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C'est quoi ces 25 bosses et Trois Pignons ?

Mis en ligne par TL De Bleau on jeudi 23 mai 2013 | 06:00:00

Les alpinistes parisiens ont rapidement cherché un terrain pour  s'entraîner avant leurs courses de montagne. En 1947, Fred Bernick traça dans le chaos du Rempart du Cuvier nos deux premiers circuits d'escalade. En accumulant les passages de montées et descentes, ses parcours devaient préparer physiquement et mentalement les alpinistes. On sait le succès obtenu par ces circuits...

Restait à trouver un moyen de se préparer à l'effort long de la marche d'approche, à encaisser les dénivelées... Chose fut faite avec le célèbre sentier dit des 25 bosses. Retour sur son histoire, son évolution et sur ses petits frères... Partons à la découverte des Trois Pignons avec Robert Courtiau.


Commençons donc par un petit rappel sur le massif forestier dit des Trois Pignons. Vous vous êtes peut être demandé d'où venait ce nom ? Le nom semble provenir du patois local, un "pignon" désignant une "colline pointue".
Hélas, celles-ci sont au nombre de quatre ! Allez comprendre...

Autre possibilité, le nom vient de l'imposante roche à trois pointes dites Rocher des Trois pignons d'après la gazette Noiséenne n° 10. Ce rocher, très célèbre dans les années 1900 fut enclos dans une des 2 000 propriétés privées du Massif. Il fut redécouvert il y a peu par quelques grimpeurs qui seront peut être surpris d'apprendre qu'il s'escaladait il y a un siècle !



Ces considérations toponimyques passées, les Trois Pi sont sans doute l'un des sites les plus remarquables de Bleau. En effet, sa formation géologique particulière et énigmatique ainsi que son histoire récente qui donna naissance à la célèbre plage de sables du Cul de chien, véritable image d'épinal de la région  où se trouve le Bilboquet attire les foules dans ce site des plus fragiles. André Billy, célèbre écrivain local ( bio sur Wikipédia), disait de ce coin : " Région d'une invraisemblance ahurissante, pays de la soif et de la solitude. Au crépuscule, chaque rocher devient un monstre, tout ce désert se peuple de formes fantastiques et menaçantes. Il n'y a rien de pareil dans notre Armorique ni dans la patrie de Macbeth."

Le sentier des 25 bosses

Nous reviendrons vite sur l'histoire de ce massif. Pour en faire le tour, rien de tel que le renomé circuit dits des 25 bosses ! Ce circuit est balisé par un trait rouge peint sur les rochers ou sur les arbres et il vous emmènera à travers des blocs de grès qu'il vous faudra de temps en temps escalader. Les panoramas sont exceptionnels, vous pourrez découvrir des étendues impressionnantes de sable blanc. Par endroit, votre regard portera sur l'immensité du massif et de la Forêt de Fontainebleau. Vous marcherez souvent sur des rochers, emprunterez des passages parfois difficiles, escaladant de temps à autres certains blocs, ou piétinerez dans le sable fin. Mais vous devrez aussi lever la tête pour remarquer des blocs aux aux silhouettes diverses et variées que votre imagination ne manquera pas d'interpréter, profiter pleinement du décor naturel qui vous est proposé. Le cheminement dans ces amas de rochers gigantesques, de collines en vallons, tantôt sablonneux, tantôt sous-bois, vous offrira très certainement une journée de grand plaisir. A vous d'en profiter !




Le départ se fait traditionnellement à environ 300 m du parking de la Croix St Jérôme et le circuit se parcourt dans le sens des aiguilles d'une montre. Vous trouverez sur la gauche un petit chemin montant vers la première bosse (flèche blanche sur la carte mais rouge sur le terrain) juste au carrefour des Trois Pignons.
 
C'est donc un grimpeur, Maurice Martin, célèbre pour la réalisation des premiers topos d'escalade, qui balisa cet itinéraire connu sous le nom de "sentier des 25 bosses". Cet boucle qui fait le tour du massif des Trois Pignons escalade et descend quasi chaque bosse et cumule donc environ 1 000 mètres de dénivelés ! Si Maurice Martin en est le baliseur officiel (vers 1972), il reprenait un sentier déjà bien connu, discrètement et partiellement balisé par d'autres bleausards dont Pierre Nédélec surnommé "Puck". Lui et sa bande ont par ailleurs traçé bon nombre de nos classiques circuits bleus d'escalade dans les Trois Pis dans les années 60. Mais c'est Thierry Pain qui publia le premier topo de cette remarquable boucle (dans la revue du Club Alpin d'Ile-de-France, Paris Chamonix, en octobre 1972) qu'il baptisa "les 25 bosses". Il en donne l'estimation suivante "ce circuit ne déroule guère plus de vingt km à parcourir en cinq ou six heures. " Après sa description, il dévoile un coin du mystère non sans ironie : "si cela fait plus de 25 bosses, cela vient de ce que certaines comptent pour des demies".
Le tracé initial a subit depuis quelques variations dont la plus significative est très certainement la variante dite de la JA Martin (nom du Rocher Cailleau chez les grimpeurs qui avaient rebaptisé ainsi la massif rocheux fréquenté par le frère de Maurice disparu en expédition). Avec cette boucle, ce sentier devient un peu plus long et progresse encore en dénivelé !



Le sentier des 25 bosses d'hier à aujourd'hui...
Dans son article, Thierry démontrait combien ce type d'effort et d'entraînement était encore négligé par les alpinistes, même au CAF ! On n'y croise alors que des petits groupes en grosses de montagne et avec le sac à dos bien chargé ! Avec le temps, certains le parcoururent en courant. Compter 2h45 avec un peu de pratique et 1h30 pour les professionnels !

Bien évidement, comme le reste des parcours sportifs de pleine nature, son succès ne s'est jamais démenti et l'érosion ne tarda pas à se voir. Forcément, courir dans de fortes pentes sableuses et sinueuses ne pouvait qu'accélérer le déchaussement des petits blocs, patiner certains passages rocheux et creuser des rigoles profondes. Devenant parfois plus dur à monter ou descendre, certains lui préfèrent donc des sentes parallèles ! Dès 1980, un petit groupe informel comportant des membres du Cosiroc, de l'AAFF, du TCF et du GERSAR analysa les principaux problèmes puis proposa des modifications de parcours au nouveau gestionnaire du site, l'ONF. A la mort de Maurice Martin, le Cosiroc trop pris par la mise aux normes du balisage des circuits d'escalade, laissa cette tâche à l'AAFF.



A cette époque, s'il est déjà moins parcourus par les "alpinistes parisiens", on y croise alors de plus en plus de "promeneurs" et "familles" qui, après quelques bosses, racourcissent la boucle en rentrant par les allées forestières croisées en bas de pente... Aujourd'hui, outre d'importants groupes de randonneurs, c'est de très nombreux traillers que nous croisons le plus et, bien entendu, de plus en plus de Vététistes malgré leur interdiction !

L'ancienne variante fait maintenant partie du circuit mais 2 raccourcis, le premier du Guichot à la Grande Montagne, le second pour éviter la JAM et le Rer Cailleau sont balisés (points blancs).

En mars 1995, après plusieurs semaines d'étude et de reconnaissance, une énorme opération de lutte contre l'érosion est conduite par le Cosiroc et l'ONF sur les pentes du 95,2 ravagées par des années d'exercices militaires ! Fort de cette expérience, un groupe de travail se monta progressivement pour s'attaquer au sentier rouge... Le 13 octobre 1995 naissait la Commission érosion et sept jours plus tard, les premiers revelés étaient effectués sur les 25 bosses ! Suivirent de nombreuses réunions sur le terrain : plus d'une quarantaine de 1995 à 2007  (voir en bas d'article) et des travaux sans fin qui se poursuivent encore aujourd'hui !

<= Au 95,2 avec le regrétté Fred Dulphy (ONF)


Pour découvrir ce sentier et ses secrets, rien de tel qu'une randonnée accompagnée par un spécialiste. Robert Courtiau qui fait partie de notre cordée de rédaction et de nos partenaires est un spécialiste du trail longue distance et ce massif est son terrain d'entraînement. Il se fera un plaisir de vous y conduire.



Pour vous donner un avant goût de la balade, une visite du site internet qu'il consacre aux 25 bosses est sans doute la meilleure entrée en matière. Amoureux comme nous de la nature et des ses richesses, Robert partage avec nous et sur la page facebook du site, les photos de ses découvertes dans les Trois Pis. Comme nous, il peste aussi contre les mauvais comportements et leurs conséquences !

Pour visiter virtuellement tout le circuit, cliquer sur Le départ. Cliquer ensuite sur "bosse suivante" pour accéder à la bosse 1, et ainsi de suite...Vous pouvez également visualiser toutes les bosses en vidéos en cliquant sur Clip vidéo.Circuit dans son intégralité en cliquant ICI pour accéder à sa carte interactive

Mais comme un bonheur ne vient jamais seul, Robert vous propose aussi de decouvrir les cinq autres sentiers des Trois Pis ! En effet, outre le célèbre rouge, les Trois Pi sont dotés de divers circuits de randonnée de différentes niveaux.


Le sentier bleu n°16

Parmi ceux-ci, un sentier bleu (le n°16), type Denecourt Collinet, vous permettra de parcourir la magnifique platière du Laris qui parle depuis le Télégraphe jusqu'a la Gorge aux chats. Nous reviendrons en détail sur sentier qu'Oleg Sokolsky bichone comme aucun autre baliseur ! A travers les landes à callune, les platières de grès, les carrières et ses monticules d' écales, les différents points de vue imprenables sur le massif des Trois Pignons et les points remarquables, ce circuit dit "des Belvédères (description sur le site de Robert)" est sans doute l'un des plus beaux du coin. La traversée de la platère du "Laris qui Parle", paysage remarquable et typique de la forêt des Trois Pignons prend des allures de voyage en Ecosse et vous pourrez y découvrir les vestiges d'une station du Télégraphe Chappe avec ses inscriptions gravées sur un rocher tout proche. Chaque point remarquable porte un nom spécifique tel que "Philémon et Boccis", "Maison du Père Poteau", "L'Etroiture", "l'Auvent du Bourricot", "l'Auvent de la Cascade", "Le Pédonculé", "Le Menhir", "Le Dolmen", "La Baignoire de la Mère Thomas" et bien d'autres encore. Ce chemin est d'une difficulté moyenne, (seul quelques rares passages peuvent être délicats). Se faisant en boucle, sa longueur de 9 Km et son dénivelé d'environ 300 m sont une bonne introduction au circuit des 25 bosses.

Depuis le parking de la Canche aux Merciers, suivre le balisage bleu, qui forme une boucle, avec 2 raccourcis balisés. On peut faire une sorte de double huit en prenant les deux raccourcis en plus, ce qui donne 10,3 km et 280 m D+/D-.
Outre le fait qu'il est nettement moins long et offre nettement moins de dénivellé que le rouge des 25 bosses, il est aussi nettement moins "casse-pattes", car il offre de longues sections quasi-planes et bien "courantes" !


L'UTM3P
 

Par contre, combiné au sentier rouge, vous avez là l'un des musts des circuits de trail francilien ! Cette combinaison fait de cet Ultra Tour du Massif des 3 Pignons (décrit aussi sur le site des 25 bosses), un circuit d'une longueur (environ 26 km), d'une durée (environ 8/9h) et d'un dénivelé positif (environ 1 200 m) assez exceptionnel notamment pour l'Ile-de-France ! Il est nécessaire de posséder un très bon entraînement physique afin d'effectuer cette randonnée dans les meilleures conditions possibles.


l'Ultratrail des 3 Pi

Sans parler des sentiers jaunes de balade proposés par l'ONF, Robert vous suggère un très beau circuit de découverte sur son site qui ne possède pas de difficultés majeures, hormis la montée et la descente de la Roche au Four et du Rocher du Guetteur soit environ 100 m de dénivelé positif, ces bosses faisant partie du circuit des 25 bosses. Certains passages sont étroits et d'autres très sablonneux. Ce circuit vous fera découvrir sur les hauteurs de La Roche au Four, le monument de la résistance, puis des des gravures rupestres laissées par nos ancêtres 7 000 à 8 000 ans avant JC, sur des rochers dont le lieu ne sera dévoilé que sur place (pour en savoir plus sur art rupestre). La visite se poursuivra par la découverte de sculptures naturelles, telles que l'Eléphant Perché et le célèbre Bilboquet posé en plein milieu d'une spectaculaire étendue de sable blanc et enfin le Rocher du Guetteur, une des "collines" des Trois Pignons qui a donné son nom au Massif, avec une splendide vue panoramique. Comptez 2 à 2h30.



The sky trail


Un peu plus difficile, Robert propose aussi un mix des sentiers rouge et bleu assorti de quelques liaisons inconnues et pas dangereuses pour un circuit de 11 km et 430 m de dénivelé qu'il a baptisé the Sky trail en référence aux points de vue rencontrés.
En effet, 10 points de vue,  10 bosses et 10 rochers remarquables vous guideront à travers une lande de bruyère exceptionnelle, des forêts de fougères d'un vert éclatant et des blocs de grès aux formes extraordinaires. Cette randonnée oscille entre le rouge et le bleu, ce qui lui confère un niveau de difficultés classé assez difficile.


Recommandations :
Votre équipement pour cette randonnée: Equipez-vous de bonnes chaussures qui ne glissent pas sur le rocher, de la carte IGN TOP 25 2417OT pour vous repérer facilement, d'un petit sac à dos pour vous faufiler plus facilement entre les rochers, de votre portable pour appeler éventuellement les secours. N'oubliez pas d'emmener avec vous de quoi vous désaltérer. Attention, s'agissant d'activités de sport et loisir de pleine nature, vous effectuez ces circuits sous votre propre responsabilité et assurez votre sécurité.

Orientation : Les numéros de parcelles portés sur les cartes se trouvent sur les arbres à chaque carrefour et vous permettent de vous orienter et de connaître à tout moment votre position. Bref relisez nos pages et articles consacrés à la sauvegarde du site, aux bonnes pratiques... et pensez à vous munir de la trousse de secours (voir dans la colonne à droite).

Accès au Parking de Noisy :
Depuis Paris :
Prendre l'Autoroute A6 à la porte d'italie (ou Porte d'orléans).
1) Continuer sur une cinquantaine de kilomètres.
2) Avant la section à péage, prendre la direction "N37 - Fontainebleau"
3) Quelques centaines de mètres après la sortie de l'autoroute, prendre la sortie "Cély / Milly"
4) prendre sur la droite à la sortie.
5) Continuer cette route jusqu'à Milly la Forêt
6) Traverser la ville de Milly (soit par le centre ville (Halle) ou par la rocade et prendre la direction Noisy sur Ecole (D16).
7) Traverser Oncy sur Ecole.
8) Après avoir croisé une route venant de Fontainebleau, voir à gauche une petite route perpendiculaire à la route, s'engoufrant dans la forêt juste avant le cimetière.
9) Le parking (en 2 parties) est sur la droite.
Pour contacter Robert Courtiau - 29 chemin du petit mont Solu - 77123 Noisy sur Ecole Mobile : 06 37 47 21 4sept - Fixe : 01 64 24 53 3quatre - Email : r.courtiau@wanadoo.fr


Rappel des dates des premières années de travaux contre l'érosion :

-10 novembre 95 des Gros Sablons au Cimetière aux anes,
- 1er décembre 95 de la Roche au four au Pignon Poteau
- 19 janvier 96 Gros Sabons et JA Martin
- 9 février 96 Cimetière aux anes à la Grande Montagne et Rocher Guichot
- 30 mars 96, nouvelle grosse opération de bénévoles est montée aux Gros Sablons
80 ouvrages, 8m3 de bois, 6 tonnes de pavés
- Travaux septembre 96 à la JA Martin (200 m de lance incendie + 5 000 l d'eau pour basculer artificiellement un rocher. Utilisation de Victoire, une jument de trait utilisée pour le débardage, pour monter des pavés dans les pentes.
 - 14 octobre 96, un chantier de jeunes est conduit par l'ONF au Mont Pivot.
 La commission érosion et l'ONF constateront dès le lendemain les premières destructions volontaires des ouvrages de stabilisation du sol aux Gros Sablons, puis à la Roche aux Sabots et enfin, au Mont Pivot !
 - 8 nov 96, la Commission se rend en différent points du sentier 
15 mars 97  Jean des Vignes, Roche aux Sabots. Opération sur ce site le 1er juin.
- 2 au 4 oct 97, chantier de réparation des ouvrages de la Roche aux Sabots
 - 23 janv 97 réparation à la Justice de Noisy détruit le 27 qui ne seront réparés qu'en novembre. D'autres chantiers seront conduits à la Grande Montagne, Mont Pivot, Jean des Vignes et 95,2.
 - 29 avril 98 Gros Sablons
- 13 mai  Gros Sabons,
- 7 juillet, Gros Sablons.
- 7/5/99 croix de Lorraine, reconnaissance
Etc.
25 mars 1995 sur les pentes du 95,2 avec Soleg (à gauche) et Fred (à droite)
Merci à Soleg et Robert dont les travaux de recherche ont permis la rédaction de cet article.
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1 commentaire :

  1. Il ne manque que les fichiers GPX correspondant à chacun des circuits annoncés dans cet article.

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