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[BLEAU] Comment trouver Trois Pignons au milieu de 25 bosses ?

Mis en ligne par TL De Bleau on mercredi 28 octobre 2015 | 18:56:00

Il y a déjà quelques temps, nous vous présentions les plus remarquables circuits de trail de la Région parisienne et notamment le célèbre circuit dit des 25 bosses dans le Massif des Trois Pignons. Ce magnifique massif forestier des "Trois Pi" est sans doute l'un des sites les plus remarquables de Bleau Outre sa formation géologique particulière et énigmatique, sa plage des sables du Cul de chien avec son Bilboquet, constitue une véritable image d’Épinal qui attire les foules. André Billy, célèbre écrivain local, disait de ce coin : « Région d'une invraisemblance ahurissante, pays de la soif et de la solitude. Au crépuscule, chaque rocher devient un monstre, tout ce désert se peuple de formes fantastiques et menaçantes. Il n'y a rien de pareil dans notre Armorique ni dans la patrie de Macbeth.» Mais vous êtes-vous demandé d'où venait ce nom des Trois Pignons et donc comment les repérer au milieu des 25 bosses ? Un question difficile et encore sujette à quelques controverses mais à laquelle nous allons tenter de répondre...

Le nom semble provenir du patois local, un "pignon" désignant une "colline pointue". En règle générale, les pignons sont donc des « collines bien individualisées » ou, selon les termes utilisés par Loiseau dans ces guide, une « butte conique ». Un autre possibilité a été évoquée dans la gazette Noiséenne n° 10 attribuant le nom du Massif forestier à l'imposant rocher à trois pointes dit Rocher des Trois pignons.  Ce rocher, très célèbre dans les années 1900 fut enclos dans une des 2 000 propriétés privées du Massif. Il fut redécouvert (non loin du pignon du Guetteur) il y a quelques années par les grimpeurs qui seront sans doute surpris d'apprendre qu'il s'escaladait déjà il y a plus d'un siècle ! 

Mais du coup, quels sont alors les "trois pignons" ?


C'est dans les guides Loiseau que l'on trouve la réponse dès 1934. Dans l'édition de 1970, il décrit ainsi dans son itinéraire « Trois Pignons » (p 138 tome 2) le panorama à l’arrivée au dessus du cirque ( n°2 dans la description du dernier guide AFF) :
« à l’horizon on distingue , les Trois Pignons, le sommet du Mont Pivot et le Rocher Fin …. »
Plus loin dans le texte (toujours p138) il précise :
« le nom de Trois Pi vient des 3 collines coniques, groupées autour de celle désignée par « Jean-des Vignes » sur les cartes. En réalité ……..il convient d’y joindre le Mont Pivot »

Avouez que dans le genre bizarrerie... Mais après tout, les trois mousquetaires sont bien au nombre de quatre, alors pourquoi pas notre forêt. 

Les 4 vrais pignons de la forêt des Trois Pignons dans l'orde inverse de la description ci-dessous


Donc nos quatre  « collines » qui présentent chacune un dénivelé positif d’environ 50 mètres et des pentes plutôt raides couvertes de rochers entre lesquels serpente le sentier rouge (quand il ne les escalade pas !) sont  le « Rocher de la Souris », « le Rocher de Jean des Vignes », le « Rocher du Guetteur », et enfin le « Mont pivot » avec sa longue arrête. Notez donc que les "trois" pignons n'en portent donc aucune trace dans leur toponymie !

carte du sentier rouge des 25 bosses que le Guide des AFF (photo d'ouverture) décrit en partant des Gros sablons.
Nos 4 pignons constituent la partie très difficile du sentier (en noir sur la carte ci-dessus) PF 137 et 129


Du coup, si vous regardez la carte IGN Top 25 2417OT, vous allez voir qu'on n'est pas à une bizarrerie près puisque sont indiqué d'autres pignons !  Pourtant, au sens Loiseau (colline) le Pignon Poteau n’en est pas un (c'est  une sacrée bosse quand même !) tout comme le Pignon des Maquisards. En revanche, on pourrait donner le nom de pignon au Rocher Guichot, à la bosse de Châteauveau ou à celle de la Justice de Chambergeot et, pourquoi pas au micro-bosses du Rocher fin et du 95,2. 

D'ailleurs, puisque l'on évoque la toponymie, les étrangetés ne s'arrêtent pas là !


En effet, pour comprendre certains noms de secteur des Trois Pignons, il faut parfois se creuser un peu les méninges d'autant qu'en comparant les cartes IGN à travers les âges, certains sites ont changé de nom... Logique puisque jusqu'au début des années 80, les Trois Pignons sont un ensemble de 2000 propriétés privées en cours d'expropriation. Ce n'est qu'une fois la domaniale créée que l'ONF a pu se pencher, à la hâte, dans la dénomination des nombreux chemins forestiers et points remarquables du massif. Comme pour la forêt de Fontainebleau, ces noms sont issus de l'histoire locale et d'appellations usuelles, de curiosité géographique... mais, hélas, pas toujours fondées ou vérifiées. 
Dans certains cas, en absence de noms, c'est sur la base des altitudes que les bosses ont été nommées. 

De grands, les sablons sont devenus "gros"
Ainsi, 95.2, 91.1, 93.7, 118.4, etc. ne sont pas des fréquences de la bande FM mais bel et bien de la dénomination adoptée pour désigner rapidement certains sites d’escalade de la forêt des Trois Pignons lorsqu'il fallu leur trouver un nom ! En 1998, à la suite de nouveaux relevés topographiques, les altitudes ont été recalculées et modifiées sur les nouvelles éditions de la carte IGN. Et voici comment disparaît de la carte la justification 95.2 qui mesure donc 98 mètres !!! 

Notre ami Oleg Sokolsky avait participé au choix du nom des bosses, décidé entre l'ONF, l'AFF, et le Cosiroc. Voici quelques explications sur d'autres noms de bosses. (Les numéros correspondent à ceux indiqués dans le dernier Guide des randonnées de l'AAFF).


Bosse n°2 : "le comptage" fait référence à la première opération d'évaluation de la fréquentation du sentier des 25 Bosses une froide journée de février. Pour l’anecdote, un deuxième point de comptage tenu par Fred Dulphy et Laurent Petit (ONF)  se trouvait diamétralement opposé (sous le point 77 avant le Mont Pivot). Au final, cette équipe a rapidement rejoint vers la bosse du Comptage dès que le bruit s’est répandu qu'à cet endroit se trouvait une cocotte minute de choucroute bien chaude et le vin qui allait avec.

Bosse n°s 4 et 5 : Le Cimetière aux Ânes. Cette dénomination fait référence à un secteur où les gens du coin enterraient les cadavres de bestiaux dans la plaine juste en dessous à l’ouest.

Bosse n°10 : Le Rocher de la Cathédrale est le nom donné par Oleg lors de la publication de la fiche du circuit d'escalade orange. Ce secteur s'appelait avant le 96.2 

Bosse n° 11 à 13 Nous n'avons pas trouvé l'origine du nom du Rocher Cailleau que les grimpeurs connaissent aussi sous le nom de J.A. Martin. J.A était le frère de Maurice Martin, célèbre grimpeur des années 50 qui réalisa notamment les premiers topos d'escalade.

Bosse n°14 : Rocher Guichot Il se peut qu'il s'agisse d'une déformation de Guichet (comme au Coquibus) ou de Gibet (voir bosse suivante)

Bosse n° 15 : Justice de Noisy Les gibets étaient à l’ouest de la crête. Roger Garnier avait trouvé des traces de ceux-ci mais actuellement on ne sait plus les localiser.

Bosse n°s 16/17 : pas d’origine connue à Pivot

Bosse n° 19 : Rocher du Guetteur.  A son sommet, il y a 2 curiosités : une coupe (calice) surmonté d’une croix gravés dans le grès et juste à côté un curieux rocher qui ressemble à un siège. Il est supposé que c'est ce dernier qui ait donné à la bosse, peut être en raison des parachutages d’armes durant la guerre de 39/45 

Bosse n° 20 : Jean des Vignes. En réalité ils s'agit des "Gents des vignes", saisonniers qui venaient pour les vendanges et logeaient dans le coin.

Bosse n° 21 Rocher des Souris. Sans doute à cause du bloc en équilibre qui à la forme du bestiaux. Gravure de la clé juste à son pied.

Bosse n°22 : "Roche au Four" C’est encore une référence à un bloc. Un rocher surplombant (très fréquenté) avec un trou (le four) qui se trouve de l’autre coté du chemin de la Vallée Close. 

Bosse n°23 : "Les Marchais" correspondent à un coin avec des mares...

Bosse n°25 : "Pignon Poteau" C'est encore la dénomination adoptée suite à la publication par Oleg Sokolsky de la fiche d'un circuit (le jaune Superbie) en référence à la vieille ruine.



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