Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2016-02-21


Le temps des gros atlas papier est peut-être pas, totalement révolu, mais il faut reconnaître que l'acquisition et la transmission des connaissances naturalistes se fait nettement mieux avec les moyens informatiques. Tout le monde peut désormais renseigner son observation en ligne, et ainsi voir s'allumer un petit carré au sein d'une carte ! C'est ce qui s'appelle un atlas dynamique en ligne.
Nous évoquons régulièrement ici les opérations de comptage et les supports de sciences participatives. C'est bien grâce à vous et grâce à eux que l'on peut donc savoir où, telle ou telle espèce a été observée. Près d’un an après la mise en ligne de l’atlas dynamique des odonates, des mécoptères et des fourmilions, Natureparif, l’Opie, la Société Herpétologique de France et la Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères étendent ces atlas à 4 nouveaux groupes taxonomiques !Avec les 4 nouveaux atlas d'Ile de France, ce sont ainsi 135 espèces de papillons, 14 espèces de reptiles, 17 espèces d’amphibiens et 44 espèces de mammifères qui sont présentées par un texte, une description de leur habitat et une photographie.

A quoi sert un atlas dynamique ?


Cela permet à tous de mieux connaître le patrimoine naturel de l'Île-de-France  mais également ses évolutions, grâce au détail de la répartition passée et présente des différentes espèces sur notre territoire. Ainsi, la base s'enrichie très vite et en temps réel. Super motivant ! Cela permet aussi d'inviter les observateurs à combler les "vides de prospection".

Sur les nouveaux atlas, une carte de répartition et des diagrammes phénologiques (les variations temporelles ou saisonnières) accompagnent chaque monographie et sont mis à jour automatiquement lorsqu’une nouvelle donnée est saisie dans la base « Cettia ». Une synthèse communale est accessible pour chaque groupe taxonomique, indiquant le nombre d’espèces présentes sur la commune et la localisation des zones accueillant le plus d’espèces. D’autres onglets apportent des informations sur l’identification, la conservation, les ressources bibliographiques et seront progressivement enrichis.

L’import de jeux de données externes vers Cettia est actuellement en cours : les cartes gagneront ainsi encore en finesse au cours des prochains mois. Pour le moment, elles ne représentent que l’état des connaissances reflété par les données saisies ou importées dans la base.

A partir du printemps, une nouvelle rubrique viendra agrémenter ces atlas : la contribution annuelle à la connaissance, résumant les observations récentes et permettant de comparer l’année en cours à la moyenne.



L'atlas dynamique de la biodiversité permet également d'éditer des synthèses communales assez précises, avec une liste d'espèce, leur statut reproducteur et les secteurs les plus riches de la commune. L'ensemble de ces données synthétisées seront également agrégées sous forme d'indicateurs de biodiversité dans l'observatoire des territoires (ouverture prochaine par Natureparif). Grâce au système de mots clés de Cettia, différents indicateurs peuvent être automatiquement renseignés.


Ces atlas dynamique doivent cependant être considérés avec une certaine précaution : toutes les données existantes n'y figurent pas. L'import des données anciennes prend du temps. Les circuits de diffusion des données sont encore très variés. Cettia-idf a vocation a rassembler cette connaissance et à la diffuser au plus grand nombre. Cet observatoire de la biodiversité francilienne, constitué par la somme de ces atlas dynamiques, constitue l'un des moyens de la partager.




http://observatoire.cettia-idf.fr/accueil

http://www.natureparif.fr/

Relire nos articles :
http://www.tl2b.com/2015/04/cettia-idf-le-portail-de-saisie.html

http://www.tl2b.com/2014/09/vous-aussi-devenez-observateur-de-la.html






La mobilisation citoyenne autours des opérations de ramassage des déchets abandonnés en forêt de Fontainebleau ne faiblit pas ! Pour preuve, ce WE, ce sont les vététistes bénévoles de MBF qui se lance dans la course après une première opération l'an dernier. Il seront suivis par l'opération du 6 mars qui s'inscrit dans le groupe Facebook dont nous avons déjà pas mal parlé ces derniers mois et qui est maintenant largement relayé dans la presse locale et nationale ! Rappellez-vous que si nous n'avons pas toujours le temps de faire un article sur ce sujet, vous pouvez partager vos initiatives et RDV sur notre page Facebook
Donc, cette fois, focus sur l’initiative d’un adhérent MBF qui, suite à une première opération en 2015, organise une nouvelle action de ramassage de déchets en forêt de Fontainebleau…

Le but est de mobiliser des vététistes et leur vélo sur différents secteurs de la forêt de Fontainebleau.

Il vous donne donc rdv à 9h30 sur le parking du restaurant « l’auberge de la Caverne des Brigands » à Barbizon. Ensuite en fonction du nombre de participants, des équipes seront formées afin de parcourir les différents secteurs. Bien entendu, nous vous convions à participez à cette action citoyenne démontrant que les vététistes aussi participe à l’entretien des sentiers de randonnée

Pour en savoir plus ou coordonner l'opération il suffit d’envoyer un mail à Guillaume qui s’occupe de l’organisation : guigui.vanoud[@]free.fr

Trail sur les 25 bosses (C) Greg Clouzeau
En Mаrs  il vaudrait mieux éviter de planifier une sortie balade ou escalade autour de Noisy sur Ecole, Milly la forêt et sur les 25 bosses dans les Trois Pignons !

En effet, comme chaque année, ce mois très chargé en évènements sportifs, voit les parkings de la forêt saturer lors des épreuves de trail. Ainsi, dimanche 6 mars c'est la 30è édition de la course verte des Trois Pignons, le 20 mars c'est la 19è des arcades et les 26, 27, un petit évènement pourrait bien saturer les 25 bosses !

Il semble donc qu'une fois encore, l'ONF ait reçu les garanties nécessaires à la sauvegarde des sites pour autoriser ces rassemblements dans des sites fragile de la forêt. On peut quand même s'interroger sur la pérennité de telles manifestations à la lecture des décisions de l'ONF dont nous parlions suite à l'enquête de fréquentation de la Forêt de Fontainebleau.


Bref, dimanche 6 mars, se déroulera  la trentième édition de la "Course verte des 3 pignons" à Noisy-Sur-École (77123) inscrite au calendrier du sportif. Un évènement qui l'an dernier avait réuni plus de 1400 participants !

Au total, 4 parcours :
une cоursе nаturе dе 1,4 km pour les еnfаnts 
boucle de 5 km, 
boucle de 12 km
еt boucle de 21 km 
toutes sur les chеmіns forestiers sаblеux du Mаssіf dеs 3 Pіgnоns. 

Pour les autres, il y a aussi les opérations de ramassage des déchets en forêt de Fontainebleau


Le 20 mars, pour fêter le printemps, c'est le Coquibus qui sera le théâtre naturel des coureurs de l'Essonne pour la célèbre course des Arcades .
La dix-neuvième édition part et arrive au stade de Milly-la-Forêt mais se court dans le massif du Coquibus sur deux parcours :
un de 23 km
et un de 11 km
+ une randonnée gratuite de 8 km

Bulletin d'inscription format pdf
Réglement format pdf
Accès stade



En fin, les 26 et 27, ce qui devait être au départ un challenge personnel devient petit à petit un rassemblement de trailers au bon cœur sur les 25 bosses !

En effet, Pascal, en francilien passionné de course en montagne ne pouvait trouver son salut qu’en forêt de Fontainebleau sur le fameux circuit des 25 bosses qui fut même son unique lieu d’entrainement (2 à 3 fois par semaine) en 2015 pour l’UTMB et avec le Grand Raid La Réunion en ligne de mire. Une carrière qui a bien failli se terminer sur ce même circuit des 25 bosses lors d'une très vilaine chute en descente, nécessitant l'intervention des pompiers et dont sa jambe portera les stigmates à vie.

Pour fêter son retour à la course, Pascal s'engage à tenir "25 heures sur les 25 bosses" (soit 6 à 7 tours) comme cela a déjà été fait par quelques franciliens. Mais afin de lier l'utile à l'agréable, il souhaite mettre en place une collecte de promesses de dons autour du challenge.  Il court déjà aux couleurs d'une association qui vient en aide aux familles d'enfants autistes. 

Un challenge sympathique pour lequel nous lui souhaitons vivement de réussir. Cependant nous invitons à la plus grande prudence celles et ceux qui seront tentés de l'accompagner comme il le propose sur Facebook car courir  sur les 25 bosses et de nuit ou par temps humide, c'est dangereux !



Chênaie forêt de Fontainebleau
On nous dit que le développement des forêts est nécessairement bénéfique pour la lutte contre le réchauffement climatique. Eh bien peut être pas tant que çà ! Un article paru dans la prestigieuse revue Science jette un pavé dans la mare en démontrant que toutes les forêts n’ont pas la même capacité d’atténuer le changement climatique, ni tous les modes de gestion sylvicole. Une nouvelle invitation à réfléchir aux orientations futures de la politique forestière notamment française.

Pour le climat, il faut certes plus de forêts mais des futaies feuillues !

L’article commence par rappeler les grandes évolutions des forêts européennes ces trois derniers siècle à savoir, une forte extension des surfaces forestières, naissance de la sylviculture favorisant les futaies plutôt que les taillis (qui étaient destinés au bois de feu), la mise en gestion de forêts auparavant inexploitées, mais aussi enrésinement progressif des anciennes chênaies et hêtraies. De grandes tendances européennes très visible à Fontainebleau par exemple.
Trois Pignons, CPM Delcampt.net
Les Trois Pignons au début du XXe siècle
Et 100 ans plus tard

Que nous apprend l'article par rapport au réchauffement climatique ?


L'accroissement des surfaces forestières et le traitement en futaie auraient permis d’augmenter significativement le stockage de carbone compensant ainsi une part des émissions de CO2 responsables du changement climatique. Mais à l'inverse, l'enrésinement et la gestion sylvicole auraient contribué à aggraver le dérèglement climatique ! Du coup, l'extension des surfaces boisées en pins comme à Fontainebleau n'est peut être pas une si bonne chose !


Heureusement pour l'Europe, la France est là !

En France, les essences feuillues occupent encore environs les deux tiers de la surface totale des forêts. Mais cela pourrait bien changer, puisque le Programme National de la Forêt et du Bois, en cours d’élaboration par l’Etat, promeut notamment la transformation de forêts feuillues en résineux et l’intensification de l’exploitation ! Une orientation que l'on ne retrouve que partiellement dans le futur plan d'aménagement forestier de Fontainebleau qui prévoie une baisse des coupes mais un maintient des résineux !

Pour Hervé Le Bouler, pilote Forêt de FNE dans un Communiqué :
« ...cet article renforce encore nos arguments. De plus, il est en cohérence avec le rapport établi par l’ONERC et rendu public en 2015, qui prévenait déjà contre les fausses bonnes solutions, ce qu’on appelle la mal-adaptation, ainsi qu’avec d’autres publications scientifiques, toujours plus nombreuses. »

Julie Marsaud, coordinatrice Forêt de FNE, conclut : « L’intensification de l’exploitation et la transformation de nos forêts pour satisfaire l’industrie sont des impasses du point de vue du climat. Les solutions doivent être recherchées ailleurs, en luttant contre le fléau de la déforestation, en favorisant le stockage de carbone dans les arbres et les sols plus longtemps, en maintenant les essences feuillues et en augmentant la diversité au sein des écosystèmes forestiers. »


Naudts et al. Europe's forest management did not mitigate climate warming, Science 351, 597 (2016)

ONERC. L’arbre et la forêt à l’épreuve d’un climat qui change. Rapport remis au Premier Ministre et au Parlement. La Documentation française, 2015 (pdf)


Pierre Alain, années 30, Fontainebleau
Si on vous dit "parkour", vous vous dites peut-être que l'orthographe a beaucoup évolué depuis votre dernier passage sur les bancs de l'école, et sans doute, qu'est-ce que cela vient faire sur un site consacré aux loisirs et sites naturels ! 

On vous répondra alors que le Parkour est une discipline sportive née, malgré tout, dans les sites naturels. Voici donc quelques informations sur cette pratique, sa place en forêt de Fontainebleau et autres jardins et son développement à venir qui n'est pas sans rappeler celui de l'escalade.



C'est quoi le Parkour ?


Si le parkour n'est pas à proprement parler, un loisir de pleine nature, il y trouve sa place assez facilement. En effet, si la discipline qui se cache sous cette dénomination est bel et bien urbaine, elle est, par sa définition, l'une des plus vieilles et naturelles au monde dans sa finalité :  "se déplacer efficacement grâce à ses seules capacités motrices, dans différents types d'environnements" ! Les concepts du franchissement d’obstacles et du déplacement efficace existent depuis toujours. C'est même une loi quasi animale dans la lutte pour la survie.

Le parkour est donc un enchaînement de sauts, escalades, rétablissements, re-sauts, courses, permettant de franchir des obstacles en s'aidant de leurs lignes de faiblesses et en passant par la quadrupédie. Bref, c'est un peu comme enchaîner en courant certains vieux circuits d'escalade de Fontainebleau où les sauts permettaient de passer d'un bloc à l'autre ! Le parkour (qui s'écrit PK en abrégé) et son pratiquant,  "le traceur", ont donné naissance à une autre discipline, le “Freerunning ou Art du déplacement (ADD)” qui se focalise d'avantage sur l'esthétique des mouvements.

Pierre Alain, années 30, Saut de la Brioche, Fontainebleau
Pierre Alain, années 30,
Saut de la Brioche, Bas Cuvier Fontainebleau
Au cinéma, dans les films de capes et d'épées, l'enchaînement de cascades qui permet au héros d'affronter des hordes d'assaillant est une forme de parkour. Douglas Fairbank l'utilise par exemple dès 1920 dans son film Le Signe de Zorro. Si on parle d'escalade, rappelons que dans les années 30, il n'était pas rare de voir les alpinistes parisiens s'entraîner à des sauts entre deux blocs de Fontainebleau. Parmi les plus célèbres citons celui qu'effectuait Pierre Alain depuis le sommet du bloc de la Brioche (noir du Bas Cuvier) vers la dalle qui lui fait face ou celui de Robert Paragot qui se terminait par l'escalade de la Stalingrad. Deux sauts d'exception qui, aujourd'hui, ne sont que rarement essayés ! 

D'ailleurs, les alpinistes pratiquent les sauts depuis très longtemps que ce soit pour franchir une crevasse, une rimaye, ou passer d'une tour à une autre. À ce petit jeu, il faut rendre hommage aux grimpeurs de l'Allemagne de l'est qui n'hésitaient pas à se lancer dans d'immenses sauts entre les tours de grès de l'Elbe (voir aussi ici). De véritables écureuils volants dont certains n'ont pas survécu. Dans les années 80, plusieurs grimpeurs se lancent dans ce qui va devenir la danse-escalade. Sur des morceaux des blues brothers, on verra Patrick Berhaut et Robert Cortijo réaliser de superbes enchaînements de jetés, sauts, escalades, pirouettes, cacahuètes...


Une nouvelle discipline sportive ?



On connaît en France le parkour depuis la médiatisation des Yamakasi. Donc, si l'on en croit les différentes publications sur le sujet, le parkour est né en France, sous l'impulsion de quelques précurseurs dont David Belle. A la fin des années 80 et au début des années 90, un groupe d’adolescents commence à s’entraîner autour d’Evry et de Lisses (91). Leur entraînement est axé autour de jeux d’agilité et de force, de défis autour du mouvement pour devenir plus fort physiquement et mentalement. Au fil des années les jeux deviennent sérieux et un groupe émerge, composé des plus acharnés. Ils sont 9 et prennent le nom de Yamakasi en 1997 : David Belle, Sébastien Foucan, Châu Belle Dinh, Williams Belle, Yann Hnautra, Guylain N’Guba Boyeke, Malik Diouf, Charles Perrière, Laurent Piemontesi. En 1998, David Belle et Sébastien Foucan se séparent des Yamakasi. David Belle fonde un groupe appelé « Les Traceurs ». Les sept autres membres fondateurs popularisent le parkour en France en 2001 grâce au film Yamakasi. Enfin, le dernier cofondateur, Sébastien Foucan, quitte la Relève et participe en 2003 au documentaire de la BBC, Jump London, qui fait découvrir la discipline au monde anglo-saxon.


Petit avertissement pour les lecteurs tentés par l'expérience !


Donc, soulignons dès maintenant que les sauts et à fortiori le Parkour sont des disciplines dangereuses ! Elles nécessitent un véritable entraînement physique autant que psychologique. Si les bleausards ont peu à peu lâché la discipline et adoptés les crashpads c'est bien parce que leurs dos n'en pouvait plus. Ceci étant dit, les bloqueurs reviennent à ces jeux dans les salles d'escalade où les gros tapis permettent toutes les folies : run and jump, jetés, courses sur volumes...

Avec son institutionnalisation, la pratique du PK a gagné les gymnases. En général le matériel de gymnastique est détourné pour créer des obstacles et proposer un environnement en mousse moins dangereux. De même, des parkourparks sont sortis de terre qui regroupent de nombreux obstacles en un même lieu.

En tous cas, les sauts et chutes à répétition sollicitent terriblement les disques vertébraux dont l'érosion sera source de vives douleurs après quelques années, voir d'ernie et d'hospitalisation.

Cet avertissement donné, revenons au parkour, ses valeurs et sa définition.

Le parkour a toute sa place à Bleau


Bleau étant situé à quelques kilomètres de la capitale et certains sites, à quelques minutes des villes comme Evry et Corbeille, c'est assez naturellement que les traceurs ont débarqué en forêt. Ici, pas de murets en béton ou de gouttières et autres poteaux métalliques mais des milliers de blocs de tous profils et de toutes hauteurs et des arbres qui permettent de très longs enchaînements. On trouve donc logiquement sur la toile de nombreuses vidéos tournées en forêt. Certaines sont une suite de mono-sauts, la base de l'entraînement au parkour, d'autres de véritables enchaînements.


En terme de cohabitation avec les autres usagers de la forêt, cela devrait bien se passer. D'abord, les valeurs sont plutôt les mêmes, ensuite, le parkour ne nécessite pas d'aménagement spécifique et ne cause pas plus d'érosion que l'escalade ou la randonnée.

Les Grands Aveaux (Essonne) ne sont qu'à quelques minutes de voiture du berceau du Parkour
Les Grands Aveaux (Essonne) ne sont qu'à quelques minutes de voiture du berceau du Parkour

Quel avenir pour la discipline ?


Le parkour est-il un loisir ou un sport ? Indéniablement, il nécessite une condition physique qui font de lui un sport. En revanche, un sport et sa fédération ne sont reconnus que s'ils organisent des compétitions (à l'exception de la randonnée à ses débuts) .

En France la pratique institutionnelle s’organise principalement autour d’associations sportives à but non lucratif. Une partie de ces associations font partie intégrante de la fédération de parkour (FPK). Créée en décembre 2011, la fédération a remplacé le collectif associatif PKIA (2009), élargissant au passage ses missions. La fédération vise à rassembler la communauté du parkour et du freerun français et à soutenir les associations et les traceurs indépendants.

La fédération mets en place des formations pour s'assurer que la discipline et ses valeurs restent transmises par des personnes compétentes . Ces valeurs, partagées par une majorité de traceurs à travers le monde, sont résumées dans la charte (consultable ici).
Comptant près d'un millier de pratiquants sur les quelques milliers français, répartis dans quelques 21 associations, elle est régulièrement sollicitée pour divers partenariats, et organise chaque année, un week-end de rencontre, d'échange et de partage entre traceurs français et étrangers.

En 2015, plusieurs évènements ont agité le petit monde du Parkour devant la volonté de certains d'organiser une compétition. Nous sommes là face à l'évolution d'une jeune activité qui n'est pas sans rappeler les débuts houleux des compétitions d'escalade en France et dont 2015 aura été le trentième anniversaire. Nous reviendrons dans les semaines qui viennent sur ce sujet avec l'intervention que quelques personnalités remarquables dont celle d'Antoine Le Ménestrel qui a bien connu l'époque où l'escalade devenait un sport de compétition.
La semaine dernière, nous étions invité par l'ONF et la CCI, à la présentation officielle des résultats de la grande enquête sur la fréquentation de la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons. Une présentation très riche en enseignements qui a attiré beaucoup plus de monde que celle sur le futur plan d'aménagement forestier. Il faut dire que l'enjeu économique qui découle de ces résultats est de taille car il remet partiellement en cause le SCOT et va influencer la politique d'accueil de l'ONF pour les prochaines années. Nous allons certainement consacrer plusieurs épisodes à ces chiffres et ce qui en découle.

Le pourquoi et comment de cette étude.

En dehors de l'étude nationales sur la fréquentation des forêt conduite par l'ONF, on manque cruellement de statistiques spécifiques à la forêt de Fontainebleau. Pourtant, ces chiffres sont à la base de la politique d'accueil conduite en forêt par l'ONF mais aussi sur tout le territoire du Pays de Fontainebleau. En Avril 2014, l'ONF, la CCI et divers partenaires comme les AFF ou Seine et Marne tourisme lance donc une énorme enquête quantitative et qualitative. Dire que les chiffres précédents dataient un peu serait un euphémisme. En effet, la dernière étude remonte à 1996.

Au total, 1500 questionnaires ont été remplis in situ, 10 000 appels téléphoniques ont été passés pour recueillir 500 témoignages d'habitants des communes limitrophes et 13 compteurs ont été installés sur les route, parking et même sur le sentier bleu n°2.

Ces 22500 heures de travail d'une cinquantaines d'enquêteurs volontaires et les 80 000 € dépensés nous ont-ils appris quelque chose que l'on ne savait pas déjà sur la fréquentation de Bleau ?

Et bien oui ! Et même mieux, certains résultats vont sans doute bousculer quelques idées reçus !

Ne dites plus 14 à 17 millions de visites annuelles mais plutôt 3 à 10 !


Cela fait quand même une sacrée différence non ? Comme toujours, les statistiques sont à prendre avec des pincettes. Et dans cette enquête, nous dirons même avec des pinces monseigneur car, soyons honnêtes, la méthode d'évaluation du nombre de visites est parfois un peu hasardeuse...

La fréquentation de Bleau aurait-elle alors baissée ? Non, certainement pas. Mais la méthode de calcul de 1996 reposait sur une enquête déclarative alors que celle-ci s'appuie ne grande partie sur des comptages ! Rien de comparable donc et les chiffres de 96 étaient sans doute sur-évalués.

Nous reviendrons plus en détail sur ces chiffres et les méthodes de calcul mais quand même, avec 10 millions de visites annuelles dans l'hypothèse haute, notre forêt reste une des plus visitées d’Europe et fait jeu égal avec la Tour Eiffel !


Les locaux sont les plus présents dans la forêt !


Alors si comme beaucoup de grimpeurs vous pensez que Bleau n'est plus fréquenté que par des étrangers, vous vous fourrez la main pleine de magnésie jusqu'au coude dans le sac de poudre de votre voisin ! La forêt de Fontainebleau est donc fréquentée par 86 % de français dont 65 % viennent des communes voisines. Les autres franciliens représentent eux 26 % des usagers et les autres français 9%. Ceci étant dit 14 % de visiteurs étrangers c'est déjà pas mal. Pour l'essentiel ce sont nos voisins des Pays Bas (23%) d'Angleterre (21%), de Belgique (20%) ou Allemands (17%) qui viennent nous rendre visite.




Bleau est très fréquenté les week-end mais il y a du monde toute la semaine.


Forcément, avec une fréquentation majoritairement locale, la fréquentation est permanente. Donc si 29% des visites ont bien lieu le dimanche et 17% le samedi, chaque autre jour reçoit 11 % des visites.

Et même la météo ne fait pas fuir les visiteurs puisqu'elle ne fait baisser que d'un tiers leur nombre entre 5 et 10 mm de pluie.


Bleau c'est toute l'année ou presque.


La période de moindre fréquentation (35 % de moins qu'en haute saison) va de mi-novembre à fin février. Ensuite débute la haute saison de mars à fin juin avec un pic à Pâques avant une baisse estivale (-12%). Sur les parking, la fréquentation la plus forte s'étale de 9 h à 17 h avec un pic lors du chassez-croisez de 14h-15h.




Et que viennent faire les visiteurs en forêt de Fontainebleau ?


Les sportifs sont majoritaires puisque 34 % pratiquent la randonnée et 28 % l'escalade. 
Les 2 roues non motorisés ne représentent que 4 % et les cavaliers ??? mais les enquêteurs nous ont avoué avoir eu bien du mal à questionner ces deux derniers type de pratiquants ainsi que les coureurs !


A quoi ressemble nos visiteurs ?


37% des visites sont le fruit de sorties collectives des associations du 77 (45%) venues randonner (62%) entre retraités (47%) ou grimper (21%). A ce flot de marcheurs s'ajoute celui des excursionnistes franciliens (31%), plus jeunes (64% de 20-59 ans) venant eux aussi marcher (54%) mais aussi grimper (23%). Les locaux (18%) ont une approche plus balade (72%). Enfin, Bleau reçoit 11% de grimpeurs venus séjourner pour grimper (à 100%) en bande (64%) dont 40 % venaient pour la première fois.


Au cas où certains auraient un doute, 78 % des visiteurs viennent en voitures et 14 % en cars et bus. Le train, sans doute sous estimé par les moyens d'enquête, ne représenterait que 2% des visites.


Que regrettent le plus nos visiteurs lors de leur passage en forêt  ?

Les déchets, la prostitution, le bruit...
Les visiteurs sont surtout insatisfaits de la propreté en bord de routes (26%). Le site du Bas Cuvier (Epine Nord) est fortement critiqué, en particulier par le public de grimpeurs étrangers, pour ses déchets en cœur de forêt (29%), liées aux rencontres nocturnes s’y déroulant. Ceci étant dit 93 % du public est satisfait de la sécurité en forêt. Par contre, peu de visiteurs appréhende le risque lié au milieu naturel : incendie, chute de branche, accident... Le balisage des sentiers satisfait par contre 91% des visiteurs.



Quels sont les enjeux pour l'économie locale ?


Les touristes en séjour fréquentant la forêt dépensent en moyenne 58 €/jour générant une recette touristique directe pour le territoire de 13 millions d’euros par an, dont 11 millions exclusivement grâce à la forêt. En effet, 84 % de ces visiteurs sont venus en séjour sur le territoire en premier lieu pour la forêt. Ces chiffres ne semblent pas tenir compte du shopping effectué par les touristes et notamment, on s’apercevrait sans doute que c'est là que réside le potentiel des grimpeurs étrangers comme l'a d'ailleurs bien perçu le centre commercial de Villiers en Bière


Il nous reste donc à évoquer ce que l'ONF en conclue quant à sa politique d'accueil, ce que l'office désigne sous le nom de "déclinaisons opérationnelles". Et là, il y a quelques trucs qui nous font bien plaisir tant nous avons mené le combat en faveur de telles décisions !

Quelques pistes envisagées par l'ONF


fermeture nocturne des parking du Bas Cuvier et de Franchard Ermitage
 Voici un point qui va encore faire débat pendant un bon moment. Il est clair que même après 20 heures, ces deux parking reçoivent une forte visite. Ceci étant dit, celui du Bas Cuvier (Epine) est aussi situé (malheureusement) en bord de l'ex N7, une route ultra-fréquenté par les poids lourds et automobilistes qui y voient aussi une air de repos !

2 ° Limiter les organisations de manifestations sportives ayant une influence sur la fréquentation des parkings des déjà sur-chargés comme Noisy sur Ecole où Apremont.

Revoir le stationnement de Franchard Isatis Cuisinière ! Là, franchement, depuis le temps qu'on le dit, on ne peut qu'y souscrire en ajoutant : que de temps perdu ! La phrase exacte de l'ONF est : "Agrandissement du parking en aménageant 55 places (capacité couvrant 98 % des besoins en basse saison) plus proches de la route départementale. Seule cette partie serait ouverte en basse saison, la partie actuelle servant d’extension en haute saison".

4° Développer l’offre touristique sur le site de la Faisanderie à bonne capacité d’accueil. Là, pour le coup, ont est plutôt contre ! Doit-on rappeler tous les efforts entrepris ces 30 dernières années pour faire baisser la fréquentation sur ce site très touché par l'érosion. C'est l'un des secteurs les plus aménagés de la forêt !

On ne va pas vous faire la liste complète des propositions mais ajoutez y celles-ci inscrite dans la présentation qui nous a été faite :


- "Travailler avec les réseaux de grimpeurs, les éditeurs de topoguides et les bloggers pour veiller à ce qu’ils ne communiquent que sur les sites d’escalade validés en commission « Sites naturels d’escalade » (liste officielle reconnue par l’ONF) afin de préserver le milieu et assurer la sécurité des pratiquants."
- "Communiquer en anglais auprès des grimpeurs étrangers sur les bonnes pratiques et les ofres d’hébergement via les topoguides, la carte IGN, les sites Internet et blogs spécialisés sur l’escalade, ainsi que sur les panneaux d’information des parkings d’accès aux sites d’escalade."
-"Renforcer l’action policière sur les dépôts de déchets en bord de routes, les excès de vitesse, la prostitution et les sports motorisés."
- "Diminuer la pénétration en forêt par la fermeture de route, le développement de la conduite apaisée et la relocalisation des parkings le long des routes publiques."
- "Créer une offre VTT en dehors des sentiers de randonnée pédestre."

Si le terme bleausard défini les habitués des pays des grès de Fontainebleau, alors ce qualificatif vaut aussi pour les quelques sites des Yvelines dans la vallée de Chevreuse qui font le bonheur des grimpeurs franciliens depuis des décennies. On a déjà évoqué ici les circuits de Dampierre Maincourt, site remarquable et le topo Escalade autour de Rambouillet dont la troisième édition était sortie en 2006.
En effet, si les sites de Maincourt et des Vaux de Cernay, sont beaucoup moins connus que ceux de la domaniale de Fontainebleau, ils valent pourtant le détour avec des blocs de grès de 2 à 7 mètres et plus de 300 voies à eux deux  (90 voies de 2b à 6a, pour les Vaux, plus de 200 voies et 4 circuits, de 3b à 7c, pour Dampierre Maincourt)




Classés en site interdit par la FFME depuis cette réunion
Hélas, le Cosiroc nous informe que:

"Lors d’une réunion de travail dans le site de Maincourt, le représentant de l’ONF a informé le Cosiroc que tout tracé de circuit, ou autre balisage grimpant, était interdit dans le site des Vaux de Cernay (au niveau des Cascades) sur la pente est du Bois des Maréchaux (PF 35), ainsi que dans le Bois de la Vieille Bonde (PFs 31 et 32), ces deux sites se situant en forêt Domaniale.

Les raisons en sont les suivantes :
- érosion aggravée liée à la pente importante ;
- présence d’espèces rares sur l’ensemble du secteur (mousses et lichens)
- fréquentation importante et conflits d’usage possibles

Ces sites, surtout celui du bois de la Vieille Bonde (les circuits de l’Abbaye pour les grimpeurs), ne sont plus référencés dans la liste officielle des sites de la FFME." 



Heureusement, les circuits de Maincourt resteront balisés à l’identique, sauf un très léger détournement de l'orange pour éviter un point érosif.

Nous aurons peut être plus de renseignements prochainement avec le club d'escalade de Rambouillet. En attendant, ce coup de pression de l'ONF 78 est assez inquiétant. Certes, le site est aussi fragile que magnifique mais avec l'aide des grimpeurs et notamment  ceux du Cosiroc qui connaissent bien la lutte contre l'érosion anthropique, il devrait être possible de préserver ce site d'escalade dans un territoire où ils ne sont pas nombreux.


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