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12 règles de bonnes pratiques en forêt

12 règles de bonnes pratiques en forêt
Relisez la charte ONF

La Forêt de Fontainebleau et la Sylviculture

Mis en ligne par TL De Bleau on mercredi 4 octobre 2000 | 14:16:00

" Les forêt précèdent les peuples,
les déserts les suivent."
Chateaubriand

Un peu d'histoire pour bien comprendre l'évolution de la Forêt de Fontainebleau


Je ne vais pas faire ici le récit de la longue opposition des artistes Romantiques aux forestiers au XIXè. Leur combat a débouché en 1861 à  la création de la "21ème série" ou "série artistique" qui excluait des coupes une partie de la forêt. Cette série est par la suite devenue une réserve biologique, première du genre dans notre pays.
Nous allons le voir, l'Administration Forestière est toujours au cœur des débats.

A la suite des Eaux et Forêts, la gestion des forêts publiques a été confiée à l'Office National des Forêts (créé en 1966) qui dépend du Ministère de l'agriculture. Avant cela, l'administration forestière dépendait du Ministère des Finances, preuve que son intérêt était avant tout financier... Ainsi, la forêt "impériale" de Napoléon III (1853) devient "domaniale" en 1870 sous la seconde République. Ce nouveau statut fait de la forêt un domaine privé de l'Etat, c'est à dire dont il peut disposer comme bon lui semble ! Tous les 30 ans en moyenne, l'ONF rédige un plan d'aménagement qui prévoie et fixe les règles de gestion sylvicole du domaine. Ce document est la suite des actes de Réformation royaux.

Le cas de la forêt de Fontainebleau est typique d'une forêt ayant pour principale vocation l'accueil du public et dite « récréative ». Autrement dit, le budget alloué pour la forêt de Fontainebleau prévoie que les dépenses pour son entretien seront nettement supérieures aux recettes générées par son exploitation.

Toutefois, dans une logique de réduction des déficits publics, les crédits alloués sont très inférieurs à ce qu'ils devraient être pour le premier monument végétal de France et d'Europe en nombre de visiteurs. Cette logique a prédominé dans de nombreux choix de l'administration forestière notamment dans la gestion des forêts de Fontainebleau, des Trois Pignons et du golfe de Larchant, ce qui n'a pas manqué d'engendrer bien des polémiques. La première cible des critiques est donc tout naturellement l'ONF et sa gestion ou plus indirectement l'Etat.

Notons tout d'abord que les forestiers de terrains sont des hommes passionnés par leur métier et leur forêt. Pris directement pour cible, ils n'hésitent plus à contester les choix de leur hiérarchie en matière de réduction d'effectifs et de moyens allant jusqu'à des grèves assez dures. (Voir leur pétition sur le blog) Je ne blâme aucun d'eux car je sais qu'ils font le maximum avec les moyens du bord. Je tiens même à les remercier pour leur disponibilité et leur aide au cours de ces années de bénévolat !  
Certains comme les bûcherons ont un métier difficile et travaillent toujours dans des conditions assez dures malgré la mécanisation de l'industrie du bois. On ne peut donc les blâmer de défendre avec cœur leur ouvrage. On ne reprochera pas non plus aux usagers amoureux de leur forêt de manquer parfois de recul et de réagir sous le coup de l'émotion. Toutefois, même si l'amour rend aveugle, il ne peut justifier certaines erreurs.




Carte de l'IFN

Dans notre jugement du travail de l'ONF, tentons de toujours garder à l'esprit que les forêts s'apprécient sur des siècles, et que les hommes ne peuvent pas lutter contre certaines évolutions ou catastrophes naturelles. Nous ne sommes pas des spécialistes en sylviculture et nous vous livrerons donc des informations telles qu'elles ont été écrites par les dits spécialistes.

Au premier rang des reproches faits au gestionnaire, nous trouvons bien entendu ses méthodes de sylviculture.
Le décret instituant la création de la première réserve comportait déjà une porte de sortie pour le futur ONF mais surtout il contenait les germes des contestations futures puisque les forestiers pouvaient, dans une certaine mesure, y faire des coupes. Notons aussi que la vocation de l'ancienne 21ème série fut précisée comme suit : "Mais cependant, l'Administration Forestière doit veiller aux mesures de sécurité qui lui incombent. Elle aura le devoir d'abattre des arbres devenus un danger pour les promeneurs".

A Bleau sont nés l'écologie, l'éco-terrorisme et les premières association de défense !

C'est en effet dans cette forêt qu'ils voulaient défendre à tous prix contre l'administration forestière que les peintres inventèrent l'éco-terrorisme ! En effet, ils ne devaient pas rentrer à l'auberge sans avoir arraché ou saccagé les jeunes plantations de pins qu'ils jugeaient indignes de nos futaies. Si leur motivation était plus esthétique qu'écologique, la création de la célèbre 21ème série fut considérée comme la première mesure de sauvegarde de l'environnement ce qui permit à la ville de Fontainebleau d'accueillir en 1948 le sommet qui àa donné naissance à l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) ! Enfin, cette défense des forêts et de leurs usagers nécessitant une forte mobilisation du public, c'est ici que naquit les premières associations.

En effet, en 1874, Jean François Millet préside à la création du Comité de défense de la forêt. Ce comité est donc l'ancêtre de toutes les associations de sauvegarde comme la Société des Amis de la Forêt de Fontainebleau (1907) ou le Cosiroc créé en 1962. Le 23 juillet 1945, la SAFF obtient du Ministre de l'Agriculture la création de la Commission consultative des Réserves Artistiques et Biologiques de Fontainebleau.


Les études scientifiques menées dans ces réserves permettent le maintien en 1953, des 1 070 ha de série artistique, la constitution de 552 ha de nouvelles réserves et la création de la première réserve biologique intégrale (RBI) sur 141 ha. Les anciennes parcelles constituant la série artistique sont déclassées en 1967 à l'exception des plus belles qui avaient été transformées en RBI en 53. De nouveaux arrêtés ministériels sont pris le 7 août 1967 puis le 11 janvier 1972 instituant 415 ha de réserves dont 136 ha classées en RBI. A cette date, il est clairement établi que l'objectif prioritaire de notre forêt devient l'accueil du public, ce qui signifie que sa gestion en vue de produire du bois de coupe devient plus limitée.

Parmi les multiples documents qui m'ont été utiles dans cette enquête, ceux recueillis et publiés par Eugène Plouchart tiennent une place considérable. Cet homme a eut la chance de pouvoir consulter les archives personnelles de l'inspecteur Reuss. Mieux, le forestier l'a aidé à décoder ses archives.

Eugène Reuss a officié à Fontainebleau de 1898 à 1912 puis, par intérim durant la guerre de 1914 à 1919. Il est, avec Achille Marrier de Boisd'hyver, l'Inspecteur qui a exercé le plus longtemps à Fontainebleau où il a pu mettre en pratique les principes de sylviculture qu'il enseignait à l'Ecole de Nancy. Pour mieux appréhender la complexité de cette forêt, Plouchart n'a pas hésité à relire et étudier les archives consultées précédemment par Domet pour écrire son histoire de la forêt. Celles de monsieur Reuss contiennent notamment des copies intégrales des grandes réformations de 1664, 1716 et de 1754 auxquels il faut ajouter de nombreux morceaux des aménagements suivants et des courriers. Tous ces écrits sont commentés de notes techniques hermétiques et inutiles pour le profane mais qui permettent de se faire une idée des différents paysages qu'a connu Fontainebleau ainsi que des intentions de l'Administration Forestière.

La forêt de Fontainebleau, avant la grande réformation de 1664, est un ensemble de bois très hétérogènes dans leur esthétique. C'est le résultat de traitements incohérents et parfois contradictoires qui suivaient les bons plaisirs des rois, soit que ceux ci faisaient couper du bois pour renflouer le trésor royal, soit qu'ils y interdisaient les coupes pour favoriser la prolifération du gibier, lequel ne manquait pas alors de dévorer chaque pousse déséquilibrant un peu plus la régénération naturelle de la sylve bellifontaine.

Barillon d'Amoncourt, le réformateur de 1664, annonce 6 740 ha de forêt sans compter les vides. Or, en 1715, la superficie totale est calculée à 14 242 ha. Si on en retire les 6 740 ha de surface boisée, on obtient environ 7 500 ha de vides et rochers, soit plus de la moitié de la forêt, au milieu du XVIIe ! 


Cela revient à dire à tout ceux qui se veulent protecteurs d'une forêt millénaire qu'hélas ils se trompent, plus de la moitié des nos belles futaies ayant au maximum 400 ans !
Une étude des gravures du XVIIe ou une relecture de certains écrits de l'époque devraient achever le constat. En effet, sur les gravures du château de Fontainebleau, notamment la Veüe générale de Fontaine-bleau de Pérelle, on reconnait facilement le Mont Chauvet, le Mont Aigu ou le Rocher de Samois que l'on n'aurait pu dessiner si les alentours avaient été boisés comme aujourd'hui !

En 1631, un anonyme laissa un manuscrit racontant le Voyage raccourcy d'un Quidam à Fontaine Belle Eau, dans lequel on peut lire qu'il a traversé les "Gorges d'Aspres-Monts" qualifiées "D'affreuses monstaignes qui semblent esgaler le sommet du mont Olympe." On sait donc que les paysages actuels ont été façonnés par l'homme et ses plantations entre 1720 et 1850.

En 1796, plus du quart de la forêt était encore "vierge" de plantations et ne fut planté qu'à compté de 1818 notamment en résineux. De 1831 à 1848, ce sont près de 6 000 ha qui seront ensemencés !

De même, les photographies du début du XXe notamment celles prises lors de la grande campagne lancé en france en 1904 et qui servit à l'édition de milliers cartes postales, ainsi que les quelques films tournés à Bleau à cette époque donnent une assez bonne idée des déserts d'alors...





Personnellement, je regretterais presque que les forestiers n'aient pas conservé Franchard ou Apremont dans son état désertique. Cela devait être très impressionnant comme paysage.
 

Les travaux de l'ONF toujours remis en question

Si la longue polémique qui donna naissance aux réserves s'est apaisée avec le temps, l'ONF et ses travaux paysagers sont restés au cœur des débats.

En effet, l'utilisation des résineux et notamment des pins pour le reboisement fut critiquée dès le départ. En 1884, les autorités départementales réclamaient d'avantage de plantations en chêne, mais l'inspecteur Sainte-Fare proposait sur un reboisement total de 4 575 ha l'utilisation des résineux sur 1 663 ha !


Grotte Béatrix au Restant du Long Rocher
était bien dégagée en 1900 !
 Songez qu'en 1861 le chêne occupait encore plus de 53 % de la surface de la forêt contre seulement 24 % pour les résineux. En 1882, le chêne ne couvre plus que 46 % du territoire contre 34 % pour le pin. En 1904, la part du chêne est passée à 35 % et, surtout, les pins sont devenus majoritaires avec plus de 40 % de la surface de la forêt. Toutefois, ces derniers chiffres, bien que publiés par l'inspecteur Duchaufour, sont sujet à caution si l'on en croit ceux publiés en 1900 par M. Reuss qui propose des proportions autours du 50 % de chênes et 30 % de pins.

La deuxième guerre mondiale causa bien des ravages et la forêt de Fontainebleau en fit aussi les frais. Outre les gigantesques incendies des Trois Pignons, on préleva 500 ha de bois de chauffage pour Paris y compris au sein des réserves car la contribution demandée à notre forêt fut de 123 000 stères de bois ! De 1940 à 1946, c'est plus de 797 000 m3 qui furent prélevés soit presque le double de sa production normale.

En 1968, un rapport préalable à l'élaboration du Plan d'aménagement, estime qu'un tiers de la forêt a une durée de vie inférieure à une trentaine d'années. Une situation alarmante que le Plan d'aménagement de 1970 doit prendre en compte. En 1972, il est donc prévu de "rajeunir" 7 000 ha sur trente ans !

Les méthodes utilisées pour atteindre cet objectif vont faire l'objet de nombreuses contestations. Parmi les plus concrètes et sérieuses, citons celles formulées par l'Association des Amis de la Forêt de Fontainebleau (AAFF). Elle est l'héritière et gardienne du travail de Denecourt et Colinet. Cela signifie qu'elle s'occupe de l'entretien des sentiers bleus mais aussi qu'elle poursuit l'inventaire des arbres remarquables de la forêt qui sont marqués d'un rond bleu. Ces derniers sont constitués soit de très vieux spécimens à conserver, soit d'essences rares et protégées ou en dehors de leur aire habituelle de répartition géographique, auxquels s'ajoutent des arbres remarquables par leur forme ou présentant une anomalie génétique. On trouvera donc parmi les publications de l'association deux ouvrages de référence régulièrement mis à jour : le Guide des sentiers Denecourt et le Guide des arbres remarquables. Mais ce ne sont pas les seuls écrits de cette association. 
 
Cette association est l'une des plus vieilles de France et nous offre plus de cent ans d'analyse des paysages forestiers. Rappelons un peu ses débuts...   

Charles Moreau-Vauthier, un artiste peintre de la région fait remarquer que ses confrères ont quitté les belles futaies qu'ils défendent depuis 1830 pour peindre en plaine. Toutefois, ils se soucient encore de l'avenir des paysages forestiers. Charles Moreau-Vauthier va donc créer un groupement de défense forestière : les Amis de la Forêt. Cette association aurait pu commettre les mêmes erreurs que le Comité de Bois-le-Roi, divisé par des querelles de clochers, mais son fondateur su éviter cet écueil. Pourtant les débuts de l'association furent difficiles. En effet, si certains membres souhaitaient l'arrachage des pins nés dans la réserve artistique et même l'arrêt de leur utilisation, d'autres leur rétorquaient que ces pins sont très beaux lorsqu'ils se développent en futaies.

Nous n'avons pas parlé des bouleaux, arbre magnifique mais dont l'exploitation n'a que peu d'intérêt. Lui aussi a fait l'objet d'âpres discussions au sein de l'association entre détracteurs et défenseurs. Certains membres allaient même jusqu'à réclamer la suppression des bancs publics, des écriteaux et du balisage des sentiers Denecourt et Colinet ! Enfin, sur un terrain plus politique, certains demandaient le rattachement des Eaux et Forêts à l'administration des beaux-arts ! Bref, il régnait dans ce groupement d'artistes passionnés une véritable cacophonie.


Il va de soit que les forestiers ne voyaient pas d'un bon œil cette nouvelle arrivée de réclamations. Heureusement, plus sages que son prédécesseur, ce nouveau comité entreprit de collaborer directement avec les représentants locaux de l'Administration. Ces derniers prirent donc l'habitude de parcourir la forêt avec les artistes pour étudier sur le terrain les travaux à entreprendre. Il y eut bien entendu quelques tensions et incidents.

En 1912 par exemple, le futur ONF fut pris a partie par les Amis de la Forêt au sujet d'une future coupe Aux ventes à la Reine que réclamait le puissant syndicat des bois et charbon de Seine et Marne. La querelle fit grand bruit dans la presse locale et parisienne ! Et comme à chaque fois, les choses reprirent leur cour habituelle à une différence près, l'Administration sait qu'il faut compter avec la force de l'opinion publique car elle a déjà perdu quelques combats !

Fort du soutien de la presse, les usagers de la forêt se regroupent et bientôt, aux côtés de l'AAFF, il existe plusieurs associations de sauvegarde de la nature ce qui constitue à la fois une force et une faiblesse. Une force car lorsqu'elles s'unissent, ces associations constituent un véritable contre pouvoir dont les actions conjointes ont permis la sauvegarde de nombreux sites. A l'inverse, lorsqu'elles se mettent à prêcher chacune pour leur paroisse, c'est souvent l'Administration Forestière qui gagne... Heureusement, les AFF se sont presque toujours entendus avec les autres utilisateurs de Bleau pour faire valoir leur droit à la forêt.


Mais revenons à notre Bleau et à sa sylviculture.

Le plan d'aménagement de 1970 et ses directives d'application organisent les travaux de régénération forestière et les choix paysagés qui en découlent. A l'époque, l'ONF procède à de nombreuses "coupes rases" (dites à "blanc étoc") avant de replanter. Ainsi en quelques jours, des parcelles entières de vieux chênes sont entièrement rasées. Une plaie dans l'immense visage de la forêt qui mettra plusieurs siècles à cicatriser et un traumatisme pour tous les amoureux de belles futaies qui voient disparaître d'un coup deux à quatre hectares de leurs paysages favoris à chaque nouvelle coupe !


Certes, la forêt a bien des difficultés à se régénérer elle même et nos magnifiques futaies de Fontainebleau, Rambouillet ou Chantilly ne seraient pas ce qu'elles sont sans le travail de l'homme. Mais les choix réalisés à l'époque par l'Office ne pouvaient convenir aux bleausards. Les AFF ont longtemps mené la fronde contre les directives de ce Plan d’aménagement, multipliant leurs interventions dans la presse régionale et nationale dès 1972, non sans obtenir rapidement d'importantes victoires.

Ainsi, la méthode des coupes rases utilisée sur plus de 500 ha entre 1970 et 1972 a été modifiée. Toutefois, dix-huit ans après, ce point est toujours à l’ordre du jour et les travaux préparatoires à la rédaction du Plan d’aménagement pour les Trois Pignons aux débuts des années 90 ont été l’occasion de relancer le combat.

Entre 1972 et 1990, c’est plus de 2 700 ha (soit près de 15% de la domaniale) qui ont fait l’objet de ce traitement avec par exemple la destruction des futaies sur cinq parcelles forestières contiguës (n°322, 316, 323, 333 et 334) pour près de 100 ha !

Dans leur Livre vert de 1990, les AAFF commentent fort justement cette gestion en neuf chapitres impossibles à résumer ici. Les réclamations issues de leurs conclusions sont les suivantes :
« - que l’intégrité des forêts qui composent le massif, soit totalement respectée et qu’une politique d’acquisition active des enclaves privées permette son extension,
- ( …) que la politique sylvicole retenue pour le massif ait comme but essentiel le maintien de la variété des peuplements forestiers exceptionnels,
- que les régimes forestiers appliqués ne soient pas limités au régime de la futaie régulière avec deux essences prioritaires, mais que les forêts du massif soient soumises à des régimes variés (…),
- que les activités militaires, à l’exception des activités équestres et sportives, soient transférées hors du massif,
- que les choix futurs concernant les grands axes de circulation respectent totalement l’intégrité du massif soit contourné ou évité,
- que les zones dégradées du massif (anciennes carrières ou zones industrielles plus ou moins abandonnées) soient aménagées ou réhabilitées,
- enfin, que le contrôle du développement de l’urbanisation soit très strict et que la qualité de cette urbanisation, comme le maintien des espaces naturels existants soient assurés ».

Les AFF soulignent notamment que les trois derniers souhaits sont en liaison direct avec le SDAU (Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme) d’Île – de France. L’association rappelle par ailleurs le rôle primordial de l’ONF, la nécessité de renforcer son pouvoir et de réformer le statut du massif. Les AFF souhaitent aussi que soit institutionnalisée une concertation approfondie et fréquente entre l’ONF et les différents acteurs y compris les représentants des usagers sous forme d’un comité « ad hoc ».

Sur nombre de ces points, les AFF ont eut gain de cause. De plus, depuis les discussions sur le statut de Parc National en 1998, le comité ad hoc a pris la forme d’une commission préfectorale à laquelle siège de nombreuses associations de naturalistes et d’usagers comme le COSIROC et les AFF.

Bien entendu, la répartition des essences et l'envahissement par les pins des plus belles futaies bleausardes ont été mis en relief dans le Livre vert.

Ainsi, en 1990, les AFF dénombraient 297 parcelles forestières en résineux majoritaires dont 118 le sont devenu depuis la mise en œuvre du Plan d’Aménagement de 1970. Les AFF estiment alors « et pour éviter tout esprit de polémique avec l’ONF que soixante parcelles au moins » sur les 118 ont été directement «enrésinées» par ce Plan !

En effet, l’association cite des chiffres importants. Ainsi, en 1986, 48 000 feuillus sont abattus contre 13 000 résineux. L’année suivante c’est 54 000 feuillus contre 16 500 résineux et en 1988, c’est 55 000 feuillus contre 15 000 résineux. A cette même époque, l’ONF considérait déjà que le hêtre était, ici, « à la limite de son aire de répartition géographique », c’est pourquoi il a été coupé quatre fois plus de hêtres que de chênes alors qu’ils étaient quatre fois moins nombreux.


On l'aura compris, en plus du choix des essences utilisées pour le reboisement, les discussions ont porté sur les méthodes de sylviculture. On critiquera bien volontiers l'utilisation abusive par le passé des coupes rases.


PF n°269 où la belle forêt de manches à balais que nous constitue l'ONF pour mieux mécaniser ses coupes !
Il nous faudrait aussi parler des types de paysage générés par ces méthodes. En effet, couper tous les arbres d'une parcelle revient à dire que ceux qui y seront replantés auront tous le même âge, pousseront au même rythme et au final, auront la même hauteur... 

En 1996, la rédaction du dernier Plan d'aménagement forestier instituait 580 hectares de réserves biologiques intégrales, 1331 ha de réserves biologiques dirigées, 1655 ha de séries d'intérêt écologique particulier et 3434 hectares de séries d'intérêt paysager particulier.

On peut considérer que cet ensemble, à l'exclusion des RBI, garantit une gestion conservatoire des milieux et des espèces. A ce jour, l'état de notre forêt se caractérise par des peuplements mélangés où dominent les feuillus sur environ 60% des surfaces dont 42% pour le chêne et 11% pour le hêtre. De 1720 à 1847 plus de 14 000 hectares de notre forêt ont été replantés ! Pour enrayer le vieillissement des futaies de chênes et de hêtres, de 1970 à 1995, près de 3400 ha ont été mis en régénération.




Carte des séries sylvicoles actuelles

La richesse et la variété du patrimoine biologique de Bleau résulte très largement des mesures de conservation et de gestion adoptées jusque ici. Pour maintenir l'équilibre des peuplements 9 903 hectares constituent la série de gestion sylvicole patrimoniale. Nous allons le voir, ces chiffres présentent un équilibre fragile et parfois contesté.


D'ailleurs, depuis 2007, nous constatons une nouvelle accélération des coupes et le retour aux grandes coupes rases ! L'arrivée en 2012 du nouveau responsable accueil et biodiversité nous permettra t'elle d'inverser la tendance ?




Coupe en mars 2011 PF n°354 sur 8 ha !!!




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