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La contestation autour de la création d'un parc national des Calanques

Mis en ligne par TL De Bleau on mardi 1 mars 2011 | 09:30:00

Françoise Degert nous a fait parvenir en avant première l'article suivant écrit par elle pour Médiapart faisant le point sur la contestation à Marseille. Le projet de création d'un PN autour de la citée d'un million d'habitants soulève depuis plusieurs années bien des contestation. A l'approche des cantonales cela n'a fait que s'agraver. L'exemple de Marseille démontre avec force comment les locaux sont expulsés de leur territoire au profit d'une sauvegarde très relative. il démontre aussi à quel point les associations ayant participé aux débats au sein du GIP ont été dépossédées de la décision finale...


Parc national des calanques : Marseille au bord de la crise de nerfs
28 Février 2011
Par Françoise Degert

Annoncée pour janvier 2012, la création du parc national des calanques soulève un vent de fronde. De Marseille à La Ciotat en passant par l’arrière pays, la colère monte. Elle a culminé avec le blocage du port de Marseille par les pêcheurs et les bateaux de plaisance, le 11 février dernier. Le lendemain, « la terre » a rencontré la mer sur les quais.

Pourtant, c’est « Marseille qui a poussé à sa création » s’étonne Thierry Lefèbvre, chargé du programme des aires protégées au comité français de l’UICN. Une volonté de quelques élus, peut-être, des associations de protection de la nature, sûrement. Pas de la population. Thierry Lefèbvre ne comprend pas davantage le rejet du parc national des calanques, un projet « emblématique », conçu dans une agglomération de plus d’un million d’habitants. Le 3ème parc urbain dans le monde, après ceux de Sydney (Australie) et de Cape Town (Afrique du Sud).

D’ailleurs, l’UICN recommande leur multiplication pour « limiter la consommation des territoires par les villes et offrir des loisirs aux citadins » poursuit-il.

C’est d’autant moins compréhensible que toutes les communes situées dans le coeur du parc sont UMP. Les opposants également. A la veille des cantonales, le projet a réussi à fracturer le parti au pouvoir en deux camps irréductibles.

Imposé par décret, le cœur du parc s’étend sur les trois communes littorales de Marseille, Cassis, La Ciotat, et deux communes de l’intérieur, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule. Il s’étend sur 12 000 ha, bien au-delà du site protégé des calanques classé Natura 2000 (5 000 ha). S’y ajoute une aire marine protégée (AMP) de 48 000 ha, portée à 20 kilomètres de la côte.

Toutes les activités y seront interdites, sauf autorisation du directeur du parc : régates, plongées, escalade, pêche côtière, plaisance familiale, les cabanons seront rendus inaccessibles aux personnes âgées par l’interdiction de stationner à proximité… Au point que les maires commencent à vouloir restreindre le cœur du parc aux zones inhabitées. Soulignant l’absurdité des « décisions prises à Paris », les opposants au parc évoquent le retrait, in extremis, de la rade Sud du port. Incluse dans le cœur du parc, elle aurait obligé les ferrys et porte-conteneurs à faire un immense détour, ce qui les auraient dangereusement exposés au vent lorsque souffle le Mistral. De même, l’interdiction de survoler la rade à moins de 1000 m d’altitude aurait empêché les avions d’atterrir à Marignanne.

Population flouée


Sans a priori hostile, les associations se sont d’emblée impliquées dans le groupement d’intérêt public (GIP) des calanques présidé par le député UMP Guy Teissier (Marseille). Leurs propositions n’ont pas été entendues. Elles se sont senties flouées en découvrant l’étendue de l’aire protégée, en comprenant qu’elles n’auront plus voix au chapitre dans un parc dirigé par l’État, en voyant leur territoire, entretenu jusqu’alors bénévolement, gelé par les interdictions. Des centaines d’associations se sont regroupées en trois collectifs d’opposants, avec, pour têtes de file, Béatrice de Crozet, Claude Leloustre, François Semeriva . Ensemble, les collectifs ont commencé par écouter, se renseigner, interpeller les politiques, jusqu’au président de la République dans une lettre ouverte. Le blocage persistant, ils sont passés à l’action et élargissent maintenant le combat. Le 2 février, les collectifs ont reçu le renfort de Mourad Kahoul, président du comité local des pêches et des élevages marins.

« On veut nous imposer toute une réglementation nouvelle et extrêmement restrictive afin de préserver l’environnement marin. Et dans le même temps, une agglomération d’un million d’habitants déverse ses égouts dans la calanque de Cortiou, une multinationale industrielle rejette ses boues rouges dans la fosse de Cassidaigne et dès qu’il y a un gros orage, l’Huveaune rend la baignade impropre sur les plages du Prado » s’est indigné Mourad Kahoul , appelant les plaisanciers à rejoindre les pêcheurs pour bloquer le port le 11 février, la veille de la réunion du conseil d’administration du GIP. Au même moment, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet recevait les partisans du parc. Les deux manifestations ont été un succès, les élus commencent à s’inquiéter. Rien n’est encore joué. D’ores et déjà, la bataille des opposants au parc national des calanques s’étend en France, à Fontainebleau et en Franche-Comté, où il est prévu d’instaurer de nouveaux parcs nationaux.
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