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Sur les chemins

Escalade

Matos

2012-12-02

Vous avez sans doute déjà vu ces vieilles cartes postales du début du XXe siècle. Elles constituent aujourd'hui un important témoignage du passé, les choses ayant beaucoup évoluées en une centaine d'années ! Les passionnés n'hésitent pas à les collectionner en les groupant par thème. A la TL²B ont est un peu, nous aussi, cartophiles et ont vous fait partager ici les informations que nous avons pu regrouper sur la Cartophilie appliquée à Fontainebleau...
 

L'histoire de la photographie et de la carte postale est finalement assez récente. Les premières cartes françaises permettent d’abord la communication interne entre les différentes antennes locales de la Société de secours aux blessés militaires des armées de terre et de mer, (la  future Croix-Rouge internationale) mais le 12 août 1870 le comité strasbourgeois de la Société de secours propose au général prussien qui assiège la ville, de laisser les blessés et les assiégés communiquer avec leur famille à l’aide de leur stock de carte. Le général accepte et les cartes affranchies d’un timbre prussien de 6 Kreuzer sont expédiées à Karlsruhe pour être censurées avant de transiter par Bâle !

A Paris, la section des Postes crée les cartes-poste, pour « envoi ouvert » par ballon monté, avec l'adresse du destinataire d'un côté et la correspondance de l'autre.

Il faut attendre encore deux ans, le 20 décembre 1872, pour que la carte postale soit légalisée comme moyen de communication par la loi de finance et son utilisation devient officielle en France que le 15 janvier 1873.

A cette époque, on trouve deux types de cartes postales. L'une, de couleur jaune, affranchie à 10 centimes, destinée à circuler « à découvert » à l'intérieur d'une ville ou dans la circonscription d'un même bureau de poste et, l'autre, affranchie à 15 centimes, pouvant circuler de bureau à bureau. Bien que ne reproduisant pas encore d’image, le succès fut immédiat puisque 7 millions d'exemplaires s'écoulèrent en une semaine.

Le Molière Carte ND58


Les commerçants comprennent très vite l’intérêt publicitaire de cette carte car dès 1873, les magasins de À la Belle Jardinière firent reproduire au recto des cartes officielles de petites illustrations représentant leurs immeubles de la rue du Pont-Neuf, à Paris. Mais l’explosion de ce mode de communication va se faire avec l'Exposition universelle de 1889, où une carte dessinée représentant la tour Eiffel fut vendue à 300 000 exemplaires !
Dominique Piazza semble être le premier à avoir commercialisé, en France, des cartes photographiques en 1891. Si d’autres villes du sud de la France puis Paris font rapidement de même, les cartes photographiques imprimées restent excessivement rares avant 1897. C’est à cette époque que l’imprimeur Neurdein va éditer des cartes pour les plus importantes villes françaises et qu'Albert Bergeret, dès va produire les cartes illustrant l'Est de la France.

A partir de là, et jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la carte postale va connaître un âge d'or. Elle est à l’époque le média le plus utilisé, et surtout le plus moderne puisque les journaux ne comportent pas de photographies ! À côté des grands éditeurs nationaux, de petits photographes locaux vont fixer pour la postérité des milliers de vues de la France et sa société. Hôtels, cafés, restaurants, commerces, tous utilisent la carte postale comme moyen publicitaire. On y voit un propriétaire posant avec sa famille et ses employés devant la vitrine.
Jusqu'au début de l’année 1904, il était interdit d'écrire au recto de la carte postale. Seul quelques lignes permettant d'inscrire l’adresse du destinataire y figurent. Quant à la photographie (au verso), elle ne recouvrait pas la totalité de l’espace pour permettre la correspondance du côté de l’image. On parle alors de « carte nuage » ou « carte nuageuse ».
À partir de 1904, décision est prise d'autoriser la correspondance sur le recto qui est alors divisé en deux parties, l'une à gauche réservé au message, et l'autre à l'adresse. La photographie peut alors librement occuper tout le verso.



A cette époque, des photographes, profitant des nouvelles avancées techniques, vendent leur production à une clientèle aisée sur les principaux lieux touristiques. La carte postale va aider la photographie à se populariser au point de développer les photos au format carte postale (les photo-cartes).

A la grande époque de la carte postale (1900 -1920) elles se vendent par milliers chaque WE et circulent par millions dans le monde entier. Le publique se passionne pour ces petits moments de d'histoire locale et débutent les collections. La demande est telle que pour la satisfaire, les éditeurs multiplient les vues. Cette économie touristique est telle qu’il se monte des dizaines de maisons
d'édition de cartes postales. Voilà pourquoi on trouve tant de cartes postales anciennes dans les vides greniers…

Au milieu des années 1970, les collectionneurs comprennent vite l’intérêt de la carte postale, derniers témoins d’une société disparue. En 1975, Gérard Neudin, un polytechnicien amateur de cartes postales, va publier pour la première fois un annuaire qui va devenir au fil du temps la référence des cartophiles. Des clubs de collectionneurs vont se constituer et la carte postale va atteindre des prix jusque là inconnus dans les ventes publiques. Ce sera un nouvel âge d'or pour la carte postale.


Nous sommes nombreux à illustrer nos articles par la reproduction de cartes postales anciennes mais qu’en est-il des droits d’auteur ? Ce sujet a longuement été débattu sur Wikipédia France à propos de la carte postale
Chassenon - Extraction de lave pour la construction.

On peut en tirer une règle simple, une carte postale peut être reproduite sans atteinte aux droits de son auteur si :
- soit, son auteur est inconnu et la carte a été publiée la première fois il y a plus de 70 ans ;
- soit, son auteur est connu et est décédé il y a plus de 70 ans (1942 en 2012). Voilà qui est assez clair mais aussi assez difficile à établir.

En effet, parfois le nom de l'auteur de la carte est mentionné sous forme d'initiales, ou bien juste une signature, un pseudonyme, un symbole… A moins de retrouver son identité auprès des collectionneurs, considérons qu’il est inconnu.

Pour vous aider, voici quelques uns des principaux éditeurs de cartes postales de la forêt de Fontainebleau que complétera un inventaire des cartes postales de notre forêt.


Sources :
Gérard Neudin, L’Officiel international des cartes postales de collection (parution annuelle de 1976 à 2001)
Martin Willougby, La Carte postale, une histoire illustrée, Bookking International, Paris, 1993
PN et PY Armand, Dictionnaire de la cartophilie francophone, 1990, Édition Cartes Postales et Collection
James Eveillard, L’Histoire de la carte postale et la Bretagne, Editions Ouest-France, Rennes, 1999
+ Wikipédia
Le WE dernier avait lieu une des célèbres manifestations VTT traversant la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons : "La Milliacoise". Bien entendu, les organisateurs d'un tel rassemblement ne pouvaient se passer d'un agrément ONF mais, comme pour les autres manifestations sportives du genre, elle fait débat et soulève quelques questions quant à l'autorisation des courses dans notre massif.

Plus généralement, si la pratique du VTT nous semble avoir une grande légitimité à Bleau, il est impératif, pour la sauvegarde des sites, que les pratiquants et organisateurs montrent plus de respect pour la nature, les autres usagers et participent activement à l'entretien des sentiers, la lutte contre l'érosion ou les opérations de ramassage des déchets.



L'occasion nous est donnée de revenir sur ce sujet brulant de la pratique du VTT en forêt de Fontainebleau suite au déroulement de la Milliacoise le 18 novembre. Cette rando à VTT traversant les 3 Pis offre 4 parcours (15, 25, 39 et 57 km), parfaitement balisée par des petites pancartes en bois.
Cependant, à notre grande surprise certains passages empruntent des sentiers piétons, parfois largement inférieurs à 2,5 m mais surtout traversent des zones très sensibles à l'érosion ! Que penser par exemple de ces photos de notre reporter (merci Robert) prises au Rocher Fin.

Et que dire de celle issue d'une vidéo (en bas d'article) où on voit nettement les conséquences d'un freinage/dérapagage.

Photo Robert Courtiau
Descente de la Milliacoise de Novembre 2012 au rocher fin
Et cette rencontre est loin d'être la seule ! Entre septembre et octobre, il y a la Bacotte, l'Uriquoise (jusqu'en 2009), la Bellifontaine, et la Malmontagne. A venir, il y a les courses de Buthiers (24/11) mais surtout la très célèbre Hivernale de Larchant (03/02/2013). Nous parlons là de VTT mais il en est de même avec les trails et autres courses d'orientation même si, les bipèdes font moins de dégats que les deux roues.

Donc, rappelons le, Bleau, par son sol sablonneux, est un terrain très sensible à l'érosion (voir notre page sur l'impact de nos pratique) et, quoi qu'en disent certains VTTistes, les dérapages successifs sont source d'une importante érosion. C'est particulièrement vrai sur les "singles", ces petites sentes où l'on peu à peine doubler, et où les roues creusent l'ornière à chaque freinage. En gros, pour limiter son impact, faut pas freiner !!!



Un exemple typique de Vtt de descente sur une Single  et des dégats causés par le freinage dérapage
On vous met l'intégrale de la vidéo en bas d'article !

Il existe des clubs très impliqués dans l'organisation de manifestations sportives (VTT mais aussi trails, raids...) et ils le sont beaucoup moins quand il s'agit de réparer les dégats : ramasser les déchets, construire des ouvrages de stabilisation du sol ou effacer des balisages sauvages.

A la TL2B nous sommes favorable à une pratique raisonnée et raisonnable du VTT. Nous avons abordé le sujet à de nombreuses reprises notamment lors de notre évocation de la campagne de com' lancé par MBF. Nous profitons donc de l'occasion pour rappeler qui'il existe des règles et une charte tant pour les pratiquants que pour les organisateurs. Nous en profitons aussi pour tirer un grand coup de chapeau à nos amis de Larchant qui, s'ils multiplient les évènements sportifs de qualité n'en oublie pas moins la préservation du site et passent de nombreuses heures à l'entretien des chemins ! Voilà quelques exemples issus de leur travail.





En dehors de ces manifestations, il y a la pratique de loisirs de centaines de personnes. Sur les forums et sites consacrés au VTT, on peut mesurer à quel point notre forêt est populaire mais aussi, parfois, peu respectée.

Il n'est pas normal de croiser des Vttistes dans les réserves biologiques, sur les sentiers balisés pour piétons (GR, PR, Sentiers bleus, TMF et autres 25 bosses), de les voire rouler sur des morceaux de patrimoine historique (murets de carriers par exemple), tracer à la bombe un itinéraire, ou descendre à toute vitesse un layon sans pouvoir s'assurer de la sécurité en cas de rencontre avec un piéton.

Nous aimerions vraiment que les VTTistes aient le droit de pratiquer en forêt sur des sentiers aménagés et balisés par eux à leur attention. Il faut pour cela une volonté de la part du gestionaire et de la part des pratiquants. Des rencontres ont déjà eut lieu dans le passé, souhaitons que l'on arrive à un compromis. Hélas, pour être crédibles, il faut que l'ensemble des pratiquants respecte les règles et pour le moment, c'est pas gagné...

Enfin, pour être complétement honnête et répondre à certaines critiques lues sur la page facebook du circuit des 25 bosses notamment, nous fustigeons aussi les clubs d'escalade qui ne respecterait pas ces chartes de bonne conduite. Ainsi, et bien qu'ils soient très investis dans l'entretien des circuits, la lutte contre l'érosion ou le ramassage des déchets, le bike and run combiné à l'escalade et organisé par les grimpeurs des clubs FSGT de Grimpe 13 et Roc 14 nous paraît tout aussi critiquable dans sa partie VTT.

Mise à jour du 03/12/2012
Un petit message de Robert qui trouve que les WE se suivent et se ressemblent !
Encore des VTT sur une single des Trois Pignons
Robert C.
Bonjour,
Ce matin, nouvelle rando VTT  traversant les 3 Pignons, balisage OK (RAS) mais toujours le même problème ....
J'ai suivi les VTT en courant pendant 1 bonne heure.
Certains passages empruntés par des centaines et des centaines de VTT sont largement inférieurs à 2,5 m (voir photo).
Gros gros coups de frein des VTT et ça creuse bien dans les virages.
Et pourtant cette sente aurait pu être largement évitée.
En effet, il y a juste à côté et en parallèle un chemin (chemin de la vallée de la Charme) qui lui fait plus de 2,5 m.
Mais il est vrai que cette sente est beaucoup plus FUN.
Randonnée VTT organisée par ONCC (Oncy).
Donc très certainement avec accord de l'ONF ? n'est-ce pas ..
Grrr...
Bien cordialement


Nous avons contacté par mail l'ONF qui, visiblement, pour l'instant ne souhaite pas nous répondre sur une manifestation non locale et totalement commerciale qui devrait avoir lieu les 15 et 16 décembre prochain à la Canche aux merciers !


Les deux chartes eco-sentiers sont proposées à tous les pratiquants vététistes, les clubs et les organisateurs d’événements (courses ou randos).

La charte du vététiste (résumé)

  1. Je respecte le sentier, je ne coupe pas les virages et ne crée pas de nouvelles traces
  2. Je respecte les autres usagers, je cède le passage aux randonneurs et aux cavaliers, je maitrise ma vitesse en toute circonstance
  3. Je respecte la faune et la flore, les activités pastorales et agricoles, et ne laisse ni traces ni déchets
  4. Je ne roule que sur des sentiers ouverts et autorisés
  5. Je suis responsable, j’agis, j’informe, j’éduque, pour la sauvegarde et le maintien des sentiers

La charte de l’organisateur (résumé)

  1. Un tracé réfléchi
  2. Combattre les coupes
  3. Un balisage respectueux
  4. Sensibiliser les participants
  5. Débaliser
  6. Réparer les portions détériorées
  7. Laisser la nature se reposer

Liens pour aller plus loin :



Dans nos archives :

Idem sur les courses à pieds 

Les forums :


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