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Sur les chemins

Escalade

Matos

2014-03-30

Hélas, on ne gagne pas tous ses combats... C'est par le site Bleau.info que nous avons appris la triste nouvelle : le décès d'Eric Jarkoff, bleausard discret mais ouvreur de très beaux passages (et il est loin de les avoir tous signalé) bien connus des Bleausards. Ses cendres ont été dispersées dans la forêt qu'il aimait tant. Nous adressons, nous aussi à Valérie, son épouse, et à ses proches, toutes nos condoléances. Nous lui rendons hommage en reproduisant ci dessous le très beau texte écrit par Philippe Audin que seul les grimpeurs bleausards peuvent comprendre. 


Salut Eric...
Salut Eric,
On ne va pas te faire le coup du mur des lamentations mais évoquer une dernière fois avec toi ta passion que tu partageais avec beaucoup d’amis grimpeurs ici présents.
Contrairement au non initié, celui qui parcourt le massif un grand tapis dans le dos et une brosse à la main comprendra vite ce petit clin d’œil :
Pour nous tous, ton départ est une vraie onde de choc. Aujourd’hui point de croix, ton guide c’était plutôt ton topo, n’en déplaise à «l’abbé Résina». Mais des croix, tu en as fait beaucoup dans cette forêt. Les bêtes pouvaient dormir tranquilles car tu étais chasseur, mais chasseur de prises uniquement. 

Bon bien sûr tu te faisais parfois remonter les bretelles en rentrant un peu tard et tes excuses étaient un peu douteuses : «je n’arrivais pas à sortir de la fosse aux ours», j’ai eu du mal à trouver la baleine, «Corto Maltèse» m’a donné du fil à tordre, l’ange naïf m'a retenu. Mais tu étais vite pardonné.

La belle noiseuse, Marion des roches, la Lily, miss KGB, sans parler de la défroquée rendaient bien un peu jalouse ta Valérie mais elle savait que tes maîtresses de pierre comptaient beaucoup également pour toi.

Pour te faire pardonner tu partais avec ta liste de course : charcuterie, boucherie en passant à l’abattoir, un kilo de beurre, mais beurre-marga, Jus d’orange, chicorée.
Avec toi, point de compétition, tu te contentais facilement de la médaille en chocolat et après une perf, tu payais ta bière «rubis sur ongle».
Mais jamais trop d’excès, éventuellement une petite Marie-Rose, une petite poire ou une fleur de rhum, un(e) nescafé, et au lit. Ton 20 Rouge préféré c’était à Canon et le seul cigare que tu t’accordais c’était celui du 95.2.

Quelquefois le biceps mou ou un angle incarné mais rien de bien grave, alors quand le mal t’a frappé on pensait que ce n’était qu’une parenthèse.
Jusqu’au bout du jour tu allais de bloc en bloc… jusqu’au dernier…
Cet âpre mont, tu n’as pas réussi à le franchir, tu aurais préféré les 12 travaux d’Hercule comme épreuve. On espérait tellement que tu réussisses ton rétablissement mais tu viens de prendre une dernière fois l’hyper plomb. Maintenant, après la fissure de la liberté, c’est une grande traversée qui s’annonce, bien continue, mais qui sait, elle est peut-être belle, et en lévitation là-haut, dans ton rocking-chair, tu nous donneras peut-être la méthode en nous disant : «carpé diem».

Source texte et images : Bleau.info
Créé le 2 avril 1874, le Club alpin français fête aujourd'hui ses 140 ans. Depuis toujours, l’association perpétue et fait vivre l’esprit « Club alpin », que certains ne manquent pas de caricaturer ou dénigrer mais qui est toujours là. Hier comme aujourd’hui, elle reste fidèle aux objectifs inscrits dans ses statuts : « rendre accessible au plus grand nombre une pratique autonome et responsable de la montagne ; contribuer à la formation et à la sécurité des usagers de la montagne, à l’aménagement et à la protection du territoire, à l’élaboration et à la transmission d’une culture montagnarde. »


Si l'on peut critiquer (parfois) l'image du caricaturale du "vieux cafiste", un brun traditionaliste ou intégriste, force est de reconnaître de la FFCAM se modernise et fait preuve de dynamisme. Car il loin le CAF de Grand-Pépé avec sa devise nationaliste « pour la patrie, par la montagne ». En 1882, il fut reconnu d'utilité publique pour ses actions destinées à « faciliter et propager la connaissance exacte des montagnes ». En 1996, il abandonne son nom historique et prend celui de Fédération des Clubs alpins français. Lors de son 5e congrès, les 29 et 30 janvier 2005 à Chambéry, il change de statut et prend le nom de Fédération des Clubs alpins et de montagne. (FFCAM).

Ainsi la politique « jeunes » mise en place par la FFCAM continue à porter ses fruits : le nombre d’adhérents de moins de 18 ans a augmenté de + 8,5% au cours de l’exercice fédéral 2012-2013. Cette attention aux jeunes publics se combine avec une politique de formation ambitieuse et rigoureuse : 4800 personnes ont participé en 2013 à une formation technique permettant d’obtenir un brevet fédéral d’initiateur ou d’instructeur FFCAM !

Ces dernières années, la FFCAM a aussi considérablement enrichi le panel des activités et des pratiques proposées à ses membres : cascade de glace, dry tooling, trek, trail, marche nordique, speed riding, paralpinisme, ou encore slackline et highline. Qui aurait cru que 2 645 cafistes pratiqueraient slackline et highline au sein de la FFCAM !

La FFCAM, avec l’aide du Ministère de la jeunesse et des sports, a créé en 2007 un Pôle Ressources Public Eloigné. Les « publics éloignés » désignent les jeunes en difficulté sociale, des personnes sous main de justice, des personnes porteuses d’un handicap physique, moteur ou cérébral, ou ayant de graves difficultés de santé mais n’interdisant pas la pratique d’une activité. Tout au long de l’année, les clubs FFCAM organisent de sorties pour ces publics dans le cadre du programme « Handicaf ». Plus de 10.000 « journées participants » ont été recensées au cours de l’exercice 2012-2013 en faveur des publics éloignés.

Bien évidement la FFCAM est assise sur un trésor de guerre qu'elle modernisme sans cesse : son superbe réseau de 125 refuges, chalets et centres de montagne ! La fédération consent à de gros efforts financiers pour entretenir ce patrimoine de moyenne et haute altitude situé dans tous les massifs : en 15 ans, 50 millions d’euros ont été investis pour rénover et reconstruire 40 bâtiments.

Enfin, elle est depuis toujours un acteur d'une pratique tournée vers la protection des sites naturels mais aussi des libertés de pratique.

Bref, sans les vieux cafistes, la montagne ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui ! Souhaitons donc un bon anniversaire au vieux Club Alpin Français.
On va en reparler très vite mais l'ONF ne veut plus être le gardien de sites à risque ! Certes ce n'est pas nouveau et depuis plusieurs années les responsables de l'administration forestière commandent des rapports d'évaluation des risques à chaque nouvelle acquisition de terrain, mais aujourd'hui,  Pascal Viné, son directeur général  a déclaré vouloir céder les terrains évalués "à risque " c'est à dire dont la gestion entraînerait sa responsabilité en cas d'accident avec un double objectif : accroître la rentabilité de l'établissement public dans un contexte de réduction des dépenses de l'Etat et réclamé par son ministère de tutelle, protéger les responsables et personnels de l'ONF... L'office en profite aussi pour vendre ses maisons forestières...

Le communiqué de presse tombé ce matin, 1er avril 2014, n'en dit pas beaucoup plus si ce n'est que la liste des parcelles concernées ne devrait pas tarder à arriver sur les bureaux des Mairies et Conseils Généraux qui auront alors 2 mois pour prendre leur décision : 
- soit préempter et prendre la garde du massif forestier, 
- soit laisser l'ONF le céder à des propriétaires privés. 

Ce faisant, le Ministère de l'agriculture et de la forêt espère bien faire d'une pierre deux coups : renflouer ses caisses, se débarrasser de terrains peu rentables et dont la garde lui fait courir un risque.

On pense immédiatement aux nombreuses forêts de montagne, souvent classées en forêt de protection pour lutter contre l'érosion, mais aussi au massif forestier de Fontainebleau dont certains secteurs sont concernés comme les bois de la Commanderie (Larchant) .

A la TL²B, on se demande quand-même comment l'administration compte s'y prendre car, rappelons-le, une forêt de protection est réputée "inaliénable " et seul un arrêt du Conseil d'Etat peut en modifier la destination après une longue procédure. 

C'est en tous cas, un cadeau empoisonné aussi pour les maires qui ont déjà de plus en plus de mal à assumer cette responsabilité pénale. Gageons pourtant que certains ne se priveront pas de revendre à prix d'or ces terrains aux riches promoteurs immobiliers des stations de ski.

Pour mémoire (voir cet article dont est tiré cet extrait), les forêts dont sont propriétaires l’Etat, les collectivités locales ou encore le Conservatoire du Littoral (3% du territoire), dites "forêts domaniales", ne sont pas intégrées au domaine public.

Le juge administratif considère en effet les forêts publiques ne sont affectées :
* ni à la réalisation d'un service public, qu’il s’agisse du service public des loisirs, de la protection de l’environnement et de la biodiversité malgré quelques arrêts spécifiques contraires (notamment TC, 22 octobre 2007, Doucedame, n° C3625). 
* ni à l'usage direct du public (malgré la fonction sociale indéniable de l’accueil du public en forêt consacré par les lois forestière de 1985, 2001). L’affectation économique des forêts publiques reste prioritaire (CE, 28 novembre 1975, ONF c/ Abamonte ), même pour les forêts périurbaines.

Les forêts de protection (celles dont la conservation est reconnue nécessaire au maintien des terres sur les montagnes et les pentes, à la défense contre les avalanches, les érosions et les envahissements des eaux et des sables et celles situés à la périphérie des grandes agglomérations, ainsi que dans les zones où leur maintien s'impose, soit pour des raisons écologiques, soit pour le bien-être de la population (art. L. 411-1 C. for.) justifieraient pourtant une telle qualification.


En tous cas, à la lumière de ce communiqué, on comprend mieux l'insistance de l'ONF à vouloir élaguer les plus vieux arbres de la forêt, notamment dans les RBI ou à sécuriser, vaille que vaille, les abords de certains rochers (article du Cosiroc sur Franchard) comme le Bilboquet dont nous parlions encore il y aquelques jours ou la DJ il y a plus de 10 ans !


images : Source ONF
Mise à jour du 02/04/2014 :
Bien entendu, ce poisson d'avil repose sur des bases sérieuses (elles) et les liens sont authentiques ! L'administration est donc bel et bien "vendeuse" de quelques Maisons Forestières et engluée dans une politique de sécurisation à outrance dont le Bilboquet fera certainement les frais très prochainement...
On vous l'a annoncé début Mars, les Clean up day  (ou journée de nettoyage pour les puristes) ont repris en forêt et le prochain gros rendez-vous c'est bien entendu, le 06 avril ! 
Nos amis de la presse écrite régionale commencent à en parler comme aujourd'hui. A propos du RDV donné par l'ASABEPI sur le bord de l'ex N7 autour du Cuvier, pensez à vous munir d'un gilet de sécurité jaune ou orange... 
Pour les autres, relisez notre article de mars, tout est fourni...
Bon nettoyage !


NATURE