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2013-07-07

Il y a tout juste soixante ans, Jacques Oudot disparaissait dans un accident de voiture le 13 juillet 1953 à l'âge de 39 ans. L’année 2013 marque également le centenaire de la naissance de cet homme remarquable qui peut faire la fierté des alpinistes et des Bleausards. 

De G à D : Louis Lachenal, Jacques Oudot, Gaston Rebuffat, Maurice Herzog, Marcel Schatz,
peu avant l’ascension de l’Annapurna




Avant de figurer dans les ouvrages relatifs à la chirurgie vasculaire, le nom de Jacques Oudot trouvera d’abord sa place dans les annales d’alpinisme. Rendu non seulement célèbre pour sa participation à la première expédition française sur l’Annapurna menée par Maurice Herzog et Louis Lachenal en 1950, il a surtout réalisé des prouesses médicales à 6000 mètres d’altitude qui sauveront ces grimpeurs. Le médecin a en effet traité leurs gelures. Le 3 juin de cette année-là, les alpinistes arrivent au sommet de l’Annapurna.
Mais au moment de redescendre, leurs pieds et leurs mains sont touchés par des gelures prêtes à se gangréner. Le docteur Oudot va réaliser des injections de Novocaïne. Ce traitement n’avait jamais été utilisé avant pour le traitement des gelures mais grâce à lui, des amputations plus graves sont ainsi évitées. « Mais Herzog ne déclarait-il pas qu’Oudot tentait des choses « incroyables »?  



L'Annapurana c'est donc le premier 8000 gravit mais aussi le premier à l'être dès la première tentative et l'histoire d'une première médicale. Si le sommet est conquis par  Lachenal et Herzog (dont nous évoquions le décès ici) cette victoire est aussi celle d'une équipe : Gaston Rébuffat et Lionel Terray, Jean Couzy, Marcel Schatz , le Dr Jacques Oudot, et le cinéaste Marcel Ichac.

Jacques Oudot est donc né le 21 décembre 1913 à Melun, où son père, Louis Ernest, détient une pharmacie rue Ambroise. Après de brillantes études au lycée melunais Jacques Amyot, Jacques obtient ses diplômes en pharmacie et en médecine. Il deviendra le pionnier de la chirurgie vasculaire en France. Cardiologue à la Salpêtrière à Paris, il travaille d’abord comme premier assistant du professeur Mondor sur les greffes vasculaires.

Ses travaux expérimentaux, qui consistent à remplacer les oblitérations aortiques de chiens par des homogreffes (aortes prélevées sur d’autres chiens), sont prometteurs. Le 14 novembre 1950, Jacques Oudot opère une femme de 51 ans qui souffre de gangrène du pied gauche suite à une oblitération de l’aorte.Il remplace l’aorte défectueuse par une greffe prélevée sur un cadavre. Il obtient la cicatrisation des plaies de sa patiente. Il réalise ainsi le premier remplacement de la bifurcation aortique. Mais, 6 mois plus tard la branche droite de l’aorte s’obstrue. Il effectue alors un pontage entre les deux artères et devient donc aussi l’inventeur du pontage croisé. Il envisagera aussi la première transplantation rénale.

Jacques Oudot a suscité l’intérêt et l’admiration de tous, loin de la polémique sur l'Annapurana.Il est malheureusement décédé subitement le 13 juillet 1953 à l'âge de 39 ans, lors d'un accident de voiture près de Bourgen-Bresse.Il se rendait à Chamonix pour une conférencede médecins alpinistes. Le corps du docteur est enterré à Dammarie-lès-Lys dans le caveau familial de l’ancien cimetière, aux côtés de son père, sa mère et de ses grands-parents maternels 

Sources :

http://www.mairie-dammarie-les-lys.fr/administration/les-editions-municipales/pdf-du-lysmag/sommaire-septembre-2013/jacques-oudot-medecin-dexception

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2003_num_91_338_5549

La polémique autour de l'Annapurna
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-la-conquete-de-l-annapurna-109606441.html

La reconnaissance complète de l'itinéraire du sentier 16 a été effectuée ce matin vendredi 12 par une équipe de l'AAFF et nous amène à vous apporter les précisions suivantes et à nuancer notre propos sur l'origine du balisage sauvage dont il a été victime.

Pas un mais 2 circuits. !

Il n'y a pas eu création d'un nouvel d'itinéraire, les 2 circuits surbalisés en rose (circuit long) et orange (circuit court) épousant parfaitement les tracés "officiels" du 16 et de l'un de ses raccourcis (celui dit du Banc de Pierre).

La continuité du surbalisage est parfaite, seulement interrompue sur 200/300 mètres au droit de la clairière sablonneuse de la Canche aux Merciers, face aux rochers d'escalade. Cette interruption laisse supposer que le départ et l'arrivée d'une prochaine manifestation se feront à cet endroit. Certainement pour ne pas éveiller l'attention, aucun signe n'y est en place actuellement.
    
Trois catégories de signes :
- traits (la plupart de 20/25 cm, quelques uns de 40 à 60 cm),
- points de 5 cm de diamètre,
- flèches de dimensions variables (plutôt de l'ordre de 30 cm).
 - sens : celui des aiguilles d'une montre.
 - quantité de signes dénombrés : 627 pour le circuit long (temps estimé pour la suppression : 300 H)
 - peinture : probablement biodégradable

Origine du sur-balisage :
Ecrit à chaud sous le coup de l'indignation et d'éléments finalement peu concluants, notre précédent article désignait clairement un coupable : le vététiste qui avait déjà sévit dans le secteur.
Vu que ces "circuits" empruntent entièrement le bleu, nous regrettons d'avoir été aussi affirmatif : il s'agit probablement d'une organisation de type "trail" mais qui reste à vérifier. Cela ne change rien sur le fond de l'affaire mais évite de jeter les vététistes aux orties !


Si l'équipe de permanence ONF parvient à identifier les auteurs, ils s'entendront certainement dire : "Nous avons respecté le milieu forestier, nous n'avons pas créé d'itinéraire, nous avons utilisé de la peinture biodégradable et nous ne savions pas qu'il fallait une autorisation pour "baliser" provisoirement en forêt domaniale".


Vu que l'on s'approche du WE du 14 juillet, il y a de forte chance qu'il y ait une manifestation sauvage d'organiser sur le site. (il y a 2 circuits ce qui implique une organisation structurée et du monde).
Souhaitons que cette affaire ait une suite judiciaire qui permette d'en finir avec ce type d' incivilités polluantes !

En qualité de Rédacteur en chef de ce site, je fais donc un méa culpa auprès de la communauté vététiste même si, rappelons le, ils n'ont rien à faire sur les sentiers de randonnée qui restent à usage exclusif des piétons.
Bleau ardemment
Greg
---- Envoyé avec BlackBerry® d'Orange ----





En novembre 2012, nous avions publié de nombreux articles sur les balisages sauvages et grossiers de sentiers par des vététistes dont l'un fut identifié et verbalisé par l'ONF. Le "bougre" semble avoir repris du service aux vues des photos envoyées par notre écorrespondant, l'ami Robert Courtiau et suivant les indices collectés. 
Mise à jour ici

En parcourant le sentier bleu n°16 dont nous parlions un peu dans notre article sur les 25 bosses (voir colonne de gauche), il a relevé 627 balises taguées sur les rochers ! Un bombage grossier qui n'a aucun intérêt et entraîne une sérieuse pollution visuelle. 
Les autorités sont sur le coup et il va falloir un peu de temps pour faire disparaître tout ça (plus d'une centaine d'heures de travail) !

Ce genre de pratique est interdite ! Baliseur fou, fait gaffe !


En avril nous vous avions signalé l’entretien du circuit bleu du Rocher Chatillon, un site méconnu de l’Essonne, proche de Milly. Ce site exceptionnel tant pour ses blocs que pour son patrimoine historique est aussi pourvu d’un circuit rouge et d’un noir et de circuits plus faciles.
Notre ami Gilles Cottray a bien voulu nous adresser le topo du site que l’on pourra certainement retrouver sur les sites web classiques.
Nous avons longtemps hésité à parler de ce spot d’escalade à cause de la proximité de remarquables gravures. Mais après avoir brossé pendant 1 an, et pris la peine de peindre les circuits, c'est certainement pour que la communauté en profite ... D'un autre côté, quand on voit ce que la fréquentation produit, on devient réticent à en faire la promo… C'est un massif tellement calme et propre ... (même pas un mégot !) ce serait vraiment dommage qu'il se dégrade ...
Mais que ce WE, Boutigny y a organisé sa grande course annuelle 'La Montatou' : Sentiers labourés, bombages orange fluo, rubans de plastique sur pleins d'arbres !... donc on a moins de scrupules à livrer le site à la vindicte populaire ! Le topo sera sans doute légèrement modifié : 2 ou 3 voies, et la présentation des gravures…
Il y a bien longtemps (Néolithique pour certains), les premiers utilisateurs des rochers y gravèrent de nombreux signes, figures étranges, quadrillages et autres polissoirs. Nombre de ces pétroglyphes sont encore bien visibles et en bon état (Sous le 24 Noir, Au sol de la petite grotte à droite du 21 Orange, le très surprenant abris à coté du 29 Rouge,...)
Merci de les respecter.
Le massif fut ensuite occupé par les carriers au XXè Siècle. Chassés de la forêt domaniale en 1907, ils continuèrent de sévir sur son pourtour. Très présents dans le secteur, ils n'ont heureusement pas trop 'grignoté' le massif ; hormis quelques blocs en bas du pignon (départ des circuits).
Ensuite, durant des années, ce pignon isolé, loin des massifs 'classiques' des Trois pignons, a retrouvé son calme en dehors des périodes de chasse ! Si de rares grimpeurs s'y sont aventurés, ils n'ont apparemment pas trouvé un intérêt suffisant à cette soixante de blocs …
Il y a quelques décennies (80 ?), un tracé bleu de 35 numéros très hétérogène (du 2 au 5) apparaît sur le site. Plusieurs fois modifié et entretenu (notamment par Jean Pillot dans les années 90), il ne trouve pas grâce aux yeux des grimpeurs et les voies retournent lentement à la mousse … Au début des années 2000, le Club Vertical Boutignaçois (CVB), y ouvre de nouvelles voies et trace un 2nd circuit : le jaune.

Il faut attendre juin 2012 pour que les choses redémarrent véritablement ! Frédéric Buc, Gilles Cottray, Philippe Leduby et Yann Bruneau et Pépito pour ne citer que ceux-là sortent les brosses et 6 mois plus tard, c’est quelques 150 voies et variantes toutes neuves qui offrent la possibilité de faire 3 nouveaux circuits : Orange, Rouge et Noir.
Pour respecter le 'style' du massif, ils ont conservé la numérotation sur ronds blancs. Les 'Essonniens' les plus assidus reconnaîtront les pochoirs de Videlles et du Sanglier, deux massifs exotiques.
En espérant qu'il plaise à d'autres, autant qu'il a charmé nos brosseurs de cailloux!
Merci de le laisser dans l'état de propreté qui en fait un de ses atout !

Caractéristiques :

* Escalade variée à tendance athlétique, rocher compact et grain excellent.
* Quelques grandes voies nécessitent une bonne parade … (voire une corde) , mais toutes ont été réalisées sans corde.
* Praticable en toute saison (à part, peut-être celle de la chasse …), une partie est ombragée, l'autre sèche assez rapidement.
* Tous les circuits démarrent en bas du pignon, versant sud.
* Plusieurs voies avaient déjà été brossées et sûrement réalisées, comme elles n'avaient pas de noms, elles ont été baptisées en s’inspirant des noms du Bleu original.
* Le brossage a duré 3 mois à 2, a usé une vingtaine de brosses et un coude sans parler des nombreuses séances de grimpe partagée,
* Pour ceux qui recherchent du plus 'sauvage', plusieurs voies (non balisées) sur et autour du pignon Sud et de la
'Grotte' de la Chauve – souris (malheureusement friable).
Les Circuits

. JAUNE – N° 2 – PD+/AD avec les bis 30 n° + 12 bis – Du 1c au 3c – 4/2013 – JJ Naëls et P Leduby
. ORANGE – N° 4 – AD/AD+ avec les bis 32 n° + 8 bis et variantes – Du 2c au 4b – 12/2012 – F Buc
. BLEU – N° 1 – D – 4/2013 30 n° + 6 bis + 4 var non tracées – Du 3b au 5b – JJ Naëls aidé de Y Bruneau et P Leduby
. ROUGE – N° 3 – TD/TD+ avec les bis 46 n° + 24 bis, DA et variantes – Du 4b au 6b – 12/2012 – F Buc et G Cottray
. NOIR – N° 5 – ED/ED+ avec les bis – 40 n° + 32 bis et DA + qq jeux non tracés – Du 5c au 7b+ 2/2013 – F Buc et G Cottray

Par convention, pour les Rouge et Noir, les DA sont indiqués : dans les fiches par un * et par ../+ dans les plans.

Topo complet en ligne sur le site de Pépito !

La dernière fois que des grimpeurs du Cosiroc avait escaladé la plus célèbre des croix des Trois pignons c'était pour retirer le drapeau noir qu'un groupe d'anarchistes avait cru bon d'y fixer il y a plus de 25 ans !! Jeudi 4 juillet 2013, suite à un contact informatif avec les forestiers des Trois Pignons et pour faire gagner du temps à un projet concernant le Monument, le COSIROC s’est proposé pour intervenir en nettoyant et faisant un bilan de l’état de la terrasse sommitale, histoire de voir comment a vieillit non pas le grimpeur mais le béton.


Ce monument édifié en hommage au réseau Ernest Publican (dont nous vous avions conté l'histoire ici) domine la Vallée close, face au Pignon Poteau et aux 98 m du 95,2 !

Le fait d’avoir été récemment emballé « à la Christo » n’a pas empêché la nature de reprendre ses droits et, à son sommet c’est un véritable petit jardin secret qui s’est constitué à base de divers lichens et mousses d’un parterre de fleurs jaunes éclatantes et de pousses vivaces de bouleaux.
avant

Certains blocs de grès sont de fait disjoints et, s’il n’y a actuellement aucun danger grave et immédiat pour les visiteurs du sommet du pignon, un entretien « de suivi » s’avère nécessaire.

moral baisseSource et photos : Cosiroc
Pépito alias, Jean Jacques Naëls vient de publier un nouvel opus  de ses topos de Bleau : Sept à Plus que l'on peut consulter à la librairie du Vieux Campeur à Paris, au magasin S''cape à Fontainebleau et à la Librairie de la Halle à Milly-la-Forêt.

En attendant notre crash test, disons qu'il nous semble plutôt de bonne facture, suffisant pour découvrir quelques uns des fleurons du haut niveau bleausard et que les illustration sont claires et précises.

Côté critique, il y a bien entendu certains choix que nous n'aurions pas fait (faut dire que 3 500 passages de 7 et plus c'est loin de couvrir l'ensemble des problèmes de ce niveau) et surtout, cette description du Coquibus alors que tous les autres auteurs, français et étrangers, semblaient d'accord pour ne plus rien publier sur ce site fragile... Bref, là, y'a faute !
Test à venir...
Le monde de l'escalade a été secoué ce week-end par le tragique accident ayant entraîné la mort de Tito, jeune prodige italien de 12 ans. Rien ne peut soulager la douleur des parents qui perdent leur enfant.

Tito est décédé des suite de ses blessures après 3 jours de coma.  Au départ il y a une chute d'une vingtaine de mètre sur la falaise d'Orpierre, certainement la plus sûre et surveillée de France. Les premiers éléments de l'enquête semblent mettre en cause une mauvaise utilisation du matériel, un mousqueton solidarisé avec la sange de la dégaine par un simple cahoutchouc (type sting).

Vu le niveau de Tito, on peut penser qu'une telle erreur est impensable. C'est oublier trop vite que les enfants, si doués sont-ils, restent des enfants et qu'une distraction, une faute d'inattention est toujours possible.

Une erreur humaine, cela arrive même aux plus grands ! Lynn Hill par exemple nous gratifia d'une chute du haut d'un relais de Buoux pour avoir mal refait son noeud après s'être laissé distraire par le retrait de son sweat. On pourrait faire une longue liste d'accident des stars de l'escalade et de l'alpinisme... Le haut niveau ne protège pas et peut être que cette fausse illusion de sécurité donnée par l'hyper sécurisation d'une falaise (c'est le cas à Orpierre) ou un niveau de difficulté très en dessous de son niveau max est la principale raison de ces accidents.

Ainsi, toujours à Orpierre, en septembre 2006, alors qu'il procédait à l'entretien et à la sécurisation de plusieurs voies d'escalade de la falaise du Château, quand il  s'est écrasé sur les rochers une quinzaine de mètres en contrebas. Souffrant de multiples fractures et de chocs importants à la tête, il a été évacué par hélicoptère dans un hôpital de Marseille, mais ses blessures étaient trop graves et il a succombé hier vers 1 heure du matin. Les voies où travaillait Thierry étaient faciles. Il s'agit encore d'une stupide erreur, puisqu'il  s'est décroché de la corde qui l'assurait pour passer d'une voie d'escalade à une autre et s'est fait reprendre sans avoir prévenu son assureur de la modif'.

Thierry Nief était un moniteur d'escalade de très haut niveau, qui avait accompagné des grimpeurs du monde entier, venus aussi bien d'Europe du Nord que des Etats-Unis ou d'Afrique du Sud, attirés par la renommée du site exceptionnel d'Orpierre. Il était capable d'enseigner et de faire progresser les grimpeurs de tous niveaux, dans l'esprit particulier de "Vertige sports". Il avait ouvert et équipé de très nombreuses voies sur le site et à Saint Léger. Thierry Nief était âgé de 40 ans, marié et père de deux petites filles.

Bref, le petit Ange italien va rejoindre notre pote Thierry pour tirer de belles longueurs loins de nous et tâchons de tirer un enseignement de ces tragiques disparistions : contrôle, re-contrôle et auto-contrôle du matos et des gestes sont indispensables.

http://www.ledauphine.com/info/essentiels/hautesalpes/art_76549.php

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