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Sur les chemins

Escalade

Matos

2013-02-24


Avec plus de 500 millions de visites par an, la forêt française est un espace de nature très fréquenté. L’accueil du public est l’une des missions de l’ONF qui s’efforce de répondre aux attentes des visiteurs tout en assurant la préservation de la forêt et la gestion des peuplements. Voici donc ce que nous apprend le site de l'ONF sur cette mission d'accueil du public.

 
Afin de permettre à tous de pouvoir profiter des loisirs en forêt, l’ONF, dans le cadre de la gestion forestière, réalise des aménagements adaptés et un entretien régulier des massifs. Cette mission est assurée en collaboration avec de nombreux partenaires.

La forêt publique est largement accessible. Sa fréquentation réclame une organisation des circulations, un aménagement et un entretien, qu’il est nécessaire d’adapter à des pratiques multiples. Préserver la forêt est aussi de la responsabilité de tous.

Depuis le XIXe siècle, mais surtout depuis les années 1950, aller en forêt est devenu un loisir très prisé par une population qui vit majoritairement en ville. Organiser cette fréquentation est une nécessité pour garantir l’équilibre entre les différentes fonctions de la forêt.

D'après des enquêtes récentes, on estime à environ 500 millions de visites par an la fréquentation des forêts en France, dont 100 millions pour la seule région Ile-de-France.

Ces chiffres s'expliquent par la présence de la forêt sur tout le territoire français et l'attractivité de ses différents visages :

1. Les forêts périurbaines tout d'abord, qui complètent les parcs urbains et constituent, des espaces de « vraie » nature facilement accessibles

2. De même, les forêts proches de la mer, des stations touristiques de montagne ou des sites naturels et historiques très fréquentés, forment un écrin de verdure et un lieu apprécié pour randonner, pique-niquer à l'ombre ou trouver un peu de tranquillité

3. Enfin, les bois et forêts sont des éléments indissociables de l'identité et de la vie des campagnes. La forêt et la filière bois participent à l'économie locale. Les habitants vont faire leur bois de chauffage, chasser, cueillir le muguet ou les champignons, mais aussi, tout comme les citadins, se promener. C'est aussi un atout pour un tourisme vert à la recherche d'espaces préservés.
 
Sur fréquentation à Bleau (Bas Cuvier, octobre 2012)
Photo : Greg CLOUZEAU


A chaque forêt sa fréquentation et ses publics
La fréquentation d'une forêt dépend d'abord de conditions qui lui sont extérieures. L'importance de la population environnante, l'attractivité touristique des espaces proches (mer ou montagne, parcs naturels, monuments ou sites renommés) sont alors les facteurs les plus déterminants.
Mais des facteurs propres à la forêt jouent aussi un rôle : près des grandes agglomérations, c'est la simple présence d'un espace naturel dans un environnement urbanisé qui est recherchée ; dans d'autres lieux, ce sont les sites, paysages et éléments remarquables qui attirent le visiteur ; plus rarement, des possibilités d'activités particulières, comme les parcours acrobatiques en hauteur intéressent un public spécifique.

Au total, si la quasi-totalité des forêts publiques sont fréquentées, l'importance et les caractéristiques de cette fréquentation varient beaucoup.


Accueillir tout en préservant les autres fonctions de la forêt
Espace de nature, la forêt abrite une faune et une flore riches et diversifiées. C'est également un espace géré pour procurer à ses propriétaires publics (l'Etat et les collectivités publiques : communes, départements...) ou privés, et à la société, des ressources renouvelables de qualité (bois, eau...). De plus, dans de nombreux endroits, c'est un milieu qui participe à la protection des populations contre les risques naturels (érosion, inondations...).

Il appartient aux gestionnaires forestiers - l'ONF en forêt publique -, d'organiser la fréquentation et la gestion forestière pour que la forêt puisse tout à la fois assurer ses différentes fonctions dans la durée (c'est le principe même de la « gestion durable »), mais aussi mieux répondre aux besoins variés des visiteurs et des populations riveraines.


Identifier les attentes des visiteurs
Les visiteurs en forêt sont très nombreux et leurs motivations forcément très différentes (voir l'enquête de 2010).

Des enquêtes de fréquentation sont organisées pour mieux connaître les publics, leurs habitudes et leurs besoins : savoir d'où ils viennent, comment, pour combien de temps, pour quoi, s'ils sont satisfaits de l'existant... Les études à l'échelle des principaux massifs sont souvent réalisées avec les collectivités territoriales afin d'actualiser ensemble la politique d'accueil.

Avec des partenaires scientifiques, l'ONF mène aussi un programme de recherche national sur les relations entre la forêt et la société en France afin de mieux connaître les attentes des usagers de la forêt. C'est le meilleur moyen de répondre aux besoins des visiteurs tout en leur proposant une information sur la gestion de la forêt.
 
Fontainebleau. Diaz 18..



Les grands principes
75% des Français peuvent aller en forêt en moins d’une demi-heure. La plupart profitent de cette facilité puisque 71% s’y sont rendus au moins une fois en 2004. Les 1,7 millions d’ha de forêt domaniale et les 2,8 millions d’ha de forêts publiques appartenant aux communes ou départements sont, sauf exception, accessibles au public. Ce principe est édicté par la loi. Mais toutes les forêts ne sont pas naturellement faciles d’accès ou accueillantes sans un minimum d’aménagement et d’entretien.


Faciliter l’accès à la forêt pour tous
La majorité des visiteurs vient en voiture
. Leur rendre la forêt plus accessible consiste d'abord à les orienter dans leur trajet jusqu'à la forêt, améliorer la signalétique, organiser le stationnement. Pour les autres, faciliter l'accès à la forêt, ce sera créer des liaisons non motorisées depuis le centre-ville ou rendre possible l'accès en transports en commun. Ces améliorations peuvent être proposées par l'ONF dans le cadre d'une étude globale mais ne peuvent se réaliser sans une politique volontariste des collectivités.

Il faut aussi, en périphérie de la forêt, aménager des parkings bien dimensionnés, à proximité desquels un site d'accueil permet de se détendre ou pique-niquer.

Un réseau de chemins et sentiers en boucle, adaptés à différentes pratiques et à différents publics, permet de se promener ou de découvrir la forêt. L'accès pour les poussettes, personnes âgées ou personnes en fauteuil roulant est également de plus en plus souvent pris en compte.

Toutefois, si la majorité des visiteurs est plus rassurée en suivant un balisage, d'autres préfèrent organiser eux-mêmes leur parcours avec une carte et découvrir des lieux plus sauvages. Un zonage de la forêt permet de préserver des cœurs de forêt peu aménagés pour favoriser ce contact plus direct avec la nature.

Ces aménagements sont les plus discrets possibles afin de respecter l'esprit des lieux. C'est le sens de la politique forestière et c'est aussi le souhait des visiteurs qui viennent rechercher un espace de nature souhaité le plus... naturel possible !

Toutes ces initiatives sont coûteuses, qu'il s'agisse de l'installation des équipements ou de leur entretien. Un coût pour les collectivités, l'ONF dans le cas des forêts domaniales, et parfois d'autres partenaires, qui doivent donc s'impliquer dans la durée pour que ces projets voient le jour.


Parfois limiter l’accès, pour protéger la forêt et les visiteurs
La gestion de la forêt peut imposer de limiter voire d'interdire l'accès de certains secteurs, soit temporairement, soit de manière permanente
. Une signalétique permet alors d'assurer l'information du public.

Ces limitations d'accès ne concernent toutefois, pour les visiteurs non motorisés, que quelques pourcents de la surface des forêts publiques qui est dans sa très grande majorité accessible à ceux qui veulent la parcourir.


Voici quelques exemples de limitations :
des « réserves biologiques intégrales » sont conservées sans aucune intervention humaine, afin que les scientifiques puissent étudier l'évolution naturelle de l'écosystème forestier. La fréquentation y est interdite pour raisons de sécurité, mais surtout pour éviter les perturbations d'origine humaine

* des activités de gestion de la forêt, comme l'exploitation forestière ou la chasse, imposent des limitations temporaires d'accès. Une signalétique provisoire est installée à l'entrée des zones concernées

* lors du renouvellement des vieux peuplements, des parcelles forestières peuvent être clôturées. Le plus souvent, c'est surtout pour éviter que cerfs ou chevreuils, trop nombreux, ne mangent les jeunes plants ; dans d'autres cas, c'est pour empêcher la destruction de la végétation au sol par le piétinement des visiteurs

* dans certaines forêts méditerranéennes, des interdictions règlementaires d'accès en période estivale font partie intégrante de la prévention contre les risques d'incendie.


L'homme promeneur
 
Au milieu du XIXe siècle, de nouvelles pratiques de loisir se développent dans les forêts proches de Paris, en même temps que naît le tourisme moderne.

Les forêts s’ouvrent à de nouveaux visiteurs

La chasse, activité aristocratique, se pratique certes depuis bien longtemps dans les forêts, mais c'est l'arrivée du chemin de fer dans les villes proches de Paris qui va donner une nouvelle dimension aux usages de loisir en forêt.

L'exemple de Fontainebleau est tout à fait représentatif. En 1849, le train permet à la bourgeoisie parisienne d'accéder en une heure à un massif forestier que les peintres de Barbizon et les intellectuels de l'époque contribuent à faire connaître.
Simultanément, Claude-François Denecourt, ancien soldat de l'armée napoléonienne, épris de Fontainebleau, va y créer des parcours balisés de flèches bleues, « mettre en scène » la forêt pour faire découvrir aux visiteurs les endroits les plus pittoresques : sentiers sinueux tracés entre les rochers, points de vue, grottes et tunnels aménagés. Il va jusqu'à donner des noms évocateurs à certains sites : « Roche éponge », « Caverne des Brigands »...

Même si les choix de Denecourt sont critiqués par quelques intellectuels, les guides qu'il publie ont beaucoup de succès et font l'objet de nombreuses rééditions.

Ces aménagements se rapprochent de ceux effectués à la même époque dans les parcs parisiens (Buttes Chaumont, Parc Montsouris) sous la houlette de Alphand, dans l'esprit du courant hygiéniste de l'époque (les pratiques d'hygiène recommandées incluent une activité physique dans un environnement « sain »). Les Bois de Boulogne et de Vincennes sont aménagés sur le modèle des parcs urbains anglais avec des installations telles que « chalets » et buvettes.


La forêt contribue aussi à l’attrait des montagnes
Certains voyageurs quittent ces sites devenus trop familiers pour se lancer à la découverte de nouveaux espaces : ainsi prend naissance le tourisme de montagne au moment où la politique de reboisement, initiée par les forestiers, bat son plein.

Des associations telles que le Club alpin français ou le Touring club de France sont créées. Elles s'engagent aux côtés des forestiers en faveur des reboisements réalisés dans le cadre des lois de restauration des terrains en montagne (RTM) et du développement du tourisme.

Dans cette optique, la forêt participe largement à l'attrait des sites, soit sur un modèle plutôt urbain à proximité des stations avec la création de sentiers de promenades bien équipés (bancs, aménagement de cascades et belvédères...), soit comme élément indissociable d'un paysage montagnard décrit et pérennisé dans les guides touristiques.


Un espace imaginé (l'article complet sur le site de l'ONF)
Elément fondamental de l’environnement de l’homme, la forêt est le théâtre de nombreux mythes et croyances. Elle constitue aussi un support de l’histoire dont elle conserve des traces, et tient une place importante dans les arts picturaux et le cinéma.

La forêt a toujours inspiré de nombreuses croyances. Crainte ou exploitée, familière ou perçue comme sauvage, elle évolue dans une dimension qui dépasse l’homme et l’interroge. Les forêts abritent parfois de précieux vestiges ou des arbres extraordinaires. Avec les noms de lieux, ils constituent des repères et racontent l’histoire, parfois la guerre. La place de l’arbre et de la forêt en peinture a considérablement évolué selon les époques, témoignant du rapport de l’homme avec la nature. Enfin, la forêt joue un rôle important dans de nombreux films, tantôt décor, tantôt propos.

Sources ONF

L'aménagement, instrument clef de la gestion durable des forêts
La connaissance très précise des caractéristiques propres à chaque forêt permet d’orienter sa gestion à moyen et à long terme, dans le respect de la politique forestière et des principes de la gestion durable. C’est l’enjeu des aménagements forestiers, outils de planification des actions à mener dans les forêts qui relèvent du régime forestier (essentiellement forêts domaniales et forêts des collectivités locales).
 
L’aménagement dans le Code forestier
Le Code forestier fixe le contenu des aménagements. L’article R 133-2 prévoit qu’ils doivent comprendre :
- des analyses préalables portant sur le milieu naturel, le patrimoine culturel et des besoins, en matière économique, sociale et environnementale, des utilisateurs et des titulaires de droits réels ou personnels
- une partie technique qui rassemble des renseignements généraux sur la forêt, une évaluation de la gestion passée, la présentation des objectifs de gestion durable ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre, la programmation des coupes et des travaux sylvicoles
- une partie économique qui comprend notamment le bilan financier prévisionnel des programmes d’action envisagés.
Le Code forestier fixe le contenu des aménagements. L’article R 133-2 prévoit qu’ils doivent comprendre :
- des analyses préalables portant sur le milieu naturel, le patrimoine…
Les aménagements sont préparés au plus près du terrain
La gestion forestière n'est ni fortuite ni improvisée. Outre les orientations forestières nationales et régionales dont ils disposent, les forestiers qui interviennent concrètement sur le terrain (choix des essences, entretien des peuplements, rythme des coupes, travaux d'infrastructures...) ont besoin d'un document de référence, d'objectif et de programmation - l'aménagement forestier - pour cadrer la gestion durable et efficace de chaque forêt.
De nombreuses données doivent être prises en compte
 
Les aménagements représentent le fondement de l'activité de l'ONF en tant que gestionnaire des forêts. D'une durée de dix à vingt ans, leur élaboration et leur exécution doivent permettre d'optimiser la capacité des écosystèmes forestiers à assurer, simultanément et dans la durée, les trois fonctions écologique, économique et sociale.
L'aménagement intègre la politique forestière nationale, les orientations régionales, les intérêts et demandes des propriétaires et du public. Sans compter les aléas climatiques ou sanitaires, ou l'évolution des contextes socio-économiques ou réglementaires dont les effets peuvent conduire à revisiter la planification décrite dans le document d'aménagement.
L'ensemble est mené dans le respect de l'art dont les principes sont exposés, entre autres, dans le manuel d'aménagement, le guide de sylviculture ou le catalogue des stations (une station représente un terrain de superficie variable, mais homogène dans ses conditions physiques et biologiques).
L’obtention de la garantie de gestion durable justifie un cadre réglementaire important
Le Code forestier
 
L'article L 1er dispose que « la politique forestière a pour objet d'assurer la gestion durable des forêts » et que celle-ci « garantit leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour l'avenir, les fonctions économique, écologique et sociale pertinentes (...), sans causer de préjudices à d'autres écosystèmes ».
Le Code forestier donne force de loi aux aménagements (Art. L 6) pour tous les espaces boisés qui relèvent du régime forestier (lire l'encadré L'aménagement dans le Code forestier).
Dans la préparation des aménagements forestiers, il doit également être tenu compte, entre autres textes de référence, du Code de l'environnement, des schémas de cohérence territoriale, du plan local d'urbanisme ou des chartes forestières de territoire.

Les orientations régionales forestières (ORF)
Ces documents de planification régionale sont réalisés par le Commission régionale de la forêt et des produits forestiers (CRFPF), avec l'avis du Conseil régional et consultation des conseils généraux.
Les directives et schémas régionaux d'aménagement (DRA et SRA)
Les DRA portent sur les forêts domaniales et les SRA sur les forêts des collectivités. Ils sont élaborés par l'ONF et viennent en application des Orientations régionales forestières. Ils servent de cadre pour l'élaboration des aménagements forestiers.
La connaissance du milieu et du contexte socio-économique est primordiale
La connaissance du milieu est déterminante pour la mise en œuvre d'une gestion forestière durable : données topographiques et climatologiques, nature du sous-sol, cartes pédologiques, cartes de la végétation, état des peuplements forestiers... Le contexte socio-économique, par son influence sur les enjeux propres à chaque massif au sein du territoire dans lequel il s'insère (rôle dans l'économie locale, espace de loisirs, éléments structurant du paysage...) est également un élément clef pour l'aménagement.
L'aménagement représente une nouvelle étape dans la vie de la forêt, c'est-à-dire qu'il doit partir de la composition et de l'histoire des peuplements (âge, volume, essences, coupes et travaux réalisés dans le passé...).
La connaissance du milieu porte également sur le relevé de particularités écologiques remarquables, l'étude de la flore et de la faune en général, avec un point particulier sur les espèces chassées..
La diversité des données à réunir nécessite la coopération de personnes aux compétences spécialisées, la synthèse revenant à l'aménagiste qui doit plutôt avoir une approche de généraliste.
L’aménagiste dispose de référentiels techniques nécessaires à son travail

L'aménagiste dispose d'un ensemble de documents de référence mis à jour régulièrement : manuel d'aménagement, de sylviculture ou de biodiversité, guides techniques, catalogues des stations forestières, qui sont autant d'outils techniques à sa disposition pour assurer un diagnostic fiable et des propositions en concordance avec l'évolution des connaissances lors de la rédaction du document.
Le manuel d'aménagement forestier, publié par l'ONF, réunit toutes les informations nécessaires pour la planification des actions à conduire dans les forêts publiques, aussi bien en ce qui concerne la production régulière de bois que la protection des écosystèmes. Il donne un cadre méthodologique.
Les catalogues des stations forestières présentent les différents types de milieux, avec des critères qui permettent de les reconnaître sur le terrain (topographiques, floristiques...), ainsi que les espèces d'arbre (ou « essences ») les mieux adaptées à chaque situation. Ce document sert aussi bien à décrire et cartographier les milieux forestiers qu'à analyser le comportement des essences (croissance, production) en fonction de la richesse minérale, la disponibilité en eau... du milieu. Il est en effet essentiel, pour fixer des objectifs sylvicoles à moduler en fonction des objectifs environnementaux, de paysage ou d'accueil du public, que le forestier connaisse le niveau de production en volume et en qualité qu'il peut espérer et quelle sylviculture il doit appliquer pour y parvenir.
Du pourquoi au comment
L'efficacité des actions forestières dépend de leur cohérence et de leur continuité vis à vis d'objectifs choisis. Une programmation des coupes et un bon suivi des résultats contribuent à l'efficacité de la gestion.
La planification de la gestion forestière se décline du niveau national jusqu'à la forêt elle-même :
*  le Code forestier fixe les principes de gestion durable des forêts publiques et privées
*  le Programme forestier national et la Loi d'orientation forestière fixent les objectifs de la politique forestière de l'Etat
*  ils sont prolongés par des textes de portée régionale, les orientations forestières, directives et schémas régionaux d'aménagement
*  enfin, chaque forêt publique dispose d'un document, l'aménagement forestier, qui planifie sa gestion.

L'aménagement forestier : un plan de gestion généralement pour vingt ans


Un plan de gestion à long terme (20 ans) guide les choix du forestier
L'aménagement forestier est le maillon essentiel de la gestion forestière. Ce plan de gestion est établi pour quinze ou vingt ans par les forestiers de l'ONF. Il est avalisé par le ministère de tutelle pour les forêts domaniales, et par les préfets de région pour les forêts des collectivités territoriales. Il a donc une valeur juridique.
L'aménagement forestier comprend :
*  une analyse qui, outre le bilan de l'aménagement précédent, décrit la composition de la forêt et ses différentes fonctions : protection des sols en montagne ou des dunes sur la côte, usages récréatifs en forêt péri-urbaine, forêt majoritairement de production, volonté de conserver la biodiversité...
*  une fois ces fonctions mises en évidence, des objectifs hiérarchisés sont alors assignés à la gestion forestière, tant au niveau de la production de bois, du paysage, de l'accueil du public, de la biodiversité....
Tout cela se traduit par des actions concrètes, dont la récolte des bois, avec les coupes programmées sur vingt ans, ou des travaux à caractère patrimonial dans la forêt, qui sont refinancés par le produit de la vente des coupes.
Le document précise à quel moment une parcelle sera exploitée, en application d'un principe de sylviculture.
Pour protéger la biodiversité, le document identifie les habitats particuliers pour lesquels les exploitations seront adaptées ou même exclues temporairement.
Perpétuer le patrimoine
L'aménagement forestier, même s'il est précis dans ses objectifs, n'est pas figé : « Nous gérons des écosystèmes vivants, des aléas surviennent et tout ne se déroule pas toujours comme le forestier l'avait prévu. Il peut alors être nécessaire de procéder à des ajustements du plan d'action, voire si nécessaire de le réviser en profondeur », explique Laurence Lefebvre.
La volonté de léguer aux générations futures le même patrimoine forestier, voire un patrimoine amélioré, est un objectif qui anime l'aménagement forestier. Il faut savoir que le renouvellement de la forêt se fait principalement par régénération naturelle, et de telle sorte que toutes les classes d'âges soient représentées.
Des principes pour une gestion et une exploitation durable des forêts
Dans une perspective de gestion durable, les grands principes de l'exploitation des forêts ont été précisés lors de différentes conférences internationales. La Conférence européenne pour la protection des forêts en Europe a, lors la réunion d'Helsinki en 1993, énuméré les critères retenus.
Ces critères de gestion durable sont repris dans l'article 1 du Code forestier. Les principaux sont les suivants :
*  assurer la santé et la vitalité des forêts
*  s'assurer des capacités de régénération des forêts, c'est-à-dire ne pas se mettre dans des situations où on n'arrive plus à renouveler les peuplements à leur terme pour les générations futures
s'assurer que la fonction économique de la forêt est durablement satisfaite, notamment pour les besoins en éco-matériaux de la filière bois, ce qui contribue à lutter contre l'effet de serre par piégage du carbone tout en maintenant la productivité des forêts
*  s'assurer que les fonctions sociales et environnementales sont prises en compte, notamment concernant l'accueil du public, le maintien de la biodiversité et l'équilibre faune-flore.
La plupart de ces critères sont traités dans les aménagements forestiers (fonctions économique, sociale et environnementale, capacités de régénération...). Quelques autres, comme la nécessité d'assurer la santé et la vitalité des peuplements, sont des principes de base de la sylviculture.

 
Parmi les nombreux documents proposés par l'Office National des Forêts sur son site, nous avons tout particulièrement apprécié celui-ci dont nous ne vous livrons là un appercu mettant en lumière qu'une forêt et le travail d'un forestier s'apprécie sur des siècles à condition que ni les éléments naturels, ni l'homme ne viennent perturber le sycle de croissance de l'arbre !

Il y a 12.000 ans, le retour de la forêt Depuis 4.000 ans, une influence marquante de l’homme Aujourd’hui, des biens et services rendus multiples
L’évolution du milieu forestier à travers le temps n’est pas linéaire. Depuis 12.000 ans, la forêt a effectivement bougé dans l’espace et s’est transformée au fil des siècles en fonction des changements climatiques, puis plus récemment sous l’influence des actions de l’homme.
     
La palynologie
La palynologie est l’étude des pollens et spores fossiles.

Tous les végétaux produisent des pollens ou spores en grande quantité, reconnaissables en fonction de différents critères : taille, forme, structure de la paroi et nombre d’ouvertures visibles sur l’enveloppe.

Dans les milieux où ils sont bien conservés (notamment les tourbières et les sédiments lacustres), ces grains de pollens et de spores peuvent être déterminés et comptés. Ces analyses, couplées avec des datations au radiocarbone, permettent d’avoir un aperçu de la composition du paysage environnant à différentes périodes chronologiques et donc de tracer les grandes lignes de l’évolution du couvert végétal.
La palynologie est l’étude des pollens et spores fossiles.

Tous les végétaux produisent des pollens ou spores en grande quantité, reconnaissables en fonction de différents…
La forêt s'installe progressivement
Après la dernière glaciation et le Tardiglaciaire débute l'Holocène (vers environ - 9700 av. J-C), période de réchauffement dans laquelle nous nous trouvons encore actuellement. Ce réchauffement climatique entraîne un changement dans le couvert végétal, identifié et caractérisé par des analyses palynologiques.
Progressivement, on passe d'un milieu ouvert, composé essentiellement d'herbacées (steppe), à un couvert forestier. La France n'est pas entièrement recouverte, il existe des variations régionales, mais l'environnement est globalement homogène et forestier.
Cette installation progressive de la forêt s'étend sur plusieurs milliers d'années et passe par différents stades de végétation, présentés dans le tableau ci-dessous :
Visage de la forêt à la Préhistoire
Chronozones de l'Holocène
Datation (début)
Caractéristiques
Préboréal
- 9700 av J-C
Développement de forêt de pins et de bouleaux
Boréal
- 8000 av J-C
Les pinèdes sont envahies puis remplacées par des formations de noisetiers, accompagnées d'autres essences telles que l'orme ou le chêne
Atlantique ancien
- 6900 av J-C
Les formations de noisetiers laissent la place à des forêts plus denses dominées par le chêne et associé à l'orme, le tilleul, le frêne, l'érable...
Atlantique récent
- 4700 av J-C
La chênaie mixte va se dégrader et laisser la place à la chênaie-hêtraie ou à la hêtraie-sapinière en altitude
Subboréal
- 3400 av J-C
Le hêtre continue à se développer, toujours associé au chêne en plaine. L'impact de l'homme sur son environnement commence à se faire sentir et se développe de manière sensible à la fin de cette période
Subatlantique
- 800 av J-C
L'évolution naturelle de la forêt est difficilement perceptible du fait de l'anthropisation des milieux de plus en plus importante. On note cependant l'apparition du charme, du châtaignier et du noyer



Les premiers déboisements commencent à partir du NéolithiqueA partir du Néolithique (environ - 5500 av. J-C en France), un changement important a lieu dans l'histoire de l'humanité : l'homme va se sédentariser et passer d'une économie de subsistance basée sur la chasse et la cueillette à une autre basée sur l'élevage et l'agriculture.


Les premiers déboisements importants commenceront donc, pour répondre à des besoins d'espaces (habitat, cultures, pâtures) et de bois comme ressource (construction, énergie). La forêt va petit à petit s'éclaircir.

La forêt celte
Il y a 2.000 ans, la Gaule était recouverte aux deux tiers par une épaisse forêt. L'homme habitait en lisière de cet univers qu'il apprit à exploiter.

La forêt constituait le principal temple de la vie religieuse des Celtes, et par conséquent des Gaulois. Ils avaient des bois sacrés (nemeton) abritant leurs saints, où les druides se rassemblaient pour parler des affaires religieuses et politiques. Le plus connu de ces bois sacrés se trouve dans la forêt des Carnutes, près d'Orléans.


La forêt féodale
Au Moyen Age, période de reconquête forestière après les défrichements gallo-romains, la forêt est très présente et indispensable à la vie. Les villages sont le plus souvent implantés dans des clairières environnées de bois. La forêt est perçue comme un lieu dangereux, car à la peur des animaux sauvages s'ajoute celle des brigands et l'inquiétude suscitée par les travailleurs de la forêt, bûcherons ou charbonniers, considérés comme des marginaux.


Sur les croyances anciennes, païennes (paganisme, du latin paganus désigne le paysan et par extension tout homme qui n'est pas soldat) viennent se greffer histoires et légendes dans lesquelles la forêt tient une grande place : des épreuves initiatiques de preux chevaliers aux hors-la-loi champions d'une cause juste, c'est l'âge des épopées et du fantastique. La période aussi où le « désert » forestier offre un lieu de recueillement aux fondateurs des premiers ordres monastiques.


L’âge de raison
A la Renaissance et à l'époque classique apparaît une nouvelle forêt, rationnelle, organisée par Colbert : la maîtrise des Eaux et Forêts met en place les moyens de surveillance et de bonne gestion des massifs boisés.


De cette forêt au bel équilibre, qui s'éclaircit au lieu de s'assombrir, le loup, le diable et les fées sont peu à peu chassés. C'est l'époque où, grâce à Duhamel du Monceau, naît la science forestière.



On a peine à croire que cette photo fut prise dans les gorges d'Apremont
en 1877 par Balagny


La forêt romantique
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la forêt devient le moteur de l'industrie naissante, en particulier pour son approvisionnement énergétique ou en bois d'œuvre. Si les grands massifs forestiers conservent leurs traditions légendaires, on y voit moins de fées, les rencontres avec le loup et le diable s'y font encore plus rares...

Une révolution des idées apparaît : le rationalisme impose une vision logique et scientifique du monde et, avec le « rousseauisme » qui glorifie la Nature et l'apprivoise, la crainte qu'inspire le milieu sylvestre tend à s'affaiblir. La littérature romantique, surtout allemande, s'empare de thèmes légendaires anciens et recrée une culture populaire : roman, musique, opéra, danse, arts plastiques, tout est bon pour ressusciter mythes et traditions d'antan.


La forêt des loisirs

Au XXe siècle, la forêt française regagne un terrain considérable, au point de retrouver son extension de la fin du Moyen Age. La civilisation urbaine cerne désormais de nombreux espaces boisés proches des villes, les isole, les pénètre, parfois au détriment du bon fonctionnement écologique des écosystèmes.

Le citadin utilise la forêt comme un territoire de loisirs même s'il en fait l'archétype de la Nature. L'homme s'aventure donc sans crainte en famille dans le bois. Sans crainte, vraiment ? N'arrive-t-il pas, pourtant, qu'un bruissement réveille en lui comme une peur ancienne ?
article publié initialement sur la TL²BA

Nos amis du collectif Fertois qui s'oppose aux forages pétroliers dans la région nous préviennent (un peu tard certes) d'une manifestation ce jeudi 7 mars, à 20 heures à Jouarre. Le but : informer les populations de la situation sur la parcelle de la Petite-Brosse (Doue), là où le pétrolier Hess Oil a commencé des travaux de construction d'une plate-forme pétrolière. 

Voici ce qu'en dit le site internet de la société Hess, pudiquement baptisé "Pétrole Bassin Parisien" histoire de nous rassurer par un très bon travail de lobbying (c'est nous qui surlignons) !


"Le sous-sol français est riche en ressources. Hess Oil France a pour projet l’exploration et la valorisation de ces ressources, en particulier les hydrocarbures du bassin de Paris. Concrètement, il s’agit de déterminer la présence de pétrole techniquement et économiquement exploitable.
Les ressources pétrolières se trouvent dans les anfractuosités des roches. Le sous-sol étant caché à nos yeux, les géologues et géophysiciens s’emploient à collecter des informations, directes ou indirectes, pour comprendre au mieux sa géométrie et ses structures.
Cette collecte d’information s’appuie principalement sur les données publiques et sur la littérature scientifique. Tout au long du projet, de nouvelles données sont acquises, par achat auprès de sociétés de services (campagne gravimétrique et magnétique aéroportée effectuée en 2011) ou bien obtenues lors d’un forage.


Hess Oil France s’applique à mettre en place :
1. La sécurité, une priorité
Hess Oil France met en oeuvre tous les moyens nécessaires pour garantir la sécurité de leurs installations.
Elle respecte non seulement à la lettre la réglementation française, mais fait aussi appel aux meilleures pratiques de leur industrie pour assurer la sécurité de ses employés et celle des populations riveraines.
2. Des techniques sûres
Hess est mondialement réputé pour son engagement en matière de sécurité et d’environnement et pour son expertise en matière de forage. Dans ses activités de recherche et de production, la société adopte des processus plus contraignants que la stricte application des réglementations.
En février 2011, son PDG a d’ailleurs été primé par l’US National Safety Council pour l’engagement de son groupe en matière de sécurité opérationnelle.
Concrètement, l’architecture d’un puits est telle que les nappes phréatiques sont protégées par au moins un double tubage en acier. Par ailleurs, dans l’espace entre chaque tubage, et entre le tubage d’acier externe et les couches géologiques, du ciment est injecté de façon à rendre totalement étanche le forage.

Des diagraphies sont faites pour s’assurer de la parfaite étanchéité du ciment. En France, ces diagraphies sont systématiquement examinées par la police des mines.
Ce dispositif réglementaire a démontré son efficacité : sur les 2 000 puits pétroliers forés dans le bassin parisien, un seul puits de production de brut foré dans les années 1990 s’est révélé légèrement fuyard bien que fermé et a conduit à une légère contamination de la nappe phréatique.
. Une surveillance stricte
Hess Oil France va charger un laboratoire indépendant accrédité COFRAC de mener une rigoureuse surveillance afin de s’assurer du respect et de la préservation de l’environnement.
Le laboratoire évaluera ainsi les conditions du sol et du sous-sol, la qualité des eaux superficielles et des nappes phréatiques, de l’air et du bruit. Afin de s’assurer de la non-communication d’une nappe phréatique avec le puits ou avec une autre nappe aquatique plus profonde, un dispositif de contrôle piézométrique (niveau et qualité de l’eau) sera installé.
Cette surveillance n’est ni réglementaire, ni obligatoire. 

Bon, nous on dit, la transparence c'est bien mais on le voit, il y a un risque. Certes, un puits sur 2 000 cela paraît peu mais c'est suffisant pour appliquer un principe précaution, non ? Pour les médicaments 1 cas pour 2 000, c'est considéré comme un risque grave !!!

Rappelons que nous sommes là dans une zone de population très dense, dont les nappes phréatiques allimentent une bonne part du Bassin Parisien et que nous sommes de plus en plus cernés par les permis de recherche.

 

Cette carte, très incomplète, montre assez bien l'importance des recherches et menaces !

Et Hess n'est pas leu seul pétrolier du coin ! Par ailleurs, notre sous-sol est aussi traversé par d'importantes canalisations de transport des hydrocarbures et de nouvelles enquêtes publiques sont régulièrement lancées comme celles-ci qui débutent pour les villes de Dammarie-les-Lys, Faÿ, Villiers-en-Bière, Chailly-en-Bière...

Bref, il ne faut rien lâcher sur ce sujet grave de santée publique et de sauvegarde de l'environnement !

Sur la TL²B, outre notre page consacré aux GPDS, nous publions de nombreux articles d'alerte et de soutien dont ceux-ci : à propos de l'Essonne, du combat de NONVILLE ou encore ceux là : 



 En bon lobbyiste, la société Hess nous propose même de suivre au jour le jour les forages sur son site internet ! 

Le collectif Fertois 

NATURE