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12 règles de bonnes pratiques en forêt

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Grimper de nuit c'est possible mais interdit !

Mis en ligne par TL De Bleau on mercredi 5 juin 2013 | 08:00:00

Nos amis de l'agence de presse Kairn ont publié une interview du discret et très fort grimpeur basque : Iker Arroitajauregi réalisée par Laura Jover.

Iker est un spécialiste du bloc venu ce printemps à Fontainebleau pour y répéter quelques uns des blocs les plus durs dont "Gecko assis", "Kheops assis", "Supertanker" ...
Bravo donc pour les performances et à Laura aussi car suivre ce grimpeur suppose un timing particulier !

En effet, on apprend dans cette mini-interview que ce grimpeur discret grimpe de nuit !

Une pratique qui est proscrite dans un site Natura 2000 et qui, perturbe toujours la faune dans une moment essentiel pour sa survie...


"- Kairn : Il parait que tu grimpes de nuit. Explique-nous pourquoi et quels avantages et inconvénients ?
- Iker : Normalement , la nuit, la température baisse, les conditions sont meilleures et avec une bonne lampe c'est parfait. Mais parfois, l’humidité augmente et finalement ...ce n'est plus si parfait..."

Photos d'Iker faites Laura Jover
D'après sa liste de voie sur Bleau.info c'est le 19/04/2013 qu'Iker à réalisé Kéhops assis. Pour mémoire, ce printemps fut très arrosé. Ce jour là, comme presque tous les autres, le temps était maussade, les averses courantes, la température autour de 5/6°C le matin, 14°C l’après-midi ! A peine de quoi faire sortir un bleausard, alors grimper de nuit, pour arriver à atteindre les 6°C signe habituellement d'une bonne collante, c'est une drôle d'idée. Dans un pays chaud, pourquoi pas (encore que la roche sert parfois d'accumulateur et restitue la nuit la chaleur emmagasinée le jour) mais là, on reste perpexle sur la nécessité de la chose. Quoique, s'il pleuvait moins la nuit et que le vent séchait  les prises...

Mais bon, nous tenions à rappeler deux ou trois choses à Iker et aux bleausards qui seront tentés par l'expérience (vu le nombre de photos et vidéos qui circulent sur la toile y compris celle de Bleau en 1999 [diffusée là], c'est une pratique courante !) et notamment :

* Bleau est une forêt classée à plus d'un titre dont Natura 2000 est un exemple pour son extraordinaire richesse en biodiversité ce qui signifie qu'il y a des règles à respecter,

* le mois d'avril marque normalement le réveille de la nature. En cette période, les animaux sont très sensibles aux dérangements (là aussi il y a une réglementation et notamment du 15 avril au 30 juin sur la tenue des chiens en laisse pour protéger les jeunes animaux),

* l’éclairage des lampadaires et autres sources lumineuses de nuit est responsable de la mort directe ou indirecte de nombreuses espèces (insectes, oiseaux,…) et d’une modification du comportement de beaucoup d’autres.
Ce n'est pas la première fois que nous protestons contre cette image "cool" de la grimpe de nuit (exemple ici). Elle a un impacte réel que les grimpeurs ne semblent pas vouloir prendre en compte.

La nuit est une période essentielle pour les animaux. Ils sortent de leur cachette, se nourrissent, se reproduisent... Normal, l'homme est normalement absent et ne vient pas les déranger ! Hélas, nos activités nocturnes (rando, vélo, grimpe...) vont bien entendu être une importante source de perturbations et de stress pour ces bébêtes. Elles perçoivent nos bruits, nos odeurs et sont très perturbées par nos lumières !

Le phénomène concerne un grand nombre d’espèces de toute taille (de l’insecte au mammifère, en passant par les oiseaux), et de tous les milieux (terrestres, aquatiques, marins,…). Les effets peuvent être directs (une espèce ne tolérant pas la lumière), ou indirects (perte d'une ressource pour un prédateur spécialisé, prédation accrue, disparition d'un pollinisateur entraînant la disparition de la plante pollinisée, etc...). Les perturbations peuvent concerner beaucoup d’aspects : les déplacements, l'orientation, et des fonctions hormonales dépendantes de la longueur respective du jour et de la nuit.

La lumière est un handicap pour les yeux des animaux nocturnes. Des expériences ont, par exemple, mis en évidence que des grenouilles ne parvenaient plus à distinguer proies, prédateurs ou congénères.

Sur les trente-trois espèces de mammifères en France, seul le murin à oreilles échancrées tolère de la lumière dans son gîte. Les autres chiroptères désertent les clochers, les bâtiments, les cavités dès lors que les entrées ou sorties sont éclairées. De ce fait, certaines espèces ont totalement disparu des régions urbanisées.
Quelques espèces semblent s'être localement adaptée à l'éclairage, la pipistrelle (chauve-souris insectivore) a localement appris à chasser autour des lampadaires, mais au risque de faire régresser ses proies (surprédation allié au phénomène dit de "puits écologique"). Toutefois, d'autres espèces comme le grand rhinolophe dont les effectifs chutent depuis trente ans, ne chasse que dans une obscurité totale, de plus en plus rare, alors même qu'une partie de ses proies (papillons nocturnes notamment) sont attirés par les lumières.

L’éclairage nocturne est parmi les 3 causes principales du déclin des papillons, avec l’abus de pesticides et la raréfaction des habitats. Pour certains scientifiques, ce pourrait même être la première cause de la raréfaction des papillons de nuit.
D’autres insectes, dit lumifuges, fuient au contraire toute source de lumière. La modification de l’environnement lumineux, notamment dans nos grandes agglomérations, a ainsi réduit considérablement les habitats possibles pour ces espèces. Pour ces insectes nocturnes, les routes éclairées deviennent de véritables barrières, cloisonnant les populations et réduisant leurs chances de rencontre et de reproduction

Les espèces les plus visiblement touchées sont les oiseaux migrateurs, dont le sens de l'orientation est perturbé par l'éclairage des littoraux et des grandes agglomérations. Les oiseaux migrateurs utilisent les étoiles pour se guider, la Lune joue un rôle secondaire en éclairant le paysage. Les oiseaux adaptés à la ville ont tendance à augmenter leur nombre de couvées par an. L’éclairage nocturne leur permet une recherche plus longue de nourriture et donc une accélération du rythme biologique. C’est le cas des étourneaux, pigeons, rouges-gorges et rouges-queues noirs. On constate aussi que certains oiseaux comme le rouge-gorge ou le merle chantent pendant la nuit du fait de l’éclairage.

Donc, plus d'excuse, l'escalade ou la rando nocturne perturbent la faune.
A ne pas reproduire donc !



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