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Sur les chemins

Escalade

Matos

2016-11-20

Pour la première fois, la démarche d’élaboration d’une Liste rouge régionale des espèces menacées a été appliquée aux papillons de jours d’Île-de-France, selon les critères définis par l’UICN. Cet état des lieux révèle une situation alarmante : sur les 135 espèces qui peuplent ou peuplaient sur la région, 51 (37 %) sont actuellement menacées ou disparues, soit plus d’une espèce sur trois !

Ces chiffres témoignent avant tout de la disparition des habitats de prédilection des papillons (pelouses, prairies, landes), au profit d’une artificialisation du territoire par l’intensification agricole et la densification urbaine. 
Par ailleurs, dans un paysage de plus en plus morcelé et uniformisé, il devient difficile pour ces espèces, dont la capacité de dispersion est parfois très faible, de reconnecter des populations isolées...

A ce constat mis en avant par Natureparif, nous ajoutons que l'emploi massif d'insecticides, pesticides et autres désherbants a joué un très grand rôle dans la disparition de certaines espèces. Par ailleurs, saviez-vous qu'en détruisant les orties ou les ronces vous mettez en péril certaines espèces dont ces végétaux sont la seule ressource ?

Greg a commencé son inventaire photographique des papillons communs à Fontainebleau sur son blog photos
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Le 5 décembre prochain débutera, à proximité de Barbizon, une coupe destinée à mettre en valeur le patrimoine paysager typique de la forêt de Fontainebleau : les chaos rocheux. Conduite par l’office national des forêts, elle consiste à enlever les résineux sur le haut des parcelles forestières n° 714 et 715 afin que ce chaos retrouve l’ambiance paysagère qui émerveilla les peintres de Barbizon.

L’enrochement sur ce site rend très difficile l’accès des engins habituels des bûcherons (tracteurs, débardeurs). L’ONF fera donc appel au cheval, câble et tracteur pour transporter les bois. Les pins prélevés seront transformés en palettes, panneaux de particules et charpentes. Ceux de moins bonne qualité serviront à chauffer des bâtiments.

L’ONF invite chacun à être attentif à la signalétique mise en place sur le chantier pour la sécurité.

Notez qu'il y a quand même peu de chance que ce chaos retrouve totalement son aspect de montagne pelée comme en 1830 avant la plantation massive des pins !


Un groupe de chercheurs a réalisé une étude très approfondie des gravures et des alentours du bloc « la Fresque » à Buthiers (secteur Piscine) et dont le GERSAR (Groupe d’étude, de recherche et de sauvegarde de l’art rupestre) a publié un compte rendu très complet dans son bulletin de septembre. Il en ressort, en ce qui concerne les grimpeurs, que les deux voies situées de part et d’autre de la gravure (Appartenance à gauche et l’arête à droite) amènent à se servir des reliefs des gravures pour les escalader, au risque de les détériorer. Cela risque aussi d’impacter leur environnement immédiat, le panneau nord, qui n’a pas encore été complètement exploré avec les moyens modernes actuels, capables de détecter des restes de gravures de quelques dixièmes de millimètres de profondeur. Bref, nous demandons aux grimpeurs d'oublier ce bloc qui constitue un témoignage unique et rare d'un passé encore mal connu. En conséquence, il nous semble préférable de ne plus grimper le n°26 noir, L'Angle de la Fresque, 5+ ainsi que Appartenance, beau 7C de Christian Roumégoux. D'autres voies pourraient aussi bientôt compléter le tableau.

A celles et ceux qui nous répondrons encore une gravure de plus à Bleau, il y en a déjà plein, voici quelques extraits de l'article des chercheurs publié par le GERSAR afin de démontrer l'importance de celle-ci au niveau européen.

"Une campagne de levés numériques sur des représentations de haches emmanchées et lames polies néolithiques, menée en juin 2013 entre les bassins de l’École et de l’Essonne dans le cadre du programme Jade 2 de l’ANR, a conduit à la découverte à Buthiers (Seine-etMarne) d’un important panneau de gravures comprenant une hache à manche crossé, un motif anthropomorphe et deux motifs temporairement interprétés comme des embarcations sans équipage." 
[...]

"Mais d’ores et déjà, plusieurs implications découlent de ce premier descriptif. Il se confirme, tout d’abord, la possibilité d’identifier dans ces gravures des objets vrais (Cassen 2012), grandes lames polies d’origine alpine, souvent surpolies, trouvées en contextes funéraire (tombe individuelle sous tumulus) et non funéraire (sacrifice, déposition, etc.) mais jamais en contexte domestique. Il est d’ailleurs symptomatique d’observer que l’autre gravure d’une lame emmanchée repérée de longue date dans cette vallée (Vallée aux Noirs 1, ou « Grotte de la Hache ») soit d’un type septentrional (Altenstadt/Greenlaw) bien différent du type méridional Bégude reconnu aux côtés de l’anthropomorphe de VN6. 



Les deux morphologies sont présentes dans la région : Altenstadt au Pecq (Yvelines) et à Lieusaint (Seine-et-Marne), sites où les lames polies sont en jade alpin, Bégude dans une spacieuse et inhabituelle tombe individuelle VSG/ Cerny sur la même commune de Buthiers, où l’on a affaire à une imitation du type réalisée dans une roche non alpine 2 (Samzun et al. 2012). 

Le graphisme clair des signes permet ensuite d’établir de bonnes comparaisons avec la Bretagne, en ouvrant de nouvelles possibilités au cadre et au débat interprétatifs. Les « plumes » au-dessus des anthropomorphes sont ainsi fort semblables aux « jets » des deux cachalots les plus réalistes de la région carnacoise (Kermaillard – inédit, cf. programme Jade 2 ; Mané Lud). Dans le même temps, ces tracés divergents peuvent également être rapprochés d’une dynamique graphique semblable sur certains motifs phalliques (Île Longue, Barnenez, Table des Marchands, Le Moustoir). Mais au-delà de ces arrangements parfois polysémiques, le jeu des correspondances structurales assure un lien fort et incontestable : il en va ainsi de l’association « hache emmanchée + quadrangulaire + croissant » gravée sur les stèles armoricaines. Cette association est intégralement reproduite à Buthiers, et l’interprétation du signe « croissant » en tant que « bateau » proposée pour l’ouest de la France paraît pouvoir être, ici aussi, validée (Cassen 2011). 

L’idée que des entités sémiotiques aient été à ce point partagées, l’hypothèse qu’un programme iconographique ait pu être aussi fidèlement répété par plusieurs sociétés néolithiques des Ve et IVe millénaires (à une échelle géographique qui englobe d’ores et déjà la Bourgogne et le cours supérieur du Rhône, jusqu’au nord de l’Italie), peuvent donc raisonnablement s’appuyer sur ces représentations nouvelles projetées sur l’immense « stèle au naturel » de la Vallée aux Noirs."

Signalons donc au passage, pour celles et ceux quyi voudraient en savoir un peu plus sur les gravures qu'une grande exposition baptisée MÉMOIRE RUPESTRE, Les roches gravées du Massif de Fontainebleau, du 26 novembre 2016 au 12 novembre 2017. A découvrir d'urgence au travers de l'objectif du photographe Emmanuel Breteau au Musée régional de la Préhistoire à Nemours.

 
Signalons aussi la stupide dégradation d'une des gravures sur le menhir du Paly à Milly-la-Forêt. La gravure de la face ouest du menhir du Paly a été passée à la peinture blanche et de plus de façon inexacte. Cette initiative qualifié "d'irresponsable" par le GERSAR est des plus surprenante. Avec l'accord des Monuments Historiques, le menhir étant classé, le GERSAR a décapé la gravure pour lui rendre son aspect d'origine. Le résultat est satisfaisant.



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