Chantier

Sur les chemins

Escalade

Matos

2013-05-19

Les alpinistes parisiens ont rapidement cherché un terrain pour  s'entraîner avant leurs courses de montagne. En 1947, Fred Bernick traça dans le chaos du Rempart du Cuvier nos deux premiers circuits d'escalade. En accumulant les passages de montées et descentes, ses parcours devaient préparer physiquement et mentalement les alpinistes. On sait le succès obtenu par ces circuits...

Restait à trouver un moyen de se préparer à l'effort long de la marche d'approche, à encaisser les dénivelées... Chose fut faite avec le célèbre sentier dit des 25 bosses. Retour sur son histoire, son évolution et sur ses petits frères... Partons à la découverte des Trois Pignons avec Robert Courtiau.


Commençons donc par un petit rappel sur le massif forestier dit des Trois Pignons. Vous vous êtes peut être demandé d'où venait ce nom ? Le nom semble provenir du patois local, un "pignon" désignant une "colline pointue".
Hélas, celles-ci sont au nombre de quatre ! Allez comprendre...

Autre possibilité, le nom vient de l'imposante roche à trois pointes dites Rocher des Trois pignons d'après la gazette Noiséenne n° 10. Ce rocher, très célèbre dans les années 1900 fut enclos dans une des 2 000 propriétés privées du Massif. Il fut redécouvert il y a peu par quelques grimpeurs qui seront peut être surpris d'apprendre qu'il s'escaladait il y a un siècle !



Ces considérations toponimyques passées, les Trois Pi sont sans doute l'un des sites les plus remarquables de Bleau. En effet, sa formation géologique particulière et énigmatique ainsi que son histoire récente qui donna naissance à la célèbre plage de sables du Cul de chien, véritable image d'épinal de la région  où se trouve le Bilboquet attire les foules dans ce site des plus fragiles. André Billy, célèbre écrivain local ( bio sur Wikipédia), disait de ce coin : " Région d'une invraisemblance ahurissante, pays de la soif et de la solitude. Au crépuscule, chaque rocher devient un monstre, tout ce désert se peuple de formes fantastiques et menaçantes. Il n'y a rien de pareil dans notre Armorique ni dans la patrie de Macbeth."

Le sentier des 25 bosses

Nous reviendrons vite sur l'histoire de ce massif. Pour en faire le tour, rien de tel que le renomé circuit dits des 25 bosses ! Ce circuit est balisé par un trait rouge peint sur les rochers ou sur les arbres et il vous emmènera à travers des blocs de grès qu'il vous faudra de temps en temps escalader. Les panoramas sont exceptionnels, vous pourrez découvrir des étendues impressionnantes de sable blanc. Par endroit, votre regard portera sur l'immensité du massif et de la Forêt de Fontainebleau. Vous marcherez souvent sur des rochers, emprunterez des passages parfois difficiles, escaladant de temps à autres certains blocs, ou piétinerez dans le sable fin. Mais vous devrez aussi lever la tête pour remarquer des blocs aux aux silhouettes diverses et variées que votre imagination ne manquera pas d'interpréter, profiter pleinement du décor naturel qui vous est proposé. Le cheminement dans ces amas de rochers gigantesques, de collines en vallons, tantôt sablonneux, tantôt sous-bois, vous offrira très certainement une journée de grand plaisir. A vous d'en profiter !




Le départ se fait traditionnellement à environ 300 m du parking de la Croix St Jérôme et le circuit se parcourt dans le sens des aiguilles d'une montre. Vous trouverez sur la gauche un petit chemin montant vers la première bosse (flèche blanche sur la carte mais rouge sur le terrain) juste au carrefour des Trois Pignons.
 
C'est donc un grimpeur, Maurice Martin, célèbre pour la réalisation des premiers topos d'escalade, qui balisa cet itinéraire connu sous le nom de "sentier des 25 bosses". Cet boucle qui fait le tour du massif des Trois Pignons escalade et descend quasi chaque bosse et cumule donc environ 1 000 mètres de dénivelés ! Si Maurice Martin en est le baliseur officiel (vers 1972), il reprenait un sentier déjà bien connu, discrètement et partiellement balisé par d'autres bleausards dont Pierre Nédélec surnommé "Puck". Lui et sa bande ont par ailleurs traçé bon nombre de nos classiques circuits bleus d'escalade dans les Trois Pis dans les années 60. Mais c'est Thierry Pain qui publia le premier topo de cette remarquable boucle (dans la revue du Club Alpin d'Ile-de-France, Paris Chamonix, en octobre 1972) qu'il baptisa "les 25 bosses". Il en donne l'estimation suivante "ce circuit ne déroule guère plus de vingt km à parcourir en cinq ou six heures. " Après sa description, il dévoile un coin du mystère non sans ironie : "si cela fait plus de 25 bosses, cela vient de ce que certaines comptent pour des demies".
Le tracé initial a subit depuis quelques variations dont la plus significative est très certainement la variante dite de la JA Martin (nom du Rocher Cailleau chez les grimpeurs qui avaient rebaptisé ainsi la massif rocheux fréquenté par le frère de Maurice disparu en expédition). Avec cette boucle, ce sentier devient un peu plus long et progresse encore en dénivelé !



Le sentier des 25 bosses d'hier à aujourd'hui...
Dans son article, Thierry démontrait combien ce type d'effort et d'entraînement était encore négligé par les alpinistes, même au CAF ! On n'y croise alors que des petits groupes en grosses de montagne et avec le sac à dos bien chargé ! Avec le temps, certains le parcoururent en courant. Compter 2h45 avec un peu de pratique et 1h30 pour les professionnels !

Bien évidement, comme le reste des parcours sportifs de pleine nature, son succès ne s'est jamais démenti et l'érosion ne tarda pas à se voir. Forcément, courir dans de fortes pentes sableuses et sinueuses ne pouvait qu'accélérer le déchaussement des petits blocs, patiner certains passages rocheux et creuser des rigoles profondes. Devenant parfois plus dur à monter ou descendre, certains lui préfèrent donc des sentes parallèles ! Dès 1980, un petit groupe informel comportant des membres du Cosiroc, de l'AAFF, du TCF et du GERSAR analysa les principaux problèmes puis proposa des modifications de parcours au nouveau gestionnaire du site, l'ONF. A la mort de Maurice Martin, le Cosiroc trop pris par la mise aux normes du balisage des circuits d'escalade, laissa cette tâche à l'AAFF.



A cette époque, s'il est déjà moins parcourus par les "alpinistes parisiens", on y croise alors de plus en plus de "promeneurs" et "familles" qui, après quelques bosses, racourcissent la boucle en rentrant par les allées forestières croisées en bas de pente... Aujourd'hui, outre d'importants groupes de randonneurs, c'est de très nombreux traillers que nous croisons le plus et, bien entendu, de plus en plus de Vététistes malgré leur interdiction !

L'ancienne variante fait maintenant partie du circuit mais 2 raccourcis, le premier du Guichot à la Grande Montagne, le second pour éviter la JAM et le Rer Cailleau sont balisés (points blancs).

En mars 1995, après plusieurs semaines d'étude et de reconnaissance, une énorme opération de lutte contre l'érosion est conduite par le Cosiroc et l'ONF sur les pentes du 95,2 ravagées par des années d'exercices militaires ! Fort de cette expérience, un groupe de travail se monta progressivement pour s'attaquer au sentier rouge... Le 13 octobre 1995 naissait la Commission érosion et sept jours plus tard, les premiers revelés étaient effectués sur les 25 bosses ! Suivirent de nombreuses réunions sur le terrain : plus d'une quarantaine de 1995 à 2007  (voir en bas d'article) et des travaux sans fin qui se poursuivent encore aujourd'hui !

<= Au 95,2 avec le regrétté Fred Dulphy (ONF)


Pour découvrir ce sentier et ses secrets, rien de tel qu'une randonnée accompagnée par un spécialiste. Robert Courtiau qui fait partie de notre cordée de rédaction et de nos partenaires est un spécialiste du trail longue distance et ce massif est son terrain d'entraînement. Il se fera un plaisir de vous y conduire.



Pour vous donner un avant goût de la balade, une visite du site internet qu'il consacre aux 25 bosses est sans doute la meilleure entrée en matière. Amoureux comme nous de la nature et des ses richesses, Robert partage avec nous et sur la page facebook du site, les photos de ses découvertes dans les Trois Pis. Comme nous, il peste aussi contre les mauvais comportements et leurs conséquences !

Pour visiter virtuellement tout le circuit, cliquer sur Le départ. Cliquer ensuite sur "bosse suivante" pour accéder à la bosse 1, et ainsi de suite...Vous pouvez également visualiser toutes les bosses en vidéos en cliquant sur Clip vidéo.Circuit dans son intégralité en cliquant ICI pour accéder à sa carte interactive

Mais comme un bonheur ne vient jamais seul, Robert vous propose aussi de decouvrir les cinq autres sentiers des Trois Pis ! En effet, outre le célèbre rouge, les Trois Pi sont dotés de divers circuits de randonnée de différentes niveaux.


Le sentier bleu n°16

Parmi ceux-ci, un sentier bleu (le n°16), type Denecourt Collinet, vous permettra de parcourir la magnifique platière du Laris qui parle depuis le Télégraphe jusqu'a la Gorge aux chats. Nous reviendrons en détail sur sentier qu'Oleg Sokolsky bichone comme aucun autre baliseur ! A travers les landes à callune, les platières de grès, les carrières et ses monticules d' écales, les différents points de vue imprenables sur le massif des Trois Pignons et les points remarquables, ce circuit dit "des Belvédères (description sur le site de Robert)" est sans doute l'un des plus beaux du coin. La traversée de la platère du "Laris qui Parle", paysage remarquable et typique de la forêt des Trois Pignons prend des allures de voyage en Ecosse et vous pourrez y découvrir les vestiges d'une station du Télégraphe Chappe avec ses inscriptions gravées sur un rocher tout proche. Chaque point remarquable porte un nom spécifique tel que "Philémon et Boccis", "Maison du Père Poteau", "L'Etroiture", "l'Auvent du Bourricot", "l'Auvent de la Cascade", "Le Pédonculé", "Le Menhir", "Le Dolmen", "La Baignoire de la Mère Thomas" et bien d'autres encore. Ce chemin est d'une difficulté moyenne, (seul quelques rares passages peuvent être délicats). Se faisant en boucle, sa longueur de 9 Km et son dénivelé d'environ 300 m sont une bonne introduction au circuit des 25 bosses.

Depuis le parking de la Canche aux Merciers, suivre le balisage bleu, qui forme une boucle, avec 2 raccourcis balisés. On peut faire une sorte de double huit en prenant les deux raccourcis en plus, ce qui donne 10,3 km et 280 m D+/D-.
Outre le fait qu'il est nettement moins long et offre nettement moins de dénivellé que le rouge des 25 bosses, il est aussi nettement moins "casse-pattes", car il offre de longues sections quasi-planes et bien "courantes" !


L'UTM3P
 

Par contre, combiné au sentier rouge, vous avez là l'un des musts des circuits de trail francilien ! Cette combinaison fait de cet Ultra Tour du Massif des 3 Pignons (décrit aussi sur le site des 25 bosses), un circuit d'une longueur (environ 26 km), d'une durée (environ 8/9h) et d'un dénivelé positif (environ 1 200 m) assez exceptionnel notamment pour l'Ile-de-France ! Il est nécessaire de posséder un très bon entraînement physique afin d'effectuer cette randonnée dans les meilleures conditions possibles.


l'Ultratrail des 3 Pi

Sans parler des sentiers jaunes de balade proposés par l'ONF, Robert vous suggère un très beau circuit de découverte sur son site qui ne possède pas de difficultés majeures, hormis la montée et la descente de la Roche au Four et du Rocher du Guetteur soit environ 100 m de dénivelé positif, ces bosses faisant partie du circuit des 25 bosses. Certains passages sont étroits et d'autres très sablonneux. Ce circuit vous fera découvrir sur les hauteurs de La Roche au Four, le monument de la résistance, puis des des gravures rupestres laissées par nos ancêtres 7 000 à 8 000 ans avant JC, sur des rochers dont le lieu ne sera dévoilé que sur place (pour en savoir plus sur art rupestre). La visite se poursuivra par la découverte de sculptures naturelles, telles que l'Eléphant Perché et le célèbre Bilboquet posé en plein milieu d'une spectaculaire étendue de sable blanc et enfin le Rocher du Guetteur, une des "collines" des Trois Pignons qui a donné son nom au Massif, avec une splendide vue panoramique. Comptez 2 à 2h30.



The sky trail


Un peu plus difficile, Robert propose aussi un mix des sentiers rouge et bleu assorti de quelques liaisons inconnues et pas dangereuses pour un circuit de 11 km et 430 m de dénivelé qu'il a baptisé the Sky trail en référence aux points de vue rencontrés.
En effet, 10 points de vue,  10 bosses et 10 rochers remarquables vous guideront à travers une lande de bruyère exceptionnelle, des forêts de fougères d'un vert éclatant et des blocs de grès aux formes extraordinaires. Cette randonnée oscille entre le rouge et le bleu, ce qui lui confère un niveau de difficultés classé assez difficile.


Recommandations :
Votre équipement pour cette randonnée: Equipez-vous de bonnes chaussures qui ne glissent pas sur le rocher, de la carte IGN TOP 25 2417OT pour vous repérer facilement, d'un petit sac à dos pour vous faufiler plus facilement entre les rochers, de votre portable pour appeler éventuellement les secours. N'oubliez pas d'emmener avec vous de quoi vous désaltérer. Attention, s'agissant d'activités de sport et loisir de pleine nature, vous effectuez ces circuits sous votre propre responsabilité et assurez votre sécurité.

Orientation : Les numéros de parcelles portés sur les cartes se trouvent sur les arbres à chaque carrefour et vous permettent de vous orienter et de connaître à tout moment votre position. Bref relisez nos pages et articles consacrés à la sauvegarde du site, aux bonnes pratiques... et pensez à vous munir de la trousse de secours (voir dans la colonne à droite).

Accès au Parking de Noisy :
Depuis Paris :
Prendre l'Autoroute A6 à la porte d'italie (ou Porte d'orléans).
1) Continuer sur une cinquantaine de kilomètres.
2) Avant la section à péage, prendre la direction "N37 - Fontainebleau"
3) Quelques centaines de mètres après la sortie de l'autoroute, prendre la sortie "Cély / Milly"
4) prendre sur la droite à la sortie.
5) Continuer cette route jusqu'à Milly la Forêt
6) Traverser la ville de Milly (soit par le centre ville (Halle) ou par la rocade et prendre la direction Noisy sur Ecole (D16).
7) Traverser Oncy sur Ecole.
8) Après avoir croisé une route venant de Fontainebleau, voir à gauche une petite route perpendiculaire à la route, s'engoufrant dans la forêt juste avant le cimetière.
9) Le parking (en 2 parties) est sur la droite.
Pour contacter Robert Courtiau - 29 chemin du petit mont Solu - 77123 Noisy sur Ecole Mobile : 06 37 47 21 4sept - Fixe : 01 64 24 53 3quatre - Email : r.courtiau@wanadoo.fr


Rappel des dates des premières années de travaux contre l'érosion :

-10 novembre 95 des Gros Sablons au Cimetière aux anes,
- 1er décembre 95 de la Roche au four au Pignon Poteau
- 19 janvier 96 Gros Sabons et JA Martin
- 9 février 96 Cimetière aux anes à la Grande Montagne et Rocher Guichot
- 30 mars 96, nouvelle grosse opération de bénévoles est montée aux Gros Sablons
80 ouvrages, 8m3 de bois, 6 tonnes de pavés
- Travaux septembre 96 à la JA Martin (200 m de lance incendie + 5 000 l d'eau pour basculer artificiellement un rocher. Utilisation de Victoire, une jument de trait utilisée pour le débardage, pour monter des pavés dans les pentes.
 - 14 octobre 96, un chantier de jeunes est conduit par l'ONF au Mont Pivot.
 La commission érosion et l'ONF constateront dès le lendemain les premières destructions volontaires des ouvrages de stabilisation du sol aux Gros Sablons, puis à la Roche aux Sabots et enfin, au Mont Pivot !
 - 8 nov 96, la Commission se rend en différent points du sentier 
15 mars 97  Jean des Vignes, Roche aux Sabots. Opération sur ce site le 1er juin.
- 2 au 4 oct 97, chantier de réparation des ouvrages de la Roche aux Sabots
 - 23 janv 97 réparation à la Justice de Noisy détruit le 27 qui ne seront réparés qu'en novembre. D'autres chantiers seront conduits à la Grande Montagne, Mont Pivot, Jean des Vignes et 95,2.
 - 29 avril 98 Gros Sablons
- 13 mai  Gros Sabons,
- 7 juillet, Gros Sablons.
- 7/5/99 croix de Lorraine, reconnaissance
Etc.
25 mars 1995 sur les pentes du 95,2 avec Soleg (à gauche) et Fred (à droite)
Merci à Soleg et Robert dont les travaux de recherche ont permis la rédaction de cet article.
Plus de 80 ans après sa première inauguration, le sentier Blanc-Martel, chemin de randonnée emblématique des gorges du Verdon, retrouve une seconde jeunesse ! Le 26 avril dernier, les aménagements de réhabilitation et de sécurisation ont été inaugurés lors d’une randonnée qui a réuni plus de 100 participants. Niché au coeur des falaises du plus grand canyon d’Europe, le sentier Blanc-Martel est l’itinéraire de randonnée incontournable des gorges du Verdon. Des touristes du monde entier viennent découvrir cet itinéraire historique aménagé à la fin des années 1920 par le Touring Club de France mais commencé en 1905.

Un petit chef d'oeuvre aux allures de chantier pharaonique dont les ouvriers et le CG04 peuvent être très fiers ! Bravo !
Ce sentier porte le nom de l’explorateur Édouard-Alfred Martel et de son accompagnateur Isidore Blanc, ancien instituteur du village de Rougon, qui furent les premiers à effectuer en 1905, sur des barques de fortune, la traversée intégrale du grand canyon du Verdon.

Aujourd’hui plus de 30 000 randonneurs parcourent chaque année le sentier Blanc-Martel, et plus de 70 000 touristes par an viennent découvrir le secteur amont du Couloir Samson.


L'équipe Martel en Août 1905 lors du départ de la traversée des Gorges

Une telle fréquentation, après plus de quatre-vingts années de service, sur un sentier aussi étroit et parfois accrobatique, ne pouvait que laisser des traces ! Outre l'érosion importante et les nombreux raccourcis qui s’étaient formés, les aménagement (marche, échelles...) étaient très dégradés et insuffisamment sécurisés au regard de la fréquentation. Ce patrimoine hitorique, touristique et donc économique avait donc besoin d'un sérieux lifting !



En décembre 2008, le Conseil général des Alpes de Haute-Provence a décidé, dans le cadre de sa compétence relative au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée, d’entreprendre une intervention globale de réhabilitation patrimoniale du sentier Blanc-Martel. Saluons ici la qualité des travaux pour leur intégration dans le site. Les randonneurs qui vont parcourirent cet itinéraire, auront l’impression que les aménagements sont d’origine. En réalité, ils ont tous été réalisés entre 2011 et 2013, et sont le résultat d’un véritable effort d’intégration paysagère.

Il aura fallu 300 jours de travaux échelonnés sur les deux saisons d’automne 2011 et 2012 pour achever le réaménagement du sentier Blanc-Martel. L’aménagement des 14 km du sentier sur 660 mètres de dénivelé a été un véritable défi : d’importants moyens financiers (1,5 million d’euros) et matériels ont été nécessaires à la réussite de ce projet.

Pour les deux ouvrages hors normes, les échelles de la Brèche Imbert et l’éboulis de Guègue, des ouvriers spécialisés sont restés plusieurs mois sur site, installés dans un camp de base digne des expéditions. Pour tous ceux qui ont travaillé sur ce projet, la réhabilitation du sentier Blanc-Martel fut sans doute une aventure technique et humaine hors du commun.


Le Camp de base des ouvriers !


Afin de préserver l’identité du site, l’intégration paysagère a fait l’objet d’une attention toute particulière, notamment dans le choix des matériaux : l’utilisation de pierre naturelle, de bois d’essence local et de métal d’aspect vieilli ont permis de conserver l’authenticité de l’itinéraire original et là franchement, le sentier fait mieux que l'original et ses marches en béton, grillages et autres passerelles ! Superbe ! Ce chantier exemplaire a même reçu un titre national récompensant les projets de préservation de la biodiversité (concours national IDRRIM).

Car le sentier est au coeur même du Parc naturel régional du Verdon, dans une zone qui est soumise à de nombreuses réglementations environnementales (site classé, site Natura 2000, loi littoral, réserve géologique). Vingt-trois mesures de protection de l'environnement ont accompagné les travaux, résultant d’une étude d’évaluation Natura 2000, (cahier des charges environnement pour les travaux, formation du personnel, désignation de responsables environnement, période d’intervention, plans de vol pour les hélicoptères, cage de protection sur les espèces végétales protégées, déséquipement de site écologique sensible…).

En effet, le site, où se mêlent les influences climatiques des Alpes et de la Méditerranée, abrite une flore très diversifiée. On trouve dans les gorges trois espèces végétales endémiques, dont la célèbre petite fougère, la Doradille du Verdon (photo). Bien entendu, on notera aussi la présence d’oiseaux remarquables, tel le vautour fauve réintroduit dans les gorges du Verdon en 1999.

Rappel en chiffres :
Le sentier : longueur 14 km, durée 6 heures,  dénivelé 600 m
Années de création du sentier équipé : 1928-1930
Fréquentation actuelle : 30 000 randonneurs par an
Ouvrages sur l’itinéraire : 660 m de tunnel, 10 ouvrages spécifiques (1 passerelle, 4 escaliers métalliques, 4 belvédères, 1 traversée d’éboulis), franchissement de la Brèche Imbert (échelles de 80 m de dénivelé, 18 escaliers, 274 marches), 40 m de garde-corps en acier vieilli, 6 panneaux d’information bilingue et 11 plaques de situation, 1 500 000 € TTC


Présent lors de l'inauguration des aménagements, Gilbert SAUVAN,  Président du Conseil général des Alpes de Haute-Provence, Député des Alpes de Haute-Provence a tenu à saluer le mérite des spécialistes qui ont travaillé pendant plusieurs mois dans des conditions souvent difficiles.

" Grâce à leurs efforts et leur engagement, un défi immense a été relevé. Après 2 ans de travaux, le résultat est à la hauteur de nos espérances."


Des notres aussi !

Images issues des documents du CG04

AVANT 
Après
Avant
après 
Avant 
Après
Avant 
Après  
à télécharger ici au format pdf:
Télécharger le livret des aménagements du sentier Blanc-Martel
Télécharger l'album photos
Crédits photographiques : Fréderic Exubis, Yannick Courtès, service environnement CG04
Les ponts de mai sont terminés et pourtant, ce 25 mai, le viaduc des Fauvette va encore afficher complet ! Bon le viaduc c'est "la falaise" d'Ile-de-France mais c'est aussi un formidable spot pour la course à pied, l'entraînement à la spéléo et même, à condition de respecter quelques règles de bons sens, un spot de slackline et hightline... nous avons beaucoup parlé de ce viaduc dans l"édition classique de la TL²B. Vous allez donc retrouver en bas de page les liens vers nos précédents articles mais si vous souhaiter y grimper ce WE, faudra composer avec nos amis spéléologues, acteurs historiques du lieu et la CO...



Ce samedi 25 mai 2013, les spéléos organisent leur manifestation "La grande vire" de 28 heures !

En parallèle, le Casteltrail organise "La course de l'Orient’ Express".
C’est une course d'orientation où personne ne devrait se perdre !
Express...mais à chacun son rythme, par équipe...en duo ou en trio, pour adulte, tous niveaux, pour s'amuser et partager un bon moment en toute décontraction...

Départ le samedi 25 mai 2013 à 15h ; durée de course, entre 1h30 et 3h max.
Une feuille de route est remise au départ de l'épreuve, avec les instructions nécessaires pour accomplir la course. Des détails plus précis seront donnés avec les consignes avant le départ.

Participation gratuite, mais inscription obligatoire sur le site : http://casteltrail.free.fr

Donc, pour tous comprendre sur ce formidable site d'escalade, son histoire, sa sauvegarde, la cohabitation entre les usagers et les règles d'accès en vigueur, il faut impérativement relire les articles que nous lui avons consacré dans le passé.

Le renouveau du viaduc (présentation du site)
 
Par ailleurs, nous avions dernièrement fustigé un apprentis bûcheron pour son mépris des règles élémentaires de sécurité. Suite au massacre du bel arbre situé en plein milieu du viaduc, après approbation du SICOVY, le Cosiroc a d’abord élagué l’arbre qui était tombé sur le pilier n° 5, au pied de Castafiore et qui recouvrait le Ru d’Angoulême. Cette semaine, après accord avec le bucheron qui est en train de réaliser un nettoyage du bois qui longe la prairie, celui-ci est venu récupérer la bille de bois qui restait. La place est propre !
 
Bref, vu le monde prévu, pas d'escalade ce WE au Viaduc. Penze aussi au respect des accès, parking et à l'érosion que cause les déplacement dans les fortes pentes le long du viaduc. Remportez vos déchets (et ceux des autres...), et, souriez !
 
Accès :
* Voiture :
25 km et 25 mn de Porte d'Orléans Paris.
·  Prendre l'autoroute A6, puis l'A10 direction Orléans.
·  Sortir en direction de Bures/Orsay, prendre la bretelle de Chevreuse/D188 et suivre la D188.
·  Au rond-point, prendre la 2e sortie, D988/Route de Chartres.
Il est préférable d’accéder au viaduc par la route de Chartres (accès en face de l’école d’optométrie, c’est fléché) plutôt que par le quartier résidentiel des Fauvettes. Un stationnement au cimetière est aussi possible.
  N118 Pont de sèvres
  Sortie BURES
  D988 direction GOMETZ LE CHATEL
  Après un rond point
  Parking en face de l’institut d’optométrie
  Chemin montant en diagonale 20’ pour atteindre le plateau où passait l'ancienne voie
  Passer sous le tunnel


On peut également accéder au viaduc à partir des Ulis.

* Depuis le RER B "La Haquinière" :  30 mn de Denfert-Rochereau à La Hacquiniere  et 15 mn à pied et 1 500 m environ du RER au viaduc.
·  Prendre la rue de  "La Haquinière" vers le sud, tourner à gauche rue de la Vierge, tourner à droite D 988/Route de Chartres, la suivre sur 150 m et la traverser (2 rues parallèles).
·  Remonter l'Avenue des Fauvettes 91440 Bures-sur-Yvette  jusqu'en haut.
·  Tourner à gauche dans l'Avenue Circulaire et 50 m plus loin, passer la barrière en bois, puis remonter le chemin de Montjay.
.  Passer sous l'ancienne voie ferrée et tourner à droite juste après la voûte.
·  Au bout de 200 m environ prendre le tunnel ferroviaire.
·  Au bout de 300 m environ, vous êtes sur le viaduc.

* RER B "Bures-sur-Yvette" :  30 mn de Denfert-Rochereau à Bures-sur-Yvette  et 20 mn à pied et 2 000 m environ du RER au viaduc.
·  Sortie [2] Bd Georges Seneuze (de l'autre côté du quai si on vient de Paris).
·  Prendre le Chemin de la Croix de Bures (sur la droite le long de la voie, après la petite place), jusqu'à la fin (vieille croix chrétienne).
.  Prendre à droite la route de Chartres sur 700 m.
Tourner à gauche dans le Chemin (et pas la rue) de Montjay qui monte et continuer à monter.·  Passer sous l'ancienne voie ferrée et tourner à droite juste après la voûte. 
·  Au bout de 200 m environ prendre le tunnel ferroviaire.
·  Au bout de 200 m environ, vous êtes sur le viaduc.
 
 



A la TL²B nous avons une affection particulière pour le site d'escalade d'ANNOT (04) et pour cause, c'est sans doute le site le plus similaire à celui de Fontainebleau (toutes proportions gardées !). Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensons des rassemblements sportifs sur les sites d'escalade de pleine nature et leurs impacts. A l'heure où se prépare le rassemblement d'Annot à Bloc (1er et 2 juin prochain) nous avons été alerté par une de nos correspondantes locales sur les travaux en cours sur le sentier des Grès. Ces travaux, en plein ENS, pose quelques questions sur la bonne gestion de cet Espace Naturel Sensible.

 
Le Grès d'Annot qualifie une roche sédimentaire constituée de grains de quartz, de feldpath et de débris de roches, cimentés par de la calcite. Les bancs gréseux peuvent atteindre 250 m d'épaisseur donc beaucoup plus que nos grès bleausards ! C'est sans aucun doute par ce qu'ils ne sont pas composés à 100 % de silice comme chez nous et du fait de leur formation géologique. En effet, les grès d'Annot se sont formés il y a environ 40 millions d'années par des avalanches sous-marines de sable et de vase, leur âge est difficile à évaluer de façon précise en raison du peu de fossiles qu'ils contiennent. A la formation des Alpes, l'ensemble a été fracturé et déformé ce qui lui donne cet aspect pittoresque.

Conscient de l'intérêt du site, le conseil municipal délibère, dès 1920, en vue de son classement. Aujourd'hui, un sentier balisé permet de découvrir ce patrimoine naturel exceptionnel mais aussi la grande diversité de la flore qui lui est associée.

L'aspect grandiose des falaises de grès dominant le village a, depuis toujours, suscité un grand intérêt chez les grimpeurs qui disposent de plus de 150 voies équipées et une  rare occasion d'escalader sur du grès dans le sud de la France. Un potentiel perçu tardivement par la Mairie qui, à la fin des années 80 avait même envisagé d'y faire visser ou tailler des prises pensant ce grès naturellement peu grimpable ! Aujourd'hui, avec le renouveau du trad' et le fort développement du bloc, Annot est une étape incontournable de l'escalade en France.

Mais on l'a dit, un tel milieu est aussi un milieu riche en faune et flore spécifique !
Du coup, le CG04 a lancé au cours des années 2000 une vaste politique de création d'ENS.

Un E.N.S. ou Espace naturel sensible est un dispositif de protection de l'environnement institué en France par la loi  du 31 décembre 1976 puis  précisé par le tribunal de Besançon comme espace « dont le caractère naturel est menacé et rendu vulnérable, actuellement ou potentiellement, soit en raison de la pression urbaine ou du développement des activités économiques ou de loisirs, soit en raison d’un intérêt particulier eu égard à la qualité du site ou aux caractéristiques des espèces végétales ou animales qui s’y trouvent ». Par une taxe, les CG procèdent par acquisition foncière ou par signature de conventions avec les propriétaires privés ou publics pour crééer les ENS.
Les ENS sont le cœur des politiques environnementales des conseils généraux. Ils contribuent généralement à la Trame verte et bleue nationale, qui décline le réseau écologique paneuropéen en France, suite au Grenelle de l'Environnement et dans le cadre notamment des SRCE que l'État et les Conseils régionaux doivent mettre en place en 2011, avec leur partenaires départementaux notamment.
Ces espaces sont protégés pour être ouverts au public, mais on admet que la surfréquentation ne doit pas mettre en péril leur fonction de protection. Ils peuvent donc être fermés à certaines périodes de l'année ou accessibles sur rendez-vous, en visite guidée. Certaines parties peuvent être clôturées pour les besoins d'une gestion restauratoire par pâturage.
En ce moment des travaux de restauration sont effectués sur le sentier des Grès d'Annot, répertorié en tant qu'Espace Naturel Sensible (ENS). Le cahier des charges est donc très précis.

Ce sentier est emprunté par de nombreux grimpeurs pour accéder aux secteurs de blocs, trad et couennes.Cependant la façon dont sont réalisés les travaux nous semble en total contradiction avec les objectifs d'un tel site: utilisation d'une tractopelle, disparition des pierres taillées du chemin qui datent de plusieurs siècles (et donc mise a nu du sentier ce qui provoque des problèmes de ravinement avec les intempéries), coupe d'arbres,....

Pour appuyer les propos de notre correspondante, les photos de ce qui a été effectué pour l'instant montrent ce qui nous parrait être l'exemple typique d'une mauvaise gestion d'un ENS. Au-delà de la problématique locale de gestion environnementale, cela soulève une inégalité entre le traitement de l'impact de l'escalade et celui de la valorisation touristique.


Photos : mai 2013 sur le sentier des Grès
Marie-Line.





Les Grès d’Annot et son ENS couvre une superficie de 162 ha. Parmi les objectifs du Schéma directeur des espaces naturels sensibles des Alpes de Haute-Provence 2008-2013 publié par le CG04, on pouvait lire :
"Au-delà de la communication dans le cadre du projet une réflexion sera menée avec les divers acteurs du
tourisme (service tourisme du Conseil général, Agence de Développement Touristique, Offices de Tourisme et Syndicats d’initiatives).

Le but sera de définir la communication à mettre en place pour la mise en tourisme de ces espaces naturels
sensibles. Certains sites peuvent accepter une fréquentation importante (Point sublime, Grès d’Annot, …) et une communication adéquate.

Certains sites ENS, au travers des pratiques sportives déjà existantes auront une place dans la réflexion du PDESI. Ces sites, s’ils sont déjà aménagés, pourront être des sites « précurseurs » de cette gestion départementale (gorges d’Oppedette, Grés d’Annot, Carajuan …). En effet, la pratique de sports de nature sur un ENS entraîne de fait une fréquentation plus ou moins adaptée à la fragilité du milieu. Aussi, les pratiques sportives préconisées par le PDESI sur les ENS devront être adaptées à la fragilité du site et décidées dans le cadre d’une concertation.


1.2 Aménagements

Les prévisions d’aménagement ne sont pas figées et des changements pourront apparaître lors de la phase d’avant projet qui définira plus précisément les interventions nécessaires en fonction des enjeux, des objectifs et des fonds mobilisables.

D’une manière générale, la politique des espaces naturels sensibles ayant notamment pour objet la gestion et la protection des sites, il est souhaitable de réaliser des aménagements « légers », adaptés à la protection du milieu.

1.3 Suivi écologique

La présence d’espèces ou de milieux naturels rares ou protégés est commune à la plupart des sites du schéma directeur. Il est donc utile de bien cibler les espèces ou milieu à surveiller sur chaque site et d’éventuellement réaliser un suivi de l’impact des aménagements et de la fréquentation.

1.4 Maîtrise d’ouvrage

La maîtrise d’ouvrage des études et des aménagements sera principalement communale. Le Département ne viendra qu’en aide technique aux Communes.

L'ENS DES GRES D’ANNOT
Commune : Annot
Carte IGN et localisation : 3541 OT / à l’est d’Annot
Foncier : privé et chemin de fer de Provence (SYMA)

Synthèse des critères / intérêt du site : le site remarquable des Grés d’Annot présente des valeurs
géologiques, paysagères et patrimoniales fortes pour le Département. La fréquentation de ce site est à
organiser avec les propriétaires afin d’améliorer l’offre de circuits. L’impact de la pratique de l’escalade
sur ces roches sensibles à l’érosion est à maîtriser. Un état de lieux et un avant projet ont été réalisés par
la Commune en 2004-2005.

AXE 1 : AMENAGER ET PROTEGER

1.1 Objectifs :
- améliorer l’accueil du public,
- protéger les roches de l’érosion,
- informer le public,
- gérer la fréquentation.



1.2 Aménagements : aménager le stationnement de la gare, installer des supports d’information.

1.3 Suivi écologique : suivi de la Centaurée de Jordan (Centaurea balbisiana Soldano subsp. jordaniana (Gren. & Godron) Kerguélen) et du Phagnalon d'Annot (Phagnalon rupestre (L.) DC. subsp. annoticum (Jordan ex Burnat Pignatti). Suivre l’habitat des prairies humide des collines gréseuses à Molinie bleutée (Molinia caerulea subsp arundinacea).

1.4 Maîtrise d’ouvrage : Commune.

1.5 Maîtrise d’oeuvre : bureau d’études ou Commune.

1.6 Partenaires techniques : fédération française de montagne et d’escalade, Chemin de fer de Provence,
DIREN, Région, Groupe Chiroptères de Provence (GCP).

1.7 Stratégie foncière : mise en préemption des parcelles privées (157 ha 13 a 06 ca).

1.8 Déroulement :

- 2008 : restauration de sentiers dans le cadre du PDIPR.
- 2010 : reprise de l’avant projet.
- 2011 : travaux.

Donc, lors de votre visite à Annot, ne manquez pas de poser des questions sur ces aménagements à la Mairie et faites nous part de leurs réponses. L'utilisation de moyens mécaniques lourds sur ce sentier nous paraît totalement inadapté et en contradiction total avec les documents d'objectif précités.
L'organisation de ce rassemblement avait déjà fait polémique, souhaitons que la Mairie d'Annot sache préserver ce petit coin de paradis et que les travaux, inévitables pour l'accueil du public et le développement économique local ne dénaturent pas ce riche patrimoine.

Documentation / Bibliographie :

- Site des grès d’Annot : Etude de valorisation, de protection et de gestion du site : Etat des lieux et scenarii
d’aménagement et de gestion – Bureaux d’études Alep et Carré vert – octobre 2004.

A lire sur Kairn :
http://www.kairn.com/fr/escalade/88971/communique-annot-a-bloc-50-nouveaux-blocs-a-decouvrir-les-1er-et-2-juin.html
http://www.kairn.com/fr/escalade/88758/bande-annonce-annot-a-bloc.html
http://www.kairn.com/fr/escalade/86640/communiqu-annot-a-bloc-ou-les-saucissons-de-la-col-re-le-tradannot-menac.html








Les panneaux publicitaires hors des villes polluent le paysage. Pourtant la réglementation est très clair sur ce sujet. L'association Paysages de France combat ces affichages illégaux qui défigurent les paysages parfois jusque dans nos forêts, PNR et parcs nationaux !
A tel point que depuis plusieurs années, la fédération des parcs naturels régionaux (FPNR) revient régulièrement sur cette question. La commission aménagement du territoire de la FNRP abordera à nouveau cette dernière jeudi 16 mai 2013. Une réunion bienvenue car le « label » Parc naturel régional du Gâtinais Français pourrait être gravement décrédibilisé à cause de l’initiative de la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry mais aussi de bien d'autres affichages dans le parc !
En effet, le projet de règlement de publicité de Saint-Fargeau-Ponthierry (PNR du Gâtinais-français) va exactement à l’encontre de ce qu’il convient de faire dans un PNR !
L’adoption de ce projet décrédibiliserait le label PNR, tant localement qu'au niveau national.
Le 20 mars 2013, la commission départementale de la nature des paysages et des sites (CDNPS) de la Seine-et-Marne, réunie en préfecture, a examiné le projet de règlement de publicité de Saint-Fargeau-Ponthierry.Ladite commission, qui, en vertu de l’article R. 341-16 du code de l’environnement, « concourt à la protection de la nature, à la préservation des paysages, des sites et du cadre de vie », aurait dû, en toute logique, donner un avis défavorable à ce projet qui va exactement à l’encontre de ce qu’il convient de faire dans un PNR.

Alors que l’article L. 581-8 du code de l’environnement pose le principe de l’interdiction de la publicité dans les parcs naturels régionaux, la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry a décidé de déroger à ce principe, non pas pour mettre en place une signalétique, mais pour autoriser l’installation de panneaux scellés au sol de grand format, motorisés et éclairés !

Pour tenter de justifier sa décision, il est avancé que Saint-Fargeau-Ponthierry fait partie d’une unité urbaine de plus de 100 000 habitants, en l’occurrence celle de Paris !

Indépendamment de la légalité d’une telle possibilité, un tel raisonnement est totalement absurde dans la mesure même où :
- rien n’oblige, au contraire, la commune à autoriser ce genre de panneaux puisque, comme cela a été rappelé ci-dessus, la publicité est normalement interdite dans un PNR ;
- le fait pour une commune d’appartenir à un PNR doit justement l’inciter à affirmer sa spécificité et, précisément, à se différencier des grandes métropoles urbaines.
À l’inverse, des communes faisant partie d’unités urbaines de plus de 100 000 habitants et ne bénéficiant d’aucune protection a priori, ont interdit les publicités scellées ou les ont limitées à 2 m² maximum.

La commune de Saint-Fargeau-Ponthierry peut encore renoncer à cette invraisemblable dérive où elle a été conduite jusqu’ici. Il est encore temps de renoncer à cette aberration.
Source blog des artistes mosaïstes
Au delà de ce cas d'espèce, on trouve le long des routes dans notre PNR des centaines de panneaux publicitaires plus ou moins légaux. Non loin de Saint Fargeau, les rond-points autour de Villiers-en-Bière, Chailly, Pertes, Milly... sont pollués par des dizaines de pannonceaux.

Et que dire de l'entrée de Barbizon ?
Si les mosaïques artistiques sont assez esthétiques, les grandes bâches implantées à quelques mètres du site ayant servit de sujet aux artistes peintres du XIXe siècle étaient ils vraiment nécéssaires ?

Il y a aussi tous ces panneaux jaunes fluos utilisés pour les vides greniers et autres brocantes ou ceux des manifestations sportives implantés jusque dans la forêt domaniale !

Rappelons ici qu'il existe de nombreux textes et réglementation classant bon nombre d'éléments du paysage du Pays de Fontainebleau. Un petit tour sur nos pages (onglets sous le bandeau d'accueil)  suffit à s'en convaincre. Le PNRGF a aussi une charte (pdf) élaborée après un bilan (synthèse et diagnostic complet) visant à protéger ses paysages et bien entendu les documents du SCOT et autre PADD dont nous avons parlés dans l'édition classique ont tous un important volet consacré aux paysages et leur protection...

La maîtrise de l’affichage publicitaire dans les PNR est un enjeu majeur !

Le code de l’environnement pose le principe de l’interdiction de l’affichage publicitaire dans un certain nombre de lieux particulièrement sensibles tels que les zones d’adhésion des parcs nationaux, les aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AMVAP, ex-ZPPAUP), la proximité des monuments classés ou encore, bien évidemment, les parcs naturels régionaux (article L. 581-8 du code de l’environnement).
Cependant, le législateur avait prévu dès l’origine (1979), la possibilité de déroger à cette interdiction par la création de zones de publicité dite restreinte (ZPR).

La vérité est que, au cours des trente dernières années, la réglementation – pourtant extrêmement laxiste dès lors que la dérogation permettait de "repolluer" très largement des territoires ayant pourtant vocation à être protégés – n’a cessé d’être bafouée, parfois dans des proportions dépassant l’imagination. Avec, au nombre des délinquants, les piliers de l’UPE, syndicat regroupant les poids lourds de l’affichage publicitaire tels que JCDECAUX-Avenir, Clear Channel ou CBS.
Face à cette situation invraisemblable, qui permettait à des maires de faire n’importe quoi, et face à des parcs incapables de rappeler... que l’on était dans un parc, le projet de décret issu du grenelle avait prévu une mesure d’encadrement en cas de dérogation.

C’est ainsi notamment qu’il avait été décidé de proscrire toute possibilité d’autoriser dans un PNR les panneaux scellés au sol de grand format, l’une des causes majeures de la dégradation et de la banalisation de pans entiers du paysage français.

Il semblait en effet de simple bon sens de considérer que pénétrer dans un PNR, c’était entrer dans un territoire différent, à l’abri des « coups de poing atroces » (Michel Serres) assénés çà et là par les panneaux de grand format. L'intense lobbying conduit par les afficheurs allait cependant venir rapidement à bout des quelques avancées obtenues. Résultat : désormais, à l’exception de la publicité numérique sur mobilier urbain, tout est possible même dans les PNR au point qu’il n’y a quasiment plus aucune différence entre les possibilités ouvertes à une commune "ordinaire" et celles ouvertes à une commune située dans le périmètre d’un PNR.

La réunion du 16 mai 2013 se tiendra à la Maison des associations (18è) devrait donc être l’occasion pour la FPNR de faire un pas décisif sur la question de l’affichage publicitaire.


Pour tout savoir sur ces dossiers et les combats de Paysages de France,

voici leur site internet : http://paysagesdefrance.org

Fédération des parcs naturels régionaux de France,
rue Christiani, 75018 Paris.
Contact : Nicolas Sanaa/Pierre Moutet : 01 44 90 86 20

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