Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2016-05-15

Cela faisait un bon moment que nous cherchions des bénévoles pour une expédition au Potala. En effet, au pied des ruines du palais Delavier (situé non pas au Tibet mais dans les Trois Pignons) il restait quelques dépôts au sommet du pignon qui n'avait pu être retirés lors de l'opération Clean Up Day organisée par Greg, Béal et le Cosiroc en 2001. Soleg, avec sa casquette des  Amis de la Forêt de Fontainebleau cette fois, nous indique donc que le Potala est enfin libéré. Ou presque car il reste à traiter quelques dépôts secrets, une grosse diaclase et surtout à attendre que l'ONF fasse passer le camion de ramassage...


Juste un peu d’histoire (pour meubler) car annoncer que « des AFF (non identifiés mais bien connus) de sa Commission terrain ont éliminé des saloperies », c’est un peu court mais avec le mérite d’être concis et vrai.


Mais au fait, savez-vous pourquoi les grimpeurs parlent du Rocher du Potala à propos de ce secteur de la Vallée de la Mée ?

Simplement en référence à une construction en brique qui dominait le vallon si prisé des grimpeurs. Aux débuts des années 60, le propriétaire du coin (oui à l'époque les Trois Pignons sont répartis entre quelques 2000 propriétaires privés, Monsieur Delavier, pour des raisons d’allergie marquée à des bivouaqueurs proches de son terrain (voir l'ancien bivouac sur le circuit bleu), a, en quelques épisodes construit une «double ligne défensive (Maginot était un petit rigolo …» dont parlait Oleg dans le bulletin du CAF IDF Paris cham n°104) et qui est restée sur place après son expropriation.


Le palais de Potala était protégé par la double ligne Maginot de Delavier

Une expropriation longue et mouvementée suivie de plusieurs plaintes de propriétaires dont Monsieur Delavier et dont la conclusion prononcée par le jugement du 15 décembre 1969 du Tribunal Administratif de Versailles a fait jurisprudence en matière de déclaration d'utilité publique que nous vous invitons à lire ci-dessous (p181 et suivantes). Vous serez peut être surpris d'y voir argumenter sur les piscines. Une visite des ruines du "Potala" de Delavier s'impose alors !



En 1993, sous l’impulsion du Cosiroc, le 5 juin, 350 m de barbelés étaient éliminés du coté de la Gorge aux Châts. Le lendemain ; le matériel étant de sortie, une action contre la ligne Delavier  s’est déroulée comme la précédente mais avec un nettement moins de monde (la fatigue !!), mais quand même 60 m de clôture détruits !


Les bénévoles de l'AVE en 2001... au Potala
En 2001, avec le Club d'escalade de Vincennes (AVE), nouvelle opération de nettoyage. Pas mal de très gros résidus évacués mais quelques tas restent « caché » dans des diaclases du coin. Certains éléments sont tout de même restaurés car ils constituent maintenant un très beau témoignage du passé des Trois Pignons... C'est le cas des piscines, bassins ou porche de station de métro pour ne citer que quelques uns des éléments les plus insolites



2016 (enfin !) : extraction des résidus avec l’aide bienveillante d’un tirefort (qui permet d’opérer en solitaire). Puis une fois les déchets regroupés, transport de ces derniers vers le point de récupération convenu avec l’ONF. Facile nous direz vous car, c’est vrai, ça descend. C’est oublier les accrochages des tas de ferrailles lors de leur tirage, le barbelé insoumis qui surgit d’un seul coup d’un tas tranquille, le lacet de chaussure qui file provisoirement le parfait amour avec un morceau de grillage ; En résumé du « un peu difficile » à « assez difficile ».

Un grand merci donc aux AFF qui ont pris le relais et aux membres cachés de cette opération.
Dans l'attente du ramassage de la ferraille,


Les AFF de l'opération de 2016. Photo de Serges Suquet
Ecrit avec le concours de l'ami Soleg

La Fête de la nature revient du 18 au 22 mai 2016 partout en France et en Île-de-France ! Au programme, 5 jours d'animations gratuites pour se laisser surprendre par la nature à deux pas de chez soi et découvrir le patrimoine naturel francilien. Pour son 10e anniversaire, la Fête vous propose de rencontrer les "passionnés par nature", ces hommes et les femmes qui œuvrent pour elle au quotidien. Et pour lancer la Fête en Île-de-France, Natureparif et la Cité des sciences et de l'industrie vous invitent dès maintenant au Village de l'agriculture urbaine et de la biodiversité le mercredi 18 mai de 10h à 18h sur l'esplanade de la Cité. Au programme, de nombreuses animations et démonstrations gratuites autour des sciences participatives, de la construction de bacs potagers, de la confection de modules aquaponiques, de l'apiculture, des semences, ou encore de la confection de compost...

Durant ces 5 prochains jours, 139 acteurs franciliens vous proposeront près de 1238 séquences d'animations sur 300 lieux répartis partout en Île-de-France !

Dont :
282 séquences dans Paris
262 séquences en Seine-et-Marne
218 séquences dans les Yvelines
31 séquences en Essonne
155 séquences dans les Hauts-de-Seine
60 séquences en Seine-Saint-Denis
132 séquences dans le Val de Marne
98 séquences dans le Val d’Oise

Comme chaque année depuis 10 ans, la Fête de la nature est une merveilleuse occasion pour les franciliens de tous âges de découvrir ou redécouvrir la richesse du patrimoine naturel de la région Île-de-France. Loin de la vision urbaine que nous en avons, la région compte pourtant 35 sites classés Natura 2000, 15 réserves naturelles et 4 parcs naturels régionaux. Au cœur de Paris, sur 280 000 hectares boisés ou dans les milieux prairiaux et humides, parfois à deux pas de chez soi, l'Île-de-France est un formidable réservoir de biodiversité qui regorge de plus de 10 000 espèces animales recensées, dont 200 protégées et accueille l'équivalent de 25% de la flore nationale !


Découvrez vite le programme complet des animations proposées sur la Région. 
Source : Natureparif
Hier nous évoquions le triste bilan de la régression de la biodiversité en Ile de France, notamment le recul des terres agricoles et leur appauvrissement. Au passage, nous rappelions combien la politique de densification de l'urbanisme avait aussi fait reculer la biodiversité en ville. Relisez notre article sur les enjeux du SRCE. On peut donc légitiment craindre pour demain, notamment autour de Roissy et Gonesse, où le projet de Centre commerciale Europacity prévoit 240 000 m² de béton ! Oui, 240 000 m² ! Le débat public est ouvert jusqu'au 30 juin et FNE IDF vous invite demain à une conférence de presse sur le sujet

Un centre commercial hors norme menace les terres agricoles d'Île-de-France !

La question de l’urbanisation du Triangle de Gonesse, sur les communes de Gonesse et de Roissy, n’est pas nouvelle. Elle est presque aussi ancienne que la création de l’aéroport de Roissy. Elle revient à l’ordre du jour à chaque révision du Schéma régional d’aménagement de l’Île-de-France (SDRIF). EuropaCity qui est présenté comme un projet de « pôle de loisirs, de commerces, de culture et d’hôtellerie » est en réalité un gigantesque centre commercial qui menace les terres agricoles franciliennes. Le Débat public est en cours jusqu’au 30 juin.


Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement,
Dominique Duval, Présidente de FNE Ile-de-France,
Francis Redon, président d’Environnement 93, 

Bernard Loup, président de Val d’Oise Environnement , fédérations départementales membres de FNE Ile-de-France,
vous convient à la visite du site qui doit accueillir le projet Europacity ce 18 mai.


La visite se déroulera à partir de 16h.
Au programme, rdv au Croisement de l’avenue du 12ème Régiment de Cuirassie (95500 Gonesse) et de la D902, puis rencontre chez un agriculteur, 87 rue de Paris à Gonesse pour tenir une conférence de presse, (17h30)avant de participer à 20h à la réunion du Débat public salle André Malraux rue Taillepied à Sarcelles.

Merci de bien vouloir confirmer votre présence par mail à :
Contacts :
Service presse FNE, Yann Barthélémy, 01 44 08 02 cinq un presse[@]fne.asso.fr 
Nous n'avons pas évoqué depuis quelques temps les opérations de nettoyages en Montagne ! Quand la neige fond, les différents chantiers se mettent en place et la saison débute presque invariablement par les grands chantiers de Mountain Wilderness et sa campagne Installations obsolètes. Les 16 et 18 avril dernier, Mountain Wilderness a donc organisé le démontage d’un téléski inutilisé depuis plusieurs années à Doucy-en-Bauges (73), en partenariat étroit avec la commune de Doucy et le Parc naturel régional du Massif des Bauges. Les 7 pylônes de l’installation ont été démontés, ainsi que le câble et la poulie du site d’arrivée. Depuis le début de l’opération Installations Obsolètes, l’association Mountain Wilderness a mené plus d'une trentaine de chantiers et retiré 370 tonnes de matériel, comme le soulignait Carmen Grasmick à Montagne Magazine, chargée de projet pour l’association. 

Pourquoi démonter ce téléski ?



Construit en 1984 pour servir à l’apprentissage du ski des jeunes du centre de vacances situé en face, ce téléski n’a été utilisé que quelques années. En effet, le manque de neige chronique dû à l’altitude relativement basse et au réchauffement clima
tique n’a jamais permis une utilisation rationnelle de cet aménagement.

D’autre part, le sentier de randonnée du Tour des Bauges, itinéraire emblématique du massif, passe au pied de ce téléski dont le tracé se trouve dans l’axe du mont Trélod, situé dans la Réserve nationale de Chasse et de Faune Sauvage.

Aussi, libérer l’espace de cette installation obsolète et ainsi embellir le paysage, faciliter l’exploitation agricole et sécuriser le site (les échelles encore en place sur les pylônes étant accessibles au "tout venant") sont autant d’arguments ayant incité Mountain Wilderness et ses partenaires à entreprendre ce démontage.

Au total, ce sont donc 9 tonnes de ferrailles qui ont été retirées des montagnes grâce à cette opération et qui s'ajoute au lourd bilan ! En dehors de ces opérations colossales, vous pouvez participer tout l'été aux opérations de nettoyage des stations de ski dont nous parlons chaque année. L'an dernier plus de 51 tonnes de déchets ont ainsi été collectés. Retrouvez les dates des "mountain days" et inscrivez-vous sur http://mountain-days.org/accueil.html

Suite aux annonces du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et de son conseiller "montagne" Gilles Chabert, le 3 mai dernier à Lans-en-Vercors, présentant une politique axée prioritairement sur le développement des canons à neige pour les stations, l'association Mountain Wilderness vient de réagir dans une lettre ouverte que nous publions ci-dessous. Laurent Wauquiez et Gilles Chabert , c'est "Oui-oui à la neige" a réagit Claude Comet, ex-conseillère régionale chargée du Tourisme et de la Montagne, sur France 3 Régions le 4 mai. "La neige à elle seule ne sauvera pas la montagne. Il faut élargir les saisons. 63 % des revenus du tourisme montagnard proviennent des activités de pleine nature, du hors-neige" ! Non seulement la solution des canons à neige est une aberration (encore faut-il qu'il y ai des températures assez basses pour que la neige tienne !) mais c'est aussi et surtout un désastre écologique à l'heure où il convient de s'interroger sur la gestion des eaux de montagne et sur la reconversion des stations de ski... La Tl²B s'associe donc à ce nouveau dossier.

Quelle politique pour les 97% restant des territoires de montagne ?
Le 12 mai 2016, à Grenoble

Monsieur Wauquiez, Monsieur Chabert,


Nous avons écouté avec attention vos différentes déclarations relatives à la nouvelle politique "montagne" de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Vos propositions d'investissements visent à lever 200 millions d'euros sur 6 ans pour financer un "plan neige" axé principalement sur le développement des capacités de production de neige artificielle. Ces investissements concernent les stations de ski de piste soit, moins de 3% du territoire montagnard pour 3 mois d'activité par an.

Qu'en est-il du "reste" des territoires de montagne ?
Ceux-là même qui portent la valeur inestimable d'être parmi les derniers espaces de nature préservée en Europe, riches d'une beauté exceptionnelle et de patrimoines rares, riches d'expériences humaines extraordinaires, garants d'un tourisme 4 saisons, multi-activités et porteurs d'emplois pérennes ?
Qu'en est-il des femmes et des hommes, pluri-actifs, qui vivent et travaillent à l'année au sein de ces territoires et des visiteurs qui s'y rendent tout au long de l'année ?

Nous nous interrogeons sur votre plan d'actions concernant les 97% restants des espaces montagnards. Quelle est votre politique pour ces territoires qui font eux aussi la renommée de nos montagnes dans le monde entier ?

Rappelons que le ratio du chiffre d'affaires de l'activité touristique est de l'ordre de 50% en hiver et 50% en été. Ainsi sur les 11 milliards d'euros dépensés en 2013 par les touristes dans nos montagnes, si 4,81 l'ont été en station, 6,13 l'ont été dans la montagne hors station ! Par conséquent, investir toutes les ressources publiques pour la seule mono-industrie du ski de piste nous semble résolument une vision passéiste et tellement réductrice face aux mutations observées de toutes parts au cœur de nos montagnes et de nos sociétés humaines. Ce serait un véritable gâchis !

Gâchis de ressources énergétiques et de capital environnemental
L'essor du ski connu dans les années 70 et le miracle de l'or blanc se trouvent 50 ans derrière nous. À l'époque, la pratique du ski de piste sur des terrains aseptisés explosait. Aujourd'hui, elle stagne et préfigure une probable régression. Les aspirations humaines sont ailleurs.
Les changements climatiques à l'œuvre modifient fortement la donne en montagne, avec une conscience de plus en plus claire que ce mouvement va en s'accélérant. Le réchauffement des températures, compris entre +1,6 et +2,2°C depuis 1950, est particulièrement sensible dans les Alpes et s'est accéléré depuis la fin des années 80. C'est deux fois plus que la moyenne mondiale et la région des Alpes du nord est celle qui se réchauffe le plus en France. Faut-il rappeler que les canons à neige consomment beaucoup d'énergie et d'eau ? Et que pour être produite et conservée, la neige nécessite des températures froides ?

La montagne, espace de rêves
Les tendances se dessinent de plus en plus clairement autour de motivations à rejoindre nos montagnes simplement, pour respirer, se ressourcer, retrouver un peu de sérénité dans nos sociétés actuelles en pertes de repères, de plus en plus secouées par les tensions et le stress. Aller en montagne, pour s'émerveiller et redécouvrir des sensations fortes a peut-être à voir avec le sens même de la vie humaine. Cette recherche d'authenticité des liens avec la nature explique sans doute la forte progression des pratiques douces de la montagne, en terrains peu ou pas aménagés. Preuve en est la très bonne santé des pratiques de randonnée, à ski, à pied ou en raquettes.

Pour l'avenir de nos montagnes, investissons dans l'énergie humaine !
Hébergeurs, agriculteurs, restaurateurs, guides et accompagnateurs en montagne, gardiens de refuge, garde-moniteurs des parcs nationaux et régionaux, artisans, artistes, bergers, producteurs locaux, acteurs du développement territorial ou encore élus des territoires de montagne : une multitude de femmes et d'hommes font aujourd'hui preuve de créativité et d'audace pour aller vers un tourisme, vers des activités économiques, vers des modes de vie plus en harmonie avec nos territoires montagnards, leurs singularités uniques et leurs véritables richesses. Tournons la page des anciens modèles de développement. Investissons dans les passions et l'énergie humaine !

Monsieur le Président et Monsieur le Conseiller spécial, nous sommes disponibles pour travailler et inventer un autre avenir, l'avenir de la montagne.

Frédi Meignan,
Président de Mountain Wilderness France
Association nationale de défense de la montagne, agréée protection de l'environnement et reconnue d'utilité publique
Alors que le projet de Loi Biodiversité était retoqué au Sénat, Natureparif, l’Agence pour la nature et la biodiversité en Île-de-France, dressait un nouveau bilan alarmant de l’état de santé de la biodiversité en Île-de-France, trois ans après la parution des derniers indicateurs régionaux. Les analyses qui ont porté sur 3 grands groupes d’espèces (les oiseaux, les papillons et les plantes) et s’appuient sur des données récoltées par près de 200 observateurs volontaires de 2002 à 2014 dans le cadre du programme Vigie-Nature porté par le Muséum national d’Histoire naturelle, dressent un constat sans appel : les espèces franciliennes et leurs effectifs ont subi une régression importante. Par exemple, la région a perdu 1/5e de ses oiseaux en 13 ans ! Une situation que l'on peut observer en ville et à la campagne. Seules nos forêts résistent encore...


Un bilan alarmant pour les franciliens !


Si cette régression est surtout visible dans les milieux agricoles où la biodiversité s’est fortement appauvrie sur les 13 dernières années, l’abondance en papillons et en oiseaux a chuté de plus de 20% sur les 10 dernières années dans les parcs et jardins ! Cette érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité et peut, sans doute, être inversée, notamment en l’intégrant dans les politiques publiques car cette étude démontre que la biodiversité francilienne n’échappe pas à l’érosion observée au niveau national et met en lumière l’importance de changer notre rapport à la biodiversité et nos pratiques, tant au niveau privé qu’au niveau des politiques publiques. Nous avons sur la TL2B a plusieurs reprises évoqué l'importance des programmes de sciences participatives mais aussi alerté sur la politique urbaine francilienne qui favorise la destruction des grands parcs et jardins en augmentant la densité urbaine.


DANS LES MILIEUX AGRICOLES 

Alors que les milieux agricoles couvrent près de 50% de la surface régionale, la richesse en espèces y est faible pour les papillons et les plantes et en nette diminution. Respectivement, 6 et 5 espèces ont été observées par relevés en moyenne. Elle a diminué de 20% pour les plantes et de 18% pour les papillons. La tendance est aussi marquée pour l’abondance des oiseaux en milieu agricole et notamment celles des oiseaux spécialistes de ces milieux qui ont vu leurs effectifs chuter de 30% en 11 ans (-17% au niveau national). Ces résultats inquiétants sont la conséquence de pratiques agricoles intensives et de paysages agricoles simplifiés, en lien avec la modernisation de l’agriculture.


DANS LES MILIEUX URBAINS


Les milieux urbains couvrent 21% du territoire. Les observatoires de sciences participatives distinguent la biodiversité observée dans les parcs et jardins (les espaces verts privés et publics) et dans les interstices urbains (les bords de routes, de voies ferrées et les zones bâties). 
LES PARCS ET JARDINS
Les espaces verts urbains abritent une diversité en plantes deux fois supérieure à la moyenne régionale avec 14 espèces en moyenne par relevé, mais également faible en papillons avec seulement 4 espèces observées en moyenne par relevé. La diversité en oiseaux est, quant à elle, équivalente à la richesse moyenne d’un relevé francilien, soit 13 espèces par relevé. L’évolution au cours du temps de cette diversité est stable pour les plantes mais en déclin pour les oiseaux et les papillons. L’abondance en papillons et en oiseaux a chuté de plus de 20% sur la période étudiée.

Nous avons déjà quelques clés de compréhension pour expliquer la chute des papillons présents dans les espaces verts urbains. Une étude réalisée par Olivier et al. 2015 a montré que les papillons les plus impactés par l’urbanisation sont les papillons des prairies car ce sont les moins aptes à se déplacer du fait de leurs petites tailles. Les papillons des lisières de forêts et des bordures de champs, plus mobiles, sont moins impactés. Une autre étude menée par Murat et et al. 2015 a montré, quant à elle, qu’une diminution de l’abondance des papillons de l’ordre de 5% est liée à l’utilisation d’herbicides et d’insecticides dans les jardins privés. L’effet de ces pesticides est d’autant plus important lorsque les jardins sont situés en zone urbaine. Ils ont également montré que la naturalité du jardin jouait un rôle important dans la diversité des papillons présents. Cette naturalité, mesurée par la présence d’espèces telles que l’ortie, la ronce ou le lierre favorise une communauté de papillons plus riche.

De plus en plus de collectivités se sont engagées dans la conception et la gestion écologique des parcs et jardins. Un des objectifs principaux étant l’arrêt de l’usage des pesticides dans ces espaces, tout en privilégiant des espèces locales et spontanées, avec moins d’entretien. La gestion écologique et l’augmentation de ces espaces de nature en ville ont un effet direct sur la quantité et la qualité des ressources disponibles pour les plantes, les papillons et les oiseaux. Elles recréent des zones refuges moins gérées, gage important pour ces espèces de pouvoir se reproduire et se développer. Elles agissent également sur les continuités écologiques pour favoriser le déplacement de toutes les espèces y compris les moins mobiles. La végétalisation des villes bénéficie de manière importante au retour de la biodiversité en milieu urbain. C’est donc une action prioritaire. 

Aujourd’hui, encore 24% des communes franciliennes sont carencées en espaces verts, c’est-à-dire avec moins de 10m² d’espaces ouverts par habitants (source, IAU 2015). Le choix des essences étant parfois difficile, N. Deguines et ses collègues (2016) se sont intéressés à l’attrait des plantes. Ils ont trouvé que les fleurs de lierre (Hedera helix) nourrissent le plus grand nombre d’insectes spécialistes. Cette plante devrait donc être privilégiée dans la végétalisation des villes. Tout comme les plantes de la famille des Apiacées (la carotte, le fenouil, le panais…), dont les ombelles attirent une plus grande variété d’insectes que les autres familles étudiées telles les Fabacées (les pois, les trèfles…), les Rosacées (rosiers, pommiers, poiriers…) ou les Asté- racées (pissenlits, pâquerette, …).

DANS LES FORÊTS


Le milieu forestier couvre 23% du territoire francilien et les forêts de production sont composées de feuillus à 94 %. Les analyses ont donc porté sur ce type de boisement dit caducifolié. Ces forêts abritent une biodiversité importante et moins touchée que les milieux précédents. Les richesses en espèces de plantes et d’oiseaux sont supérieures aux moyennes régionales avec respectivement 10 et 14 espèces observées en moyenne par relevé. La richesse en papillons est légèrement inférieure à la moyenne régionale avec 7 espèces observées. La tendance est stable pour la richesse observée en papillons et semble en augmentation pour l’abondance des plantes (+12%). Seuls les oiseaux sont en déclin dans les milieux forestiers franciliens, avec une baisse de leurs effectifs de 17% en 11 ans.

Les données reposent sur votre participation !


Depuis plusieurs années, les citoyens font avancer la science, tout particulièrement en ce qui concerne les sciences du vivant, grâce à des protocoles d’observation de la nature permettant à chacun de collecter des informations standardisées, c'est à dire comparables entre elles. Fondé et porté par le Muséum national d'Histoire naturelle, pionnier des sciences participatives en France, Vigie-Nature est un programme de sciences participatives ouvert à tous les curieux de nature, du débutant au plus expérimenté. Il est animé par des associations – dont Natureparif - et mis en œuvre grâce à des réseaux d’observateurs volontaires. Pour en savoir plus consultez notre article.

Initié il y a plus de 25 ans avec le Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC), le programme Vigie-Nature s’est renforcé depuis avec le suivi de nouveaux groupes : les papillons, chauves-souris, escargots, insectes pollinisateurs, libellules, plantes sauvages des villes…. En offrant aux scientifiques des données de terrain essentielles, dans toute la France, les observateurs volontaires participent ainsi à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité ordinaire et sur ses réponses face aux changements globaux (urbanisation, changement climatique…).

De fait, l’apport des citoyens à la connaissance scientifique est aujourd’hui indispensable. En effet, la participation de volontaires permet de récolter une grande quantité de données sur l’ensemble du territoire et de manière répétée dans le temps, données que les chercheurs n’auraient pu obtenir seuls. Tous les passionnés de nature sont invités à participer à la collecte d’informations sur la faune et la flore : naturalistes débutants ou expérimentés, scolaires…
Voilà quelques années, voir quelques décennies, que l'utilisation de la magnésie, tout particulièrement à Fontainebleau, fait débat. A la TL²B, nous militons depuis longtemps pour un usage modéré et respectueux et un brossage avec des outils doux et adaptés. Mais la très forte fréquentation de nos cailloux par un public élevé en salles artificielles et aux bassines de poudre blanche en accès libre additionné à des visiteurs de moins en moins sensible à la pollution visuelle créée par la poudre blanche, fait s'élever de plus en plus de voix pour sa limitation en forêt. 

Nous avions relayé l'excellent article de Guillaume Blanc sur la tribologie et ou dénoncé l'article "anti-magnésie" paru en Belgique. Traditionnellement, à Bleau, jusqu'au début des années 80, on utilisait un "Pof", une boule de chiffon dans laquelle sont emprisonnés des cristaux de colophane dont nous vous parlions ici (fabrication du pof) et là (utilisation)Nous avertissons régulièrement sur cette menace dans notre rubrique magnésie (et on vous invite à relire cet article d'Oleg d'urgence !) 
Dernier épisode en date, le Groupe Universitaire de Montagne et de Ski (GUMS-Paris), soutenu par la très sérieuse ONG Mountain Wilderness, prône une pratique durable de l'escalade sans magnésie (entre autres). Pour ce faire, le club a rédigé un argumentaire (ci-dessous) et démarre une campagne pour tenter de convaincre la communauté en commençant par les différents clubs de pratiquants de la région parisienne.


Respectons notre terrain de jeu ! 
Pour une pratique durable de l’escalade en forêt de Fontainebleau 
GUMS, janvier 2016 

L’escalade fonctionne grâce à l’adhérence des pieds et des mains. Celle-ci est maximale quand le rocher est rugueux, et diminue quand il est plus lisse. Le grès qui constitue les blocs de la forêt de Fontainebleau permet une adhérence forte en raison des micro­aspérités constitués par l’agglomération des grains de sable propre à cette roche. Le revers de la médaille étant que la surface rugueuse du rocher est très sensible à l’action mécanique d’abrasion : un chausson garni de terre ou de sable va briser les rugosités, qui vont faire place, rapidement, au gré des passages, à un rocher poli. Or grimper sur une surface lisse est beaucoup moins plaisant, voire impossible. Les blocs s’usent ainsi à grande vitesse compte tenu de la fréquentation croissante de la forêt, et du comportement des grimpeurs qui ignorent les pratiques de l’escalade « durable. » 

Prise de pied détériorée, Rubis sur l'Ongle, G Clouzeau
Prise de pied détériorée, Rubis sur l'Ongle, G Clouzeau

Pourquoi il faut bien s’essuyer les pieds sur un chiffon propre ?

Grimper avec des chaussons sales, garnis de terre ou pire, de sable, provoque une usure accélérée des prises de pieds sur les blocs. Il faut donc prévoir en plus du crash­pad un bout de tapis brosse et un chiffon pour bien essuyer et nettoyer les semelles de ses chaussons avant de s’aventurer sur un bloc. Les générations suivantes de grimpeurs vous remercieront, mais également vous­ même, car il est plus plaisant de grimper avec une bonne adhérence des pieds, ce qui n’est pas le cas quand ils sont souillés de sable, qui agit alors comme des roulements à billes, en plus d’éroder le rocher. 


Pourquoi il faut limiter le brossage des prises ?

Des grimpeurs, en particulier de haut niveau, utilisent de la magnésie tout en brossant les prises après usage. Ils sont certes peu nombreux, mais le brossage mécanique peut avoir un effet abrasif sur le grès, surtout si la brosse contient des grains de sable après avoir traîné par terre… Il serait plus respectueux de notre terrain de jeu d’éviter tout adjuvant (voir ci­-dessous), plutôt que de brosser après usage. 

NdTL2B : C'est un point sur lequel nous demandons une véritable expérimentation et l'usage de brosses adaptées. 

Pourquoi il ne faut plus utiliser de magnésie à Bleau ?

C’est moche 
Les blocs de grès qui font l’attractivité de la forêt de Fontainebleau (et pas seulement des grimpeurs) sont de plus en plus souillés de tâches blanches. Tous les promeneurs, randonneurs, cavaliers, VTT­istes, ramasseurs de champignons, etc qui parcourent la forêt été comme hiver l’ont remarqué : qu’est-­ce que c’est que cette nouvelle lubie des grimpeurs de dégueulasser ces beaux rochers avec leurs grosses traînées de poudre blanche? Quel manque de savoir-vivre, quelle marque d’égoïsme vraiment bien à la hauteur du gougnafier qui abandonne ses papiers gras en pleine nature ! Et dire qu’on pensait les grimpeurs préoccupés du respect de leur environnement : quelle erreur ! Les grimpeurs traitent ces sites exceptionnels façonnés pendant des millénaires comme si c’était leur salle de gym particulière, consommable et jetable après usage. 



C’est sale 
Oui, sale pas seulement visuellement : sur le principe, déposer en abondance un produit chimique, quel qu’il soit, dans un milieu naturel, c’est une pollution. Dans le cas de la magnésie, le problème s’accroît du fait que cette pollution a toutes les chances de modifier la surface du grès, au moins physiquement. En effet, contrairement a ce qui est souvent prétendu, la magnésie ne part pas à l’eau (il suffit d’ailleurs de se balader parmi les blocs pour s’en convaincre). Bien sûr, une partie est lessivée mécaniquement, mais ce qui reste absorbe l’eau pour former une pâte, puis un ciment qui obture la porosité du grès. Rien de surprenant : la magnésie est précisément utilisée par les grimpeurs pour sa capacité à absorber l’eau ! Cette pâte va obturer les micro­aspérités du grès, celles qui lui donne précisément ses qualités adhérentes. On peut dire que de toutes façons, l’escalade des blocs elle­-même les abîme, fatalement, et que la patine évidente de certains anciens circuits est la preuve d’une altération sans doute plus flagrante que les dommages de la magnésie. C’est vrai, bien sûr, mais il y a une grosse différence : pour préserver les blocs de toute altération, pas d’autre moyen que d’arrêter complètement de grimper dessus ; et alors à quoi bon? Alors que pour les préserver de la magnésie, c’est d’une simplicité enfantine, il suffit d’arrêter d’en mettre : un si gros sacrifice, vraiment ? 

C’est inutile 
Oui, vous avez bien lu : la magnésie ne sert à rien. 
Revenons aux fondamentaux. Les grimpeurs utilisent la magnésie pour se sécher les mains quand ils transpirent. Or, dans la grande majorité des cas quand on grimpe à Bleau, il fait moins de 20°C (souvent beaucoup moins si on veut vraiment des bonnes conditions d’adhérence… et de tranquillité). On pratique une activité physique, certes, mais pas du tout intensive comme le pourrait être la course à pied ou le vélo, et donc on ne transpire pas, ou très peu, sauf si on utilise de la magnésie qui déplace l’équilibre hydrique de la peau (voir plus bas) ! Si l’on veut grimper quand il fait chaud, pourquoi pas, mais alors il faut accepter de ne pas être alors au top de sa performance, et garder les ‘projets’ ambitieux pour des jours plus propices (les journées à plus de 20°C du matin au soir restent quand même plutôt rares sous nos latitudes). Alors pourquoi donc voit­-on des grimpeurs à Bleau, quelle que soit la saison, se tartiner de magnésie matin, midi et soir (et tartiner le rocher par la même occasion) ? Parce que la magnésie est addictive, littéralement. Si on a l’habitude d’en mettre, on ne peut plus s’en passer, quelles que soient les circonstances. D’une part à cause d’un effet psychologique (on se sent tout nu quand on n’a pas son petit sac miracle), mais surtout par un effet physiologique : plus vous cherchez à assécher votre peau par cet artifice chimique, plus votre organisme va réagir, et chercher à compenser l’assèchement… en transpirant ! Donc il ne faut pas s’étonner si les grimpeurs habitués à la magnésie transpirent plus, et sont forcés de remettre une couche de poudre dès que l’effet de la première s’estompe. 

Prise de mains détériorée, Rubis sur l'Ongle, G Clouzeau
Prise de mains détériorée par la magnésie, Rubis sur l'Ongle, G Clouzeau


C’est un cercle vicieux ! 
Une seule solution : ne pas commencer (ou arrêter durablement). Vous verrez qu’après une petite période inconfortable, on s’y fait rapidement très bien. Vous allez dire : on n’est pas tous égaux, certains transpirent beaucoup, même par temps froid. C’est vrai, mais ça ne change rien : à moyen terme, la magnésie ne va faire qu’aggraver leur problème. Pourtant, il existe un moyen incroyablement simple de se sécher les mains : les essuyer (sur le t­shirt, sur le chiffon, etc…). Efficace, simple, renouvelable à l’infini ou presque…. 

C’est contraire à une éthique épurée de l’escalade 
Les prises deviennent marquées car toutes blanches, et quand les prises sont cachées, de grands traits de magnésie sont tracés pour les indiquer... Le grimpeur n’a plus besoin de chercher les prises cachées, de tâtonner le rocher : la tâche lui est ainsi facilitée ! 

C’est irrespectueux 
La tradition bleausarde a très longtemps été hostile à la magnésie. Certes, toute tradition n’est pas bonne à préserver en soi, et elle ne préjuge en rien de sa rationalité. Mais il faut quand même avoir bien à l’esprit que de nombreux bleausards, jeunes ou moins jeunes, en particulier parmi les plus actifs dans l’entretien et la préservation des circuits d’escalades, et de la forêt au sens large, non seulement s’abstiennent de tout usage de magnésie mais pensent que son utilisation est un problème qu’il faudrait régler. Et s’il y a des divergences sur les solutions à adopter (interdiction totale, incitation à la modération, obligation de nettoyer en partant…), tous ces habitués de la forêt sont d’accord pour dire qu’il y a actuellement (beaucoup) trop de magnésie à Bleau. Venir avec son sac de poudre (parfois énorme et débordant de partout), c’est déjà marquer un manque total de respect pour ceux­-là, mais aussi pour les prédécesseurs, ouvreurs de circuits, etc. 

C’est bafouer une coutume locale. 
Que penseriez­-vous d’un grimpeur français qui, parce qu’il trouve que c’est plus pratique, plus sûr et que ça se fait chez nous, irait spiter une voie mythique du Peak District ou de l’Ile de Skye? Ou irait utiliser des pitons et des coinceurs métalliques en Bohême? C’est le même inacceptable manque de respect envers le ‘mode de grimpe’ local. Que pensez-­vous du grimpeur norvégien qui sèche le grès de l’Isatis (roche fragile à la déshydratation rapide par la chaleur) au réchaud ? 

Visuellement pas très agréable pour les autres visiteurs...


C’est dangereux 
Oui, c’est dangereux, pour les grimpeurs. Pas à cause des prises rendues glissantes, non (encore que… voir l’étude ci­-dessous), mais parce qu’à force de ne pas respecter la conservation du milieu naturel autant que possible dans l’état où nous l’avons trouvé, les propriétaires du terrain de jeu (pour tous les sites de la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons, il s’agit de l’ONF) peuvent un jour décider que trop c’est trop, et que l’activité des grimpeurs est une nuisance pour la forêt. 
Et interdire purement et simplement l’escalade, par exemple sur certains sites emblématiques de par leur fréquentation (Isatis, Bas­Cuvier, Roche aux Sabots, …). Ça peut paraître de la science-fiction. Ça l’est sûrement à l’heure actuelle. Mais ces choses­-là peuvent aller très vite : question de lobbying politique, de personnalité des responsables qui peuvent changer, de mesures spectaculaires à prendre dans le cadre de la modification d’un statut d’une zone emblématique… 
Difficile de faire des prédictions. Ce qui est sûr, c’est que plus les grimpeurs pourront prouver qu’ils sont attachés à la préservation du patrimoine rocheux bleausard, et qu’ils font des démarches actives dans ce sens, plus ils seront en position de force pour négocier le maintien d’un accès libre à tous les sites. Et moins ils afficheront, au vu de tous les autres usagers de la forêt, leur mépris pour l’harmonie visuelle de ce cadre unique au monde, moins les autorités légitimes (ONF, communautés locales, Man and Biosphère, etc…) seront tentées de restreindre leur liberté. 


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