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Escalade

Matos

2014-10-19

Depuis quelques semaines la presse (locale et nationale) reparle de la forêt de Fontainebleau et des mesures à prendre pour la protéger des sauvages citadins qui la fréquent ! Après le Parisien 77, la République 77, l'Express s'est penché au chevet de nos futaies. Rassurez-vous, rien de nouveau puisque l'on y (re)parle d'une éventuelle candidature au statut de Patrimoine mondial de l'UNESCO, comme en 1991 puis 1998 et 2009 à défaut d'avoir convaincu sur le statut de PN peri-urbain du Grand Paris ! Revue de presse...


Commençons par l'introdutction (formidable) signée de  Gilles Lockhart à l'article du n°3302 du 15 octobre 2014 de l'Express qui résume on ne peut mieux le sujet de la gestion et gouvernance de cette forêt d'exception :

"On peut se perdre dans les allées de la forêt de Fontainebleau. Pas tellement dans ses allées, bien balisées, avec plaques signalétiques aux arbres et cartes minutieuses, mais dans les entrelacs de son fonctionnement. Sous la canopée séculaire, on découvre un pot-au-feu bouillonnant de passions françaises et de débats sans fin. Avec ses 20000 ha de paysages variés et ses 12 000 espèces animales et végétales, Fontainebleau est la plus belle et la plus passionnante des grandes forêts domaniales françaises. Les axes routiers qui la défigurent et les 3 à 4 millions de personnes qui s'y promènent chaque année en font aussi un chaudron à problèmes : trafic infernal de poids lourds, prostitution, érosion des sols due à la fréquentation, conflits entre les promeneurs et les vetetistes... Saupoudrons le tout de polémiques autour de la chasse. Ajoutons-y la surpopulation de sangliers (..) et secouons le shaker du fameux ONF, qui gère la forêt de Fontainebleau depuis 1966. (..) Et ce, en dépit des écologistes qui contestent ceci, des scientifiques qui suggèrent cela, et des centaines de milliers de citadins qui veulent des meubles en bois mais pleurent dès qu'on coupe un arbre."
  
On vous épargnera ici l'historique complet de l'affaire "Projet de Parc National de Fontainebleau" (Vous pouvez la retrouver dans nos nombreux articles sur le sujet -dont celui-ci et cette page). Donc, il y a quelques jours, Le Parisien 77 ouvrait sur une candidature de notre forêt au patrimoine mondiale de L'UNESCO. Rien de nouveau ou sensationnel dans l'article car les positions des différents acteurs sont connues de tous depuis de longues années.


Ainsi dans le Parisien, comme dans La République de Seine-et-Marne, ou l'Express, on nous livre l'inévitable position des AFF favorable au statut UNESCO et la farouche défense du statut de Parc National par l'ANVL. 

A en croire l'ANVL, un PN, c'est LA solution pour que les visiteurs se comportent "mieux" en forêt ! Ainsi, dans l'Express, jean Philippe Siblet, son Président revient sur la question : "Ce que ça changerait ? Demandez aux gens s'ils savent ce qu'est une réserve dirigée ? ... un parc National, tout le monde connaît. le grand public s'approprierait le concept. Et la forêt ne serait plus protégée par des outils auxquels personne ne comprend rien, pas forcément cohérents entre eux, et qui impose une bureaucratie."

Circulez, y'a rien de nouveau on vous dit ! Les mêmes arguments bourrés d'erreurs et d'idées reçues. Il suffit de voir ce qui se passe dans et autour du PN des Calanques pour le comprendre.

Malgré tous les efforts déployés par Frédéric Valletoux, Maire UMP de Fontainebleau, Fontainebleau depuis 2009, sa forêt ne sera pas le Parc National du Grand Paris ! De toutes manières, l'Etat n'en n'a plus les moyens et a s'est rabattu sur la Champagne ! C'est donc logiquement que Fontainebleau demande une inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO de la forêt qui, elle, soulève beaucoup, mais alors, beaucoup moins de résistance. Que de temps perdu serait-on tenté de dire ! 

Le statut de l'UNESCO c'est quoi ?

D'après Wikipédia, le patrimoine mondial, ou patrimoine de l'humanité, est une liste établie par le comité du patrimoine mondial de l'organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Sous certaines conditions, les biens répertoriés peuvent obtenir des fonds de l’organisation World Heritage Fund. À l’issue de la 38e session du Comité du patrimoine mondial, qui s’est tenue à Doha(Qatar) du 15 au 25 juin 2014, 1007 biens y étaient inscrits répartis dans 161 États parties. L'Italie est le pays qui en possède le plus grand nombre (50).

Depuis 2005, tous les critères de sélection ont été fondus en 10 comme suit :

1.: Représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain.
2.: Témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages.
3.: Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue.
4.: Offrir un exemple éminent d'untype de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine.
5.: Être un exemple éminentd'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer.
6.: Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle.
7.: Représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles.
8.: Être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l'histoire de la Terre.
9.: Être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes.
10.: Contenir les habitats naturelsles plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique

Donc, si vous récupérerez l'Express du 15/10/2014, vous y trouverez un petit cahier central consacré à notre forêt dans lequel on parle de l'érosion, l'accueil du public, l'intense trafic routier, la chasse et bien entendu, la sylviculture raisonnable de l'office ! Bref, avant de le lire, vous savez déjà ce qui est écrit...
Ah, non, pardon, il y a une nouveauté : on prépare le terrain pour une forêt à accès payant. 
En effet, le Géographe Paul Arnould qui a fait son mémoire de maîtrise sur notre massif forestier conclue ainsi le dossier de L'Express : " Je ferais un PN et j'impliquerais Paris sur le plan financier ! La forêt de Fontainebleau est le centre aéré gratuit des Parisiens. Or rien n'est jamais gratuit : l'accueil entraîne des coûts importants qui sont à la charge de l'ONF, donc de la collectivité nationale. Dans une forêt privée près de Toulouse, le propriétaire a créé des cartes de cueillette des champignons payantes, comme il y a des cartes de pêche. Du coup, les gens pratiquent l'autoregulation, ils font attention à ce que la ressource subsiste d'une année sur l'autre. Et un PN, par ce que c'est le top de la protection de la nature. Mais pas un dispositif sous cloche - un parc pour inventer de nouvelles formes de dialogue et de fréquentation. Je ferais un parc expérimental."

Comme si c'était si simple...
Depuis le temps qu'on vous dit qu'il se trame quelque chose (voir par exemple notre article sur l'enquête de fréquentation parrainée par Seine-et-Marne tourisme et la CCI).





Le plus célèbre des Parcs nationaux américains avait été contraint l'an dernier de fermer plus d'une dizaine de sentiers pour tenter de stopper une vague de vandalisme. 
En effet, sur 17 secteurs du PN des grandes zones de grafitis gravés sont apparues et notamment sur le mur du barrage Barker. Ce barrage, construit en 1900 et inscrit au Registre national des lieux historiques, est l'un des sites les plus visité dans le parc, près de la zone Hidden Valley à l'extrémité est de la Wonderland of Rocks.

Cette semaine, un restaurateur va travailler sur place pour tester différentes options de traitement sur le mur du barrage. Les dommages causés à cette structure restent irréparables, mais les techniques de restauration peuvent être utilisés pour masquer les dégâts flagrante. Environ 44% de la paroi ont été couverts par ces gravures plus ou moins profondes. Les tests permettront peut être de trouver la méthode à utiliser pour restaurer des rochers taillés dans d'autre secteur sur les gravures historiques des indiens.



Voir aussi l'article sur le vol de gravure rupestre à Bishop
Progresser en escalade n'est pas toujours facile et "bouffer" des blocs dans les salles d'escalade n'est souvent pas suffisant. Il existe sur la toile de nombreux sites visant à aider les grimpeurs ou grimpeuses dans leurs recherches de conseils. Mais pour les débutants, rien (ou presque). Ainsi, il y a quelques jours, notre amie Laurence Guyon, (l'ancienne rédactrice en chef du gratuit EscaladeMag), lançait son site : Lafabriqueverticale. Nous nous sommes intéressés aussi au site Lagrimpe.com lancé il y a quelques temps par Adrien Echiffre, un BEES1 escalade parisien, pour connaître ses motivations.



L'ambition de La Fabrique Verticale est de vous fournir les ressources nécessaires à une progression rapide et harmonieuse en escalade. L’équipe de La Fabrique verticale et ses contributeurs vont  partager avec vous tout ce qui peut contribuer à renforcer votre plaisir et votre motivation, en salle ou sur le rocher. Concrètement sur La Fabrique verticale, vous trouverez :


– les dernières avancées en matière d’entraînement en escalade
– des tutoriels
– des interviews de pros
– des conseils pour rester en bonne santé
– des tests produits
– des vidéos…

Les contenus ont été conçus pour être accessibles à un maximum de personnes, du néophyte à l’expert.




L'objectif de lagrimpe.com est d'offrir sur un site internet toutes les connaissances et les outils de progression intéressants pour les grimpeurs  catégorisés généralement comme "débutants", avec comme cahier des charges de rester ludique, facile d’accès, avec des outils demandant un investissement cohérent avec le public visé. Voici ce que nous en dit Adrien :

"La catégorie "débutants" défini les grimpeurs évoluant dans le 6B max, peu sensibilisés sur ce qu'est l'escalade en dehors de leur  pratique personnel : généralement  une seul pratique, souvent la S.A.E. Je trouve ce nom de catégorie peu adapté, car elle réunit  une part très importante des grimpeurs actuels, dont certains grimpent depuis trop longtemps pour être considéré comme "débutants".



L' idée de ce site m'est venu suite à une anecdote vécu lors d'un  cours hebdomadaire où j'encadre une trentaine d'adultes.
Au bout de 6 mois, un grimpeur m' a demandé ce qu’était le dièdre alors que je le guidais dans un mouvement.

Cela m'a tout d'abord vexé qu'il ne le sache pas, puis j'ai fais le constat suivant : même dans un club où les séances sont encadrées par un professeur, même s'il tente de bien faire son travail en proposant des cours pour les premières années avec un programme apparemment cohérent sur toute l'année, il est  difficile, voir impossible d'apporter toutes les connaissances à acquérir lors de l'encadrement.

Certains oublient, d'autres sont parfois absents, et il faut bien privilégier le temps de grimpe  (l'exemple du dièdre est évidemment extrême, normalement on réussi à l'inculquer hein...) 
J'ai donc décidé de créer ce site dans le but d'apporter un support complémentaire à mes cours.

Le site est divisée en trois parties :
- l'ABC proposant toutes les connaissances à acquérir, 
- la boîte à outils proposant des exercices, des séances types, des conseils et des renseignements, 
- et la partie sortie sur laquelle je proposerai des sorties cohérentes avec l'esprit du site : chercher à pousser les gens à sortir de  leurs pratiques habituelles et les rendre plus autonomes."

Que penses-tu de la FabriqueVerticale qui vient de naître ?

"Pour ce qui est de me comparer avec la concurrence, actuellement je ne vois pas de sites vraiment concurrents.
On trouve des sites dédiés principalement à l'actualité qui le font très bien et proposent quelques contenus pédagogiques sans chercher à en faire leur priorité,des sites dédiés à l'entraînement qui concernent des grimpeurs très expérimentés, avec des  programmes très bien fait mais demandant une sacré dose d'investissement...

Mais effectivement, La Fabrique Verticale me parait être le site le plus proche dans la phylosophie de Lagrimpe.com, mais après l'avoir un peu étudié je pense qu'ils visent un public plus expérimenté que lagrimpe.com.

On vous laisse découvrir ces sites. N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensé.
Bonne visite et bonne grimpe !
Chaque année, l'ONF Fontainebleau publie une note automnale sur le ramassage des champignons. Si celle-ci arrive très tardivement cette année, elle rappelle, comme nous l'avions fait en septembre sur l'édition nationale de la TL²B, qu'en matière de cueillette, "il faut raison garder", même en Domaniale !



En effet, comme le rappelle cette note, "Tout ramassage non autorisé ou trop volumineux est ainsi puni d’une amende. Le code forestier institue des sanctions pénales à l’encontre des auteurs de prélèvements abusifs. Lorsque le volume extrait est supérieur à 5 litres par famille et par jour (équivalent d’un panier), la sanction peut aller de 135 euros (de 5 à 10 litres) jusqu’à 1500 euros (au-delà de 10 litres). Les cueillettes à des fins commerciales sont interdites.De telles mesures permettent la protection de ce patrimoine naturel dont il convient de préserver la richesse écologique". 

Nous avions même noté dans notre précédent article des sanctions plus lourdes : "notez que d'après l'article R163-5 du Code forestier (nouveau), une récolte sans autorisation inférieure à 10 litres est passible d'une amende maximale de 750 euros. Une récolte supérieure à 10 litres peut être sanctionnée jusqu'à 45 000 € d'amende et 3 ans d'emprisonnement. Cette peine peut être portée à 75 000 € d'amende et 5 ans d'emprisonnement en cas de circonstances aggravantes : plusieurs personnes ou complices, violences sur autrui, actes de dégradation..."


NATURE