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2016 sera-t'elle l'année des chenilles processionnaires ?

Mis en ligne par Greg des blocs on jeudi 18 février 2016 | 18:14:00


L’Etat est-il en train de mesurer l’ampleur du problème sanitaire que pose la présence croissante des chenilles processionnaires du chêne et du pin en Seine et Marne et même en Ile-de-France ? 

Voilà  plus de 10 ans que le sud de l'Ile-de-France est envahi par ces chenilles gravement urticantes. De nombreux élus communaux imploraient les pouvoirs publics de réagir et surtout, d'y mettre les moyens. 

Cette année encore, avec un hiver 2016 clément, les chenilles ne devraient pas voir leur progression stoppée et les populations risque d'être importante ce printemps. En Seine-et-Marne, si 81 communes sont référencées comme étant infestées, selon le collectif des communes touchées elles seraient plus de 300.

L'Etat réagit en Seine et Marne

Sous l’impulsion de la préfecture, l’intercommunalité de la Brie nangissienne a mis en place un pôle pilote visant à éradiquer ce nuisible. Ce nouveau cercle de réflexion s’est réuni la première fois en septembre. Pour éradique ce nuisible, il faudrait aussi que les particuliers s’impliquent d'avantage. Un arrêté préfectoral de 2012 prescrit pourtant aux propriétaires de participer aux actions communales mais cet AP a ses limites et on voit mal les policiers municipaux courir chez les particuliers pour le faire appliquer ! De leur côté, les services de l’Etat parlent plutôt d’«un problème prégnant», refusant de parler d'un «problème sanitaire» malgré le nombre sans cesse croissant de communes infestées. «Il y a malgré tout une reconnaissance implicite du souci. L’idée c’est de pouvoir établir un cahier des charges qui servira à l’ensemble du département pour mettre en place un programme curatif», expliquait Yannick Guillo, maire (DVG) de Saint-Ouen-en-Brie, au journal le Parisien.

Des obligations


L'arrêté n° 12/PCAD/31 du 26/03/2012 du préfet de Seine-et-Marne porte obligation d'élaborer et mettre en œuvre un plan de gestion, aux fins de régulation des populations de chenilles processionnaires du chêne et du pin. Il appartient aux maires des communes infestées par les chenilles processionnaires ainsi qu’à chaque propriétaire et locataire de terrain de procéder aux actions nécessaires. Josiane Cottron, membre de Nature Environnement 77 qui suit ce dossier, s'interroge : "Qu’attend-on ? Des chocs anaphylactiques, des œdèmes de Quincke voire des insuffisances respiratoires qui sont loin d'être de simples démangeaisons ! N'y-a-t'il pas une priorité de santé publique quand celle-ci est reconnue ? A quoi sert le code de la santé ? Pourquoi l'arrêté préfectoral de 2012 n'est-il pas appliqué dans de nombreuses communes ? Pourquoi les services de l'état n'obligent-ils pas les mairies et citoyens concernés à respecter la loi ?
Faut-il encore d'autres problèmes sanitaires et environnementaux, tels que ceux relatés par la presse lors de l'été 2014 !


Le collectif  des communes de Seine et Marne recense désormais 300 communes  touchées. « Plus toutes celles dont les maires préfèrent se taire, ajoute Yannick Guillo. Notre plan d’action consiste à établir un diagnostic commune par commune. Pour cela on a envoyé un questionnaire. Ensuite il faut travailler sur les solutions qui permettent d’éviter l’abattage». En arrière pensée, il y a l'idée de mutualiser d'importants investissements dont l'achat d'engins de pulvérisation  de produits phytosanitaires afin de traiter les zones infestées. Et c'est sans compter  la main d'oeuvre ou la sous-traitance à des entreprises privées spécialisées.

En attendant, les messages ce multiplient dans les bulletins municipaux du Pays de Fontainebleau et de Seine et Marne. Ceci dit, on ne voit pas très bien comment l'action des communes pourrait suffire à régler un problème d'une telle ampleur vu le niveau de propagation dans nos forêts et notamment le long des nationales qui constituent pour les papillons de vrais chemins migratoires.

En quoi les chenilles processionnaires sont elles dangereuses ?


La processionnaire du pin est un papillon de nuit de la famille des Notodontidae et de la sous-famille des Thaumetopoeinae. Particulièrement étudiée depuis quelques années, Thaumetopoea pityocampa (lien INPN) fait partie des indicateurs du changement climatique sélectionnés par le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). En effet, la répartition de l’espèce est fortement impactée par le réchauffement global.

Responsable de graves "brûlures" pour l’homme et les animaux domestiques ses pics de pullulation peuvent légitimement inquiéter. C’est sous le stade de chenille que l’espèce passe la majeure partie de sa vie et qu'elle est malheureusement néfaste. Ces chenilles possèdent des poils urticants microscopiques en forme de harpon pouvant être entraînés par le vent et qui provoquent des réactions cutanées importantes, boutons, démangeaisons, lésions oculaires et respiratoires. Les animaux domestiques, eux, encourent en plus une nécrose de la langue entraînant la mort ! Enfin, les fils de soies des cocons sont eux aussi urticants et pendant plusieurs années. Au printemps, lorsqu'elles entament leur migration, des milliers de ces fils pendent des arbres et peuvent vous toucher...( voir Le dossier de l'INRA sur les risques)

Un problème d'ampleur nationale


On trouve aussi la chenille du pin dans les Écrins et notamment dans vallée de la Durance.  Sans doute déjà présente sur d'autres versants sud du massif, elle est susceptible de poursuivre sa montée en altitude pour ne prendre qu'un exemple.


Une forte expansion de l’espèce vers le nord et en altitude


A l’origine méditerranéenne, cette espèce est connue depuis longtemps dans la moitié sud de la France. Favorisée par les températures douces, le réchauffement climatique lui est bénéfique. On observe depuis quelques décennies une expansion de son aire de répartition vers le nord, où elle atteint désormais la Normandie et la région parisienne, ainsi qu’en altitude. Elle a été observée jusqu’à plus de 1600 m sur le territoire du parc national des Ecrins.


Sa remontée vers le nord est très surveillée et s’avère très rapide, atteignant une cinquantaine de kilomètres par décennie.
voir sur le site de l'INRA : L'inexorable avancée de la processionnaire du pin


Pour en savoir plus :
http://www.tl2b.com/2001/01/chenilles-processionnaires-attention.html
/ob_1c54b0_chenilles-ap-12-pcad-31-26-03-2012.pdf
/ob_18251b_chenilles-note-information-et-annexes.pdf


Pour contacter Josiane Cottron cottron.josiane@orange.fr
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