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Escalade

Matos

2016-06-19

En parallèle des nombreux ouvrages sortants sur l'histoire de l'escalade chez divers éditeurs, notre ami Gilles Rotillon, nous signale la sortie de son livre sur l'évolution de l'alpinisme et de l'escalade avec le double regard du spécialiste de ces activité avec plus de 50 ans de pratique et du professeur de sciences économiques ! C'est aux Editions du Fournel.

L’escalade est aujourd’hui une activité qui a quitté la confidentialité qu’elle avait avant les années quatre-vingt. Les salles d’escalade se multiplient dans le monde entier, elle entre massivement à l’école, elle a ses revues spécialisées, on en parle pour les Jeux Olympiques. D’une technique de l’alpinisme, elle est devenue une activité nouvelle, avec ses lieux de pratique, ses règles, son vocabulaire, son matériel, ses champions. 

Cette évolution est le résultat d’une transformation du terrain de jeu. En équipant les falaises pour permettre la chute sans risque mortel (et par conséquent le progrès technique), l’escalade s’est différenciée de l’alpinisme où la chute reste proscrite. C’est la thèse défendue dans ce livre : l’escalade s’est développée sous sa forme actuelle en éliminant objectivement le rapport à la mort qui est la caractéristique de l’alpinisme. 

Il propose ensuite d’en tirer les conséquences quant aux évolutions de ces deux activités dans le contexte de la marchandisation croissante d’activités de plus en plus nombreuses. Le fait que l’alpinisme et l’escalade obéissent maintenant à des logiques de développement différentes ne veut pas dire qu’elles sont sans liens, ni que l’une est plus noble que l’autre, mais ces logiques induisent des contraintes sur les marchés spécifiques qui les formatent. Contraintes qu’il est nécessaire d’analyser pour comprendre les évolutions en cours. 

Gilles Rotillon pratique l’alpinisme et l’escalade depuis plus de cinquante ans. Membre actif de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), il a aussi participé aux comités de direction de la FFM, de la FFE (dont il a été un des co-fondateurs) puis de la FFME dont il fut le premier président du comité sportif escalade. 

Il est par ailleurs professeur émérite en sciences économiques à l’Université de Paris Ouest Nanterre la Défense et c’est à partir de cette double expérience de pratiquant acharné et d’économiste professionnel qu’il propose une réflexion originale sur ces activités qui ont marqué sa vie.
Face à la polémique sur l'utilisation du VTT sous toutes ses formes en forêt de Fontainebleau, des Trois Pignons et de la Commanderie depuis 2013, l’agence Île-de-France Est de l’ONF a organisé de nombreuses réunions de conciliation.Parallèlement, elle s’est attachée les services d’un prestataire spécialisé, Bike solutions, pour affiner son positionnement sur ce sujet délicat. Fort de ces éléments, l’ONF vient de publier une longue note sur le sujet et qui annonce le retour des vététistes dans un cadre nettement mieux défini que l'on vous invite à respecter pour le bien être de notre pratique en forêt !

Le positionnement de l'ONF Fontainebleau est donc le suivant :
1° L’ONF de Fontainebleau considère le VTT comme un mode de découverte de la forêt comme un autre, à l’exception des pratiques freestyle et descente qui sont incompatibles avec les autres usages sur un même linéaire. A ce titre, le VTT crosscountry fait donc partie intégrante des usages autorisés en forêt ;
2° L’ONF privilégie donc une position ouverte, constructive et positive vis-à-vis du public VTTiste de la forêt ;
3° En conséquence, l’ONF s’investira dans la création d’une offre de sentiers correspondant aux besoins des VTTistes, dans le respect de l’environnement (incidences sur la faune, érosion, etc.) et dans la limite de ses moyens humains et financiers et de ceux de ses partenaires sur le projet. Ce projet constituera une équation entre le type de circuit (balisé ou libre) et le type d’organisation (individuel ou manifestation sportive) ;
4°Pour créer cette offre, l’ONF s’appuiera principalement sur les ressources locales, tant pour la conception que pour l’entretien des circuits. Il souhaite donc une fédération des différents organismes et pratiquants de ces sports, à cette fin constructive. Cette disposition n’exclut pas l’intervention ponctuelle de professionnels à des fins d’expertise et de conseil.





Pour comprendre l'ensemble de ces mesures, nous vous invitons à lire la documentation de 59 pages fournie par Bike Solution

Escalade calanques marseille
Il y a quelques années, à la TL²B on s'était prononcé contre la création du Parc National des Calanques (notamment ici et ) (ainsi que contre le projet à Fontainebleau) estimant que la pérénité de l'escalade dans ce massif n'était pas garantie. Il y a quelques mois, dans le magazine Grimper, on apprenait que les négociations sur la future réglementation de l'escalade dans le PNC étaient en cours. Un article de Madeinmarseille nous en apprend un peu plus et nous fait craindre le pire quand à la défense de cette pratique par notre fédération délégataire !

On ne va pas revenir sur l'histoire de l'escalade dans le Calanques. Aujourd’hui, les Calanques font partie des plus célèbres spots d’escalade d’Europe avec plus de 3000 voies ! Pour le moment, aucune réglementation n’a été mise en place et seul quelques préconisations actées dans la charte du parc régissent les modalité d'accès et d'équipement. Si dans la plupart des parcs nationaux français, les activités sportives et de nature ont été exclues du cœur de parc qui bénéficie d’une protection renforcée, ce n'est pas encore le cas dans les Calanques où se pratique les différentes activités. Pour certains protecteurs de la nature, il y a donc « télescopage » entre activités de loisirs et biodiversité.

Comme avec le VTT dont on a beaucoup parlé ici, le Parc national s’est engagé dans un plan d’action triennal (2015/2017) pour en mettre en place une réglementation des pratiques. Hélas, côté escalade, l'interlocuteur privilégié des autorités de gestion est bien entendu la FFME même si le Comité consulte aussi d'autres acteurs telsque les propriétaires publics comme les communes de Marseille, Cassis ou La Ciotat et les associations d’usagers.


Pourquoi "hélas" ?


Parce que la FFME est engagée depuis plusieurs années dans une vague de déconventionnement des sites naturels ! En effet, les conventions mises en place par le Cosiroc en 1984 à Buoux et Mouriès et reprises par la FFME, visent à décharger les propriétaires de leurs responsabilités en cas d'accident. Aujourd’hui, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade remet en cause ce système.

Ainsi, Jean-Claude Grand, Président du Comité Départemental des Bouches-du-Rhône de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, souligne dans l'article précité que 
« Le problème est que ces conventions désignent la fédération comme coupable en cas d’accident. Mais est-ce vraiment à une fédération de prendre la responsabilité de la pratique de l’escalade dans toutes les calanques, d’autant plus que tous les grimpeurs ne sont pas licenciés ? Nous aimerions que cette convention soit revue voire qu’il n’y en ait plus pour que l’on continue à faire de l’escalade ». Des propos qu'on vous laisse apprécier mais qui éclairent bien le problème de la gestion des Sites naturels d'escalade en France par notre fédération... et qui justifient pleinement la création de Greenspits !

Ce qui n'est pas rassurant c'est que Gille Chappaz, actuellement chargé de mission tourisme durable et du dossier escalade pour le Parc national des Calanques semble plutôt favorable à cette réglementation ! « Le Parc national des Calanques est pour la pratique de l’escalade qui est une activité emblématique et reconnue comme étant structurante du territoire. Toutefois, elle nécessite d’être réglementée pour éviter des impacts trop préjudiciables sur la nature et le patrimoine des massifs »

Mais l'escalade est déjà plus ou moins réglementé dans les Calanques. Certains secteurs sont totalement ou partiellement interdits d’accès pour des raisons de protection de la nature et de lutte contre l'érosion. Il y a aussi les classiques limitations de pratique en période de nidification ou en été durant les risques incendie. 

« Il faut que l’on réfléchisse à comment gérer toutes ces questions qui sont des enjeux connus et maîtrisables. À terme, notre volonté est de mettre en place une commission escalade pour définir ensemble un cadre de travail et que l’on puisse avancer vers une pratique apaisée et la plus transparente possible avec tous les acteurs », conclut Gille Chappaz.

Les différents acteurs sont actuellement en concertation pour trouver une issue à la situation 
© Parc national des Calanques





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