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2017-01-08

Il y a un peu plus d'un an, Greenpeace lançait une vaste campagne contre les PFC utilisés dans le matériel d'outdoor ! Sur 40 produits testés, parmi lesquels des sacs à dos, chaussures, des sacs de couchage, des tentes et des vestes, seuls quatre ne contenaient pas de PFC, ou composant perfluoré. En effet, ce produit chimique utilisé pour ses propriétés imperméabilisantes et anti-tâches, qualités indispensables pour notre matos de plein air est présent dans 90% des produits du marché ! Or, les PFC sont considérés comme dangereux pour la santé...


C'est quoi les PFC ?


Les perfluorocarbures (PFC) ou hydrocarbures perfluorés sont des composés halogénés gazeux de la famille des fluorocarbures (FC). Les PFC étaient essentiellement utilisés dans les climatiseurs, certaines unités de réfrigération et certains extincteurs avant d'être massivement utilisés comme agent antiadhésif (instruments de cuisson) et comme imperméabilisants ou agents anti-tache.

Ils entrent aussi dans la composition des membranes dite PTFE dont la plus célèbre : Gore-Tex ! Mais sous cette forme, ils sont chimiquement plus stables et ne peuvent se dégrader pour polluer l'air, l'eau ou même inter-agir avec notre corps.

Quels sont donc les dangers des PFC ?


Le 10 juin 2011, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) sur la base d'analyses faites par le laboratoire d'hydrologie de Nancy, a publié son premier premier état des lieux de la présence de composés perfluorés dans les eaux en France. Lors de l'enquête publiée en 2011, parmi 450 échantillons, 25 % présentaient des taux de perfluorés assez élevés pour être mesurés, les autres échantillons présentant des teneurs trop faibles pour être dosées. L'ANSES préconisait de développer la recherche sur le « le devenir des composés perfluorés et de leurs précurseurs  »

Une fois présents dans l’environnement, ils se dégradent très lentement. On retrouve des résidus de ces composés jusqu’au sommet des montagnes, dans les endroits le plus reculés de la planète. 

Certains PFC ont été associés à divers effets nocifs pour la santé humaine, dont des cancers des testicules ou des reins, ou encore une baisse de l’efficacité des vaccins chez l’enfant.

Les tests réalisés sur l’air des magasins ont essentiellement mis en évidence la présence d’une catégorie volatile de PFC, les FTOH. Certains FTOH peuvent se dégrader en PFOA, une substance toxique et cancérigène considérée comme « extrêmement préoccupante » par l’Union européenne.

L'étude lancée par Greenpeace


Elle a fait prélever des échantillons d’air dans des magasins de cinq pays européens (Allemagne, Suisse, Italie, Suède et Norvège) appartenant à des marques leaders dans les équipements de sports de plein air (The North Face, Mammut, Haglöfs et Norrona). D'autres échantillons ont également été prélevés à Taïwan dans des magasins de sport généralistes.



Les résultats des analyses révèlent que, dans les magasins européens et asiatiques, les concentrations de PFC volatiles peuvent être jusqu’à 60 fois plus élevées que celles rencontrées habituellement dans une pièce close, et jusqu’à 1 000 fois supérieures aux niveaux observés en extérieur. D’autres analyses effectuées par Greenpeace montraient l’omniprésence de ces composés chimiques persistants dans le matériel de sport d’extérieur.

Heureusement, il existe des alternatives !


Greenpeace a lancé il y a quelques années la campagne Detox, incitant les grandes marques à agir pour utiliser moins de produits polluants dans leurs vêtements. Plusieurs marques l’ont suivie, comme Adidas ou H&M.  Le fait que quatre produits analysés soient exempts de PFC montre qu’il est possible de produire des vêtements techniques efficaces sans nuire à l’environnement et à la santé. 

Si les marques de sports de plein air sont particulièrement sensibles au thème nature dans leur communication et leurs engagements comme Patagonia ou Mammut, pionnières en termes de d'«ecoresponsabilité », bien peu se sont engagées vers un arrêt de l'utilisation des PFC dans leurs produits.

La marque britannique Páramo est la première enseigne de sports d’extérieur à s’être lancée dans la Detox suivis par l’allemand Vaude  qui a une gamme développé sans PFC et le suisse Rotauf. Depuis, d'autres fabricants comme Mammut se sont engagés.

Chez Mammut on est conscient du problème : « nous n’utilisons les PFC qu’en cas de nécessité absolue. Nous en avons besoin pour assurer l’imperméabilité de nos vêtements dans les conditions les plus extrêmes. Nous avons toutefois réussi à augmenter le volume de produits sans PFC de 71 à 77 % l’année dernière ». Chez Fjall Raven aussi

Reste donc à joindre les actes au marketing... 


Il est temps que nos grandes marques mettent fin au cynisme et rejoignent « la campagne Detox » lancée par Greenpeace en 2011, à laquelle se sont déjà ralliées 34 enseignes textiles internationales. Nous parlons ici des grandes marques mais il en va de même pour les enseignes de distributions en premier lieu desquelles se trouve Décathlon. Par ailleurs, nous appelons de nos tous voeux à une prise en compte de ce problème pour un suivi médical spécifique des vendeurs de matériel Outdoor qui sont fortement exposés aux produits !

Signez le manifeste Detox

http://toxiques.greenpeace.fr/magasins-de-sport-des-pfc-dans-lair

http://www.patagonia.com/on/demandware.static/Sites-patagonia-us-Site/Library-Sites-PatagoniaShared/en_US/PDF-US/pfoa_and_flourochemicals.pdf

On va pas vous refaire tout le dossier mais pour celles et ceux qui seraient pas loin de Gap ce mercredi 18 janvier à 14h, l’association Avenir Haute Durance organise un grand rassemblement devant le conseil départemental (Place St Arnoux) dont le but est de protester contre la politique et l’attitude de RTE, filiale d’EDF, dans le cadre de son projet en Haute-Durance. Bien entendu, il s'agit aussi de dénoncer l’inaction de la préfecture, qui constate les multiples infractions aux lois françaises en matière de sécurité et d'environnement sans agir !


D'ailleurs ce 18 janvier sera aussi l’occasion pour Avenir Haute Durance de déposer au conseil départemental une pétition avec 5000 signatures de haut-alpins demandant l’arrêt des travaux des lignes THT dans le nord du département, et la révision du projet !
Avenir Haute Durance souhaite aussi déposer officiellement plainte au tribunal contre les manquements graves signalés par les services de l’État dans la conduite du chantier des lignes électriques entre Gap et Briançon (442 infractions répertoriées) mais également contre la mise en danger d’un captage d’eau par une entreprise sous-traitante de RTE.
Une nouvelle année, c'est toujours l'occasion de tirer un bilan de celle écoulée et de prendre des engagements pour l'avenir. 
Si à Fontainebleau la mobilisation ne faibli pas pour le ramassage des déchets, c'est aussi le cas en montagne et, l'absence de neige en cette fin d'année nous rappelle quand même que d'ici quelques semaines, de nombreux usagers des pistes de ski abandonneront à la montagne mégots, matériels, restes de pique-niques... 

Heureusement, les associations se mobilisent depuis plus de quinze ans pour une montagne plus belle !

Parmi elles, signalons l'action de Mountain Wilderness. Voilà 15 ans que l’association a lancé sa campagne « Installations Obsolètes ». Depuis 2001, elle a développé une expertise concernant les aménagements abandonnés et la mise en œuvre de chantiers de démontage dans différents massifs de France. Le dernier en date, (le 37e) avait lieu en Ardèche, le week-end du 8 et 9 octobre 2016, à Borée dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche, où le petit téléski du Cuzet n’était plus utilisé depuis trente ans et apparaissait comme une verrue dans le cirque des Boutières. En évacuant ses pylônes, ses câbles et autres vestiges, l’association dépassait ainsi la barre des 400 tonnes de déchets enlevés ! Félicitations donc aux bénévoles et élus qui sont restés mobilisés toutes ces années et dont les efforts pourraient être récompensés puisque la Loi Montagne contient dans son article 19 une mesure, relative à ce long combat des associations sur les installations obsolètes.


En effet, un amendement des rapporteurs visant à rendre obligatoire au niveau législatif - et non plus réglementaire - le démantèlement des remontées mécaniques lorsque celles-ci sont inexploitées pendant cinq ans a bien été adopté ! En 2001, Mountain Wilderness avec l'aide du ministère de l'Environnement avait recensé 3000 aménagements laissés à l'abandon dans les montagnes françaises. 

Ensuite, Mountain-riders qui organise depuis quelques années les Mountain Days, journées de ramassage des déchets sur les stations, nous ont offert un très bon bilan 2016 (pdf) avec près de 5300 volontaires, 56 structures locales investis dans le projet, et 62 journées de ramassage, des Pyrénées aux Alpes du Nord. Grâce à eux, c'est, cette année, quelques 38 tonnes d’emballages plastiques, mégots, ferrailles, jalons et autres déchets insolites qui ont été extraits de nos montagnes !



Selon leurs estimations le poids de déchets ramassés par volontaire est passé de 9,9 kg en 2013 à 7,2 kg en 2016. Autrement dit le travail et les efforts de sensibilisation entrepris depuis de nombreuses années porterait ses fruits. Bon, à la TL²B on est sans doute un peu moins optimistes qu'eux mais c'est déjà une belle victoire mais il ne faut rien lâcher vu les projets de monsieur Wauquiez, président de l'ANEM ou ceux de certaines stations !


C'est l'hiver et les températures négatives des derniers jours à Bleau n'ont pas empêché quelques grimpeurs passionnés de faire de belles croix à l'image de Charles qui s'offre, toujours pieds nus, Délire onirique, 8A+ du Rocher Saint Germain. Pour se réchauffer entre deux essais, certains grimpeurs, notamment étrangers, n'hésitent pas à allumer des feux en forêt. 

Rappelons donc ici que les feux, de quelques natures qu'ils soient, sont strictement interdits en forêt domaniale et que ce n'est pas parce que l'on est en hiver qu'un feu de forêt ne peut pas se propager ! Ainsi depuis fin décembre, les incendies se multiplient notamment dans les départements de montagne à cause d'écobuage mal maîtrisé.



Ainsi, dans le Puy-de-Dôme, dans la vallée de Chaudefour, un incendie a détruit 25 hectares de végétation entre Noël et le Jour de l'An. Il a fallu attendre un changement des conditions météorologiques et le retour de la pluie, pour que les pompiers puissent lever leur dispositif de surveillance et ranger les 400 mètres de tuyaux et trois pompes qui remontaient l'eau de la rivière jusqu'aux zones brûlées pour éviter la reprise du feu.

Source Le Dauphine.com Incendie à Pelvoux
Dans les Hautes Alpes, se sont pas moins de 7 feux de broussailles ont été recensés depuis quelques jours. Villar d’Arêne, Saint-Chaffrey, Saint-Sauveur, Embrun... la liste des communes touchées par les feux d'écobuage s’allonge faute à la sécheresse inhabituelle en montagne à cette saison. Ainsi, jeudi dernier, sur la commune de Pelvoux, sur les hauteurs du hameau Les Claux, vers la montée d'Ailefroide, près de dix hectares sont partis en fumée ! C'est la période des écobuages, technique agricole ancestrale de débroussaillage par le feu mais il suffit d'un peu de vent, d'un manque de vigilance et de conditions météo défavorable pour que cela tourne au drame. Ainsi, sur la seul journée de jeudi 05 janvier, les pompiers du SDIS 05 sont intervenus une dizaine de fois sur ces feux.
http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2017/01/05/violent-incendie-en-cours-au-hameau-les-clots

En savoir plus sur http://www.dici.fr/actu/2017/01/06/hautes-alpes-vigilance-secheresse-hivernale-attention-foret-954543#rjK3D71hEZ6PXJ7y.99

En savoir plus sur http://www.dici.fr/actu/2017/01/05/pelvoux-point-jeudi-soir-l-incendie-cours-954056#GBrMU3qvAR2hB2v0.99

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