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Com ONF

ESCALADE

Sur le chemin

février 2019

On ne résiste pas à reproduire le Communiqué de presse du 28/01/2019 du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation à propos de la santé financière de l'Office National des Forêts. Alors certes, l'ONF pourrait devenir rentable mais à quel prix pour son personnel et pour nos forêts ?!
Voilà plus de 10 ans que les Ministres se succèdent et s'échinent à vider l'ONF de ses amoureux des bois pour les remplacer par des exploitants forestiers.


COMMUNIQUÉ

À la suite de plusieurs articles parus dans la presse sur la situation financière de l’Office National des Forêts, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation souhaite apporter les précisions suivantes.

L’Office est confronté depuis plusieurs années à une situation financière tendue, mais qui ne remet pas en cause l’avenir de l’établissement. La fragilisation du modèle économique de l’ONF s’explique notamment par la stagnation du prix du bois et l’impact de charges nouvelles (CAS pension, charges liées à l’accueil du public en forêt…).

Dans le cadre de son contrat d’objectifs et de performance 2016-2020, l’ONF a engagé de gros efforts pour améliorer l’efficacité de sa gestion : augmentation du chiffre d’affaire et de la valeur ajoutée, maîtrise des charges, autant d’efforts qui commencent à porter leurs fruits.

Dans la perspective de l’élaboration du prochain contrat 2021-2025, une mission interministérielle a été mise en place par le gouvernement. Elle doit proposer des pistes d’évolution de nature à consolider structurellement l’établissement.

L’ONF est l’opérateur de référence dans la gestion des forêts publiques, forêts domaniales et forêts des collectivités. Il a un rôle structurant pour la filière bois en mettant en marché 40% du bois d’œuvre commercialisé en France. Il est un acteur majeur de la transition écologique au travers de la gestion durable des forêts : lutte contre le changement climatique, protection des sols et de l’eau, préservation de la biodiversité, prévention des risques naturels (DFCI, restauration des terrains en montagne.). Enfin, les forêts domaniales, de par leur situation et leur ouverture au public, accueillent une part importante des 700 millions de visites annuelles en forêt.

Didier Guilaume réaffirme sa confiance à l’ONF et à ses personnels qui accomplissent leurs missions dans leur grande diversité, avec beaucoup de professionnalisme et de compétence.
À télécharger

Il y a tout juste un an, nous avions évoqué le sombre avenir de l'escalade en sites naturels face aux diverses décisions de justices en cas d'accident. Seul un communiqué de la FFME nous avait laissé espéré à une modification de la loi sur la responsabilité civile. La décision de la Cour d'appel de Toulouse du 21 janvier 2019 ne va hélas, pas dans ce sens et laisse encore présager bien des difficultés pour celles et ceux qui veulent pratiquer l'escalade en toute liberté sur les falaises de France... Une décision qui confirme cette dérive idéologique sécuritaire qui conduit à l'interdiction de certains sites d'escalade par des propriétaires devenus (à juste titre donc) très craintifs. Et Fontainebleau n'échappe pas à la règle comme nous avons pu le constater cet automne avec l'interdiction du bloc de l'Eléphant ou cette coupe préventive par l'ONF d'un arbre remarquable du Cuvier signalé par Grégoire Clouzeau. Triste époque ! 

Dans sa décision du 21 janvier 2019, la cour d’appel de Toulouse vient de reconnaître la responsabilité entière de la FFME dans l’accident du 3 avril 2010 survenu sur le site de Vingrau. La juridiction d’appel a ainsi confirmé le jugement du tribunal de grande instance de Toulouse du 14 avril 2016.
La cour d’appel a par ailleurs augmenté le montant des dommages et intérêts alloués aux victimes, qui dépasse aujourd’hui les 1.3 millions d’euros. 
Aucun des arguments présentés par la FFME pour sa défense, force majeure, acceptation des risques, intervention d’un tiers sur le site non autorisé par la FFME en vertu de la convention en vigueur à l’époque, n’a été retenu en tout ou partie par le juge. 
Cette décision rappelle, si besoin, le caractère redoutable de la responsabilité du fait des choses ou responsabilité sans faute.
A travers cette décision la cour met en évidence les risques pesant sur la FFME ainsi que sur d’autres fédérations mais également sur tous les propriétaires et gestionnaires de sites naturels ou se déroulent des activités sportives.
La FFME est encore engagée aujourd’hui dans près de 850 conventions produisant les mêmes effets juridiques que le contrat passé à l’époque sur le site de Vingrau.
La FFME prend acte de cette décision, étudie les suites éventuelles qu’elle entend donner à cette décision et continuera de vous informer en toute transparence.

Source FFME
Mercredi 20 février 2019, l'ONF Seine et Marne présentera aux côtés des élus et des associations d'usagers, le nouveau Plan d'aménagement forestier de la domaniale de la Commanderie (autour de Larchant) pour la période 2019-2038 ! 
Comme nous l'avons déjà expliqué dans divers articles, ce document obligatoire fixe les orientations du gestionnaire, c'est à dire l'ONF. La Commanderie étant rattaché à la Forêt domaniale de Fontainebleau, ce Plan va complété celui présenté en 2015 pour le reste du massif forestier et semble, sauf surprise, être fait du même bois. Toutefois, la gestion par l'ONF de notre forêt tant en terme de sylviculture que d'accueil du publique reste source de nombreuses et vives polémiques. Nul doute, alors que l'ONF est empêtrée dans une grosse crise financière et sociale depuis plus de 10 ans, que ce plan va faire l'objet de quelques grincement de dents !

Les Plans d'Aménagement forestier sont donc les règles de gestion des espaces forestiers qui font suite aux anciens Actes de réformation royaux. Dans le Code forestier, l'article 1er dispose que « la politique forestière a pour objet d'assurer la gestion durable des forêts » et que celle-ci « garantit leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour l'avenir, les fonctions économique, écologique et sociale pertinentes (...), sans causer de préjudices à d'autres écosystèmes ».Le Code forestier donne aussi force de loi aux aménagements (Art. L 6) pour tous les espaces boisés qui relèvent du régime forestier.

Dans la préparation des aménagements forestiers, il doit être tenu compte, entre autres textes de référence, du Code de l'environnement, des schémas de cohérence territoriale, du plan local d'urbanisme ou des chartes forestières de territoire. Voilà quelques années que les forestiers analysent l'état sanitaire des parcelles, des sols... bref compulsent des données sur la base du logiciel Canopée, des infos de IGNF et survole les 1000 hectares nouvellement acquis pour inventorier et cartographier la forêt domaniale de la Commanderie (Pour en savoir plus sur la nature d'un Plan d'Aménagement, relisez cet article basé sur les textes publiés par l'ONF).

Pinède du Rocher de l'éléphant, Larchant, 77
Pinède du Rocher de l'éléphant, Larchant, 77
Ce Plan d'Aménagement s'annonce dans la continuité des nouvelles orientations sylvicoles décidées pour la domaniale de Fontainebleau et des Trois pignons à commencer par le traitement en futaies irrégulières. Ce mode de gestion est une vraie bonne nouvelle (expliqué ici par un technicien forestier pour la TL²B) qui devrait signifier la fin des fameuses "coupes rases". Notez l'emploi du conditionnel  ! En effet, si le gestionnaire ne procède plus de la sorte pour renouveler les peuplements forestiers, il utilise désormais les grandes coupes pour rétablir les milieux ouverts nécessaires au maintient d'une flore et d'une faune particulièrement menacées. Une politique mise en oeuvre notamment autour de Bourron Marlotte et qui suscite beaucoup d'émoi dans la population locale aujourd'hui massivement attachée aux landes et pinèdes alors que pendant plus d'un siècles, les générations précédentes critiquaient massivement l'enrésinement des paysage de Bleau !

Vue sur Larchant depuis la platière de la Dame Jeanne
Vue sur Larchant depuis la platière de la Dame Jeanne
Il convient donc de rappeler quelques notions de sylviculture et d'histoire pour bien comprendre les changements. Pour commencer, rappelons que la forêt de Fontainebleau s'est construite selon les  bons vouloirs des rois. En effet, c'est en constituant cet immense domaine de chasse que nos rois ont fait façonner les paysages qui, au fil des siècles, des événements, des révolutions industriels et des changements climatiques, n'ont cessé d'évoluer. Nous vous invitons à relire nos pages sur la sylviculture et sur l'évolution des paysages bellifontains. Les paysages actuels sont donc le résultat ‎des plantations débutées à partir de 1830 notamment en ce qui concerne les pinèdes ! 

N'étant pas officiellement invitée à cette présentation du Nouveau Plan, nous diffusons la documentation qui nous a été transmise. 




Mais que faut-il attendre de ce plan ?


Comme nous l'avions écrit en 2015 à propos de celui sur la domaniale de Fontainebleau ( épisode 1 la sylviculture en forêt de Fontainebleau pour 2016 à 20136épisode 2 la politique d'accueil en forêt de Fontainebleau 2016-2036, notre inquiétude concerne la politique d'accueil du public dans ce site exceptionnel et fragile. Pourquoi ? D'une part parce que l'ONF s'enferme petit à petit dans une logique ultra sécuritaire de peur d'être poursuivit en justice en cas d'accident, d'autre part, parce qu'il n'a pas les moyens humains et financiers nécessaires. On peut légitimement s'inquiéter de la situation d'autant que  depuis 2015, tous les voyants sont passés au rouge ce qui n'est pas fait pour nous rassurer ! 

En effet, les sites de la Dame Jeanne et de l'Eléphant sont très fréquentés et surtout très sensibles à l'érosion anthropique au point d'avoir été menacé de fermeture en 2002 . Depuis, d'importants travaux de stabilisation et sécurisation  sont réalisés conjointement par l'ONF et les associations (comme ceux-ci au Rocher de l'Eléphant en 2014). Hors les réformes successives de l'Office National des Forêts n'ont fait que dégrader sa situation économique et sociétale. Dernier épisode national, le départ anticipé de son directeur qui crie à la faillite de l'établissement comme l'a indiqué le magazine Capital ! Du coup, rien d'étonnant à ce que la dernière page de la note de synthèse soit consacrée au volet production de bois du nouvel aménagement...

A côté de ça, les cadres de l'Office prennent toutes les mesures possibles et imaginables  pour éviter d'être poursuivis en cas d'accident survenant sur leur terrain. Dernier épisode en date à l’Éléphant, l'interdiction du célèbre rocher homonyme en octobre 2018 !

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