Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2014-11-16

Hier se tenait une réunion de la commission accueil du public et érosion de l'ONF. Parmi les nombreux sujets à l'ordre du jour, la sauvegarde de la zone des célèbres « Big 4" du Cuvier Rempart y tenait une place importante . 

En effet, voilà quelques jours, sur le forum de Bleau.info certains grimpeurs ont fait part de leurs inquiétudes des évolutions constatées autour des « Big four" et ont visiblement pris conscience de la nécessité de travaux divers pour stabiliser le site (le pied des blocs et leur accès).
Au delà du début d’une tentative d'amorcer une nouvelle polémique, regrettable et sans intérêt visant à opposer le Cosiroc, association historique à qui on doit les premiers travaux de lutte contre l'érosion dès les années 70, et toujours active, à BLO, la petite nouvelle qui veut fédérer les grimpeurs indépendants, il est clair que la situation dans cet endroit très fréquenté est préoccupante ! Comme en plus ces 4 voies dures ( Big Boss, Fourmis rouges, Tristesse et Big Golden) attirent des centaines de très forts grimpeurs venus des 4 coins de la planète, nul doute que ce nouveau chantier -mondial si l’information est bien diffusée- va susciter l’intérêt de tous... quoique le premier, conduit il y a quelques années dont nous avions parlé là et ici, n'avait pas mobilisé les grimpeurs…


En effet, ce secteur du rempart et ses fortes pentes sableuses ( sous les grès, le sable, sous les pavés la plage!) sont l'objet d'une attention particulière depuis déjà pas mal de temps ! Les premiers à s'en soucier furent les Amis de la Forêt (AAFF) qui détournèrent de quelques mètres le sentier bleu numéro 5 en contre-bas de la zone. Il faut attendre l'ouverture du trio Big Boss, Fourmis rouges et Tristesse en 1984 pour que cette petite plage de sable devienne l'une des plus régulièrement fréquentées de la forêt. Très vite, un premier muret est construit pour éviter que la surface de sable ne s’enfonce d'avantage au pied d'un des plus beaux surplomb de la forêt. Quelques années plus tard, l'ouverture de Big Golden quelques mètres au-dessus puis de diverses combinaisons renforcent la fréquentation du site et, avec elle, l'érosion. 



En 2009, Greg, notre rédacteur en chef, Thierry Martin, qui vient de prendre son poste à l'ONF de Fontainebleau, et la commission érosion se retrouvent sur place pour évaluer la situation et étudier une possibilité d'intervention . De nombreuses pistes sont évoquées allant jusqu'à la dépose par hélicoptère de murets de pierres grillagées (gabions). 



Après les travaux de 2012
Est-ce parce que le site n'est fréquenté que par les grimpeurs, et seulement de haut niveau que cet investissement ne sera pas fait ? Finalement, l'ONF lance la construction de quelques ouvrages de stabilisation : escalier et barrières de planches. Un tas de sable est déposé en bas du rempart et il est demandé aux grimpeurs d'en remonter. Un an après, le tas s'est étalé et le moins que l'on puisse dire, c'est que bien peu de grimpeurs ont joué le jeu. Ils ne sont peut-être pas si bêtes qu’ils n’en ont l’air avec leur crash pad en bandoulière... Déjà monter le crash-pad et en plus des sceaux de sable qui va redescendre au prochain orage …..faut pas peut-être pas charrier !... (le sable, bien entendu)

L'ONF conduit donc une seconde opération (2012) avec d'autres bénévoles (scouts ), réussie celle là, mais dont les résultats apparaissent vite bien peu crédibles.

En effet, la plupart des facines et marches n'ont pas résisté aux violents orages et notamment ceux de 2013 et 2014 car, à la différence des ouvrages construits en 1995 par les bénévoles grimpeurs et randonneurs sur les pentes du 95,2 (toujours présents) à l'appel du Cosiroc et de l'ONF, ceux du Rempart n'ont pas été renforcés avec des pavés ! Par ailleurs, le cheminement de l'eau n'avait sans doute pas été pris en compte dans leur réalisation.

On voit très nettement que le sable a été entraîné par
l'eau en creusant les marches non armées


La place se creuse au pied de Big Golden
Les racines du bouleau ne bloqueront plus le sable...
Au pied de Big Boss, cela va mieux
mais le sable se tasse et se videra par dessous

De nouveaux travaux sont donc à l'étude et, le temps que l'ONF trouve le financement nécessaire , il va falloir attendre plus d'un an pour que soient réalisés les ouvrages de stabilisation des diverses plateformes au pied des blocs. Ce délai est malheureusement administrativement incontournable. Outre la construction d'un ou deux murets, un sentier d'accès moins direct que la montée actuellement utilisée mais naturellement mieux armé pour résister à l'érosion sera sans doute envisagé à terme. 

Pour patienter, il vous sera sans doute demandé de participer au sauvetage du site, en remontant d’une vingtaine de mètres, non plus du sable mais des petits blocs de grès, résidus de carrière, qui trouveront là une nouvelle utilité afin de construire des murets... Nous reviendrons vers vous dès que nous aurons plus d'information de l'ONF sur la date du dépôt sur la TL2Bleau mais aussi sur le forum de Bleau.info (merci Philippe Le Denmat de piloter la manœuvre) et sans aucun doute sur les sites de BLO, Cosiroc, Pof@bleau...


Christian Charreau a par ailleurs publié sur son site un compte-rendu de la réunion illustré de sa vision des travaux à venir
La forêt de Fontainebleau n'est pas sans danger tant pour les grimpeurs et autres sportifs aguerris que pour les "simples" visiteurs. Un accident est si vite arrivé...et, malgré tous ses efforts, l'ONF ne pourra jamais tout sécuriser ! 

Nous vous invitons donc à relire notre article sur la trousse de secours et celui-ci, consacré au sauvetage en forêt. Les pompiers français ne font pas qu’éteindre les incendies. Ils sont aussi en charge de l'assistance et le sauvetage des malheureuses victimes d'accidents domestiques, routiers ou dans notre pratique sportive. Une simple promenade en famille peut parfois très mal se terminer... En Seine-et-Marne, ils effectuent plus de 110 000 missions par ans et la forêt de Fontainebleau est régulièrement le théâtres d'accidents routiers mais aussi liés aux activités de loisirs. Que faire si la situation se présente. ? Une sortie avec l'AFF nous permet de répondre à la question ! 



Notre scénario est le suivant : lors d'une randonnée dans les Trois Pignons, par une matinée pluvieuse, un randonneur glisse sur un rocher. Eh oui, le lichen sous la bruine n'est pas adhérent et il suffit de pas grand chose pour basculer. Notre ami ne peut se relever, souffre d'intenses douleurs dorsales et nous suspectons un grave entorse du genou. Nous le prenons en charge. On l'isole au mieux du froid et de la pluie (sans le déplacer vu la douleur). On le réconforte mais surtout, on ne l'alimente ou le l'hydrate pas au cas où il aurait besoin d'une intervention chirurgicale. Il faut se résoudre à appeler les secours ! 

Coup de chance, nous captons avec nos téléphones (ce n'est pas toujours le cas, notamment au Bas Cuvier, site ultra fréquenté par les grimpeurs ! ) 

Nous composons le 18 ou le 112. Au bout du fil, les pompiers d'astreinte au SDIS 77 (à Melun) nous questionnent sur l'état du patient, les circonstances de l'accident, et, bien entendu notre localisation. C'est de cet appel que dépend la réponse des secours et des moyens engagés. Gardez votre calme. Soyez le plus précis possible ! 


Donner une localisation précise en forêt par téléphone à quelqu'un qui ne la connaît peut-être pas est complexe. Commencer par situer la partie de forêt (27 000 ha c'est vaste ! ) 
Pour vous y aider, il existe de nombreux points de repère caractéristiques et d'autres, véritablement fait pour aider les secours sont en cours de déploiement. Ainsi, sur le sentier rouge des 25 bosses, chaque étape aura bientôt son panneau. Dans notre article sur la trousse de secours nous avions évoqué les numéros de parcelles forestières, petites plaques que l'on trouve sur les arbres aux carrefours. Les PF constitue une mosaïque que l'on peut observer sur les carte IGN TOP 25 (2417OT pour la FD de Fontainebleau) Notez qu'il existe hélas des doublons puisque l'on a une PF 170 en domaniale de Fontainebleau mais aussi dans les Trois Pignons ! 


L'appli ONF vous propose une localisation avant l'appel des secours.
Encore faut-il avoir de quoi la noter...

Coup de chance pour notre victime, les AFF connaissent la forêt comme leur poche. Nous sommes juste sous la Tour de la vierge, monument remarquable qui domine la crête de Cornebiche. 
Mieux, il y a parmi nous l'heureux possesseur d'un smartphone compatible avec l'application ONF. Une icone qui nous permet de déclencher les secours et nous donne au préalable les coordonnées précises du lieu. Mais attention, il faut les noter avant de déclencher l'appel ! Ayez toujours un crayon à papier gras et un bout de carton... où faites une capture d'écran. La plupart des smartphones ont une fonction GPS ou permettent en se connectant à internet de se géolocaliser. Mais, encore une fois, cela ne fonctionne pas partout en forêt. La personne qui déclenche le secours par téléphone doit rester joignable. Attention, en se déplaçant, elle peut facilement perdre le signal... Comme nous sommes nombreux, quelques uns vont partir à la rencontre des secours vers le parking le plus proche mais aussi à certains carrefours stratégiques et sur le sentier. 

Au cas où les secours arriveraient par hélicoptère, nous regroupons les sacs et objets qui pourraient s'envoler puis balisons la zone avec un vêtement voyant (jaune, rouge, orange...). Un hélicoptère peut être amené à rechercher une victime. Connaissez-vous les symboles internationaux de secours ? Si vous avez besoin d'aide, placez-vous debout visiblement, jambes jointes, les deux bras levés vers le haut pour former un Y (pour Yes, we need help). Dans le cas contraire, baissez un bras pour former le N de (No, we don't need help) Pas de chance, l'hélicoptère n'est pas disponible ! La météo n'est pas terrible et il est réquisitionné pour la chasse au chat ;-) Les premiers secours arrivent. 

Des sapeurs-pompiers (en bleu) dressent un premier bilan de la victime et la prennent en charge. Ils nous rassurent, les renforts du GRIMP77 vont arriver d'une minute à l'autre. 

Le GRIMP (dont nous vous parlions dans cet article) est composé de pompiers spécialistes des manœuvres en milieu accidenté ou dangereux et, de ce point de vue, la forêt de fontainebleau avec ses chaos rocheux n'est pas en reste ! Ils y font plus de 80 interventions par an ! Ils disposent de compétences et moyens matériels qui sont utilisés pour faciliter l'évacuation de notre victime. 


Un sapeur pompier effectue un premier bilan et décide, si cela n'a pas été fait, d'engager des moyens supplémentaires pour l'évacuation de notre victime (hélicoptère, GRIMP77...)

En ville (le GREP à Paris) il est parfois plus facile de descendre un blessé par les façades et les toits que dans une vieille cage d'escalier. Rompus à ce type d'exercice sur corde, disposant de treuils, poulie, etc. Ils installent en quelques minutes une tyrolienne. Dans notre exercice, la victime doit être rapidement descendue vers le Véhicule de secours et d'assistance à la victime (VSAV, sorte d'ambulance ex VSAB) qui l’évacuera vers l'hôpital. Pour cela, notre blessé est installé sur une barquette (qui aurait aussi permis l’hélitreuillage).


Une fois installé nous amorçons le portage mais dans une forte pente, en naviguant dans d’étroits couloirs rocheux, cela peut s'avérer très difficile. Mieux vaut installer une tyrolienne. Et tant que l'on y est, pour remonter, on va s'aider du treuil électrique portatif. Un peu plus loin, la pente étant plus douce et moins chaotique, deux bras sont ajoutés à la planche qui se transforme en brancard manœuvrable par deux personnes. 

Reste plus qu'a conduire le blessé jusqu'au véhicule médical (qui peut aussi être du SAMU).

Résumé en images !



La victime est soulevée pour installer la planche



Il peut vous être demandé d'assister les pompiers




La victime est ensuite conditionnée pour le transport






Brancarder dans les rochers de la forêt de 
Fontainebleau est aussi délicat qu'épuisant ! 







La tyrolienne installée, la planche est mise en 
place pour amorcer la descente 






Elle est hissée à l'aide de poulies qui permet
tent d'en diminuer le poids... 






La descente s’effectue lentement



...lentement




Un grand merci à la victime qui s'est prêtée au jeu ainsi qu'aux bénévoles de l'AAFF



Et à l'équipe de GRIMP 77






La victime sera brancardée jusqu'au poste médical.




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