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12 règles de bonnes pratiques en forêt

12 règles de bonnes pratiques en forêt
Relisez la charte ONF

Parc National des Calanques, moi je suis contre

Mis en ligne par TL De Bleau on vendredi 21 octobre 2011 | 12:29:00


Bonjour,

J’ai évoqué dans ce blog à de nombreuses reprises mon aversion pour le statut de parc national version 2006. Je considère que ce formidable outil qu’est un parc national a été mis à mal par la réforme et son principe de « gouvernance ». Cet article sera très long, je m'en excuse déjà...

Le choix d’un tel statut pour protéger des zones dites « périurbaines » comme Fontainebleau ou les Calanques de Marseille est aberrant et dénature même l’image des Parcs nationaux français !

Alain Bougrain Dubourg, Journaliste - Réalisateur - Président de la LPO...est encore plus dur que moi sur ce sujet ! dans sa chronique publiée par le journal 20 minutes le 04/10/2011, il écrit :  … « À l’évidence, l’intention reste toujours d’actualité, notamment avec l’annonce de la Stratégie nationale pour la biodiversité. Mais, dans le même temps, le gouvernement, qui s’était engagé à accroître la population d’ours dans les Pyrénées, n’a pas tenu – pour l’heure – sa promesse en raison… de la sécheresse. Cela mériterait une explication convaincante! Et que dire de l’ambitieux projet d’un Parc national des Calanques, qui s’est réduit comme une peau de chagrin, au point de ressembler à une caricature de parc naturel régional? Quant à celui des zones humides, il a tout simplement disparu des priorités.
Bref, si rien n’est encore lancé pour la forêt de Fontainebleau, nos amis Calanquais qui ont bataillé depuis de longues années sur ce dossier ne peuvent plus échapper à la création du PNC.

Et pourtant, ce PNC ne semble déjà pas être en mesure de répondre à sa mission et aux enjeux de protection de la nature. Manque de moyens (et avec la crise, je suis certain que cela ne pas s'arranger !), manque de volonté (la chasse, la pollution, le tourisme...) et promesse d'un bisness jutteux pour certains sont déjà soulignés comme les faiblesses du projet au sein même des documents diffusés par le GIP (lire et télécharger plus bas). Côté sports et loisirs, là les interdits sont nombreux (même les négociations qui visaient à autoriser certains bivouacs traditionnelles semblent avoir été oubliées). Pire, certains article de la charte laissent le choix de la décision au Président du CA !


En effet, le 17 octobre, a débuté l’enquête publique sur la version 3 de la charte. Grimpeurs, randonneurs, amoureux de la nature, même si vous n’habitez pas cette belle région, il est très important de faire entendre votre voix auprès des commissaires enquêteurs.
C’est une étape déterminante dans le processus de création du Parc national après douze années de débat et d’études puisque c’est au tour de tous les citoyens de pouvoir s’exprimer, après la phase de consultation de 242 institutions et associations lancée en août 2011 par le GIP et qui s’acheva en octobre.
Pour l’enquête publique, une commission d’enquête est spécialement mise en place. Elle comprend 5 membres, et deux suppléants, nommés par le Président du Tribunal Administratif. Les observations du public sont recueillies dans des registres mis à disposition dans 10 lieux spécifiques, un par commune concernée, et quatre à Marseille.
 « L’enquête publique vient couronner des heures de débat, elle est un moment fort de démocratie pendant lequel tous les citoyens peuvent avoir accès à l’intégralité du dossier et exprimer leur vision du projet en toute connaissance de cause auprès d’une commission indépendante. » souligne Guy Teissier, Président du GIP des Calanques.


Pendant toute la durée de l’enquête, le dossier sera accessible en ligne sur le site internet de la préfecture des Bouches du Rhône à l’adresse suivante : http://bouches-du-rhone.pref.gouv.fr. Il y a des centaines de page au format pdf à télécharger (voir les liens en bas d’article) mais cela vaut vraiment le coup !
J’ai extrait quelques passages que vous retrouverez plus bas, soit qu’ils concernent la réglementation mise en place par la charte, soit qu’ils nous éclairent sur les enjeux. Certains sont très intéressants car l’on peut facilement faire le parallèle avec la situation de la forêt de fontainebleau notamment dans la maîtrise de sa fréquentation périurbaine et du manque de moyens mis en place pour la sauvegarde des sites.

Toute observation pourra être adressée au président de la commission d’enquête par voie postale au siège de l’enquête (Mairie de Marseille: Direction de l’aménagement Durable et de l’Urbanisme, 4 rue Fauchier 13002 Marseille).

Au terme de l’enquête, la Commission rendra compte de toutes les observations qui ont été formulées par le public et fournira un avis motivé permettant aux acteurs du projet de bénéficier d’un nouvel éclairage sur le dossier.


Dans sa neuvième Newsletter, l’association Des calanques et des hommes rappelle les enjeux de cette enquête et surtout souligne les nombreuses imperfections du dossier.
 « Nous aurions souhaité de ce texte qu’il garantisse la préservation du site, qu’il cadre les activités pratiquées au sein des Calanques (y compris les activités de pleine nature !) et qu’il offre des garanties pour ces pratiques. Il n’en est malheureusement rien. Cette charte est une immense déception.
Sur la sauvegarde du site : rien de concret sur le traitement des eaux usées du grand émissaire de Cortiou, rien de concret sur la prévention des risques d’incendie, rien de concret sur le mouillage en mer. Sur les pratiques ‘douces’ : l’escalade, le vélo tout-terrain, sur la circulation de nuit… De bonnes intentions, mais surtout rien de contraignant, rien qui engage quelque peu la future administration. Dans ce texte, les propositions sont toujours très ouvertes. Il est rédigé pour laisser la quasi-totalité des décisions aux mains du Directeur et d’un Conseil d’Administration de composition majoritairement administrative, contenant un grand nombre d’ayants droit et ne représentant pas un réel contrepouvoir.
Tout n’est pas noir et nous avons obtenu des résultats : la délimitation de réserves intégrales acceptables, la prise en considération de la nécessité de pouvoir circuler de nuit - une avancée en demi-teinte sans garantie réelle… Ces résultats, nous ne les avons obtenus qu’après de dures et longues négociations. Leur importance pour la pérennité de pratique des activités ‘douces’ est capitale : ils sont une réelle victoire pour notre association.
Jusqu’à présent, les défenseurs des Calanques ont dû se battre contre des aménageurs. A ce titre, le Parc était nécessaire. Qu’il soit donc ! Mais s’il est une solution partielle, ce Parc ne semble pas LA solution. Maintenant, nous risquons d’avoir à nous battre pour maintenir les activités traditionnelles contre une administration qui a largement démontré sa tendance à gérer par l’interdiction. Nous sommes aussi inquiets face à une pression économique de plus en plus forte, exercée par des acteurs locaux - privés ou/et institutionnels - qui tend à faire du Parc National un parc d’attraction rentable !


Plus que jamais, il dépend de notre responsabilité et de notre engagement que ce parc nécessaire devienne un bien, et non un mal nécessaire. Il nous faudra donc rester vigilants et actifs - même après la création du Parc National - afin de pouvoir peser pour garantir un bon équilibre entre protection de la nature et maintien des activités humaines.
A ce stade du projet, il ne s’agit plus de peser sur les orientations générales du texte, mais nous pouvons encore assoir plus solidement les résultats obtenus et surtout montrer notre – et votre – volonté de continuer à jouer un rôle déterminant dans l’avenir. C’est pourquoi l’association déposera auprès du commissaire enquêteur en charge de l’Enquête Publique copie de cette newsletter n°9 « Analyse de la version 3 de la Charte » ainsi que la liste des demandes précises listées ci-dessous.
Demandes de l’Association « Des Calanques et des Hommes » de rectifications de la Charte :
Ajout des coordonnées GPS de toutes les zones proposées en Réserves Intégrales terrestres potentielles. Adjonction en annexe des vues de face des falaises maritimes concernées (avec reprise des tracés des RI).
Concernant la proposition de réserve intégrale potentielle en piedmont de la falaise Soubeyrannes à Cassis, le maintien de l’autorisation de circulation sur le sentier de randonnée qui traverse la zone à mi-pente, acceptée par le GIP, comme en témoigne un courrier électronique de M. Jean-Marie Lafond, en date du 3 février 2010.
Aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de votre action. C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition reprenant nos demandes de modification de la Charte énoncées plus haut. Celle-ci sera déposée auprès du commissaire enquêteur avec la copie de la newsletter n°9 comme précisé dans le paragraphe précédent. Association « Des Calanques et des Hommes »
www.les-calanques.org



La réglementation en coeur, elle se trouve dans le document « # 3 - Exposé des règles de protection du coeur du Parc national des Calanques »

• 50 mesures réglementaires et 49 MARCoeurs répartis en 6 sections
> A – Protection du patrimoine
> B – Travaux
> C – Activités
> D – Activités forestières
> E – Dispositions plus favorables pour certaines catégories de personnes ou d'activités
> F – Dispositions diverses
• Et dans la Charte, de nombreuses mesures partenariales traduisant un libre engagement pour la protection des patrimoines
> 39 mesures partenariales en coeur
> 20 mesures partenariales en aire d’adhésion
> 7 mesures partenariales en aire maritime adjacente

Les activités terrestres en cœur (réglementations spéciales en complément et rappel des réglementations existantes)
Les plantations Il sera interdit de planter des espèces. Sauf les propriétaires des secteurs habités qui peuvent planter, dans leur jardin, des plantes potagères ou d’ornement, si elles ne sont pas envahissantes (ex : pas de griffes de sorcières, d’agaves, ou de figuiers de barbarie).
Les chiens Les chiens pourront se promener tenus en laisse dans des espaces naturels qui seront balisés et définis par le conseil d’administration (à priori en frange du coeur). Sauf pour les propriétaires des secteurs habités qui pourront laisser leur chien se promener librement dans les zones habitées, dans le respect des règlementations en vigueur, et à condition de ramasser leurs déjections (hors des jardins privatifs).
La cueillette La cueillette sera autorisée, dans certains lieux et pour certaines plantes médicinales, aromatiques, condimentaires, de baies, d’escargots et de champignons uniquement pour la consommation personnelle (asperge, romarin, thym, fenouil, etc.).
Le dérangement sonore Il sera interdit de déranger les animaux et de nuire à la quiétude et la tranquillité des lieux. Il est prévu q q p de réduire puis de supprimer le  dérangement sonore lié notamment à l’activité de navire de transport de passagers. Un régime d’autorisation permettra cependant la réalisation de manifestations publiques traditionnelles.
L’usage du feu L’usage du feu sera interdit (et notamment pas de cigarette) comme il l’est déjà. Sauf dans les secteurs habités pour fumer, faire un barbecue dans son jardin privé (selon certaines conditions), ou sur autorisation pour des manifestations historiques et/ou culturelles.
Les déchets et les ordures Le dépôt, l’abandon ou le jet d’ordures seront interdits
Sauf dans les secteurs habités où des containers à ordures et points d'apports volontaires pourront être autorisés
L’éclairage artificiel L’utilisation d’éclairage artificiel sera interdit. Sauf pour l’éclairage portatif individuel et celui des bâtiments à usage d’habitation, sous réserve que cet éclairage ne soit pas de nature à déranger les animaux et ne porte pas atteinte au caractère du parc national.
La chasse La chasse sera autorisée. En tant qu’activité traditionnelle, elle sera autorisée sur les territoires actuellement chassés. La gestion cynégétique visera, avec la participation des chasseurs, à assurer une chasse durable à l’échelle du territoire de projet, privilégiant les lâchers de repeuplement aux lâchers de tir qui seront interdits au bout de 3 ou 6 ans suivant la création du parc national.


Les activités terrestres en cœur (réglementations spéciales en complément et rappel des réglementations existantes)
La randonnée La randonnée sera bien entendu autorisée. Sur certains sites, la trop forte fréquentation entraîne une dégradation du patrimoine naturel (érosion, piétinement, dérangement et pollutions). La gestion de ces sites passera par de la restauration, de la mise en défens temporaire, et de la sensibilisation du public pour découvrir les territoires et en connaître les enjeux.
Le campement, le bivouac Le bivouac et le campement seront interdits.
L’aurore, la nuit et le crépuscule sont des périodes importantes dans le cycle de vie  quotidien de nombreuses espèces animales (notamment les oiseaux).
Certaines espèces se reposent alors que d’autres commencent leurs activités.
Le survol motorisé Le survol du coeur de Parc à une hauteur inférieure à 1000 mètres sera interdit
Sauf pour les avions de l’aéroport de Marignane et les militaires.
Sauf pour le vol a vue sur un couloir La Ciotat – Cap Croisette – Carry‐le‐Rouet à une hauteur supérieure à 450 m pour ne pas interférer dans la zone d’accès à l’aéroport de Marignane
Le survol nonmotorisé Le décollage, atterrissage et survol du coeur à une hauteur inférieure à 1000 mètres seront autorisés pour les parapentistes sur certains sites.
Le vélocyclisme En tant que pratique douce, il sera autorisé, contrairement à la pratique sportive extrême (Free‐ride, Free‐style). Il pourra se pratiquer sur certains secteurs qui seront définis par le Conseil d’administration en concertation avec les propriétaires publics, habitants et usagers. La traversée des calanques de Marseille à Cassis sera possible.
Les activités de falaises : randonnéeescalade, escalade, spéléologie, canyoning sec Les activités de falaises seront autorisées.
Sur certains sites et pour certaines périodes sensibles, ces activités de falaises seront règlementées.
Pour l’escalade, les accès aux falaises seront aménagés par un balisage adapté et l’ouverture de nouvelles voies sur le site sera soumise à autorisation.
Les secteurs actuellement interdits pour des raisons de protection de la nature ou des raisons de sécurité le resteront : le secteur de Vaufrèges, l’archipel de Riou, la zone d’éboulement des Crêtes de Sormiou, la zone d’éboulement de la calanque des Pierres tombées.


Quelques éléments pour comprendre les enjeux et interrogations

Les éléments ci après sont tous des extraits des documents lié à l’enquête et disponible en téléchargement par les liens du bas de page.

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La richesse des Calanques
Le trait de côte correspondant à l’interface terre-mer du coeur, s’étend du Mont-Rose à Marseille jusqu’à la calanque du Grand Mugel à La Ciotat avec une interruption sur les espaces habités de Cassis.
Cette côte d’environ 85 km de long, périmètre des îles inclus, est entaillée de multiples échancrures, formations géologiques particulières se présentant sous forme d'un vallon étroit et profond à bords escarpés, en partie submergé par la mer : ce sont les calanques, dont l’origine étymologique viendrait de l’occitan “calanco” : “escarpé, étroit “. Cette appellation de Calanque est utilisée de la Côte Bleue (massif de la Nerthe) à Saint-Cyr-sur-mer. Mais c’est sans doute entre Marseille et Cassis qu’elles ont atteint la plus forte charge symbolique.
Ce sont des objets géographiques porteurs d’une mythologie séculaire, et même les plus petites en taille portent un nom. Les plus emblématiques du coeur de parc national sont Sormiou, Morgiou, Sugiton, En-vau, Port-Pin et Figuerolles.
La plupart est restée vierge de toute habitation ; dans certaines, de petits ports ont été aménagés avec un habitat traditionnel de type “cabanons” (Morgiou, Sormiou) ; d’autres, plus accessibles, ont évolué vers une urbanisation de type “noyau villageois” (Samena, les Goudes).


Les plantes du littoral et des îles : un cortège d’espèces protégées
Le littoral des Calanques est particulièrement remarquable pour son importante richesse floristique, soumise à une combinaison de très fortes contraintes structurées le long d’un gradient de salinité, lui-même lié aux embruns. L’étroite bande littorale abrite un cortège d’espèces spécialisées et adaptées à ces contraintes : parmi elles, 22 espèces végétales protégées aux niveaux régional et national, dont 19 sont très rares.
Ainsi, depuis le bord de mer, on va trouver les rochers exposés à une forte salinité où 6 espèces protégées se développent dans les anfractuosités. Parmi ces espèces, trois sont très rares au niveau national et sont présentes dans les Calanques et les archipels marseillais : Sedum litoreum n’existe en France que sur ce secteur, dont une des deux stations connues a été récemment détruite suite à un élargissement de chemin de randonnée (secteur Mounine).
Senecio Leucanthemifolius crassifolius et Silene sedoides que l’on retrouve aussi sur le littoral varois. Stachys brachyclada est non seulement très rare en France, mais présente dans les Bouches-du- Rhône uniquement sur Riou en quelques belles stations. Parmi les autres espèces, Limonium pseudominutum, endémique de Provence et caractéristique de l’habitat, n’est présente que sur la frange littorale des Bouches-du-Rhône et du Var où de belles populations s’y développent.
Les falaises littorales sont les lieux d’installation de trois espèces protégées très rares au niveau national : Limonium cuspidatum et Coronilla valentina valentina, dont les seules stations des Bouches-du-Rhône sont respectivement dans les Calanques et à Riou ;
Limoniumcordatum, endémique liguro-provençale, très rare dans les Bouches-du-Rhône où elle est présente au Cap Canaille, outre l’étang de Berre et à Saint-Cyr-sur-Mer. Une autre espèce apparaît très intéressante : Anthyllis cytisoides, car elle n’est présente que dans les falaises de La Ciotat, cette localité marquant la limite
orientale de son aire de répartition, plus largement répandue dans les Pyrénées orientales, l’Espagne et l’Algérie.
Viennent ensuite les phryganes et garrigues littorales, toujours exposées aux embruns, mais avec un peu plus de sol et à teneur en sable variable. Ces formations sont structurées par quatre espèces
protégées rares à très rares en France et localisées dans les départements
des Bouches-du-Rhône et du Var : Astragalus tragacantha, Thymelaea tartonraira, Plantago subulata, elianthemum syriacum.


 

5.2.1 Maîtriser les conséquences de l’attractivité
L’Etablissement aura avant tout une vocation fondamentale de conservation des écosystèmes terrestres et marins en lien avec les partenaires institutionnels et avec pour corollaire un développement durable des activités et de l’économie dans le cadre des politiques portées par l’Etat et les collectivités. Cette préservation ne peut qu’accroître l’attractivité du territoire : l’objectif n’est pas de générer un afflux touristique supplémentaire. Le Parc national devra mettre en oeuvre, en partenariat avec les acteurs concernés, les mesures nécessaires pour mieux réguler les flux, notamment dès l’extérieur du coeur, en ce qui concerne la circulation et les accès. L’information des
visiteurs et la gestion des accès seront des composantes fortes de sa politique de maîtrise de la fréquentation, dont une grande partie sera mise en oeuvre dans l’aire d’adhésion.
Rapport de présentation p36



4.2 / UN TOURISME EN PLEINE CROISSANCE
La Région PACA est la première région d’accueil des touristes français et la deuxième pour les touristes étrangers26, avec 34 millions de visiteurs en 2010 (dont 9,9 millions dans le seul département des Bouches-du-Rhône27 et 3,5millions pour la ville de Marseille), pour un total de 218millions de nuitées (42,3 et 13,4millions de nuitées dans les Bouches-du-Rhône et à Marseille, respectivement).
L’importante fréquentation touristique de Marseille, dont la notoriété nationale et internationale est en constante augmentation, s’explique par le confortement de l’image positive de la ville et par l’amélioration de son accessibilité (Paris-Marseille en 3h par TGV ; 7,5 millions de passagers accueillis par l’aéroport en 2010.)
Dans un futur proche, plusieurs événements de grande envergure
auront lieu :
• 2012 : le Forum Mondial de l’Eau
• 2013 : “Marseille Capitale Européenne de la Culture” et également le 3e Congrès Mondial des Aires Marines Protégées (IMPAC3, quatre ans après IMPAC2 àWashington)
• 2016 : Candidature de la ville pour accueillir le championnat d’Europe de football (Euro 2016).
Enfin, le tourisme de croisière28 suit également une courbe ascendante : on dénombrait 361 00 passagers en 2005, 430 000 en 2007, 632 000 en 2009 et plus de 700 000 passagers pour 2010.
En 2010, l’Office de Tourisme et des congrès de Marseille estime à plus de 400 000 les personnes renseignées par leur intermédiaire sur les Calanques (accueil physique au bureau, accueil téléphonique et consultations des pages du site internet).
p.69 composante partie 4

Photo GIP

5.2 / DES ACTIVITÉS DE LOISIRS ANCRÉES DANS LA TRADITION
Sur les espaces naturels terrestres du territoire, de nombreux usages non récréatifs peuvent être qualifiés d’historiques au sens où l’homme a exploité de tout temps les ressources des massifs (bois, pastoralisme, agriculture, apiculture, cueillette, chasse, etc.). Bien que toujours très présentes dans les esprits, ces activités, telles la cueillette à usage familial (plantes aromatiques, asperges, escargots, champignons, etc.) et dans une certaine mesure l’agriculture sont actuellement anecdotiques.
Les usages de loisirs traditionnels sont depuis longtemps pratiqués dans le cadre de grandes associations locales ou régionales, dont certaines existent depuis le XIXe siècle.
Le concept “d’esprit des lieux”, traditionnellement prôné par ces associations, conduit les usagers à mieux connaître la nature et à adopter de bons comportements qui se réfèrent à une éthique collective respectueuse des paysages, des milieux naturels et de la culture.
Cette éthique culturelle est un atout alors que les espaces naturels sont de plus en plus investis par une  population urbaine non éduquée et soumis à la pression de sports mécaniques à impacts forts.

La randonnée, l’escalade et la spéléologie
On considère généralement l’ascension de la Grande Candelle en 1879, par le vice-consul d’Angleterre, Francis W. Mark, comme la première ascension des Calanques à but purement sportif.
Cet évènement est contemporain de la création des associations sportives locales ayant pour activités principales la randonnée et l’escalade :
• le Club Alpin Français Marseille-Provence, créé en 1875, comporte aujourd’hui plus de 2 000 adhérents ;
• l’association les Excursionnistes Marseillais, fondée en 1897 comporte environ 150 animateurs bénévoles et près de 2 000 adhérents.
Les membres de ces associations sont pour la plupart d’ardents défenseurs de tout ce qui touche les massifs et sont intimement concernés par les réseaux de sentiers balisés et de voies d’escalade dont de nombreux, qualifiés d’historiques, sont l’oeuvre de leurs membres fondateurs et portent leurs  noms. Les membres de ces deux associations réalisent encore une part importante du balisage, de la remise en état de sentiers et de voies.
De nos jours, la randonnée est la pratique majoritaire : le réseau d’itinéraires balisés est relativement important sur la zone (GR et PR, inscrits pour certains au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée (PDIPR)), et de nombreux sentiers longent le littoral dont des sentiers en corniche de falaises (randonnée de vertige).
Le territoire abrite aujourd’hui des sites de renommée internationale pour la pratique de la spéléologie ou de l’escalade. 3 500 voies d’escalades sont dénombrées rien que sur le massif des Calanques (2 500 voies sportives et 1 000 en terrain d’aventure) soit la moitié des voies du département (voir carte “Sports nature” page 146).

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5.6 / UN “BESOIN DE NATURE” EN FORTE EXPANSION
Un fort engouement pour un espace limité
Le constat d’une fréquentation pouvant déboucher sur une saturation de la capacité d’accueil de certains sites, très vite qualifiée de “surfréquentation”, s’est faite au tournant des années 1980, époque d’un réel “décrochage”, avec le développement des loisirs, l’augmentation du niveau de vie, et le développement des infrastructures touristiques, de transport et de communication.
C’est souvent dès les parkings et réseaux routiers conduisant aux espaces naturels périodiquement sous dimensionnés que le constat de cet engouement peut être fait.
Le massif des Calanques, et dans une moindre mesure le Cap Canaille, sont les sites les plus exposés à cette tendance du fait de leur péri-urbanité, d’une grande facilité d’accès apparente et de l’absence d’un dispositif efficace de répartition équilibrée de la fréquentation, à une échelle cohérente.
Le développement plus récent de pratiques commerciales, à partir d’activités touristiques menées par des tour-opérateurs (qualifiées de “marchandisation des sites” lorsqu’elles ne sont pas suffisamment maîtrisées) est également à prendre en compte.
L’annonce du projet de parc national a également été utilisée en termes d’image par plusieurs acteurs (clubs sportifs, promoteurs, etc.) ainsi qu’une multitude de guides édités sans contrôle et de dizaines de sites internet et “blogs” relayant ainsi l’attractivité des sites.
Depuis le début des années 1990, une quarantaine d’études de fréquentation et de suivis des usages ont été réalisés par les différents gestionnaires, afin de mieux chiffrer et qualifier la fréquentation de certains sites (éco-compteurs, études).Toutefois, ils ne portent pas sur les mêmes périodes de l’année et s’appuient sur des protocoles d’études différents, ce qui rend leur compilation impossible. De plus, sur la majorité des sites, la pluralité des portes d’entrée complique l’évaluation de la fréquentation. Il faut également garder à l’esprit que selon les années, les conditions climatiques conditionnent beaucoup la fréquentation.
On peut estimer la fréquentation des coeurs terrestres et marins à près de 1,5 millions de visiteurs par an en 2010, en prenant en compte :
• les passagers des navettes de transports et de promenade et les plaisanciers (archipel de Riou, La Ciotat et les Calanques) au départ de Marseille, Cassis, La Ciotat, Bandol, Martigues, etc.
• les usagers qui pratiquent le kayak, la plongée, le jet-ski, la randonnée, l’escalade, la spéléologie… qui vont à la plage ou simplement se promènent.
Toutefois, une étude globale est nécessaire pour affiner et confirmer les chiffres de fréquentation à l’échelle du coeur de Parc.
La démarche coordonnée par PNF pour estimer la fréquentation dans les parcs nationaux tous les 5 ans selon une méthodologie commune permettra de mieux évaluer la fréquentation du territoire dès sa création.
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8.1 / ACTIVITÉS TERRESTRES ET IMPACTS SUR LES HABITATS NATURELS ET LES ESPÈCES
La fréquentation
Les études disponibles sur l’état de la majorité des espaces naturels du territoire ont été synthétisées ou complétées dans le cadre de la démarche Natura 2000. Elles montrent une dégradation de l’état de conservation des milieux avec de forts impacts, notamment, sur les espaces côtiers, les falaises et les éboulis.
Ce processus est particulièrement avéré sur la frange littorale, la plus riche et la plus fréquentée.
La fréquentation, en tant que menace pour les milieux naturels, peut être définie par le cumul d’impacts individuels (divagation, piétinement, cueillette, bruit, etc.), même minimes ; elle est à l’origine de plusieurs types de dégradations :
fragmentation du milieu (phryganes et garrigues littorales morcelées, etc.) créant ainsi des contraintes pour le maintien ou l'installation des espèces ;
piétinement des espèces animales (pontes et larves d’insectes, faune terricole, etc.) et végétales (Astragale de Marseille, Genet de Lobel, etc.),
écrasement des espèces par les véhicules garés de manière anarchique. En milieu méditerranéen, le  piétinement, même réduit, laisse des traces qu’une végétation rase et à faible potentiel de croissance a des difficultés à effacer.
érosion du sol suite au piétinement, au passage de VTT et aux débarquements sur les massifs littoraux55 ; dégradation des trottoirs à Lithophyllum. Elle entraîne deux conséquences : (i) la fragilisation des espèces comme les pinèdes littorales en fond de Calanques qui ont les racines déchaussées, et (ii) la perte de sol quasi-irrémédiable.
Plus ponctuels, citons également les dérangements de la faune rupestre, cavernicole ou insulaire : oiseaux nicheurs (Martinet à ventre blanc, Monticole bleu, etc.), rapaces (Faucon pèlerin, Grand duc, Aigle de Bonelli), chiroptères, colonies d’oiseaux marins.
Ces dérangements peuvent être liés au survol motorisé ou non, et particulièrement à la fréquentation par les grimpeurs qui perturbent l’installation des rapaces nicheurs, en sous-effectifs par rapport au potentiel d’accueil des falaises.
Les embarcations motorisées (telles que le transport de passagers) ont par ailleurs un impact important en matière de bruit (moteurs, haut-parleurs), notamment en fond de Calanques, du fait de la topographie particulière des sites (phénomène d’amplification par effet “caisse de résonance”), ce qui peut déranger la faune en général.
À noter également la problématique des détritus, à l’origine de pollution chimique, de piégeage et d'intoxication accidentels des animaux et échouage de macro déchets venus par la mer et poussés par les vents. Citons enfin certains phénomènes de dégradations générales liées à différents types de squats qui génèrent aussi un risque d'incendie.

La chasse
La présence des chasseurs sur le terrain en font des intermédiaires privilégiés pour la surveillance des milieux naturels (risque incendie notamment). Néanmoins, l’activité se distingue des autres usages par son action de prélèvement d’espèces sédentaires (pour la plupart issu de gibier introduit) et migratrices.
Pour les espèces sédentaires, l’enjeu est de pouvoir aboutir à une pratique de chasse durable et raisonnée pour laquelle les prélèvements et la gestion cynégétique ne doivent pas enrayer la dynamique naturelle des espèces concernées. Ainsi, les lâchers de tirs pendant la saison de chasse, ne justifiant pas d’une pratique traditionnelle, responsables d’une trop forte pression de chasse sur les populations sauvages aux premiers jours de l’ouverture et de croisement avec les populations sauvages, devront être arrêtés au cours de la période de la charte.
Les sociétés de chasse affichent une réelle volonté de maintenir des populations sauvages (fermeture anticipée de la chasse pour certaines espèces, mise en place de quotas de prélèvement…).
Le baguage systématique des individus introduits dans le cadre de repeuplement, les comptages et les données issues des carnets de prélèvements seront des outils de gestion permettant de réaliser des études fines sur les espèces, à l’échelle de leur espace vital pour la plupart.
Pour les espèces migratrices, il s’agira de définir si besoin des plages horaires adaptées, des  prélèvements Maximum Autorisés.
L’enjeu de la pratique traditionnelle de la capture à la glue est d’assurer sa transparence et son encadrement et, au terme des autorisations individuelles, d’être en harmonie avec le droit international vis-à-vis des oiseaux.
La chasse aux sédentaires introduits (perdrix) génère en outre une pollution génétique de populations autochtones, même si la plupart est issue de fournisseurs garantissant des souches pures.
Le parc national devra également prendre en compte la destruction d’animaux classés comme nuisibles (renard, fouine, belette, etc.) qui entre en concurrence avec les actions de relâcher de gibier et dont les dynamiques de populations sont méconnues. Les carnets de piégeages obligatoires peuvent servir de base pour des études futures. Le cadre réglementaire du piégeage en coeur devra conduire à minimiser les prélèvements de cette petite faune, tout en assurant l’efficacité des relâchers. En outre, certains aménagements cynégétiques dispersés sur le territoire peuvent dévaloriser ponctuellement le paysage et doivent être mieux intégrés.
Enfin, la régulation du sanglier, notamment en zone périurbaine, s’avère régulièrement nécessaire compte tenu des dégâts occasionnés et des risques pour les populations.
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L’analyse prospective appliquée au rejet de Cortiou
IFREMER a engagé en 2008 une analyse prospective quant au devenir du site de rejet résultant en quatre scenarios, non exclusifs, afin d’alimenter la réflexion sur cette question :
1- Scénario tendanciel : évolution “normale” du système, pas d’aménagement particulier -> amélioration du milieu naturel mais impact résiduel important ;
2- Scénario sur l’aménagement de l’Huveaune : traitement des berges, renforcement des contrôles sur les rejets industriels -> disparition des conséquences sur le milieu naturel pour ce qui concerne cet émissaire ;
3- Scénario de restauration des fonds marins : récifs artificiels ? Stabilisation des fonds ?
4- Scénario sur la mise en place d’un émissaire: lieu de rejet ? Direction ? Diamètre ? Profondeur ? -> ne résout pas la question du flux rejeté dans le milieu.
Ceci ne constitue qu’une ébauche d’approche quant au devenir des rejets de l’agglomération marseillaise, qu’elles soient eaux usées traitées, pluviales ou issues de l’Huveaune. Le coût socio-environnemental des rejets actuels au sein d’un site de valeur exceptionnelle, doit être comparé non seulement à celui d’un éventuel émissaire - dont la faisabilité reste à démontrer compte tenu des difficultés techniques de prise en compte de
la totalité des rejets potentiels et de l’impact sur les milieux profonds, mais également à celui d’une évolution  radicale de l’ensemble du système dont certains éléments pourraient être repensés (réutilisation des eaux  traitées, restauration générale du bassin de l’Huveaune, etc.).
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Amélioration des rejets de Cortiou
Premier émissaire “eaux usées et pluviales” : les importants travaux de modernisation de la STEP de Marseille réalisés ces dernières années, dont la mise en place d’un traitement biologique (Géolide) en 2008, sont une avancée majeure mais ne résolvent pas totalement la question des éléments plus ou moins toxiques rejetés chaque jour par l’agglomération. En outre, la question des rejets de temps de pluie pouvant impacter le milieu récepteur reste posée, problématique d’autant plus complexe qu’elle concerne tout le bassin versant et dépasse la compétence de MPM.
Second émissaire “Huveaune “ : la question concerne tout le bassin versant avec l’objectif ambitieux que la qualité de ce fleuve urbain puisse atteindre des niveaux de type “eau de baignade”, pour que le rejet puisse se faire de nouveau au droit des plages de la ville.
MPM a lancé fin 2007 une étude de faisabilité d’éloignement en mer des rejets de Cortiou par un émissaire, telle que prévue dans l’arrêté préfectoral d’autorisation de rejet. Cette réflexion encourageante d’une volonté de récupération de la qualité du site pourrait également être entreprise pour les autres rejets côtiers (voir carte “Hydrographie” page 150).
D’une manière générale, l’enjeu de la reconquête du milieu naturel est également très lié à l’amélioration à la source de la qualité des deux rejetsmajeurs dans le cadre éventuel d’un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE).

8.3 / LA POLLUTION DES EAUX MARINES
Les sources de pollution de l’eau et des milieux aquatiques
La pollution peut avoir un impact sur l’ensemble des composantes biologiques des écosystèmes, en termes de fonctionnement, de résilience, de diversité, de biomasse, etc. Les substances polluantes sont également transportées par le vent (aérosols) et ont un impact négatif sur la végétation littorale.
Dans la partie marine du parc national, il s’agit avant tout d’une problématique d’eaux usées urbaines rejetées – en grande majorité après traitement – à même la côte :
• agglomération marseillaise, r ejet dans la calanque de Cortiou de 280 000 m3/jour, 1,8 millions d’équivalent-habitants, villes de Cassis (3 500 m3/jour) et de La Ciotat (8 600 m3/jour).
S’ajoutent à cela les sources de pollution suivantes :
• Les rejets d’eaux pluviales (cas de MPM notamment avec un rejet de pointe en temps de pluie proche de 30 m3/s également à Cortiou : débit maximal dévié de l'Huveaune avant abaissement de la vanne barrage de la Pugette) ;
• Les rejets issus de dispositifs d’assainissement autonome d’environ 300 cabanons (risque avéré de pollution des “fonds de calanques”, milieux particulièrement confinés), lorsque les cuves de rétention ou fosses toutes eaux ne sont pas étanches ou mal gérées.
• Les rejets des eaux noires (installations sanitaires), eaux grises (eaux ménagères de vaisselle ou de lavage) et d’hydrocarbures par les activités maritimes (plaisanciers, bateliers, navires de commerces et de passagers). À noter que les navires de transport de passagers interdisent généralement l’usage des toilettes près de côtes.
• Les apports des bassins versants, tel que celui de l’Huveaune qui recouvre de nombreuses zones industrielles sur les 25 communes concernées par ce bassin. Son embouchure naturelle se situe au niveau des plages du Prado à Marseille mais son débit de temps sec (< 12 m3/s) est dévié depuis 1981, après dégrillage et dessablage, vers un second émissaire à Cortiou.
• Le ruissellement des eaux de pluie en général et particulièrement celui provenant des scories toxiques sur le littoral ouest des Calanques (arsenic, plomb, etc.).
• Le rejet, depuis 1966, de “boues rouges” (résidus de traitement de la bauxite par l’usine de Gardanne) par une canalisation qui débouche à 3,5 milles de la côte (environ 7 km), en bordure de la fosse de Cassidaigne, par 320 mètres de profondeur. En 1986, environ 12 millions de tonnes ont été rejetées en mer, 200 000 tonnes en 2010 mais ces rejets doivent être totalement arrêtés fin 2015. Toutefois l’eau industrielle continuera à être rejetée,
soit 200 m3/h.
• Les nombreux macro-déchets, immergés, échoués ou flottants ; le nombre de déchets présents sur les fonds marins du Bassin nord-ouest de la Méditerranée est évalué par l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), depuis 1992, à 175 millions, dont 77 % en plastique.
L’enjeu pour le parc national est de favoriser les conditions de diminution progressive ou de suppression de  toutes ces pollutions, la plupart du temps en partenariat avec les acteurs directement concernés et selon un calendrier ambitieux. Ceux-ci devront s’engager à mettre en place des actions concourant à cet objectif fondamental pour la réussite et la crédibilité du parc national.

8.5 / DES INTERFACES VILLE-NATURE PEU LISIBLES, DES MILIEUX DÉGRADÉS AUX FRANGES URBAINES

La complexité de l’occupation des sols autour des villes génère de nombreuses zones de contacts entre les milieux urbains, naturels, et dans une moindre mesure semi-naturels comme les milieux agricoles.
De multiples pressions anthropiques et le développement d’une artificialisation insidieuse au niveau des limites des sites naturels, même “classés” (espaces “délaissés”, squats, friches, vandalisme, feux, constructions, clôtures, gravats, terrassements, déboisements, etc.), en contact avec l’espace urbain, constituent d’importants facteurs de dégradation des milieux et des paysages et de risque d’incendies.
Cette situation de forte pression au niveau des interfaces, pose inévitablement le problème de la validité des limites géographiques et d’une solidarité non seulement écologique mais également sociale à mettre en place entre des espaces de grande valeur, nécessitant d’être protégés, et des zones urbanisées se trouvant dans leur continuité.
De même, se fait jour la nécessité d’une meilleure préservation ou valorisation d’espaces agricoles en diminution importante, menacés par l’urbanisation ou victimes de déprise, ce qui se traduit souvent par une perte de patrimoine et la disparition d’espaces considérés comme stratégiques (pour des raisons économiques, de  prévention contre l’incendie mais également de cadre de vie). Certaines productions – viticoles notamment, avec classement en AOC – sont néanmoins florissantes (Cassis, Bandol, etc.).

9.1 / PRÉSERVER LES ATOUTS DU TERRITOIRE
Une forte fréquentation
Comme l’illustre le diagnostic, tous les indicateurs - démographie, tourisme, capacité d’accueil portuaire - sont actuellement à la hausse, avec des taux de croissance importants.
Les sites terrestres les plus fréquentés le sont toute l’année avec un pic d’affluence au printemps et en été, et plus particulièrement sur certains espaces emblématiques.
Une étude menée par le GIP67 sur le site classé du massif des Calanques en 2009 permet de fournir des éléments plus récents, sur la période mai-septembre : environ 370 000 visiteurs aux “portes” de Callelongue, Morgiou, Sormiou, Sugiton, Gardiole et Port Miou, et 15 000 bateaux aumouillage sur le littoral des Calanques
et de l’Archipel de Riou en juillet et août.
À terre, la fréquentation quotidienne moyenne est de 2 500 personnes (plus 4 000 personnes les week-ends de mai et d’août).
La fréquentation chute de près de la moitié les jours de semaine et quand le risque d’incendie passe de orange (massif ouvert toute la journée) à rouge (massif ouvert de 6h à 11h). En mer, pour les secteurs des Calanques et l’Archipel de Riou, le pic de fréquentation s’observe le week-end du 15 août avec 384 bateaux, la fréquentation moyenne en semaine étant de 200 bateaux et les week-ends de 258 bateaux.
Les patrouilles bleues de la ville de Marseille effectuent chaque année des comptages ponctuels des bateaux au mouillage sur le littoral marseillais (comptages simultanés autour de l’Archipel du Frioul, l’Archipel de Riou, Planier, et le littoral des Calanques).
Ainsi, ils ont observé certains dimanches du mois d’août en 2010 jusqu’à 600 bateaux au mouillage pour les secteurs Riou, Planier et Calanques et plus de 3000 personnes présentes sur le liséré côtier correspondant (autour du Frioul, hors coeur, près de 700 bateaux sont comptabilisés pendant ce même comptage).
Ces chiffres restent cependant à compléter et à affiner pour les différents usages (baignade, kayak, jet ski, plaisance, plongée sous marine, pêche de loisir, pêche sous-marine, promenades en mer “batellerie”, promenade à pied, randonnée, course à pied, escalade, spéléologie, chasse, vélocyclisme, baignade) sur toute l’année et à l’échelle du périmètre de coeur terrestre et marin.
Le futur établissement public pourra s’appuyer sur une méthodologie d’étude commune à tous les parcs nationaux français, élaborée par Parcs Nationaux de France (PNF).
Ce protocole commun prévoit une étude de fréquentation synchronisée tous les 5 ans du 15 juin au 15 septembre dans les espaces “coeurs de parc” à partir d’un volet quantitatif qui permet d’estimer la fréquentation sur les principaux sites touristiques des coeurs terrestres et marins et un volet qualitatif qui repose sur un questionnaire commun administré aux visiteurs.
Remarque : en mer, les données quantitatives de l’Observatoire MEDOBS (suivi aérien des usages maritimes sur le littoral français de la Méditerranée), mis en place par l’Agence de l’eau RMC, pourront alimenter la base de données pour les études de fréquentation.

Préserver l’attractivité
Depuis le renforcement de la protection juridique de certains sites terrestres dans les années 1970 et 1980, les menaces ont changé de  nature : les impacts de la fréquentation ont pris le pas sur le risque de constructions illégales, même s’il est encore présent en limite des zones urbaines, du fait d’un manque de moyens de contrôle.
En mer, la volonté générale de développer les activités liées à ce milieu, dans un esprit de liberté retrouvée et sans contrainte – par contraste avec des espaces terrestres de plus en plus restreints et finalement plus facilement gérables – trouve ses limites, d’une part, dans un certain nombre de dégradations avérées pouvant remettre en question l’intégrité même de ces espaces, et d’autre part dans de nombreux conflits d’usages.

C’est un indéniable atout en termes d’économie et d’image pour le territoire. Cependant, au regard des tendances de fond développées plus haut, c’est cette attractivité même qui fait la qualité intrinsèque des sites, qui est en jeu ici.
La qualité paysagère exceptionnelle des collines, du littoral et des zones côtières, a entraîné, dans un premier temps, une importante fréquentation locale, car le citadin dispose de la proximité d’“espaces de respiration” exceptionnels. Les usages qui s’y sont développés relèvent d’une véritable tradition culturelle.
Depuis une trentaine d’années, s’ajoute à cette fréquentation de proximité une “clientèle touristique” venue des autres régions françaises et des pays étrangers. Ainsi, l’ouverture au public de ces espaces terrestres et maritimes correspond depuis toujours à une forte demande sociale qui ne fera que se renforcer.
Les gestionnaires d’espaces naturels doivent adapter les réponses à cette typologie. Autrement dit, la question des conséquences des pressions actuelles sur les milieux naturels périurbains terrestres ou marins doit être posée le plus en amont possible et à une large échelle, afin que ces réels atouts environnementaux ne soient pas remis en question.
Le statu quo en matière de politique de gestion serait sans doute préjudiciable à la fois aux milieux eux-mêmes, et parfois de manière irréversible, et au développement économique induit (l’image de la “poule aux oeufs d’or” résume bien ce défi).
L’établissement public du parc national est un acteur clé de cette démarche, mais devra bénéficier de l’engagement de nombreux partenaires au sein de la “sphère d’influence” du parc.





9.2 / VERS UN DÉVELOPPEMENT LOCAL COMPATIBLE AVEC LA CAPACITÉ D’ACCUEIL DU TERRITOIRE
En l’absence d’une définition partagée de la notion de “capacité d’accueil” ou “de charge” et méthodologie approuvée pour les estimer, il peut être pertinent de centrer l’approche sur le “capital” du territoire en termes de ressources, d’appropriation d’un patrimoine à gérer en tant que “bien commun”. Globalement, on constate l’adoption d’approches sectorielles, portant soit sur la capacité d’hébergement, soit sur la capacité d’acceptabilité - complexe à quantifier - écologique des sites (on parle parfois d’indice de sensibilité environnementale), soit sur la capacité financière, etc.
Ces sujets relèvent encore souvent du domaine de la recherche68, et doivent être considérés à une échelle globale suffisante et à un niveau institutionnel suffisamment intégrateur69, surtout dans l’hypothèse d’évolution du climat et de l’augmentation du coût de l’énergie.
À titre d’exemple, le programme de recherche appliquée Lite au FHUVEL (Fréquentation humaine et vulnérabilité écologique du littoral), en 2010-2013, rassemble plusieurs laboratoires de recherche en écologie, sociologie et économie avec les gestionnaires (GIP des Calanques, ONF, CEEP, Ville de Marseille, Conservatoire du littoral, Département des Bouches-du-Rhône, Région PACA).
Il a pour objectif d’apporter des éléments de réponses aux questionnements scientifiques suivants :
“Comment concilier préservation de la nature et accueil du public ?
Comment définir un seuil de tolérance de fréquentation pour le bien être des personnes et le bon état écologique des milieux naturels ?”.
Il s’appuie pour cela sur trois modèles écologiques : les phryganes (formations végétales littorales), les herbiers de Posidonie et coralligène de paroi (peuplements d’algues calcaires) sur plusieurs sites expérimentaux sur le littoral des Calanques (dont Callelongue, Cap Croisette, Sormiou…).
Les méthodes d’études en sociologie et économie reposent sur des enquêtes et des entretiens auprès des  usagers du site, notamment les plongeurs, plaisanciers et promeneurs. Un enjeu central sur le littoral est ainsi de mettre en regard les capacités du milieu à supporter la fréquentation et celle-ci.
Il s’agit notamment d’accepter l’idée de contingenter l’accès, voire de l’interdire à plus ou moins long terme dans les secteurs les plus fragiles. En lien avec cette notion de capacité d’accueil, la réduction des conflits d’usage est également un enjeu crucial.

9.3 / AU-DELÀ D’UN “TOURISME DURABLE” ? Espaces naturels ou terrains de sport ?
Depuis quelques années, le rapport des individus à la nature évolue avec l’affirmation d’un besoin de liberté et une recherche de sensations fortes. Mais la prise de conscience de la fragilité des sites ne se fait pas toujours, bien que les impacts générés ne soient pas intentionnels et traduisent souvent une méconnaissance des enjeux, dans une logique de consommation souvent rapide de ces espaces70.
En outre, l’usage des espaces naturels concernés ici n’est pas uniforme : certains peuvent être considérés comme plus écocompatibles que d’autres. De même, chaque forme de tourisme (individuel, en groupe, organisé ou pas) aura des niveaux d’impact distincts. Les réponses apportées par le gestionnaire doivent s’adapter à cette diversité.
Quoi qu’il en soit, avec l’augmentation du nombre de pratiquants dans chaque catégorie d’activité et l’apparition de nouvelles activités chaque année, la régulation de la fréquentation, ou tout du moins sa maîtrise, apparaît donc souhaitable si l’on veut conserver l’exceptionnelle qualité des sites et la quiétude caractéristique de lieux de contemplation. Les dégradations déjà constatées sur le milieu naturel risquent de s’accentuer en dépit d’une prise de conscience et d’une dynamique locale pour gérer ces problématiques.
L’ensemble des acteurs du territoire concernés a aujourd’hui compris la nécessité de préserver l’atout que  représentent les milieux naturels et d’aller vers un “tourisme durable”.
Pour les espaces naturels du Parc national des Calanques, l’enjeu est d’aller au-delà, par la mise en place d’une protection et d’une gestion exemplaire, et de faire de ces sites une référence environnementale aux yeux de tous.
La pratique des activités sportives “douces” devra s’adapter à ces contraintes.
Le développement économique, notamment en périphérie des sites et respectant les caractéristiques des zones protégées, est également en jeu.
Soulignons ici les créations récentes ou projets de création de la Commission Départementale des Espaces Sites et Itinéraires relatives aux sports nature (CDESI) par les Départements qui devraient, selon toute logique, permettre de mieux globaliser les approches dans un cadre concerté.

À noter, en 2010, un partenariat entre le GIP et la DRJSCS (Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale) a été initié, pour établir un état des lieux sur les sports de nature dans le périmètre du coeur de parc national. L’étude porte sur quatre disciplines terrestres et marines : l’escalade, la randonnée pédestre, la plongée sous-marine et le kayak de mer.

Réconcilier les gestionnaires de l’environnement et le développement touristique
Bien que l’objectif de protection des espaces naturels soit aujourd’hui pleinement partagé par tous, il reste parfois nécessaire de mieux accorder les stratégies et les discours des gestionnaires et des acteurs du développement touristique. Les propositions formulées par le Comité départemental du tourisme pour le 4e Schéma Départemental du Tourisme des Bouches-du-Rhône (2011-2016) sont l’exemple d’une évolution positive vers cette réconciliation, en considérant le projet de parc national comme un outil intéressant et en prenant en compte le tourisme durable comme levier de développement économique et social à travers 3 axes principaux :
• Protéger et préserver l’ensemble des territoires touristiques du département et particulièrement l’intégrité et l’identité des espaces naturels protégés ou des espaces de transition ;
• Pour le secteur professionnel, proposer une offre d’excellence, c'est-à-dire respecter la promesse faite aux clients, ouvrir l’accès de l’offre touristique à l’ensemble des publics et en particulier au public handicapé, et  tenir compte de la différenciation, c'est-à-dire de l’avantage concurrentiel majeur que constitue un site comme les Calanques pour les destinations touristiques du littoral français ;
• Organiser les activités de loisirs et de pleine nature sur terre et sur mer qui représentent une valeur ajoutée pour le territoire, en visant l’harmonisation des pratiques et une consommation respectueuse de ces produits  touristiques dans l’objectif de transmettre des valeurs.
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Gip

 
11.1 / DE NOMBREUSES OPÉRATIONS DE SENSIBILISATION
De nombreuses opérations de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, généralement réalisées ou financées par les propriétaires publics, ont lieu sur le territoire, que ce soit pour la mer (“patrouilles bleues”, opération “ma plage, je la respecte” à Marseille, campagnes “Ecogestes” et “Inf’Eau Mer“ soutenues notamment par la Région sur une grande partie du littoral, etc.) ou la terre (“patrouilles vertes” du GIP, éco-ambassadeurs
communaux, diverses associations, etc.). Le tissu associatif est également très actif dans ce domaine.
Citons également la mise en place de sentiers d’interprétation :
• terrestre : sentier de Luminy à Marseille ;
• sous-marine : plage et port de Corbière, calanque du Mugel à La Ciotat, calanque Saint-Estève au Frioul.
Des points d’information du public ont été implantés (communes, centre pédagogique de la mer et Office de la Mer à Marseille, etc.) et de très nombreux autres organismes oeuvrent dans ce domaine (UCL, UDVN13, Atelier Bleu – CPIE Côte Provençale, Naturoscope, SurfRider Fundation, Centre Léo Lagrange, CEN PACA, AIEJE,etc.).
Le recours à des chartes de bonne conduite selon différents usages (charte plongée, escalade, etc.) est  également de nature à améliorer les comportements.
11.2 / LES LIMITES ACTUELLES
En matière de sensibilisation, une réelle coordination s’avère indispensable pour couvrir le maximum de personnes et s’assurer de la cohérence des messages (ex du “Réseau Mer d’éducation à l’environnement” de la Région). Malgré cette richesse d’actions, tous les partenaires s’accordent sur deux problèmes : la difficulté de
la démarche de sensibilisation à la réglementation sur le terrain sans le pouvoir de verbalisation, et la faiblesse des moyens actuels, notamment en mer au vu de la multitude d’infractions constatées chaque année.
Il est en outre difficile de toucher l’ensemble des usagers, notamment les pratiquants non fédérés, et l’absence actuelle de réelles “portes d’entrée” des principaux sites limite les capacités d’information.
En mer, outre les clubs, des actions auprès des loueurs d’engins nautiques (kayaks de mer, voiliers, semi-rigides, scooters de mer, etc.) sont à mettre en oeuvre ou à renforcer.
Au-delà de la sensibilisation sur le terrain, le recours à des actions diversifiées (muséographie, communication, projets socio-éducatifs, etc.) doit être renforcé pour répondre à l’aspect périurbain.
Compte tenu du caractère exceptionnel des espaces concernés et de leur fragilité, les actions de sensibilisation et d’information du public sont cruciales. Les dispositifs de sensibilisation de type “patrouilles” ou “écogardes” sont maintenant relativement bien développés et leur efficacité reconnue, bien que la coordination soit à renforcer.
Au final, le diagnostic général de la situation montre néanmoins qu’en dépit de ces multiples efforts,  l’augmentation des pressions et la dégradation des milieux se poursuivent : le recours à la sensibilisation n’est donc pas suffisant.

12.1 / L’ÉTABLISSEMENT DE RÈGLES : UNE NÉCESSITÉ STRUCTURELLE
Pour des espaces de grande qualité paysagère, écologique ou culturelle, une protection effective ne peut se concevoir sans l’établissement d’une réglementation adaptée, venant compléter la gestion quotidienne. Le caractère périurbain des sites concernés ne fait que renforcer cette nécessité.

12.2 / UNE RÉGLEMENTATION ACTUELLEMENT INCOMPLÈTE OU INADAPTÉE
Le “classement” au titre de la loi du 2 mai 1930 de certains sites ne constitue pas une protection de toutes les composantes des milieux naturels et une garantie de gestion à proprement parler, mais a néanmoins permis de sauvegarder les paysages d’aménagements majeurs et de limiter l’urbanisation des villes environnantes.
Bien que des mesures de protection du patrimoine, souvent circonscrites à des espaces spécifiques, aient été mises en place au cours du temps74, force est de constater un manque évident de cohérence territoriale au sein d’un dispositif qui s’apparente au final à une juxtaposition de textes divers. Les réflexions liées à la démarche Natura 2000 ont confirmé la nécessité de compléter et toiletter l’arsenal réglementaire existant, de manière globale et harmonisée.



12.3 / UNE POLICE DE L’ENVIRONNEMENT INSUFFISANTE
La réglementation actuelle est d’autant moins efficiente que les moyens pour la faire respecter sont insuffisants. Ceux collectivement dévolus à la police sur le territoire de projet apparaissent sans commune mesure avec les pressions.
Ainsi, à terre, rien ne permet de répondre convenablement à l’accumulation de multiples atteintes (déchets, “grignotage”, constructions légères, circulation motorisée dans les espaces naturels etc.), le long des franges périurbaines, ce qui fragilise particulièrement les sites classés, bien que l’Etat ait récemment renforcé son action à ce sujet.
Les agents assermentés de l’Office National des Forêts peuvent constater et verbaliser sur les massifs forestiers bénéficiant du régime forestier, mais ils apparaissent en sous-effectif par rapport à la multitude des infractions.
La même constatation quant aux moyens peut être faite pour les gardes de la Réserve Nationale de Riou (gestion CEN PACA).
Le Département des Bouches-du-Rhône dispose d’une garde départementale pour les domaines  départementaux.
Enfin, les maires possèdent eux aussi des pouvoirs de police relevant de la police municipale, ainsi que des pouvoirs de police spéciaux (circulation et stationnement, police des campagnes, baignades et activités nautiques dans la bande des 300 m), mais cela reste également insuffisant en termes de mise en oeuvre.
Le coeur de parc national permettra de conférer au territoire un statut pouvant donner lieu à la présence permanente d’agents commissionnés.
En mer, la police incombe de manière générale à l’Etat, pour qui de réels moyens font également défaut en ce qui concerne la protection (qu’il s’agisse de la Marine Nationale pour la haute mer, ou des Affaires Maritime dans l’espace côtier).


L’écart significatif entre l’activité de contrôle et les exigences qui découlent de la fragilité des sites naturels ne répond ni aux enjeux actuels de protection de la Méditerranée, notamment communautaires, ni aux attentes croissantes des citoyens et collectivités dans ce domaine. De plus, pour des raisons sans doute historiques, la façade méditerranéenne souffre particulièrement de la comparaison en matière de moyens nautiques de contrôle vis-à-vis des autres façades maritimes métropolitaines.
Enfin, une plus forte présence sur le terrain est également un élément essentiel du dispositif général permettant d’expliquer aux usagers les raisons de la nécessité de la réglementation.
L’établissement public du parc national devra mettre en place une brigade nautique avec des moyens à la hauteur des enjeux. L’action de l’Etat en mer devra également être renforcée en termes de moyens de protection des espaces maritimes du parc national.
Les mesures réglementaires actuellement en place au sein des espaces les plus fragiles du territoire, apparaissent nettement insuffisantes et ne renforcent pas les actions de gestion et de protection des différents propriétaires publics, particulièrement en mer ou en limite immédiate des villes.
Les agents exerçant les pouvoirs de police sont peu nombreux et n’interviennent pas en coordination.
Il n’existe pas de dispositif de surveillance commun malgré le renforcement important mais non pérenne des moyens humains durant les saisons estivales.
Le défi des années à venir consiste donc :
d’une part à améliorer ou élaborer des règles adaptées aux spécificités des lieux, qui soient acceptées par tous et appliquées de manière globalisée, transparente et efficace ;
et d’autre part de renforcer ou de mettre en place les moyens, terrestres et maritimes suffisants, permettant d’en assurer le respect.
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3.14 CAMPEMENT ET BIVOUAC
Mesure règlementaire 41.
MARCoeur 41.
La pratique du campement et du bivouac peut occasionner des dégradations des milieux naturels, des dépôts de déchets, des risques d’incendie, et des dérangements de la faune (présence de l’homme à des moments d’activité de la faune, nuisances sonores). Compte tenu notamment de la taille réduite du coeur de parc, de la possibilité de découvrir l’ensemble des sites à l’échelle d’une journée, cette pratique est interdite, sauf autorisation du Directeur.
Sauf autorisation du Directeur de l’Etablissement public, le campement et le bivouac sont interdits sous quelque forme que ce soit.
I. – Le Directeur de l'Etablissement public peut notamment délivrer des autorisations dérogatoires pour le bivouac et le campement terrestre dans les cas suivants :
1° une mission de service public réalisée par l’Etablissement public ou pour son compte ;
2° une mission de service public réalisée dans le cadre d’autres politiques publiques ;
3° une mission scientifique ;
4° des travaux autorisés.
II. – L’autorisation individuelle pour le bivouac et le campement terrestre précise notamment les modalités, périodes et lieux et peut comprendre des prescriptions relatives notamment :
1° aux caractéristiques de la tente (notamment couleur, hauteur, volume) ;
2° à l’implantation de la tente, compte tenu notamment de la protection du milieu naturel, des habitats naturels et des espèces ;
3° à la durée de l’implantation, au plus égale à celle de la mission ou des travaux ;
4° à la remise en état des lieux.
III. – L’autorisation dérogatoire individuelle prévue au I et II du Directeur de l'Etablissement public ne dispense pas le demandeur d’obtenir les autres autorisations éventuellement nécessaires telles que celles des propriétaires.

Balisage par les excursionistes marseillais photo GIP

3.15 ACTIVITES SPORTIVES ET DE LOISIR EN MILIEU NATUREL
Mesure règlementaire 46.
MARCoeur 46.
La règlementation spéciale du coeur prévoit que les autres activités sportives et de loisir en milieu naturel peuvent être réglementées par le Directeur ou le Conseil d’Administration s’il décide de se saisir de cette compétence qu’elles soient pratiquées à titre individuel ou dans un groupe encadré. La Charte (dans les MARCoeurs, reproduits ici) précise cette modalité en encadrant la future règlementation. S’agissant des parties maritimes du coeur, le Conseil d’Administration proposera à l'autorité administrative compétente de soumettre à un régime particulier la gestion du domaine public maritime et la circulation en mer, notamment en matière de navigation, de mouillage et d'accostage des bateaux, de plongée sous marine avec appareil, d'usage d'engins à moteur conçus pour la progression sous la mer. La Charte précise les conditions dans lesquelles cette réglementation sera proposée. Cela permettra de définir clairement dans la Charte les bonnes pratiques à respecter éventuellement dans le cadre de démarches de partenariat avec les usagers et pratiquants concernés.
Certaines activités sportives et de loisir, même celles considérées comme « douces », peuvent malgré tout impacter les milieux (impact mécanique, piétinement, érosion, etc.) et les espèces, notamment lors de périodes cruciales du cycle de vie (reproduction, nidification, migration, alimentation etc.). Cette mesure permet ainsi de concilier pratiques sportives et de loisir et respect de la nature.
Les autres activités sportives et de loisirs en milieu naturel, qu’elles soient pratiquées à titre individuel ou dans un groupe encadré peuvent être réglementées par le Directeur ou par le Conseil d’Administration de l’Etablissement public si celuici décide de se saisir de cette compétence.
DISPOSITIONS GEOGRAPHIQUES PARTICULIERES :
Les activités sportives et touristiques organisées sont interdites dans les espaces correspondant à la Réserve Naturelle Nationale de l’archipel de Riou créée par le décret du 22 août 2003 modifié.
I. – Le Directeur, ou le Conseil d’Administration de l’Etablissement Public si celuici décide de se saisir de cette compétence, peut réglementer, sur les sites et, le cas échéant, les périodes qu’il détermine:
1° Les activités terrestres de surface (notamment randonnée de vertige, canyonisme sec, et géocatching) ou souterraines (notamment spéléologie) ;
2° les activités subaquatiques et notamment la plongée sous marine selon les modalités suivantes :
a) l’accès à certaines grottes, dont la liste sera établie en concertation avec les acteurs locaux, peut être restreint dans l’objectif de limiter la détérioration et la fragmentation des biocénoses des grottes notamment par accumulation d’air issu des bouteilles de plongée ;
b) d’autres sites peuvent faire l’objet de réglementation voire d’interdiction en fonction de leur sensibilité et de leur fréquentation.
Le Conseil d’Administration tient compte notamment de la prévention du dérangement des animaux, du calme et de la tranquillité des lieux, de la fragilité du milieu naturel, des habitats naturels, du caractère paysager et des activités autorisées sur le site.
II – Le Conseil d’Administration peut réglementer les activités sportives et de loisirs, sur les sites et, le cas échéant, les périodes qu’il détermine en concertation notamment avec les propriétaires/gestionnaires les fédérations, et les clubs.

3.16 PRATIQUE DE L’ESCALADE
Mesure règlementaire 43. MARCoeur 43.
La pratique de l’escalade est liée aux falaises regroupant plusieurs compartiments : les pieds, les parois, les vires, les cavités. Ce milieu naturel très particulier joue souvent un rôle refuge pour la faune et la flore capable de s’y maintenir. Les organismes qui s’y développent sont généralement sensibles au dérangement et/ou à la compétition avec les autres espèces et sont en outre particulièrement bien adaptés à ce milieu.
Ainsi l’escalade peut, pour certains sites et certaines périodes, occasionner des dérangements de la faune sauvage, notamment des oiseaux rupestres hivernant ou nicheurs mais aussi des chiroptères. Elle peut aussi altérer, par le piétinement ou le passage de corde, la végétation de paroi, celle de pied de falaises ou de vire qui se développe sur un sol plutôt sablonneux mais aussi éroder les sols des pieds et vires de falaises.
L’escalade est réglementée par le Directeur ou par le Conseil d’Administration de l’Etablissement public si celuici décide de se saisir de cette compétence.
DISPOSITION GEOGRAPHIQUE PARTICULIERE :
La pratique de l’escalade est interdite dans les espaces correspondant à l'ancienne Réserve Naturelle Nationale de l’archipel de Riou créée par le décret du 22 août 2003 modifié.
Toutefois, ces interdictions ne s’appliquent pas aux déplacements strictement nécessaires aux opérations nécessaires à la gestion, à l’entretien des phares et balises et aux activités scientifiques.
I. – Le Directeur, ou le CA celuici décide de se saisir de cette compétence, réglemente sur les sites et, le cas échéant, pendant les périodes qu’il détermine la pratique de l’escalade :
1° L’escalade en terrain d’aventure (sans équipement normalisé, ou sur des voies non conventionnées) peut être pratiquée dans le coeur, sauf dans les espaces interdits visés au 4°;
2° l'escalade sportive peut être pratiquée sur les voies conventionnées à la création du parc et sur les voies destinées au  conventionnement. Le délai de conventionnement des voies sportives non conventionnées à la création du parc est fixé par le CA ;
3° l’ouverture de nouvelles voies pour l’escalade sportive en coeur est soumise à autorisation du Directeur après avis du Conseil Scientifique et du CESC ;
4° la pratique de l’escalade est interdite dans les espaces naturels suivants :
a) les zones d'éboulements des Crêtes de Sormiou ;
b) la calanque des Pierres Tombées ;
c) les espaces naturels du coeur correspondant à l’arrêté portant conservation du biotope de la Muraille de Chine.
II. – Le Directeur, ou le CA si celuici décide de se saisir de cette compétence, élabore la réglementation en tenant compte notamment de la prévention du dérangement des animaux, du calme et de la tranquillité des lieux, des habitats naturels, du caractère paysager, des formations géologiques, des connaissances scientifiques à acquérir et des activités autorisées sur le site. Il peut prescrire :
l’interdiction des activités de falaise sur les secteurs sensibles (sites de nidification, de repos, de chasse d’oiseaux sédentaires, sites d’accueil des oiseaux migrateurs hivernants, sites d’hibernation des chiroptères, etc.) pendant une période de l’année (période reproduction d’oiseaux allant de la recherche du nid à l’envol des jeunes, période d’hibernation pour les chiroptères, etc.) ;
le déséquipement des installations lorsque cela est nécessaire sur les espaces reconnus à forts enjeux de protection indépendamment de la saisonnalité.


Le dossier d'enquête publique à télécharger
Avis d'enquête publique
Arrêté portant ouverture d'une enquête publique
Rapport de présentation
Composantes patrimoine partie 1
Composantes patrimoine partie 2
Composantes patrimoine partie 3
Composantes patrimoine partie 4
Composantes patrimoine partie 5
Composantes patrimoine partie 6
Composantes patrimoine partie 7
Pages de Composantes patrimoine partie 8-1
Pages de Composantes patrimoine partie 8-2
Composantes patrimoine partie 9
Composantes patrimoine partie 10
Exposé des règles de protection
Charte du Parc National des Calanques partie1
Charte du Parc National des Calanques partie2
Charte AnnexeII
Projet de composition du CA
Annexe cartographique
Annexe III Vocations
Information documents juridiques
Fondamentaux et gouvernance partie1
Fondamentaux et gouvernance partie2



GIP des Calanques
Bat A4 – Valad Parc
Impasse Paradou
13009 Marseille
Tél.: 04 91 72 65 73 – Fax : 04 91 73 23 99 – www.gipcalanques.fr gipcalanques@gipclanques.fr






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1 commentaire :

  1. Salut Greg,
    Je trouve pour ma part que le projet de PN des Calanques proposé par le GIE ne fait qu'établir une jurisprudence de Parc National à 2 balles pour les nouveaux PN à venir (ceux créés après la loi de 2006). Les craintes exprimées par les associations lors du vote de cette loi se trouvent complètement validées. Ainsi, on se retrouve avec un projet élaboré par des élus locaux ou des acteurs économiques, qui ne voit le PN que comme un simple outil de développement.
    D'où un projet de charte abracadabrantesque, où l'essentiel d'un parc national, à savoir la protection d'un patrimoine naturel unique, a complètement disparu. Comme de nombreuses associations ainsi que l'Agence Nationale de l'Environnement l'ont exprimé, le résultat reste très très en deça des standards internationaux pour un parc national (IUCN catégorie II). Or, il est à craindre que ce nouveau standard au rabais "à la française" devienne 1/ la nouvelle norme pour les parcs à venir (ex. Champagne-Bourgogne, Bleau), 2/ un droit à bousiller l'existant dans les anciens parcs. Dans ce sens, je me fais beaucoup de souci pour les PN de la Vanoise, du Mercantour et des Pyrénées - moins pour les Ecrins (je suis un Alpin du Dauphiné et je constate dans les faits que nos élus locaux isérois ou haut-alpins ne transigent pas une seconde avec l'exigence de perfection requise par un statut de parc national).
    Je suis grimpeur tout comme toi et, oui, les Calanques sont un joyau de notre pratique. Mais je suis tout à fait disposé à mettre mes exigences dans ma poche pour éviter une protection de l'environnement à 2 balles, qui se généralise et qui ne serve que de faire-valoir à des politiciens tout sauf scrupuleux. Pour info, le PN des Ecrins nous pond régulièrement des interdictions de grimper sur certains sites/parois, temporaires ou définitives, qui nous paraissent assez justifiées. Elles ne génèrent aucun appel à la révolte de la part des grimpeurs locaux...
    Bien à toi.
    Jérôme

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