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Sur les chemins

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Matos

2015-04-19

On a évoqué il y a peut la création en cours d'un PNR du bocage du Gâtinais qui viendra compléter celui du Gâtinais Français que nous avions présenté en 2011 dans cet article. Mais au fait, c'est quoi le Gâtinais Français ?

Le Gâtinais français, dont le nom d'origine "franque" désignait des terres pauvres ou ravagées et sablonneuses, est un pays rural à l'identité forte, forgée au cours des siècles. À l'époque gauloise et gallo-romaine, le Gâtinais, pagus Vastinensis, est une des subdivisions du territoire sénon créées par les romains, entre les Carnutes (Chartres) à l'ouest et les Lingons (Langres) à l'est. Reprise par les Francs, le Gâtinais correspond alors à l'un des cinq archidiaconés relevant du diocèse de Sens. À cette époque, sa ville principale est Château-Landon et il s'étend au-delà des deux rives du Loing. En 1068, le roi Philippe Ier fait entrer le Gâtinais dans le domaine royal français. Le roi Philippe Auguste repousse les frontières au-delà de la forêt d'Orléans, avec l'idée d'en faire un apanage pour son fils. 

Par la suite, les deux « capitales » ont été Montargis (pour le Gâtinais orléanais) et Nemours (pour le Gâtinais français). Une partie du sud du département de l'Essonne, autour de Milly-la-Forêt, se revendique également comme faisant partie du Gâtinais, tandis que certains auteurs considèrent nombre de communes du nord-ouest du département de l'Yonne comme faisant aussi partie du Gâtinais. Ses limites naturelles seraient ainsi la Seine au nord, l'Yonne à l'est, la forêt d'Orléans au sud et l'Essonne à l'ouest.

Quatorze communes portent aujourd'hui le nom du Gâtinais, treize dans le Loiret et une en Seine-et-Marne ! Feins-en-Gâtinais est la plus méridionale, Maisoncelles-en-Gâtinais la plus septentrionale. Etrange donc que ce territoire devenu en 1999 le 37ème PNR de France soit situé bien plus au nord encore ! Le parc naturel régional du Gâtinais Son territoire s'étend sur près de 70000 hectares  en Seine-et-Marne et  en Essonne. Liaison biologique entre les massifs forestiers de Fontainebleau et de Rambouillet, le Gâtinais français présente des paysages contrastés et insolites : clairières, forêts, sables, bois en lanières, vallées sèches, chaos de grès... Tous ces éléments constituent autant d'ambiances paysagères uniques, mais aussi très vulnérables. 

La majorité des communes du canton de la Chapelle-la-Reine, à l'exception de deux : Larchant et Recloses, se sont réunies en communauté de communes : la communauté de communes des Terres du Gâtinais.


Le Gâtinais français possède un patrimoine naturel et culturel riche, mais fragile, que le Parc s'est engagé à préserver, valoriser et faire connaître. Cet espace offre de nombreuses possibilités de promenades à la rencontre de la nature, à la découverte du patrimoine, à la recherche des savoir-faire traditionnels. Dans sa charte constitutive, le Parc s'est engagé à développer une gestion adaptée des milieux naturels, à maintenir la qualité des paysages et à encourager les actions d'entretien de l'espace.

La Maison du parc, située à Milly-la-Forêt, propose plusieurs types de sorties nature. Co financée par le Conseil général de Seine-et-Marne, la Maison du PNR est un bâtiment conçu comme un modèle en matière de développement durable. En effet, grâce à une isolation et une ventilation très performantes, il consomme deux fois moins qu'un bâtiment basse consommation.  De plus, il dispose d'une chaufferie en bois, d'un éclairage naturel par les verrières et des murs intérieurs en brique crue destinés à absorber ou restituer la l'humidité. Vous y trouverez des informations techniques et touristique sur les nouvelles technologies du développement durable.

Plus d'info sur l'histoire de ce pays sur ce site 
On va encore vous parlez de collecte de données naturalistes, d'observation et de sciences participative ! En effet, le portail de saisie de données Cettia-IDF est officiellement ouvert au niveau régional. Faisant suite à une mise en route en Seine-et-Marne financée par Seine-et-Marne Environnement (SEME), Natureparif a souhaité étendre l'outil au reste de la région. Cettia-IDF permet de saisir les observations de tous les taxons.

La Seine-et-Marne couvre un territoire à forte diversité paysagère. Elle est aussi très riche en patrimoine naturelle, historique, culturel et urbaine. Pour répondre aux aspirations des Seine-et-Marnais et atteindre ses objectifs de développement durable du territoire, le Département avait lancé un vaste programme de valorisation de la biodiversité. La connaissance du patrimoine naturel départemental et de sa vulnérabilité face à la consommation de l'espace et de ses usages est en effet essentielle pour définir un aménagement harmonieux entre les milieux, la flore, la faune et les hommes. Aujourd'hui, l'agence francilienne Natureparif peut s'appuyer sur les expérimentations réalisées pour étendre la saisie de données naturaliste  au niveau régional ! 

En mars, ce ne sont pas moins de 9834 observations qui ont été effectuées et saisies dans Cettia. Nul doute que l'on dépasse bientôt le seuil des 10 000 données mensuelles ! Comme d'habitude, les oiseaux constituent le groupe le plus signalé. Mais le mois de mars est aussi celui des amphibiens, et pas moins de 1511 observations ont été saisies pour ce groupe. Une belle mobilisation qui permet d'alimenter les connaissances dans le cadre de la liste rouge actuellement en cours de réalisation.

Dans ce cadre d'observation et saisie, le samedi 4 avril, à Lesches (77) un ornithologue (M. Zucca) a vu un énorme rapace surgir des arbres. Photographié à la volée, le rapace est identifié : il s'agit d'un Pygargue à queue blanche immature ! S'il hiverne régulièrement au lac du Der et au lac de la Forêt d'Orient, non loin de l'Île-de-France, son observation reste très rare en France puisque seulement ne vingtaine d'oiseaux sont vus par hiver !

Cettia : Comment ça fonctionne ?

Pour commencer, l'utilisateur devra se créer un compte. Cela suppose d’accepter la charte. Un guide de l'utilisateur est en ligne sous forme de vidéo dans You-tube. Une page FAQ a été placée dans l'onglet "nouvelles". Un forum est également à votre disposition pour les éventuelles questions.


La « session » s'ouvre sur une sorte de « carnet » : on indique juste un lieu (ville ou code postale, qui sera le site d'observation de la session sur un carré de 15 km sur 15 km) et une date. Lorsque vous enregistrez votre session, là s’ouvre la page « observation », dans laquelle vous pourrez renseigner votre taxon (nom latin).

Un module "journal de validation" a été développé afin de permettre à tous les utilisateurs d'interroger un contributeur sur son observation, notamment si une erreur d'identification est suspectée. Mêmes les meilleurs se trompent : il est essentiel de se prêter au jeu de la critique et de répondre à ces discussions.

Dernier rappel, les données de Cettia-IDF sont publiques, sauf choix contraire du contributeur, qui aura la possibilité de flouter des données lorsque les circonstances l'exigent.

Allez, c'est à vous de jouer !



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