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Matos

2015-11-22

En 1998, puis en 2009, de nombreuses personnalités se sont affrontées sur une possible création d'un Parc National en Forêt de Fontainebleau. Si le projet a été rejeté, c'est aussi parce que l'Etat lui a préféré la création d'un Parc National "des forêts" à cheval sur la Champagne et la Bourgogne. Mais là aussi, les opposants au projet sont finalement plus nombreux que prévu (voir article bas de page). Dernier épisode en date qui pourrait remettre en cause l'intérêt même du futur PN des forêts, la mise en vente de lots exceptionnels par l’Office National des Forêts (ONF) ! En effet, cette vente c'est plusieurs milliers de mètres cubes de bois à prélever dans le cœur du futur parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne. Une vente contesté par FNE et ses associations fédérées non sans raison !

Répondant à un engagement du Grenelle de l’Environnement en 2007, le projet de Parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne a été officiellement lancé par l’Etat en 2009. Le principal intérêt de ce projet réside dans la réserve biologique intégrale du massif d'Arc-Châteauvillain (Haute-Marne). D’une surface de 3 100 ha d’un seul tenant, cet espace constituerait la plus grande RBI de futaies en libre évolution en France métropolitaine. 


Il est donc assez surprenant que ce soit précisément dans ce lieu que l'ONF prévoit la vente des plus gros et plus vieux arbres alors que c'est précisément de ces vieux bois que dépend la majorité de la faune et la flore observable dans une RBI ! D'ailleurs, il faudrait aussi relire les décrets de classement de cet espace en RBI pour savoir si les coupes y sont autorisées.

« Avec la poursuite de l’exploitation des vieux arbres, c’est bien le patrimoine du futur parc national qui est pillé. En amputant la réserve de sa fraction la plus mâture, ces coupes retardent pour plusieurs décennies l’intérêt d’un espace strictement protégé et dédié à la recherche scientifique », explique Romaric Leconte, co-président de l’association Nature Haute-Marne.

Pour renoncer aux coupes et aux travaux forestiers dans la future réserve intégrale, l’ONF demanderait une compensation financière à l’Etat, qui la lui refuserait. En tant que gestionnaire des forêts domaniales, l’ONF a la possibilité légale de retirer de la vente les lots issus des parcelles concernées, ainsi que de reporter des coupes ou de prendre l'initiative d’instruire d’ores et déjà le projet de réserve intégrale. En tant que porteur du projet de parc national, l’Etat, tant au niveau des Ministères que de ses services et établissements publics, devra assumer ses responsabilités à propos de l'intérêt d'un PN qui serait irrémédiablement vidé de ses principales richesses si ces arbres étaient coupés. 


En attendant, il serait aussi intéressant de savoir si cette RBI permettrait de tirer des enseignements différents sur les écosystèmes de feuillus, en particulier face au changement climatique que ceux tirés des RBI de la Forêt de Fontainebleau étudiées de 1861 !

Source CP FNE






Vous le savez, parmi les nombreuses plantes introduites par l'homme en forêt de Fontainebleau, certaines ont pris un tel essor qu'elles peuvent facilement être qualifiées d'invasives et menacer nos paysages. 

Outre l'Ailante ou le Prunus, nos amis de l'ASABEPI combattent sans relâche le Raisin d'Amérique (Phytolaque) dont nous avons parlé à de très nombreuses reprises. Après leurs différents succès de l'an dernier qui a permis l'achat de matériel, et le calendriers des opérations à venir que nous partageons régulièrement avec vous sur notre page facebook, voici un texte assez instructif sur le niveau de connaissance du problème par le Ministère de l'environnement ! 

En effet, en juin 2015, Jean Vincent Placé posait une question importante sur le sujet à notre Ministre de l'environnement au Sénat. Cinq mois plus tard, la réponse de la ministre est assez significative du peu d'importance accordé au dossier. Une méconnaissance qui met une fois de plus en péril tant les efforts de nos amis de l'ASABEPI que ceux de l'ONF pour faire de la forêt de Fontainebleau et des Trois Pignons une véritable forêt d'exception et de patrimoine !

Rappel des faits :

Question écrite n° 16869 de M. Jean-Vincent Placé (Essonne - ECOLO) publiée dans le JO Sénat du 18/06/2015 - page 1424

"M. Jean-Vincent Placé appelle l'attention de Mme la ministre de l'écologie, [...] sur les problèmes soulevés par la plante invasive phytolacca americana, communément appelée raisin d'Amérique ou teinturier.
Cette plante est désormais bien implantée à travers tout le territoire français, notamment dans les régions boisées et humides. Sa dissémination est favorisée par le fait que les oiseaux sont friands de ses baies. Or, cette plante est nuisible à la biodiversité puisque presque rien ne pousse à son pied. De plus, elle est toxique pour de nombreux animaux ainsi que pour l'homme.

Pour autant, il semblerait que la commercialisation de cette espèce ne soit pas interdite, celle-ci pouvant être trouvée à la vente en jardinerie ou sur des sites de vente en ligne. Certes, s'il semble illusoire de mettre un terme à sa propagation par une simple interdiction de vente, compte tenu du degré d'implantation de cette espèce sur le territoire, cet état de fait n'en reste pas moins contestable.
Aussi, il souhaite savoir quelles mesures elle envisage afin de limiter autant que possible la dispersion de phytolacca americana."


Réponse du Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergiepubliée dans le JO Sénat du 19/11/2015 - page 2693 (ici)

"Le raisin d'Amérique ou phytolaque américaine (phytolacca americana) est une plante exotique envahissante qui est généralement présente dans les milieux anthropisés comme les talus, les friches, les gravières, les décombres ainsi que dans les milieux perturbés des régions boisées et sablonneuses des plaines. 
Ces milieux ne présentent généralement pas un intérêt patrimonial marqué en termes de biodiversité. [...] Les experts du réseau des conservatoires botaniques nationaux considèrent que, malgré le manque d'études disponibles, les impacts du raisin d'Amérique sur la biodiversité sont en fait modérés. Du fait du faible intérêt patrimonial des milieux où elle se développe, la plante ne devrait donc pas être considérée comme faisant partie des espèces envahissantes à traiter en priorité. 

Bien que la commercialisation n'en soit pas interdite, l'espèce n'est pas vendue aux particuliers par les grandes enseignes de la distribution et de la jardinerie. Elle n'est vendue que directement par certains rares producteurs à des fins de collections. En raison des risques pour l'homme, l'espèce pourrait figurer dans les listes d'espèces dont la prolifération est nuisible pour la santé humaine et à l'égard desquelles sont prises des mesures d'interdiction d'activités [...] ainsi que cela est prévu dans la loi de modernisation de notre système de santé qui prévoit également des mesures de surveillance, de prévention et de lutte contre la prolifération de ces espèces."

Nous invitons donc Madame la Ministre et ses conseillers à lire certains de nos articles sur les invasives dont celui-ci d'où est extrait le paragraphe ci-dessous et à se renseigner d'urgence auprès de l'ONF sur la situation en Ile de France !

"En Ile-de-France, outre Saclay et la forêt des Grands Avaux en Essonne, la forêt de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, on rencontre le Raisin d'Amérique surtout dans les forêts de Fontainebleau, des Trois Pignons, ainsi qu'à la Commanderie, Darvault et Nanteau, où il s’ajoute à d’autres invasives très gourmandes telles que l’Ailante, le Robinier et le Cerisier tardif. Il apprécie particulièrement les clairières créées par la coupe ou la chute d’arbres et il prospère ensuite dans tout l’éventail de luminosité possible. En fait, il apparaît un peu partout, et même parfois au contact des grès. Pour l’instant, il ne vient que frôler les platières. Il se déchaîne, hélas, dans quelques réserves intégrales où il bénéficie d’une impunité totale, puisqu’il est actuellement interdit d’y intervenir. Le Raisin d'Amérique est par ailleurs classé comme peste végétale par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature)."

Heureusement, à Fontainebleau, nos amis de l'ASABEPI ne lâchent rien et ont pris la relève de Thierry Pain. Ils combattent le Phyto sur le terrain mais traquent aussi les revendeurs et les publications spécialisées de jardinerie !


Voici par exemple la carte de l'état des parcelles en forêt de Fontainebleau !

Carte de l'état des parcelles en Phytolaque
source ASABEPI


Relire donc au moins ces trois là :

http://www.tl2b.com/2012/09/lutte-contre-les-especes-envahissantes.html

Renseignements ASABEPI

Danielle et J Cl Perrée
phyto@netcourrier.com
tél 0680538826
http://phytolaque.wifeo.com/rendez-vous-chantiers.php
Merci d’avance au nom de la nature.

NATURE