Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2011-02-27

Communiqués de presseSauvons Saux et La Gela dans les Pyrénées !

En haute vallée d'Aure (Pyrénées centrales), le projet d'une création de station de ski et d'une liaison avec Piau-Engaly menace de défigurer les deux magnifiques vallées de Saux et de La Gela.
Situé en zones sensibles (proximité du Parc National des Pyrénées, aires Natura 2000, Patrimoine Mondial de l'Unesco (Pyrénées Mont Perdu), ZNIEFF ...), ce secteur abrite une flore et une faune inestimables.En outre, depuis des temps immémoriaux, ce territoire est un lieu d'estives qui sera condamné par de tels aménagements.

Oubliés le réchauffement climatique et le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique que le gouvernement français élabore actuellement,
oubliées les nécessaires économies d'énergie et la diminution souhaitée des prélèvements d'eau (cf neige artificielle),
oubliés la crise économique espagnole et les investissements immobiliers inconsidérés …

Qu'on ne se trompe pas, à travers ces deux vallées, c'est la montagne qu'on assassine !

Au nom de la promesse de quelques emplois précaires, on est prêt à sacrifier des hauts-lieux de tourisme appréciés des randonneurs, alpinistes... lesquels, par leur venue, font également vivre la vallée.
Contre ce projet aux financements espagnols hypothétiques, contre ces comportements irresponsables et irrespectueux de la nature et des hommes, la population s'indigne.

Indignez-vous avec elle en signant et diffusant cette pétition :


http://www.mesopinions.com/Sauvons-les-vallees-de-Saux-et-de-La-Gela-dans-les-Pyrenees---petition-petitions-08f82e2749d69a0b946649011e247116.html

Pour tout savoir sur le projet : http://www.sauvons-la-gela.org

Merci pour votre mobilisation !
Publié initialement par la Tribune libre de Bleau et d'ailleurs.

La présence de l'or noir en Ile de France et aux abords de la Forêt de Fontainebleau n'est pas une nouveauté  La ressource fut même largement exploitée jusqu'au bébut des années 1980 mais les puits à balancier que l'on trouvait à quelques mètres de la Table du Roi sont aujourd'hui bien fermés.
Pourtant, avec l'envol régulier du prix du baril de brut depuis 2008, les sociétés d'exploitation s'intéressent grandement au sous sol francilien !

Risques industriels et déchets


Qu'en est-il vraiment ? Voici ce qu'en dis Nature Environnement 77 sur son site.
(...)
"La nouveauté est que, les techniques ayant évolué, on sait désormais extraire des hydrocarbures lourds cachés à 2000 m de profondeur, avec un coût financier acceptable. Pour cela, il faut "craquer" le mélange shistes- hydrocarbures avec de l'eau chaude sous pression.

Cette opération de craquage (forage vertical jusqu’à – 2000 m puis forages horizontaux, jusqu’à 8 km de distance) permet à la fois d'ouvrir des fissures dans la roche, mais aussi de casser les longues molécules d’hydrocarbures pour les transformer en molécules plus courtes et plus fluides que l'on peut extraire plus facilement.

La carte vous montre que désormais plus de 80% de la Seine et Marne, plus des 2/3 des Yvelines et presque la moitié du 91 sont couverts par des demandes de permis de recherche émanant d'une dizaine de compagnies pétrolières, ou des permis déjà accordés à ces entreprises.

Qu'en penser ?

(...) L'un des problèmes majeurs en Seine et Marne est celui de l'eau : depuis plusieurs années nos nappes phréatiques sont très basses et n'arrivent pas à "remonter" et la préfecture a mis une grande partie du département en "crise sécheresse renforcée" depuis plus de deux ans sans interruption. Comment pourra-t-on concilier les économies d'eau nécessaires avec cette nouvelle technique d'extraction qui consomme beaucoup d'eau ? Il faudra choisir : préserver la ressource en eau ou dérouler le tapis rouge aux industries du pétrole !!

Les produits d’injection : de l’eau sous pression, mais aussi du sable et des produits chimiques (benzène entre autres) dont la composition exacte est secrète, qui pourraient, s’ils migraient vers les nappes phréatiques générer une pollution chimique de nos réserves d’eau


Ces problèmes sont déjà très importants, mais c'est sans tenir compte du fait que d'autres risques devraient nous mettre en alerte : outre Atlantique les dégâts environnementaux causés par cette nouvelle technique sont réels et les populations se révoltent ... Ce qu’il faut bien comprendre : l’intérêt des compagnies pétrolières n’est pas le bien de l’humanité mais de pouvoir vendre et de faire des bénéfices.

Si les sommes considérables mises en jeu dans cette extraction pétrolière étaient investies en économies d’énergie, cela laisserait plus de pétrole dans notre sous sol, éventuellement pour les générations futures , produirait moins de CO2 dans l’atmosphère, et une qualité de la vie au moins équivalente.

Par Nature Environnement 77 -
 
Compléments mis à jour le 23 mars 2011

La mobilisation semble avoir porté ses fruits car de nombreux députés doivent dépoer une proposition de loi visant à annuler les permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux et tendant à assurer la transparence dans la délivrance de ces permis de recherche et de concessions d’hydrocarbures liquides et gazeux" devrait être examinée en séance le 12 mai prochain.

Les motivations juridiques de ce texte qui doit être déposé ce 22 mars sont très claires :

(...) "En conséquence et en vertu de l’article 5 de la Charte de l’environnement qui prévoit que « lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leur domaine d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage », cette proposition de loi demande, en son article 1er, l’interdiction des forages en eaux profondes ainsi que l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des mines de gaz et d’huile de schiste.

L’ article 2 exige l’abrogation des arrêtés ministériels accordant les permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux. Rappelons que cette procédure est admise par la Cour européenne des droits de l’homme ainsi que le Conseil Constitutionnel lorsqu’il s’agit de défendre des exigences impérieuses d’intérêt général, ce qui est le cas en l’espèce. (...)


Le code minier, qui permet, en son article L122-3, de délivrer un permis exclusif de recherche sans étude d’impact, méconnaît l’article 3 de la Charte de l’environnement au terme duquel « toute personne doit dans les conditions définies par la loi prévenir les atteintes qu’elle est susceptible de porter à l’environnement ou à défaut en limiter les conséquences ». L’obligation d’évaluation préalable du risque environnemental est une exigence constitutionnelle mais également une exigence communautaire (directive 85/337 CEE du 27 juin 1985 concernant l’évaluation des incidences sur certains projets publics ou privés sur l’environnement modifiée par les directives du 3 mars 1997 et du 26 mai 2003)."

Pour l'intégralité de l'article et le texte de la proposition de Loi, voici le lien.

http://www.energie2007.fr/actualites/fiche/3285/
Françoise Degert nous a fait parvenir en avant première l'article suivant écrit par elle pour Médiapart faisant le point sur la contestation à Marseille. Le projet de création d'un PN autour de la citée d'un million d'habitants soulève depuis plusieurs années bien des contestation. A l'approche des cantonales cela n'a fait que s'agraver. L'exemple de Marseille démontre avec force comment les locaux sont expulsés de leur territoire au profit d'une sauvegarde très relative. il démontre aussi à quel point les associations ayant participé aux débats au sein du GIP ont été dépossédées de la décision finale...


Parc national des calanques : Marseille au bord de la crise de nerfs
28 Février 2011
Par Françoise Degert

Annoncée pour janvier 2012, la création du parc national des calanques soulève un vent de fronde. De Marseille à La Ciotat en passant par l’arrière pays, la colère monte. Elle a culminé avec le blocage du port de Marseille par les pêcheurs et les bateaux de plaisance, le 11 février dernier. Le lendemain, « la terre » a rencontré la mer sur les quais.

Pourtant, c’est « Marseille qui a poussé à sa création » s’étonne Thierry Lefèbvre, chargé du programme des aires protégées au comité français de l’UICN. Une volonté de quelques élus, peut-être, des associations de protection de la nature, sûrement. Pas de la population. Thierry Lefèbvre ne comprend pas davantage le rejet du parc national des calanques, un projet « emblématique », conçu dans une agglomération de plus d’un million d’habitants. Le 3ème parc urbain dans le monde, après ceux de Sydney (Australie) et de Cape Town (Afrique du Sud).

D’ailleurs, l’UICN recommande leur multiplication pour « limiter la consommation des territoires par les villes et offrir des loisirs aux citadins » poursuit-il.

C’est d’autant moins compréhensible que toutes les communes situées dans le coeur du parc sont UMP. Les opposants également. A la veille des cantonales, le projet a réussi à fracturer le parti au pouvoir en deux camps irréductibles.

Imposé par décret, le cœur du parc s’étend sur les trois communes littorales de Marseille, Cassis, La Ciotat, et deux communes de l’intérieur, Ceyreste et Roquefort-la-Bédoule. Il s’étend sur 12 000 ha, bien au-delà du site protégé des calanques classé Natura 2000 (5 000 ha). S’y ajoute une aire marine protégée (AMP) de 48 000 ha, portée à 20 kilomètres de la côte.

Toutes les activités y seront interdites, sauf autorisation du directeur du parc : régates, plongées, escalade, pêche côtière, plaisance familiale, les cabanons seront rendus inaccessibles aux personnes âgées par l’interdiction de stationner à proximité… Au point que les maires commencent à vouloir restreindre le cœur du parc aux zones inhabitées. Soulignant l’absurdité des « décisions prises à Paris », les opposants au parc évoquent le retrait, in extremis, de la rade Sud du port. Incluse dans le cœur du parc, elle aurait obligé les ferrys et porte-conteneurs à faire un immense détour, ce qui les auraient dangereusement exposés au vent lorsque souffle le Mistral. De même, l’interdiction de survoler la rade à moins de 1000 m d’altitude aurait empêché les avions d’atterrir à Marignanne.

Population flouée


Sans a priori hostile, les associations se sont d’emblée impliquées dans le groupement d’intérêt public (GIP) des calanques présidé par le député UMP Guy Teissier (Marseille). Leurs propositions n’ont pas été entendues. Elles se sont senties flouées en découvrant l’étendue de l’aire protégée, en comprenant qu’elles n’auront plus voix au chapitre dans un parc dirigé par l’État, en voyant leur territoire, entretenu jusqu’alors bénévolement, gelé par les interdictions. Des centaines d’associations se sont regroupées en trois collectifs d’opposants, avec, pour têtes de file, Béatrice de Crozet, Claude Leloustre, François Semeriva . Ensemble, les collectifs ont commencé par écouter, se renseigner, interpeller les politiques, jusqu’au président de la République dans une lettre ouverte. Le blocage persistant, ils sont passés à l’action et élargissent maintenant le combat. Le 2 février, les collectifs ont reçu le renfort de Mourad Kahoul, président du comité local des pêches et des élevages marins.

« On veut nous imposer toute une réglementation nouvelle et extrêmement restrictive afin de préserver l’environnement marin. Et dans le même temps, une agglomération d’un million d’habitants déverse ses égouts dans la calanque de Cortiou, une multinationale industrielle rejette ses boues rouges dans la fosse de Cassidaigne et dès qu’il y a un gros orage, l’Huveaune rend la baignade impropre sur les plages du Prado » s’est indigné Mourad Kahoul , appelant les plaisanciers à rejoindre les pêcheurs pour bloquer le port le 11 février, la veille de la réunion du conseil d’administration du GIP. Au même moment, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet recevait les partisans du parc. Les deux manifestations ont été un succès, les élus commencent à s’inquiéter. Rien n’est encore joué. D’ores et déjà, la bataille des opposants au parc national des calanques s’étend en France, à Fontainebleau et en Franche-Comté, où il est prévu d’instaurer de nouveaux parcs nationaux.
Dans une article publié ce matin par La Provence, nous avons enfin la confirmation que l'Etat souhaite réduire le déficit lié à la gestion de l'ONF. L'instauration d'un payage pour se balader en forêt est il un premier pas vers une privatisation ?
Publié le lundi 28 février 2011 à 07H07


Une note du Trésor pour le ministre de l'Économie préconise la privatisation de la gestion des bois publics.



"L'État nous prend pour des cons." Jean-Claude Aymard est très en colère. Le président, pour les Bouches-du-Rhône, de l'association des communes forestières, s'explique : "L'État est en train de négocier avec l'ONF (Office national des forêts) le plan quinquennal 2012-2016, dit-il, Nicolas Sarkozy a demandé un rapport au président de l'ONF, Hervé Gaymard, qui a remis cet automne un texte après avoir consulté tous les professionnels."




Oui, mais voilà : la Fédération nationale des communes forestières est entrée en possession d'un autre texte, daté du 23 décembre 2010 et émanant de la Direction générale du Trésor, intitulé "Note pour le ministre : pistes de réforme de la politique forestière française". Jean-Claude Aymard est scandalisé par la forme : "Une administration concocte un rapport dans son coin sans demander l'avis de personne alors qu'un travail de concertation a été réalisé", s'insurge-t-il. De fait, la note, établie par deux fonctionnaires, fait totalement abstraction du rapport Gaymard (qu'elle cite pour mémoire cependant).

De plus, le directeur général du Trésor, Benoît Coeuré, indique noir sur blanc, en référence aux négociations entre l'État et l'ONF : "Si le ministre en est d'accord, mes services défendront les propositions présentées." (1) Reste que ce haut fonctionnaire a le nez creux car il précise: "Il faut noter que plusieurs propositions sont sensibles politiquement puisqu'elles touchent aux revenus des communes forestières (...)". Une prophétie qui s'est révélée exacte et Jean-Claude Aymard explique son ire : "Cette note préconise le démantèlement du régime forestier des communes et le démantèlement du service public forestier, c'est-à-dire de l'ONF", s'insurge-t-il.

Le régime forestier, c'est la loi qui oblige les communes à passer par l'ONF pour gérer leurs forêts. En contrepartie, l'office garde 12% du produit de la vente de bois. Bon an mal an, cela lui rapporte 20 millions d'euros. Mais l'État doit apporter une subvention compensatoire pour équilibrer les comptes de l'Office de 145 millions d'euros. Dans cette conception traditionnelle de notre État-Nation, la collectivité paye pour maintenir les paysages, la biodiversité animale et végétale, et pour que les citoyens puissent profiter des forêts communales.

Reste que les municipalités ont d'autres charges financières, notamment en Provence : création et entretien de pistes pour les pompiers, débroussaillement, accueil du public... "Si dans l'Est de la France, certaines communes gagnent de l'argent avec la coupe de bois, chez nous, en Provence, ces bois nous coûtent plus qu'ils ne rapportent", plaide Jean-Claude Aymard. Et si la note était mise en application, la situation serait encore pire. Car pour lui, ce rapport demande "la privatisation des missions rentables de l'ONF, qui ne garderait que les missions déficitaires. À terme, c'est la mort de cet office".

La note préconise une autre conception, ultra-libérale, de l'État : "À moyen terme, il pourrait être utile d'étudier la proposition de déléguer la gestion de forêts communales sous forme de concessions à des prestataires privés. Les contrats de ces concessions pourraient inclure certains services publics", est-il écrit. On y lit aussi que "l'activité d'accueil du public pourrait être déléguée aux communes. Cette proposition équivaut à retirer cette activité du 'régime forestier'. Libre ensuite à la commune de mettre en place une source de financement (prélèvement d'une partie des redevances de pêche, de chasse...)" L'idée d'un péage pour balader en forêt n'est pas explicite, mais elle n'est pas loin.

Et dans le monde forestier, on se dit que l'État envisage sans doute aussi de privatiser la gestion de ses propres forêts, voire de se défaire de ces propriétés. Sans même parler d'un éventuel conflit d'intérêt sur lequel enquête la Cour de justice de la République : la vente par Éric Woerth, alors ministre du Budget, de 57 ha de la forêt domaniale de Compiègne, a créé un précédent.

(1) Interrogé par "La Provence", le ministère des Finances n'a pas indiqué quelle suite il compte donner à cette note.


Thierry NOIR


http://www.laprovence.com/article/region/faudra-t-il-payer-pour-se-promener-dans-nos-forets

NATURE