Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2015-05-17

D'après nos amis du Parisien, "un important feu de forêt s’est déclaré ce jeudi matin (7h), dans le massif des Trois Pignons, dans le secteur du Bois Rond. Il a été circonscrit dans l’après-midi[...] L’alerte est donnée par un riverain, pour un feu de tourbe. 
L’incendie était conséquent car des rafales de vent attisaient les flammes. Le sinistre a nécessité l'engagement rapide d’une cinquantaine de sapeurs pompiers. 
Comme souvent sur ce type de sol, les pompiers ont dû arroser abondamment la tourbe, pour éviter un redémarrage. une surveillance a été mise en place car ce type de feu peu couver longtemps et resortir plus loin !
On attend une note de communication de l'ONF sur la nature de ce feu et les suites qui seront données. L'an dernier, c'est à la Canche aux Merciers, non loin de là, que plusieurs hectares avaient été ravagés...
Soyons vigilants !

Dans un appel un peu désespéré, MBF a publié un article sur son site à propos de l'interdiction du VTT sur les sentiers bleus qui serait inscrite au Plan d'aménagement forestier des forêts domaniales de Fontainebleau et Trois Pignons. 

Le conflit qui oppose les randonneurs, notamment ceux de l'AAFF en charge de l'entretien des sentiers bleus et l'ONF (qui finance les travaux de lutte contre l'érosion) aux Vététistes n'est pas nouveau. Un sujet qui fait toujours couler beaucoup d'encre et sur lequel nous avons largement débattu depuis d'avril 2014 (notamment ici, ici , ici et ). Quant aux espoirs qu'avaient certains représentants de MBF d'être autorisés sur ces sentiers, il y a longtemps qu'on sait qu'ils ne reposaient que sur des manipulations politiques. 

Pourtant, des solutions existent, mais elles supposent que les vététistes locaux et franciliens s'investissent beaucoup plus dans leur réalisation tout en acceptant certaines contraintes au lieu de râler et d'enfreindre chaque règle...


Extrait de l'article de MBF :
"Suite à notre dernière rencontre avec l’ONF et les services en charge des sports de nature du Conseil Départemental 77, nous avons élaboré un plan d’action pour assurer la pratique d’un VTT durable et responsable sur ce site exceptionnel qu’est la forêt de Fontainebleau.
Un élément vient néanmoins perturber ce plan d’action et le bon déroulement des activités en forêt de Fontainebleau :
L’ONF reçoit de nombreuses demandes d’acteurs locaux afin d’interdire la pratique du VTT sur les « sentiers bleus ». Les raisons évoquées sont :

  • Conflits entre certains randonneurs et vététistes sur ces sentiers.
  • Érosion de ces mêmes sentiers
Ainsi, pour répondre à ces 2 problèmes identifiés, l’ONF pense interdire le VTT sur les « sentiers bleus » dans son prochain plan d’aménagement.

La décision sera probablement prise lors du prochain comité « accueil et érosion » le 26 mai prochain. Si une telle décision est validée, cela serait malheureusement une première en France.

Aussi, MBF a tenu à alerter immédiatement le Président du Conseil Départemental de Seine et Marne par courrier (pdf), afin de porter cette affaire devant la Commission Départemental des Espaces, Sites et Itinéraires (CDESI). Cette commission rassemble tous les acteurs de l’espace naturel (sport, environnement, agriculture…) afin de gérer les lieux de pratiques des sports de nature dans un département.


Alertées par MBF, la FFC et la FFCT soutiennent la démarche de MBF et vont également se poster en opposition par rapport à ce projet."



Voilà qui appelle quand même à quelques précisions de notre part (voir notre page pour plus de détail ):

le VTT n'a jamais été autorisé sur les historiques sentiers bleus de la forêt puisqu'il est interdit sur les chemins de moins de 2 m 50 de large !
2°La réforme du Code forestier en 2012 n'a pas totalement dissipé le doute sur l'usage des 2 roues non motorisés en forêt qui restent des véhicules.
3° Nous sommes ici en forêt domaniale, c'est à dire, sur un domaine PRIVE de l'Etat.

Pour autant, et nous sommes tout à fait d'accord avec MBF, le VTT devrait être autorisé à Bleau MAIS SUR UN RÉSEAU DE SENTIERS SPÉCIFIQUES !

Aujourd'hui, du côté des vététistes, à part râler et enfreindre la réglementation, on ne peut pas dire qu'il y en ait beaucoup de motivés pour faire l'administratif nécessaire à la création, le balisage et l'entretien de ces itinéraires spécifiques.
Bien dommage car nous en sommes certains, avec un peu de travail et quelques heures de négociations, le VTT aurait droit à ses sentiers à Bleau 

Par ailleurs, si les vététistes se comportaient mieux (et on sait de quoi on parle, on pratique nous même), respectaient les interdictions (notamment sentiers piétons et réserves biologiques), ne dévalaient pas à toutes allures des pentes fragiles (exemple Franchard Cuisinière dans la zone des grimpeurs), arrêtaient de nier que leur loisir à un impact fort en terme d'érosion, et se mobilisaient pour montrer ce dont il sont capables pour restaurer un site abîmé ou ramasser quelques poubelles, ce serait sans doute plus facile pour ceux qui doivent les représenter !
En quelques semaines, les lecteurs du Parisien 77 ont pu lire plusieurs articles sur l'escalade et la forêt de Fontainebleau. Si ces articles n'apprendrons sans doute pas grand chose aux pratiquants assidus que vous êtes, ils mettent sous les feux de la rampe notre sport et notre forêt avec le risque de voir encore la fréquentation augmenter. 
En tous cas, grâce au travail de l'ami Pascal Villebeuf qui suit notre petit monde depuis des années, les lecteurs du Parisien 77 ont ainsi pu découvrir un court portrait de l'ami Joe Montchaussé et ses produits vendu sous la marque Ibbz qui fête ses 20 ans d'existence, et un autre de l'espagnole Laura Jover, tombée amoureuse nos cailloux au point de s'installer à Bleau il y a deux ans (ici en photo dans un 7a de haute volée à Isatis). 
Pour achever la série, Pascal nous a aussi servi l'inévitable article saisonnier sur le développement de l'escalade à Bleau  mais par rapport aux éditions des années antérieures, il a mis l'accent sur la sur-fréquentation et le problème de la magnésie au travers des propos de Philippe Ledenmat et Greg notamment. Merci Pascal ! Au passage, si tu pouvais éviter l'emploi de "varappe" et varappeur" terme très vieillot (1876) qui au départ désigne un lieu spécifique du Mont Salève près de Genève et les grimpeurs qui le fréquente.

Extrait :
..."Après le phénomène de la star Edlinger dans les années 80, la grimpe a explosé depuis l’an 2000, comme l’explique Philippe Ledenmat, célèbre grimpeur Bleausard, surnom des grimpeurs de Bleau. «Avec Internet et les vidéos, les étrangers sont arrivés en masse. Des sites comme le Bas-Cuvier, Isatis ou la Roche aux Sabots sont surfréquentés. Il faudrait absolument que l’ONF installe des panneaux pour rappeler les règles de bonne conduite, comme ne pas traîner un Crash Pad, utiliser un paillasson pour essuyer ses chaussons avant de grimper et utiliser peu de magnésie (NDLR : la poudre qui élimine la sudation des mains).
Grégoire Clouzeau responsable d’un site Internet passionnant La Tribune Libre de Bleau confirme cette dérive. «Avec la multiplication des salles d’escalades, l’utilisation de la magnésie a explosé. C’est devenu un problème. Cela dégrade les blocs.» 

Bon, c'est un peu court et pas totalement fidèle aux propos du "patron" qui sont plus nuancés mais que voulez-vous, faut faire court pour les journaux populaires !


Logo_OBF_HD.jpgL'Observatoire de la Biodiversité des Forêts est un programme de sciences participatives visant à compléter l'Inventaire National du Patrimoine Naturel pour les espèces forestières dont on parle régulièrement sur la TL2B. Ce mois-ci, il y a 12 nouvelles missions à relever, c'est à dire 12 espèces à rechercher.

Les Missions du mois
En mai, 12 missions d’inventaire en plus !

En mai, fais ce qu’il te plait… mais n’oublie pas d’inventorier la forêt ! L’Observatoire de la Biodiversité des Forêts vous propose ce mois-ci 22 missions d’inventaires qui raviront les plus curieux.
En plus des 10 missions commencées en mars et avril, 12 nouvelles espèces sont recherchées en mai pour inventaire d’urgence !
Lépidoptères, champignons, reptiles et amphibiens… ils sont tous présents et n’attendent que vous !
Parmi les espèces à inventorier ce mois-ci, deux espèces sont très localisées et classées sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) : le crapaud Sonneur à ventre jaune et le papillon Mélibée.
Le Sonneur à ventre jaune, classé vulnérable par l’UICN, a disparu de 17 départements à cause de la régression des zones humides stagnantes et peu profondes où il vit.
Le Mélibée est lui classé en danger critique d’extinction ! Son aire de répartition a fortement régressé depuis les années 80. Il n’est plus présent aujourd’hui que dans les départements du Jura et du Doubs, d’où l’importance de vos futures observations ! Vos données confirmeront sa présence dans ces départements et amélioreront les connaissances sur sa véritable aire de répartition.
Chasseurs d’observations, munissez-vous de votre appareil photo et partez dès maintenant en forêt pour les (re)trouver, vos découvertes pourraient s’avérer inédites !


MélibéeL’Espèce du mois
Le Mélibée

Espèce la plus rare et la plus menacée de l’Observatoire de la Biodiversité des Forêts, le Mélibée est un petit papillon de 15 à 17mm d’envergure aux couleurs ocre. Classé en danger critique d’extinction par l’UICN, il s’agit du dernier statut de conservation avant l’extinction ! A cause de la très forte régression des prairies humides qui constituent son habitat de prédilection, le Mélibée ne subsisterait plus que dans le massif du Jura entre 500 et 1000 m d’altitude.
On le distingue grâce à ses 6 gros ocelles noirs pupillés de blanc disposés en arc-de-cercle et entourés d’orange vif sur le dessous de ses ailes postérieures.
Pour l’observation, soyez persévérants ! Il virevolte d’avril à la mi-juillet dans les clairières et lisières des bois de feuillus humides du Jura essentiellement composé de Molinie, une graminée qui constitue sa principale plante nourricière.

© photo Yann Baillet



Vous connaissez sans doute cette émission "On n'est pas que des cobayes" diffusée sur France 5. Le principe, tester in situ des lois ou des affirmations communes et là, les animateurs, Agathe et David étudient les différents types de cordes pour trouver celle qui permettra à Vincent de descendre en toute sécurité les 35 mètres de haut du viaduc des Fauvettes. Pour cela, ils ont fait appel aux experts du Cosiroc ! A découvrir ce vendredi 22 mai à 20h40 ou le dimanche 24 mai à 19 heures.

Les experts du CoSiRoc vont expliquer l'histoire du rappel depuis ceux qui se faisaient sans matériel  avec une corde de chanvre que testera Vincent sur 8 mètres (en S, sans baudrier avec une vraie corde en chanvre ! ) jusqu'au rappel en fil d'araignée sur 35 m.



L’émission On n’est pas que des cobayes a été enregistrée au viaduc des fauvettes mercredi 8 avril 2015. 
Les photos sont sur http://www.cosiroc.fr 







Si Karma est le nom d'un célèbre 8A de la forêt de Fontainebleau, c'est aussi celui de la salle fédérale (FFME) dans la ville homonyme ouverte l'an dernier dans le complexe du CNSD
On parle rarement compétition ou salle de sport mais vu la place de celle-ci, difficile de passer sous silence l'organisation de son premier contest de blocs !

Il aura lieu le samedi 13 juin 2015 à partir de 15h.

Le Karmaster sera l’occasion de se mesurer à une trentaine de blocs de tous niveaux ouverts spécialement pour l’évènement. Et comme, l’inscription correspond au prix d’une entrée (gratuite pour les abonnés), il y a aura sans doute du monde (surtout s'il pleut) ! Pré-inscription obligatoire donc. Renseignements sur le site de la salle
On arrête là avec cette salle et sa compétition, y'aurait sans doute trop à dire ...

Programme :
– 14h : Accueil des participants
– 15h – 19h : Qualifications
– 19h30 : Finales


Comme nous l'annoncions dans cet article d'avril, ce WE, c'est l'opération de nettoyage du sentier de randonnée n°2 restauré l'an dernier. Les séances de rattrapage se tiendront début juin notamment au Cabaret Masson  et sont détaillées dans les notes ci-dessous.


Communiqué ONF :
Madame, Monsieur,
Dans le cadre de la fête de la nature, l’Office national des forêts et les Amis de la forêt de Fontainebleau organisent le samedi 23 mai de 14 h à 16 h un chantier nature qui vise à entretenir les fontaines du sentier bleu Denecourt n°2.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient participer à cette opération, le rendez-vous est donné à 14 h sur le parking à l’entrée de la route forestière de la Reine Amélie, situé à proximité de la gare SNCF de Fontainebleau-Avon (Coordonnées GPS : lat. 48.41711/ long. 2.72536).

Le nombre de participants étant limité à 20 personnes, les inscriptions sont obligatoires auprès de Corinne Aubin dont les coordonnées sont les suivantes : corinne.aubin@onf.fr ou 01 60 74 77 75

Vous trouverez ci dessous les notes concernant cet évènement et les suivants programmés au mois de juin 2015


Le réseau de la TL²B veille activement sur le sujet des recherches pétrolières dans le sous-sol du très vaste pays bleausard. Cette fois c'est notre ami Bernard qui a sonné l'alerte dans ses Chroniques vertes de Milly à propos d'une nouvelle demande des canadiens de Vermilion REP  sur les concessions de Vert le Grand et la Croix Blanche (Essonne). Elle porte sur la réalisation de nouveaux forages touchant tout ou partie des territoires des communes de Bondoufle, Brétigny sur Orge, Fleury-Mérogis, Le Plessis-Pâté, Leudeville, Marolles en Hurepoix, Sainte Geneviève des Bois, Saint Michel sur Orge, Saint Vrain, Vert le Grand et Vert le Petit. Une enquête publique sera ouverte du 21 mai au 27 juin dans les mairies de Vert le Grand et Leudeville.
Après les avatars de la reprises des recherches en Seine et Marne dont nous parlions en Mars, fallait bien que les voisins en prennent un peu à leurs comptes !
Voici ce qu'écrit Bernard à ce sujet :

"Bien entendu, il s'agit dans ce cas précis d'hydrocarbures conventionnels puisqu'il ne peut pas en être autrement, mais nous savons suffisamment que l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures de schiste en France figurent toujours dans la stratégie des pétroliers pour ne pas nous méfier à chaque fois qu'une demande est déposée, quelle qu'en soit la nature.

En effet, il est permis de s'interroger sur les réserves essonniennes. Pourquoi remuer ciel et terre pour quelques gouttes de pétrole conventionnel si ce n'est dans l'espoir de détecter un éventuel gisement de pétrole de schiste et attendre patiemment une évolution de la législation française ?

Enfin, et malgré les promesses de Vermilion REP, l'impact d'une extension des forages, même conventionnels serait loin d'être neutre pour l'environnement : puits à quelques centaines de mètres des habitations, terres agricoles perdues à jamais, routes encombrées par des transports de matières dangereuses, zones protégées à proximité immédiates (Natura 2000) ...etc

Voilà pourquoi il est vital de tuer dans l'œuf toute possibilité de forages supplémentaires en multipliant les avis défavorables dans le cadre de l'enquête publique. Les horaires d'ouverture et les jours de présence du commissaire-enquêteur sont précisés ici.

Les autres informations officielles sont disponibles et pour avoir une petite idée sur l'historique, il sera utile de relire cet article du Parisien du 22 décembre 2014.

Pour suivre l'actualité sur la question : site du collectif « Non au gaz de schiste 91 »

Une réunion d'information est organisée par l'association Essonne Nature Environnement le jeudi 4 juin à 19h à Epinay sur Orge. Un géologue, un représentant de la DRIEE (Direction Régionale et Interdépartementale de l'Environnement et de l'Energie) et un représentant de Vermilion REP seront présents : l'occasion ou jamais de poser les questions qui dérangent ! Attention ! Inscription obligatoire : voir ici "


Avec l’arrivée des beaux jours revenant, la fréquentation en forêt est importante et le nombre de véhicules stationnés sur les parkings forestiers s’accroît également. Dans ce cadre, le massif domanial de Fontainebleau constitue un lieu propice aux vols à la roulotte. Chaque année, ces actes de malveillance se produisent principalement d’avril à octobre lorsque les fréquentations sont les plus fortes. Pendant cette période où la surveillance est renforcée en forêt, l’ONF appelle donc à la vigilance de chacun.  

With the arrival of spring visitors and the importance of vehicles parked on forest parking and roads, Fontainebleau forest is a good place for thieves. Each year, these malicious acts (occur mainly from April to October) spoil the holidays many visitors. During this period where surveillance is strengthened, the Forest Administration therefore calls for vigilance of everyone.


Parmi les nombreuses activités pratiquées dans la forêt de Fontainebleau, il en est une dont vous ne soupçonnez sans doute pas les ravages qu'elle provoque sur la faune : l'équitation !
En effet, certaines molécules antiparasitaires utilisées pour traiter les chevaux ont des propriétés pesticides susceptible d'affecter une faune dite "non-cible" et notamment les bousiers. Une toxicité mal connue et mal évaluée qui, en raison de la sensibilité de certaines espèces de coléoptères, a nécessité des dispositions spéciales liées au classement de la domaniale au titre de Natura 2000.

Le territoire de la Réserve Biosphère de Fontainebleau, dans le sud de la région Ile-de-France, est le lieu d’accueil de plus de 3 000 chevaux chez plusieurs dizaines d’entreprises (éleveurs, hippodromes, écuries…). C'est aussi un territoire très important pour les insectes. En effet,  312 des espèces qui y sont présentes sont protégées ou figurent sur une liste rouge. Parmi elles, on trouve notamment une trentaine d’espèces de lépidoptères (papillons) et de nombreux coléoptères (3500 espèces) ont également été recensés dont 88 sont des espèces menacées en Ile-de-France et figurent sur la
liste rouge de l’UICN (ARBFG, 2009).

Vous ne le savez peut être pas mais les chevaux d'élevage sont sujets au parasitisme et ce, d'autant plus que leur confinement et un mode de vie si différent de leur milieu d'origine conduisent à une infestation quasi constante. On en distingue deux types :  les parasites externes (mouches, taons, moustiques et tiques) qui, comme pour nous, peuvent provoquer  outre l'agacement, des démangeaisons et maladies (notamment maladie de Lyme) et, les parasites internes sont des vers dont il existe des dizaines d'espèces (strongles, ascaris, anguillules...) Contre ces parasites internes, les chevaux sont traités avec des vermifuges puissants (il s'agit en fait de "vermicides" qui tuent les adultes mais pas les œufs) car l'infestation peut être fatale en cas de non traitement.

Du coup, les traitements préventifs des chevaux contre les vers sont quasiment devenus systématiques. En France, un cheval sur deux reçoit un traitement sans avis vétérinaire (Micoud, 2012). L'usage de ces médicaments est tellement répandu que l'on observe un développement préoccupant de résistances : les  molécules perdent de leur efficacité. 

Les médicaments strictement "vermifuges", qui tuent les parasites internes (donc des vers), ont peu de propriétés insecticides. 
En revanche, les molécules "endectocides" (littéralement "qui tuent à l'intérieur et à l'extérieur", c'est-à-dire les parasites internes et externes), beaucoup plus utilisées, ont des propriétés insecticides. Ils sont neurotoxiques pour les parasites externes, mais aussi pour les mouches, les papillons, les coléoptères, etc. car les insectes ont tous le même système nerveux. Ces molécules appartiennent aux familles des Avermectines et des Milbemycines, et leurs représentants les plus connus sont l'Ivermectine et la Moxidectine. Sur notre territoire, ces molécules représentent 72% des traitements administrés aux chevaux.

Vous voyez où l'on veut en venir ?! Ces molécules toxiques peuvent se retrouver dans l'environnement.

Les processus par lesquels ces molécules endectocides sont métabolisées et stockées dans l'organisme de l'animal sont complexes mais on sait maintenant qu'elles sont rejetées dans l'environnement en continu, pendant un certains temps, par les urines, des crottins et les poils de l'animal. Les études montrent par ailleurs que c'est bien la molécule-mère entière qui est rejetée, et qu'elle n'a pas été dégradée lors de la métabolisation.

Les crottins des chevaux, facilement minéralisables, attirent les insectes coprophages (bousiers, mais aussi mouches...) qui s'en nourrissent, vivent dedans, etc. Ils les dilacèrent et les enfouissent dans le sol. Ce faisant, ils enrichissent le sol et accroissent sa capacité à être végétalisé. Ils transportent également sur eux des bactéries et des champignons du sol, participant ainsi de la vie du sol et de la surface. 
La molécule se retrouve dans le crottin pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines après l'administration du médicament au cheval, et une fois au sol, le crottin reste toxique également pendant plusieurs jours (l'Ivermectine est sensible aux UV à condition d'y être directement exposée). Les insectes coprophages, mais aussi indirectement l'ensemble des insectes du milieu fréquenté par les chevaux et leurs prédateurs peuvent donc être exposés à ces molécules toxiques.

Si des études en laboratoire, mettant directement l'insecte en présence de la molécule, ont montré que cette toxicité agit surtout sur les insectes à l'état larvaire (avec un effet létal) et au stade jeune adulte  qui voit sa croissance ralentie (condamnant sa capacité à se reproduire), qu'en est-il des effets de ces molécules telles qu'elles sont utilisées, après avoir été métabolisées par l'organisme du cheval, et qui se retrouvent dans l'environnement naturel ?

Si les DOCOB (Documents d'objectifs) de la forêt de Fontainebleau (mis à jour en 2013) en préconisent l'interdiction, on peut s'interroger sur comment organiser un traitement antiparasitaire des chevaux garantissant à la fois leur santé et la préservation des milieux naturels et des espèces de l'écosystème ? Une question à laquelle s'est attaquée Marion Micou en 2012 (voir plus bas) dont les travaux ont été suivis par la Réserve MAB. En attendant, plusieurs propriétaires privés rencontrés dans le Pays de Fontainebleau ne semblaient pas informés du sujet...


A lire :

Impact des produits antiparasitaires administrés aux chevaux sur les coléoptères coprophages de la forêt de Fontainebleau. Mémoire de Master 2 Ecocaen "Gestion et valorisation agro-environnementale". Micoud Marion (2012) - Télécharger le document

Effets des antiparasitaires sur les insectes coprophages - N° 255 / Mai 2005 / Le Point Vétérinaire


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