Chantier nature, une bonne occasion pour ailler patouiller

Les chantiers "nature", vous connaissez ? Non ? Ce sont des opérations bénévoles ouvertes à tous et toutes, petits et grands, qui permettent d'entretenir un site naturel dans un objectif précis de conservation du biotope.

Le PNR du gâtinais français et ses partenaires en organisent très régulièrement sur les deux départements de son territoire. Le dernier en date avait eut lieu en octobre (et on n’avait, pardon, pas eut le temps de vous avertir en dehors de ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux), mais pour le prochain c’est le moment ! Il aura lieu le 17 novembre prochain sur la commune de Saint Fargeau Ponthierry (77130) dans le cadre de des activités de la Maison de la réserve de la Bassée.

C’est l’occasion de vous sensibiliser à cet environnement fragile que sont les zones humides. Celle de la Bassé est la 5ième zone humide française par la richesse de sa faune et de sa flore. Dans une ambiance conviviale, vous découvrirez l’histoire du lieu, les enjeux et les objectifs de gestion du site ainsi que les espèces que l’on souhaite préserver tout en participant activement à la préservation et le développement d’espèces animales et végétales. En plus, vous gagnez le droit de vous saillir en « patouillant » dans les mares !


 

Le PNR du Gâtinais (dont nous avions largement parlé ici) s’étend sur plus de 63 000 hectares, couvre le territoire de 57 communes (28 en Essonne et 29 en Seine-et-Marne) et de 7 Communes "associées" où résident plus de 72 000 habitants ! L’appellation "Gâtinais français" a une double explication : tout d’abord géologique, puisque ce territoire tirerait son nom des terres sablonneuses qui le composent, les "gâtines", propices aux clairières et aux landes, mais aussi historique, car il correspond à une partie de l’ancien Royaume de France…
Outre ses importants espaces boisés ou cultivés, la présence de pignons rocheux et sableux lui confère des caractéristiques très spécifiques et proches de celles rencontrées dans la forêt domaniale de Fontainebleau. Ses paysages se composent de :
- 55 % de terres agricoles ;
- 33 % de bois et forêts dont 20 % de forêt publique ;
- 8% d'espace urbain ;
- 3 % de milieux naturels ouverts (platières gréseuses, pelouses calcicoles, landes, marais et tourbières) ;
- 1 % de parcs et jardins.

Si le Massif des Trois-Pignons (en partie) et la Forêt des Grands-Avaux constituent l'essentiel des forêts du Parc, on trouve des bois et forêts le long des cours d'eau, sur les coteaux, les buttes et platières de grès et sur les sols calcicoles (calcaires) avec des espèces remarquables comme l'Amélanchier à feuilles ovales et l'Alisier de Fontainebleau. Les platières gréseuses (du nom de la roche), spécifiques au territoire du PNR et du Pays de Fontainebleau abritent les landes de bruyères et de callunes, milieux de prédilection de l'Engoulevent d'Europe et de la Fauvette pitchou et les mares de platières, temporaires, acides, alimentées par les eaux pluviales, où se développent la Renoncule à fleur en boules, la Crassule de Vaillant... et des amphibiens et même un crustacé quasi-endémique : l'étrange Tanymastix stagnalis, capable de stopper sa croissance quand la mare est sèche et de la reprendre à la première goutte de pluie ! Les chaos rocheux, accumulateurs de chaleur sont favorables à une flore et à une faune thermophile. Qui plus outre, le PNR est traversé par un important réseau hydrographique, affluent de la Seine, qui comprend trois rivières principales : la Juine, l'Essonne et l'Ecole.

Un peu de zoologie

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Bleau abrite trois espèces de crevettes ! Oui des crustacés ! Elles font partie du groupe des Anostracés (crevettes primitives).
Tanymastix stagnalis ainsi que les espèces Chirocephalus diaphanus et Branchipus schaefferi sont des Crustacés très particuliers de nos mares temporaires. Ce sont des branchiopodes, donc des animaux aquatiques possédant plusieurs paires de pattes aplaties qui leur servent à la fois à nager, à se nourrir et à respirer. Ces mares temporaires peuvent être des ornières ou des prés inondés, même profonds de quelques mètres, le seul impératif est que le milieu soit complètement asséché régulièrement. Ce sont des espèces en péril parce que leurs biotopes disparaissent à cause de l’assèchement définitif des milieux par les agriculteurs, populiculteurs ou promoteurs, ces mares n’ayant aucun intérêt économique.


Avec de bonnes conditions, on peut observer les Tanymastix stagnalis dans l'eau de certaines mares
Voir l'article de Jean Poule pour de belles photos macros...

Les œufs peuvent rester plusieurs mois ou années dans une épaisse coquille hérissée de pointes et assez dure pour résister aux agressions mécaniques qui peuvent survenir et aussi contre les agressions chimiques : ils peuvent résister au transit intestinal d’un canard ! Le développement embryonnaire y est très réduit, les conditions pourraient être fatales à un embryon bien développé. Cette coquille prévient donc le dessèchement qui peut être de longue durée mais n’est pas forcément nécessaire à l’éclosion.

-- Le stade larvaire I : si la température descend (30 jours à 4° par ex.) l’enveloppe de la larve étant sensible au stimuli d’éclosion, induit une modification de la pression osmotique qui permet la rupture de la coque. En effet ces œufs pouvant résister à des très basses températures, même à la congélation, la présence de glycérol peut intervenir dans la modification de la pression osmotique en cas d’humidité. Ce stade existe toujours mais il peut être très bref.

-- Le développement du stade larvaire II dépend du taux d’oxygène et de la salinité (si la salinité diminue, il y a plus d’eau libre !)

-- La croissance : plus l’organisme est jeune plus il grandit vite mais quand l’individu doit investir dans la reproduction elle s’arrête. Le temps de croissance est ainsi plus court si la température est élevée, à cause des risques d’assèchement, ceci signifie que les anostracés peuvent avoir une taille variable à leur maturité sexuelle. La quantité de nourriture modifie peu ou pas le taux de reproduction : il faut pondre beaucoup, quelles que soient les circonstances…il y a de nombreux prédateurs d’une part (notonectes, dytiques…) et l’assèchement peut survenir brusquement.

Pour celles et ceux que le sujet intéressent, nous les renvoyons une nouvelle fois vers un article de notre ami Jean Poule Debleau, notre photographe naturaliste spécialiste de Fontainebleau…


Venez nettoyer avec nous les mares temporaires du Bois communal de Champagne.
Objectif
L'objectif du chantier est de nettoyer les mares forestières du bois qui se comblent naturellement et ainsi conserver les animaux qui leurs sont associés (crapaud, triton, libellule, grenouille...) La restauration du midi vous sera offerte grâce au pique-nique organisé par la Maison de la réserve.
Cette journée est ouverte à tous, gratuitement. Mais l’inscription est obligatoire au 01 64 00 06 23



L’autre intérêt de ce charmant coin de nature mis en avant par le PNR est la présence d’un s
entier d'interprétation forestier accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR).
La première pierre avait été posée le 15 novembre 2011 par Jean-Jacques Boussaingault, président du
Parc naturel régional (PNR) du Gâtinais français. Inauguré le 23 juin 2012 ce chemin permet désormais aux personnes en situation de handicap (moteur, visuel, auditif et mental) de profiter pleinement des charmes du Bois de Champagne qui abrite de nombreux arbres remarquables.
Outre son accessibilité et l’adaptation des mobiliers et équipements selon les critères du
label Tourisme et handicap, ce sentier d’1 km a pour autre intérêt d’être jalonné de cinq panneaux fonctionnant à l’énergie solaire et délivrant aux promeneurs des explications ludiques et pédagogiques sur la faune et la flore locales. Le premier présente le bois de Champagne (historique, gestion, essences d’arbres...), le deuxième les arbres (structure, croissance, besoins...), le troisième la biodiversité en forêt (équilibre des milieux naturels, mammifères...), le quatrième l’exploitation forestière (coupes, propriétés et utilisation du bois...). Un peu à part, le dernier évoque la biodiversité des forêts québécoises, le Parc participant à un programme de coopération avec nos cousins d’Amérique du Nord. A la fin du parcours, une borne interactive permet de tester les connaissances acquises. Les baladeurs sauront alors notamment si, grâce à elles, ils sont parvenus à sauver le vieux châtaignier malade dont l’histoire sert de fil conducteur sur ce chemin qui mérite le détour. 

Liens sur notre sites : 


http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2001/01/liste-des-zones-protegees-dans.html
http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2000/10/faune-et-flore-du-pays-de-fontainebleau.html
http://latribunelibredebleau.blogspot.com/p/fontainebleau-une-des-plus-riche-foret.html

Autres sources :
http://inpn.mnhn.fr
http://foret-fontainebleau.over-blog.net/article-les-mares-de-la-foret-de-fontainebleau-40574832.html
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