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Sur les chemins

Escalade

Matos

2014-11-02

Notre massif forestier de Fontainebleau est un réservoir biologique extraordinaire qui est classé, depuis 2004, site Natura 2000. Ce réseau européen doit permettre de concilier à la fois la préservation des espèces et habitats naturels et les enjeux socio-économiques. Pour ce faire, les gestionaires de chaque site élabore un Document d'objectifs (DOCOB) et des mesures à prendre pour les atteindre (voir notre "boîte à outils"). 

A la TL²Bleau, nous surveillons de très près ce document et les politiques qui en découlent pour éviter "une mise sous cloche des espaces naturels de pratiques de sports et loisirs" par les naturalistes, mais aussi pour pointer du doigt certaines décisions qui ne nous paraissent pas compatibles avec la préservation de certaines espèces très menacées. Ainsi, en 2011, notre rédacteur en chef, Grégoire CLOUZEAU avait participé à une réunion de l'ancien Comité de pilotage (COPIL) Natura 2000 au nom du Cosiroc, et y avait vivement critiqué la politique des coupes rases et d'éradication du hêtre (dans cet article à relire impérativement). Un critique égallement formulée par le scientifique Daniel Prunier, notre ami Jean Paule Debleau ou, le Maire de la Rochette, Monsieur Tournafond, qui a été évincé due la Présidence de ce Copil en 2012 ! Il a depuis fondé la SSFFVS dont nous parlions ici et .

Mars 2011 : 8ha de jeunes chênes sacrifiés sur l'autel du réchauffement climatique, un comble non ?

Depuis juillet 2014, c'est la commune de Fontainebleau, sous l'égide de son Maire Fréderic Valletoux, qui assure la nouvelle présidence du comité de pilotage. L'offre d'animation conjointe, proposée par l'Association des Naturalistes de la Vallée du Loing et du Massif de Fontainebleau (ANVL) et l'ONF, a ainsi été retenue pour la période 2014-2017. 


Le lancement de cette nouvelle gouvernance et la présentation des projets pour l'année 2015, se feront lors du comité de pilotage des sites Natura 2000, présidé par Frédéric Valletoux, qui se tient aujourd'hui. Nous n'avons pas été invité mais nous allons suivre avec attention le nouveau DOCOB !




Communiqué ONF


Le massif forestier de Fontainebleau, riche d’un réservoir biologique remarquable, constitue depuis 2004 un site Natura 2000. Représenté par un ensemble de sites naturels, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces animales et végétales, et de leurs habitats, ce réseau européen concilie à la fois la préservation des espèces et habitats naturels et les enjeux socio-économiques du territoire bellifontain.

Son fonctionnement repose sur un document d’objectifs, couramment appelé DOCOB qui présente les orientations de gestion et de conservation ainsi que les modalités de leur mise en oeuvre. Ce processus est validé par un comité de pilotage réunissant les principaux acteurs locaux - élus, associations, fédérations, forestiers, etc. – et présidé par une collectivité territoriale.
Sur Fontainebleau, l’Etat assurait, depuis 2012, la présidence du comité de pilotage ainsi que l’animation de Natura 2000 avec l’appui d’un bureau d’études, puis de l’Office national des forêts
dès la fin 2013. Suite aux élections municipales de mars 2014, la commune de Fontainebleau, sous l’égide de son maire Fréderic Valletoux, s’est portée candidate pour prendre en charge
la responsabilité de cette mission. Pour ce faire, elle a lancé un appel d’offre relatif au choix de l’opérateur chargé de suivre et d’animer le DOCOB pour la période 2014-2017.

L’offre d’animation conjointe proposée par l’Association des Naturalistes de la Vallée du Loing et du Massif de Fontainebleau (ANVL) et l’ONF a ainsi été retenue et s’articule autour de
cinq missions majeures :
- la gestion des habitats et des espèces ;
- l’assistance à l’application du régime d’évaluation des incidences et la veille à la cohérence des politiques publiques ;
- l’amélioration des connaissances et les suivis scientifiques ;
- l’information, la communication et la sensibilisation des propriétaires,
gestionnaires, acteurs et usagers du site ;
- la gestion administrative et financière et l’animation du réseau.

Le lancement de cette nouvelle gouvernance se fera lors du comité de pilotage Natura 2000,présidé par Frédéric Valletoux, qui se tiendra le 7 novembre prochain.
À cette occasion, l’ANVL et l’ONF présenteront également les axes de travail ainsi que les projets à venir pour 2015 : lutte contre les espèces invasives, mutualisation des bases de données naturalistes,

suivis ornithologiques, création d’une application de recueil de données naturalistes, etc.
L'érosion est un phénomène naturel amplifié par la fréquentation humaine comme nous ne cessons de le rappeler sur ce portail. Il peut avoir des conséquences dramatique auxquelles les associations et l'ONF tentent de remédier. C'est un de nos sujets de préoccupation à la TL²Bleau car, en la matière, les solutions choisies par l'ONF laisse parfois à désirer ! Une visite au Surplomb du Calvaire nous conduit donc à pousser un énième coup de gueule contre la politique sécuritaire de l'Office, son manque de dialogue  et l'artificialisation de nos paysages. Pourquoi faut-il que les grimpeurs soient systématiquement pointé du doigt comme responsables de l'érosion ? Lors de la visite du sentier bleu n°2 annoncée hier à la découverte des travaux de restauration, il faudra que l'ONF nous justifie l'immense palissade de ganivelle autour du "Saint Roc".

Mais avant, revenons d'abord quelques années en arrières. 
Le Toit du Calvaire et son immense grotte fut, pour les grimpeurs des années 80/90, le spot d'entraînement idéal, une sorte de pan à ciel ouvert, où nous nous retrouvions parfois à plusieurs dizaines ! Les nombreuses strates du rocher permettaient toutes sortes d’enchainements du bloc de quelques mouvements imposés aux très longues traversées. Hélas, à force de tirer sur certains feuillets, certaines parties du cailloux devenaient dangereuses avec un risque de rupture évident... Ceci dit, pas de quoi faire s'écrouler l'édifice.

Mais le site domine aussi les quartiers "Bobos" de la ville de Fontainebleau et on n'y accèdait en quelques minutes depuis celle-ci (d'autant, qu'à l'époque la route était ouverte aux voitures). La grotte et la grande place adjacente sont donc le terrain idéal pour abriter quelques feux de camp festifs de l'insouciante jeunesse dorée bellifontaine ! Il n'est alors pas rare que les grimpeurs arrivant au petit matin, y croisent les derniers fêtards, dormant au coin d'un foyer encore fumant au milieu d'un tas de bouteilles...vides.


Au milieu des années 2000, alerté à plusieurs reprises des dégradations du site par les randonneurs qui suivent le sentier Denecourt, l'ONF fini par s'inquiéter sérieusement de la stabilité de l'édifice et mandate (2007) un expert géologue sur le sujet.‎ Si ce dernier ne peut prévoir la date de "l'effondrement" de la grotte, son étude du site, conduite avec Oleg Sokolsky du Cosiroc, met en évidence un risque important mais insoupçonnable au niveau du toit. Diverses solutions sont alors envisagées allant jusqu'à la destruction pure et simple de l'ensemble par "dynamitage" ! C'est encore Oleg qui suggéra l'expérimentation du retrait du bloc incriminé à l'aide d'une grue et il aura fallu une forte mobilisation du Cosiroc, du CD FFME 77, des AFF et de quelques bleausards de renom pour faire entendre raison à l'administration afin qu'elle adopte ce projet (voir notre page sur le Top 5 des actions de sauvegarde).

Photos (C) 2009 Greg CLOUZEAU
Le 05 mai 2009 donc, une immense grue, après des heures de mise en place, enlève le Toit du calvaire et le dépose le Saint-Roch (nom donné au bloc de plus de16 tonnes) sur le haut de la platière. Pour autant, l'érosion n'est pas stoppée et de nombreuses strates peuvent encore céder. Par mesure de précaution, il est demandé de ne pas stationner sous l'auvent et, à fortiori, d'y grimper. 
Quelques panneaux et une simple barrière (type Bilboquet) matérialise le périmètre ainsi que quelques rangs de fil de fer au somment (type Larchant). 

Photo (C) 2009 Greg CLOUZEAU
Après le Saint Roch (en arrière plan), restait à purger la toiture...le bloc suspendu n'est donc qu'un de ses enfants de choeur.

Les années passent et les témoins de mesure installés en divers points du Calvaire laisse penser que la situation évolue peu. Seul quelques actes de dégradation volontaire notamment sur un autre auvent un peu plus loin nous incite à réagir (la grotte du Camée murée par précaution vu le petit effondrement à proximité immédiate).

Mais voilà, l'ONF n'en fait parfois qu'à sa tête et oublie (un peu trop souvent à notre goût) de consulter ses partenaires des travaux en cours. 

Du coup, la grotte du Calvaire s'est transformée il y a peu en véritable camp retranché romain derrière une palissade de ganivelle ! Outre l'aspect vraiment très inésthétique, pour éviter tout conflit, il aurait été de bon ton d'étudier cette solution avec les associations concernées qui, en plus, aurait pu relayer l'information. 



On se doute que le but de l'ONF est d'empêcher sa fréquentation par quelque public que ce soit mais franchement, dans ce cas, ce n'est pas un panneau "Escalade interdite" qu'il faut installer ! Et d'ailleurs, y 'a t'il vraiment péril ? De nouvelles mesures ont-elles est faites prouvant que le surblomb bouge depuis l'intervention de 2009. Dans ce cas, n'est-ce pas au Préfet de prendre un arrêté et de le faire appliquer ? 

Bref, nous prédisons que cette barrière n'aura pas une très longue vie... Et soyez certains qu'avec une bonne visseuse/dévisseuse, elle ne résistera pas longtemps.
De toute manière, elle n'empêchera pas les grimpeurs d'y aller en passant par le "cube" de l'orange. 



D'après l'UICN, un quart des libellules d’Île-de-France est menacé ou disparu ! En examinant les libellules recensées dans la région, c’est la première fois que la démarche d’élaboration des Listes rouges d’Île-de-France s’intéresse au vaste monde des insectes et particulièrement à ceux qui se développent dans les milieux aquatiques. Ce travail de synthèse a été réalisé en appliquant la méthodologie officielle établie par l’UICN et constitue une nouvelle référence standardisée reconnue internationalement...


A la TL²Bleau, on évoque très régulièrement les travaux de lutte contre l'érosion, la protection du patrimoine historique et forestier. Nous vous avions aussi présenté l'histoire des sentiers bleus et de leur évolution. A l’occasion des fêtes de fin d’année, l’Office national des forêts sort un ouvrage qui présente le travail de restauration d’un sentier créé par Claude François Denecourt, afin de lui rendre hommage en conservant ce patrimoine. Une visite guidée du sentier bleu n°2 est prévue le 15 novembre prochain pour présenter cet ouvrage au public.



L’Office national des forêts (ONF) publie, aux éditions « Doublevébé Récup », un livre destiné à faire partager au plus grand nombre le savoir-faire acquis dans la préservation des sentiers bleus créés par Denecourt au 19e siècle. Ce livre sera disponible à partir de décembre dans les offices du tourisme du sud Seine-et-Marne et progressivement les librairies de Fontainebleau.

Cet ouvrage est le fruit d’un travail collaboratif avec l’ensemble des acteurs concernés : forestiers, associations, paysagistes et ouvriers. Une immersion originale dans le quotidien d’hommes érudits, bénévoles, professionnels et passionnés, qui oeuvrent ensemble pour conserver puis garantir la pérennité de ce patrimoine exceptionnel sur le massif de Fontainebleau. Conçu sous la forme d’un carnet de voyage, cet ouvrage invite le lecteur à découvrir le travail de restauration mené sur ces sentiers historiques et plus particulièrement sur le sentier n°2.

Une mise en lumière qui fait notamment la part belle à l’image où les nombreuses photographies, cartes et notes manuscrites, apportent un regard éclairé à la fois sur les étapes nécessaires à la réhabilitation du sentier et sur le rôle majeur des acteurs concernés. Des premiers diagnostics jusqu’à la réception des travaux en passant par le travail de concertation, cela permet de comprendre la difficulté de cette tâche qui vise à réparer les ouvrages anciens et reconstituer l’aspect originel des sentiers historiques. Les techniques constructives anciennes utilisées par Denecourt et la transmission des savoir-faire et des gestes traditionnels sont mises en lumière dans ce livre.



Les sentiers bleus : un héritage à entretenir 
Tous premiers sentiers pédestres balisés au monde, les sentiers bleus furent tracés, dès 1842, par Claude-François Denecourt. (NDLR : en fait, Denecourt avait un prédécesseur qui ébaucha quelques sentier en 1839 et que l'histoire a oublié). 

Emerveillé par la forêt, ce visionnaire du tourisme de nature employa les techniques de la pierre sèche propres aux carriers et aux muraillers de l’époque. Ceci pour aménager les murets, emmarchements et dallages afin de rendre accessibles les sites les plus retirés de la forêt. Il désensabla aussi des grottes, en aménagea d’autres, ouvrit des tunnels et creusa des fontaines pour mettre en valeur la forêt comme ses aspects les plus cachés. Au total plus de 150 kilomètres de promenades y furent ainsi crées et constituent encore aujourd’hui une véritable curiosité. Sensibles à l’érosion des sols, ces sentiers bleus sont donc couramment entretenus par notamment les Amis de la Forêt de Fontainebleau (AFF) et l’ONF.



Visite guidée du sentier bleu n°2
A l’occasion de la sortie du livre et en avant-première, l’ONF et les Amis de la forêt de Fontainebleau (AFF) organisent une visite guidée et commentée du sentier bleu Denecourt n°2 dit « Des Fontaines » samedi 15 novembre 2014. Le public est invité à partager le regard croisé entre un historien, Jean-Claude
Polton (AFF), et un Chef de projet ONF chargé de la restauration des sentiers bleus, Jean-Claude Chalons. Ainsi, au fil de la visite, chacun sera amené à découvrir le bucolique circuit des Fontaines. Outre l’histoire et les anecdotes inspirées des nombreux rochers, fontaines et grottes que composent ce sentier, les intervenants illustreront le travail et le savoir-faire acquis dans la restauration des sentiers bleus.
Ouvert à tous, le rendez-vous est donné le samedi 15 novembre à 14 h 30.
Le départ de la visite du sentier bleu n°2 « Des Fontaines » s’effectuera sur le parking de la Route de la Reine Amélie - coodonnées GPS lat. 48,419489 /Long. 2,724309 (parcelle forestière 385).

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