Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2014-01-05


Il y a quelques temps que nous n'avons pas parlé de nos amis arracheurs des plantes invasives en forêt de Fontainebleau dont le célèbre Phytolaque ou Raisin d'Amérique. Nous relayons l'appel de l'ASABEPI dont nous avons mainte fois parlé et dont le lien se trouve dans la colonne de gauche du portail. Ses animateurs, Danielle et Jean-Claude PERRÉE  rassemblent régulièrement des dizaines de volontaires pour des opérations d'arrachage, fauchage ou vendange en forêt de Fontainebleau ou dans le massif du Coquibus. Depuis quelques années, ils bénéficient heureusement de l'appui technique de l'ONF. Mais le développement de leurs activités requiert l'acquisition de matériel supplémentaire. Ils lancent donc une opération de « crowdfunding » que nous nous faisons un plaisir de relayer tout comme, nous en sommes sûrs, vous le ferez.



Pour rester dans le thème des bonnes résolutions 2014 et pour celles et ceux qui n 'ont pas de temps à consacrer à l'éradication du phytolaque ou dont la condition physique ne permet pas ce type d'action ( pour rappel: en été le fauchage est toujours possible ainsi que la vendange en automne ), il existe désormais le « crowdfunding", c'est à dire le mécénat , un ASABEPIthon en quelque sorte.
Pour en savoir plus , il vous suffit de vous rendre sur :http://ick.li/mAa0aK

Ensuite, c 'est à vous de décider. Si vous avez-vous même votre propre liste de diffusion, merci de transmettre.

Et toujours la demande d 'arrêt de la culture et vente du phytolaque ( 142 signatures aujourd'hui), cette plante a donc encore un bel avenir en forêt et ailleurs.
http://ick.li/L2wroj

Cordialement
Danielle et Jean Claude PERRÉE
ASABEPI
"Ils ne savaient pas que c 'était impossible , alors ils l'ont fait ! " Marc TWAIN

Communiqué du SAD :
La course des " ARCADES de l'AQUEDUC " organisée par notre association , la SAD aura lieu le dimanche 30 mars 2014 pour sa 17 ème édition.

Comme chaque année , pour la réussite de cet événement sportif , j'ai besoin de votre aide au stade ou comme signaleur en forêt .

Près de 80 bénévoles doivent être mobilisés . Ces bénévoles sont en majorité issus de l'association mais des amis extérieurs répondent aussi présent ce jour là et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues .

Après la course , les bénévoles sont invités à un repas convivial au gymnase .

Cette année la date est plus tôt dans le calendrier. Autre nouveauté : la course réintègre le challenge vert de l' Essonne , ce qui devrait permettre d'avoir la participation de plus de coureurs .

Notre organisation doit aussi être au top , des officiels seront présents pour nous évaluer .

La course permet de subventionner des activités de notre association tout au long de l'année .

Une première réunion préparatoire du bureau aura lieu le 17 janvier. Si cela vous est possible , pouvez vous me répondre avant cette date sur votre possibilité d'être bénévole sur la course ?

Les habitué(e)s retrouveront leur poste ( sauf avis contraire). Les nouveaux seront positionnés par les responsables d'équipe en forêt ou au stade.

Merci de vos réponses


Daniel JOURDIN


Tous les détails sur le site de la SAD :
http://sad-milly-la-foret.pagesperso-orange.fr/cariboost1/


Contacts :
Daniel JOURDIN - 01 64 98 75 29
dan.g.jourdin@wanadoo.fr
Patrice BOSSU - 06 18 42 70 34
p.bossu@sfr.fr
L'an dernier nous vous avions informé des travaux à venir sur le site d'escalade de La Roche aux Dames à Mondeville conduits par le Cosiroc, la Mairie et le PNRGF entre autres. Vous avez été nombreux à répondre présents à l'appel du Comité, certains en participant quelques heures, d’autres plusieurs journées. Les travaux sur le pignon Ouest ont bien avancé et nous faisons le point avec le Cosiroc et le site de JJN qui nous offre les premiers éléments de topo.  
Mise à jour du 06/03/2013 




La commission des circuits a souhaité s’engager dans le réaménagement des parcours. Avec les grimpeurs investis dans la création des parcours d’origine, le COSIROC a rencontré les élus de la commune qui y sont très favorables ainsi que le Parc régional du Gâtinais.
Il a été retenu le principe d’entretenir en premier les circuits Jaune, Orange et Bleu notamment autour du pignon Ouest ainsi qu’un parcours destinés aux enfants. Les parcours du Rempart et Cap avancé, plus engagés, seront ensuite entretenus.

Actuellement, ce sont plus de 150 passages qui sont recensés, dont la plupart sont pré-tracés au feutre à l’eau, donc effaçables, mais repérables aisément pour encore quelques jours ! Vous pouvez vous en rendre compte en essayant les voies autour du Rocher Baou, de la Fissure du soir, du Réveil matin, de la Grande dalle, du Râteau Vallot, du Rocher du Crapaud, du Grand château,…

Même si les projets de parcours commencent à se dessiner, ils sont encore loin d'^tre finalisés ! Un circuit de qualité ne se trace pas sans une solide étude des enchaînements notamment dans les zones chaotiques. 


JJN en grande séance e Nettoyage
Crédit photo : Cosiroc
Le pré traçage reprend approximativement le code des couleurs suivant : Jaune ~ 2 (à la craie pour l’instant, ou petit rond orange), triangles oranges ~ 3, triangles bleus ~ 4, triangles rouges ~ 5. Vos avis intéressent nécessairement l’équipe des traceurs ; beaucoup de ces blocs sont nettoyés et sèchent rapidement. N’hésitez pas à programmer une séance d’escalade et à faire part de vos remarques et suggestions au Cosiroc qui tient à remercier l'ensemble des bénévoles ayant participé à ces travaux et l’infatigable Jean-Jacques Naëls.


Le travail n’est pas terminé, loin sans faut. Si vous avez quelques heures de disponibles pour donner un coup de main, faites le savoir, nous transmettrons.

Pour s’y rendre : depuis l’église, suivre le GR. Après avoir longé le camping, le plus court (*) est de descendre tout droit pour rejoindre le GR jusqu’aux ruines d’un abri de pierre. Les départs pourraient être à proximité (15 minutes).

(*) Après le camping, on peut continuer sur la gauche le GR qui traverse la platière du Rempart et du Cap avancé. C’est très beau, mais c’est plus long (20 bonnes minutes).

Source : JYD/Cosiroc

Mise à jour du 06/03/2013 par Jean Jacques Nael :
Comme beaucoup de vous le savent déjà et pour cause... , un important travail de réfection a été entrepris à La Roche aux Dames. D’une part dans le secteur ouest du Grand Château et d'autre part dans secteur du Cap Avancé pour les vieux circuits Jaune et Orange. Les travaux ont commencés fin octobre et devront être en principe achevés fin mai de cette année. Mais il est d’ores et déjà possible de suivre « les circuits » grâce à un marquage provisoire. Nous vous invitons à donner vos impressions, voir vos suggestions sur leurs compositions. Voir la page en lien pour les détails et la documentation sur les circuits en projet. LA ROCHE AUX DAMES.
Le site du Calvaire fut durant de longues années le point de rencontre de la communauté des bleausards les jours de pluie. En effet, son immense surplomb tenait alors lieu de pan et nous étions parfois for nombreux à y enchaîner traversées et jetés en tous genre lorsque la météo était défavorable aux autres sites. Depuis l'opération du 05 mai 2009, (voir cette page) il est fortement déconseillé d'y grimper (comme nous le rappelions dans cet article) en dehors du circuits orange AD+ et des quelques hors circuits de la zone.  Sur le bloc de départ, le magnifique chêne s’est récemment effondré nécessitant une intervention musclée maintenant terminée.


1995...
L’ONF s’est chargé de le tronçonner, mais un coup de main était nécessaire pour déplacer le tronc. Avec les AFF et le COSIROC, ce fut fait mardi 17 décembre 2013. Le pied du rocher est maintenant dégagé. Les bois sont posés en forme d’obstacle précaire pour l’accès au toit afin que les promeneurs ne s’avancent pas trop près de la grotte (sécurité) ; il reste à reposer la barrière en biais.
depart calvaire





Accès au massif : Du carrefour de la Libération, prendre la N6 en direction « Champagne-sur-Seine, Avon » sur 1500 m (on est dans la ville de Fontainebleau) ; tourner franchement à gauche direction Bois- le-Roi (toujours N6) sur 500m jusqu'au carrefour de N-D de Bon Secours, où l'on stationne.
Accès pédestre au circuit : De la chapelle N-D de Bon Secours, prendre vers le nord le sentier bleu 1-2-3 qui monte sur la platière. Continuer ce sentier vers l'est. Le départ de l'Orange est sur le sentier, à gauche du « Calvaire des bras » avant d'arriver à la Croix du Calvaire.

Source et image : Cosiroc
Peu de temps de faire un long article sur la gestion de notre forêt de Fontainebleau et ce ne sont pas les articles et pages consacrés à ce sujet qui manquent sur notre portail d'information ! Mais nous tenions à vous faire partager l'excellent article de notre ami Jean Poule de Bleau, photographe naturaliste et animateur de divers sites que nous évoquons régulièrement dans ces pages. Jipé pose directement la question "Enrésinement de la forêt de la forêt de Fontainebleau, est-ce LA solution au dérèglement climatique ?" Voici juste donc un petit résumé et un complément...





L'article commence ainsi : "Le dérèglement climatique de la planète ne fait plus aucun doute, tous les "scientifiques" sont unanimes. Le seul point, où il pourrait encore y avoir quelques désaccords, tient dans la hausse des températures, un, deux, trois ou quatre degrés !
Beaucoup trop de personnes pensent à tort que le dérèglement climatique peut s'observer depuis chez soi. Une règle essentielle en ce domaine est de ne pas confondre météo et climat."



Photo de Jean Paul illustrant l'article (Image non libre de droit)


Il évoque ensuite les grandes coupes rases de l'ONF et leur conséquences désastreuses, puis évoques quelques faits historiques sur l'enrésinement progressif de la forêt que l'on ne saurait contester sir l'on observe quelques cartes postales des années 1900 et conclue par une série de vidéo très éclairantes  ! Nous vous invitons à relire quelques pages importantes pour appréhender le sujet comme celle-ci, celle-là et celle sur l'évolution naturelle de la forêt, la sylviculture ou celles de la TL²B+

Bref, encore un article incontournable et à charge de la gestion sylvicole de Fontainebleau. Profitons en pour rappeler quelques travaux sur le sujet des conséquences climatiques sur le paysage forestier...

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Paris-Sud, de l’INRA, du CNRS, du CEA, d’AgroParisTech et de l’Université Joseph Fourier de Grenoble a permis d’évaluer, à partir de huit modèles de dernière génération, la réponse des forêts au changement climatique, et de souligner les incertitudes associées.
L’objectif de l’analyse était de comparer les sorties de différent types de modèles écologiques et de les combiner afin d’avoir des scenarii plus fiables. L’étude a porté sur une sélection de cinq essences forestières dominantes en France.
En général, les auteurs montrent que les arbres des plaines de l’ouest, du sud-ouest et du centre de la France seront les plus fortement touchés d’ici 2050. Le changement climatique compromettra l’avenir de certaines essences d’arbre en plaine, comme le pin sylvestre.

Ces résultats ont été publiés dans la revue « Ecology Letters ».

"Le changement climatique n’est pas sans effets positifs sur les arbres. La croissance de certaines essences, comme le hêtre, pourrait être stimulée dans le nord, l’est et en montagne.
Plus généralement, les modèles prévoient que toutes les espèces d’arbres étudiées progresseront en altitude, et que le chêne vert trouvera des climats favorables bien au nord de la région Méditerranéenne d’ici 2050.
L’utilisation d’une grande gamme de modèles, allant de modèles statistiques à des modèles complexes de croissance des arbres, a permis d’identifier des incertitudes dans les prévisions. Ainsi, il est difficile de prédire l’impact du changement climatique sans une meilleure connaissance des effets directs de l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique sur la végétation.
Par exemple, les fortes teneurs en CO2 peuvent protéger les arbres contre la sécheresse.
En dépit de ces incertitudes, la plupart des modèles prévoient un recul des espèces de climat tempéré en plaine. Cela concerne plus précisément les essences telles que le hêtre ou le chêne sessile dans les plaines de l’ouest, du sud-ouest et du centre.
Ces résultats sont en accord avec d’autres projets de recherche comme « Dryade » qui ont montré que les sécheresses extrêmes ou à répétition, comme celles prévues à l’avenir, ont déjà augmenté la vulnérabilité et la mortalité des arbres.
Les résultats de ces travaux accomplis au sein du projet QDIV, soutenus par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et le GIS « Climat, Environnement, Société » ouvrent de nouvelles perspectives dans la recherche sur les effets du changement climatique sur la végétation.
En effet, ils montrent le besoin de combiner plusieurs modèles écologiques de distribution d’espèce, comme le font les climatologues sur les modèles de climat, afin de comprendre leurs incertitudes, mais aussi leurs qualités.
Que faire face à de tels scenarii ?
Avec cette nouvelle étude, les scientifiques apportent des informations aux gestionnaires des forêts leur permettant d’anticiper les évolutions à venir. Ces derniers se préparent déjà au changement climatique, en mettant en place différentes stratégies.
Certaines consistent à favoriser les espèces plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse aux dépens d’espèces plus vulnérables comme le pin sylvestre.
Dans d’autres cas, la meilleure stratégie consiste à améliorer la résilience des forêts — par exemple en renforçant la diversité spécifique et génétique, ou en atténuant la sécheresse par une sylviculture plus économe en eau — pour faire face à un avenir incertain."

La preuve que l'ONF travaille bien sur le sujet même si certains choix paraissent discutables à certains visiteurs de Fontainebleau est à lire ici :


Pour en savoir plus sur le sujet











Nul besoin d'être un grand observateur pour trouver dans le massif forestier de Fontainebleau et ses satellites des traces de la présence des carriers ! Si les grimpeurs imaginent souvent le nombre de beaux rochers qu'ils ont réduit en pavés, on peut quand même les remercier pour quelques très beaux passages que nous leur devons. En complément d'une visite du sentier de découverte dont nous vous parlions ici, des films et de quelques rares témoignages sur ce dur métier, nous vous proposons de revenir sur un excellent article écrit par Didier Roger avec la complicité de Thierry Szubert et de bien d'autres amis de la forêt tels que Ghyslaine, Jean-Pierre, Emmanuel et Christine. Nous l'avons un peu transformé. Ce patrimoine des carrière fait l'objet de toute l'attention de nos amis de l'AAFF qui a d'ailleurs une Commission spéciale sur le sujet !


Aujourd'hui, c'est avec une certaine nostalgie que nous croisons les nombreux vestiges de ce passé industriel. Sous leur épaisse couche d'humus et de mousse, on devine bien encore, ces murs, ravelins ou chaises d'écales, ces gros blocs de rochers débités en boites à coins et encore debout, ces vieux chemins d'accès en pentes avec leurs remblais, et ces refuges de pierres. Ils nous semblent toujours attendre le retour improbable des ouvriers qui les ont abandonnés un jour de 1907 ou de 1983...

Il faut parfois beaucoup d'imagination pour deviner qu'en ces lieux aujourd'hui si paisibles, il n'y a pas si longtemps encore, tout n'était que chaos indescriptible. Le paysage y ressemblait à un champ de bataille de la première guerre mondiale, lardé de tranchées et labouré de trous d'obus. La végétation y avait disparu, les roches étaient à nu, défigurées, bouleversées méthodiquement, sous les coups précis et assourdissants des grosses masses des carriers frappant les coins de fer dans les blocs ou par les terribles détonations des mines explosant les roches. Et l'on se prend à croire que si tout cela avait pu perdurer impunément, la forêt de Fontainebleau ne serait peut-être finalement plus de nos jours, qu'une platitude forestière, jonchée d'amoncellements de cailloux et parsemée de crevasses... (Un peu comme ce fut le cas au Rocher Fourceau après le passage des tracteur de débardage du bois !)

Ancien abri de carriers détruit par le passage des engins forestiers !


Histoire d'une industrie disparue :

On a évoqué la géologie du site et ses bancs gréseux de différentes duretés. Au XIIe siècle et pour de longues années encore, les voies de communication française sont constitué de chemins boueux, pierreux ou chaotiques. Dans Paris, comme dans les autres villes, 
Ies chaussées n’étaient pas pavées, sauf pour quelques rares axes principaux ou sur certains carrefours. Le plus souvent, les rues étaient recouvertes d’une simple couche stabilisante, constituée d’un mélange de terre, d’argile, de sable et de caillasse, parfois complétées par des rigoles axiales en pierre. De plus, les intempéries et le "tout à la rue" provenant des maisons qui les bordaient, se déversant à même la chaussée, les inondaient, puis les transformaient en véritables bourbiers impraticables et nauséabonds. Sous le règne du roi Louis XIII, la moitié seulement des rues de Paris étaient pavées. Il fallut attendre le courant du XIXème siècle pour qu’elles soient -enfin- toutes pavées et doublées de conduits d’évacuations des eaux usées, par des égouts souterrains !


Si quelques pavés ont donc été retiré de la forêt avant le XIIe, ne serait-ce pour la construction, cette exploitation n’est attestée cependant pour la première fois qu’en 1184, par une Ordonnance Royale qui autorisait -sous certaines conditions- l’ouverture par adjudications, de carrières en certains lieux du massif, là où se trouvaient des bancs de grès. Cette Ordonnance précédait un Édit promulgué un an plus tard par le roi Philippe-Auguste, exigeant le pavage de toutes les rues de Paris.


Ce besoin de pavage, mais aussi la construction de bâtiments, de ponts, et l'amélioration des routes permit de faire vivre des générations de carriers et leurs familles durant plusieurs siècles dans tout le Gâtinais Français.

Ouvriers dans une carrière de Fontainebleau
Le Pifomètre

Dans la vallée de l'Essonne et le massif forestier de Fontainebleau, on trouve principalement du grès de type dit "blanc", c'est à dire composé de silice très pure. Ce grès était divisé en trois qualités différentes : le célèbre "pif", "paf", "pouf" correspondant au pifomètre des carriers. Ces dénominations proviennent du son que la roche émet lorsqu'elle est frappée :

Le grès  "pif" est le plus dur. Il est dit "vif"  ou "noble". Il servait principalement à la construction de bâtiments. On le trouve notamment dans le massif du Mont Ussy, dont les pierres servirent à construire le premier château de Fontainebleau, et certaines parties de l'édifice actuel, notamment : le grand escalier, les linteaux des portes et des fenêtres ou le pavage des cours. C'est un des plus difficile à travailler.
Le grès "paf", ou "franc" est le plus courant dans le massif de Fontainebleau. De très bonne bonne qualité, il était utilisé pour les constructions et le pavage.

Le grès dit "pouf" dit "maigre" ou "mou" est très mauvaise qualité, car insuffisamment solidifié. C'est notamment celui que l'on trouve dans le sud de la forêt, notamment à Larchant. Il peut se retrouver très friable par endroits. Il n’était utilisé que pour l’édification de murs de délimitation, de bordures de trottoirs ou pour le pavage de voies secondaires. 

Il existe également une quatrième qualité de grès -assez rare dans la région- appelée "royale". Ce grès, qui a la propriété d'être à la fois tendre et ferme, est idéal pour la réalisation de sculptures.

L'âge d'or

L’exploitation des carrières de Fontainebleau s’intensifia considérablement à partir des XVIe et XVIIe siècles ; dans un premier temps uniquement autour de la ville d’Avon. Puis, devant la demande importante, elle s’étendit petit à petit dans l’ensemble du domaine, d'abord essentiellement dans les chaos rocheux puis sur les platières. A partir de la fin du XVIIIe siècle et au début du Premier Empire, les carrières s'étendent au Sud de la ville de Fontainebleau (Haut Mont, Rocher Boulin...) devant le besoin sans cesse croissant de pavés pour la capitale. 

L'industrie arriva à son apogée dans les années 1840. On comptait alors -selon les sources- entre 1000 et 2000 ouvriers permanents et saisonniers (journaliers, fermiers, bûcherons...) dans tout le massif. Les carrières étaient si nombreuses, que l’on ouvrit alors de nouvelles veines dites "ouvertes" situées sous l’humus du tapis forestier, au dessous des platières, mais aussi dans la plaine forestière. Les carriers extrayaient à cette époque entre trois et quatre millions de pavés par an, qui étaient ensuite déposés sur des tombereaux, et conduits en des points de stockage. Puis ils étaient chargés sur de lourds charrois et acheminés sur des routes pavées (dont certaines sont encore visibles), principalement à destination du port de Valvins à Fontainebleau et de celui du port dit des "Pavés de la Cave" à Bois-Le-Roi. De là, ils étaient transbordés sur des barges et des péniches et expédiés pour l’essentiel à Paris.


Dans les massifs des Etroitures, du Long Rocher et du Restant du Long Rocher se trouvaient de grandes exploitations, ouvertes dès les années 1820. Et, afin d’évacuer plus rapidement les quantités énormes de pavés débités, les entrepreneurs eurent l’idée de faire construire une petite ligne ferrée à voie étroite sur plan incliné, ouverte en 1837. Une fois taillés, les pavés étaient chargés dans des wagonnets stationnés en haut de l'amas rocheux en exploitation. Les wagonnets étaient ensuite descendus le long de la pente sur une distance de 900 m environ à l'aide de câbles actionnés par une machine à vapeur. Puis les pavés étaient transbordés sur des charrois jusqu'au canal du Loing. De là, ils étaient embarqués sur des bateaux à destination de la capitale. On trouve de nombreuses traces du remblai de cette voie ferrée, ainsi qu’un départ de pont maçonné le long de son ancien tracé dans la parcelle n° 546.

Le déclin

Toujours à la pointe des révoltes ouvrières au cours des âges, notamment, peu après la révolution de 1830, les carriers ont été le fer de lance de l’insurrection de Fontainebleau, lors de la révolution de février 1848.

En 1848, Paris décida de se fournir en pavés produits dans sa proche banlieue Sud, ainsi que dans les Ardennes françaises et belges ; ce qui eut pour résultat de diminuer fortement la production belifontaine. Cette diminution de la production, en plus de la forte concurrence du grès des Ardennes, réputé plus résistant, et du granit (ou granite) de Bretagne, entraîna dans les années 1880, la fermeture de bon nombre d'exploitations. Enfin, dès 1850, l’utilisation de l’asphalte pour le recouvrement des chaussées sonne le glas de l'industrie des carriers.


Les plaintes incessantes contre l’exploitation du grès déposées par les peintres de Barbizon, des artistes, puis des premières associations de protection des massifs rocheux et de sa forêt, finirent par décider les autorités locales à interdire par un arrêté publié en 1907, l’extraction du grès dans tous les massifs du domaine de l'ancien bornage Royal. La poursuite du commerce de la pierre fut encore autorisée dans les parcelles privées situées autour des Trois Pignons, du Coquibus et de la plaine de Chanfroy. Mais un arrêté de 1982 interdit définitivement toute exploitation en ses nouvelles limites domaniales, rachetées par expropriation des propriétaires locaux, ou récupérées à l'Armée. La dernière carrière, située au Coquibus, ferma définitivement en 1983. Une carrière a cependant été ouverte en 1987 sur le territoire de la commune de Moigny-sur-Ecole et deux autres étaient encore en fonction il y a quelques décennie en Essonne du coté de Videlles les roches.




Un métier rude avec une espérance de vie courte !



Si quelques forçats ont bien œuvré sur des chantiers de taille de la pierre en forêt de Fontainebleau ; et notamment dans les environs de la plaine de Chanfroy et autour du Long Rocher, le métier de carrier est plutôt une véritable profession...

La technique consistait principalement à enfoncer des coins de bois dans des interstices naturels (les sillons) ou ébauchés à l'aide d'outils, dans le banc de grès à découper. Ils devaient ensuite être mouillés constamment, afin qu'ils gonflent et finissent par la faire éclater en gros blocs, appelés "mortaises" ou "boites à coins". À l'aide de masses et de coins en fer, ces mortaises étaient ensuite transformées en sections plus petites, pour être finalement débitées, soit en pavés, bordures de trottoirs ou en éléments pour la construction.







 1 3


1 : Finition d'un pavé au ciseau dans un baquet rempli de sable, afin d'amortir les chocs 2 : Division d'un gros bloc de grès 3 : Creusement d'un trou à l'aide d'une barre à mine frappée à la masse, afin d'y placer de l'explosif pour faire éclater la roche

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, cette méthode fut remplacée par une autre plus rapide, qui consistait au remplacement des coins de bois par l’utilisation de grosses masses en fer tenues à deux mains, qui frappaient de gros coins métalliques en appui sur la roche. Un ouvrier aguerri pouvait débiter plus de 12 000 pavés par an.




 3 et 4 : Barres à languettes (ou coins éclateurs) Photos : Th. Szubert

Il y a peu dans un abris bien caché, on trouvait encore des outils...



A partir du XIXe, au Rocher du Long Boyau, du Cuvier Châtillon et au Mont Saint-Germain, les grandes entreprises utilisèrent des explosifs en barres (poudre noire) afin de pouvoir arracher de gros blocs de grès aux fronts de tailles. Les ouvriers pratiquaient des trous cylindriques de trois à quatre centimètres de diamètre, sur une profondeur de trois à quatre mètres dans la roche avec des barres à mines. Puis on y insérait l'explosif muni d'une mèche longue. On complétait le bouchage du trou à l'aide de bourres et de silice. On allumait ensuite la mèche pour faire éclater la roche. Plus tard, l'utilisation d'explosifs se généralisa sur les parties du massif forestier encore autorisées à l'exploitation des carrières.






La vie des carriers était particulièrement difficile, ces hommes travaillaient jusqu’à 14 heures par jour, six jours par semaine, d’un labeur particulièrement harassant et pour un salaire de misère. Pauvres parmi les pauvres, vivant en marge de la société, ces malheureux, souvent alcoolisés étaient, au bout de quelques années passées sur les chantiers, atteints par la silicose, causée ici par la poussière de grès accumulée durant des années dans leurs poumons lors de l’extraction de la roche. Leur espérance de vie dépassait rarement les 45 ans ; alors qu'elle se situait autour de 60 ans pour d'autres professions à la même époque.






Il existait également une autre catégorie d'ouvriers, celle des saisonniers. Il s'agissait soit : de paysans de la région, qui travaillaient dans les carrières en période de saison morte à la ferme. Ces fermiers pouvaient quelquefois être les propriétaires des terrains exploités. Soit : des Cheminots ou vagabonds de passage, qui louaient leurs bras pour quelques semaines ou quelques mois dans les exploitations de la pierre de grès. 

Au cours des années 1920, devant la pénurie de main d'œuvre autochtone dans les zones encore autorisées pour l'extraction du grès, les entrepreneurs, pour compenser le manque de personnels, durent engager de nombreux travailleurs issus de l'immigration, et presque essentiellement des italiens fuyant le régime fasciste de leur pays.


Sur leurs chantiers, les carriers devaient la plupart du temps fournir leur propre matériel pour la taille. Ces outils indispensables à l’exercice de leur profession, étaient leurs biens les plus précieux. L’achat d’une seule masse neuve équivalait à près de deux semaines du salaire moyen d'un ouvrier dans les années 1850. Aussi, après leur labeur, beaucoup d'ouvriers laissaient leur outillage -trop lourd à porter- en le cachant sur place dans de petits abris creusés à cet effet. Mais malgré ces précautions, les vols d’outils dans les chantiers n’étaient pas rares à cette époque, comme l’attestent les nombreux procès verbaux de plaintes déposées à ce sujet.






Nous reviendrons très vite sur ce sujet car il a beaucoup de chose à dire !



Vous vous êtes peut être demandé pourquoi la crête qui domine le site de la Canche aux merciers s'appelle Rocher du Télégraphe ? En Essonne, si vous allez grimper du côté des Grands Avaux où se trouve un autre Rocher du Télégraphe, vous aurez peut être la réponse ! Ces sites font référence à l'emplacement de tours-relais  du Télégraphe de Chappe. Mais au fait, c'est quoi ce truc ? 
Voici quelques éclairage sur ce patrimoine historique français quelque peu oublié...



Lors d'une randonnée sur le superbe sentier bleu n°16 (dit des belvédères) ou d'une sortie sur l'unique circuit d'escalade de ce rempart, les plus observateurs d'entre-vous découvriront certainement cette étrange gravure...

Non, il ne s'agit pas d'une gravure préhistorique (pourtant si nombreuses à Bleau) représentant un extra-terrestre sortant de son vaisseau mais bien d'une représentation de la tour du Télégraphe de Chappe qui se trouvait sur le plateau !



Lorsque survient la Révolution française, l'information chemine encore au rythme des chevaux. En 1793, le pays est bouleversé, le canon gronde aux frontières du nord et de l'est.
Un moyen facile de communiquer rapidement et à grande distance" est proposé aux hommes de la Convention qui, après quelques hésitations, l'acceptent.
 
Il sera ainsi possible "de connaître en très peu de temps les événements nombreux qui se succèdent, de transmettre les ordres... d'annoncer les secours à une ville investie..."
L'inventeur de ce nouveaux moyen de communiquer est un certain Claude Chappe, physicien (1763-1805) originaire de Brulon dans la Sarthe. L'invention est baptisée tachygraphe, puis "télégraphe", du grec thle grajein, TELE - loin, et GRAPHEIN - écrire.
La machine de Chappe est composée de trois "voyants", de forme rectangulaire allongée, en bois et à claire-voie, mobiles dans un même plan vertical en haut d'un mât. Ces voyants sont peints en noir pour mieux se détacher sur le fond lumineux du ciel.

Le voyant central appelé régulateur est long de 4,65 m et large de 0,35 m. En tournant autour d'un axe fixé en son centre, il peut prendre quatre positions (verticale, horizontale, oblique droite et gauche).
Les deux autres voyants appelés indicateurs, longs de 1,94 m, pivotent par leurs extrémités aux extrémités du régulateur, formant des angles aigus, droits ou obtus.
Une mécanique formée de leviers, d'axes, de contre-poids, de poulies, de cordes en laiton est actionnée à bras d'homme depuis l'étage inférieur.

L'appareil fixé sur une tour ou un clocher peut être distingué à environ 10 km grâce à une lunette à longue porté. 


Le télégraphe Chappe, encore appelé télégraphe aérien, bien que réseau privé, restera toujours sous le contrôle de l'Etat pour des besoins politiques ou militaires, à l'exception d'une courte période où il transmit les résultats de la Loterie Nationale ! 




Quelques autres systèmes concurrents - optiques, puis électriques - au système Chappe voient le jour. Mais grâce aux appuis politiques des frères Chappe, le réseau fonctionne encore bien après l'apparition de la télégraphie électrique sur les lignes de chemins de fer d'Angleterre vers 1832. 
Le système Chappe sera encore utilisé en Algérie de 1844 à 1859 et sur le champ de bataille en Crimée en 1855. 


Le réseau formé par ces tours du télégraphe était plutôt dense et passait par les points hauts de nos forêts. Outre cette gravure du Rocher du Télégraphe (Trois Pignons) on peut encore observer des ruines au poste de Beauvais (ou Champcueil). Ce poste reçevait les signaux de Vert-le-Grand, situé à 10 200 m. (Alt 130 m). Venu de Paris par Athis-Mons et Fleury-Mérogis, le signal émis de Vert le Grand passe au-dessus de la vallée de l'Essonne.
Il longe ensuite le plateau séparant les vallées de l'Essonne et de l'Ecole pour atteindre le poste de Beauvais sur l'extrémité Est de ce plateau

" Le poste est situé sur le somais des rochers, très rude pour y monter. Son commerce et culture bois et chataignes; ce poste ne voit que Thurail.
Ce poste a sept pieds sans y comprendre la maisonette... " (MPAR 98111 © Musée de La Poste de Paris )

La base de la tour est encore visible au lieu-dit le Télégraphe, dans la forêt des Grands Avaux, sur la commune de Champcueil (91). La Tour du Buisson, sur le GR 11, n'a rien à voir avec le télégraphe, contrairement à ce qu'affirme la plaque qui y est apposée !

Du télégraphe, seules subsistent des ruines des murs de la base d'une tour quadrangulaire de 4 x 4 x 5,50 mètres. 


L'établissement de la première ligne télégraphique entre Paris et Lille est terminée en 1794. Le poste de Beauvais, placé sur la ligne Paris - Lyon, servit de 1805 à 1850. Deux «stationnaires » y étaient affectés. Pourvus de lunettes d'approche, ils recevaient les signaux venant du Nord  et les transmettaient vers un poste distant de 6,8 km au Sud situé à Fleury-en-Biere (bois des Turelles).


Pour accéder aux vestiges du télégraphe Chappe, il faut partir du parking de la Chaumière, se diriger vers Beauvais puis monter à droite, juste après la sablière, par un large chemin. Arrivé sur le plateau, il faut emprunter à droite un petit chemin jusqu'à son extrémité. 

Pour en savoir plus sur le Télégraphe de Chappe, voici quelques liens... :

http://visite.artsetmetiers.free.fr/chappe.html

http://www.telegraphe-chappe.com/chappe/reseau.html
http://leslivresoublies.free.fr/leslivresoublies/Sciences_et_techniques_muse/Histoire_du_telegraphe.html


Demain (7 janvier) aura lieu la conférence de presse à Paris pour l’annonce de la toute première Journée internationale des forêts en France.
Proclamée par l’ONU, la Journée internationale des forêts permet de mettre à l’honneur les forêts et les arbres le 21 mars de chaque année. En France,  de nombreuses manifestations auront lieu à cette occasion pour faire découvrir au grand public ce patrimoine inestimable.
Le parrain de l’événement, producteur, réalisateur et comédien Jacques Perrin, sera présent et interviendra aux côtés des principaux partenaires de cette Journée : le Ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et France Bois Forêt.
Ce sera l’occasion de partager un moment convivial et d’échanger sur la thématique de l’arbre et de la forêt, piliers du développement durable.

Tous les renseignements sont sur :
http://www.journee-internationale-des-forets.fr/
Après une saison estivale qui a accueilli de nombreux grimpeurs, mais aussi des spéléologues, des randonneurs, des coureurs, des abeilles… la meulière du viaduc des Fauvettes se repose un peu ! Certes, la température reste acceptable pour y grimper, mais l’humidité et le vent rendent les séances moins agréables !

Et pourtant, c’est le moment qu’a choisi la chaine américaine Travel Channel pour solliciter l’autorisation auprès du SICOVY de tourner sur le viaduc le 14 janvier après midi ou le 17 janvier une séquence  d’escalade :  l’équipe sera composée de 10 personnes, dont quatre grimpeurs.

L’accès au viaduc sera donc limité ces deux journées (14 et 17 janvier).

Merci de respecter ces limitations tout comme l'interdiction de faire du Dry-tooling sur les parois !



Nos précédents articles sur le viaduc des Fauvettes


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