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Situation de plus en plus inquiétante pour la biodiversité en Ile de France

Mis en ligne par TL De Bleau on lundi 16 mai 2016 | 13:40:00

Alors que le projet de Loi Biodiversité était retoqué au Sénat, Natureparif, l’Agence pour la nature et la biodiversité en Île-de-France, dressait un nouveau bilan alarmant de l’état de santé de la biodiversité en Île-de-France, trois ans après la parution des derniers indicateurs régionaux. Les analyses qui ont porté sur 3 grands groupes d’espèces (les oiseaux, les papillons et les plantes) et s’appuient sur des données récoltées par près de 200 observateurs volontaires de 2002 à 2014 dans le cadre du programme Vigie-Nature porté par le Muséum national d’Histoire naturelle, dressent un constat sans appel : les espèces franciliennes et leurs effectifs ont subi une régression importante. Par exemple, la région a perdu 1/5e de ses oiseaux en 13 ans ! Une situation que l'on peut observer en ville et à la campagne. Seules nos forêts résistent encore...


Un bilan alarmant pour les franciliens !


Si cette régression est surtout visible dans les milieux agricoles où la biodiversité s’est fortement appauvrie sur les 13 dernières années, l’abondance en papillons et en oiseaux a chuté de plus de 20% sur les 10 dernières années dans les parcs et jardins ! Cette érosion de la biodiversité n’est pas une fatalité et peut, sans doute, être inversée, notamment en l’intégrant dans les politiques publiques car cette étude démontre que la biodiversité francilienne n’échappe pas à l’érosion observée au niveau national et met en lumière l’importance de changer notre rapport à la biodiversité et nos pratiques, tant au niveau privé qu’au niveau des politiques publiques. Nous avons sur la TL2B a plusieurs reprises évoqué l'importance des programmes de sciences participatives mais aussi alerté sur la politique urbaine francilienne qui favorise la destruction des grands parcs et jardins en augmentant la densité urbaine.


DANS LES MILIEUX AGRICOLES 

Alors que les milieux agricoles couvrent près de 50% de la surface régionale, la richesse en espèces y est faible pour les papillons et les plantes et en nette diminution. Respectivement, 6 et 5 espèces ont été observées par relevés en moyenne. Elle a diminué de 20% pour les plantes et de 18% pour les papillons. La tendance est aussi marquée pour l’abondance des oiseaux en milieu agricole et notamment celles des oiseaux spécialistes de ces milieux qui ont vu leurs effectifs chuter de 30% en 11 ans (-17% au niveau national). Ces résultats inquiétants sont la conséquence de pratiques agricoles intensives et de paysages agricoles simplifiés, en lien avec la modernisation de l’agriculture.


DANS LES MILIEUX URBAINS


Les milieux urbains couvrent 21% du territoire. Les observatoires de sciences participatives distinguent la biodiversité observée dans les parcs et jardins (les espaces verts privés et publics) et dans les interstices urbains (les bords de routes, de voies ferrées et les zones bâties). 
LES PARCS ET JARDINS
Les espaces verts urbains abritent une diversité en plantes deux fois supérieure à la moyenne régionale avec 14 espèces en moyenne par relevé, mais également faible en papillons avec seulement 4 espèces observées en moyenne par relevé. La diversité en oiseaux est, quant à elle, équivalente à la richesse moyenne d’un relevé francilien, soit 13 espèces par relevé. L’évolution au cours du temps de cette diversité est stable pour les plantes mais en déclin pour les oiseaux et les papillons. L’abondance en papillons et en oiseaux a chuté de plus de 20% sur la période étudiée.

Nous avons déjà quelques clés de compréhension pour expliquer la chute des papillons présents dans les espaces verts urbains. Une étude réalisée par Olivier et al. 2015 a montré que les papillons les plus impactés par l’urbanisation sont les papillons des prairies car ce sont les moins aptes à se déplacer du fait de leurs petites tailles. Les papillons des lisières de forêts et des bordures de champs, plus mobiles, sont moins impactés. Une autre étude menée par Murat et et al. 2015 a montré, quant à elle, qu’une diminution de l’abondance des papillons de l’ordre de 5% est liée à l’utilisation d’herbicides et d’insecticides dans les jardins privés. L’effet de ces pesticides est d’autant plus important lorsque les jardins sont situés en zone urbaine. Ils ont également montré que la naturalité du jardin jouait un rôle important dans la diversité des papillons présents. Cette naturalité, mesurée par la présence d’espèces telles que l’ortie, la ronce ou le lierre favorise une communauté de papillons plus riche.

De plus en plus de collectivités se sont engagées dans la conception et la gestion écologique des parcs et jardins. Un des objectifs principaux étant l’arrêt de l’usage des pesticides dans ces espaces, tout en privilégiant des espèces locales et spontanées, avec moins d’entretien. La gestion écologique et l’augmentation de ces espaces de nature en ville ont un effet direct sur la quantité et la qualité des ressources disponibles pour les plantes, les papillons et les oiseaux. Elles recréent des zones refuges moins gérées, gage important pour ces espèces de pouvoir se reproduire et se développer. Elles agissent également sur les continuités écologiques pour favoriser le déplacement de toutes les espèces y compris les moins mobiles. La végétalisation des villes bénéficie de manière importante au retour de la biodiversité en milieu urbain. C’est donc une action prioritaire. 

Aujourd’hui, encore 24% des communes franciliennes sont carencées en espaces verts, c’est-à-dire avec moins de 10m² d’espaces ouverts par habitants (source, IAU 2015). Le choix des essences étant parfois difficile, N. Deguines et ses collègues (2016) se sont intéressés à l’attrait des plantes. Ils ont trouvé que les fleurs de lierre (Hedera helix) nourrissent le plus grand nombre d’insectes spécialistes. Cette plante devrait donc être privilégiée dans la végétalisation des villes. Tout comme les plantes de la famille des Apiacées (la carotte, le fenouil, le panais…), dont les ombelles attirent une plus grande variété d’insectes que les autres familles étudiées telles les Fabacées (les pois, les trèfles…), les Rosacées (rosiers, pommiers, poiriers…) ou les Asté- racées (pissenlits, pâquerette, …).

DANS LES FORÊTS


Le milieu forestier couvre 23% du territoire francilien et les forêts de production sont composées de feuillus à 94 %. Les analyses ont donc porté sur ce type de boisement dit caducifolié. Ces forêts abritent une biodiversité importante et moins touchée que les milieux précédents. Les richesses en espèces de plantes et d’oiseaux sont supérieures aux moyennes régionales avec respectivement 10 et 14 espèces observées en moyenne par relevé. La richesse en papillons est légèrement inférieure à la moyenne régionale avec 7 espèces observées. La tendance est stable pour la richesse observée en papillons et semble en augmentation pour l’abondance des plantes (+12%). Seuls les oiseaux sont en déclin dans les milieux forestiers franciliens, avec une baisse de leurs effectifs de 17% en 11 ans.

Les données reposent sur votre participation !


Depuis plusieurs années, les citoyens font avancer la science, tout particulièrement en ce qui concerne les sciences du vivant, grâce à des protocoles d’observation de la nature permettant à chacun de collecter des informations standardisées, c'est à dire comparables entre elles. Fondé et porté par le Muséum national d'Histoire naturelle, pionnier des sciences participatives en France, Vigie-Nature est un programme de sciences participatives ouvert à tous les curieux de nature, du débutant au plus expérimenté. Il est animé par des associations – dont Natureparif - et mis en œuvre grâce à des réseaux d’observateurs volontaires. Pour en savoir plus consultez notre article.

Initié il y a plus de 25 ans avec le Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC), le programme Vigie-Nature s’est renforcé depuis avec le suivi de nouveaux groupes : les papillons, chauves-souris, escargots, insectes pollinisateurs, libellules, plantes sauvages des villes…. En offrant aux scientifiques des données de terrain essentielles, dans toute la France, les observateurs volontaires participent ainsi à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité ordinaire et sur ses réponses face aux changements globaux (urbanisation, changement climatique…).

De fait, l’apport des citoyens à la connaissance scientifique est aujourd’hui indispensable. En effet, la participation de volontaires permet de récolter une grande quantité de données sur l’ensemble du territoire et de manière répétée dans le temps, données que les chercheurs n’auraient pu obtenir seuls. Tous les passionnés de nature sont invités à participer à la collecte d’informations sur la faune et la flore : naturalistes débutants ou expérimentés, scolaires…
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