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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Découvrez les lichens de Bleau

Mis en ligne par TL De Bleau on jeudi 3 septembre 2015 | 15:25:00

« Lichéneux » ! C’est le qualificatif employé par bon nombre de grimpeurs à propos de certains blocs de la forêt de Fontainebleau ! Normal puisqu’on estime actuellement le nombre de lichens à 20 000 espèces environ dans le monde. Ils font partie de la biodiversité négligée. Pourtant une centaine de nouvelles espèces sont décrites chaque année ! La liste des lichens de France métropolitaine comprend 3435 taxons signalés correctement (2917 lichens, 461 champignons lichénicoles non lichénisés et 57 champignons non lichénicoles non lichénisés habituellement considérés par les lichénologues), 319 à rechercher en France, 31 non connus avec certitude en France et 65 signalés à tort en France. Autant vous le dire tout de suite, cet univers mystérieux est très complexe et on ne se lancera pas dans la lichénologie… Greg Clouzeau nous offre quand même une petite visite photographique dans ce monde de lilliputiens !


Lichens foliacés sur grès de Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Les lichens ou champignons lichénisés sont des organismes composés résultant d’une symbiose entre au moins un champignon hétérotrophe appelé mycobionte, et des cellules microscopiques possédant de la chlorophylle (algue verte ou cyanobactérie autotrophe pour le carbone) nommées « photobiontes ». Cette symbiose résulte d’une association (appelée lichénification ou lichénisation) entre le photobionte et le champignon dont le thalle progresse lentement à la surface de supports variés dans des milieux souvent hostiles (exposition à la sécheresse, à de fortes températures, etc.).Lichens crustacés sur grès de Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

On distingue six types de lichens selon l’aspect global de leur thalle :
« lichen crustacé ou incrustant » (plus de 80 % des lichens) présentant un thalle hétéromère fortement plaqué au support, formant une croûte :
lichen crustacé lobé au pourtour ;
lichen crustacé non lobé au pourtour ;
« lichen foliacé » présentant un thalle hétéromère non soudé sur toute sa surface, formant des lames souvent lobées comme de petites feuilles qui s’écartent un peu du support, présence d’un crampon sur leur face inférieure pour adhérer au substrat :
lichen foliacé ombiliqué : dépression dénommée ombilic sur la face supérieure ;
lichen foliacé non ombiliqué : pas d’ombilic, lobes à disposition radiée ;
« lichen fruticuleux » présentant un thalle adhérent au substrat par une surface réduite et formant des prolongements redressés, pendants ou étalés. Ces prolongements plus ou moins longs présentent trois formes :
tiges rondes plus ou moins ramifiées ;
lanières plates parcourues par des cannelures ;
« lichen squamuleux » : squamules (petits compartiments) à la surface supérieure ;
« lichen complexe » présentant un thalle primaire plus ou moins étalé sur le substrat, thalle secondaire fruticuleux, formé d’éléments se développant perpendiculairement au substrat (genre Cladonia) ;
« lichen gélatineux » présentant un thalle à cyanobactérie devenant gélatineux sous l’action de l’eau .Lichens complexe arboricole de Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2015 Greg ClouzeauLichens fructiculeux sur sur souche à Fontainebleau, Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Beaucoup d’espèces sont pionnières, capables de coloniser des milieux extrêmes. Ils peuvent s’installer dans des milieux extrêmement secs (- de 2% d’humidité), chauds, froids… Leurs présence et décomposition permettent l’installation d’un stade pionnier secondaire qui est celui des mousses puis d’autres des plantes supérieures. C’est un organisme sans frontières. Les lichens vivent souvent très longtemps. Cette caractéristique permet parfois de dater leur support par le rapport taille et vitesse de croissance.Lichens sur grès, Fontainebleau, Franchard, (C) 2015 Greg Clouzeau

On retrouve des lichens sur presque tous les milieux et sur la plupart des roches et végétaux,
épiphytes (sur les arbres/branches) et même follicoles (vivant par exemple sur des feuilles de buis) ;
saxicoles (vivant sur les rochers calcaires, mais qu’on retrouvera sur les vieux murs, les tuiles, ardoises, lauzes ou tôles amiante-ciment, voire sur des supports plastiques ou métalliques parfois) ;
crypto-endolithes (vivant sous les rochers) ;
corticoles (sur les écorces des troncs, des branches) ;
terricoles et humicoles

Lichens foliacés sur grès, Fontainebleau,Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Lichens complexes sur grès, Fontainebleau,Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Dans l’écosystème, les lichens sont une des composantes parfois importante de la biodiversité. Ils sont une source importante de nourriture pour de nombreuses espèces, y compris parfois pour de grands mammifères .

Ils jouent aussi un rôle important en captant les particules de l’air et des pluies, contribuant à l’épuration permanente des milieux et au recyclage des éléments. Ils sont capables de faire des réserves et d’accumuler des composés minéraux, bien au-delà des besoins de leur organisme. Cela présente parfois des inconvénients comme l’accumulation d’éléments toxiques, voire de radionucléides (par exemple après les essais nucléaires dans l’air ou après la catastrophe de Tchernobyl).Lichens sur grès, Fontainebleau,Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Ainsi, de nombreux lichens sont des indicateurs de pollution utilisés pour la biosurveillance. Ils permettent, dans certaines conditions, d’évaluer la chimie et la stabilité des sols, la hauteur moyenne de l’enneigement, l’âge des moraines et le recul des glaciers, le type de gestion forestière, la durée de la continuité d’un état forestier…

Ils peuvent indiquer la quantité de polluants dans un milieu donné (les lichens concentrent notamment les métaux lourds et certains radioéléments), et surtout le degré de pureté de l’atmosphère. Cette dernière propriété a été mise en évidence pour la première fois par le lichenologue William Nylander, qui a décrit 3 000 espèces et remarqué que beaucoup d’espèces régressaient à l’approche des villes. Il a donc mis en place des bioindicateurs (qu’il appelait « hygiomètres » à l’époque) de la qualité de l’air.
Une carte de répartition des lichens et des associations lichéniques (technique de phytosociologie) apporte des éléments sur la localisation de zones plus ou moins polluées. La disparition actuelle en ville de certains lichens sensibles notamment au dioxyde de soufre montre que la pollution acide a diminué, par contre se développent des espèces nitrophiles (lichens orange ou gris sur les arbres) montrant l’augmentation de la pollution par les oxydes d’azotes. En zone très polluée, on trouve surtout des lichens crustacés alors qu’en zone moyennement polluée on a surtout des fruticuleux et en zone peu polluée, essentiellement des foliacés et des fruticuleux.Lichens foliacés sur grès, Fontainebleau,Trois Pignons, (C) 2015 Greg Clouzeau

Pour en savoir plus sur les lichens, il existe une association française de lichenilogie : l’AFL qui organise des sorties en forêt.
Retrouvez plus d'images sur le site photo de Greg
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