Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2011-05-22

Bonjour,
L'article qui va suivre peut être considéré comme un billet d'humeur (mauvaise ?) mais c'est surtout une réflexion sur tout ces textes et réglement qui tombent en ce moment à propos du Développement Durable...


Le 03 mai 2011, Chantal Jouanno présentait la nouvelle Stratégie Nationale de Développement Durable du Sport pour la période 2010-2013. Plus de 2000 acteurs du sport se sont engagés pour élaborer cette stratégie dégageant 234 leviers d’actions et 12 priorités. Finalement la démarche reposera sur 9 défis pour sauver la planète... Bien entendu, l’ADEME s’est associé à l’évènement et publie le petit manuel du sportif éco-futé. La brochure n’apporte pas grand-chose de plus que toutes les communications faites jusqu’ici mais bon, l’Etat se réveille et veut jouer les coachs. Le dispositif est d’ailleurs plutôt fait pour les clubs et associations car avant de me concentrer sur mon bilan Carbonne, je trouve plus intéressant d’agir concrètement sur le terrain, par ces petits gestes que sont le respect des sentiers et le ramassage des déchets.

Le sport en France, c’est 16 millions de licenciés, 15 milliards d’euros dépenses en biens et services sportifs, prés de 2,5 millions d’événements nationaux… Sans compter les pratiquants occasionnels, les randonneurs d’un jour…
Il est donc évident que nos pratiques ont un impact non négligeable sur l’environnement et contribue de manière significative aux émissions de gaz a effet de serre, qu’il s’agisse de la fabrication des équipements, de la construction d’infrastructures spécifiques comme de l’ensemble des transports lies aux déplacements ou encore la consommation d’énergie et d’eau.


Certains lobbies participent eux aussi à la diffusion du message. Ainsi, la Fondation pour la Nature et l’Homme (celle d’un candidat « hélicologiste ») met a votre disposition 13 fiches Sports & Activités de pleine nature. De tous ces guides, mon préféré est sans doute celui diffusé par la FRAPNA (FNE) qui, bien que très bien fait et complet, ne suffira pas à justifier les millions d’euros de subvention qui lui sont versés chaque année par les contribuables. 
Mais ne pas concevoir la défense de l'environnement comme un but en soi n'implique pas d'être indifférent au cadre naturel à l'intérieur duquel se déroulent nos pratiques.

Heureusement les pratiquants n’ont pas attendu cette prise de conscience tardive des officiels pour agir pour la sauvegarde de leur terrain de jeux. La plus part d’entre eux pourrait être qualifié d’éco-responsable même si, à force de les déresponsabiliser depuis vingt ans on assiste à l’émergence d’une génération de pratiquants consommateurs. Ce constat est valable tant dans le milieu de l’escalade que dans celui du surf ou de la randonnée. Finalement, puisque les pouvoirs publics prennent les choses en main, pourquoi s’en soucier ! L’Etat va réparer, l’Etat va nous guider, l’Etat va nous interdire…

Je suis pour une protection sans interdits mais, hélas, devant les dégradations causées par de plus en plus d’usagers, je m’interroge.

Même si je dénonce souvent dans la tribune libre de Bleau, les dérives du comportement de certains usagers, force est de constater que des milliers de bénévoles se réunissent chaque année pour nettoyer leurs terrains de jeux et depuis fort longtemps !


Certaines associations comme le COSIROC (Comité de défense des sites et rochers d'escalade) organisait déjà en 1978 la construction d'ouvrages de stabilisation des sols pour lutter contre l'érosion liée à la sur fréquentation de certains sites d’escalade à Bleau ! Dans le même registre, outre le ramassage des déchets, le Cosiroc se bat depuis plus de 30 ans pour la diminution de l'impact de notre pratique sur les sites (demandes de création d'espaces protégés, diminution du nombre et de la taille des balises des circuits d'escalade, information sur la magnésie, les prises taillées...).

Et en espagne !

Il se bat aussi pour la préservation de ce droit à un accès libre aux sites de pleine nature et pour ce faire il a lutté contre les privatisations d'espaces (Buthiers), leur exploitation par des industriels (carrière, ligne à haute tension...) ou les arrêtés non justifiés (Buoux, APB divers..) qui visaient à nous priver de tout ou partie de nos sites de grimpe. Il en est de même pour les randonneurs dont l'ex-FFRP ou l'AAFF (pour Fontainebleau) agissent depuis bien longtemps pour la préservation du milieu.

Si c'était un sport, je vous parlerais peut être des chasseurs, les Protecteurs Armés de la Nature (les PAN comme aime à les désigner le naturaliste Jeanpoule Debleau) qui militent aussi pour faire entendre leur rôle dans la préservation de la biodiversité. Pire, à cette singulière alliance, trahison suprême envers les montagnards, j'ajoute volontiers le
CODEVER (l'association des quads, motards, 4X4, VTT, équestre...) qui milite pour l'entretiens des chemins par ses pratiquants et se bat jusque devant les tribunaux pour faire reconnaître leurs droits que les partisans d'un tout Wilderness leur refusent. eux aussi ont une charte très bien faite et des difficultés à la faire appliquer...

Bref, nous n'avons pas grand chose à apprendre des initiatives de l'Etat, de l’Europe et des ONG. Nos associations, tant en France qu'à l'étranger, ont depuis longtemps édité des chartes de bonnes pratiques pour les sports nature. Il faudrait juste qu'elles soient : partagées et appliquées !

Partager et appliquer, deux actions auxquelles les ministères devraient donc réfléchir avant d'essayer de nous imposer leurs idées et interdictions.

En effet, que dire du massacre de nos forêts, commandé à l'ONF par le ministère de l'agriculture dans sa logique de rentabilité... Que dire aussi des dégradations faites à notre patrimoine du fait du manque de surveillance de nos forêts les WE fautes de moyens accordés par l’Etat... Pire, on nous fait maintenant un odieux chantage à l’emploi. On mettra les moyens dès lors que l’espace naturel sera classé avec une mesure forte type Parc National. Pourtant Fontainebleau ne manque pas de labels environnementalistes. Entre les RBI, RBD, ENS, les mesures liées à Natura 2000 (vaste imposture sur laquelle je reviendrai bientôt), la forêt de protection, le PNR du Gâtinais, la réserve MAB de l’UNESCO, etc. il devrait être possible de trouver les crédits nécessaires au paiement de quelques agents pour faire respecter la forêt ?!

La Stratégie de l’OCDE pour une croissance verte et le nouveau rapport Vers une croissance verte proposent aux gouvernements un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement.
« Ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair », explique le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría. « À condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie. Tout en même temps. »

Les opportunités commerciales associées à l’investissement dans la viabilité écologique pourraient se chiffrer en milliers de milliards de dollars d’ici à 2050 dans les seuls secteurs des ressources naturelles. Voilà qui a de quoi laisser songeur et on comprend mieux l’ardeur de certains défenseur de l’écologie qui on bien comprit quel chiffre d’affaires ils vont pouvoir tirer de la nature. Rappelons qu’à l’échelle internationale, les banques s’échangent les droits de pollution. A ce titre, les zones protégées ont une valeur économique reconnues !

Le rôle de nos fédérations sportives dans le domaine de la protection de l'environnement peut se définir à partir de trois grands principes :
1. Défendre ses pratiques et les intérêts de ses pratiquants
2. Concevoir la défense de l'environnement comme une nécessité au service de ses activités
3. Engager la concertation avec toutes les parties concernées
La priorité est donc le développement des activités sportives dont l’impact sur l’environnement ne peut pas systématiquement servir d'argument à l'interdiction de pratiquer.
« C'est pourquoi, (et je cite) la FFME se refuse à culpabiliser ses licenciés (et au-delà tous les pratiquants) au sujet de la dégradation du milieu naturel. Sans vouloir excuser tous les comportements, les dommages causés à l'environnement par les sportifs de pleine nature sont sans commune mesure avec ceux dus aux industriels et aux aménageurs. »



Certes, les ancrages dans le rocher, la purge des cailloux ou le brossage des blocs dans notre forêt constituent des modifications du cadre naturel qui, lorsqu’elles sont massives ou pratiqué dans un site inapproprié, peuvent avoir des conséquences importantes sur la biodiversité. Elles sont toutefois sans commune mesure avec une batterie de pylônes haute tension ou d’éoliennes sur le passage des oiseaux migrateurs ! Les grimpeurs savent accepter des mesures incitant à un déplacement des pratiques dans le temps ou dans l'espace. Ils dialoguent depuis longtemps avec la LPO pour restreindre leur activité proche des nichoirs et la cohabitation grimpeur/oiseau semble plutôt bien fonctionner vu le nombre de falaises où ces derniers viennent nicher chaque année malgré notre présence !
La protection de la faune ou de la flore a conduit à prendre certaines décisions comme l'interdiction de l'escalade dans le Lubéron, le refus de l'extension de l'équipement des rochers du Parc au Saussois ou à la création de la réserve de Pibeste. Les arrêtés préfectoraux de biotope sont légions. Je ne parle même pas des zones Natura 2000 et de leurs inventaires parfois très douteux. La rareté d'une espèce est une notion géographique et temporelle très relative et diversement appréciée. Une interdiction pour protéger l'aigle de Bonelli, peu présent en France, est sans conteste plus justifiable que celle liée au faucon pèlerin, maintenant bien implanté...

Il en va de même avec de nombreuses espèces végétales et animales dont l’implantation en dehors de l’aire de répartition habituelle peut lancer le dialogue. La rareté d'une végétation méditerranéenne commune dans le sud mais exceptionnelle en Bourgogne ou à Fontainebleau justifie t’elle une interdiction.

En plus de cela, nous ne sommes pas tous à égalité au départ, certains pays étant plus richement dotés en sites naturels de pratiques sportives et en biotopes à protéger...

En Belgique, tous les massifs rocheux sont des propriétés privées dont l’accès est très limité. Pour couronner le tout, les sites sont en grande majorité calcaires et constituent des habitats remarquables classés Natura 2000. Le CAB et le CAB-BAC louent et gèrent des rochers qu'ils mettent à la disposition de leurs membres ainsi qu'à d'autres associations. Donc, si vous n'êtes pas membre du Club Alpin Belge ou d'un autre club ou fédérations reconnus par la réciprocité, vous n'avez pas accès à ces rochers ! Et pour le coup, ne vous inquiétez pas, là-bas on fait régner l’ordre.



Nos amis anglais du BMC se battent eux pour conserver l’accès libre aux forêts et contre l’extension non concertée de certains Parcs Nationaux.
Aux USA, les vastes parcs nationaux qui, compte tenu de la surface totale du pays ne sont finalement pas si vastes que cela, l’artificialisation des zones d’accueil du public est très importantes et les réglementations très respectées. Pour cause, pour stationner de nuit dans le parc du Yosemites, il convient d'avoir un permis spécial. Les gardes ont délivrés plus de 50 amendes de 50 US pour ceux qui n’ont pas respectez ces interdits... Même politique en Espagne dans le site de blocs d’Albarracin.

J’en rêverai presque pour Fontainebleau tant les abords des parkings sont immondes (notamment à Pâques) et les feux bivouacs nombreux.

Donc en attendant, usagers des forêts et autres espaces naturels, unissez-vous. Nettoyez et faites respecter les bonnes pratiques dans vos sites. Par là même vous prouverez que vous êtes des citoyens éco-responsable qui n'ont pas besoin qu'on leur interdise les choses. Prouvez aux écolos integristes que vous aussi vous avez une place dans l'équilibre de la nature et que vous ne voullez surtout pas d'une forêt musée mise sous cloche !

Bonne grimpe à tous.


















Les cimes d'Île-de-France


Les cimes d’Ile de France est un événement ouvert à tous, du débutant grimpeur-randonneur à l’expert en alpinisme. Cette 2ème édition a pour but de faire découvrir une grande partie des activités proposées par la Fédération Française de la Montagne et l’Escalade. Il permet au débutant de découvrir des activités et de les tester et aux experts de réviser leurs techniques.

Les participants peuvent se tester sur de multiples « ateliers » qui font appel à des techniques issus de la montagne et l’escalade.

La manifestation aura lieu sur la commune de Buthiers (Seine-et-Marne) du samedi 28 mai 2011 à 12h au dimanche 29 mai 2011 à 17h.
La manifestation sera agrémentée d'un contest (sorte de compétition) de bloc organisé par le comité départemental 77 avec la collaboration de Jacky Godoffe samedi de 14h à 17h.

Les prix pour chaque catégorie homme et femme :
• 1er prix : Un triple Pad
• 2ème Prix : Un bon pour une paire de chaussons
• 3ème prix : Un sac à magésie et sa brosse


Liste des ateliers proposésAteliers de connaissances
• Cartographie – Orientation
• GPS
• Recherche de victime d’avalanche
• Escalade et environnement
• Équipement et sécurité
Ateliers de techniques
• Escalade sur mur artificiel
• Escalade de bloc
• Cascade de glace
• Course d’arêtes (assurage en mouvement)
• Escalade artificiel
• Via Corda
• Slackline

Contest• Escalade sur bloc

Bref, un évènement au top. Comme je peux aussi compter sur la FFME pour vous rappeler que nous sommes des pratiquants d'un sport de pleine nature, inutile de vous rappeler que vous pouvez en profiter pour rammasser les déchets qui traînent autours des blocs... pour que la fête soit complète !
Sécheresse: Malgré l'appel à la vigilance de l'ONF pour éviter les incendies, le WE du 7/8 mai aura été fatal à un hectare ! Faut - il vous en interdire l'accès ?





La dépèche AFP du 19/05/2011 était la suivante :


"L'Office national des forêts (ONF) a appelé jeudi à la vigilance en forêt, où les autorités craignent des incendies en raison de la sécheresse, surtout pendant les week-ends.


Afin de préserver notre patrimoine forestier, il est demandé à chacun la plus grande vigilance, a déclaré Pascal Viné, directeur de l'ONF dans un communiqué, avant de souligner que les forêts, comme les terres agricoles, sont touchées par le manque d'eau.


L'établissement public, qui est en charge d'une grande partie du massif forestier français, rappelle aux promeneurs qu'il est interdit de fumer et de jeter des mégots en forêt, d'allumer des feux et des barbecues.


Les riverains doivent nettoyer aux abords leur habitation et débroussailler leur terrain, surtout à proximité des forêts.


L'ONF leur rappelle aussi qu'ils ne sont pas autorisés à brûler des végétaux et qu'ils ne peuvent allumer des barbecues que dans des conditions de sécurité optimum.


Les incendies n'ont pas seulement lieu dans le sud de la France, a souligné M. Viné. Deux départs d'incendies ont eu lieu le week-end du 7 et 8 mai en forêt de Fontainebleau, détruisant un hectare de forêt.



Source le Parisien Avril 2010


La situation est si précaire dans le massif de Lorris, en forêt domaniale d'Orléans (centre), que le préfet en a interdit l'accès depuis trois semaines, a-t-on appris auprès de l'ONF."(©AFP / 19 mai 2011 14h52)

Sur France 3, un petit reportage d'Aude Blacher et Albane Lussien est venu ettayer le communiqué.Voir cette vidéo

La situation ne va pas s'améliorer même après les pluies prévues ce WE. En effet, Météo France vient de publier un rapport comparant la situation à celles rencontrées en 1976, 2003 et 2005.
http://france.meteofrance.com/content/2011/4/25404-48.pdf

Extrait :
Situation en EuropeCette sécheresse exceptionnelle touche aussi les pays voisins de la France. De l’Europe du nord à l’Europe centrale, les déficits pluviométriques ont été remarquables en mars et avril. Au Royaume-Uni, le mois de mars a été le plus sec depuis 1953. En Allemagne, avril à été le dixième mois d’avril le plus sec depuis 1881. Par contre, l’Espagne et l’Italie ont connu des précipitations plus conséquentes notamment au cours du mois de mars. Par ailleurs, les températures ont été exceptionnellement chaudes en avril, dépassant très largement les normales sur l’ensemble de l’Europe. Ces deux phénomènes conjoints ont eu en Europe les mêmes conséquences qu’en France : le rapide assèchement des sols qui ont atteint début mai des niveaux exceptionnels.






Photos agence de presse
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6916648w

Les coupes réalisées en forêt de Fontainebleau ont toujours été un sujet très sensible. Nous ne sommes pas sylviculteurs et loin d’être des spécialistes mais il est évident que parmi toutes les méthodes utilisées, " la coupe à blanc étoc "est la pire de toutes. Elle est critiquée par de nombreuses associations locales (ANVL, AAFF…) qui ont obtenu à plusieurs reprises leur suspension par l’ONF notamment à la fin des années 80. Des méthodes plus douces et des engagements avait été pris par le gestionnaire qu’il a respecté jusqu’au milieu des années 90.

La fin des années 90 a été marquée par de vives polémiques autour de la création d’un Parc National à Fontainebleau notamment quand un petit groupe d’éco guerriers s’est attaqués aux engins de coupe des bucherons. Ils avaient au moins réussi à faire ralentir, une nouvelle fois, les grandes coupes rases de plusieurs hectares.

Après une dizaine d’années de tranquillité, on constate depuis 2007, la reprise par l’office de cette ignoble méthode de sylviculture.
 
Pire, ces grandes coupes s’accélèrent et les surfaces traitées sont de plus en plus importantes ! La preuves en images...

 

Mare aux Cerfs, 1999.
Photo Greg Clouzeau

Outre l’aspect esthétique désastreux, le principal problème avec cette méthode réside dans la mise à nu des sols parfois sur plus de 10 hectares consécutifs ! Les sols s’y assèchent brutalement en détruisant la flore qui aurait été épargné par les roues des tracteurs... Pire, le vent y accélère plus facilement et les eaux y ruissellent fortement limitant la réhydratation du sol et le remplissage d’une nappe phréatique mise à mal depuis 2007. La faune (des insectes aux grands cervidés) perd aussi son habitat et souvent des couloirs de circulation, vous savez, les fameuse trames vertes et bleu que nous promet le ministère du développement durable !

Parlons un peu du volume pour avoir une vision globale des coupe. Dans le Document d’Objectif de Natura 2000 (DOCOB), la production moyenne de la forêt de Fontainebleau est estimée à 3.70m3/ha par an. C’est assez faible nous dit on mais normal vu la pauvreté et l’acidité des sols. Sur les 17 000 ha de la domaniale, 9 903 sont classés en « série de gestion sylvicole patrimoniale ». C’est là que doivent se faire les coupes. Avec 3.7 m3/ha,  les coupes devraient donc atteindre un volume de totale de 36 600 m3 ha annuel.

Mais que constate t’on ?


Près de 60 000 m3 prélevés en 2008 et 2009 et actuellement on tourne sur près de 85 000 m3 ! Ca fait un peu gros comme rattrapage ! Cela signifie aussi que l’exploitation s’exerce dans les « séries paysagères et d’accueil du public » qui n’en porteront plus que le nom pour certaines vu leur mocheté !
 
Cette hausse est justifiée par les gestionnaires par l’état de dépérissement de certaines espèces d’arbres notamment les chênes pédonculés et les hêtres lié la sécheresse. C’est peut être vrai mais dans les fait, la coupe à blanc ne sélectionnent pas les arbres, elle rase entièrement le terrain, arbres sains compris !

Effet de "rattrapage" m’a-t-on dit à l’ONF. Il est vrai que la grève discrète des forestiers qui ont suspendu la transmission des PV de martelage à leur hiérarchie a fait prendre du retard… Mais si l’Etat voulait bien se donner les moyens d’entretenir ses forêt en bon père de famille, on n’en serait pas là. Que voulez-vous, les coupes sont réalisés par des bucherons « polonais » venus gagner de l’argent dans des forêts qui ne sont pas les leurs. Il n’y ont aucune attache !

Une forêt s’apprécie certes sur les siècles. Nous savons bien que les paysages que nous observons à Bleau ne sont plus du tout les mêmes qu’à la fin du XIXe.
L’âge d’exploitabilité du chêne a été fixé à 220 ans et 180 ans pour les hêtres dans le plan d’aménagement sylvicole de la forêt mais visiblement, il s’agit d’un âge théorique, car sur le bord des allées bien des fûts ont moins de 100 ans.

Les voix commencent à s’élever, timidement, contre ce massacre. Fatalisme, résignation ou petits arrangements entre ONF et grandes associations ?
Un peu des trois sans doute.
Peu importe. Il est encore temps d’agir pour sauver notre forêt. Certains agiront à la lumière, d’autres dans l’ombre. 

parcelle 833 près de la Mare aux Evées, 5 ha, 2011source CDFF

Ecrivez à l’ONF pour protester ainsi qu’à son ministère de tutelle et à celui du développement durable. Harceler le préfet et le député de Seine et Marne. Plus les lettres seront nombreuses, plus il y a de chance que les consciences s’éveillent.

 
Le long de la RD137 cette année, des chênes jeunes et sains
Photo : courrier du Comité de défense de la Forêt de Fontainebleau
Ensemble, réclamons :

· Une réduction sensible et immédiate du volume des coupes... Les conditions de sécheresse chronique depuis 2007 auraient logiquement du conduire à une révision à la baisse des volumes de coupes et non l’inverse

· La fin définitive des coupes rases à Fontainebleau. Il existe d’autres méthodes, plus douces, préservant un certains couvert végétale et de vieux sujets nécessaire à une régénération naturelle et au maintien de toute un biotope spécifique aux arbres mourants.
· Le placement immédiat de l’ONF sous la tutelle du ministère de l’environnement et non de l’agriculture ou la création d'une nouvelle structure.

Bonne balade, dans ce qui reste de forêt...

En complément de nos articles (rubrique Sylviculture), ne manquez pas ces article de Jeanpoule Debleau et notamment :

-
http://photonaturefontainebleau.over-blog.net/article-arreter-les-coupes-a-blanc-etoc-a-fontainebleau-note-0560-74837960.html
- http://photonaturefontainebleau.over-blog.net/article-52701661.html
- http://photonaturefontainebleau.over-blog.net/article-52701728.html



Parcelle 354, 8 ha dépérissant, 2011, source : CDFF
MISE A JOUR du 03 juin 2011

L'AAFF nous a fait parvenir le texte des motions adoptées à sa dernière AG dont la n° 3 concerne  la sauvegarde des paysages :
Motion n°3
Sauvegarde des paysages forestiers
du massif de Fontainebleau        


L’Association se réjouit de l’excellente coopération établie avec l’ONF, notamment celle réalisée dans le cadre du programme Forêt Patrimoine et portant sur la restauration des sentiers bleus, dont elle souligne le caractère exemplaire.

Elle note avec satisfaction la progression du projet patrimonial portant sur les carrières et abris de carriers.

Inquiète des actes de vandalisme constatés, elle rappelle son attachement à la protection du patrimoine situé en forêt, notamment celle des petits monuments.

Elle s’inquiète du dépérissement évident des arbres dans certains secteurs de la forêt et demande à l’ONF de lui indiquer quelles mesures il compte prendre pour y faire face.

Elle constate la dégradation des paysages forestiers dans certaines parties du massif des paysages forestiers, et demande à l’ONF de veiller notamment à ce que :

-Les chemins forestiers et le parterre des coupes soient préservés et remis en état par les exploitants, notamment ceux qui utilisent des abatteuses, en particulier dans  les parcelles en bordure des villes et villages ;
- l’exigence faite aux exploitants forestiers de fermer les barrières d’accès à la forêt aux véhicules soit bien respectée ;
- l’entretien des points de vue remarquables soit réalisé  de façon plus suivie ;
- l’enlèvement des grumes soit bien effectué dans les délais contractuels prévus ;
- l’entretien et la propreté des aires d'accueil soient bien assurés ;
- l’interdiction des sentiers bleus aux VTT et cavaliers soit bien respectée ;

  Elle souhaite renforcer sa concertation avec l’ONF, en particulier sur la signalétique des sentiers, les plans de coupe et l’identification des arbres remarquables.


Une belle balade en Forêt de Fontainebleau peut tourner au drame si l’on n’y prend garde… L’inventaire des dangers forestiers est long (chutes, branchages agressifs, piqure d’insecte, etc.) et certains sont mal connus des visiteurs occasionnels (voir l’article sur la maladie de Lyme).


Mes enfants jouent souvent seuls lorsque nous grimpons et, même en gardant un oeil, je ne contrôle pas tout. Pour cause, ils fréquentent la forêt depuis leur plus jeune âge et n’y ont pas peur. Mais, si j’ai déjà évoqué avec eux le risque d’y faire de mauvaises rencontres tant humaines qu’animal, je ne pensais pas évoquer un jour, le risque lié aux explosifs !


Dans les Trois pignons, notamment au 95.2, il n’était pas rare de voir nos petites têtes blondes revenir avec un morceau de plastique bleu ou blanc et de temps en temps avec des tubes métalliques. Le plus souvent, il s’agissait des restes de munitions utilisées par les militaires qui fréquentaient la zones. La grande majeure partie est bien entendu sans grand danger MAIS il m’est arrivé de trouver une ou deux balles de fusil non percutées. Heureusement, les bidas en folie viennent de moins en moins souvent et laissent moins de traces (détritus, trous…)


La découverte récente d’une cartouche de chasse non percutée par ma fille m’a conduit à enquêter plus avant sur les risques de manipulation de cet objet. La cartouche de chasse étant bien rouillée, je l’ai manipulé avec soin pour prendre ces photos... Car attention, ces engins sont dangereux et ont peut y laisser une main !




cartouche non percutée contenant son amorce et ses plombs peuvent provoquer des brûlures
 Mise à jour du 23 mai 2011
A la suite de la publication de cet article, un chasseur averti m'a apporté les précisions rassurantes suivantes :
« Si vous percutez accidentellement l'amorce d'une cartouche de chasse en dehors d'un fusil (ce qui est excéssivement rare, mais possible) vous n'aurez pas d'explosion car la douille carton ou plastique, n'est pas suffisamment contraignante, à l'immage d'un canon de fusil par exemple, par contre la poudre en brulant fera m'effet d'un feu de bengale, mais il n'y aura pas de projection des plombs, un risque de brulure tout au plus et si la cartouche est tenue à la main quand on percute l'amorce de l'autre main. Il faut savoir que les cartouches de chasse sont prévues pour que ce gentre d'incident ne se produise pas. L'amorçage de la cartouche est positionné de telle manière qu'il faille une percution assez violente et assez profonde pour que le fulminate contenu dans l'amorce s'enflame et communique son inflammation à la poudre produisant ainsi un dégagement trés rapide de gaz qui dans la cartouche compressée par la chambre verouillée du fusil n'ont d'autre possibilité d'agir en pression vers la seule issue qu'est la bouche du cannon et de projeter ainsi la charge de plombs.  
Cependant il n'est jamais bon de laisser les enfants jouer avec les armes et les munitions surtout quand ils ne connaissent pas ces objets, comme il n'est jamais bon de les laisser jouer avec des allumettes ou des produits inflammables, ou de les laisser aller jouer au ballon dans la rue. Je pense qu'il est souhaitable de leur apprendre les précautions nécessaires à prendre avec divers objets ou dans diverses situations. C'est pourquoi la Fédération National des Chasseurs a passé avec l'éducation nationale un accord pour pouvoir intervenir dans les écoles primaires au titre d'une information générale et sur la connaissance et l'apréhension de ces divers problèmes. 
Pour ce qui est des cartouches perdues fortuitement par des chasseurs, cela arrive, mais en 40 ans de chasse j'en ai trouvé trés peu et je les ai toujours ramassé, comme d'ailleurs les douiles vides même si ce ne sont pas les miennes...et je connais un grand nombre de chasseurs qui agissent aujourd'hui de cette manière. Si il vous arrive de constater dans votre environnement immédiat des comportements négatifs n 'ayez pas peur d'en référer aux présidents des sociétés de chasse concernées et éventuellement aux mairies.  Pour nous chasseurs et pêcheurs l'environnement c'est l'affaire de tous et non de ceux qui veulent depuis quelques années se l'approprier de manière sectaire. »

« Le mieux  si elles sont déterriorées les donner aux services qui s'occupent des munitions de guerre, pour le recyclage des poudres, mais en attendant vous pouvez les collecter comme les piles usagers.   Si elles sont encore en bon état, vous pouvez les donner à un chasseur de vos connaissances ou au président de la société de chasse de votre commune, car elles peuvent trés bien fonctionner.  Pour ma part, quand elles sont dégradées,  je les neutralise moi même en les coupant en deux par le milieux et je brule la poudre dans un vieux pot de fleur vide, je récupère les plombs (il nous arrive de faire certaines cartouches nous même) et les reste de l'étui va au recyclage aprés avoir percuté l'amorce dans un fusil.   De plus en plus je recherche des cartouches à douilles cartons( comme autrefois) car si on en perd une elle se dégrade trés vite et les étuis vident disparraissent d'une année à l'autre, mais cela n'empèche pas de les ramasser. »


Outre le terrain militaire des Trois pignons, la forêt de Fontainebleau a abritée de nombreuses zones d’entrainement dont le Polygone de tir.
Ces zones sont très dangereuses car elles cachent des munitions de guerre non explosées.


ME BOUGER : TUE !


source : blog des randonneurs de Chartrette






La découverte en avril 2010 d’un obus lors des travaux du Grand Parquet avait entraîné l’évacuation de tout un quartier. Pour autant, en forêt, aucune mesure de dépollution des terrains militaires n’a été prise. Pas de risque ?


Si ! Voici deux exemples de découverte d’obus potentiellement dangereux en forêt. L’une est le fruit de Jean Poule, un photographe naturaliste avertis dont le blog est une vrai mine d’or, l’autre est le résultat d’une randonnée associative…






Que faire lorsque l’on découverte un engin de guerre ?



-ne pas tenter de toucher et/ou manipuler l’engin (attention à vos pas) ;-relever sa forme et ses dimensions (prendre une photo) ;
-baliser avec sac plastique, mouchoir, autres, l'emplacement afin de faciliter son repérage (c’est la seule fois où je vous autorise à abandonner quelque chose en forêt !)
-relever soigneusement (GPS) ou l'emplacement sur la carte de la forêt (si vous l’avez),
-prendre des points de repères fixes, rocher caractéristique, arbre, compter le nombre de pas par   rapport à ces repères ;
-prévenir les services de l'ONF, le maire de la commune, la brigade de gendarmerie ou la police qui prendront les mesures conservatoires ; le plus efficace semble être la gendarmerie.
- ne faite pas de publicité à votre découverte tant que son enlèvement n’est pas confirmé.




Conduite à tenir dans les anciens champs de tir de la Forêt de Fontainebleau.


Le polygone. Attention, ce n'est pas le seul site de Fontainebleau...




À partir du moment où vous arrivez en limite de l'ancien polygone d'artillerie de Fontainebleau vous devez considérer que tous les morceaux de métal, absolument tous, sur et dans le sol sont potentiellement dangereux.
Après de longues années passées sous terre, un obus ou tout autre engin de guerre gardent leur pouvoir de destruction.


Ne perdez jamais de vue que ce sont des engins fait pour tuer.


Regardez sur ce site qui présente des PDF instructifs, qui ont été mis sur Calaméo. Le document En attendant les démineurs, montre qu'il faut prendre au sérieux toute munition, qu'elle que soit sa grosseur, que plus un engin est vieux et rouillé, et plus il est instable...De plus, on se focalise souvent sur les risques d'explosion, mais il ne faut pas sous-estimer le danger de dégagement de produit toxique, notamment de phosphore blanc. Et il n'y a toujours pas de remède contre les effets de l'ypérite, dit gaz moutarde.




Autre découverte possible mais là, franchement, vous avez pas de chance, une cache d’armes, de drogue...ou les deux !


On le sait, la forêt de Fontainebleau a le privilège d’être à moins de 60 km de la Capitale et abrite des zones très tranquilles. Du coup, même les terroristes l’on investis !




Ainsi, en novembre 2008, non loin de Nemours, des enquêteurs de l'Office central de la répression des violences aux personnes (OCRVP) étaient à la recherche du corps d'une prostituée française d'origine serbe tuée en 2002 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Son proxénète présumé, un Serbe incarcéré en France pour braquage, avait avoué l'avoir tuée accidentellement et l'avoir ensuite enterrée dans la forêt de Fontainebleau. Les enquêteurs n'ont pas retrouvé ce corps mais découvert, dans une cuve, une cache d'armes à feu pouvant dater de la deuxième guerre mondiale ainsi que d'autres de facture plus récente. Ils ont également mis la main sur plusieurs pains d'hexolite, un explosif utilisé par les militaires. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête. Cette cache pourrait être celle du groupe des Garpo se réclamant d'une idéologie marxiste. Les Grapo ont été accusés par les autorités espagnoles de plus d'un millier d'actions violentes entre juin 1975 et juin 2003, assassinats, tentatives de meurtre et attentats à l'explosif. Avec l'arrestation à Paris, en novembre 2000, de son dirigeant historique, Fernando Silva Sande, on n’avait plus reparlé de ce groupe.
Il faut remonter plus loin dans le temps pour une autre découverte de ce type en forêt de Fontainebleau.


Voici un extrait de l’Arrêt de la 1ère CHAMBRE D'ACCUSATION de la COUR D'APPEL DE PARIS daté 4 mars 1991 :


Extraits
« Dès lors, à partir de mars 1987, l'attention des enquêteurs se porta sur les activités de
plusieurs "chiites" originaires d'Afrique du Nord, et notamment sur SALAH Fouad.
Les surveillances exercées sur celui-ci permirent d'acquérir la certitude qu'il maniait des
explosifs et aboutirent à son interpellation le 21 mars 1987 au moment où, accompagné du
restaurateur algérien AISSA, il quittait l'établissement de celui-ci dan un taxi conduit par
AROUA, pour aller dissimuler en forêt de FONTAINEBLEAU douze litres de nitrate de
méthyle.
Cet explosif était, par sa composition et son emballage, identique à celui saisi à
FRANCFORT lors de l'arrestation de Mohamed HAMADE.


Sur les indications d'AROUA, une poubelle contenant 8,8 kg d'explosif et 6,5 kg d'héroïne fut
découverte en forêt de FONTAINEBLEAU.
L'explosif était de type (…), le plus utilisé lors des attentats de 1986, et présentait
notamment la même granulométrie que celui découvert le 3 février 1986 à la TOUR EIFFEL.
Quelques mois plus tard, une autre poubelle fut déterrée dans le même secteur. Vide, ce
récipient avait contenu (…), autre type d'explosif utilisé en septembre 1986.


Allez ! Bonne balade… Soyez Prudent !

NATURE