers par les chasseurs reste très en deçà de ce quelle devrait être. Son retour est donc le signe d'un meilleure équilibre de la nature. Pour autant, et sans réclamer son éradication, il faut donner les moyens aux éleveur d'effaroucher la bête et de se défendre. A trop vouloir protéger le loup, on risque, comme souvent, d'arriver au résultat inverse...
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Et la Rep 77 s'y met aussi !

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