Les Titres

vendredi 8 mai 2020

Petite critique de Bleau, 120 ans d'escalade Par Oleg Sokolsky

En janvier dernier, nous avions annoncé (ici) la sortie d'un nouvel historique sur l'escalade à Bleau signé JJ Naël. Ce livre au tirage confidentiel n'en n'a pas moins fait l'objet de critiques appuyées à hauteur des propos de l'auteur qui virent parfois aux vifs reproches contre la politique de la FSGT notamment. La TL²B y est aussi cité à diverses reprises mais nous avons préféré ne pas réagir à ces morceaux choisis et vidés de leur sens car utilisés hors de leur contexte. Si vous avez pu lire ici et là sur les blogs les réactions de certains bleausards mis en cause, nous publions ici à sa demande, celles très pointues d'Oleg Sokolsky, membre du Cosiroc, ami le la forêt et chroniqueur émérite du Club Alpin Ile de France. Des observations d'un bleausard passionné et passionnant adressées à un autre bleausard passionné mais visiblement plus ennuyeux...


Je débute par un petit message personnel : « Pépito, je ne peux pas cacher que j’ai eu du mal à arriver au bout de ton bouquin et je regrette de devoir le présenter de la manière qui suit. Que veux-tu, je tiens vraiment à essayer de rester crédible (hum ?).

« Bleau 120 ans d’escalade » (proposition de sous-titre plus descriptif qu’ »une Histoire singulière: » : « Mémoires et réflexions intimes d’un bleausard » ; merci Isa)

J’avais rapidement lu le préambule d’où ma remarque précédente « sauf allergie notable et invalidante » qui montrait un début d’inquiétude. Dans cette lecture TGV de 5 petites pages, j’avais sauté la note 2, page 13, dans laquelle l’auteur évoque « une sorte de labyrinthe qui est construit à chaque pas » (NdO : pas ou page ?)

Je confirme après avoir lu le reste qui, de plus, est vraiment touffu avec ses divers sujets et objectifs très (em)mêlés alors que sa lecture est hachée -menue- par les nombreuses notes de bas de page (environ 300, soit 35 pages de texte). Dur, dur !.

Je m’avoue incapable d’en extraire quelque chose de clair. 

Bleau y est bien entendu fortement évoqué, avec quand même un grand plus pour l’histoire (extraits de textes « historiques » que les nouveaux bleausards ne connaissent peut-être pas), les circuits - surtout les faciles et les jaunes-, les bénévoles, les professionnels ( réflexions intéressantes au sujet d’une possible professionnalisation de l’entretien des circuits. -NdO : à l’unité peut être, mais pour l’ensemble … rêvons), mais aussi l’escalade, les falaises, l’alpinisme, l’ONF, etc., et surtout ce qui ressort du bouquin : les relations (à la Gainsbourg - je t’aime , moi non plus) et problèmes de l’auteur avec son ex-fédération : la FSGT.

Pour ces derniers Gilles Rotillon, grimpeur connu et cadre fédéral depuis nettement avant les débuts de l’auteur à Bleau, a rédigé une longue réponse intéressante et assez percutante qui me permet d’éviter de me prononcer sur un sujet que je ne connais pas. Consulter le site de l’ASL (grimpeasl91).



Certains points (parmi beaucoup d’autres) m’ont quand même quelque peu choqué :

- Après avoir proclamé qu’il avait coupé ses liaisons avec le Cosiroc, entre autres, l’annonce comme des certitudes des résultats de « négociations » qui n’étaient même pas terminées lors de l’impression de l’ouvrage. Sans évoquer des contacts « virtuels » mais présentés comme décisionnels avec l’ONF.

- Le nombre de petites erreurs relativement bénignes (exemple surprenant: Jacques Meynieu, dit Charly est significatif). Elles auraient été évitées s’il y avait eu quelques relecteurs bleausards compétents (y’en a t’il eu ?).

- Un reproche : ne pas avoir regroupé la bibliographie (titre, auteur, origine, année) dans quelques pages affectées. Sans oublier des citations venues de nulle part !!!.

Les longues notes de bas de page, qui en occupent parfois les 2/3, auraient mérité le même traitement (cf. texte de Rotillon).

- Et pourquoi citer l’UCPA et oublier son ancêtre l’UNCM qui a permis, à un coût vraiment raisonnable, à beaucoup d’être encadrés lors de leurs premières approches de la montagne avant de voler (heu non; grimper !) de leur propres ailes ?



Quelques réponses persos (signées Oleg, pas Furax) :

- Le rose du Diplo (p 178) : pourquoi tronquer la citation ? Et, vu la manière dont il a été réalisé, il était quand même assez dégueu comme peinture et comme enchaînement, n’est’il pas?

- Au sujet du jaune du pignon Poteau et de son « raccourcissement » (p 293). Erreur : ce n’est pas « mon » circuit ; l’auteur est Jacques Superbie qui, à partir d’une toute petite ébauche (signée A. B. de Milly), à conçu le très long jaune initial. En accord avec lui, j’ai réalisé assez rapidement quelques modifications. Puis beaucoup plus tard, j’ai éliminé la section jamais parcourue dont les passages commençaient à se botaniser sévère. J’ai aussi remodelé le reste tout en incluant certains ex-passages jaunes (intéressants selon moi …et quelques amis) dans l’orange actuel (comme à Corne-Biche). Moyennant un peu d’attention, une scie et un sécateur bien affutés l’ancien circuit est encore grimpable.

Le Bleu de Chamarande : auteur Michel Dufranc. (l’ex blanc/jaune peut être aussi ? Malheureusement désormais personne ne peut plus le lui demander).

- p 70, note 1 : Mont Blanc visible de la Tour Eiffel. Pourquoi avoir ressorti une khonnerie pareille sans vérifier ( Pythagore, géométrie et une calculette, suffisent pour confirmer l’impossibilité de la chose) ? Le Morvan enneigé, pourquoi pas ?



Pour conclure « Bleau 120 ans d’escalade » un ouvrage de poids (555 grammes) et de 334 pages (soit, en moyenne car mal répartis, environ 3 pages et 5 grammes par an) mais « labyrinthique » et parfois vraiment énervant par ses nombreux sous-entendus (exp : p 155, le militantisme mondain : qui vises-tu ? Ça risque de choquer les « mondains » qui réalisent le boulot).



Restons Bleau ; libération grimpeuse prochaine du confinement : grimper librement, en libre, dans un espace libéré ; vive la Liberté !, Proposition : grâce à Hervé et Jean deux nouveaux circuits remplacent le jaune « Bontemps » des Gorges du Houx. Au moins du positif pour plus tard, qui met à mal la note 1 (p 234) du livre évoqué plus haut.





PS méa culpa : avoir oublié de signaler que "la Montagne" et surtout les "Paris-Chamonix" -via les chroniques de votre serviteur- étaient très souvent cités.

Quel bémol! ; on vieillit.

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