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Sur les chemins

Escalade

Matos

2015-08-02

Les clôtures sont de plus en plus nombreuses dans nos forêts. Qu'il s'agisse d'un bois privée que son propriétaire veut légitimement soustraire aux hordes d'envahisseurs dominicaux, d'une réserve de chasse de laquelle les célèbres protecteurs armés de la nature veulent nous chasser pour éviter l'accident, d'une réserve biologique ou d'une parcelle en régénération, les prétextes ne manquent pas pour exclure tous types de visiteurs en posant une belle clôture grillagée. Il y a quelques mois nous avions été alerté par un de nos lecteurs sur l'engrillagement encours d'une partie de la plaine de Macherin. En effet, afin de préparer la venue du troupeau de brebis, dont nous avons évoqué la transhumance ici, l'ONF a fait procéder à la pause d'une de ces clôtures dont il a le secret ! Comme le disait le message de notre correspondant : "Une nouvelle parcelle à exclure des balades à ajouter au nombre croissant de celles ci !" Alors, au nom de l'écologisme ambiant, de la sauvegarde de la planète, de la protection de la faune et de la flore, du développement durable, de la lutte contre l'érosion, de la protection des personnes ect. etc., doit on poursuivre cette exclusion de l'homme de la nature ? A terme, ne risque t'on pas d’encourager leur vandalisme ? Voici quelques coups de gueule sur le sujet...


A propos de la clôture de la plaine de Macherin
En dehors de notre éco-respondant, c'est l'ami photographe et naturaliste Jean Paule qui revient sur le sujet sur son site avec ce billet d'humeur (mauvaise) : "Un éco-mouton fait de l'éco-pâture, il éco-broute des vilaines plantes (pas du tout éco quelque chose), il éco-entretient des éco-prairies qui, sans lui, deviendraient de vilaines forêts sauvages !
Un cerf, une biche, un chevreuil, une chevrette, un lièvre ne sont pas des éco-brouteurs mais de vilaines bêtes qu'il faut gérer à coup de fusil ! [...]

Il faut relire, ou lire l'ouvrage de Jean-Claude Génot, (voir ci-dessous un extrait), Ecologiquement correct ou protection contre nature, pour bien comprendre la démarche intellectuelle de ceux qui mettent en place, et soutiennent de telles farces ! [...]

[...] "Bientôt, plus un marais ne manquera de son troupeau de vaches écossaises ou de chevaux polonais, avec son lot d'aménagements indispensables : clôtures, cages de contention et panneaux d'information. Cette conversion unanime des protecteurs de la nature en éleveurs s'effectue officiellement pour le bien de la biodiversité" [...]


Si nous comprenons bien que les moutons ont besoin d'être parqués (notamment ici où la route est à quelques mètres), deux choses nous gênent beaucoup sur cette clôture ! 

Une des nombreuses photos de Jipé illustrant son article
La première, les deux rangés de fil barbelé ! Dangereux et inutiles ! Nous avons contacté le Responsable Accueil de l'ONF qui nous certifié que ces fils seront retirés dès que possible. A suivre donc !

La seconde, c'est l'importance du dispositif mis en place. Pourquoi ne pas avoir choisi, comme cela se fait dans de nombreux cas, une clôture mobile et plastique ? Ce parc à mouton a t'il vocation à rester plusieurs années au même endroit comme les clôtures des parcelles en régénération ? Notons quand même qu'à défaut d'avoir informé le public de la mise en place de ce parc, l'ONF a tout de même pris soin de prévoir des portails pour que les promeneurs puissent poursuivre leur ballade sans avoir à faire un long détour, ce qui est loin d'être toujours le cas.

Dans le même registre, c'est à dire celui de l'"écologisme", cette nouvelle religion sectaire qui n'a plus grand chose à voir avec l'écologie, il y a les enclos de protection de la flore contre la faune (y compris humaine) ou de la faune contre l'homme.

Citons par exemple les enclos autour des mares de la réserve biologique (dirigée) de Chanfroy (Arbonne-la-Forêt). Outre le fait que, là encore, pour observer les richesses floristiques et faunistiques de ce site remarquable, il faut, comme au zoo, longer les grillages ou être un scientifique agréé, ces gigantesques étendues fermées à la circulation (y compris aux animaux sauvages) se transforment petit à petit au risque de mettre en péril ce que l'on cherche à préserver ! En effet, tout l'intérêt de Chanpfroy réside dans l'importance du milieu ouvert. Hélas, la nature a horreur du vide ! Elle les comble... Si rien n'est fait, une bonne partie de ces superbes et riches pelouses ne seront bientôt plus qu'un souvenir. Jeunes pins et boulots ont déjà colonisé une bonne partie de leur surface.

Les prairies de la plaine de chanfroy ne seront peut être demain qu'un vieux souvenir


Toujours dans la protection, mais des hommes contre eux-mêmes, il y a les clôtures anti érosion

Au motif que la chute des branches d'un vieil arbre pourrait blesser quelqu'un, outre l'élimination radical du danger (comme ce fût le cas pour le plus vieux chêne de Bleau, le Jupiter, transformé en gigantesque mât), il y a les clôtures. 

En 1995, les mises en défens des Trois Pignons (95,2 par exemple) se résumaient à deux fils de fer facilement enjambés. Aujourd'hui, quand ce n'est pas une grosse clôture comme celle de Chanfroy (voir par exemple les nouveaux aménagement au Rocher de l'Elephant) c'est une ganievelle en bois comme cela a été mis en place devant le Surplomb du Calvaire ou sur les 25 bosses. C'est moche et ne sert pas à grand chose !

La sécurité : que voilà un bon prétexte ! 
Parlons plutôt là-aussi de dérive et donc de sécuritarisme. 


Enfin, il y a les clôtures de régénération : une vraie catastrophe écologique.

Dans les milieux de gestion raisonné on utilise des grillages bas permettant la circulation des grands mammifères. Mais le but de l'ONF n'est plus là. Il est de protéger ses plantations. Du coup, dans les forêts domaniales, depuis plus de 30 ans, nos forestiers, parcelle après parcelle, s'acharnent à nous barrer la route tout comme à la grande faune ! Comme en plus nos forestiers ont une fâcheuse tendance à la coupe rase sur de grandes surfaces... 



Si les bipèdes et autres deux roues peuvent réfléchir et trouver une alternative à leur chemin, la grande faune sauvage en souffre. Et ce n'est pas un vain mot comme le prouve les images (choquantes) ci-dessous ! D'ailleurs, les plans de chasses futurs ( 2017 ) de la grande maison ne prévoiraient que la présence d'un cerf ,1 ou 2 chevreuils et 4 sangliers par tranche de 100 hectares. Encore un triste constat de cette gestion.
Photos de l'AFLOC




Ainsi, nos amis des forêts de Laigue, d'Ourscamp et de Compiègne (AFLOC)  et notamment son Président nous qui nous avaient alerté sur le nouveau plan de gestion de Compiègne partagent ce constat dans leur forêt ! Compiègne et ses cerfs, c'est tout une histoire... mais pour combien de temps encore ?

Bref, vous l'aurez sans doute compris, les clôtures en forêt, à Fontainebleau, comme ailleurs, y'en a trop. Beaucoup trop ! Souhaitons que que cela change (on peut rêver) mais surtout que vieilles clôtures, devenues inutiles du fait de la croissance des arbrisseaux, soient systématiquement démontées. Nous n'avons pas trouvé pour le moment de statistique sur les surfaces encloses en forêt de Fontainebleau. Nous allons demander à l'ONF mais il serait peut être bons qu'une association réalise un inventaire des parcelles clôturées avec date, type de clôture, raison, surface, état...


"Le dimanche 24 mai 2015 à 6 h 23, Vermilion a été prévenue par les pompiers d’une fuite sur une de leurs collectes de production sur la commune de Leudeville, à proximité de l’un des sites de production d’hydrocarbures sur la concession pétrolière de Vert-le-Grand", indiquait Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques pour la société canadienne, au journal Le Parisien (Voir ). La Préfecture de l'ESSONNE vient de publier les mesures de polices qu'elle impose au pollueur. Bien mais quand on regarde de plus près...

Le journal Le Parisien rapportait aussi que "c’est en fait un automobiliste qui a signalé la pollution vers 5 heures du matin ce dimanche. Arrivés sur place, les gendarmes constatent qu’une canalisation alimentant en eau chaude la concession pétrolière de Vert-le-Grand fuit. Un mélange d’eau chaude et d’hydrocarbures s’est répandu sur 500 m2 dans un champ de blé et de colza. La pollution a d’abord été traitée par les pompiers, puis les camions de pompage de Vermilion ont pris la suite".

Un incident comme il en arrive régulièrement sur ces sites, notamment en Seine et Marne, mais pour lesquels les préfectures se veulent toujours rassurantes comme ici où les services de l’Etat indiquaient : « Et l’exploitant s’est engagé à dépolluer le site », . 

Ici encore, l'Etat vient d'imposer "des mesures de police" à cette société. Nos amis du blog Linexpliquable ont mis en ligne le document. 

Voyons un peu ce document ....

Notons qu'il reconnaît qu'il y a bien eu pollution avec de potentiels impacts sur l’environnement. La suite est, on ne plus étrange. Les services de l'Etat  ne savent pas s'il y a ou non des nappes phréatiques dans les zones de forages de cette charmante entreprise ! Alors, pour la délivrance de Permis, il n'y a eu ni étude d'impact, ni cartographie du secteur ? Aucun sondage ? 
Par ailleurs, si les eaux polluées se sont écoulées entre 5 heures (repérage de l'automobiliste) et l'arrivée des secours 2 heures plus tard, où sont-elles allées ?

Voilà une affaire qui tombe mal pour les pétroliers et Vermilion qui ne cesse de nous faire miroiter les bénéfices des pétroles et autres gaz emprisonnés dans nos sous-sol ! Nous en Seine et Marne, on se rappelle de la pollution par la même société du Ru d'Acoeur en juin 2013 Et rappelez-vous, les pétroliers ne parlent pas des incidents  survenus suite aux forages conventionnels verticaux réalisés par Elf entre 1965 et 1985 dans la forêt elle-même(deux forages à Chailly). Les eaux du Dogger sont remontées dans les 2 nappes exploitées pour l'alimentation en eau potable de la région. L'une d'elle est toujours polluée et a dû être abandonnée.














Attention, la semaine dernière, la chaleur se faisant moins écrasante, on retrouvait un peu de monde en forêt et bien entendu, certains ne manquaient pas de faire des feux de camp ! Hier, nouvel incendie près de l’hippodrome de la Solle et onze feux sur le département comme le rappelait le SDIS77 ce matin. Soyez prudents, respectez l'interdiction de faire du feux et de fumer en forêt.

"Après une semaine de météo mitigée, les températures sont reparties à la hausse en Seine-et-Marne. 

Lundi 3 août, en début de matinée, le CTA-Codis reçoit un appel de la base aérienne de Villacoublay (78). En survolant la forêt de Fontainebleau, le pilote d'un avion a remarqué un dégagement de fumées. 
Le sinistre est localisé à proximité de l'hippodrome de la Solle à Fontainebleau. Un Giff (Groupe d'intervention feux de forêts) est envoyé sur place. Après plusieurs minutes de reconnaissances, le foyer est découvert. Il s'étend sur environ 1 hectare, dans une végétation très dense parsemée de rochers. L'accès est difficile. 

Un deuxième Giff est envoyé ainsi qu'une CECGC (Cellule Citerne de Grande Capacité). Le sinistre sera rapidement circonscrit, plusieurs centaines de mètres de tuyaux sont acheminés à dos d'hommes pour l'établissement des lances. Les secours resteront sur place toute la journée et la nuit suivante pour parfaire l'extinction des foyers résiduels et éviter ainsi toute reprise de feu.

Photos SDIS77/Franck Desprez
feu à la Solle lundi 03/08/2015


Tout au long de la journée, les secours de Seine-et-Marne sont intervenus sur 11 feux d'espace naturel sur une surface totale de 135 hectares, notamment sur les communes de Montdauphin, Quincy-Voisins, Villeneuve-St-Denis, Changis, … Au total 185 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour ces interventions."

NATURE