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L'avenir du Parc National de la Vanoise est-il véritablement menacé ?

Mis en ligne par Greg des blocs on jeudi 24 septembre 2015 | 18:55:00

Sur les 10 parcs nationaux français, neuf ont adopté la "nouvelle" charte telle qu'elle est instituée par la loi dite "Giran" de 2006. Un seul manque donc encore à l'appel : le parc national de la Vanoise, situé en Savoie. Les 29 communes de la « zone optimale d’adhésion », ont jusqu'au 30 septembre 2015 pour faire part du vote de leur Conseil et sur ce point, rien n'est gagné ! Depuis plusieurs mois, le président du PNV conduit sa campagne contre la création d'un « parc à deux vitesses » face au refus de nombreuses communes d'adhérer à sa nouvelle charte. Si le Conseil Municipal de Peisey-Nancroix a validé le 31 août 2015  son adhésion (11 voix pour et 4 voix contre), préférant rétablir un climat de confiance entre le Parc et la commune, beaucoup d'autres résistent ! Ainsi, mardi 8 septembre, le conseil municipal de Termignon a rendu sa décision : la commune n’adhérera pas à la charte du Parc national de la Vanoise. Dans un communiqué de presse diffusé le 16 septembre, le maire de Termignon, Rémi Zanatta, a fait part de sa profonde déception. Par ailleurs, le Président du PNV est aussi en bisbille avec les agriculteurs sur la crise du loup et fut quelques heures séquestré en début de mois ! Mais au fait, que se passera t'il si ces communes n'adhèrent pas ? Le PN de la Vanoise est-il vraiment menacé ?

En 2012, lors d'une première consultation sur le nouveau projet de charte, 26 des 29 communes de l'aire d'adhésion du parc avaient émis un avis négatif, menaçant de réduire celui-ci à sa zone coeur ! Le projet de charte engage le parc et les communes pour les quinze années à venir.

En juillet, le président du PNV, Guy Chaumereuil, a jugé « probable » qu'en octobre prochain, à l'issue des votes des communes, « un parc à deux vitesses » voit le jour face aux refus de nombreuses communes d'adhérer. « Il faudra (...) continuer de dialoguer » et montrer « que la charte n'était pas un traquenard », avait-il plaidé.  Selon lui, « l'empilement des réglementations de toutes natures » a pu alimenter « l'impression que le parc a surtout été un empêcheur de tourner en rond ».

Le Parc est-il menacé ? 

Le rapport Giran, préalable à la réforme de la loi de 1960 sur les Parcs nationaux en France, faisait le constat du relatif échec des zones périphériques, et proposait des solutions pour une meilleure appropriation des parcs par les résidents et tous les acteurs de leur territoire. Pour cela, la Loi de 2006 a institué les chartes (à l’image de l’expérimentation menée dans le PN des Écrins) et la transformation de ces zones périphériques en zones d’adhésion à ces chartes. 

La non adoption de cette charte ne concerne que la zone périphérique ! Le cœur du parc national de la Vanoise n'est donc pas menacé mais sa zone périphérique risque de ne jamais devenir zone d'adhésion, et donc de disparaître en termes de protection. 

Les diverses mobilisations, comme l'appel à pétition d'un écrivain non écologue mais écologiste, Yves Paccalet (auteur, philosophe de formation, dit « naturaliste » et candidat d'Europe Écologie les Verts) où les relais de Mountain Wilderness n'y changeront rien. Le fond du problème se trouve ailleurs. 


Le PNV menacerait-il le développement touristique de la région ?

Non ! Contrairement à ce qui est écrit noir sur blanc dans la délibération de refus du conseil municipal de Pralognan la Vanoise : « L'arsenal juridique sur lequel repose le parc représente en l'état une contrainte permanente et une gêne à la réalisation de la quasi-totalité des projets communaux de développement ». Le développement des stations de ski comme on peut le comprendre n'est absolument pas  concerné.

En effet, depuis deux ans, d'intenses négociations ont eu lieu, qui ont enlevé tous les obstacles à un développement libre des stations ! Sur ce point, elle n’est pas bien ambitieuse, la charte de la Vanoise. En fait, pour tous « ces sujets qui fâchent », elle renvoie même au droit commun : on fera dans la zone d’adhésion du parc comme ailleurs en France. 
Alors, ce refus des élus d'une charte qu'ils ont pourtant négocié, c'est peut être, comme le prétendent certains, la faute des éleveurs et de la pression des écologistes autour du loup... Non, ces éleveurs ne pèsent pas bien lourds dans la décision des élus.


Alors c'est quoi le fond du problème ?

C'est probablement le label PN qui est directement en cause.
Ce Label Parc National n'a plus grand sens à notre gout ! Il y a bien longtemps que c'est devenu plus une marque qu'une véritable protection si l'on regarde les PN dans leur globalité ! Un aveux d'ailleurs fait par le premier défenseur du PNV, son président, qui, dans un article publié sur voyageons-autrement.com insiste "sur le fait que sans adhésion, des risques pèsent sur : “la perte de l’image formidable qu’est la marque Vanoise, le logo ne pourra plus être utilisée et ainsi le vecteur de communication qu’était celui-ci deviendra caduque; c’est idiot!”

Cette notion de charte et d'adhésion est le principe même d'un autre type de parcs, les parcs naturels régionaux, fer-de-lance de l'action gouvernementale en matière de protection et surtout de développement économique. 

En effet, la Ministre de l’écologie, Delphine Batho, a annoncé lors du congrès annuel de la Fédération nationale des Parcs naturels régionaux que le gouvernement souhaite porter de 14 % à 20 % d’ici à 2020 la superficie du territoire français couvert par des PNR.
"Notre ambition est de faire de ces parcs le fer de lance de notre politique en matière de biodiversité. Des territoires d’excellence du développement local", a expliqué la ministre. Elle a également affirmé « que chaque citoyen a droit à la nature, que chaque citoyen doit être sensibilisé et se sentir responsable du sol, des forêts, des cours d’eau, du littoral, des paysages. Voilà ce que la République doit aussi savoir garantir à chacun. » 

Bref, peut être ne faut-il pas voir un échec dans l'abandon de la zone d'adhésion mais au contraire un espoir, celui de réviser enfin la politique de protection de la nature. En effet, c'est sans doute une chance de remise à plat d'un système devenu poussif, assez inefficace et trop politique ! 

Les communes concernées :

Aussois, Avrieux, Bessans, Bonneval-sur-Arc, Bramans, Lanslebourg, Lanslevillard, Modane, Sollières-Sardières, Saint-André, Termignon, Villarodin-Bourget.
Bellentre, Bourg-Saint-Maurice, Bozel, Champagny-en-Vanoise, Landry, Les Allues, Montvalezan, Peisey-Nancroix, Le Planay, Pralognan-la-Vanosie, Séez, Saint-Bon-Tarentaise, Saint-Martin-de-Belleville, Sainte-Foy-Tarentaise, Tignes, Val d’Isère, Villaroger.
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