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Sur les chemins

Escalade

Matos

2017-01-15

Il y a quelques années nous avions publié un article sur l'effet Venturi assorti de quelques conseils pour lutter contre le froid et le vent et puis nous n'étions pas revenu dessus. Alors vu les températures actuelles à Bleau comme ailleurs, il est peut être temps de rappeler quelques bases pour s’habiller chaudement avant d'aller randonner, grimper, rouler ou courir. Au delà des conseils de l'article précité, il faut sans doute reparler du système multi-couches et des textiles permettant de se maintenir au chaud. Et, en cette période de crise, sachez qu'il n'est plus nécessaire de se ruiner pour acquérir des vêtements de sport d'hiver performants !

Avec l’arrivée de l’hiver et du froid, vous entendez souvent parler de la technique vestimentaire multi-couches ou 3 couches. Mais que signifie réellement cette technique ? Pourquoi parle t-on de 3 couches et à quoi servent-elles ? 
Rappelons simplement qu'au-delà de la température affichée par le thermomètre, le vent, l'humidité, notre condition physique, le fait d'être un homme ou une femme, notre alimentation...influencent notre perception du froid. (Relisez notre article précédent) Avoir froid c'est non seulement désagréable mais cela peut être risqué. En plus, la surconsommation de calorie pour maintenir la température de notre corps à 37°C va nuire à nos performances sportives. Pour s'isoler du froid donc, les alpinistes ont adopté la technique de l'oignon, c'est à dire plusieurs couches de vêtements techniques qui permettent de s'adapter à toutes les conditions climatiques et de réguler sa température. On parle de trois couches mais il en faut parfois qu'une, deux, quatre ou cinq.

Le multi-couches, comment ça marche ?


Pourquoi 3 couches ? Simplement, on a l'habitude de dire qu'en montagne (mais c'est valable ailleurs), il faut se couvrir avant d'avoir froid et se découvrir avant d'avoir chaud. C'est plus facile avec plusieurs couches non ? Ensuite chaque couche a une fonction : la première maintient la chaleur près du corps, la seconde apporte de la chaleur, la troisième protège cette chaleur contre les agressions climatiques ! Mais bien entendu, pour que cela fonctionne correctement, il faut associer des couches cohérentes et c'est là que les technologies textiles entrent en jeux !


La première couche :



Elle est constitué par ce que l'on appelle les sous-vêtements thermiques. C'est souvent la plus négligée par les sportifs amateurs notamment chez les grimpeurs encore très fans du t-shirt coton ! Pourtant cette couche est primordiale tant dans la lutte contre le froid que dans l'évacuation de la transpiration. En effet, elle a pour but principal de préserver la chaleur près de la peau notamment en vous gardant au sec durant votre effort c'est à dire en évacuant la transpiration vers l'extérieur.
Il est loin le temps des Damart qui grattent... Il existe aujourd'hui une multitude de fibre textile remplissant cette fonction et l'on trouve sur le marché des sous-vêtements respirants apportant plus ou moins de chaleur à choisir en fonction de votre activité et des températures à affronter. Plus notre sport fait transpirer et plus cette première couche devra être respirante et hydrofuge. 
Tom dans Trouloulou à Cormot
Côté coupe, ce vêtement doit être le plus proche du corps sans pour autant comprimer. En hiver, privilégiez les modèles à manches longues et descendant assez bas dans le dos. A l'essayage, portez une attention particulière aux emplacement des éventuelles coutures, les frottements peuvent vite irriter la peau.
Côté fibres textiles, vous avez l’embarras du choix ! Du naturel au synthétique en passant par des mix. Elles ont chacune des avantages et des inconvénients. Laine de mérinos, soie, carbone de bambou, polyester, polyamide... en tissage plus ou moins épais, plus ou moins stretch, plus ou moins respirant ou chaud... Le principal reproche fait à certaines fibres creuses c'est de retenir les mauvaises odeurs malgré le lavage...Honnêtement, c'est de moins en moins vrai.
Bref, suivant votre activité vous trouverez facilement votre bonheur dans les magasins de sport... Côté budget, chez Décathlon, on commence à 5€ pour Tshirt manches courtes, en moyenne comptez entre 25 et 30 € pour un manches longues chaud et plus de 60€ dans des marques comme Odlo ou Ulffroté.


La deuxième couche : 


Celle-ci sert à apporter de la chaleur supplémentaire. L’air étant le meilleur isolant, elle est souvent constitué de fibres dont le tissage ménage des poches d'air. Cette couche correspond au pull en laine de grand père que l'on a progressivement remplacé par des fourrures polaires.

L'avantage des tissus synthétiques polaires c'est qu'ils restent chauds même lorsqu’ils sont humides et sèches assez vite. D'ailleurs, pour être en cohérence avec la première couche et la suivante, cette couche devra aussi être respirante pour continuer à évacuer la transpiration et garder le corps au sec.


La troisième et dernière couche :

Tenues d'automne à Bleau
La dernière couche est celle qui est en contact direct avec les perturbations extérieures et devra vous protéger contre la pluie, la neige, le vent... Elle sera donc plus ou moins imperméable, coupe vent, etc. tout en évacuant toujours votre transpiration. Avant l’arrivée sur le marché de membranes imper-respirantes de type Gore-Tex (membranes imperméables permettant d’évacuer la transpiration), les couches externes étaient étanches et on terminait trempé de sueur ! Il existe des vestes qui combinent 2 couches en une (souvent polaire avec membrane Wind Stop, "softshell"...) solidaire ou non.

Entre la première et la dernière couche, il peut être opportun, suivant les conditions, d'ajouter des couches supplémentaires. On trouvera ici par exemple les célèbres doudounes en duvet (bien meilleur isolant que les polaires pour une même épaisseur), les gilets (qui protègent uniquement le torse et qui peuvent aussi être en duvet), les fameuses polaires "softshell" (qui apportent de la chaleur, résistent un peu plus au vent et à la bruine qu'une simple polaire).

Adapter ses 3 couches à sa pratique et aux conditions extérieures



Si le concept présenté est simple vous allez devoir l’adapter selon la situation météo et sportive. En effet, tous les sports ne nécessitent pas la même régulation de la chaleur et de la transpiration et la veste Gore-tex ne sera d'aucune utilité s'il n'y a ni vent, ni pluie. Bref, vous devrez parfois combiner la première couche avec deux autres thermiques ou une seule contre le vent, etc. 
En plus, il faudra parfois chercher le vêtement le plus adapté à votre pratique. En Montagne par exemple, il faut savoir faire des compromis avec entre le poids, l'encombrement et l'utilité. Pour des ascensions hivernales express Patrick Berhault nous avait conseillé une doudoune en troisième couche et pour la pluie une simple veste ultra-légère à la limite du K-Way ("au cas où").

En escalade à Bleau, l'hiver la doudoune est idéal pour se tenir au chaud entre 2 essais. Bonnet indispensable et gants vivement recommandés aux pareurs. Pour les pieds, attention les chaussons compriment vos orteils et vous risquez de ne pas sentir venir la gelure ! Pensez à les retirer fréquemment et à les réchauffer dans des chaussettes chaudes et sèches. Les grimpeurs ont l'habitude de tenir au chaud leurs chaussons dans la doudoune. Faites de même avec les chaussettes.


Que choisir ?


Au fil du temps, après de nombreux essais, plus ou moins bons, on a fait une petite liste des critères importants pour choisir nos premières couches de randonnées et alpinisme :

1° L’élasticité du produit (un peu mais pas trop) pour le confort et le suivi des mouvements.
2° L’absence de coutures marquées pour éviter les frottements qui seront vite irritants au bout de quelques heures.
3° L'évacuation de la transpiration et donc un séchage rapide. 
4° La résistance du produit dans les zones de frottement. 

 2WARM CONCEPT
Chez Décathlon, vous trouverez certainement de très bons sous-vêtements thermiques pour quelques euros. Nouveauté dans leur gamme le 2WARM CONCEPT apporte deux niveaux de chaleur différents selon la face portée conte la peau. Sur la face très chaude, le tissu est composé de pleins et de creux qui apportent 30% de chaleur en plus par rapport à la surface lise.  Franchement top !

Pour le tissu « polaire », son pouvoir isolant dépend notamment du poids, plus le poids est élevé, meilleure est l’isolation. Mais il y a polaire et fausse polaire... Ne vous laissez pas leurrer par les pseudos drapeaux norvégiens ou arctiques posé sur certains produits...

Le tissus déperlants reçoivent un traitement type Téflon ou silicone qui laissent glisser la pluie sur le tissu. Il faut les renouveler régulièrement.

Les tissus imperméables peuvent être enduits type coton huilé. Pour les vêtement technique c'est souvent à base de polyuréthanne ou d’acrylique. C'est imperméable et coupe vent mais pas respirant.

Les tissu imper-respirants sont micro-poreux  mais les trous du tissu ne laissent pas passer l'eau. Donc il est imperméable et coupe vent mais aussi respirant car il permet à la transpiration sous forme de vapeur d'eau.



Que voilà un titre accrocheur ! Si vous suivez l'actualité, il ne vous aura sans doute pas échappé, qu'une nouvelle fois, les médias sonnent l'alarme quant à la présence du loup en Seine et Marne, Essonne et Yvelines. Pire, ils soufflent sur les braises de nos peurs ancestrales de la bête ! "Brrrrr, tremblez, Franciliens, le loup est aux portes de Paris et rôde dans la forêt de Fontainebleau" ! Depuis 2013, ils titrent régulièrement sur la présence du loup "aux portes de Paris". Alors oui, c'est aussi indéniable qu'inévitable, les loups sont de retour en France et causent des dégâts importants dans les cheptels des éleveurs. Mais ne faudrait-il pas plutôt se réjouir du retour en Ile-de-France de cette faune protégée et menacée au même titre que le castor ou la loutre ? Et d'ailleurs, est-il vraiment là ? 


Le loup (Canis Lupus) après avoir été officiellement éradiqué du territoire français en 1930 y est revenu en 1992 après avoir franchis les Alpes par l'Italie.  L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a évalué à 292 individus la population française dans son dernier bulletin de septembre. Le loup est une réalité dans les Pyrénées mais aussi sur la moitié est de la France (une trentaine de départements), des Alpes du sud aux Vosges en passant par l’arrière-pays provençal, le Massif central, l’est du bassin parisien jusqu'en Bourgogne.

Présence du loup selon le site de l'Observatoire du Loup (voir plus bas)
Du coup, les actes de prédations sur les troupeaux et notamment les brebis se sont multipliés : de 1500 brebis tuées en 2000 on passe à 6786 en 2013 et 9788 en 2016 pour 2735 attaques selon les derniers chiffres de la DREAL Rhônes-Alpes
Et la conséquence, outre la multiplication par trois de l'indemnisation versée aux éleveurs, la création d'un plan national loup 2013-2017 prévoyant que 36 loups peuvent être tués chaque année par des agents de l’ONCFS. Aux 33 loups « prélevés » sur la période juin 2016 à 2017, il faut ajouter 5 autres bêtes au moins retrouvées tuées. Un quota que souhaite relever le Ministère de l’environnement pour satisfaire certaines demandes des éleveurs mais qui fait régulièrement l'objet de vives oppositions des défenseurs de l'environnement. Des défenseurs, parfois subventionnés par l'Etat mais qui n'hésitent plus à l'attaquer en justice pour non respect des réglementations internationales et européennes de protection de la faune.

Le loup est donc une réalité et ses prédations aussi. 
Est-ce que pour autant il faut s'alarmer de sa présence SUPPOSÉE en Ile-de-France ? 
Est-il une menace pour l'homme ?
A notre connaissance, depuis 1992, les loups n'ont attaqué aucun être humain sur le territoire français. Les rencontres hommes loups se comptent sur les doigts. Encore moins si l'on retire de ces rencontres qui sont recherchées (traques naturalistes, chasse...). En fait, en dehors des bergers, le loup ne semble pas être une menace pour l'homme.

Rappelons que d'un côté comme de l'autre (ONCF versus pro et anti loups), les chiffres ne semblent pas réalistes. L'ONCF a souvent tendance à masquer tout ou parties des informations concernant le loup tandis que de l'autre, on extrapole souvent sans preuve.

Ceci étant dit, nous avions publié en 2013 un article recensant les crimes passés du loup en Seine et Marne qui justifiaient cette terrible réputation populaire.


Que penser des journaux qui attisent nos peurs en titrant le "Loup en forêt de Fontainebleau", "le loup rode-t-il près de Paris (BFM)" ou écrire comme le Parisien et BFM que "Depuis octobre, les Yvelines, l'Essonne et la Seine-et-Marne sont dans une situation plus critique, puisque ces départements sont entrés dans la catégorie "loup présent avant de s'établir". On nous avait déjà fait le coup en 2014 notamment lors de la découverte d'un cadavre de loup "à 168 km de Paris" (Direct Matin) ou en 2013  avec un article du Journal du Dimanche (JDD) du 13 octobre où la journaliste diffusait quelques clichés alarmistes comme cette petite phrase : "Le loup se rapproche. Comme il fait partie des espèces protégées, il ne se méfie plus de l’homme.(sic !) Il y a quelques années, on en entendait parler dans les Vosges. L’an dernier, il y a eu un cas en Haute-Marne. Mais si rien n’est fait, dans trois ans il sera dans la forêt de Fontainebleau.

Cette fois, c'est l'association de l'Observatoire du Loup, présidée par monsieur Jean Luc Valérie, qui a lancé l'alerte copieusement relayée par les médias sur la base des indices collectés notamment à Rambouillet fin décembre 2016 et dont certains sont remis en cause par l'ONCF, organisme avec lequel il est aussi en conflit. Qui dit vrai ?! Seule certitude, les loups circulent au sud est de l'Ile de France...Pour en savoir plus sur cet affaire, nous vous renvoyons à l'article d'Audrey Garric sur le blog du Monde et sur le site de Nature environnement

Pour nous, même si l'Ile-de-France possède les plus belles forêts avec notamment Compiègne, Fontainebleau ou Rambouillet, il y a peu de chance que des meutes d'une dizaine d'individus s’installent ici à demeure ! Car si nos bois sont giboyeux, ils sont aussi sur-fréquentés et les loups encore très méfiants... D'ailleurs aucun de nos amis naturalistes présents à Fontainebleau n'a encore eu la chance d'en observer un... Bref, n'ayez pas peur et promenez-vous dans les bois !




NATURE