Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2012-12-16

Merci à vous chers lecteurs.
Rendez-vous en 2013 !
Dans la série "les PN dans la tourmente", reparlons un peu du PN des Calanques !

Le premier conseil d'administration du parc national des calanques qui devait se réunir dès septembre a eut visiblement beaucoup de mal à se constituer. 

Et en attendant la politique politicienne avait repris ses droits sur la future présidence du parc et pas de chance, les mérous et autres gorgones ne peuvent pas voter. L'arrêté ministériel a été pris le 4 décembre ...

Du côté des élus locaux, le seul enjeu qui a motivé les troupes depuis avril était sa présidence. JC Gaudin avait sa candidate (Danielle Millon), la maire de Cassis. Pas vraiment une grande écolo, elle qui a réussi à faire sortir sa calanque de Port-Miou du coeur de parc ! Eugène Caselli avait lui pour poulain au conseil d'administration du parc, le maire UMP de Ceyreste, André Essayan, commune qui a de refuser de signer la charte de l'aire d'adhésion ! Là où il y a de la gène, y a pas de plaisir.
Bon arrêtons là avec la Real politic marseillaise !

Donc par arrêté ministériel du 04/12, la véritable petite armée mexicaine de 51 membres du CA était enfin nomée : 9 représentants de l'Etat, 12 des collectivités locales, un représentant du personnel, et 38 "personnalités nationales et locales". Si les collectivités ont désigné leurs représentants, la liste des "personnalités locales" (représentants des associations environnementales, sportives, de pêche, de chasse, d'usagers...) est à charge du préfet de région. 

Question budget c'est un peu léger aussi !
Dans notre article sur le PN du Vanoise nous citions le dossier de la FFCAM (LMM n°35 dispo dans notre boîte à outils)). Après son article sur le PNV, il aborde justement la question des Calanques. Et là encore la FFCAM qui a un homme bien implanté dans la place (Bernard Hamel) relève dors et déjà l'insuffisances de moyens ! Si le parc existe bel et bien, ainsi que les règlements qui vont avec, difficile de faire appliquer la réglementation sans moyens ! Les gens continuent - souvent en toute bonne foi - à pêcher et à chasser dans les zones de non prélèvement...

Du coup, lors de l'AG du GIP le 22 novembre dernier, les membres ont rédigé une lettre adressée au 1er Ministre pour demander une rallonge de 1,8 M€ au 2,5 M€ prévus pour 2013. Ils soulignaient  aussi que le nombre de 23 agents permanents sur le terrain est très insuffisant . Et comme on a l'a vu lors des derniers arbitrages que l'écologie n'est "pas une mission prioritaire" du gouvernement, on comprend que la ministre qui en est chargée ne soit pas pressée de recruter la cinquantaine de fonctionnaires prévus pour faire tourner ce parc.

Pour info, d'après les documentations sur les PN :
  • L'ensemble des PN emploi 850 personnes. Le budget 2011 prévoyait une réduction de 19 personnes en 2011, puis 50 personnes entre 2012 et 2014.
  • Budget Port-Cros (2010) : 7,8M€
  • Ecrins : 7,9M€
  • Pyrénées (2009) : 7,7M€
  • Mercantour (2011) : 7,3M€
  • Réunion : 8M€  / 90 personnes
  • Calanques (prévisions 2013) : 2M€  / 30 personnes
D'ailleurs le syndicat SNE a aussi écrit à Madame la Ministre de l'environnement pour lui réclamer d'avantage de moyens pour les parcs nationaux et a lancé une pétition sur le sujet !


"La Révision générale des politiques publiques du gouvernement précédent comme les options prises par le gouvernement actuel sacrifient les services publics. En matière d'environnement, cela veut dire que les grandes ambitions affichées (grenelle, conférence environnementale) ne seront pas mises en œuvre faute de moyens.

Dans les parcs nationaux, cette baisse de moyens conjuguée aux nouvelles missions de développement durable imposent la réorganisation des établissements. Même si elle est acceptable sur le principe, cette transformation se fait parfois brutalement, et avec une finalité en contradiction avec les principes fondateurs des Parcs nationaux.
Pour les personnels des parcs nationaux, l’injonction paradoxale du Ministère est de plus en plus insoutenable : comment faire toujours plus avec moins de moyens humains et financiers ?

Dans chaque parc les conflits internes se multiplient, et les rapports avec les populations locales se tendent : Vanoise, Mercantour, Cévennes, Calanques, Réunion, les exemples ne manquent pas et tout porte à croire que les choses ne vont pas en rester là.
C’est pourquoi en signant cette pétition, je soutiens les actions entreprises dans les parcs nationaux par les personnels :

- pour conserver le niveau de protection et de conservation de l’environnement reconnu à ce jour par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN),
- pour conserver la légitimité acquise par ces établissements publics en matière de protection de l’environnement,
- pour rétablir un dialogue social normal entre personnels et administration,
- pour apaiser les relations avec nos partenaires locaux."

Bref, le PN peri-urbain est peut être déjà une espèce en voie de disparition !
Quant à Jean Lassalle, le député pyrénéens, grand connaisseur des PN et Président du Collectif des Racines et des Hommes, voici ce qu'il écrit au sujet des parcs et de la loi de 2006.



"Les problématiques -soit disant- environnementales impactent considérablement la sphère politique, économique, financière, agricole et sociale, de telle sorte que la protection de la nature et de la biodiversité sont devenues un enjeu mondial largement partagé par la société civile.
En 1992 lors du sommet mondial de la Terre de Rio, la Communauté Économique Européenne (CEE), et par voie de conséquence la France, se sont engagées à financer et à organiser la conservation de la « biodiversité biologique ». La politique de sauvegarde de l'environnement adoptée par la CEE a été très largement dictée par des lobbies en apparence très engagés dans la protection de la Nature mais qui se révèlent être tout aussi souvent le bras armé des sociétés les plus polluantes d'Europe et de la planéte.
Par ailleurs, l'Union Européenne s'est constituée depuis une vingtaine d'années dans un esprit « copié-collé » des Etats-Unis. Or l'Europe n'est pas l'Amérique. Loin s'en faut. Elle a établi le principe « d'euro-compatibilité ». Un principe par ailleurs mal assumé par les les Etats membres, bien que certains, dont la France, en aient été largement à l'origine.
S'agissant de la protection de la nature l'UE a instauré Natura 2000 à partir de la directive « Oiseaux » et « Habitats » sans la moindre consultation des peuples concernés, et par conséquent sans leur assentiment .
Ces directives traduites en droit français par ordonnance Présidentielle n'ont jamais donné lieu au moindre débat public.

Malgré ce manque de légitimité flagrant, l'intelligentzia maniant « tantôt la carotte, tantôt le baton » les a imposé sur une très grande partie de notre territoire.
La France qui n'a pas voulu être en reste a considérablement durci et étendu sa politique sur les Parcs Nationaux par sa loi de 2006 et le décret qui s'en est suivi.

Cette politique de gestion des territoires ne peut pas, bien entendu, convenir à la France. La France n'est pas l'Ohio ! Et que dire de la Grèce et de la Rome antiques, sans parler de l'éternelle Espagne. La France ne dispose pas des immenses superficies américaines d'où l'homme est relativement absent. La France ne pourra jamais geler 1 million d'hectares juste à côté d'une mine d'or, de nickel ou d'un puis de pétrole à ciel ouvert, comme c'est le cas aux Etats-Unis .
La France est héritière de principes séculaires qui lui sont propres et qui ont bâti sa singularité.
L'un de ces principes est la gestion du « bien commun ». Une gestion librement partagé par et pour tous. L'homme le plus proche du « bien commun » à gérer et à respecter le fait dans l'esprit du principe de subsidiarité. Il assume cette responsabilité en son nom, au nom de la France, au nom de l'Humanité. Il d'être un acteur de premier rang. Grâce à cette organisation, la France a trouvé le moyen de faire entretenir ses territoires par des bénévoles qui la respecte.
Le second principe inhérent à la culture politique française est « l'Etat de droit ». Il garantit l'équilibre et l'égalité des chances par la République. Il assure la tranquillité, conscientise et responsabilise ses citoyens en garantissant à tous les mêmes droits et devoirs. Parmi ces droits et devoirs, le droit à l'éducation, le droit de propriété, la liberté d'entreprendre, le droit de se déplacer et l'engagment formel et librement consentie de la prise en charge du « bien commun ».

Aujourd'hui, l'Etat est malade. J'en veux pour preuve l'instauration des zones Natura 2000 et des PN qui constituent une négation de la culture et du droit français. Désormais, les Hommes ne sont plus libres d'entretenir leurs territoires comme ils l'ont fait pendant des générations avec tant de fierté et d'amour. Des pans entiers de France sont en train d'être transformés en « réserve d'Indiens » sans Indien.
Natura 2000 et les PN constituent une escroquerie intellectuelle. On donne le sentiment de surprotéger ce qui l'est déjà pour couvrir les griffes du monstre spéculatif qui détruit tout ce qu'il touche.

Le Collectif National des Racines et des Hommes dénonce cette imposture. Il s'insurge contre cette politique de gestion des territoires anti-démocratique et cinique qui a réussi à prendre en otage une opinion publique déboussolée. Dès lors, il devient impossible de remettre en cause, à quelque niveau que se soit, Natura 2000 ou les PN sans être accusé d'être des « destructeurs de la nature ».

Il s'agit là d'une mystification de grande envergure
Jean LASSALLE


Nous n'avons pas évoqué le sujet des Parcs nationaux français depuis un bon moment sur notre site (cet article est le 37ème de la rubrique quand même). Le débat sur un éventuel projet à Fontainebleau est au point mort depuis un bon moment, le projet de PN Champagne Bourgogne fait toujours polémique, celui des Calanques est né dans la douleur... Bref, l'avenir des PN est aujourd'hui sérieusement remis en question. 

Dans le passé nous vous avions indiqué notre position pour Fontainebleau à de très nombreuses reprises (voir liens en bas d'article) et pointé du doigts un certain nombre de dysfonctionnements de la Loi de 2006. Cette loi est décriée par de nombreux élus locaux depuis quelques années dont beaucoup se sont regroupés au sein du collectif Des racines et des hommes. Ce collectif se bat pour une révision de la loi sur les PN et a trouvé, paradoxalement, du "renfort" du côté des écologistes ! Car oui, en 2012, les PN ne semblent satisfaire ni les uns, ni les autres et les écolos appellent, eux aussi, à la réforme !

Nous vous l'avions annoncé, les PN existants doivent se mettre en conformité avec la loi de 2006 et donc réviser le chartes ainsi que les zones d'adhésion volontaire...
Juste un petit rappel du sujet. Votée par les députés en 2006, la loi Giran avait pour vocation de gommer le décalage ressenti entre la zone cœur (où s’exerce la plus forte protection), et  la zone périphérique (devenue zone d’adhésion). L'idée était de ne plus exlure les élus locaux des prises de décision sur leur territoire mais aussi de redonner une unité aux PN en leurs permettant d'adopter un projet de territoire, co-élaboré avec les élus des communes qui y adhèrent librement. Vous nous direz, pourquoi n'y adhèreraient elles pas si elles ont collaboré à leur rédaction ? Bien, au vu de ce qui se passe dans les PN de France, il doit y avoir un dysfonctionnement alors !

Nous allons donc faire le point sur ces dossiers "chauds" en commançant par le PN de la Vanoise dont l'enquête publique pour la révision de la chartes vient de débuter (10 décembre au 20 janvier). Pourquoi commencer par la Vanoise, par ce que c'est un parc emblématique, le plus vieux de France (1963, voir en bas du blog les liens vers les PN) de France et certainement l'un des plus beaux !

Nous ne sommes pas sur place et pas des spécialistes de tous ces sites aussi nous nous appuyons largement sur d'autres publications pour vous donner une vision assez large du débat. La remise en cause des PN ne date pas d'hier mais les critiques se font de plus en plus nombreuses (voir notamment notre article de novembre 2011).

Le PN de la Vanoise

Le Parc de la Vanoise s’est donc lancé dans ce travail de révision il y a plus de trois ans et  avec les élus, le processus est allé à son terme jusque récemment. Ont ils ouverts les yeux les élus ? Plusieurs communes bien connues des touristes de stations, comme Bourg-Saint-Maurice, Courchevel, Val-d’Isère  viennent de délibérer contre la charte. Et il est probable que cela fasse boule de neige. C'est donc au moment d'adopter la nouvelle charte que diverses communes se prononcent contre ! Un revirement très critiqué par les lobbies écolos et un débat où s'oppose  la dictature verte à l'économie blanche ! 

Déjà en 1969, et pour les mêmes raisons de volonté d’aménagement des stations, le parc national a été menacé. Il avait fallu 350 000 signatures de citoyens pour stopper les appétits des promoteurs, qui voulaient aménager une station tout entière sur le glacier de Chavière. Pour mesurer l'enjeux de cette grande affaire environnementale, lisez ces 4 pages d'Isabelle MAUZ (sociologue, CEMAGREF de Grenoble).

Vous connaissez certainement les arguments de nos amis écologistes, voici ceux du Maire de Tignes, Olivier Zaragoza, qui l’adresse dans un courrier annonçant l'enquête publique à[pdf] ses administrés. Il conclut ainsi sa missive  :
« L’ensemble du conseil municipal ainsi que l’ensemble des citoyens qui veulent travailler et continuer à vivre et travailler au pays, doivent se positionner contre cette extension, et pour que le zonage actuel demeure inchangé. »

On en viendrait presque à plaindre la « pauvre petite » station de Tignes ! Mais bon, les stations qui entourent le parc sont parmi les plus riches et les plus développées du pays !
Pourtant, le PN de la Vanoise qui, rappelons le aura 50 ans en 2013 n'a jusque là pas entravé l'expension de Tigne et des autres stations, non ?Le parc n’a pas empêché le bétonnage de la montagne, ni la spéculation immobilière très juteuse, ni l’implantation et le développement tous azimuts des stations de ski, et complexes touristiques de masse, ni même les extensions des domaines de ski. Et pour celles et ceux qui iront là-bas cet hiver, alléchés par les superbes images d’une nature préservée, belle et sauvage des sites web des stations , le choc peut être rude ! Un PN c'est donc aussi une marque, un faire valloir et depuis quelques années un actif bancaire international !

Il n'y a pas moins de 370 000 lits touristiques construits en Tarentaise et des stations qui grossissent et grossissent encore et toujours. Jusqu’où ? Pour qui et pour quoi faire ? Avec quels bénéfices réels pour les habitants ? Avec quel poids sur l’environnement et les ressources naturelles, dont l’eau ?

Maintenant, que dire de cette fameuse Loi de 2006 dont on nous vantait les méritent ? Et la fameuse zone d'adhésion volontaire ? Nous l'avions déjà relevé à plusieurs reprises, sur le papier il y a 2 zones d'affectation différentes mais sur le terrain et dans l'esprit des écologistes et des dirigeants des PN, il n'y a qu'un tout. Car oui la gestion du parc se fait au global (d'ailleurs on le voit aussi dans le PN du Mercantour et le débat sur le trail de la Cro'). En cela nous sommes tout à fait d'accord avec les maires qui dénoncent la confiscation de leurs territoires (ce qui d'ailleurs fut fait pour créér le PN du Mércantour en 63) par l'autorité du Parc.

Alors certes le bétonnage de la montagne, on est contre mais la sanctuarisation aussi ! Et c'est là, la difficulté de l'exercice ! Dans cette histoire, tout le monde, veut tout et son contraire. La loi du député Giran était pavée de bonnes intentions dont la concertation et le dialogue démocratique n'était pas la moindre des vertus. 
En Vanoise, comme dans les Ecrins ou dans le Mercantour, depuis toutes ces années, l’administration des parcs et ses « gardes moniteurs »  avaient peu à peu fait vivre les parcs en gommant les tensions ... pas partout, pas toujours, et pas sans que des erreurs soient commises.
Les anecdotes font florès ; tel ce jeune garde verbalisant les paroissiens de Saint-Dalmas-le-Selvage (Mercantour, Alpes-Maritimes) réunis sur un col (en zone cœur du parc) pour célébrer une messe ancestrale. Ou cet autre, dressant un procès verbal à un touriste occupé à photographier des oiseaux, au motif de « dérangement d’animaux ».

Quand même, un peu partout, l’idée même du parc national s’est imposée comme une valeur d’image, de préservation de la nature, dans une dynamique touristique souvent bien pensée. Une image écornée par la Loi de 2006 avant de voler en éclats sous l'action des lobbiistes écologistes internationaux (notamment l'UICN), quand ils ont transformé Marseille, ses boues rouges et ses égôuts en Parc National Urbain !


Mercredi 12 décembre, à l’Assemblée nationale, des ONG de protection de la montagne [1] sont venues dire, avec force leur attachement aux PN. Pour elles, il s’est agi, par le biais d’une conférence de presse, de prier l’Etat de réagir ! Parmi elles, la FFCAM qui défend bien entendu l'idée d'une protection plus forte de la montagne. Dans son dernier numéro (LMM n°35 décembre 2012) elle soutien du bout des lèvres la charte soumise à enquête. En fait, elle reconnaît même ses limites (pour le coup elle voudrait une charte plus dure) mais préfère en rester là et aider à l'adoption d'une charte imparfaite que de repartir en négociations... Et c'est bien de là que viennent tous les problèmes de  PN ; l'adoption de textes imparfaits et flous laissant parfois libre court à de nombreuses interprétations...


Donc, pour ou contre, on vous laisse juge. Mais, et c'est un devoir de citoyen, participez au débat. Certes, ce n'est pas à nous parisiens, visiteurs des stations de ski de choisir l'avenir des habitants de ces régions mais il est important de s'exprimer sur l'avenir de notre pays en matière de protection de l'environnement et des limites que l'on veut y mettre.

Ecrivez au commissaire enquêteur. Tous les documents nécessaires sont sur le site du Parc national de la Vanoise. Vous avez jusqu’au 20 janvier !

[1] Mountain Wilderness, Commission internationale pour la protection des Alpes, France nature environnement, WWF, Club alpin français, Syndicat national de l’environnement…

Liens vers une séléction de nos précédents articles :

Les PN remis en question :

Le Projet de Fontainebleau :
Notre page http://latribunelibredebleau.blogspot.com/p/debat-sur-un-parc-national-en-foret-de.html
http://latribunelibredebleau.blogspot.com/2000/10/petite-histoire-des-statuts-de-la-foret.html



PN de la Réunion :

PN des Calanques :
PN américains : 




L’article L 120-1 du Code de l’Environnement avait été déclaré contraire à la Constitution par une décision du Conseil Constitutionnel du 23 novembre 2012 avec effet au 1er septembre 2013. Les parlementaires viennent de combler cette lacune en adoptant à l’Assemblée Nationale un projet de loi le 13 décembre dernier selon la procédure accélérée.
Les modifications touchent plusieurs articles mais l’essentiel se trouve dans une nouvelle rédaction de l’article L 120-1. Ces modifications et précisions visent « à garantir l’information et la participation du public aux décisions prises en matière d’environnement comme prévu par la Charte de l’environnement ».

 
Le Ministère de l’Ecologie rappelle que : « Le principe de participation du public constitue un des piliers de la démocratie, par la possibilité de faire entendre sa voix, d’une part, par la transparence qu’elle confère aux décisions des autorités publiques, d’autre part. La participation active des citoyens aux processus décisionnels renforce ainsi les fondements de ces choix sur toute question relative à l’environnement et à ses répercussions sur le cadre de vie ou la santé ».
En effet, il faut rappeler que : « Sur le plan juridique, le principe de participation est notamment protégé par la « Convention d’Aarhus » (convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, ratifiée par la France le 8 juillet 2002) , et l’article 7 de la Charte de l’environnement, adoptée en 2004.  Selon cette disposition, toute personne a droit non seulement « d’accéder aux informations relatives à l’environnement » mais aussi « de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ». »
Qu’est-ce qui va changer ?
Désormais, et selon ce nouveau texte :
- pour les décisions relevant de l’Etat, le public est informé par voie électronique, et sur demande, sur support papier consulté dans les préfectures et sous-préfecture. Dans un premier temps, le projet environnemental accompagné d’une note de présentation est mis en ligne. Le public peut ensuite y faire ses observations par voie postale ou électronique. Enfin, ces observations sont rendues publiques et l’administration devra en tenir compte.
- pour les décisions individuelles, prises par exemple par les collectivités, le projet de loi habilite le gouvernement à prendre par ordonnance les modalités de participation du public.
L'article L. 120-1 ainsi modifié prévoit désormais que "la participation du public permet d'associer toute personne, de façon transparente et utile, à la préparation des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement, en l'informant des projets de décisions concernées afin qu'elle puisse formuler ses observations, qui sont prises en considération par l'autorité compétente".
Quant aux délais pour formaliser les observations, un autre amendement présenté par le Gouvernement prévoit que les observations du public, formulées par voie électronique ou postale, doivent parvenir à l'autorité administrative concernée dans un délai qui ne peut être inférieur à quinze jours. Il s'agit de "fixer un délai unique pour que le public formule ses observations quelle que soit la voie utilisée pour les transmettre à l'autorité administrative à l'origine de la consultation". Ce délai minimal est porté à 21 jours lorsque la consultation concerne un projet de décret ou d'arrêté ministériel.
Il est également noté que : « Au plus tard à la date de la publication de la décision et pendant une durée minimale de trois mois, l'autorité administrative qui a pris la décision rend publique, par voie électronique, une synthèse des observations du public ». Point nouveau qui n’a jamais été appliqué pour la consultation de 2011 concernant l’introduction d’ours en Béarn.
Dans un objectif d'efficacité de l'action administrative, un autre amendement prévoit de laisser à l'autorité administrative la possibilité de mener les consultations des commissions spécialisées en parallèle à la consultation du public, voire avant celle-ci. A défaut, les procédures "seraient mécaniquement allongées", justifie le Gouvernement.
Le Gouvernement a par ailleurs fait supprimer l'obligation d'adresser à l'ensemble des conseils municipaux concernés le projet de décision et sa note non technique, obligation jugée "disproportionnée" par rapport à l'objectif recherché.
Du nouveau pour la montagne
Il est évident que pour beaucoup de projets concernant la montagne, la procédure d’information et d’élaboration s’appliquera. Et il ne s’agit pas que des extensions de stations de ski et équipements touristiques. Y seront également soumis les constructions et agrandissement de refuges, les créations de chemins, les lâchers d’animaux, ours et autres, les constructions d’infrastructures routières…. Mais aussi les équipements de falaises et les événements ponctuels comme les manifestations du type compétitions ou grands rassemblements. Nous avons déjà vu des compétitions de ski alpinisme soumises à une étude d’impact.
Et qui fera l’objet d’une consultation ?
Pas les intéressés mais les populations concernées c’est-à-dire essentiellement les communes et les habitants des communes impactés. Ce qui aurait pour conséquence d’éliminer de la consultation et même de l’élaboration du projet des usagers citadins au profit des acteurs locaux des vallées de montagne pas forcément usagers mais concernés par les aménagements de leur territoire.
Voilà une situation qui pourrait bien être nouvelle en déplaçant l’influence lobbyiste des environnementalistes vers les populations locales et leurs élus qui étaient, pour certains projets, exclues des décisions. Ceci n’empêche pas que toute personne a droit à l’information quel que soit son lieu de résidence.
D’autres dispositions concernent les terres agricoles et la protection des bassins versant et aires de captage. Le risque de gel de certains terrains à toute activité n’est pas à exclure avec des conséquences économiques et sociales non négligeables qui pourraient se rajouter à l’application de la directive « Nitrate » et aux trames vertes et bleues à venir. Là aussi, des dispositions pourraient bien trouver leurs limites dans les activités et équipements de loisirs.

Si l’information du public est une bonne chose, la lourdeur des procédures risquent d’allonger les délais de réalisation des projets des collectivités locales ainsi que le coût des investissements. Pour certaines entreprises privées, le risque de délocalisation vers des pays moins regardant n’est pas à exclure avec les conséquences que ceci peut avoir sur les emplois. Un bien peut cacher un  mal. Dans l’immédiat, nous pouvons penser que plusieurs projets en montagne seront impactés. Nous notons que dans les pyrénéens, pour ne citer qu’une partie de ce massif,  seront concernés le projet d’extension de Piau-Engaly si tant est qu’il soit encore d’actualité, la remontée lourde de la station de ski de Luz-Ardien, le projet d’extension de la station de ski de Cauterets et la liaison avec Luz-Ardiden, l’introduction d’ours pour laquelle une consultation a déjà eu lieu, une éventuelle et hypothétique TCP (Traversée Centrale des Pyrénées par chemin de fer) devenue une arlésienne, etc… sans parler de projets d’installations hydroélectriques déjà compromises par les trames bleues. Par contre la procédure d’introduction de bouquetins ibérique dans les Pyrénées n’est pas remise en cause puisqu’engager avant le 1 janvier 2013.
On vous en parle régulièrement mais les tags et graffitis sur les blocs de Bleau sont en forte augmentation ces dernières années. Vous le savez à la TL²B on soutient pas mal de bénévoles et ces tags ne disparaissent pas avec un bon coup de chiffon ! Il faut souvent beaucoup brosser (cause de tendinite du coude chez certains ;0) avec des outils adaptés au support et parfois utiliser un peu la magie de la chimie... Y'a des fois où, oui, on n'est pas très écolos... Ca tombe bien, Marie Martine vient de nous envoyer 3 nouvelles photos de tags réalisés ces derniers jours à la Canche aux merciers !

Alors comme 2013 arrive et que parmi vos voeux, vous projetez certainement de faire celui de vous investir d'avantage, pourquoi ne pas effacer vous même le prochain tag que vous trouverez sans passer par un enregistrement dans l'observatoire de la forêt des Aff ! Vous vous demandez peut être comment faire ? Alors voici un petit cours de l'ami Soleg.

L'article est désormais disponible dans notre édition Bleausarde ici
En février 2011, nous avions évoqué l'interdiction du Trail du Mercantour par le directeur du PN. A cette époque, la direction du parc avait justifiée son interdit  par une petite phrase assassine qui démontrait s'il était besoin, ce que signifie les termes "soumis à autorisation du directeur" dans les chartes des PN ! Le propos exact était :
Mais le Parc ne se limite pas à cette zone "coeur", l’appellation Parc national s’applique aussi au territoire des communes qui composent le parc que l'on appelle "aire d'adhésion", (carte ci-dessous). Aussi, que l'on court dans le cœur ou la zone d'adhésion, on court dans les 2 cas « dans le parc » !

Circulez, y ' a rien à voir !
Et aujourd'hui, on en est où ?



Toujours en février 2011, le PN justifiait sa décision comme suit :
"Doté d’un patrimoine exceptionnel, le coeur est soumis à une réglementation spécifique que tout un chacun se doit de respecter pour participer à sa conservation. Cette réglementation interdit les compétitions sportives et les dérogations sont exceptionnelles. Récemment, nous avons été contraints à nous opposer à la traversée du cœur de parc pour le trail Cromagnon – édition 2011. En effet, lors des éditions passées, des manquements ont été constatés dans le respect de certaines clauses environnementales et une procédure judiciaire est en cours. Des discussions sont en cours dans l’optique d’élaborer un partenariat, pour que cette compétition puisse, à l’avenir, avoir lieu sous le signe du respect de la nature, de la découverte et la valorisation du territoire, et bien sur du sport. "

Bis répétita en 2013 car nous pouvons lire sur le forum de Camp to Camp depuis la mi-novembre la polémique autour de cette manifestation !

Le Cro-Magnon c'est un trail de 120km et 5 900 m de dénivelé positif qui part d'Italie et traverse le Mercantour pour rejoindre la côte. Un bénévole de la course a reçu l'information suivante :"Le Parc n'autorise pas le passage du CRO 2013

Avec beaucoup de regret nous vous communiquons que la Direction Générale du Parc National du Mercantour n'autorise pas le passage du Grand Raid International du Cro-Magnon 2013 à travers le Parc. De même pour 2014.

Par conséquent pas de Cro-Magnon 2013. Nous en sommes très désolés.

Courant novembre nous publierons un communiqué sur les conséquences pour le futur du Cro, suite à la position négative du Parc National."

Le bénévole s'enflame sur le forum de camp to camp, les insultes fusent entre pros et antis et même des gardes du PNM ! Comme d'habitude, le dialogue est un peu fermé de part et d'autre et les propos échangés ne vont certainement pas améliorer les choses ! Nous passons ici sous silence l'ensemble de la discussion (assez instructive quand même) pour arriver à l'intervention du PNM sur le forum (authenticité à vérifier) :

Bonjour à tous,

Voici quelques précisions du Parc national du Mercantour, notamment  sur la décision du directeur de l'établissement public de ne pas délivrer d'autorisation aux organisateurs du Grand Raid International de la Cro Magnon pour le passage dans le cœur de Parc de l'édition 2013 :

De manière générale :
- Le Parc national est composé de 2 zones : le cœur du Parc, espace réglementé et la zone d'adhésion*.
- La réglementation du cœur du Parc est prise en application de la loi du14 avril 2006 relative aux Parcs nationaux. Cette loi a été votée à l'unanimité des élus des 2 chambres.
- En application de la loi de 2006, une projet de territoire, appelé « Charte du parc national du Mercantour » est en phase d'approbation au niveau national (décret du 1° Ministre) après avoir été validée par les élus du Conseils d'administration du Parc national le 30 mars 2012.
- Dans la Charte, le cœur de Parc est identifié comme un espace d'émotion, de ressourcement et de découverte.
Concernant la Cro Magnon :
- Le Parc national n'interdit pas l'organisation de la Cro Magnon. Cependant, comme toutes manifestations publiques (hors manifestations traditionnelles listées dans la Charte), son organisation doit rester exceptionnelle donc non périodique. C'est à ce titre que les autorisations pour le passage de l'itinéraire de ce trail dans la zone Cœur pour 2013 et 2014 ne pourront être accordées.
- Fin 2011, le Parc a informé les organisateurs de l'évolution de la réglementation. Pour les accompagner dans la prise en compte de ces nouvelles dispositions, le Directeur de l'établissement a mobilisé ses équipes pour rechercher un nouveau tracé correspondant aux exigences de dénivelé et distance, évitant la zone cœur de Parc.
- Rappelons qu'à l'exception de l'édition 2011, le Raid de la Cro Magnon a bénéficié d'une autorisation pour le passage en cœur de Parc de 2001 à 2012 malgré des difficultés déplorées à divers reprises...

En tant que gestionnaire d'espace protégé, le Parc national a pour devoir de garantir la protection des patrimoines naturel et culturel du cœur du parc. Cet espace est entièrement accessible aux promeneurs. La pratique d'une activité de loisirs est donc pleinement possible sous réserve du respect de quelques règles simples pour garantir la préservation de ces richesses et la cohabitation avec les autres activités qui s'y exercent notamment l'agriculture, la gestion forestière et les visiteurs.

>> Pour les gestionnaires, l'incidence potentielle d'une manifestation sur les patrimoines du cœur s’analyse à l'échelle de l'événement mais aussi à celle de la somme des demandes adressées au Directeur du Parc. Chaque année, ce sont plus de 800 demandes qui sont traitées, que ce soit pour la circulation de véhicules à moteur ou des manifestations sportives. L'enjeu pour l'établissement du Parc est de trouver ce juste équilibre entre un espace de liberté, de découverte mais aussi de respect des enjeux de préservation et de cohabitation entre les différents usagers.

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le projet de Charte du parc national du Mercantour. Vous y trouverez toutes les informations d'ordre réglementaire concernant le cœur du Parc.

En espérant que ces précisions vous apportent quelques éléments et réponses.
Un nouveau discours donc qui montre aussi les limites d'une charte dans un PN et l'étendu du pouvoir arbitraire d'un directeur de PN. Un évènement sportif de qualité ne peut survivre économiquement que si et seulement si il se répète ! Pourquoi peut on organiser une épreuve comme la diagonale des fous dans le PN de la Réunion et pas dans le Mercantour ? Ecologie à deux vitesses ? Dictature écologique versus lobbying économique ? Bref, à Bleau, on n'a pas de PN et on peut dialoguer... pour le moment on est sauvé !

Nous reviendrons très prochainement sur ce sujet du fonctionnement des PN qui est remis en cause tant par les protecteurs de l'environnement que part les élus locaux.


Nous vous alertons de longue date sur le problème des plantes invasives à Bleau et en france.
Dans nos précedents articles, nous avons évoqué le long combat de Thierry Pain et ses amis à propos du Raisin d'Amérique, de l'envahissement lié au Prunus tardif ou de l'Ailante qui commence à envahir certaines parcelles.
Cette lutte est portée par des bénévoles, amoureux de leurs forêts et, jusqu'à il y a encore peu de temps, l'ONF semblait ne pas vouloir traiter le problème. A Bleau, les moyens mis en oeuvre par le gestionaire du massif forestier sont quasi nuls. Mais dans un PN comme celui des Calanques, l'office emploie les grands moyens. Ainsi le 28 novembre dernier, près de 2 t de plantes invasives arrachées aux falaises calcaire ont pris l'hélicoptère vers un site de destruction !
Et pour Bleau, faudra attendre de devir un PN ?

Bon, on passe sous silence le survol à basse altitude contraire à la réglementation et le coût d'une telle opération dans un secteur où on se plaind de manquer de moyens et de personnel... (voir l'article à paraître sur le PNC)
Compte rendu des opérations du PNC par l'ONF :
 

Les plantes invasives s'envolent par hélicoptère dans les Calanques
Mercredi 21 novembre, 1,8 tonne de plantes invasives a été évacuée par hélicoptère sur les sites de la Candelle et de Morgiou, au cœur du Parc national des Calanques. C'était le dernier jour de l'opération d'éradication des invasives, démarrée le 5 novembre.        

Inventorier, restaurer et préserver les milieux naturels
Les invasions biologiques sont aujourd'hui considérées comme la deuxième cause mondiale de l'érosion de la biodiversité. L'ONF prend en compte cette problématique et entreprend chaque année, depuis les années 90, des actions d'éradication dans les Calanques.
Cette année, l'objectif de l'opération était d'arracher trois espèces envahissantes qui perturbent l'équilibre du milieu naturel, à savoir le Figuier de Barbarie, la Luzerne arborescente et l'Agave d'Amérique. Ceci au profit d'espèces protégées comme la Lavatère maritime (Lavatera maritima) et l'Hélianthème à feuilles de lavande (Helianthemum lavandulaefolium).

§  Un traitement "en douceur"
Supprimer une espèce envahissante ne signifie pas pour autant détruire un site. Il s'agit au contraire de traiter "en douceur" la zone concernée afin de favoriser la dynamique naturelle des espèces locales. Pour cela, l'arrachage se fait manuellement à l'aide de pioches, tronçonneuse ou barre à mine pour les rhizomes logés dans les fissures rocheuses. Un travail minutieux réalisé par des ouvriers forestiers spécialisés, avec une attention particulière portée aux conditions de santé et de sécurité au travail. En effet, les figuiers de Barbarie et les Agaves sont urticantes et piquantes. Dans ces conditions, gants de protection, lunettes, masques et combinaisons sont requis pour garantir aux ouvriers confort et innocuité.
Les sites, très escarpés, sont difficiles d'accès. Les végétaux ont donc été évacués par héliportage : après arrachage, ils ont été placés dans des sacs de type Big-Bag entreposés sur site, puis transportés par hélicoptère jusqu'à un centre agréé.

§  Une action sur le long terme
Il faut compter 8 à 10 ans pour éradiquer complètement des espèces invasives. Les ouvriers forestiers retourneront sur les sites pour enlever tous les rejets pendant les deux prochaines années. Puis des suivis réguliers seront réalisés sur le long terme par les forestiers naturalistes. Un travail de longue haleine qui mobilisera l'ONF gestionnaire et le nouveau Parc national.
Ce chantier, entièrement financé et réalisé par l'ONF, répond aux ambitions du Parc national des Calanques et a été validé par son conseil scientifique. Il a été soutenu par la ville de Marseille, la Dreal et le Parc national qui ont donné les autorisations nécessaires pour mener à bien ce travail au profit de la biodiversité des Calanques.

Photo du titre Yves Penet / ONF
Source :
Rien à voir avec un site naturel mais c'est bien dans la Mecque française du bloc que le nouveau Centre National d'Entraînement de la FFME a ouvert début décembre. Le Groupe d’entraînement "Elite" s’y entraîne désormais quotidiennement, et le Groupe "Relève" l'a découvert cette semaine... L’occasion de faire le point le CNDS (ex IES) et sur les grimpeurs concernés par ces installations.

A FONTAINEBLEAU, L'Ecole interarmées des sports (EIS) c'est une véritable institution bien que son installation ne date que de 1967. Entre temps, l'Etat a profondément réformé l'armée, et diminué les budgets. La dissolution du célèbre bataillon de Joinville en 2002, avait alors émus les bellifontains et nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur le devenir de ces installations.

La suite de cet article a été déplacé dans notre édition locale de la TL²Bleau
Article publié initialement le 18 déc. 2012 sur la TL²B 
Rien à voir avec un site naturel mais c'est bien dans la Mecque française du bloc que le nouveau Centre National d'Entraînement de la FFME a ouvert début décembre. Le Groupe d’entraînement "Elite" s’y entraîne désormais quotidiennement, et le Groupe "Relève" l'a découvert cette semaine..L’occasion de faire le point le CNDS (ex IES) et sur les grimpeurs concernés par ces installations.

A FONTAINEBLEAU, L'Ecole interarmées des sports (EIS) c'est une véritable institution bien que son installation ne date que de 1967. Entre temps, l'Etat a profondément réformé l'armée, et diminué les budgets. La dissolution du célèbre bataillon de Joinville en 2002, avait alors émus les bellifontains et nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur le devenir de ces installations.


Un peu d'histoire :

Tous les athlètes français connaissent l'INSEP et l'EIS. Et pour cause, le sport de haut niveau français s'inscrit dans une longue tradition militaire dont ces deux établissement sont les héritiers.Le 15 juillet 1852, l'Ecole Normale Militaire de Gymnastique de Joinville-le-Pont ouvre ses portes. Installée à la Redoute de la Faisanderie, près de Joinville-le-Pont (le porche préservé est conservé à l'INSEP où il sert de monument du souvenir), l'école a pour missions : 
- de former des moniteurs et instructeurs de gymnastique pour les écoles militaires et corps de troupe
- de former des maîtres d'armes pour l'enseignement de l'escrime (surtout après 1872)
- d'étudier les perfectionnements à apporter aux méthodes de l’éducation corporelle et de l'escrime et d'en expérimenter les procédés (surtout à partir de 1902) 
En 1925, par décision ministérielle, elle devient Ecole Supérieure d'Education Physique et poursuit ses missions en faveur d'une éducation physique civile et militaire.
En septembre 1939, elle ferme ses portes mais trouve des prolongements dans le monde civil et militaire, en zone libre puis en A.F.N.

Après la guerre, l'Institut National des Sports est créé près de Joinville dans le Bois de Vincennes. Cet institut civil oeuvre alors parallèlement à l'Ecole d'Entraînement Physique et Militaire implantée d'abord à Pau et à Antibes. Le Groupement Sportif Interarmées (1947) donne naissance au célèbre Bataillon de Joinville en 1956 qui devient en 1963 Ecole Interarmées d'Entraînement Physique et des Sports.

En 1967, l'Ecole s'installe à Fontainebleau et regroupe les Ecoles Militaires d'Entraînement Physique.

Depuis la dissolution du bataillon de Joinville (2002), les militaires n'utilisaient plus leurs installations qu'à 30 % de leurs possibilités. Etalées sur 52 ha, les installations de l'EIS (piscines, gymnases, stade de rugby, de foot...) déjà vieillissantes (la plupart datent des années 1960-1970) va nécessiter un vaste chantier de rénovation et de remise aux normes qui ne pouvait être entrepris que dans le cadre d'une ouverture aux civils. Le 8 avril 2003, un accord cadre (pdf) est signé entre le ministère de la Défense et le ministère des Sports. Aux termes de cet accord, le Centre National des Sports de la Défense (CNSD) s’intègre au dispositif du sport français et international.

Le Centre National d’entraînement au bloc de la FFME 
Mel à Antrebloc
Aménagé dans un nouveau gymnase du CNSD, il abrite la structure qui a servi aux qualifications du bloc à Bercy, soit 150 m2 de surface grimpable sur 30m de linéaire au sol et équipés d’une centaine de volumes et de 8 000 prises. D’ici quelques semaines, tout un panel d’outils de préparation physiques sera mis en place : salle de musculation, Pan Gullich, espace suspensions, matériel de lestage etc…
Un outil beaucoup plus petit qu'une salle d'escalade mais plus grand qu'un pan perso qu'anime un célèbre bleausard, Jacky Godoffe avec Rémi Samyn.
« Nous avons axé les thèmes des circuits sur les lacunes des Français cette année en Coupe du Monde, écrit Jacky Godoffe sur le site de la FFME. Un circuit pour renforcer la tenue de prise et un second avec des blocs très longs, pour travailler la capacité de récupération. Nous avons également ouvert un circuit technique, avec de l’escalade un peu moins basique, pour que nos athlètes continuent à jouer avec les volumes, et leurs sensations. »

Guillaume, aussi à Antrebloc
Nous y retrouverons donc la fine fleur du bloc français et notamment ceux qui ont fait l'effort de venir s'intaller ici, Mélanie Sandoz, notre championne du monde et son ami, Guillaume Glairon Mondet (dont vous pouvez lire les blogs dans notre rubrique "communauté" en bas de notre site).

Pierre-Henri Paillasson, directeur technique de la fédération française de la montagne et de l'escalade et ancien entraîneur de l'équipe de France durant la décennie 2000, le regrette : les "grimpeurs" de compétition ne sortent presque plus en falaise, sauf en période de repos, pour leur plaisir. La salle, où ont lieu toutes les compétitions, requiert des efforts intenses et brefs. Pour pouvoir enchaîner ces mouvements explosifs, ils s'entraînent le plus clair de leur temps sans voir le ciel.
"Ce ne sont plus des marginaux, des grimpeurs autonomes, un peu sauvages. Ce sont des sportifs encadrés par une fédération, de bons élèves issus des centres d'entraînement, des compétiteurs comme les autres", dit Paillasson.

Contrairement à ce qu'affirme Pierre Henri Paillasson, dans le Monde, nos deux tourtereaux sont bien venus faire du bloc en site naturel ! Ils aiment allier entraînement et croix dans la forêt, preuve s'il en était encore besoin d'une, qu'à la FFME ont vieillit et on a du mal à prendre conscience de l'importance des sites naturels pour les grimpeurs même au plus haut niveau !

Le dispositif fédéral et le public du CNDS


Suite à l’évolution de la filière haut niveau de l’escalade de Bloc  (voir article de la FFME), deux groupes d’athlètes sont désormais suivis personnellement par les entraîneurs nationaux mis en place sur cette discipline :
* Nicolas Januel : en charge de l’Equipe de France séniors
* Rémi Samyn : en charge de l’entraînement sur le Centre National de Bloc de Fontainebleau
* Laurent Lagarrigue : en charge de l’équipe de France jeunes
* Jacky Godoffe : en charge de l’ouverture et de l’entrainement sur le Centre National de Bloc de Fontainebleau

Les grimpeurs sont donc dans 2 groupes : 

Le groupe Elite

Ouvert aux Français médaillables à l’international et décidés à s’installer à proximité du pôle pour un suivi quotidien sur le Centre National de bloc, il est composé de Mélanie Sandoz, Guillaume Glairon Mondet et Jérémy Bonder.

Le Groupe Relève

Ouvert à une trentaine de grimpeurs dits "prometteurs selon des critères stricts" (demi-finalistes de Coupe du Monde de bloc 2012 ou finalistes des Championnats de France sénior de bloc 2012 ou médaillés des Coupes d’Europe Jeune des saisons 2011 et 2012). Chacun a été contacté par un des entraîneurs nationaux. Les plus intéressés ont été invités à monter un dossier de candidature, et parmi eux, sept grimpeurs ont été retenus : Fanny Gibert, Manon Chapet, Elsa Ponzo, Clément Lechaptois, Sébastien Valran, Gael Marty et Nicolas Pelorson.

Sources :





NATURE