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Sur les chemins

Escalade

Matos

2016-11-06

En 2015, nous avions testé et sélectionné quelques bières locales dont les célèbres Mousses de Bleau brassées à Bois le Roi. Cette fois, on va vous parler des bières de Font and Bleau élaborée et brassées dans le petit hameau de Cugny sur la commune de la Genevraye à quelques kilomètres du Restant du Long Rocher par deux amoureux de Bleau et de l'escalade. Après les mousses de Bleau, la Biosarde, etc. voici les Font and Bleau spéciales grimpeurs assoiffés!

Boris et Sylvain sont tous deux guides naturalistes en forêt de Fontainebleau et la brasserie PACHAMAMA est leur troisième projet axé sur le territoire. Natifs de la région, ils ont associé, en 2011, leur travail photographique dans leur projet "Fontainebleau Sauvage", qui débouchera sur de multiples expos et un livre. Si vous suivez régulièrement les publications de la Tl²B, vous connaissez forcément les personnages puisque nous vous avions parlé en janvier 2015 de leur structure d'éducation à l'environnement "Attitude Nature" qui reçoit en forêt de Fontainebleau près de 4000 élèves chaque année !

Boris (à gauche) et Sylvain (à droite) étaient à Arkose Massy pour faire déguster leurs bières.
Boris (à gauche) et Sylvain (à droite) étaient à Arkose Massy pour faire déguster leurs bières.


Un amour de la nature que l'on retrouve tout au long de leur démarche brassicole à commencer par le nom de la société Pachamama, nom de la déesse Inca représentant la terre-mère, la fertilité et la nature... Aujourd’hui encore, lorsqu’on boit une bière, dans certains pays d’Amérique du Sud, on verse un peu de bière à terre pour rendre hommage à la Pachamama.

La brasserie est engagée dans une démarche de développement durable avec, entre autres, la valorisation des déchets de brassage en nourriture équine ou ovine et le contrôle quotidien et l'équilibrage des rejets. Bien entendu, cette démarche se retrouve aussi dans la sélection des céréales et tout le processus d'élaboration de la boisson (relire notre article sur les bières qui expliquait tout cela en détail) 

Et sinon, ces bières, elles sont comment ?


Clin d’œil à notre forêt et sa popularité chez les grimpeurs du monde entier, les bières s'appellent 5B, 6B, 7A en reprenant le système de cotation des blocs. Des cotations qui ne doivent rien au hasard ou à la difficulté de les produire mais qui décrivent la teneur en alcool et la couleur de nos bières.



Ainsi, 5B est une bière Blanche de 5°. A servir très fraîche en été, elle présente une légère amertume, avec de douces notes d'agrumes provenant des houblons longuement sélectionnés. La mousse et les bulle sont plutôt fines, l'amertume en retrait reste longue en bouche et les notes fruitées très suaves. On a adoré pour se désaltérer... avec notre ami Modération.

La 6B est donc une bière de 6°, blonde, de type A.P.A. (American Pale Ale). La Pale Ale était une bière populaire en Angleterre au XVIIIe. L’arrivée de la machine à vapeur et l’utilisation du charbon avaient permis aux malteurs de développer une technologie qui rendait plus facile le séchage du grain sans pour autant le faire noircir. Les grains restaient dorés et la bière aussi. Si la Pale Ale ne jouit pas d’une définition faisant l’unanimité, l’American Pale Ale est une référence bien connue de l’américaine Sierra Nevada Brewing Company développée au début des années 1980. Ce grand classique de la brasserie a été l’une des premières à exploiter un houblon américain aux puissants arômes d’agrumes. Notre 6B est d'un blond scintillant, légère et couronnée d’une mousse blanche assez soutenue. Elle propose de subtiles arômes de fruits exotiques, une note de miel et une amertume marquée qui reste en bouche. 


Enfin, la 7A se rapproche des biéres de type I.P.A.(India Pale Ale). L’IPA s’est développée en Angleterre au XIXe siècle pour approvisionner les troupes coloniales britanniques en Inde. Le voyage en bateau et les chaleurs dégradant la bière au point d’être imbuvable, les brasseurs ont du créer une bière plus alcoolisée et plus houblonnée supportant mieux ce long voyage. La 7A est donc délicieusement amère. Le houblonnage spécifique lui confère des notes aromatiques florales assorties d'une touche de résineux. Boris nous disait rechercher l'amertume d'une journée passée à grimper avec un popof entre les mains mais c'est assurément une saveur que les moins de trente ans ne doivent pas connaître, le pof étant de moins en moins utilisé (à tort) par les grimpeurs !



Enfin d'ici Noël, devrait arriver la BioTop, un bière bio, blonde avec une amertume discrète. 

Voilà pour les présentations ! 
Il ne vous reste plus qu'à visiter la brasserie, déguster ou acheter les produits ou boire, AVEC MODÉRATION, un verre à notre santé !

Visites :

- d'AVRIL à fin OCTOBRE
les MERCREDIS de 14h à 18h, 
les SAMEDIS de 14h à 21h 
et les 1er et 3ème DIMANCHES du mois de 10h à 18h.
- de NOVEMBRE à fin MARS
les MERCREDIS de 14h à 17h, 
les SAMEDIS de 14h à 17h 
et les 1er et 3ème DIMANCHES du mois de 10h à 17h.

ou tous les jours sur rendez-vous...
Vous pouvez aussi acheter en ligne !
Il ne vous reste plus qu'une vingtaine de jours pour profiter pleinement du plus grand secteur de voies extrêmes de Bourgogne avant sa fermeture annuelle pour 8 mois ! Il y a deux ans, nous vous annoncions le renouveau des falaises de Bourgogne et notamment, le très fort développement de Baderne, le secteur du Bout du Monde, à Cormot. Comme chaque année, le 1er décembre débute la période d'interdiction de l'escalade pour cause de nidification des Hiboux Grand Duc. L'occasion pour nous de vous rappeler que cette falaise est désormais l'une des plus attractives de Bourgogne et même de France !


Cette falaise située à quelques kilomètres de Nolay et fréquentée par les grimpeurs depuis plus d'un siècle avait plutôt mauvaise réputation chez les grimpeurs franciliens : trop haute (35 à 40 mètres), équipement vieillissant et espacé, obligation de sortir au sommet pour assurer un second... C'est désormais une époque totalement révolue grâce aux efforts de la nouvelle génération de grimpeurs locaux ! 

La falaise historique de Cormot reste, elle, accessible toute l'année(C) 2016 Greg Clouzeau
La falaise historique de Cormot reste, elle, accessible toute l'année(C) 2016 Greg Clouzeau

En effet, en quelques années, les voies de Cormot ont été rééquipées puis ont été dotée de chaines de relais permettant de mouliner et de nombreux point ont été ajoutées dans les départs. Alors certes, il reste encore des voies où avoir peur au-dessus des clous est toléré. Et oui, ici, les chutes de pierres restent d'actualité (port du casque vivement conseillé). Même si les nostalgiques de la sortie sur le plateau n’apprécient pas tous ces petits changements, la falaise historique a maintenant de quoi attirer les foules de grimpeurs et grimpeuses qui apprécient les voies entre 5c et 6b. Il y a même un super parking et la marche d'approche, partiellement en descente est des plus courtes ! Bref, il manquait juste des voies très dures et extrêmes pour faire de ce vallon, la falaise de référence en Bourgogne. 
Baderne, bout du monde, Cormot (C) 2016 Greg Clouzeau
Baderne, la falaise du Bout du monde, est interdite à partir du 1er décembre, pour 8 mois

Avec le développement actuel de Baderne, au Bout du Monde, et ceux de la réserve et de la cascade, les plus forts falaisistes ont maintenant du pain sur la planche. Plus d'une centaine de voie de 7a à 9a vous attendent. Et les projets ne manquent pas ! Question style, c'est dévers, voir très dévers et les longueurs vont de 12 à 50 mètres. Le tout est au soleil et plutôt abrité de la pluie (mais pas forcément des chutes de pierres)  !


Arnaud Ceintre s'offre un beau 8a+ à vue  à Baderne !
Arnaud Ceintre s'offre un beau 8a+ à vue  à Baderne !


Oui mais Baderne, c'est aussi la falaise choisi par deux couples de faucons pèlerins puis deux grands Ducs pour nicher. Étrange d'ailleurs cette cohabitation, les hiboux étant de grands prédateurs de faucon ! Il paraît même que dans certains milieux de protection des ziozios, les ornitologues se crêpent le plumage entre les défenseur des faucons et les défenseurs des hiboux. En tous cas, si Baderne a pu se développer, c'est aussi grace à la bonne entente entre équipeurs et naturalistes. Il est donc primordiale de respecter ces interdictions temporaires pour préserver nos possibilités de grimper dans les sites naturels de demain.

Donc, dépêchez-vous si vous voulez faire les dernières croix de 2016, c'est maintenant ! Après le 1er décembre, ils faudra patienter 8 mois... 

A l'essai dans les nouvelles voies de la grande vire (C) 2016 Greg Clouzeau

Renseignements et mise à jour notamment sur le site
http://www.topogrimpe.org/topogrimpe/Bourgogne.html
Mi-octobre, informé par Bruno Fara, nous avons publié un article sur l'avenir de l'accès aux falaises, suite à la condamnation de l'assureur de la FFME. Une affaire qui inquiète tous les pratiquants de sites naturels (SNE) et qui pourrait avoir de nombreuses répercussions dans d'autres sports outdoor. Pour aller au-delà des rumeurs, mieux valait poser directement les questions au Président de la Fédé. C'est donc notre ami Pierre Délas, rédacteur de Fanatic Climbing qui s'y colle ! Après quelques échanges avec lui, il a fait le choix de donner son ressenti sur le discours de Pierre You. Nous vous renvoyons donc à la page Facebook de Fanatic Climbing pour la lecture de l'ITW de Pierre You et à son analyse ci-après. Merci à Pierre Délas pour ce travail de clarification.

Beaucoup de falaises sont maintenant
classées Terrain d'aventure. Port du casque
presque obligatoire...
A travers l'interview, Pierre Délas a relevé plusieurs messages envoyés par le président de la FFME. Nous partageons une bonne partie de son analyse quoique, connaissant un peu le président de la FFME, nous pouvons certifier qu'aucun de ses propos n'est tenu par hasard. S'il se veut rassurant sur l'avenir des SNE, nous sommes, à la TL²B, beaucoup plus circonspect, en tous cas en ce qui concerne les sites sportifs (par opposition aux terrains d'aventure où le risque objectif est omniprésent dans l'esprit des usagers). Sans une réforme profonde des réglementations et un lobbying actif de l'ensemble des fédérations délégataires et affinitaires outddor, il y a peu de chance que l'avenir s'éclaircisse !

« Le déconventionnement n’est pas à l’ordre du jour. »  A plusieurs reprises dans l’interview, les réponses de notre président laissent à penser que notre inquiétude, toutefois naturelle, est exagérée. A ses yeux, pas de quoi s’alarmer et s’affoler ! Gageons de sa bonne foi en espérant de ne pas avoir de mauvaises surprises dans les mois (et années ?) à venir.

Ensuite, l’autre message fort décrypté par Pierre se situe lorsqu’il rappelle « que les conventionnements sont possibles uniquement parce que des grimpeurs se licencient à la fédération. Ce n’est pas le cas de la très grande majorité des pratiquants (plus d’un million de pratiquants) qui pourtant utilisent ces sites. » 
Le message est clair : il s’adresse à ceux (qui sont inquiets mais) qui ne font que consommer de la grimpe. Un message auquel nous ne pouvons qu’adhérer. Si vous voulez voir la situation évoluer dans le bon sens, ou tout au moins qu’elle ne se détériore pas, il faut aussi être acteur de sa votre pratique. De belles initiatives fleurissent un peu partout, sur le terrain ou dans les instances et même si vous ne vous en sentez pas les compétences, vous aussi vous pouvez agir : par exemple en vous rapprochant de certains comités départementaux FFME actifs ou de l‘association Greenspits par exemple (page Facebook) et que la TL2B vous présentait dans cet article.


Tom, un des DE équipeurs de  Baderne à Cormot (Bourgogne) va-t-il pouvoir respirer sur sa responsabilité  en
cas d'accident sur le site ? C'est pas gagné ! Heureusement, le site est soutenu par le CAF...
Cela passe aussi dans notre manière même d’envisager l’activité, en achetant les topos, en respectant les interdictions ou restrictions, en relayant les bonnes pratiques de préservation de l‘espace naturel comme par exemple à Fontainebleau. Dans notre société où la logique de consommation s’immisce partout, à force de passer le plus clair de son temps à consommer le moindre bout de caillou sans voir plus loin que le bout de son nez ni se soucier de l’impact et des conséquences de sa pratique, le retour de bâton pour le falaisiste français arrivera, inéluctable, brutal et peut-être irréversible… Il n’est pas trop tard pour changer les mentalités, agir dans l’intérêt de notre sport et des générations futures.

8 mois c'est long ! mais c'est à ce prix que l'on peut grimper sur de nouveaux sites naturels !
Soyez acteur et non consommateur. Relisez nos chartes de bonnes pratiques, respectez-les !


Pour finir, on notera le ton laconique (et frileux ?) de Pierre You dans ses réponses. 
Pour FanaticClimbing, deux raisons possibles à ces réponses succinctes : soit la gestion des sites naturels n’est pas dans ses sujets de prédilection, soit les questions de cette interview ne l’ont pas enthousiasmé. Nombre de nos questions étaient ouvertes et laissaient donc le champ libre à un développement plus poussé des idées et perspectives défendues par la FFME aujourd’hui. Dommage de ne pas avoir profité du micro tendu pour mettre en lumière ses positions et points de vue, c’était pourtant une occasion de faire entendre la voix fédérale sur un sujet sensible. On restera donc un peu sur notre faim même si bien sûr nous sommes très heureux d’avoir obtenu des réponses à TOUTES nos questions, merci donc à Pierre You d’avoir joué le jeu.


Source : Pierre Délas pour FanaticClimbing

Ndlr : Nous attendons avec impatience la création d'un site internet Fanatic Climbing qui nous semble plus approprié qu'une simple page Facebook. Il y travaille ! Si d'aventure vous n'avez pas accès à Facebook et que vous souhaitez tout de même lire l'ITW de Pierre You, adressez-nous votre demande par mail via la boîte de dialogue en bas de page.


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