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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Qui pour entretenir le célèbre circuit Mauve de la Dame Jeanne ?

Mis en ligne par TL De Bleau on jeudi 6 juin 2013 | 07:30:00

Dans notre série consacrée aux circuits et sentiers de Bleau, après les 25 bosses ou le Parcours montagne de Franchard, on avait plusieurs choix...

Un appel aux bonnes volontés d'Oliver Cazeaux pour l'entretien du plus célèbre de nos circuits d'escalade, le Mauve de la Dame Jeanne (Larchant) a précipité notre choix !

L'occasion aussi de revenir sur cette notion d'entretien des circuits et leur évolution et de lancer une piste pour l'avenir : pourquoi pas imiter l'Accès Fund et lancer un programme du type "Adopte un circuit" !



Le circuit Mauve est un véritable monument historique de l’alpinisme français ! Outre son histoire, ce parcours de niveau AD+ et d'une bonne longueur sur des blocs parfois vertigineux a longtemps été un must de l'entraînement pour la montagne. Signe des temps, il est aujourd'hui parfois impratiquable par manque d'entretien.

Un peu d'histoire

Après les circuits de Fred Bernick au Rempart, naissent successivement un bleu à Chamarande en 1954 (dont personne n'a trouvé le topo malgré de longues recherches), un orange AD+ à Apremont, le Mauve de la DJ, et un rouge aux Drei Zinnen.

Topo levé en 1952 par Gérard Chacun
C'est donc en 1948 que Maurice Martin trace le circuit mauve de la DJ, dont la couleur originale a été conservée. Ce circuit marque une avancée déterminante dans l'entraînement des alpinistes parisiens. Dans sa présentation, Maurice Martin écrivait : "C'est une succession de 200 montées, descentes et traversées, pour plus de 1 500 mètres d'escalade. Il s'agit d'un exercice de résistance mais aussi de tête, car les chutes sont mauvaises (...) A mes yeux, ce défaut sera une qualité . Il s'agit essentiellement d'un jeu, mais pour le plupart des grimpeurs, d'un jeu d'entraînement à la montagne, et à la montagne, il est rare que de petites plages de sable vous attendent à quelques mètres du départ. (...) Dans la difficulté dans laquelle le circuit évolue, un grimpeur moyen possédant déjà du métier devra être pratiquement toujours en sécurité. On ne doit pas avoir à sauter dans le III Bleau et, à de très rares exceptions près, les quelques pas de IV du circuit ne sont pas exposés. L'exposition générale du circuit sera, de plus, une justification à l'utilisation de la corde pour des cordées hétérogènes et, lorsque l'on voit certains grimpeurs de Bleau dans le II et même le III, avec leurs anneaux à la main dans une course de montagne, on peut à son droit, penser qu'il ne s'agirait pas là d'exercices inutiles..."
Franchement,nous avouons nous être encordés pour découvrir de nombreux passages de ce circuit alors que nous évoluions déjà dans le rouge TD+ ! Mais personne à la TL²B ne prétend vouloir devenir un bon alpiniste. Il est certain que dans les années 50 nous serions passés pour des trouillards... Et puis le rocher était probablement moins patiné !
D
es années 60 jusqu’au début des années 80, il fut un must de l’entraînement aux grandes courses, réputé bien au-delà du public parisien.  En témoigne Tenzing Norgay, venu le grimper lors d’une visite en France. L’on voyait jadis au Chalet Jobert (Auberge) une photo montrant le vainqueur de l’Everest  accomplir le rétablissement de sortie de la Dalle aux Pigeons ! Le circuit a bien entendu ses grimpeurs de légende dont Paragot, Berardini et bien d'autres alpinistes célèbres à qui l'on doit les plus grandes pages de l'histoire de l'alpinisme français.
Mais c’est  Desmaison, alors au sommet de sa gloire, qui en fut le plus ardent pratiquant, y réalisant un record de temps qui tiendrait toujours. Pour se remonter le moral durant tel bivouac éprouvant, il parcourait de tête les passages de ce qu’on appelait également la « piste violette », qu’il connaissait prise par prise, aimait-il raconter.

Le site de la DJ fut longtemps le site où il fallait être vu et l'Auberge rassemblait chaque WE des bandes d'amateurs inconditionnels du site. Normal pour le site qui abrite l'Everest parisien avec 12 mètres de hauteur ! Les années passants, les "stars" des années 60 puis 70 ont déserté les lieux cédant la place à un public souvent moins fidèles. Même notre rédac' chef qui était plutôt assidu dans les années 90 a deserté les lieux ! Pourtant, le Mauve a ses défenseurs. Parmi eux, Olivier Cazeaux qui très régulièrement entretien les passages. Un entretien, ce n'est pas seulement repeindre les flèches qui s'efface. C'est aussi et surtout rebrosser les passges les moins fréquentés qui se couvrent de lichens et limiter l'envahissement par la végétation car, c'est certain, elle pousse et le couvert végétal est bien plus important que dans les années 50 !

Olivier a donc lancé un appel aux bonnes volontés pour redonner un peu de vie à ce monument.
"UN ENTRETIEN DE PLUS EN PLUS DIFFICILE

Rénovant  pour la troisième fois ce circuit, riche de 200 blocs dont 76 numérotés, je suis aujourd’hui confronté à une situation nouvelle qui risque de me faire renoncer à mon projet.

Olivier brosse régulièrement les passages du Mauve et
cela fait des années que cela dur !

Mon précédent nettoyage date de 2009 avec une mise à jour effectuée en 2011, laquelle aura redonné vie à deux passages oubliés depuis plus de vingt ans sur le très beau bloc de la Dalle à Géo (n° 46 et 47).
L’an dernier, le circuit était encore grimpable. Avec un ami, nous l’avons parcouru en version « light » : blocs numérotés plus intermédiaires majeurs.

L’évolution de la pratique du bloc, surtout avec la généralisation du crash-pad, a fini par marginaliser la pratique des circuits. De moins en moins nombreux  sont ceux dont on peut enchaîner l’intégralité, c'est à dire les voies numérotées et passges intermédiares évitant la circulation au sol. Pourquoi ? Par ce que leur désafection a permi à la nature de reprendre ses droits et ils sont couverts par les lichens et autres végétations. Dans certains cas, les arbres ont aussi tellement poussés que les branches interdisent l'accès aux blocs.

A cela s'ajoute le problème de l'érosion qui a fait fuir certains grimpeurs (on en parlait ici et ).
  Cette situation est regrettable à deux égards :
- Elle supprime un mode irremplaçable d’entraînement aux courses de montagne ou grandes voies classiques de falaise (voir son message sur CamptoCamp et nos extraits plus loin)
- Elle appauvrit le patrimoine culturel de la grimpe en rayant de la carte ces itinéraires pédagogiques et écologiques (car ils permettent de limiter l'érosion du sol).



Depuis lors, l’hiver exceptionnel de 2012-2013 a sévi, laissant la forêt comme si des années s’étaient écoulées sans plus de fréquentation.
La futaie a poussé plus qu’à l’ordinaire, donnant à nombre de pins l’aspect de sols pleureurs avec des branchages ployant jusqu’à parfois couvrir le roc, y accentuant l’humidité qui à son tour a favorisé le foisonnement de la végétation, y-compris sur des blocs où l’on n’en voyait pas. D’étranges touffes d’herbes se dressent ainsi depuis des trous encombrés d’une terre moussue qu’un ruissellement incessant a dû convoyer.

Conséquence : mon travail prend cette fois-ci une dimension que je n’imaginais pas et cela commence à faire beaucoup pour un seul homme !

Imaginez que la remise en état de la Dalle aux Pigeons m’a demandé trois longues séances, que je passe parfois deux ou trois heures pour un petit bloc et que tout ce que je fais ne servira à rien si je ne poursuis pas le travail d’élagage des branches gênantes, entamé grâce à une perche télescopique de 5 mètres - du travail de romain quand il faut scier à bout de bras, parfois en équilibre précaire sur un bout de rocher.

Ensuite, il me faudra brosser les points de balisage et repeindre l’ensemble, aujourd’hui impossible à suivre si l’on ne connaît pas le circuit par cœur.

APPEL AUX GRIMPEURS SOUCIEUX DE LEUR PATRIMOINE

Si vous estimez que c’est du bonheur que de pouvoir grimper ces passages fabuleux à la suite de nos prestigieux anciens, merci de prendre contact avec moi. Quelques-uns s’y mettant, le circuit pourrait être prêt avant les grandes chaleurs de l’été (si elles viennent …) et de nouveau l’on pourrait le parcourir dans sa totalité en bonne sécurité.

Olivier a par ailleurs lancé un autre appel sur Camptocamp, celui pour la redécouverte de la pratique du circuit, à l'ancienne, vrai moyen pour qui veut s’entraîner de façon complète aux courses classiques.

En effet, comme l'explique Olivier, les circuits modernes ne possèdent plus de blocs intermédiaires et ne peuvent donc pas être enchaînés sans metrre un pied au sol. Ils constituent un regroupement de passages numérotés conçus pour être réalisés individuellement. Le mot circuit est resté mais ne correspond plus à la pratique.
Les rares amateurs de circuit à l’ancienne se contentent d’enchaîner quelques Jaunes ou Oranges sur lesquels ils n’hésitent pas à contourner les passages les plus exposés. Bien entendu, si beaucoup de grimpeurs suivent encore la numérotation des circuits parfois dans leur intégralité, ils le font avec crash, déplaçant leur sac de bloc en bloc, ce qui n’est plus "enchaîner" un circuit.
Olivier rappelle par ailleurs que "l'enchaînement de circuits tels le Mauve de Larchant intègre précisément le facteur psychique qu’elle combine à celui de l’endurance. Attaquer les 15 m de l’Arête de Larchant après plus d’une centaine de blocs, dont 51 numérotés, achever la Traversée à Mimiche, les pieds à 3/4 m de haut avec 72 numéros derrière soi, cela réclame une grande expérience gestuelle ainsi qu’une détermination sans faille que seule la pratique régulière de ce type de grimpe permet d’acquérir et de développer.
Dans cet esprit, pas de spécialité ou de préférence marquée pour tel ou tel type de geste, il faut savoir tout grimper, tout désescalader, et parfois nettoyer en position précaire pour continuer à avancer."

Il est possible et conseillé de démarrer modestement. L’habitude de faire des Jaunes à bonne cadence sera une excellente base. Ensuite, on peut passer à du facile mais plus haut, comme l’excellent Jaune de la DJ et ses 69 numéros parfois aériens. Pour réaliser le Mauve dans son intégralité, un bon moyen est de l’apprivoiser par portions, n’hésitant pas à recourir à la corde pour s’habituer aux passages hauts et s’y prêtant, comme l’Arête de Larchant (n°52) ou l’exigeante Tubulaire (n° 20).



Comment faire la Tubulaire ? Demandez à Olivier !


Etat du circuit au 31 mai 2013-    Départ au 23 : grimpable (14, 15,17 plus traversée « Carry Grant » avant le 19, nickel)
-    dièdre baveux (24,25) : en cours de réfection
-    traversée 26 : en réfection
-    dalle aux pigeons (28) : nickel (plus variante de droite)
-    mur de Chine (29, 30) : grimpable
-    secteur Caroline (31-37) : pas encore exploré
-    du Tank (38) à la Calanquaise (45) : grimpable (41 remis à neuf, ainsi que la traversée (43) conduisant  à la Souverain (44) également rénovée.
-    l’Enjambée du 41 (bloc  précédent la Souverain) est neutralisée par une « patrouille » d’abeilles venant du nid de plus en plus fourni qui barre la descente 42 et l’orange 31
-    section Dalle à Géo Tour de Pise (46-51) : pas revue
-    Section 52 – arrivée : Arête (52) : nickel, Dalle Brégeault (60) : nickel, suite correcte mais à revoir, Traversée à Mimiche : nickel, Traversée  tournante du 74 : nickel
-    Suite à revoir.


Alors n’hésitez pas :
olivier.cazeaux[@]gmail.com ou sur Campatocamp




Les topos d'Olivier étaient disponibles sur un blog qu'il avait sur le site de RMC et qui a été suprimé.
L'autre blog consacré au Mauve par mon ami Philippe Grisoni n'est plus mis à jour depuis des années !
Domage. Mais Olivier, nos pages te sont ouvertes !

Renseignements :

Le site de la Dame Jeanne sur le site du Cosiroc
Le circuit sur pofableau.com
La description des blocs du Mauve sur Bleau.info
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3 commentaires :

  1. Ce n'est pas Maurice martin qui a tracé la première mouture en 1948 qui n'a rien avoir avec le tracé "actuel". Mais plus tard en reprenant quelques lignes marquées en violet montrant les classiques d'alors. En fait il suffit de lire l'article que M Martin a fait en 1958 après avoir créé la Violette pour savoir ça.

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  2. Effectivement, si le tracé actuel correspond au circuit tracé par Maurice Martin, il y a repris de nombreuses voies classiques du site et déjà balisées en violet mais qui ne constituaient pas un circuit numéroté comme aujourd'hui. On parle ici de circuit Martin comme de Denecourt qui lui aussi avait un prédécesseur, aujourd'hui oublié de tous. Mais merci pour la précision. Reste que ce morceau historique se meurt doucement.

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  3. On trouve l'article original de Maurice Martin ici :
    https://www.clubalpin-idf.com/brochure/pdf/ParisChamonix_-57.pdf

    Il est possible qu'on en parle ailleurs dans la revue Paris-Chamonix mais je n'ai pas trop cherché.
    Tous les numéros depuis janvier 1934 sont scannés et sont en ligne sur le site du Club Alpin Ile-de-France :
    https://www.clubalpin-idf.com/paris-chamonix/

    Pour rechercher dans les revues : https://www.clubalpin-idf.com/recherche

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