Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2014-05-18


Il y a quelques jours, comme notre partenaire Kairn, nous vous signalions un appel d'offre lancé par la communauté de communes du pays d'Uzès pour le déséquipement du site des Concluses (30). 

Nous vous avions présenté longuement il y a un an le conflit entre l’équipeur et les défenseurs de ce site protégé depuis 1992 notamment pour permettre un hypothétique retour de l'Aigle de Bonelli. Après 20 ans d'attente sans voir l'oiseau, le site des Concluses est inscrit dans le Plan National d'Action Aigle de Bonelli 2014-2023 dont nous vous avions parlé dans cet article

La FFME qui suit ce dossier a reçu un courrier préfectoral rappelant l'arrêté de biotope et promettant des contrôles de police et des amendes à tout contrevenant. Nous voici donc informé... Au passage, profitons en pour en apprendre un peu plus sur cette espèce qui, sur d'autres sites de grimpe, tolère notre présence !


Commençons par le rappel à la loi du Préfet du Gard et ce qu'en dit la FFME sur son site internet :

[...]
"Le préfet du Gard nous signale qu’il a inscrit au programme de contrôle des services de police de l’environnement des visites régulière du site pour vérifier le respect de l’arrêté de protection de biotope. Pour rappel, le non respect des dispositions d’un tel arrêté est sanctionné par l’article R.415-1 du code de l’environnement d’une amende de quatrième classe, soit au maximum 750€.

Au moment où la FFME mène des actions de structuration très constructives avec le Conseil général du Gard, cette situation est regrettable mais la FFME recommande à tous de respecter la réglementation."



Nous sommes d'accord mais, et c'est vraiment là que les grimpeurs sont pris pour des C..., les chasseurs, eux, pourront continuer librement leur activité sur site comme nous l'avions signalé dans le passé.

Pour comprendre ce qui se passe aux Concluses, il faut à la fois connaître les mœurs de l'oiseau, l'évolution de sa population et le site. Nous reprenons donc et complétons notre propos sur la Consultation lors de l'élaboration du Plan signalé dans le courrier du Préfet... notamment grâce aux éclaircissement de Pierre, un internaute averti rencontré sur le forum de CamptoCamp





L'aigle de Bonelli n'a rien à voir avec un quelconque faucon : c'est l'espèce sauvage la plus menacée de France. Entre 1970 et 2000 la population de Bonelli a baissé de près de 60%. En 1988, il nichait (semble t'il) encore aux Concluses mais suite à la diminution des effectifs il a alors disparu de ce site. A la suite de quoi un arrêté de biotope a été pris en 1992. 
Pourquoi protéger une falaise sans oiseau ?

Simplement parce que les sites favorables sont finalement peu nombreux, et que les derniers sites fréquentés autrefois sont sans doute les plus propices et seraient réoccupés en priorité par les oiseaux au cas où la tendance s'inverserait. 

Certains affirment qu'à partir du moment où le site est occupé par des activités humaines régulières il est impossible que l'Aigle y retourne. En effet, un couple d'aigles de Bonelli à un territoire auquel il est attaché et bien qu'on ne le voit pas, il y est toute l'année. De la fin de l'automne au tout début de l'hiver ils font leurs parades amoureuses, le rechargement des aires locales puis s'accouplements. Il y a ensuite la ponte, la couvaison et l'élevage des jeunes qui s'envolent en général fin mai ou au cours du mois de juin. Ils restent ensuite sur le site avec les parents et partent en septembre pour être erratiques pendant 3 ou quatre ans avant d'atteindre leur maturité sexuelle pour pouvoir se reproduire à leur tour.

Concernant les dérangements on dit et on lit un peu de tout et n'importe quoi ! 
Ce n'est pas parce qu'on dérange un aigle 5 minutes que ça remet en question sa nichée (sauf exception) D'ailleurs, c'est le cas avec les opérations de baguage pratiquées par les ornithologues. Le passage d'un randonneur, s'il peut conduire à l'envol de l'oiseau n'est pas néfaste et il reviendra dès le calme revenu. Les rapaces ont une distance de fuite variable suivant l'espèce et le site. Certains ne s’envoleront même pas tant que le randonneur reste sur le chemin. Ceux-ci ont acquis par expérience que le sentier et les passages de piétons ne présentaient pas de risque pour eux. A l'inverse, si le site est soumis à des dérangements fréquents,  il sera très certainement déserté et le couple devra chercher un autre territoire, pas forcément existants ou, pire, occupé par un autre couple. Ainsi, il existe des témoignages directs de combats mortels entre couple, ce qui est vraiment dommage quand on connaît le nombre total d'oiseaux. Voilà pourquoi préserver un habitat potentiel est fondamental.

Estimer la distance minimale tolérée par un Aigle de Bonelli est difficile, voir impossible. Lorsqu'un aigle est installé sur son aire, en règle générale, il n'est pas gêné par la présence d'un grimpeur dans une couenne d'une 40 m située à quelques 300 m de lui ! Par contre, s'il pense que le grimpeur peut l'atteindre en s'élevant d'avantage (voie de plusieurs longueurs) il y a un risque. C'est d'être à sa hauteur ou au-dessus de l'oiseau qui pose problème. 

Qui plus outre, un aigle a généralement plusieurs aires sur le même secteur (souvent 4 ou 5) et il passe suivant les années d'une à l'autre sans qu'on sache vraiment pourquoi. Donc il est possible qu'une année, l'oiseau tolère notre présence et que l'année suivante cela l'empêche de se reproduire parce que quelque chose ne convient plus.

Il faut bien voir que le moment de l'équipement des Concluses a coïncidé avec celui où la population de Bonellis était la plus basse (seulement 23 couples en 2002). Aujourd'hui la courbe s'est inversée, grâce au plan national de restauration qui a permis la mise en place de diverses mesures de protection: amélioration des structures électriques, déviations de sentiers, périmètres de sécurité, informations sur les nuisances, suppression de certaines voies ou sites sur les topos d'escalade etc ....L'an dernier, la France recensait 30 couples nicheurs. Un progrès qui a redonné espoir aux ornithologues. Du coup les sites historiques les plus fréquentés  pourraient être de nouveau occupés.... 

Bref, c'est le cas ici. Après le déséquipement il est probable que la présence du Bonelli sur le site ne sera pas immédiate et cela peut prendre plusieurs années, mais si la tendance actuelle se poursuit les raisons d'y croire sont réelles. Reste que dans cette histoire, la forme n'y était pas et que les chasseurs du coin décrédibilisent considérablement le programme de reconquête de ces falaise par l'Aigle !
En 1986 les autorités hexagonales ont tenté de nous faire croire que le nuage radioactif de Tchernobyl n’avait pas franchi la frontière. Il en est un peu de même en ce qui concerne la borréliose (ou maladie de Lyme) dont l’ampleur a été longtemps sous-estimée par le milieu médical français..
A la TL²B nous avons consacré plusieurs article sur le sujet ces 4 dernières années pour que les pratiquants de loisirs de pleine nature soient le plus informé possible sur cette maladie. Il y a quelques jours (le 20) France 5 a consacré Le Monde en Face à  notre santé et aux  menaces qui pèsent sur elle. Parmi les sujets : la maladie de Lyme... et un constat alarmant de l’OMS : une nouvelle maladie infectieuse apparaît chaque année dans le monde… 
Par ailleurs, le SNUPFEN, syndicat des forestiers, dans un article récent rappelait qu'en France, cette maladie est très mal diagnostiquée. Voici donc un petit complément à nos articles précédents.


Commençons donc par ce que l'on peut lire sur le site de France 5 à propos de l'émission :

"Transmise par les tiques et longtemps considérée comme rare, la maladie de Lyme est aujourd’hui en pleine expansion, au point d’inquiéter les spécialistes internationaux qui craignent d’avoir à faire face à une épidémie. Enquête sur une affection aussi méconnue que redoutable.
« Il y a encore une quinzaine d’années, on pouvait passer l’été sans en avoir, maintenant ça n’arrive jamais […]. Parfois on trouve des “nids” et il suffit de s’asseoir dans l’herbe pour en ramasser deux ou trois cents. Même (quand on est) à vélo, elles arrivent à s’accrocher. » 
Elles, ce sont les tiques. Guide de randonnée dans les Pyrénées, l’une des régions les plus touchées de France, Thierry Cottereau ne fait que constater, à l’instar de ses collègues et des éleveurs locaux, la prolifération récente de ces petits acariens, parasites des animaux comme de l’homme. Perchées sur le sommet des hautes herbes, les tiques peuvent attendre plusieurs semaines avant de s’en prendre à une victime dont elles sucent le sang grâce au rostre, une sorte de harpon qu’elles enfoncent dans la peau. Gorgées de sang, elles passent alors de la taille d’une tête d’épingle à celle d’une cacahouète. Désagréable et peu ragoûtante, une telle piqûre ne porte cependant pas à conséquence, sauf si le parasite est infecté par un germe, responsable chez l’homme d’une affection méconnue car jusqu’ici peu fréquente, la maladie de Lyme
Face à une épidémie mondiale
« La tique inocule une bactérie appelée Borrelia burgdorferi. La piqûre passe souvent inaperçue parce qu’elle ressemble à celle d’un insecte et donc souvent on ne propose pas de traitement. La maladie va alors évoluer à bas bruit sous une forme d’abord subaiguë, puis chronique pendant des mois ou des années, dix, vingt, trente ans », explique le Pr Christian Perronne, chef du service d’infectiologie de l’hôpital Raymond-Poincaré (Garches). 
Prise à temps, une antibiothérapie de quelques semaines suffit à enrayer l’infection. Dans le cas contraire, la Borrelia se répand dans l’organisme et migre vers le cœur, les artères, les articulations ou même le cerveau, provoquant des manifestations redoutables : fatigue extrême, troubles de la vision, de l’élocution, douleurs articulaires, difficulté de concentration, perte de mémoire… 
Or, en raison de la prolifération des tiques, la maladie de Lyme ne cesse de gagner du terrain. Selon le Dr Richard Horowitz, un médecin américain qui a ouvert un centre spécialisé dans la prise en charge de cette pathologie, « on est en face de l’épidémie mondiale la plus importante transmise par un vecteur. C’est un problème planétaire ». Il semble donc urgent d’apprendre à mieux connaître la borréliose pour pouvoir bien la soigner et freiner sa progression." (Beatriz Loiseau)
Le cinquième rapport sur l’évolution du climat attribue au réchauffement la recrudescence de la maladie de Lyme. En outre les scientifiques s’inquiètent de « l’éloignement des centres de décision » par rapport aux régions rurales où le réchauffement se fait le plus sentir.


Selon Bertrand CHRISTOPHE, docteur en pharmacie, la maladie de Lyme est en recrudescence depuis plusieurs années. 
En Allemagne, 100 000 nouveaux cas étaient recensés dans les années 2000, 500 à 700 000 cas /an le sont dans les années 2010. En France, on n’en reconnaît que 10 à 20 000/an. Les alertes se multiplient et les consciences s'éveillent mais comment explique t'on ce décalage entre les statistiques française et allemandes ? Probablement à cause des tests de dépistage...

Il n’existe aujourd’hui aucun test sanguin fiable pour établir un diagnostic. En France, le seul test homologué est le test Elisa qui ne détecterait que 30 % des cas ! Donc, dans 7 cas de personne réellement infectée sur 10, les médecins passeront à côté du diagnostic et de l’infection qui ne sera pas traiter. Pire, imitant de nombreuses autres maladies, le patient sera sans doute orienté vers des traitements inappropriés... Ce n'est pas pour rien que l'on surnomme cette maladie "la grande imitatrice".

Il existe pourtant un autre test plus fiable, mais loin d’être infaillible il faut le préciser, le Western Blot, utilisé notamment en Allemagne et mis en oeuvre exclusivement par des laboratoires d’analyse allemands. En d’autres termes, quelqu’un qui aurait des suspicions quant à une éventuelle infection devra adresser un échantillon de son sang à un laboratoire d’Outre-Rhin et prendre en charge, à ses frais, le coût des analyses.

Les traitements officiels antibiotiques de courte durée suivent un protocole défini par les autorités de santé, mais bien souvent ils ne soignent pas la maladie. Une chronicité de la maladie peut s’installer au fil des ans. Aujourd’hui des approches thérapeutiques novatrices existent : antibiothérapie de longue durée, traitements alternatifs, traitements intégratifs.

A la lecture de ce qui précède, on comprend la difficulté des forestiers à faire reconnaître la maladie de Lyme comme maladie professionnelle. Il est probable que des forestiers ayant fait le test en France soient déclarés comme "non malade" alors qu'ils sont peut être infectés !

Donc outre les associations présentés dans nos précédents articles, ajoutons Lyme Sans Frontière.

Crée il y a deux ans seulement en Alsace et comptant déjà un millier d’adhérents, l’association Lyme Sans Frontières soutient et conseille les personnes atteintes face au déni des autorités publiques. Elle promeut également la recherche et l’information du grand public mais également des médecins. Elle peut notamment fournir à toute personne qui le souhaite, les coordonnées des laboratoires allemands pratiquant le test Western Blot, les coordonnées de médecins et thérapeutes sensibilisés aux traitements alternatifs. Elle a aussi lancé une pétition adressée au Ministère de la santé.




Site Internet : http://www.associationlymesansfrontieres.com
Email : contact@associationsansfrontieres.com



Qui, mieux qu'un forestier, pouvait un peu nous éclairer sur ce sujet ? 

Nous avons déjà eu les éclairages en "off" de certains d'entre eux ou les commentaires passionnés de Gaëtan sur de précédents articles. Cette fois, c'est Guy ROCHON, 69 ans, qui a exercé le métier d'agent technique forestier ONF de 1968 à 2002 dans le massif des Bauges en Savoie qui nous a contacté. 

Son témoignage sur la gestion forestière de ces dernières années fait suite à des faits relatés par certains de ses anciens collègues dont certains sont encore en activité et ne peuvent pas trop s'exprimer ! Guy défend donc le métier de technicien forestier avec passion. Il défend aussi avec ferveur une certaine idée de la sylviculture et tout particulière dans son pays, au coeur du PNR des Bauges. Il nous livre donc ses impression sur le document de gestion durable des forêts publiques...


Suite à ses remarques, il reçu de nombreux témoignages de soutien d'associations diverses de protection de la forêt, mais surtout des appuis scientifiques de chercheurs de l'INRA ou Cemagref, de WWF, Pro Sylva... et même un soutien direct en public d'un ancien chef de centre de gestion de l'ONF, membre de la FRAPNA, sans parler de certains chargés de mission au PNR des Bauges qui viennent lui dire, en douce, qu'ils partagent sa position...

Mais Guy a aussi reçu le soutien, et c'est plus surprenant, de plusieurs professionnels du milieu de l'exploitation forestière privée tels des bûcherons-débardeurs et aussi de certains scieurs dont quelque uns des plus grosses scieries de Savoie. Ceux-ci partagent le constat d'une certaine surexploitation des forêts publiques dont les conséquences à court terme seront une baisse obligatoire des volumes exploités par manque de matière bois car les coupes actuelles sont trop fortes et les forêts plus assez denses avec des volumes sur pieds trop faibles.


On signale souvent sur les portails de la Tl²B, le décalage qui existe entre le discours et les actes à l'ONF. Les chargés de Communication de l'Office ont bien compris leur métier : la langue de bois ! Pour décrypter quelques documents de l'ONF, nous ferons donc plus souvent appel à nos amis forestiers. Et on commence maintenant avec les les impressions de Guy concernant le document émis par l'ONF intitulé << La Gestion durable des forêts publiques >>.

Voici ce qu'en dit le site internet de l'ONF (où l'on peut télécharger le document) :


"Produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité"
Le Grenelle de l'environnement et les Assises de la forêt ont confirmé, pour la gestion durable de la forêt, les objectifs conjoints de préservation renforcée de la biodiversité forestière et de production accrue de bois, en tant qu’éco-matériau et source d’énergie renouvelable.
Synthétisés par l'intitulé de l’accord partenarial signé en septembre 2007 entre l’ONF, la fédération France nature environnement, la FNCofor et Forestiers privés de France : "Produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité", ces objectifs sont au cœur des choix stratégiques de l’ONF pour la gestion des forêts domaniales.

Dans un contexte de profonds changements (climatiques, économiques et sociétales), ils débouchent sur une politique accrue de récolte de bois, accompagnée de la mise en œuvre d’une véritable politique environnementale, dans les divers domaines de la gestion forestière : aménagements, coupes, travaux…

Ce double objectif "Produire plus de bois tout en préservant mieux la biodiversité" a suscité des interrogations auxquelles l'ONF apporte ici ses réponses. 

En voici l'analyse par Guy, un ancien de l'Office !

"Ce document intéressant sur la forme, nous dit ce qui serait bon pour la forêt, pour préserver TOUTES ses fonctions et services. Comment être contre un maintien ou une amélioration de la biodiversité forestière...On ne peut qu'être pour ! Mais, ce document porte aussi à réflexion car il contient des remarques ou certitudes qui sont contredites par d'autres scientifiques ou experts en écologies forestières.

Actuellement, l'ONF fait une campagne médiatique pour expliquer que l'accroissement des volumes coupés en forêts publiques est une bonne chose pour la société et le milieu forestier... Je regrette par exemple que cet établissement dont j'ai partagé les valeurs passées, ne se défende pas plus fortement contre ces directives du << couper plus >> ! C'est une insulte faite aux anciens gestionnaires qui avaient leur expérience et leur savoir au service de la forêt en élaborant des plans de gestion conforme aux réalités de terrain, des milieux associés...et indépendants de décisions politiques. Depuis très longtemps, ils ont fait des inventaires, créé des accès routiers, planté et fait en sorte que tout fonctionne de mieux en mieux, récolté et vendre les produits...

Continuer à progresser sur tous les besoins et les attentes de la société, quoi de plus normal ! Mais leur dire du jour au lendemain que la forêt était sous-exploitée, mal gérée au plan écologique et économique ! Quelle prétention ! Voir la page 5 du document ONF.

Laissons les forestiers agir en dehors de ces pressions, ils savent faire leur métier avec passion et responsabilité. Mais la réalité est tout autre ! Il faut mettre des volumes supplémentaires sur le marché : plus 20 millions/an, chiffre rappelé par les Ministères de tutelle... et pourtant, les prétentions de l'IFN quant à la ressource forestière, sont revues à la baisse... 


"Ici l'ONF prend soin de la forêt"
Une phrase "choquante" quand on parle de coupe mais qui est une réalité !

Ces volumes supplémentaires sont en contradiction avec les anciens plans de gestion des forêts publiques. Il faut savoir aussi que les derniers aménagements forestiers tiennent compte de ces nouvelles directives politiques du << couper plus >>. Quelle crédibilité attendre de ceux-ci ?

La notion élémentaire en matière de gestion d'un massif forestier est l'inventaire pied à pied des peuplements forestiers, seule méthode qui garantisse les volumes sur pied, les accroissements donc les possibilité/volume réelles d'un massif (réf. DUCHIRON).

Pour en revenir au document de << gestion durable >> de l'ONF, il est une réalité partagée par tous : celle d'une augmentation de la surface forestière française : essentiellement la forêt privée, doublement en 150 ans (en légère régression depuis quelques années) ! Nul ne le conteste !
mais comme je l'avais déjà écrit, cette augmentation de surface s'est traduite automatiquement par une augmentation globale et progressive des volumes prélevés : Plus 43% en forêts domaniales sur les trente dernières années ( rapport de la Cour des comptes) et plus 64% entre 1966 et 2010 selon un rapport du Président de l'ONF ( Mr Gaymard). Voir la page 9 du document ONF...alors que la surface des forêts publiques n'a pas augmenté !

Il y a donc bien un ajustement automatique et progressif de la croissance et de la récolte ! C'était le rôle des plans de gestion passés... réactualisés tous les 15 ans environ !
Quant au déficit de la balance commerciale de la filière bois, il faudrait aussi dire que la forêt française est exportatrice de bois feuillus en grumes (les 3/4 des volumes forestiers français).

La forêt française n'est pas, contrairement à ce que l'on laisse croire, déficitaire sur sa production de bois car elle exporte plus que ce qu'elle importe, par contre le déficit de la balance commerciale de la filière bois est dû aux entreprises de transformation du bois pas suffisantes pour donner de la valeur ajoutée à cette matière première. Voir page 10 du doc.ONF.




Sur la sylviculture intensive préconisée par l'ONF pour améliorer les écosystèmes, améliorer les rendements et les qualités des peuplements forestiers, elle est, pour beaucoup de scientifiques de l'ex-Cemagref ou de l'INRA ou d'experts forestiers, source de dangers à moyen terme, danger pour l'économie de la filière, pour l'écologie forestière...

Certaines notions sylvicoles ONF sont contestées : la faiblesse des volumes sur pied à l'hectare, les éclaircies trop fortes qui ne favorisent pas ni la qualité, ni la résistance aux incidents climatiques, sécheresse, tempêtes, les microclimats forestiers perturbés (notions de lumière et d'humidité ambiante, d'évaporation du sol, insolation des sous étages...). Les diamètres d'exploitation revus à la baisse, de même les temps de passage entre deux coupes (rotation) raccourcis eux-aussi ! (notions critiquées par les chercheurs écologues) 

Des recherches de l'INRA CARBOFOR publié en 2010(Lousteau) confirment que les cycles longs permettent un meilleur stockage du carbone que les cycles courts. La thèse de Vallet (2005) confirme également l'intérêt des peuplements plus âgés pour le stockage du carbone.

Savez-vous que les forêts françaises ont le plus faible volume de bois sur pied à l'hectare des forêts Européennes ?
France 160 à 170 M3/ha (source IFN), Suisse 330 M3/ha, Allemagne et Slovénie 280 M3/ha, Luxembourg 250M3/ha, Belgique 210 M3/ha, Autriche 350 M3/ha...
Alors ? faut-il continuer à sous capitaliser ?. voir page 6 du doc. ONF.

La qualité technique du bois est liée à la densité des peuplements forestiers :
Forte densité = accroissements plus fins et réguliers, moins de décroissance, meilleur élancement, moins de branches...
Faible densité = arbres plus courts, plus coniques et plus branchus...
Depuis toujours, le forestier sait toute l'importance du milieu, l'ambiance forestière qui est le résultat d'un jeu subtil entre l'ombre et la lumière et de la lutte des espèces pour atteindre cette fameuse lumière le plus rapidement possible, pour tout simplement survivre... Une certaine densité favorise les relations complexes du système racinaire avec les champignons mycorhiziens... les peuplements espacés nuisent à cette relation de vie.




Depuis toujours, le forestier par son travail de sylviculture, permettait à la forêt, de s'améliorer génétiquement par la priorité donnée aux plus beaux spécimens... c'était un choix individuel de l'arbre, une sylviculture pied par pied, méticuleuse et combien valorisante ! Il savait doser les espèces d'ombre et de lumière... son coup de marteau était le résultat de tout un savoir, de toute une sensibilité mise au service de la forêt et non de directives commerciales !

Tout le contraire d'une gestion forestière collectiviste qui ne peut qu'être productiviste, quantitative et dangereuse pour le fonctionnement global de ces écosystèmes.

<< L'objectif d'augmentation de la récolte conduit dans certaines régions à prélever au-delà de l'accroissement naturel. Or, le fait que l'accroissement naturel ne soit pas entièrement récolté permet aux formations forestières jeunes de mûrir, de restaurer la biodiversité menacée qui est dépendante des forêts vieillies, d'augmenter la résilience de l'écosystème, de stocker du carbone et d’accroître le capital sur pied avec des produits de qualité... >>

Pascal Viné photo : (C) Midinews
Pascal VINE, directeur général de l'ONF a dit : << depuis 20 ans, il est prélevé TOUTE la production biologique... >>.
D'après Barthod (2005), certains forestiers américains s'étonnent de notre obsession sur l'écart entre récolte et accroissement biologique, leurs expériences ont montré toute la valeur de celui-ci comme un << tampon indispensable à tout système biologique en situation de durabilité >>.

En clair, lorsque l' IFN ( Inventaire Forestier national) donne comme valeur de production biologique de la forêt française, 80 millions de M3, on ne doit pas prélever cette valeur, mais rester bien en-dessous pour tenir compte des mortalités naturelles ou aléas climatiques, toutes les espèces inventoriées ne donnent pas des produits commerciaux... 

Pascal VINE, directeur de l'ONF a donné comme chiffre de récolte possible, 70% de la production biologique. Je partage cette appréciation.
Arrêtons aussi de 'jouer et concevoir' des normes sylvicoles dont le seul objectif est de récolter davantage !

Voilà donc une autre réflexion, ce ne sera pas la dernière et c'est bien de réfléchir ainsi ! 

Guy ROCHON (ex agent ONF)

Ajoutons qu'à la TL²B nous continuerons de soutenir les forestiers de terrain et à diffuser leurs propos. Relisez nos articles de la rubrique "ONF et Sylviculture" ou visitez notre boîte à outils pour avoir une autre vision de ce que peut être la sylviculture raisonnée...

Cela fait un moment que l'on n'a pas évoqué "la plus haute falaise" d'Ile-de-France : le viaduc des Fauvettes ! Il s'est passé pas mal de chose du côté de l'équipement avec de nouvelles voies mais aussi un test (toujours en cours) des points d'ancrage. Du coup, on en profite pour vous rappeler que les grimpeurs partagent le viaduc avec d'autres catégories d'utilisateurs dont les spéléologues qui, comme chaque année, viennent aérer leurs matos lors de la manifestation de la Grande Vire dont l'édition 2014 a lieu le WE prochain ! Voici donc les dernières news envoyé par Jean Yves...



Commençons par l'équipement et les nouveautés.

vol du bourdonAprès le test des fondations, voici la campagne de test des scellements ! Vous avez peut être rencontré au hasard de vos escalades sur le viaduc des petites pastilles plastifiées accrochées aux scellements. Le CoSiRoc a sollicité la société SCAF pour tester plusieurs points selon les normes AFNOR en vigueur pour l’homologation des sites d’escalade. Nous vous tiendrons informé des résultats mais SVP, en attendant, merci de respecter ces pastilles.

Deux nouvelles voies sont à parcourir sur les piliers 6 et 7 du viaduc des Fauvettes :
Le vol du bourdon (P6.6)
A gauche de Damnation de Faust : 35 m, 6b+, 14 points de scellements.
Les travaux d’Herluc (P7.10). 
Ces deux voies sont somptueuses et les répétiteurs prennent le temps de faire part de leurs avis sur le site du Cosiroc

La grande vire 2014 !

Comme chaque année, le viaduc des Fauvettes se transforme en une gigantesque traversée, où alternent les montées et descentes, les fractionnements, le jonglage avec les pédales, les tractions, les longues et délicates manœuvres de sauvetages puis les frontales, la fatigue, mais aussi et surtout, 
les fou rires, les accolades, et la joie de partager ce moment magique perché dans les airs. 

Alors du 24 au 25 mai, amis grimpeurs, slackeurs... oubliez les chaussons et slack et demandez quelques conseils aux spéléos pour jouer avec eux dans cette grande virée au pays des meulières … 
Bien entendu, l’escalade n’est pas interdite ce week-end ! Mais si vous grimpez, respectez au moins les installions et cordes de nos amis spéléos !
A force de publier les notes de Com' sur les circuits d'escalade pas trops difficile, certains de nos fidèles lecteurs allaient broyer du noir... On va donc leur donner l'occasion de le faire réellement grâce au formidable travail des baliseurs bénévoles de l'ARB (Association des Amis des Rochers de Beauvais) qui viennent de terminer la refonte de la deuxième moitié du circuit noir ! 

Ce circuit d'escalade réunissait tous les blocs "extrêmes" du secteur « Nainville ». Il a été scindé en deux zones : à l’Ouest le parcours ED+ de 30 numéros a été finalisé en 2012 (on en parlait là) et en 2014 pour le parcours du versant Est. Cette fois, le choix a été de privilégier les voies qui ne dépassent pas le niveau 6c... 

Un très gros travail donc pour lequel nous ne manquons de féliciter cette équipe qui à fait du site l'un des plus gros massif d'Ile-de-France, notamment en terme de fréquentation ! Merci les gars...




Les Grands Avaux est le nom donné en 1979 à la plus grande forêt départementale de l’Essonne. C’est également un Espace Naturel Sensible (ENS), notamment dans sa partie la plus à l’Ouest, le Massif du Buisson. Cette zone est magnifique, en particulier la platière du Télégraphe, (voir l'article sur les ruines du télégraphe Chappe) où se trouve la tour Bréguet (dite du Buisson) et les 118 marches de l’aqueduc de La Vanne,... Il n’est pas autorisé de tracer de circuits d’escalade dans ce secteur mais la partie du massif la plus intéressante pour grimper se trouve de tous manière au Rocher du Duc. Là, 23 circuitsparcourent les quatre secteurs différenciés : Nainville, Hameau de Beauvais, Télégraphe et  Loutteville.

C'est donc dans le secteur Nainville que se trouve ce "nouveau" circuit noir n°8 ED-

Depuis le parking de Nainville, à son extrémité Est (gauche) se situent les départs des circuits Enfants Blanc (n°1) et PD Jaune (n°4) et, juste au dessus, les départs de l’AD Orange (n°5) et de l’ED- (n°8) Noir ; ils sont visibles depuis le parking.


Jean Yves Derouck dans le Dragon, une solide traversée en 6b de ce nouveau circuit
Photo : Greg Clouzeau

Historique :
Cette partie de circuit a été tracé en 1992 par les amis des rochers de Beauvais, d'abord en bouge et blanc puis en blanc grâce à la complicité d’une multitude d’ouvreurs, dont : AVARE Laurent, DEROUCK Jean-Yves, ETIENNE Pascal, GUYOT Emmanuel, JUHEL Patrick, LAZZERINI Bruno, ROUMEGOUX Christian.

Topo du circuit ED- :
Ce nouvel enchaînement reprend donc les blocs de niveau 6 dont beaucoup de traversées. Il est assez ombragé et sèche plutôt lentement. Quelques blocs assez hauts nécessitent une bonne parade, voir l'usage de la corde pour l'apprentissage des mouvements.





Voir aussi :

Vos remarques et suggestions sont à envoyer au ARB : 


Ce petit massif des Trois Pignons, appelé à tort "Châteauveau" par les grimpeurs dans les années 70 (c'est le pignon voisin), offre quelques petits chaos avec des blocs souvent de faible hauteur, et une crête rocheuse qui se termine au sommet du pignon de la Justice dont le magnifique point de vue est bien connu des habitués du sentier des 25 Bosses. Situé à quelques mètres du camping de la Musardière, ce site reste très tranquille.

L'ami Oleg qui entretient ces circuits depuis quelques décennies revient sur leur histoire et les dernières modifications qui ont conduit à la création d'un nouveau jaune parallèle à l'orange, sur le site internet du Cosiroc.

Extrait du petit historique par Oleg :

"L’escalade a dû y commencer par l’ascension de la Grande Dalle, d’une évidence incontournable pour un grimpeur. Un semblant de circuit (départ sur le n°10 orange actuel), sans continuité et aux blocs éparpillés y a été tracé vers les années 75 prenant certainement la Dalle pour prétexte. S’il comportait le Dièdre Noir et la Vire du Crabe, passages notoires, il se terminait sur le petit bloc riquiqui, juste au sud de l’arrivée actuelle dont, très bizarrement, il évitait soigneusement l’ascension. Quelques passages de niveau nettement supérieur avaient été aussi matérialisés par de grosses flèches vertes.
Reprenant la huitaine de voies balisées et en les complétant par beaucoup d’autres, j’y ai tracé en 1977 un circuit jaune PD qui débutait en bas de pente pour se terminer au sommet du pignon. Sa caractéristique essentielle, à part un éventail assez large de difficultés de passage, était que l’on pouvait le parcourir sans poser le pied sur le sable, grâce à quelques sauts et surtout des petits aménagements discrets (blocs ou pavés à moitiés enfouis). C’est la difficulté de réalisation d’un tel « pavage », et aussi pour éviter une zone séchant lentement, que je n’ai volontairement pas intégré quelques beaux blocs situés à l’ouest et à mi hauteur de la bosse, non loin de la Grande Dalle.


Pendant la trentaine d’années qui a suivi, j’ai fait lentement évoluer le circuit en intégrant des passages découverts en explorant systématiquement ses blocs et leurs abords. Toujours avec l’idée directrice de conserver la possibilité d’un enchaînement sans pied au sol mais sans trop me préoccuper de la difficulté intrinsèque de certains pas. Ceci, et le fait que certaines prises se sont quand même polies peu à peu par près de 40 ans d’usage, a entraîné la montée du circuit dans la catégorie AD (assez difficile).


L’évolution de l’ancien circuit du massif, que ce soit par ajout très volontaire de nouveaux passages que par « l’usure » des anciens (polissage) m’a amené à proposer au CoSiRoc de matérialiser, en parallèle avec le circuit traditionnel, un circuit jaune peu difficile. Cela été accepté par la commission des Sites Naturels d’Escalade du 77 et l'ONF et je suis passé aux travaux pratiques de peinture."

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Cosiroc
Photo : COSIROC

Vous trouverez donc sur le site internet du Cosiroc la suite de l'article ainsi que la description des dits circuits jaune PD (41 passages numérotés, en général de faible hauteur)et orange AD/AD+ (plus inégal, avec des passages de type et de hauteur très variés. Il est conçu pour un enchaînement si possible sans pied sur le sable). 

Sur l'orange, quelques passages sont hauts (n°13 Grande Dalle et 14 descente assez facile mais impressionnante)

Pour des raisons de sécurité, bien évidentes lorsque que l’on se trouve au sommet du bloc de la Grande Dalle, il a été équipé :

- depuis longtemps, de points d’assurage à son sommet, permettant de protéger sa montée par le n°13 et sa descente (n°14) ainsi que plusieurs autres voies de plus haut niveau ;
- très récemment, d’une courte chaîne, pouvant servir de main courante, pour faciliter la descente par le point le moins élevé du bloc, malheureusement sans prises franches et avec une chute évidemment dangereuse. Un saut -S2- permet de l’éviter, ceci à condition d’être à l’aise dans ce type d’exercice.

Autre particularité des circuits : les Sauts !
 
Voici ce qu'en dis Oleg : "C’est parce que les sauts me paraissent une composante de l’escalade à ne pas négliger, et peuvent être très plaisants, que j’en ai intégré quelques uns, de difficulté modérée, dans les deux circuits. 

Coté S1 (difficulté modérée, longueur modérée, point d’appel et de réception sans risque) et S2 (on commence à réfléchir), S0 étant juste un pas sauté, ils permettent de se préparer à de plus amples envols dans d’autres lieux et espaces."

NATURE